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La visite du pape François en Corse le 15 décembre, après son refus d’assister à la réouverture de la cathédrale Notre-Dame à Paris 8 jours plus tôt, a beaucoup fait parler. Récit.
Cet épisode de Code source est raconté par Thomas Poupeau, journaliste au service société du Parisien, en charge des religions.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : France 3, KTO TV
#papefrançois #corse #catholique
Cet épisode de Code source est raconté par Thomas Poupeau, journaliste au service société du Parisien, en charge des religions.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le pape François, en Corse, à Ajaccio, devant des milliers de fidèles le dimanche 15 décembre,
00:17il est venu sur l'île pour parler de la piété populaire, la ferveur des fidèles.
00:21Ce déplacement a beaucoup fait parler en France parce que le chef de l'église catholique
00:25avait refusé d'assister à la réouverture de la cathédrale Notre-Dame à Paris,
00:30huit jours plus tôt. Pourquoi ce choix ? Qui est le cardinal Corse qui a travaillé en coulisses à cette
00:35visite,
00:36la première d'un pape sur l'île de beauté ? Réponse dans Codesources aujourd'hui avec Thomas Poupot,
00:41journaliste au service Société du Parisien, il est en charge des religions et il a couvert cette visite du pape
00:47François en Corse.
00:59Thomas Poupot, décrivez-nous Ajaccio le dimanche 15 décembre, quelques heures avant d'accueillir le pape François.
01:05À Ajaccio, ce jour-là, il y a une sensation de calme avant la tempête.
01:08La ville est bouclée depuis 5h du matin par les forces de l'ordre.
01:11Il y a 2000 policiers et gendarmes qui circulent dans la rue.
01:16Il y a des hélicoptères, d'ailleurs c'est à peu près le seul bruit qu'on entend, des hélicoptères.
01:19Il y a les bateaux de la Marine Nationale qui patrouillent sur le golfe d'Ajaccio.
01:23Il y a même des plongeurs, des plongeurs militaires qui sont dans l'eau, qui surveillent.
01:27Et moi je suis sorti de mon hôtel vers 7h et quelques personnes commençaient à se masser
01:31le long des barrières sur le cours Bonaparte.
01:34C'est cette grande avenue qui file de l'aéroport au centre-ville.
01:36On était là 2h avant l'arrivée du pape.
01:39Il y avait quelque chose dans l'air à ce moment-là ?
01:40Oui, il y avait quelque chose dans l'air.
01:42On avait assisté la veille, le samedi, aux répétitions de la messe.
01:45On voyait les gens dans les rues qui préparaient leurs panneaux, leurs drapeaux.
01:49Donc il y avait une sorte de fièvre qui montait, qui montait très très fort
01:52et on savait qu'on allait assister à un moment dingue.
01:59Dans cet épisode de Code Source, vous allez nous raconter cette visite et ces coulisses
02:03avec l'importance d'un homme que vous avez interviewé pour le Parisien,
02:07le cardinal d'Ajaccio, on va y revenir.
02:10Mais d'abord, rappelez-nous qui est le pape François ?
02:13Il a été élu par les autres cardinaux en 2013.
02:17Au départ, c'est un prêtre, originaire d'Argentine.
02:19Il fait partie de l'ordre des Jésuites.
02:21Qu'est-ce que ça veut dire et qu'est-ce que ça implique, le fait qu'il soit jésuite
02:24?
02:24Ça implique qu'on fait vœu de pauvreté et qu'on porte énormément d'attention aux plus pauvres.
02:29Et on porte sur soi cette façon de faire.
02:32Dès qu'il est arrivé sur le trône pontifical, François a décidé de s'installer à la résidence Saint-Marthe,
02:37qui est une espèce de petite cellule très modeste, à côté des appartements pontificaux
02:42qui eux sont tout en dorure et dont il n'a pas voulu.
02:45Et ça, ça dessine toute la ligne de son pontificat portée vers les plus pauvres et les plus humbles.
02:50Depuis qu'il est pape, est-ce que François est considéré comme un réformateur au niveau de la société ?
