Peu connue du grand public il y a encore un an, l’élue écologiste s’est rapidement imposée dans le paysage politico-médiatique en cultivant l’art de la polémique. Portrait. Code source retrace le parcours de Sandrine Rousseau avec Julien Duffé et Pierre Maurer, journalistes en charge de la gauche au service politique du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Clara Garnier-Amouroux, Emma Jacob et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian
Archives : France2, France 3, RTL, BFM TV, CNews, Quotidien.
#eelv #nupes #bbq
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Il faut que ça ne soit plus un symbole de virilité que d'aller manger une entrecôte sur un barbecue.
00:17Cette petite phrase fin août de Sandrine Rousseau a été largement commentée à la télé et à la radio dans
00:23les semaines qui ont suivi,
00:24preuve de la capacité de la députée Europe Écologie-Les Verts de Paris à attirer l'attention et à animer
00:30le débat public.
00:31Qui est-elle ? Quel est son parcours ? Et quelles sont ses ambitions ?
00:35Élément de réponse aujourd'hui dans Codesources avec deux journalistes du service politique du Parisien en charge de la gauche,
00:41Julien Dufay et Pierre Moret.
00:58On va évoquer cette polémique qui a beaucoup fait parler à la fin de l'été,
01:02mais dans cet épisode, on va surtout raconter le parcours politique et aussi personnel de Sandrine Rousseau.
01:08Julien Dufay, un mot d'abord, ça peut surprendre, mais Sandrine Rousseau est fan du chanteur Michel Sardou.
01:14Oui, elle avait évoqué cette passion pour Michel Sardou dans un article de Libération,
01:20un chanteur qui n'est pas vraiment connu pour ses prises de position de gauche ou même radicale.
01:25Et dans cet article, la journaliste racontait qu'elle allait même jusqu'à chantonner le célèbre tube de Michel Sardou,
01:31la femme des années 80.
01:33Et elle parlait alors de souvenirs, d'enfance, une forme d'autodérision aussi à aimer ce chanteur.
01:38Ce qui est sûr, c'est que Michel Sardou lui-même ne lui rend pas vraiment l'appareil,
01:42puisqu'il s'est payé Sandrine Rousseau il y a quelques jours sur un plateau de télévision
01:46où il a estimé qu'elle faisait partie de ses politiques qui faisaient peur aux gens.
01:50Reprenons notamment ses propos sur la chasse ou sur le fait que les hommes polluent plus que les femmes.
01:58Sandrine Rousseau a 50 ans, elle est divorcée, elle a trois enfants.
02:01Elle est née le 8 mars 1972 à Maison-Alfort dans le Val-de-Marne,
02:05mais elle grandit à La Rochelle.
02:07Pierre Morer, que font ses parents ?
02:09Elle a été élevée dans une famille engagée à gauche.
02:12Ses deux parents sont inspecteurs des impôts.
02:14Ils sont aussi engagés en politique.
02:16Son père, Yves Rousseau, est maire d'Hiver-gauche de Niol-sur-Mer,
02:19qui est leur petite commune de Charente-Maritime.
02:22Et sa mère est très impliquée à la Confédération Française Démocratique du Travail, donc la CFDT.
02:27La jeune Sandrine Rousseau étudie à l'université de Poitiers, puis à celle de Lille.
02:33Elle devient docteure en économie, doctorat décroché en 2002.
02:37Elle enseigne ensuite avant de devenir à partir de 2008 vice-présidente de l'université de Lille.
02:42Mais un an plus tôt, en 2007, France 3 Lille parle d'elle, parce qu'elle vient de publier un
02:48roman noir.
02:50Méfiez-vous des fausses ménagères de 35 ans.
02:53Tenez, prenez cette jeune femme, maître de conférences en économie.
02:57Elle a horreur de l'épluchage, sauf dans son premier roman.
03:00C'est un homme qui est retrouvé mort et une partie du torse arrachée, enfin épluchée.
