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Le chanteur français a présenté son nouveau titre lors de la cérémonie d’ouverture aux JO de Paris. Alors que la mise en scène fait scandale auprès des chrétiens conservateurs, le morceau cartonne à l'étranger.
Cet épisode de Code source est raconté par Emmanuel Marolle, rédacteur en chef du service culture du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Barbara Gouy, Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : France TV
#jeuxolympiques2024 #paris2024 #chanteurfrançais
Cet épisode de Code source est raconté par Emmanuel Marolle, rédacteur en chef du service culture du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Barbara Gouy, Raphaël Pueyo, Thibault Lambert et Camille Ruiz - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien,
00:08Codesource mobilisé comme l'ensemble de la rédaction du Parisien
00:11pour vous faire vivre les Jeux Olympiques de Paris 2024.
00:19Avec Céline Dion ou encore Aya Nakamura,
00:22sa prestation a été l'une des plus remarquées pendant la cérémonie d'ouverture des Jeux
00:26le vendredi 26 juillet.
00:28Tout bleu, presque nu, barbe teinte en jaune, couronne de vigne,
00:33Philippe Catherine a interprété une chanson déguisée en Dionysos,
00:36le dieu grec du vin et de la fête.
00:38Une représentation de banquets qui, pour une partie des chrétiens conservateurs,
00:42ressemblait à la scène, le dernier repas de Jésus avant sa mise à mort.
00:47Codesource brosse aujourd'hui le portrait de Philippe Catherine
00:49où comment un ancien introverti en est venu à chanter nu devant des dizaines de millions de spectateurs,
00:55épisode raconté par Emmanuel Marolle, le chef du service culture du Parisien.
01:07Emmanuel Marolle, la prestation de Philippe Catherine, quasi nue et maquillée en bleu,
01:11qu'on détaillera plus tard, a entraîné certaines réactions violentes en France et à l'étranger.
01:16Oui, il y a eu beaucoup de réactions, des réactions qui étaient choquées par des références qu'elle considérait comme
01:21religieuses
01:22et donc du coup blasphématoires, avec des drag queens, avec une DJ qui est une militante LGBT,
01:27puis avec Philippe Catherine.
01:29Et donc, par exemple, quelqu'un comme Donald Trump a considéré que cette cérémonie d'ouverture,
01:33et particulièrement cette séquence, était une honte.
01:35Ça a fait réagir aussi l'église catholique qui considérait qu'on jouait avec la représentation de la scène,
01:42le très célèbre tableau de Léonard de Vinci qui reconstituait le repas de Jésus avec ses apôtres.
01:49Puis derrière ça, il y a eu même des menaces de mort,
01:52il y a eu des messages extrêmement agressifs contre les drag queens,
01:56contre Barbara Butch justement, qui a fini par porter plainte il y a quelques jours.
02:00Lui, il a réagi dans les jours qui ont suivi en essayant de calmer le jeu,
02:03en demandant pardon à ceux qui se sont sentis offensés.
02:06Oui, c'est une réaction assez simple finalement, en disant
02:10« Oui, bon, ok, essayons de comprendre que des gens aient pu être choqués. »
02:14Donc, si c'est le cas, je m'en excuse.
02:15Ce n'était pas du tout l'idée.
02:17Au contraire, l'idée, c'était de faire quelque chose de très rassembleur,
02:20de très fédérateur, de très pacifiste.
02:22Donc, il n'était pas du tout question d'énerver qui que ce soit.
02:26Ce qu'il y a de beau dans la religion chrétienne, c'est le pardon.
02:29Donc, je demande pardon si j'ai offensé.
02:33Donc, les chrétiens du monde me l'accorderont, j'en suis sûr.
02:36On va revenir sur cette prestation à la fin de cet épisode de Code Source.
02:40Mais on va d'abord résumer le parcours de Philippe Catherine.
02:43Il a trois enfants, une fille, aujourd'hui âgée de 31 ans,
02:46née d'une précédente union, et deux autres enfants,
02:49Billy et Alfred, qu'il a eus en 2011 et 2012,
02:51avec sa compagne, l'actrice Julie Depardieu.
02:54Son beau-père est donc Gérard Depardieu.
02:56Philippe Catherine a 55 ans.
02:58Il est né le 8 décembre 1969, à Thouart, dans les Deux-Sèvres.
03:02Son vrai nom, c'est Philippe Blanchard.