02:56Alors, disons qu'il est progressiste.
02:58Sur certains thèmes comme la place des femmes dans l'église ou la question homosexuelle,
03:03il essaye d'impulser un changement.
03:05Il a produit notamment un texte qui ouvre la voie à plus de femmes, à plus de laïcs.
03:11Et il ouvre aussi le dossier de la bénédiction des couples homosexuels.
03:13Mais est-ce qu'il y a eu vraiment des changements ?
03:15Beaucoup moins qu'on aurait pu l'imaginer.
03:17Les femmes ne peuvent toujours pas être prêtres.
03:19Les homosexuels ne peuvent toujours pas se marier à l'église.
03:22S'il est progressiste et qu'on peut facilement le classer à gauche, à rebours d'une église conservatrice,
03:29il reste farouchement anti-avortement, anti-euthanasie.
03:32Finalement, il suit le dogme de l'église.
03:34Le pape François était venu jusqu'ici à deux reprises en France, à Strasbourg en 2014
03:39et beaucoup plus récemment à Marseille en 2023.
03:42C'était au mois de septembre 2023.
03:44D'abord, pourquoi est-ce qu'il vient à Marseille ?
03:46Et bien parce que Marseille coche beaucoup de cases de ce qu'il apprécie.
03:49C'est une ville qui est multiculturelle, qui est populaire et surtout c'est une grande ville de la Méditerranée.
03:54Donc pour lui, c'était l'endroit idéal pour braquer les projecteurs sur le drame des migrants,
03:59qui est l'une des grandes priorités de son pontificat.
04:01Il célèbre une messe le samedi 23 septembre, devant 60 000 personnes au stade Vélodrome, le stade de l'OM.
04:07Qu'est-ce qu'on retient de cette messe ?
04:09On retient la forme déjà, il y a 60 000 personnes extrêmement enthousiastes qui acclament le pape dans un stade
04:15qui est mythique, le Vélodrome.
04:16On retient le Tifo, c'est cette espèce d'énorme banderole déployée par les ultras, les supporters de l'Olympique
04:22de Marseille,
04:23sur laquelle on voit le visage du pape François, la basilique Notre-Dame de la Garde, qu'on surnomme là
04:29-bas la Bonne Mère,
04:30et puis le pape qui fait son tour en papa mobile autour du stade.
04:34Sur le fond, le pape, devant Emmanuel Macron, devant Gérald Darmanin, qui est le ministre de l'Intérieur,
04:41il va lancer un signe de l'alarme au sujet des migrants qui meurent en mer,
04:44et il a cette formule, il qualifie la Méditerranée de cimetière.
04:48Nous ne pouvons plus assister à des drames d'un âphragé,
04:53grâce à des trafics odieux et au fanatisme de l'indifférence.
04:59Cette année 2024, au mois de septembre, alors que la réouverture de la cathédrale Notre-Dame de Paris approche,
05:05Notre-Dame rénovée, cinq ans après l'incendie qu'il avait dévasté,
05:08le pape François fait savoir clairement qu'il ne viendra pas à la cérémonie.
05:13Oui, il le dit en ces termes, je n'irai pas à Notre-Dame,
05:16à une journaliste qui lui pose la question dans l'avion, qui est un avion de retour d'un voyage
05:21en Asie.
05:22En réalité, dès le début de l'année, il avait répondu qu'il ne viendrait pas à Laurent Ulrich.
05:27Laurent Ulrich, c'est l'archevêque de Paris, c'est lui qui s'occupe de la réouverture de Notre-Dame.
05:32Il lui avait envoyé un courrier, il lui avait même demandé par oral à Rome,
05:35et à chaque fois, le pape a répondu non.
05:37Est-ce qu'on sait comment réagit Emmanuel Macron dans les semaines et les mois qui suivent ?
05:41Alors, il n'y a pas de parole officielle.
05:42En revanche, en coulisses, on sait que ça a été mal compris, très mal vu.
05:46L'Élysée avait formulé une invitation tout à fait officielle,
05:49à laquelle le Vatican a répondu par la négative.
