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Traumatisé après une mission en République centrafricaine, David Sipra a traversé plusieurs années d’excès. Depuis, il se reconstruit grâce au MMA. Témoignage.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#mma #davidsipra #codesource

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Le 26 septembre, le Parisien a fait le portrait d'un ancien militaire de 33 ans,
00:17devenu professionnel de MMA, ce sport de combat mêlant différentes techniques et légalisé en France en 2020.
00:23Grâce à cette discipline, David Cipras, surnommé le sergent, a pu surmonter un syndrome post-traumatique
00:29syndrome dont il souffrait notamment depuis une mission en République centrafricaine en 2014,
00:35en pleine guerre civile, où il a été témoin d'atrocités comme des massacres à la machette.
00:40Aujourd'hui, nous avons souhaité donner la parole à David Cipras pour qu'il prenne le temps de nous raconter
00:45son histoire.
00:46Il a reçu la reporter de Codesources, Barbara Gouy.
00:58Je rencontre David Cipras à Perpignan, dans le sud de la France.
01:02Le tutoiement s'impose tout de suite entre nous, et au fil de la discussion, je me rends compte qu
01:08'il est blagueur et sans filtre.
01:10On est dans la salle de sport où il est coach depuis septembre dernier.
01:14David salue les propriétaires des lieux, il y a de la musique, des jeunes qui s'entraînent,
01:19et on s'isole dans un endroit plus calme pour qu'il me parle de son parcours.
01:24David Cipras est né le 24 mars 1992 à Marseille.
01:29Sa mère est conseillère en parapharmacie et son père est éducateur spécialisé pour les délinquants.
01:35Son père l'éduque à la dure, mais David, qui grandit dans les quartiers nord de Marseille,
01:39n'en fait qu'à sa tête et il est bagarreur.
01:42À Marseille, quand tu grandis un peu, tu t'es obligé de montrer que c'est toi le mec qui
01:48domine,
01:49ou alors tu te fais très très vite manger.
01:51Dès la primaire, je crois que ma première bagarre, c'était en CE1, je crois.
01:55Mais voilà, après, c'est vrai que c'était soit être le plus fort, soit se faire manger.
02:01Le père de David fait du judo et il transmet cette passion à son fils.
02:05David commence donc le judo quand il a cinq ans.
02:08Il aime ce sport, mais il continue à se bagarrer avec d'autres enfants du quartier.
02:13Et petit à petit, il se rapproche de la délinquance.
02:17Dès l'âge de 14 ans, ce qui m'a attiré, bien sûr, c'était le côté un peu négatif
02:21de Marseille.
02:22Donc tout ce qui était un peu matuvu, drogue, etc.
02:26Ça m'attirait beaucoup. Moi, j'étais fan à Dayam, j'étais fan à Dalonso.
02:31Mais voilà, j'étais jeune.
02:32Je n'avais pas encore connu d'expérience de vie et j'ai commencé à faire guetteur, charbonneur, des trucs
02:38comme ça.
02:39Pour mettre le deal de drogue derrière lui, à 18 ans, après le lycée, David décide de s'engager dans
02:46l'armée.
02:46On ne va pas se cacher, je voyais tous mes frérots tomber en prison.
02:49Je savais que la suite, c'était ça pour moi.
02:51Donc j'ai dit, allez, je vais me refaire une dynamique plus créative et surtout, je vais me construire un
02:57avenir.
02:58Au fond de moi, j'ai quand même fait des conneries, mais je savais que ce n'était pas le
03:02bon chemin et que je pouvais le rattraper parce que j'étais encore jeune.
03:05Je me suis engagé à Colmar, en Alsace, le 3 août 2010.
03:10Avant d'entrer à Colmar, David passe des tests physiques et psychotechniques à Lyon pendant trois jours.
03:16Et il me répète cette date, le 3 août 2010, qui a bouleversé sa vie.
03:22C'est le jour où il arrive à l'armée.
03:24Les mecs à l'armée, ils sont très carrés, ils ont beaucoup d'a priori sur pas mal de choses,
03:28notamment les chefs.