03:05Emmanuel Marolle, dans quel milieu est-ce qu'il grandit ?
03:08Il grandit dans une famille catholique assez pratiquante en Vendée.
03:13Son père vend des produits pharmaceutiques pour les fermes agricoles.
03:18Sa mère est institutrice en maternelle.
03:21Ses parents sont très pieux, sont très croyants.
03:23Ils vont à l'église et lui-même va être enfant de cœur.
03:26Il a un frère et une sœur qui sont profs désormais.
03:31Mais lui qualifie de cette enfance qui peut paraître très stricte, de très douce.
03:36Ça lui convenait, a priori, même si c'était déjà une personnalité un petit peu hors normes.
03:40Il a pensé à être prêtre jusqu'à ses 13 ou 14 ans, dit-il.
03:44Il a été marqué par une épreuve.
03:46Quand il avait 8 ans, il a subi une opération chirurgicale importante.
03:49Oui, il a été opéré à cœur ouvert, en fait.
03:51À cet âge-là, à 8 ans, il a fait 3 jours de coma le temps de l'intervention.
03:56Il dit qu'il y a eu vraiment un avant et un après, que c'est quelque chose, évidemment,
04:00quand une opération si grave arrive quand on est gamin, on a des notions de vie, de mort,
04:07un rapport avec les hôpitaux et avec la maladie qui, après, est très très différent.
04:12Et donc, c'est quelque chose, par exemple, aujourd'hui, qui le terrifie totalement.
04:15Les hôpitaux, l'idée de la mort est quelque chose qui l'angoisse beaucoup.
04:18Au lycée, en pensionnat, il est victime de harcèlement.
04:21Oui, parce que c'est une personnalité un petit peu atypique.
04:24Et donc, par exemple, il ne se l'avait pas, justement, par provocation.
04:29Et qu'on surnommait poubelle.
04:31Et qu'il avait même découvert, à un moment, derrière son blouson,
04:34que quelqu'un avait écrit ce mot-là, justement, poubelle, derrière.
04:38Il y a un moment où il s'est rendu compte qu'il avait une inscription dans le dos, aussi,
04:42qui était 16.4.
04:45Le 16 correspondant à la lettre P, la 16e lettre de l'alphabet.
04:49Et le 4 au D, la 4e lettre de l'alphabet.
04:52Et évidemment, quand on fait 16.4, ça fait PD.
04:55Philippe Blanchard fait les beaux-arts.
04:57Depuis tout petit, il est passionné par le dessin et par la musique.
05:00Il débute sa carrière de chanteur en enregistrant lui-même ses morceaux
05:03avec un magnétophone quatre pistes.
05:05Il prend le nom de scène de Catherine, en hommage à Catherine Deneuve
05:09et à l'une de ses cousines, qui se prénomme Catherine.
05:11À cette période, pour gagner sa vie, en espérant que sa carrière décolle un jour,
05:15il travaille comme ouvrier chez Citroën, à Rennes, dans un abattoir à emballer des poulets.
05:21Il a aussi été prof de gym.
05:22Le basket est l'une de ses grandes passions.
05:25Emmanuel Marolle, au tout début de sa carrière,
05:27Philippe Catherine est proche d'un autre chanteur.
05:29Oui, il est proche de Dominique A, qui est un chanteur qui vient de Nantes
05:32et qui incarne à ce moment-là une nouvelle chanson française,
05:36c'est-à-dire une chanson française très très moderne,
05:38nourrie à la pop et au rock anglo-saxon
05:41et qui manie les mots de manière très originale.
05:45Dominique A, il a un peu la même démarche que Philippe Catherine,
05:47c'est-à-dire qu'il fait vraiment un premier album dans sa chambre,
05:51quasiment dans sa cuisine, avec une guitare et une boîte à rythme.
05:53Et il se trouve bien, tous les deux, en fait.
05:56Il y a un côté frère entre eux, c'est Catherine qui dit ça, de Dominique A.
06:00Ils ont le même état d'esprit,
06:02la façon de vouloir faire de la musique en français, mais différente,
06:06et de la faire de manière alternative, un peu comme des artisans, comme des bricoleurs,
06:11sans grande ambition commerciale, finalement.
06:14Dans les années qui suivent, Philippe Catherine devient un chanteur apprécié
06:17par un public de connaisseurs et une partie de la presse musique,
06:20comme l'hebdomadaire Les Inrocs Uptibles.