03:07Et cet homme est entouré de femmes dans sa vie, et donc il faut savoir qui a eu cette idée
03:13saugrenue de l'éplucher.
03:15L'intrigue tourne autour de l'enquête pour savoir qui l'a tué.
03:18Enquête qui est menée par un inspecteur beauf, macho et bête, je la cite,
03:23qui est la caricature d'un chef que Sandrine Rousseau a connu dans le monde professionnel.
03:27Moi j'ai commencé à écrire quand la coupe a été trop pleine.
03:29C'est une caricature d'un de mes chefs.
03:32Une caricature, parce que le soir c'était un peu comme une poupée vaudou, je lui plantais des aiguilles le
03:37soir.
03:40Julien Dufay, Sandrine Rousseau commence à militer au sein d'Europe Écologie Les Verts, EELV,
03:44dès sa fondation en 2009, et l'année suivante, elle monte dans la hiérarchie du parti.
03:49Elle arrive dans le parti en 2009, comme beaucoup d'écologie à ce moment-là,
03:53parce que c'est les européennes, Daniel Kahn-Bedit, qui va faire un score historique de 16%.
03:57Et dès l'année suivante, donc en 2010, elle entre au conseil régional les Hauts-de-France,
04:01elle occupe le poste de vice-présidente à l'enseignement supérieur.
04:04Elle va enchaîner plusieurs candidataires comme ça, avec moins de succès,
04:07comme les législatives 2012, les municipales à Villeneuve-d'Ascq, où elle vit.
04:11Et en parallèle, au sein de son parti, elle a aussi une ascension très rapide,
04:16puisqu'elle intègre le bureau exécutif de EELV, c'est un peu l'organe dirigeant du parti en 2011.
04:21Elle devient porte-parole du parti en 2013.
04:24En 2013, le 24 septembre, elle est marquée par un drame, la mort de sa mère,
04:29dans des circonstances particulièrement douloureuses.
04:31Sa mère, atteinte d'un cancer généralisé, décide de mettre fin à ses jours,
04:35chez elle, en prenant des médicaments.
04:37Sandrine Rousseau et son père l'accompagnent pendant de longues heures.
04:41Elle raconte cette expérience quelques mois plus tard sur son blog
04:43et se prononce pour une légalisation du suicide assisté.
04:47Au niveau politique, en 2015, c'est elle qui mène la campagne d'Europe Écologie-Les Verts
04:51dans le Nord-Pas-de-Calais, les Hauts-de-France.
04:53Mais le 6 décembre, c'est un échec cuisant.
04:56Sa liste dépasse à peine les 4%.
04:59En 2016, le lundi 30 mai, avec d'autres femmes,
05:03Sandrine Rousseau accuse un cadre d'Europe Écologie-Les Verts,
05:06Denis Bopin, d'harcèlement et d'agression sexuelle.
05:09En ce qui la concerne, Pierre Maurer, que dénonce-t-elle précisément ?
05:12Elle accuse Denis Bopin d'avoir cherché à l'embrasser de force
05:16en la plaquant contre un mur et en lui mettant ses mains sur les seins,
05:195 ans plus tôt en 2011, en marge d'une réunion politique à Montreuil.
05:24Même si le parquet a jugé les déclarations des victimes présumées
05:27mesurées, constantes et corroborées par des témoignages,
05:30l'affaire sera classée sans suite en raison de la prescription des faits.
05:34Quelques semaines après la divulgation de cette affaire,
05:36révélée par Mediapart et France Inter,
05:38le 11 juin 2016, pendant un congrès extraordinaire d'Europe Écologie-Les Verts,
05:43Sandrine Rousseau brigue la présidence du parti,
05:46mais c'est un nouvel échec.
05:48Oui, sans surprise, c'est David Cormand qui est élu à la tête de ELV.
05:52Alors Sandrine Rousseau, elle hérite tout de même d'un titre de secrétaire nationale adjointe.
05:57Pour elle, les mois qui suivent l'affaire Bopin est une période particulièrement éprouvante,
06:01période marquée également par son divorce.