05:52Et puis, on sait qu'Emmanuel Macron s'entend bien avec le pape François.
05:56Il le tutoie, ce qui n'est pas le cas de tous les chefs d'État.
05:59Ils se sont vus à cinq reprises durant la présidence d'Emmanuel Macron.
06:03Donc, il y avait une forme de déception, quelque part.
06:06Le 10 novembre, le président de la Conférence des évêques de France
06:10essaie d'expliquer le choix du chef de l'Église catholique.
06:13Oui, le président de la Conférence des évêques de France,
06:16c'est un peu le boss des évêques, il s'appelle Éric de Moulin-Beaufort.
06:19Et il a eu cette déclaration, il dit, en substance,
06:22il n'a jamais été question que le pape vienne à Notre-Dame de Paris,
06:25parce que la vedette, c'est la cathédrale.
06:28Sauf que, en réalité, c'est faux.
06:29L'Élysée a invité le pape, l'archevêque de Paris a invité deux fois le pape,
06:33et à chaque fois, la réponse a été non.
06:35Donc, il a bien été question, à un moment donné, qu'il vienne.
06:37Au-delà de ce que dit ce jour-là le chef des évêques,
06:40est-ce qu'on sait pourquoi, au fond,
06:42le pape François ne veut pas venir à Notre-Dame ?
06:44Il l'a dit dès le début de son pontificat,
06:47ce qui l'intéresse, ce sont les périphéries.
06:49C'est son expression.
06:49Les périphéries, ça veut dire ce que ça veut dire.
06:51Ce sont les territoires qui sont loin des grandes métropoles,
06:55c'est un peu la terre des oubliés,
06:56c'est aussi une expression qu'il utilise souvent.
07:00Quand il était venu à Marseille l'année dernière,
07:02il avait eu cette formule, il avait dit,
07:04je viens à Marseille, pas en France.
07:06C'est très clair, Marseille, c'est une ville multiculturelle,
07:09populaire, sur un bord de Méditerranée,
07:11tout au sud de la France,
07:13alors que Paris, qui est la capitale de la France,
07:17représente pour lui une église
07:18qui a peut-être moins besoin de lui,
07:20moins besoin du pape.
07:24Pour être clair, le pape François, lui, il n'a rien dit
07:27après la polémique qui a suivi le fait qu'il ne vienne pas à Notre-Dame de Paris.
07:31Non, à part le fait de dire qu'il n'irait pas à Notre-Dame de Paris,
07:34il n'a absolument pas fait de commentaire sur cette polémique.
07:36De toute façon, il en fait rarement.
07:37A la même période, on apprend que le pape François va bien venir en France,
07:42à peine huit jours après cet événement,
07:44mais en Corse.
07:46Derrière cette venue en Corse, il y a un homme,
07:48c'est le cardinal d'Ajaccio, François-Xavier Bustillot.
07:51D'abord, qui est-il en résumé ?
07:52C'est un homme de 56 ans, il est très grand,
07:55il fait 1m90, il a des origines espagnoles,
07:57et ça fait trois ans qu'il est l'évêque d'Ajaccio,
08:00un an qu'il est cardinal,
08:02et c'est un franciscain,
08:03c'est-à-dire qu'il fait partie de l'ordre religieux
08:05créé par Saint François d'Assise, qui est le saint des pauvres.
08:07Donc évidemment, il a ça en commun avec François,
08:09d'énormément se préoccuper des personnes fragiles,
08:12des personnes pauvres.
08:12Le pape François a décidé de faire de lui un cardinal.
08:15Dans la religion catholique, on dit qu'il l'a créé cardinal.
08:18Les cardinaux sont tout en haut de la hiérarchie de l'Église,
08:22ils sont juste sous le pape, ils l'assistent.
08:24Et ce sont eux d'ailleurs qui, le moment venu,
08:27élisent le nouveau pape, l'un d'entre eux.
08:29Et ce jour-là, le samedi 30 septembre 2023,
08:32quand François-Xavier Bustillot devient cardinal,
08:35des centaines de Corses font le déplacement à Rome pour l'acclamer.