03:29J'arrive en survête, Lacoste, casquette à l'envers.
03:33Ils m'ont vu arriver à la gare de Colmar.
03:36Ils sont venus me chercher, ils ont dit, oula, je suis arrivé un peu en mode, moi je viens de
03:41Marseille, vous n'allez pas me casser les couilles et tout.
03:42J'ai pris une gifle, j'ai pris une gifle comme n'importe quel bon soldat.
03:46Et en fait, j'ai compris au bout de 2-3 mois que c'était soit moi qui rentrais dans
03:50le rang et qui arrivais à m'y faire à eux,
03:52soit je jartais en fait et je retournais dans les quartiers nord faire des bêtises.
03:56Donc j'ai réussi à faire une transition mentale en disant, allez, mets ta fierté de côté et sois un
04:02bon soldat.
04:04Et du coup, au bout de 3 mois, ils ont vu le changement radical.
04:06Alors qu'ils me faisaient à misère, ils ne me réveillaient qu'à moi les nuits, ils défaisaient mes affaires,
04:10mes lits, pour que je parte.
04:11En fait, le but, c'est que moi je parte.
04:13Donc ils étaient tout le temps sur mon dos, moi on était 2-3.
04:16Et du coup, ils étaient tous sur nos côtes, tous les jours.
04:18Ouais, on va vous faire partir, vous allez voir, vous allez craquer.
04:21J'ai su fermer ma gueule du coup et apprendre.
04:24Au bout d'un an, David passe les tests pour devenir commando, des tests qu'il réussit.
04:30Ses missions sont alors axées sur le renseignement dans les autres pays,
04:34la recherche d'informations en renfort d'efforts spéciales.
04:37En 2014, il part en République centrafricaine, en pleine guerre civile, d'une extrême violence.
04:45Là, en fait, on se rend compte qu'il y a quand même 200 ans d'écart entre la France
04:48et là-bas.
04:49Et qu'ils maintiennent dans un système de pauvreté et qu'ils sont au plus pauvre et au plus bas
04:56de l'échelle sociale.
04:57Mais on voit vraiment la transition quand on revient en France, en fait.
05:00Et qu'en fait, on voit les gens râler pour la marque d'un paquet de Kellogg's ou la marque
05:04de leurs habits
05:04en disant « Ah, mais moi, je ne suis pas assez à la mode ».
05:07Et en fait, on n'arrive pas à se réadapter à ce milieu qui est un peu trop superficiel.
05:12Le retour est compliqué pour David.
05:14Et un soir, peu de temps après être rentré, il passe une soirée en boîte de nuit.
05:19Je me suis mis une cuite à tomber.
05:22En fait, c'était vraiment pour me shooter.
05:23C'était vraiment pas pour prendre du plaisir à boire et passer un bon moment.
05:27Non, c'était des cul-secs, des cul-secs, des cul-secs pour oublier.
05:30Et en fait, je me suis fait fracasser par les videurs parce que j'ai frappé un videur.
05:34Ils étaient trois ou quatre sur moi, je crois.
05:35Je suis revenu en sang à la maison, mais déglingué.
05:38Et ma mère, elle se me dit à pleurer « Qu'est-ce qu'il y a ? » et
05:40tout.
05:40J'ai tout cassé dans la maison.
05:42Mais vraiment, j'ai pris tous les objets, j'ai cassé le frigo.
05:45Et elle m'a dit « Mais qu'est-ce qui ne va pas ? »
05:46Et en fait, même moi, je n'arrivais pas à expliquer ce qui n'allait pas.
05:49Je ne savais pas.
05:50Mais je savais qu'il y avait un truc chez moi qui avait changé.
05:54Ces excès de violence et d'alcool deviennent une habitude pour David.
05:58Pour extérioriser, je ne savais que me battre.
06:00Donc je sortais, je buvais.
06:02Je ne cherchais même pas de nanas, rien.
06:04Je voulais me battre.
06:05Je buvais, je voulais me battre.