06:03Et c'est ce qu'elle raconte un an plus tard sur RTL,
06:05le 29 septembre 2017.
06:07Elle est invitée pour la promotion de son livre intitulé
06:10« Parlez » qu'elle a écrit, suite justement à l'affaire Bopin.
06:14Que dit-elle ce matin-là sur RTL, Julien Dufay ?
06:17Eh bien, Sandrine Rousseau annonce en direct qu'elle quitte ses fonctions
06:21de secrétaire générale adjointe du parti.
06:23Alors aujourd'hui, j'ai démissionné de la direction d'Europe Écologie-Les Verts,
06:25je ne suis plus secrétaire nationale adjointe.
06:28Vous l'annoncez là ?
06:30Vous n'êtes plus cadre ?
06:32Non, je ne suis plus cadre.
06:32Mais elle raconte surtout longuement les épreuves qu'elle a dû traverser,
06:37surmonter pendant et après l'affaire Denis Bopin.
06:40Elle parle de la violence des dénégations de Bopin,
06:44mais aussi des réactions à l'intérieur du parti qui ont été assez violentes pour certaines.
06:48Alors en interne, quand vous racontez la scène, quelles sont les réactions ?
06:51Les réactions sont des réactions que j'ai découvertes être très classiques
06:55quand les femmes commencent à parler.
06:57C'est qu'on dit, c'est une histoire entre lui et toi,
07:00ou alors fais attention à toi, c'est quand même un spécialiste du nucléaire,
07:03il faut que tu te préserves, attention il est puissant au sein du parti.
07:07C'est une bienveillance qui est un puissant moteur de silence,
07:11parce qu'on renvoie toujours le risque sur les épaules des personnes qui ont subi ça.
07:17Et puis à l'époque, effectivement, les conséquences personnelles de cette affaire,
07:20la séparation avec son compagnon d'alors.
07:23Puis même dans sa façon de se comporter,
07:25elle dit qu'elle a par exemple changé sa façon de s'habiller,
07:28elle a enfilé ce qu'elle appelle l'uniforme Merkel,
07:31du nom de la chancelière allemande,
07:33c'est-à-dire une tenue stricte qui, dit-elle, n'attire ni les mains ni les lèvres.
07:42À l'occasion de la sortie de son livre, Julien Dufay,
07:44on apprend que son histoire familiale est marquée par une agression sexuelle tenue secrète.
07:50Oui, elle raconte en fait un lourd secret familial,
07:53le fait que sa mère, à l'âge de 15 ans ou 16 ans,
07:56et en tout cas à une époque où elle était mineure,
07:58a subi une agression sexuelle de la part du patron de ses parents.
08:02Et en fait, la grand-mère de Sandrine Rousseau est mise au courant,
08:05mais elle ne va pas en parler,
08:06tout simplement pour préserver son emploi et celui de son mari.
08:09Le lendemain de la matinale d'RTL, le 30 septembre,
08:11elle est invitée dans l'émission de Laurent Ruquier,
08:14« On n'est pas couché » sur France 2.
08:16Et un échange avec la chroniqueuse et romancière Christine Angot,
08:20qui a elle-même été victime d'inceste, de viols commis par son père,
08:23vire à l'incompréhension.
08:25On a mis en place une cellule de lutte contre le harcèlement,
08:27contre les violences.
08:29Il y a des référents,
08:30les personnes peuvent appeler des personnes qui ont été formées
08:33pour accueillir la parole, etc.
08:35Et donc, si vous voulez, c'est pour accueillir la parole,
08:38mais qu'est-ce que j'entends ?
08:40Former pour accueillir la parole.
08:43Arrêtez de dire des trucs comme ça, mais c'est fou.
08:46Former pour accueillir le témoignage, je ne sais pas comment.
08:49Former pour accueillir la parole.
08:49Former pour accueillir les...
08:51Non, mais en effet, vous ne savez pas comment dire.