08:39Oui, ça c'est du jamais vu sur la place Saint-Pierre au Vatican,
08:42donc en extérieur, devant la basilique Saint-Pierre,
08:44où le pape crée les cardinaux.
08:46Au moment où il pose le galéro,
08:49c'est ce petit chapeau rouge, carré, à gland,
08:52sur la tête de François-Xavier Bustillot,
08:54il y a une énorme clameur.
09:01Et ça, ce sont les Corses,
09:03ils sont plus de 800 à être venus, à se déplacer exprès,
09:05pour assister à l'événement.
09:06Et on dit même que le pape a été extrêmement surpris,
09:10extrêmement ému de cette clameur,
09:11et que ça fait partie des raisons qui l'ont motivé,
09:14convaincu de venir en Corse.
09:15Le pape François s'entend bien avec ce nouveau cardinal,
09:18François-Xavier Bustillot,
09:19et il a même fait traduire en italien
09:21un livre qu'il avait écrit.
09:23C'est un livre qu'a écrit le cardinal Bustillot
09:26sur la vocation des prêtres,
09:27et on est juste après le rapport de la Sias
09:29qui révèle les abus sexuels de l'Église,
09:31il y a un déclin des vocations,
09:33l'Église, en gros, se porte mal,
09:34et dans son bouquin, Bustillot,
09:36il donne le manuel du parfait curé.
09:39Voilà, il faut être enthousiaste,
09:40il faut vivre ça avec passion.
09:42Et ça séduit complètement le pape François
09:44qui le fait traduire en italien en mille exemplaires
09:46et qui le distribue à autant de prêtres à Rome.
09:49Donc François-Xavier Bustillot est considéré
09:51comme un exemple par le pape François.
09:53En clair, il est devenu un peu le chouchou du pape ?
09:56Alors, c'est sûr qu'il a la cote.
09:58Bustillot coche énormément de cases
09:59qui plaisent à François.
10:00Le lundi 9 décembre,
10:02vous rencontrez le cardinal Bustillot
10:03pour une interview pour le Parisien.
10:05D'abord, il est comment dans cette rencontre ?
10:07Alors, déjà, il était très tôt le matin,
10:09il était dans le hall du journal,
10:10et en fait, je ne l'ai pas reconnu.
10:11Je suis passé devant ce grand bonhomme
10:13d'un mètre 90 qui paraît gigantesque,
10:16qui est très athlétique,
10:18qui est très mince.
10:19Ce qui frappe en premier chez lui,
10:21c'est qu'il ne ressemble pas vraiment
10:22à l'image qu'on a d'un évêque ou d'un cardinal.
10:25Et pendant l'interview,
10:26il apparaît hyper serein.
10:28On est à une semaine,
10:29moins d'une semaine du déplacement du pape.
10:31Il a un ton extrêmement détendu,
10:34avec son accent espagnol.
10:36Il y a les airs qui roulent,
10:38et on a vraiment l'impression
10:40qu'il a hâte d'y être.
10:41Est-ce qu'il vous explique
10:42comment il a réussi à convaincre le pape
10:44de venir sur l'île de beauté ?
10:46En fait, il me dit qu'il a fait
10:47comme tous les évêques du monde,
10:48c'est-à-dire qu'il lui a demandé,
10:49en personne,
10:50je voudrais que tu viennes dans mon diocèse,
10:52chez moi, en Corse.
10:54Tout simplement, ça s'est passé comme ça,
10:55une demande à l'oral.
10:57Et finalement, en septembre,
10:58les équipes du pape sont venues vers lui
11:00en lui disant,
11:00oui, peut-être,
11:01il va peut-être venir.
11:03Et quelques semaines après,
11:04dans le courant du mois d'octobre,
11:05il a eu la confirmation définitive
11:07par les services du Vatican
11:09et pas par le pape en personne.
11:12Et est-ce qu'il a eu peur
11:14de froisser les autres cardinaux
11:15en réussissant ce coup d'éclat ?
11:17Quelques jours avant l'officialisation,
11:20il y avait l'Assemblée plénière
11:21des évêques à Lourdes.