06:22Oui, Les Inrocs qui défendent vraiment cette nouvelle vague française.
06:26Ils avaient même fait une une avec Dominica,
06:28qui de mémoire était titrée en fin de la chanson française qu'on ne déteste pas,
06:32comme s'il n'y avait rien avant tous ces gens-là.
06:35Mais effectivement, ils défendaient Dominica, ils défendaient Mio Sec,
06:38et ils défendaient Philippe Catherine, qui vraiment faisait des petits albums de rien du tout,
06:43avec une petite voix, avec vraiment un côté très très bricolé.
06:47Un premier album qui s'appelle Les Mariages Chinois, qui est très très court.
06:50Et puis après, il y a eu un autre album, alors là, plus orchestré,
06:53qui s'appelle L'Éducation Anglaise,
06:55où il se donnait un petit peu un rôle de dandy, finalement.
06:59C'est ce que Dominica disait de lui à l'époque.
07:02Il disait qu'on avait l'impression qu'il était dans une posture,
07:04alors qu'en fait, dès qu'il buvait deux, trois verres,
07:08on voyait qu'il pouvait se lâcher,
07:09et qu'il pouvait être le Philippe Catherine qu'on a connu après.
07:20Il est plutôt pudique et introverti au départ, Philippe Catherine.
07:23Oui, c'est quelqu'un qui a grandi dans une famille quand même très catholique,
07:27où il y a des traditions, où on ne fait pas trop trop de vagues.
07:31Et il a gardé, je pense, secret un petit peu,
07:33tous ses fantasmes, toutes ses envies de se lâcher.
07:37Il faut aussi imaginer qu'il habite au fin fond de la Vendée,
07:41et qu'il est passionné de musique,
07:42et qu'en même temps, par exemple, dans la presse musicale,
07:44il lit des choses sur des groupes de rock,
07:47comme le Velvet Underground, par exemple, de Lou Reed,
07:49et il se dit, waouh, ça a l'air super.
07:50Et en fait, il ne peut pas trouver les disques,
07:52parce qu'il n'y a pas Internet,
07:53parce qu'il n'y a pas les plateformes de streaming, évidemment, à l'époque.
07:55Et donc, il raconte même qu'il imaginait
07:58ce que pouvait être ce genre d'album,
08:00et qu'il enregistrait sur un magnétophone
08:02sa version à lui de ce qui pouvait être,
08:05par exemple, Sunday Morning du Velvet Underground,
08:07ce qui est une démarche complètement dingue,
08:08mais c'est comme ça aussi qu'il a commencé à faire de la musique.
08:10En parallèle, il s'intéresse aussi au cinéma.
08:12Oui, le cinéma, alors le cinéma d'auteur, pour le coup,
08:15il voit beaucoup de films de Truffaut,
08:17il est passionné par Jean Eustache,
08:20par exemple, qui est un cinéaste un peu culte,
08:22qui a fait un film qui s'appelle La Maman et la Putain.
08:24Et il a même été projectionniste
08:26dans des cinémas itinérants,
08:28donc c'est vraiment quelque chose qui l'intéresse.
08:30Il commence à écrire des films,
08:31alors des films, pareil,
08:33sans véritablement se dire qu'il en fera quelque chose un jour,
08:35mais voilà, et ça va à un moment déboucher
08:37sur quelque chose de véritablement concret pour lui.
08:39En octobre 2005, Philippe Catherine publie son huitième album
08:43intitulé Robots après tout,
08:45en référence au disque Human After All,
08:47Humains après tout des Daft Punk.
08:48Et dans cet album, Emmanuel Marolle,
08:50il y a un titre,
08:52Luxor, j'adore.
09:01Luxor, j'adore, ça raconte l'histoire d'un DJ en boîte de nuit.
09:05Alors d'abord, Luxor, c'est une vraie boîte qui existe,
09:07à Clisson, une commune de Loire-Atlantique
09:10qu'on ne connaissait pas trop à l'époque,
09:11mais dont on parle beaucoup maintenant,
09:13parce que c'est le fief du Hellfest,
09:15l'immense festival de métal chaque année.