08:53C'est cette phrase en particulier
08:55qui fait sortir Christine Angot de ses gonds,
08:57puisqu'elle réagit assez violemment
08:59en lui disant qu'elle lui interdit de dire ce qu'elle dit.
09:02C'est pas possible, moi je ne peux pas entendre ça.
09:05Essayez de le comprendre, je ne peux pas entendre ça.
09:10C'est un blabla, c'est un blabla.
09:12Former pour accueillir la parole.
09:14Mais arrêtez !
09:15Mais comment on fait dans un parti politique ?
09:17Mais on ne fait pas dans un parti politique
09:19la question des agressions sexuelles, enfin !
09:21On le fait avec l'humain,
09:23on le fait avec des oreilles,
09:25on le fait parce qu'on a des yeux,
09:27on le fait parce qu'on écoute.
09:28L'écrivaine estime que Sandrine Rousseau
09:30ne peut parler que de ce qu'elle a vécu.
09:32Christine Angot finit par quitter le plateau
09:34en jetant ses feuilles, son verre d'eau.
09:37Il faut l'intervention du présentateur Laurent Ruquier
09:39et de l'autre chroniqueur Yann Moix
09:41pour la faire revenir.
09:42Yann Moix qui donnera les larmes aux yeux
09:45à Sandrine Rousseau
09:46en lui reprochant son manque de réalisme
09:49dans la description de son agression.
09:51Je ne peux pas entendre que j'ai un discours là-dessus.
09:57Je ne peux pas l'entendre, je suis désolée.
10:01Mais je n'ai pas la violence.
10:02C'est pourtant la vérité,
10:03c'est un discours sur ce sujet, je suis désolée.
10:05Non, c'est l'histoire que j'ai vécue que je raconte.
10:09Dans les années qui suivent,
10:11Sandrine Rousseau se retire de la vie politique,
10:13de la vie publique,
10:14mais elle découvre l'écoféminisme.
10:16De quoi s'agit-il, Julien Duffet ?
10:18L'écoféminisme, c'est une contraction de deux mots,
10:20écologie et féminisme.
10:22Et c'est un courant de pensée
10:23qui apparaît pour la première fois
10:25dans les années 1970
10:27sous la plume d'une écrivaine féministe
10:30qui s'appelle Françoise Dobon.
10:32C'est une théorie qui explique
10:34que la destruction de l'environnement
10:36et l'oppression des femmes
10:37reposent sur le même système économique de domination,
10:40en fait procèdent du même mouvement.
10:41En 2020, le lundi 6 juillet,
10:44Gérald Darmanin est nommé ministre
10:45de l'Intérieur malgré des accusations de viol
10:47et une affaire qui n'est pas classée sans suite
10:50à ce moment-là.
10:51Et Sandrine Rousseau présente
10:52cette nomination comme un déclic.
10:54Elle explique que la nomination
10:56de Gérald Darmanin lui est insupportable,
10:58que l'exécutif a franchi une ligne rouge
11:00et elle espère porter la voix
11:03du mouvement MeToo
11:04et de la dénonciation des violences sexuelles
11:06dans le débat public et donc l'incarner.
11:09Le 5 septembre,
11:10elle annonce reprendre sa carte
11:12au parti Europe Écologie Les Verts
11:14et le 26 octobre, elle se déclare candidate
11:16à la primaire écologiste en vue de la présidentielle de 2022.
11:20De nombreuses femmes vont la soutenir,
11:22comme la réalisatrice Céline Sciamma,
11:24l'actrice Adèle Haenel
11:25ou encore l'actrice américaine Jane Fonda.
11:27Julien Dufay, Sandrine Rousseau,
11:29dans cette campagne,
11:30assume sa radicalité
11:32et ça se voit aux journées d'été
11:33d'Europe Écologie Les Verts
11:35qui s'ouvrent le 19 août à Poitiers.
11:37Que dit-elle à la tribune ?
11:38C'est un peu la vraie éclosion
11:40de Sandrine Rousseau
11:41dans son nouveau personnage
11:42entre guillemets de radical.