06:06Je sortais.
06:07Donc j'ai été condamné deux, trois fois pour des violences sur des personnes
06:11qui voulaient se battre à la base.
06:12Mais bon, ils ont ramassé.
06:14Et du coup, après, ils ont porté plainte.
06:15Donc en fait, dès qu'il y a condamnation dans le civil,
06:18on est doublé de peine dans l'armée.
06:20C'est-à-dire que je prenais 40 jours de cachot avec l'armée.
06:22Je fouillais, pas de téléphone, pas de clope, rien.
06:25Et ils t'enferment le soir.
06:26Et la journée, tu travailles comme tout le monde.
06:28Tu fais ton travail de chef de groupe.
06:30Et le soir, tu vas au cachot.
06:3140 d'affilé.
06:32Et j'ai fait trois fois 40 jours, du coup.
06:35David ne le sait pas encore à ce moment-là.
06:37Mais il souffre d'un syndrome post-traumatique.
06:40L'armée ne lui propose pas de suivi psychologique.
06:43David continue de faire son travail la semaine.
06:45Et en 2015, il devient sergent et enchaîne les missions.
06:49Et après, j'ai enchaîné sur le Mali en 2016, Guyane en 2017,
06:53en tant que chef d'équipe, d'abord.
06:55C'est-à-dire, tu commandes 3-4 hommes dans la section commando.
06:58Et après, ils m'ont vu que j'avais beaucoup de potentiel.
07:00Et ils m'ont fait passer chef de groupe.
07:01Je commandais 12 hommes dans la section commando.
07:03David devient chef de groupe en 2017.
07:06Il fait du bon travail la semaine et se relâche le week-end,
07:10en tombant dans les excès d'alcool et de violence.
07:12En 2018, il découvre le MMA alors qu'il est en mission en Guyane, dans la jungle.
07:18Je me souviens que j'étais avec un pote à moi, Max.
07:21Entre deux missions, on n'était pas assez claqués.
07:23On boxait dans la jungle.
07:25Donc torse nu, on suait, il faisait 90% d'humidité.
07:28Ça faisait trois jours qu'on ne dormait pas en lit.
07:30C'était les hamacs.
07:31Et on boxait.
07:32Et le mec, j'ai dit, écoute Max, en rentrant, je fais des combats en cage.
07:36Et il m'a dit, arrête tes conneries et tout, tu dis n'importe quoi.
07:39En janvier 2019, David rentre de sa mission en Guyane.
07:43Il trouve un club de MMA vers Colmar.
07:46Et il va parler à l'entraîneur, Maxime Gasparetti.
07:49Et je lui dis, écoute, moi je vais faire des combats en cage.
07:52Il me dit, écoute, tout le monde me dit ça aujourd'hui.
07:54Va tourner avec le mec là-bas, va faire un sparring avec le mec là-bas.
07:57C'était Jean-Jacques Calorenti.
07:58Donc un professionnel qui avait déjà trois combats pro, je crois.
08:01Et moi, j'avais que de la boxe anglaise, j'avais que les poings.
08:03On s'est marbré.
08:04Il m'a cassé le nez.
08:06Mais on est à la 100%.
08:07Il m'a balayé dans tous les sens.
08:09J'ai ramassé.
08:10Et là, le coach Maxime, il m'a dit, bon, on peut faire quelque chose de toi peut-être.
08:14David décide de s'entraîner dans cette salle tous les soirs.
08:17Et en avril, quatre mois plus tard,
08:19l'entraîneur lui explique qu'il va pouvoir faire des combats en Suisse.
08:24Ce qui est en jeu dans les combats de MMA, ce sont les ceintures.
08:27Celui qui gagne le combat, gagne la ceinture de l'organisation qui organise cette rencontre.
08:33C'est un peu comme un trophée.
08:35Et en même temps, j'ai continué l'armée.
08:37Donc je continuais l'armée et le week-end, j'allais me battre.
08:40Au lieu d'aller en boîte me battre, j'allais en Suisse.