09:17Le DJ en question, ça peut être Philippe Catherine,
09:19en fait, il raconte qu'il avait été DJ à une époque
09:22dans une boîte en Espagne un soir
09:24et que ça avait été un cauchemar pour lui,
09:26qu'il ne savait pas comment s'en sortir
09:27avec ce qui passait,
09:29que les gens l'insultaient, hurlaient
09:31en disant mais non, mais nous on veut autre chose, etc.
09:33Et en fait, cette chanson-là, elle raconte ça.
09:36Et elle raconte ça à travers un gimmick
09:38qui est fantastique, c'est
09:39« Je coupe le son et je remets le son ».
09:42Je coupe le son
09:46Et je remets le son
09:50Et je recoupe le son
09:58C'est un Catherine métamorphosé, en fait,
10:01qu'on découvre à la fois dans cette chanson
10:02et dans cet album.
10:03Il n'utilise plus du tout les mêmes choses,
10:05il utilise des boîtes à rythme,
10:06un côté un peu électro,
10:08d'où la référence à Daft Punk dans le titre,
10:10« Robo après tout »,
10:11et même sur la pochette,
10:12il est dans une sorte de juste au corps
10:13avec des choristes à côté de lui.
10:16Enfin, c'est un truc totalement inattendu
10:18de sa part quand on connaît
10:19ce qu'il a fait jusqu'à maintenant,
10:21avant « Robo après tout ».
10:22Et ce titre, « Luxor J'adore »,
10:24c'est un carton.
10:24C'est même le tube de l'été à l'époque,
10:27parce que c'est totalement jouissif.
10:28Déjà, ça fait danser les gens,
10:29puisque ça parle de ça,
10:30mais là, pour le coup, c'est réussi.
10:31Il me racontait en interview
10:33que cette chanson-là lui a complètement échappé,
10:35qu'elle a été utilisée dans des mariages,
10:37dans des écoles maternelles,
10:39dans des trucs pour que tout le monde se lâche,
10:40quasiment de 7 à 77 ans.
10:42Et ça a été aussi un gros succès
10:43pour l'album qui s'est vendu
10:44à 400 000 exemplaires.
11:04Un an plus tard, en octobre 2006,
11:06Emmanuel Marolle, vous le voyez sur scène à Paris
11:08et vous l'interviewez pour Le Parisien.
11:10Il est à l'Olympia,
11:11avec, sur la scène,
11:13un groupe de majorettes belges.
11:14Oui, c'est un groupe qui s'appelle Les Vedettes,
11:16qui est bien dans l'univers qu'il a créé à ce moment-là.
11:19Il a même produit un album des Vedettes,
11:21parce qu'elles sont majorettes,
11:22mais elles sont danseuses et chanteuses.
11:24Et là, il se lâche, encore une fois, complètement.
11:28Il reconstitue, par exemple,
11:29une scène du mépris de Jean-Luc Godard,
11:31cette fameuse scène où Brigitte Bardot
11:34interroge sur un lit son amant,
11:36Michel Piccoli, en lui disant
11:37« Qu'est-ce que tu préfères ?
11:38Tu préfères mes fesses ou mes seins ? »
11:40Alors là, il le fait à la Philippe Catherine.
11:42Il va dire
11:43« Et qu'est-ce que tu préfères ?
11:45Tu préfères mon anu ou mon clitoris ? »
11:47Voilà.
11:48Donc, c'est une sorte de délire
11:50auquel participent les spectateurs
11:52et les fans de Philippe Catherine,
11:53qui, finalement,
11:54sont assez contents de voir
11:55comment il a évolué.
11:57Évidemment, il a élargi son public
11:58avec cet album et avec cette chanson,
12:00mais les fans de La Première Heure
12:01s'y retrouvent aussi dans son délire.
12:04Depuis le début de sa carrière,
12:04Philippe Catherine se montre
12:05comme un homme qui ne cherche pas
12:07à être viril.
12:08Ah non, non,
12:09ce n'est pas du tout le bonhomme,
12:10Philippe Catherine.
12:11C'est plutôt quelqu'un
12:12qui est très, très sensible.
12:13Alors déjà,
12:13de par son pseudonyme,
12:15qui est féminin.
12:16Et puis même dans sa musique,
12:17au départ,
12:18c'était une petite voix fluette.
12:20Et puis même dans sa façon
12:21d'évoluer
12:21et la façon dont il s'est lâché,
12:23il joue beaucoup
12:24avec les codes de la sexualité,
12:26avec le déguisement,
12:28avec le côté
12:30travestissement,
12:31drag queen, etc.