11:45Et à la tribune,
11:45elle apparaît très à l'aise
11:47au point d'éclipser ses concurrents.
11:49On le dira par la suite
11:50qu'elle a crevé l'écran.
11:51Et on retient notamment
11:53ses formules qui sont assez fortes.
11:55Tout notre système sociétal
11:57est fondé sur ce triptyque.
11:59Nous prenons,
12:01nous utilisons
12:02et nous jetons.
12:03Le corps des femmes,
12:04le corps des plus précaires,
12:05des racisées.
12:06Et elle parle aussi de son programme.
12:09Sa première mesure,
12:10c'est le revenu d'existence
12:12à 850 euros.
12:13Et elle dit
12:14du courage j'en ai,
12:15de la colère j'en suis rempli,
12:17de la radicalité j'en suis pétri.
12:18C'est que de la radicalité,
12:20j'en suis pétri.
12:24C'est des mots assez forts
12:25qui vont rester
12:26et qui vont résonner
12:26dans le débat public.
12:28Ces universités d'été
12:29sont aussi marquées par un incident.
12:31Le vendredi,
12:31Sandrine Rousseau
12:32accuse un autre candidat
12:34à la primaire,
12:35le maire écologiste de Grenoble,
12:36Éric Piolle,
12:37de l'avoir bousculé.
12:38Ça va électriser un peu
12:39ces universités d'été,
12:41surtout vers la fin,
12:42puisque ça se passe vendredi soir.
12:43Elle explique dans le Figaro
12:44qu'elle a été violemment bousculée
12:46par le candidat écologiste Éric Piolle,
12:48qui dément aussitôt
12:49sur les réseaux sociaux.
12:50Et puis en fait,
12:51progressivement,
12:52elle va revenir sur ses déclarations.
12:53Elle dit que ça n'a pas été
12:53aussi violent que ça.
12:54Puis elle va reconnaître
12:55que ce n'était pas Éric Piolle,
12:57mais un photographe
12:57lors d'une bousculade,
12:59d'un mouvement de foule.
12:59Il va quand même y avoir
13:01une enquête interne
13:02menée par ELV
13:03avec visionnage d'images de télévision
13:05qui vont finalement dédouaner Éric Piolle.
13:08Quelques jours plus tard,
13:09le 25 août,
13:09sur BFM TV,
13:11Sandrine Rousseau
13:11fait une déclaration surprenante
13:13sur l'enjeu de la lutte
13:14contre le terrorisme.
13:15Oui, elle explique
13:16que s'il y a de potentiels terroristes,
13:18ce n'est pas parce qu'ils restent
13:19en Afghanistan
13:20qu'ils sont moins dangereux.
13:21Si vraiment il y a des personnes
13:22qui sont dangereuses,
13:23des potentiels terroristes,
13:24ce n'est pas parce qu'ils restent
13:25en Afghanistan
13:25qu'ils sont moins dangereux en vrai.
13:26Donc, quelque part,
13:27les avoir en France,
13:28ça nous permet aussi de les surveiller.
13:30Donc, ça provoque immédiatement
13:31une bronca dans l'opinion publique
13:33de la droite,
13:33de l'extrême droite
13:34et même de la majorité.
13:36Et elle a dû réagir illico
13:38en expliquant que cette phrase
13:40était maladroite.
13:41Le 19 septembre,
13:42résultat du premier tour
13:43de la primaire d'Europe Écologie Les Verts,
13:46Sandrine Rousseau crée la surprise
13:47en se qualifiant pour le second tour.
13:49Elle termine deuxième
13:50derrière Yannick Jadot.
13:51Et le 28 septembre,
13:53au second tour,
13:53elle fait un très bon score.
13:5549% des suffrages.
13:57Après ça,
13:58dans les semaines
13:59et les mois qui suivent,
14:00est-ce que Sandrine Rousseau
14:01fait vraiment campagne
14:02pour le candidat élu
14:04Yannick Jadot ?