11:22C'est en gros la grande réunion
11:23des évêques de France.
11:25Et tout le monde, évidemment,
11:26ne parlait que de ça.
11:27Et plusieurs évêques
11:28que j'ai contactés en off
11:29m'ont expliqué que lui, sur place,
11:32le cardinal Bustillo,
11:33au milieu de tous ses frères évêques,
11:34il n'avait qu'une seule préoccupation,
11:36c'était que personne ne vive mal
11:38le fait que le pape vienne chez lui
11:39et pas notamment à Notre-Dame
11:41ou pas ailleurs.
11:42C'était un peu la star du moment,
11:43mais une star un peu angoissée
11:44que les autres vivent mal
11:46son moment de gloire, en fait.
11:48Donc concrètement,
11:49il a essayé de leur expliquer les choses
11:50pour que ce soit bien perçu, c'est ça ?
11:52Oui, il a fait un peu de service
11:53après-vente,
11:54il a expliqué la démarche
11:55de son voyage
11:55et puis surtout,
11:56il s'est assuré
11:58auprès de chacun des évêques
11:59que ce voyage était bien vu.
12:00On en revient au début
12:01de cet épisode de Code Source,
12:03le jour J,
12:04le dimanche 15 décembre.
12:05Le pape François
12:07vient donc en visite à Ajaccio.
12:09Il a près de 88 ans,
12:10son anniversaire,
12:11c'est le 17 décembre.
12:12Il souffre de plusieurs problèmes
12:14de santé.
12:14Quand il n'est pas dans sa voiture,
12:16la célèbre Papa Mobile,
12:18il se déplace en fauteuil roulant.
12:20Thomas Poupot,
12:21décrivez-nous la ferveur
12:22des Corses
12:22au passage de son cortège.
12:24C'est une ferveur incroyable.
12:27Les organisateurs
12:28parlent de 100 000 personnes.
12:29En réalité,
12:30c'est peut-être un petit peu moins.
12:31Mais ce qui est sûr,
12:32c'est que les gens
12:33sont venus de loin.
12:35Ils ont marché beaucoup
12:35parce que la ville
12:36était fermée aux voitures.
12:38Il y a beaucoup d'enfants.
12:39Ça, le pape le remarque très vite.
12:40À énormément de reprises,
12:42des parents,
12:42des mamans,
12:43des papas
12:43tendent leur enfant,
12:44parfois très jeune.
12:45Je me souviens notamment
12:46d'un bébé
12:46qui avait une vingtaine de jours
12:48que son papa,
12:49un médecin du SAMU,
12:51tend au pape.
12:51Et là, le pape fait un signe.
12:53La voiture s'arrête
12:54et on permet au papa
12:55avec son bébé de passer
12:57et le pape bénit l'enfant.
12:59Il le prend dans ses bras,
13:00il lui fait un signe de croix
13:00sur le front
13:01et tout ça se fait
13:02avec des applaudissements.
13:03Une ferveur assez incroyable.
13:06Et à un autre moment,
13:07le pape François
13:08va bénir une très vieille fidèle.
13:11Oui, il est sur le cours Bonaparte.
13:13C'est cette longue avenue
13:14qui longe la mer à Ajaccio.
13:15C'est magnifique.
13:16Et à un moment,
13:17il aperçoit Jeanne.
13:19Jeanne qui est en fait
13:20la doyenne d'Ajaccio
13:21qui a 108 ans
13:22et qui l'a écrit
13:23sur un grand carton
13:25qu'elle tient
13:26serré entre ses mains.
13:27Elle est assise
13:27sur un fauteuil roulant.
13:28Il fait signe
13:29au conducteur de s'arrêter
13:30et là,
13:31ce qu'il n'a pas fait
13:33depuis le début
13:33de la déambulation,
13:34il se lève.
13:35Et se lever pour lui,
13:36c'est un énorme effort
13:37parce qu'il souffre du genou,
13:38il est très âgé.
13:39Mais sans doute
13:40qu'il se rend compte
13:41que cette femme,
13:42encore plus vieille que lui,
13:43mérite bien cet effort.