12:34En septembre 2010,
12:35Philippe Catherine
12:36publie son dixième album studio,
12:38album intitulé
12:39Philippe Catherine.
12:40Oui,
12:41et c'est un album
12:41qui lui ressemble.
12:42Je me rappelle
12:43l'avoir interviewé
12:43à cette époque-là
12:44et on avait titré
12:45le papier
12:45Philippe Catherine,
12:46génie ou escro.
12:47C'est-à-dire qu'à la première écoute
12:48de ce disque,
12:49on se dit
12:49mais qu'est-ce que c'est
12:50que ce truc ?
12:51Il y a des chansons
12:52qui sont très courtes,
12:53il y a des chansons
12:54avec à peine
12:55quelques mots répétés
12:56en boucle.
13:01Et en même temps,
13:01quand on va commencer
13:02à lire entre les lignes,
13:03même s'il n'y a pas
13:04beaucoup de lignes,
13:05on se dit
13:05il a quand même
13:06des choses à dire
13:07mais il joue beaucoup
13:07sur l'ambiguïté.
13:09Je me rappelle très bien
13:09qu'il m'avait dit
13:10pendant l'interview
13:12moi je fais les choses
13:13comme un animal,
13:14je renifle,
13:15je lève la patte
13:15et je n'ai aucune envie
13:17de dire quoi que ce soit.
13:18Et pourtant,
13:18c'est un album
13:19qui dit beaucoup de choses
13:20mais à la manière
13:20de Philippe Catherine.
13:21Dans cet album,
13:22il y a un nouveau tube,
13:23La Banane.
13:24Ça paraît une chanson
13:25très très légère
13:26comme ça,
13:27« Ah mais laissez-moi,
13:28laissez-moi manger ma banane. »
13:30Mais en même temps,
13:31dans le texte,
13:31il dit quelque chose
13:32du genre
13:33« Non, je ne veux plus travailler,
13:34plutôt crever. »
13:35« Plutôt crever. »
13:38« Non mais laissez-moi. »
13:40« Non mais laissez-moi. »
13:44« Manger ma banane. »
13:46On est quand même
13:47dans une époque
13:48où on entend
13:49Nicolas Sarkozy répéter
13:51« Il faut travailler plus
13:52pour gagner plus. »
13:54Et ça,
13:54c'est l'engagement
13:56à la manière
13:56de Philippe Catherine.
13:58C'est-à-dire
13:58qu'il va dire
13:59« Non, non, non,
13:59mais moi,
14:00je n'ai rien à dire. »
14:01Il y a parfois
14:01des interviews
14:01où quand vous commencez,
14:02vous avez l'impression
14:03que ça va durer deux minutes.
14:04Mais en fait,
14:05il a plein de choses
14:05à dire
14:06et il dit plein de choses
14:07dans ces chansons-là.
14:08« Plutôt crever
14:09que de me lever
14:11parce que vous me le demandez. »
14:14« Plutôt crever. »
14:17« Non mais laissez-moi. »
14:19Dans cet album,
14:20il y a aussi
14:20la chanson
14:21« Des bisous »
14:22ou encore
14:23« Juifs arabes »
14:24ou pluriel.
14:28C'est comment
14:29on peut parler
14:30du vivre ensemble
14:30et du conflit
14:31israélo-palestiniens.
14:32On peut se lancer
14:33dans des grandes chansons
14:34engagées,
14:35il y en a plein
14:36et parfois
14:36elles sont empoulées,
14:37elles peuvent être
14:38même gênantes,
14:38etc.
14:39Lui dit un truc essentiel
14:40« Juifs arabes »
14:42« Ensemble »
14:43« Ensemble »
14:47« Ensemble »
15:03« Ensemble »
15:06« Juifs »
15:10« L'histoire d'un groupe
15:12d'hommes dont beaucoup
15:13sont en dépression
15:13et qui se prennent
15:14de passion
15:15pour la natation
15:16synchronisée.
15:17Il est comment
15:17dans ce film ? »
15:18« Il est formidable.
15:19Il est un peu
15:20à la manière
15:20de ce qu'il est
15:21dans la vie.
15:22C'est un gardien
15:22de piscine
15:23qui est entre
15:24humour et émotion.
15:26C'est un personnage
15:26un petit peu décalé.