14:05Alors, au lendemain
14:06des résultats de la primaire,
14:07elle est nommée
14:08par Yannick Jadot
14:09présidente de son conseil politique.
14:10C'est un signe de reconnaissance
14:12du score important
14:13qu'elle a fait
14:14et aussi des thèmes
14:15qu'elle porte.
14:16Mais en fait,
14:17on va se rendre compte
14:18au fil des semaines
14:19que la greffe
14:20ne va jamais prendre
14:21entre Sandrine Rousseau
14:22et Yannick Jadot,
14:23qu'elle ne va pas vraiment
14:24s'impliquer dans la campagne.
14:26Elle-même dira
14:26qu'elle n'est pas invitée
14:28à certains événements
14:29de campagne,
14:29qu'elle ne peut pas
14:30occuper toute sa place
14:31auprès du candidat.
14:32Au printemps 2022,
14:33à l'approche de la présidentielle,
14:35le 3 mars,
14:35elle rencontre
14:36plusieurs journalistes,
14:37dont vous,
14:37Pierre Morer,
14:38pour Le Parisien,
14:39et elle se lâche
14:40sur la campagne
14:41de Yannick Jadot.
14:42Alors,
14:42ça fait déjà
14:43plusieurs semaines
14:44que Sandrine Rousseau
14:45exprime de très fortes critiques
14:46à l'égard de la campagne
14:47de Yannick Jadot
14:48auprès des journalistes.
14:49Elle lui reproche
14:50notamment de tenir
14:51une ligne trop proche
14:52d'Emmanuel Macron
14:53sur la guerre en Ukraine.
14:54Elle dit notamment
14:55à se mettre
14:56dans la roue de Macron,
14:57je ne vois pas ce qu'on gagne.
14:58Et surtout,
14:59elle reproche
15:00à la campagne
15:01du candidat écologiste
15:02de manquer d'un récit,
15:03notamment par rapport
15:04à celle d'Éric Zemmour
15:06ou d'Emmanuel Macron.
15:07Et elle dit
15:08nous, à côté,
15:09on vend des chaudières
15:10et que son équipe
15:12de campagne
15:12à Yannick Jadot
15:13se plante sur tout.
15:14Ses propos étaient
15:15destinés à rester
15:16off, secret,
15:17mais le Parisien
15:18fait le choix
15:18de les publier
15:19et juste après,
15:20c'est un tollé.
15:21Peu de temps
15:22après la publication
15:22de l'article,
15:23Mounir Sattouri,
15:24le directeur de la campagne
15:25de Yannick Jadot,
15:26publie un communiqué
15:27lapidaire
15:28où il annonce
15:29l'exclusion
15:29de la campagne
15:30de Sandrine Rousseau.
15:36Quelques semaines plus tard,
15:37le 21 mars,
15:38Sandrine Rousseau
15:39se prononce
15:39pour la création
15:40d'un délit
15:41de non-partage
15:42des tâches domestiques,
15:44des tâches ménagères.
15:44L'idée a bien sûr
15:46des partisans
15:47et des détracteurs.
15:48En tout cas,
15:48elle est très commentée.
15:49Sur ces news,
15:50le journaliste
15:51Pascal Praud
15:52crie au scandale.
15:53Le privé
15:54est politique.
15:55C'est-à-dire que
15:55ces gens veulent
15:56gouverner nos âmes,
15:57nos vies.
15:58C'est le principe
16:00d'une société
16:01totalitaire.
16:02C'est effrayant.
16:02Si vous permettez,
16:03comme je suis une femme,
16:03je vais répondre sur la question.
16:05D'abord, je salue
16:06son talent humoristique.
16:07Elle me fait rire
16:08à chaque fois qu'elle
16:08tweet ou qu'elle parle.
16:09Le dimanche 10 avril,
16:10au premier tour de la présidentielle,
16:12le candidat EELV,
16:14Yannick Jadot,
16:14signe une contre-performance,
16:16moins de 5% des suffrages.