08:42Mais légalement dans une cage.
08:43Je t'ai payé 50 euros la défaite, 100 euros la victoire.
08:46On s'en foutait de l'argent.
08:47On s'en foutait totalement.
08:48Ce qu'on voulait, c'était sortir la bête.
08:51Du coup, je sortais la bête au casino de balle.
08:54Et j'ai gagné tous mes combats.
08:56Neuf combats, neuf victoires.
08:58En parallèle, le syndrome post-traumatique de David le rattrape.
09:02Il n'arrive plus à dormir.
09:04Là, j'ai des cauchemars qui sont revenus.
09:06Alors que c'était largement après.
09:08Des petits cauchemars, des réveils en sueur.
09:11Le fait d'être tout le temps au taquet aussi.
09:13L'armée, elle nous formate à tout le temps être à fond, à fond, à fond.
09:17Et là, j'ai commencé à faire des crises de panique, d'angoisse.
09:21Et le MMA me faisait un bien fou.
09:23C'est un exutoire mental.
09:24Et du coup, ces cauchemars-là, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait.
09:27Donc, qu'est-ce que je faisais ?
09:29Je buvais pour m'assommer.
09:31Mais ce n'était pas la solution.
09:32Sauf que j'étais jeune.
09:33Je ne savais pas ce qui était bon ou mauvais pour moi, en fait.
09:37Cette même année, David informe l'armée de son mal-être.
09:40L'armée nous apprend toujours à être fort mentalement et de ne pas parler.
09:43C'est-à-dire qu'il faut toujours être au taquet et jamais dire ce qu'on ressent.
09:47Sauf que moi, un jour, j'ai mis ma fierté de côté.
09:50Je suis allé à l'infirmerie et j'ai dit, je ne dors plus.
09:52Et on m'a dit, ok, ça va passer.
09:54Prends des trucs pour dormir, des cachets.
09:55Donc, on te guide toujours vers la solution chimique.
09:58Prends tes cachets, ça va passer.
10:00Continue le travail.
10:01David continue de travailler.
10:02Mais il est de nouveau condamné dans le civil à cause d'une bagarre.
10:07Et il a une peine obligatoire de suivi psychologique.
10:10C'est grâce à ce suivi psychologique que David comprend finalement
10:13qu'il souffre d'un syndrome post-traumatique depuis 2014.
10:18On est des extraterrestres.
10:19On nous apprend à être violent, à tuer, à voir des choses très difficiles.
10:25Et hop, on te libère en France.
10:27Tiens, les cerveaux ne réagissent pas pareil sur tout ce qu'on fait.
10:32C'est-à-dire que moi, j'ai des frérots qui ont fait toutes les mêmes missions que moi
10:34et qui n'ont pas de syndrome post-traumatique.
10:36Le syndrome post-traumatique vient se cumuler sur un traumatisme d'enfance.
10:42J'ai parlé de mon père, la dureté de Marseille.
10:44C'est des petits traumatismes qui ont favorisé au syndrome post-traumatique.
10:48Il y a des frérots à moi qui sont super stables dans leur enfance
10:51et qui n'ont pas eu de syndrome post-traumatique derrière.
10:53David se sent trahi par l'armée qui ne l'a pas suivi psychologiquement.
10:57Mais il continue de privilégier sa carrière de militaire à sa carrière dans le MMA.
11:03Mais même s'il se sent mieux, petit à petit, il ne se sent plus capable de faire des missions.
11:08Il y avait pas mal de choses qui n'allaient pas.
11:11Et en fait, de partir en opération extérieure, je mettais en danger mes camarades.
11:15De ne pas dormir, de me réveiller.
11:17Je voyais que j'avais beaucoup plus de troubles que prévu.
11:19Donc j'ai demandé ma mutation au centre national d'entraînement commando à Mont-Louis.
11:23Et là, je savais qu'il n'y avait que de la formation.
11:26Je ne partais plus en opération extérieure.
11:27Donc déjà, je ne mettais pas en danger la vie de mes camarades ou de moi-même.