15:28Gilles Lelouch
15:28avait complètement craqué
15:29sur lui
15:29en le voyant
15:30dans un clip
15:30et il s'est dit
15:31« J'ai un rôle pour lui. »
15:33Et il s'en sort
15:34très bien
15:34à tel point
15:35qu'il a même
15:35un César
15:36du meilleur second rôle.
15:59César décroché
16:00le 22 février 2019.
16:02La même année,
16:03il sort son
16:0314e album
16:04« Confessions »
16:05avec un morceau
16:06par exemple
16:07qui évoque
16:07« Le racisme ».
16:08Ça s'appelle
16:09« Blond ».
16:09C'est une chanson
16:11qui lui est venue
16:12en réalisant
16:14qu'il y avait
16:14beaucoup de Noirs
16:15américains
16:16qui portaient
16:17son nom de famille.
16:18Blanchard.
16:18Et il s'est dit
16:19« Il y a quelque chose
16:20à raconter
16:20sur la responsabilité
16:22occidentale.
16:23La responsabilité
16:24des Blancs
16:25vis-à-vis des Noirs
16:26au moment
16:26de l'esclavage.
16:27Et il fait un truc
16:29très très étonnant.
16:30C'est qu'il va faire
16:31une chanson
16:33à la fois
16:33sur le racisme,
16:34sur le délit
16:36de sale gueule
16:37mais à l'envers.
16:38Et il va avoir
16:39un interlocuteur
16:39totalement inattendu.
16:41C'est son beau-père
16:42Gérard Depardieu
16:43qui va quasiment
16:44l'engueuler.
16:59Pendant que lui,
17:00il va encore une fois
17:01faire passer des messages
17:02à travers cette chanson
17:03qui peut paraître légère
17:04et un peu délirante.
17:05Il va dire des choses
17:06comme
17:07« Je n'ai jamais été contrôlé
17:08parce que je suis blond.
17:10Je n'ai jamais montré
17:12mes papiers
17:12parce que je suis blond.
17:14Je n'ai jamais été soupçonné
17:15quand il y a des actes terroristes. »
17:18C'est à sa manière
17:21une façon de faire passer
17:22ses idées
17:23et son regard
17:24sur la société.
17:25« Je n'ai jamais été contrôlé
17:29parce que je suis blond. »
17:32« Je n'ai jamais montré
17:34mes papiers
17:36parce que je suis blond. »
17:54M. Rose
17:55Des M. Rose
17:56qu'il va ensuite exposer
17:57d'abord en 2022
17:58à Paris
17:59dans un magasin de luxe
18:00puis l'année suivante
18:01en 2023
18:02devant le Palais de Justice
18:03dans le 17e arrondissement
18:04Porte de Clichy.
18:06Emmanuel Marolle
18:06on en vient
18:07à l'actualité récente
18:08début 2024.
18:10Philippe Catherine
18:10se prépare à sortir
18:11un nouvel album
18:12et il cherche à participer
18:13à la cérémonie d'ouverture
18:15des Jeux de Paris 2024.
18:16Comment est-ce qu'il s'y prend ?
18:17En fait,
18:18en écrivant
18:18ses nouvelles chansons
18:19pour son futur album
18:20il commence à travailler
18:22sur un titre
18:23qui s'appelle
18:23NU.
18:24Et il se dit
18:25en commençant
18:26à travailler
18:27à enregistrer
18:27à écrire cette chanson
18:28qu'il y a peut-être
18:29quelque chose à faire
18:30avec les Jeux olympiques
18:31parce que
18:31le texte raconte
18:33le fait que
18:33on n'est jamais
18:35tous aussi égaux
18:36que quand on est nu.
18:38Quand on est nu
18:39on n'a pas d'arme.
18:40Donc c'est une chanson
18:41très simple
18:42et très pacifiste
18:44et en même temps
18:45à ce moment-là
18:46il pense aux Jeux olympiques
18:47et à l'histoire
18:47des Jeux olympiques
18:48en disant
18:48mais les premiers
18:49Jeux olympiques
18:50de l'histoire
18:50les athlètes
18:51étaient nus.
18:52C'était des Jeux olympiques
18:53naturistes finalement.
18:55Et donc il se dit
18:55que ça peut coller
18:56avec la cérémonie
18:57d'ouverture des Jeux
18:58prévue le 26 juillet
18:59comment il fait concrètement
19:01pour essayer
19:02d'en faire partie ?