16:18Pierre Morer,
16:19dans les semaines qui suivent,
16:20en avril,
16:21Sandrine Rousseau
16:21doit jouer des coudes
16:23pour être désignée
16:24comme candidate
16:24aux élections législatives
16:26dans le cadre de la NUPS,
16:28la coalition d'une grande partie
16:29de la gauche
16:30derrière la France insoumise.
16:31Oui, alors elle découvre
16:32que son nom a été effacé
16:35de l'accord provisoire
16:35entre EELV et LFI.
16:37Elle dit qu'au départ,
16:38elle a pensé
16:39que c'était un fake.
16:40Et donc,
16:41elle rappelle
16:42aux dirigeants de EELV
16:43dans une interview aux Parisiens
16:45qu'elle a réalisé 49%
16:46à la primaire des écologistes.
16:48Elle cherche à peser
16:49sur leurs décisions
16:51et quelques jours plus tard,
16:52elle figurera
16:53dans l'accord définitif
16:54de la NUP.
16:55Et le dimanche 19 juin,
16:56elle est élue députée de Paris
16:58avec 58% des voix.
16:59On en vient aux événements
17:01les plus récents.
17:01Cet été,
17:02le 9 août d'abord,
17:03elle réagit aux photos
17:04diffusées par Voici
17:05où l'on voit Emmanuel Macron
17:07en vacances au fort de Brégançon
17:08dans le Var
17:09sur un jet-ski.
17:10Elle dit
17:11avoir l'impression
17:12que le président
17:12ne comprend pas
17:13le réchauffement climatique
17:14et qu'aujourd'hui,
17:15c'est criminel.
17:17Pierre Morer,
17:17le samedi 27 août,
17:19pendant les Journées d'été
17:20d'Europe Écologie Les Verts
17:21à Grenoble,
17:22Sandrine Rousseau
17:23évoque la consommation
17:24de viande.
17:25C'est une séquence
17:26qui est isolée
17:27par une de nos consoeurs
17:29lors d'un débat
17:29qui a lieu en plein air
17:30où Sandrine Rousseau
17:32explique que
17:33pour le bien de la planète,
17:34déjà,
17:34il va falloir que
17:35la société réduise
17:36sa consommation de viande
17:38et d'autre part
17:39que la consommation
17:40de la viande
17:41est un phénomène
17:43intériorisé
17:44par les hommes
17:44depuis le 19e siècle
17:46et que par construction sociale,
17:48les hommes consomment
17:49plus de viande
17:50que les femmes.
17:50Et donc,
17:51elle appelle à changer
17:51les mentalités
17:52pour que manger
17:53une entrecôte cuite
17:54sur un barbecue
17:54ne soit plus
17:55un symbole de virilité.
17:56Il y a aussi
17:57quelque chose
17:57de l'ordre d'une bataille culturelle
17:59vraiment à mener
18:00pour rendre attractif
18:03le repas végétal
18:04et que ça ne soit pas
18:05non plus un symbole
18:06aller,
18:06je le dis,
18:07de virilité
18:08que d'aller manger
18:08une entrecôte
18:09sur un barbecue.
18:11Décrivez-nous
18:12la polémique qui suit.
18:13Qui dit quoi,
18:14pour résumer ?
18:15Pendant une semaine,
18:16on ne parle plus que de ça
18:17sur les réseaux sociaux
18:17et sur les plateaux télé.
18:19Évidemment,
18:19elle est prise à partie
18:20par la droite
18:21et l'extrême droite,
18:22aussi au sein de la majorité.
18:24À gauche,
18:24elle recueille
18:25quelques soutiens
18:26par exemple
18:26de la députée insoumise
18:27Clémentine Autain
18:28mais se fait vilipender
18:29par Fabien Roussel
18:31le patron du Parti communiste.
18:32Le mercredi 31 août,
18:34le soir,
18:34Sandrine Rousseau
18:35est dans l'émission
18:36de Yann Barthès,
18:36quotidien sur TMC
18:38et la députée de Paris
18:39persiste et signe.