11:31Je l'ai caché à mes camarades.
11:33Je n'ai pas dit pourquoi je voulais être muté.
11:35Mais moi, je le savais au fond de moi-même pourquoi je voulais être muté.
11:38Donc je me suis retrouvé seul à Mont-Louis, dans les montagnes, vers Font-Romeu.
11:41Et j'ai pu me recentrer dans les montagnes, seul.
11:45En 2021, David devient donc formateur à Mont-Louis, dans les Pyrénées.
11:50Mais finalement, il se sent encore plus mal face à cette solitude.
11:53Avant, je cachais ma défense d'alcool avec les copains en disant « c'est fait tard ».
11:58Alors que quand je me suis retrouvé seul à la montagne, je prenais une taille.
12:02Et là, ce n'était pas fait tard.
12:03C'était David Tsipras face au whisky pour me tuer.
12:07Là, c'était compliqué.
12:10Donc j'arrivais déchenillé au repas de famille, devant ma mère, mon père,
12:13qui ne comprenaient pas ce qui arrivait.
12:15Parce qu'ils se disaient juste « putain, il a abusé sur l'alcool, mais pourquoi ? »
12:19Et en fait, c'est inexplicable.
12:20Tant qu'on ne l'a pas vécu, on ne peut pas l'expliquer cette sensation d'être délaissé.
12:24Je me réveillais le matin, je n'étais pas fier.
12:26Je disais « putain ».
12:28Et en fait, la semaine, je repartais travailler au Centre national d'entraînement commando.
12:33Et ce n'était plus un job qui me plaisait non plus à 100%.
12:37Je savais qu'il y avait un truc avec l'armée.
12:39Dès que je mettais le tri le matin, il y avait un problème.
12:40C'était très compliqué.
12:44David ne supporte plus de travailler pour l'armée, mais il ne sait pas comment faire pour arrêter.
12:50Un médecin lui dit qu'il peut se mettre en arrêt de travail longue durée,
12:54ce que fait David en janvier 2024.
12:57Il arrête aussi l'alcool et met toute son énergie dans sa carrière dans le MMA.
13:02Et tout semble lui sourire.
13:04À côté de mon Louis, j'ai créé le Warriors Commando Fight,
13:07qui est une organisation de MMA privée pour les amateurs.
13:10Ça a cartonné.
13:11Et Xavier, le mec de Altifit à Fond-Romeu, m'a dit « Tu veux ouvrir ta salle chez nous
13:15?
13:15On a un espace, on peut mettre des tatamis. »
13:17J'ai dit « Vas-y, feu ! »
13:18Et donc du coup, on a ouvert le MMA MTL à Fond-Romeu,
13:211700 mètres d'altitude.
13:23Donc pour les globules rouges, c'est exceptionnel pour tout ce qui est préparation physique.
13:26Et maintenant, j'ouvre la deuxième salle à Perpignan.
13:28Comme ça, on a les deux antennes.
13:30On essaye d'avoir et l'altitude et le bord de mer
13:32pour pouvoir avoir le plus d'adhérents possible
13:35et créer un gros noyau compétiteur ou loisir pour les saisons à venir.
13:39En parallèle de sa carrière personnelle dans le MMA,
13:42David sent qu'il a un rôle à jouer dans la formation et la transmission.
13:47Il sait qu'il est pédagogue et que c'est l'armée qui lui a appris.
13:50Il a un élève qui le touche particulièrement, c'est Victor.
13:54J'ai pas vu les résultats de suite.
13:56Mais maintenant, quand il combat dans la cage, on dirait moi, mais en meilleur.
14:00Et beaucoup plus vif parce qu'il est léger.
14:02Et en fait, c'est une satisfaction de se dire, j'ai transmis quelque chose de bénéfique,
14:06parce que lui, il voulait être combattant, il veut être combattant professionnel.
14:09De bénéfique et surtout, j'ai su l'enseigner.
14:12Et pas que dans la technique.
14:13Il a récupéré mon mental aussi.