13:44Donc il se lève
13:45et il lui fait un signe de croix
13:46sur le front.
13:47Il lui offre même
13:48un petit chapelet
13:49avant de repartir
13:50et de poursuivre
13:50sa déambulation.
13:54Le pape François
13:55officiellement
13:55est en Corse
13:56pour prononcer
13:57le discours de clôture
13:58d'un colloque
13:59sur ce qu'on appelle
14:00la piété populaire.
14:02Thomas Poupot,
14:03clairement,
14:03l'événement a été monté
14:04de toute pièce
14:05pour justifier le déplacement ?
14:06On ne le sait pas exactement
14:08mais ce qu'on sait en revanche
14:09c'est que cet événement
14:10coche toutes les cases.
14:11La piété populaire
14:12c'est un des trois grands thèmes
14:14de prédilection du pape François.
14:15Il y a l'écologie,
14:16il y a les migrants
14:17et il y a donc la piété populaire.
14:18La piété populaire
14:19ce sont ces manifestations
14:21de la foi catholique
14:22qui peuvent s'exprimer
14:23dans la rue.
14:24Des processions
14:25avec des statues,
14:26des chants,
14:27des chants polyphoniques.
14:28C'est la religion dans la rue en fait
14:29et ça c'est un sujet
14:30qui touche beaucoup le pape François.
14:32Et donc,
14:32quel est son message principal
14:34dans son discours de clôture
14:35de ce colloque
14:36sur la piété populaire ?
14:38Alors il y en a eu plusieurs
14:39mais le principal
14:40c'est celui
14:41d'une laïcité plus évolutive.
14:43C'est-à-dire qu'en fait
14:44il estime que ces rites
14:45qu'il a découverts
14:46d'ailleurs en Corse,
14:47les processions dans la rue
14:48où se mêlent des élus,
14:50des habitants,
14:51des commerçants,
14:52il y a une crèche
14:53dans la mairie d'Ajaccio
14:54qui ne crée pas
14:55de soucis particuliers.
14:56Il voudrait que ça
14:57ce soit le modèle
14:58de la laïcité partout
14:59et notamment en France
15:01où la laïcité
15:01est beaucoup plus contraignante
15:03et restreint la religion
15:05dans la sphère privée.
15:07D'où la nécessité
15:09de développer
15:11un concept
15:14de laïcité
15:15qui ne soit pas
15:16statique
15:17et figée
15:18mais évolutif
15:19et dynamique.
15:21Et au-delà de ce discours,
15:23avec cette visite
15:24en Corse,
15:25le pape a aussi cherché
15:26à promouvoir
15:27cette piété populaire
15:28dont on parlait ?
15:29Il a cherché à la promouvoir
15:30parce qu'en fait
15:31il braque les projecteurs dessus
15:32en disant
15:33regardez là
15:34les gens sont dans la rue
15:34ils expriment leur foi
15:35très bruyamment
15:36et ça se passe bien.
15:37Thomas Poupot,
15:38avant de repartir,
15:39le pape François
15:40s'est entretenu
15:41pendant environ
15:42trois quarts d'heure
15:42avec le président français
15:44Emmanuel Macron.
15:45Pourquoi est-ce que
15:46cet entretien a été organisé ?
15:47Alors c'est quelque chose
15:48qui est très protocolaire.
15:50Je pense que le président
15:51de la République
15:52Emmanuel Macron
15:52ne pouvait pas
15:53ne pas saluer
15:54un autre chef d'État
15:55finalement le pape
15:56qui est le chef d'État
15:57du Vatican
15:58alors que celui-ci
16:00était en France.
16:01Leur entretien
16:01visiblement a porté
16:02essentiellement
16:03sur des sujets internationaux
16:04l'Ukraine,
16:05le Proche-Orient
16:06et ce qui est rigolo
16:07c'est qu'à la fin
16:07de l'entretien
16:08Emmanuel Macron
16:09a remis un cadeau
16:10ça aussi c'est quelque chose
16:11de très protocolaire
16:12de très habituel
16:13au pape François
16:14et c'était un livre
16:16sur la reconstruction
16:17de Notre-Dame
16:17donc un petit clin d'œil
16:19ou une petite pique
16:20au choix
16:20sur son absence
16:21à la réouverture
16:22de Notre-Dame.