19:02Il envoie un message
19:03à Thomas Joly
19:04qui est le metteur en scène
19:05de la cérémonie
19:06qui plonge dessus
19:07depuis des mois
19:07et il lui envoie
19:08une maquette de la chanson
19:09en lui expliquant
19:11tout ça
19:11le lien potentiel
19:13avec les Jeux olympiques
19:14et lui dit
19:14voilà en gros
19:15tu en fais ce que tu veux
19:16moi je suis disponible
19:17je veux bien faire un truc
19:18et Thomas Joly
19:19il tilte
19:21parce qu'il est aussi
19:22en train de préparer
19:23quelque chose
19:23avec d'autres créatures
19:25à la manière
19:25de Philippe Catherine.
19:26Décrivez-nous la prestation
19:27de Philippe Catherine
19:28le vendredi 26 juillet
19:30pendant la cérémonie
19:31d'ouverture
19:32des Jeux de Paris 2024
19:33sur la scène.
19:34Quel est le tableau ?
19:35Le tableau c'est un moment
19:36où la cérémonie
19:37bascule dans quelque chose
19:38de festif
19:39où tout le monde se lâche
19:40où tout le monde danse
19:41il y a beaucoup de drag queens
19:43qui sont sur un pont
19:44sur la scène
19:45il y a Barbara Butch
19:47DJ
19:48qui mélange
19:49de la musique électro
19:50des tubes français
19:52de Véronique Samson
19:53de France Gall
19:54ils sont tous
19:55derrière un podium
19:56qui peut ressembler
19:57à une grande table
19:58et c'est là
19:59qu'on a le sentiment
20:01de voir
20:02une représentation
20:03de la scène
20:03de Léonard de Vinci
20:04donc de Jésus
20:05avec ses apôtres
20:07et sur cette table
20:08il y a une énorme cloche
20:10et quand la cloche
20:11se soulève
20:12apparaît
20:12un Philippe Catherine
20:13comme on ne l'a jamais vu
20:16Qui se cache ?
20:17Sous cette cloche
20:19Quelqu'un qui vient de chanter
20:20peut-être déjà
20:21Philippe Catherine ?
20:22Sous les traits de Dionysos
20:23Dieu du vin
20:24Il est peint
20:25de la tête aux pieds
20:26en bleu
20:27il est nu ou presque
20:28et il incarne Dionysos
20:31le dieu du vin
20:32du plaisir
20:33des excès
20:34si on peut dire
20:35il va chanter
20:36un petit extrait
20:37de nu
20:38sa fameuse chanson
20:39sur laquelle
20:40il travaillait
20:40quelques mois plus tôt
20:41et qui est à l'origine
20:42de sa présence
20:42à la cérémonie d'ouverture
20:59La même prestation
21:00a été adorée
21:01par une partie du public
21:02et détestée
21:03par une autre partie
21:04du public
21:04sans doute
21:05beaucoup plus conservatrice
21:07Emmanuel Marolle
21:08ses réactions
21:08sont très divisées
21:09ça montre que nos sociétés
21:10que ce soit en France
21:11mais aussi à l'étranger
21:12comme aux Etats-Unis
21:12sont de plus en plus
21:14divisées aujourd'hui
21:15Oui il y a quelque chose
21:16qui est très symptomatique
21:17de parfois
21:18deux mondes
21:19qui n'arrivent pas
21:19à se rencontrer
21:20et à cohabiter
21:21c'est un peu ce que
21:23Thomas Joly voulait faire
21:24c'est-à-dire de se dire
21:25la France est faite
21:26de plein de choses
21:27la France est faite
21:28de traditions
21:29de traditions
21:30de spectacles
21:30comme on peut le voir
21:31au début de la cérémonie
21:32d'ouverture
21:33avec une référence
21:35au Music Hall
21:35avec Lady Gaga
21:36qui chante
21:37Zizi Jean Mer
21:37avec son truc en plume
21:39des danseurs
21:39là on est vraiment
21:40dans la tradition
21:41du spectacle parisien
21:42des années 50-60
21:43et puis au fur et à mesure
21:45la cérémonie
21:47avance
21:47dans tous les sens du terme
21:48à la fois avec les bateaux
21:49mais aussi dans le temps
21:51et avec ce que
21:52la culture française
21:53est aujourd'hui
21:54et la culture française
21:56c'est tout ça
21:56c'est effectivement
21:57de la musique électronique
21:59c'est un univers créatif