14:15Tout ce qui est la dureté, c'est pas que dans la transmission de données à la salle.
14:19C'est dans la transmission de données aussi personnelles et au niveau de ce qu'on est au plus profond.
14:24Et en fait, ce petit Victor là, il est en train de devenir moi, sans les traumas, en meilleure version.
14:29Et donc ça, c'est réjouissant, parce que j'ai réussi à donner que le meilleur de moi-même
14:34et pas lui transmettre tout ce que je faisais avant qui n'était pas bien.
14:37Donc ça, c'est cool.
14:38Mais en attendant de se consacrer uniquement à Victor et ses autres élèves,
14:43David veut encore disputer des combats professionnels.
14:46Il sait qu'à son âge, à 33 ans, il ne pourra pas avoir une longue carrière professionnelle,
14:52mais il veut tout donner et profiter de ce qu'il peut encore faire.
14:56En septembre 2024, David passe en pro.
14:59Il est recruté par Hexagone MMA, une des plus grosses organisations françaises.
15:05Franchement, j'ai 33 piges.
15:06Moi, je dis, je vais aller jusqu'à 36.
15:08Je vais aller chercher la ceinture Hexagone en 70 kilos.
15:11En fait, je me sens libre quand je combats.
15:13Donc c'est 15 minutes de pur bonheur quand je suis dans la cage.
15:17Donc me faire plaisir déjà.
15:18Et surtout après, transmettre.
15:20Et essayer de les amener au plus haut niveau, mes petits jeunes.
15:22Essayer de les amener à l'UFC si c'est possible.
15:24La Ligue 1.
15:25On va viser la Ligue 1 avec mes petits jeunes.
15:38Barbara, David Cipra, il vit comment aujourd'hui ?
15:41Depuis plusieurs années, il habite en haut des montagnes dans les Pyrénées, seul avec son chien.
15:46Et il me disait qu'il a très peu de vie sociale et que ses journées sont plutôt ponctuées par
15:51ses séances de sport en altitude.
15:53Mais par contre, son quotidien est un peu bouleversé depuis qu'il a commencé à donner des cours en ville,
15:58à Perpignan.
15:59Il vit la moitié de la semaine dans les montagnes et l'autre moitié dans une petite ville à côté
16:03de la mer près de Perpignan.
16:05Lui, il préfère être au calme dans les hauteurs, mais il accepte de faire ce sacrifice pour pouvoir donner des
16:11cours.
16:12Donc aujourd'hui, il doit souvent aller en ville à Perpignan et se confronter au monde extérieur.
16:16Il se rend compte aujourd'hui que toute sa vie, en fait, a tourné autour de la violence.
16:21Oui, c'est vraiment un constat qu'il a fait. Il a commencé à se bagarrer quand il était encore
16:25tout jeune, donc toute son enfance a été marquée par cette violence.
16:29Puis il a fait sa carrière dans l'armée, dans des zones de conflit, donc il était toujours dans cette
16:34violence.
16:35Et sa seule manière d'en sortir a été de se consacrer au MMA, qui est encore un sport violent.
16:41Donc ce qu'il me disait, c'est que cette violence le suit et il ne connaît que ça.
16:45Aujourd'hui, il aimerait bien connaître la douceur, pourquoi pas en rencontrant une femme avec qui partager sa vie.
16:51Merci Barbara Gouilly.
16:52Cet épisode de Codesource a été produit par Clara Garnier-Amourou.
16:56Réalisation, Julien Moncouquiol.
16:58Codesource est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
17:02Vous pouvez nous écrire codesource.leparisien.fr
17:05Et puis n'oubliez pas le second podcast du Parisien, Crime Story.
17:09Chaque semaine, une affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau.
17:12Avec Damien Delsenis, le chef du service Police Justice du Parisien.
17:21Le chevaluune en n'est pas un permainteeton.j'a pas un membre qui.遣î
17:21moi-ç'entreprise, is le yn de nombreux. Dispensant
17:21à tous ceux qui se sont opér rankiné deămères l'espace. Mais une affaire

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