16:22Thomas Poupot
16:23après coup
16:24quand on voit
16:24les photos du cortège
16:26dans Ajaccio
16:26ce qui frappe
16:27c'est que le cardinal
16:29d'Ajaccio
16:29dont on parlait
16:30le cardinal Bustilio
16:31est juste derrière le pape
16:33dans la papamobile.
16:34Alors ça aussi
16:35c'est du jamais vu
16:37ça avait quelque chose
16:39d'utile sans doute
16:39parce que le cardinal Bustilio
16:41parle espagnol
16:42comme le pape François
16:43donc il pouvait lui
16:44traduire ce que disaient
16:45les gens
16:45et puis c'est aussi
16:47sans doute un souhait
16:47du pape François
16:48qui voulait montrer
16:50d'une certaine manière
16:51à la face du monde entier
16:52le visage de ce cardinal
16:54qu'il apprécie tant.
16:55Et pour lui
16:55pour le cardinal Bustilio
16:57j'imagine que ça a dû être
16:58un moment très spécial.
16:59Oui un moment
17:00très spécial
17:01ça se voyait à son visage
17:03il était tout sourire
17:04et je pense qu'en plus
17:07il était quasiment
17:07autant applaudi
17:08que le pape François
17:09c'est dire sa notoriété
17:10dans sa ville.
17:11Thomas Poupot
17:12le cardinal Bustilio
17:13aujourd'hui
17:14il fait partie
17:15des quelques cardinaux
17:16qui sont considérés
17:17comme des candidats potentiels
17:18pour la prochaine élection
17:20du pape.
17:20Oui
17:21il faut d'abord dire
17:22que son voyage en Corse
17:23où il a affiché
17:24une complicité très forte
17:25avec le pape François
17:26a vraiment braqué
17:27les projecteurs sur lui
17:29et puis c'est un homme
17:30qui est plutôt
17:31dans la ligne du pape François
17:32donc c'est un énorme avantage
17:34puisque les 140 cardinaux
17:36qui vont voter
17:37pour le prochain pape
17:38ont été nommés par François
17:39donc sont aussi
17:39dans cette ligne là
17:41et puis il y a aussi
17:42son charisme
17:43sa personnalité
17:44un peu solaire
17:45et son sens politique
17:46c'est quelqu'un
17:47qui sait flatter les uns
17:48les autres
17:49même ceux qui ne sont pas
17:50de son bord
17:50et ça c'est certain
17:51que ça peut jouer pour lui
17:52Quand vous l'avez interviewé
17:53pour le Parisien
17:54vous avez parlé de ça
17:55avec lui
17:56le fait qu'il fait partie
17:57des candidats potentiels
17:58pour être le prochain pape ?
17:59Oui
17:59ce qui est rigolo
18:00c'est que la première chose
18:01qui vient
18:01c'est un soupir
18:02comme si la question
18:03l'ennuyait
18:03et puis très vite
18:04en fait
18:05il déroule une forme
18:07de programme
18:08de candidats
18:09sur ce que devrait être
18:10l'église selon lui
18:12donc évidemment
18:12on comprend très vite
18:13que l'idée
18:14peut-être un jour
18:15de devenir pape
18:16existe dans un coin de sa tête
18:22Merci Thomas Poupot
18:23cet épisode de Code Source
18:24a été produit par
18:25Pénélope Gualquierotti
18:26Clara Garnier-Amourou
18:28et Clémentine Spiller
18:29Réalisation
18:30Julien Moncouquiol
18:31Code Source
18:32est le podcast quotidien
18:34d'actualité du Parisien
18:35nous publions un nouvel épisode
18:36chaque soir de la semaine
18:37du lundi au vendredi
18:38et puis on vous invite également
18:40à écouter Crime Story
18:41le second podcast du Parisien
18:43chaque samedi
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18:50police-justice du Parisien
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