22:03où il y a de la musique
22:04où il y a de la mode
22:06où il y a de la danse
22:07et où on casse un peu les codes
22:09mais tous les codes
22:10les codes de l'identité
22:11les codes de la sexualité
22:13d'où le fait d'avoir
22:14des drag queens
22:15des personnes non genrées
22:17des militants LGBT
22:18un type comme Philippe Catherine
22:20qui depuis toujours
22:21joue et se moque
22:23des codes de genre
22:24ça peut choquer
22:25parce qu'il y a aussi
22:26une partie de la population
22:27qu'elle soit française
22:28ou qu'elle soit internationale
22:29qui n'a pas complètement
22:30toutes ses références
22:31qui n'est pas complètement
22:32à l'aise avec
22:33toute cette façon
22:34de voir évoluer la société
22:35voire qu'il la déteste
22:37ce qui est intéressant
22:38dans le cas de Philippe Catherine
22:39c'est qu'il n'y a pas
22:40de mépris
22:42avec les gens
22:42qui ont pu être choqués
22:44par cette séquence
22:45c'est-à-dire qu'il a présenté
22:47des excuses toutes simples
22:48parce que sans doute
22:49de par son parcours personnel
22:50il peut entendre le fait
22:52que ça peut choquer des gens
22:53c'est pas pour ça
22:54qu'il est d'accord avec eux
22:55mais il l'entend
22:56et lui il n'a pas envie
22:57de choquer
22:57donc il dit tout simplement
22:58mais si ça a pu choquer
23:00des gens
23:00je suis désolé
23:01et je m'en excuse
23:02Emmanuel Maroll
23:03en tout cas
23:03cette nouvelle chanson
23:05de Philippe Catherine
23:05nue elle cartonne
23:06bah oui
23:07parce que c'est un moment
23:08assez dingue
23:09de la cérémonie
23:10qui a été un spectacle
23:10formidable du début
23:11jusqu'à la fin
23:12mais ça ça a été
23:13un temps fort
23:14et puis forcément
23:15à partir du moment
23:15où on parle des choses
23:16en bien ou en mal
23:17bah on en parle
23:18donc ça veut dire
23:20que des gens lisent
23:21des choses sur Philippe Catherine
23:22des gens écoutent
23:23la chanson
23:24la chanson par exemple
23:25elle a fait un million de vues
23:26sur Youtube
23:26depuis la cérémonie
23:28il l'a mise en ligne
23:29juste après le spectacle
23:31et il est même devenu
23:32un phénomène viral
23:34en Chine
23:35et donc il y a des petites figurines
23:37qui sont créées
23:38par certains internautes
23:39il y a des dessins
23:40et on voit circuler
23:41sur les réseaux sociaux
23:42de plus en plus
23:43d'illustrations
23:44de représentations
23:45de Philippe Catherine
23:46à la cérémonie d'ouverture
23:47donc c'est gagné pour lui
23:49et ce qui est assez dingue
23:50quand on retrace son parcours
23:52c'est que le petit gars
23:53de Vendée
23:54qui bricolait
23:55ses premières chansons
23:56et ses premiers albums
23:57est devenu
23:58en quelques heures
23:59et en quelques jours
24:00un phénomène international
24:12Merci Emmanuel Marole
24:13200 journalistes du Parisien
24:15sont mobilisés
24:16jusqu'à ce dimanche 11 août
24:17pour vous faire vivre
24:18les Jeux Olympiques
24:19de Paris 2024
24:20l'aspect sportif
24:22et les à-côtés
24:23les coulisses
24:23rendez-vous sur
24:24leparisien.fr
24:25pour l'actu en temps réel
24:26et chaque matin
24:27chez votre marchand de journaux
24:29Cet épisode de Code Source
24:30a été produit par
24:31Raphaël Pueyo
24:32Thibault Lambert
24:33Camille Ruiz
24:33et Barbara Gouy
24:34réalisé par
24:36Julien Moncouquiol
24:37et puis n'oubliez pas
24:38nos deux autres podcasts
24:39Crime Story
24:40avec cet été
24:41une série consacrée
24:42à l'affaire
24:43Xavier Dupont de Ligonnès
24:44et Le Sacre
24:4524 interviews
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24:47olympiques
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