18:40Oui,
18:41elle dit qu'elle va continuer,
18:42qu'elle ne va pas s'arrêter là,
18:43qu'on sort d'un été
18:44absolument dramatique
18:45et donc qu'en fait
18:46qu'on n'a plus le temps.
18:47Pour moi,
18:47on a vraiment quelques mois
18:48pour agir
18:49et je vous disais
18:50que j'étais chercheuse,
18:50ça fait 20 ans
18:51que je cherche sur ces questions.
18:52On a quelques mois
18:53et après sinon
18:54on est dans l'adaptation.
18:56Donc il faut secouer là.
18:57Et que sa volonté
18:58c'est de secouer la société
18:59et donc quand elle parle
19:01de barbecue,
19:02des tâches domestiques,
19:03eh bien c'est volontaire.
19:04Julien Dufay,
19:05pour Sandrine Rousseau,
19:06ces déclarations
19:07qui suscitent des polémiques,
19:09est-ce que c'est une stratégie
19:10ou bien est-ce qu'elle dit
19:11tout simplement
19:11le fond de sa pensée ?
19:12Alors,
19:13elle dit le fond de sa pensée,
19:14elle parle avec ses tripes,
19:16elle est assez entière
19:17dans ce qu'elle dit
19:17mais elle reconnaît elle-même
19:19une part de stratégie
19:21dans la manière
19:21d'amener ces débats.
19:22La stratégie de l'étincelle
19:24comme elle dit,
19:25c'est-à-dire allumer une polémique
19:27qui va durer plusieurs jours,
19:29tout ça c'est pleinement assumé
19:31et c'est pour remporter
19:33en quelque sorte
19:33la bataille culturelle
19:34des idées qu'elle défend.
19:36Le prochain congrès
19:37d'Europe Écologie Les Verts
19:38va se dérouler en décembre.
19:40Est-ce que l'on sait
19:41si Sandrine Rousseau
19:42va essayer de prendre
19:43la tête du parti ?
19:44Elle ne va pas essayer
19:45de prendre la tête du parti
19:46parce qu'elle tout simplement
19:47ne peut pas.
19:47Les statuts d'Europe Écologie Les Verts
19:49lui interdisent
19:50d'être candidate
19:51pour briguer la tête du parti
19:52puisqu'elle est députée
19:53et qu'elle ne peut pas
19:54cumuler ses fonctions.
19:55Mais elle a une candidate
19:56et elle veut s'impliquer
19:57dans les débats
19:58qui s'ouvrent
19:59en vue du congrès.
20:00Donc clairement,
20:00il faudra compter avec elle
20:01dans les années qui viennent ?
20:02Quoi qu'on pense
20:03de ses prises de position,
20:04de sa stratégie,
20:05je pense que c'est une personne
20:06qui compte
20:07et qui va compter
20:07dans le débat public.
20:09Elle était encore
20:09quasiment inconnue
20:10du grand public
20:11il y a un an
20:12et on a vu qu'elle a pris
20:13à la fois une autonomie politique
20:15et puis une résonance
20:18dans la société
20:19qui fait que je pense
20:21qu'on reparlera
20:21encore longtemps
20:22de Sandrine Rousseau.
20:34Merci à Julien Dufay
20:36et Pierre Morère.
20:37Cet épisode de Code Source
20:38a été préparé
20:39avec Raphaël Pueyo,
20:41production Clara Garnier-Amourou,
20:43Thibaut Lambert
20:44et Emma Jacob,
20:45réalisation Julien Moncouquiol.
20:47Code Source
20:48est le podcast
20:49d'actualité du Parisien,
20:50un nouvel épisode
20:51chaque soir de la semaine.
20:52N'oubliez pas
20:53de vous abonner
20:54pour n'en rater aucun.
20:55Si vous aimez Code Source,
20:56n'hésitez pas à le dire
20:57en laissant un commentaire
20:59ou des petites étoiles
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