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Ces médicaments, à destination des obèses et des diabétiques, sont utilisés par des personnes non malades pour perdre du poids de façon spectaculaire. Vendus comme des produits “miracle” sur les réseaux sociaux, ces traitements sont victimes de pénuries et peuvent entraîner de lourds effets secondaires.

Récit. Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : TikTok (@inspi_nad et @glowavecsidney) et Pursuit of Wellness (podcast).

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#ozempic #pertedepoids #codesource

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News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Osampic, Végovi, Mounjarro ou encore Saxanda, vous avez sans doute entendu parler de ces nouveaux médicaments prometteurs contre l'obésité
00:21qui permettent de perdre du poids en seulement quelques semaines.
00:25Sur les réseaux sociaux, ces traitements sont présentés comme une solution miracle pour dire adieu à ces kilos en trop
00:31sans faire de régime ou de sport.
00:34Certaines personnes cherchent donc à se fournir à tout prix illégalement sur internet, même si elles n'en ont pas
00:41vraiment besoin.
00:42Alors comment fonctionnent ces médicaments ? Comment expliquer leur succès phénoménal ces dernières années ?
00:48Et quels sont les risques et les limites de ces traitements ?
00:51On fait le point dans Codesource avec Nicolas Béraud, il est journaliste santé aux Parisiens.
01:05Nicolas Béraud, avant de commencer cet épisode, il est important de faire la distinction entre l'obésité et le surpoids.
01:12Comment les définir ?
01:14Alors l'obésité et le surpoids, ils ont en commun d'être caractérisés par une masse graisseuse trop importante dans
01:21l'organisme.
01:22On les définit à partir de ce qu'on appelle l'indice de masse corporelle, donc l'IMC, qui est
01:26calculé tout simplement en divisant notre poids par notre taille au carré.
01:30Et ensuite, le surpoids, c'est quand on a un IMC compris entre 25 et 30, tandis que l'obésité,
01:35ça appartient de 30.
01:36Et on distingue trois types d'obésité. Il y a l'obésité modérée, de 30 à 35 d'IMC, l
01:41'obésité sévère, de 35 à 40, et l'obésité massive, qui survient lorsqu'on a un IMC supérieur à 40.
01:48Combien de Français sont concernés soit par l'obésité, soit par le surpoids ?
01:52On estime, d'après la dernière enquête de l'INSERM, qu'un Français sur deux est en situation soit de
01:57surpoids, soit d'obésité.
01:58C'est un petit peu plus chez les hommes que chez les femmes.
02:01Et parmi ceux-là, il y en a 17%, donc près d'un Français sur cinq, qui est en situation
02:06d'obésité, qu'elle soit modérée, sévère ou massive.
02:10Est-ce qu'une personne obèse ou en surpoids est forcément en mauvaise santé ?
02:13Non, pas forcément. Il y a des personnes qui sont en surpoids, qui ont un IMC important, mais qui sont
02:18en pleine forme.
02:18Il y a même des grands sportifs, des rugbymans, des handballers, qui sont très costauds, donc ils ont un IMC
02:23important, au-delà de 25, parfois 26, 27, par là.
02:26Mais ils ne sont pas en mauvaise santé, au contraire, ils sont très sportifs, ils sont en pleine forme.
02:30En revanche, l'obésité, c'est considéré comme une maladie chronique, et là, c'est quand même compliqué, parce que
02:35l'obésité est un facteur de risque de nombreuses maladies, cardiovasculaires, de cancers, etc.
02:39Donc, c'est pour ça qu'on considère qu'à partir d'un certain IMC, donc à partir de 30,
02:43on est dans une situation de maladie.
02:46Jusqu'à la fin des années 2010, qu'est-ce que les médecins recommandent, dans chacun des cas, à celles
02:52et ceux qui veulent perdre du poids, qu'ils soient en obésité ou en surpoids ?
02:56On recommande principalement d'essayer différents types de régimes. Il y a beaucoup, beaucoup de régimes qui ont une efficacité
03:01plus ou moins scientifiquement prouvée et établie,
03:03des régimes qui correspondent plus ou moins bien au mode de vie, aux capacités aussi à la volonté et à
03:08la morphologie des uns et des autres, avec de l'activité physique.
03:11Après, pour les personnes qui sont en situation d'obésité, il y a plus massif, il y a d'autres
03:15techniques qui existent, notamment la chirurgie.
03:17Par exemple, de placer un nanogastrique qui va réduire les quantités d'alimentation qu'on avale, donc ça va nous
03:23permettre de perdre du poids.
03:24Et puis, il y a aussi eu des médicaments qui ont été prescrits comme coupe-faim, alors qu'ils ne
03:28sont pas indiqués comme tels.
03:29Il y a par exemple le cas dramatique du Mediator, qui n'était pas destiné pour ça, mais qui a
03:33été prescrit pour ça.
03:33Et c'est un médicament qui a été retiré du marché, parce qu'on s'est rendu compte qu'il
03:37avait provoqué des centaines, voire peut-être 2000 décès.
03:39En tout cas, pas de traitement miracle pour perdre du poids, c'est un ensemble de petites solutions.
03:45Oui, s'il y avait un traitement miracle pour perdre du poids, je pense qu'on le saurait depuis des
03:49décennies.
03:49Il n'y a même pas de chirurgie miracle, parce qu'il peut y avoir des complications, c'est pas
03:52proposé à tout le monde, etc.
03:54Mais c'est un ensemble de choses, et en tout cas, il faut d'abord commencer par ça pour essayer,
03:58c'est de changer son alimentation,
04:00d'avoir un régime plus équilibré, puis faire de l'activité physique.
04:02Et ça, chez pas mal de personnes, si c'est bien fait, ça peut déjà permettre de perdre des kilos.
04:07En 2019, un nouveau médicament fait son apparition dans les pharmacies françaises, il s'appelle l'ozampic.
04:14Quel est ce médicament ?
04:15Alors, c'est donc un médicament qui est basé sur une molécule qui s'appelle semaglutide,
04:19et c'est un médicament qui est destiné, donc qui peut être prescrit, en tout cas en France, en Europe,
04:24aux personnes qui sont atteintes d'un diabète de type 2.
04:26Donc voilà, c'est un médicament qui arrive avant qu'on s'aperçoive que ça puisse aussi avoir des effets
04:30sur d'autres choses.
04:31Oui, très vite, on constate que l'ozampic fait perdre du poids aux patients qui en prennent,
04:36pourquoi ? Comment ça s'explique ?
04:38Alors, ce médicament, l'ozampic, pour faire très simple, on le qualifie d'analogue du GLP-1.
04:43Et GLP-1, c'est une hormone qui est fabriquée naturellement par l'organisme,
04:47qui stimule la sécrétion d'insuline, donc c'est ça qui fait baisser la glycémie,
04:51c'est pour ça qu'on prescrit ce médicament à des diabétiques.
04:54Ils ont aussi des propriétés amégrissantes, et donc ils font perdre du poids,
04:57parce que cette hormone, donc le GLP-1, agit sur le cerveau en accélérant le sentiment de satiété,
05:04donc en accélérant le sentiment de ne plus avoir faim.
05:06C'est cet effet-là qui fait qu'on perde du poids.
05:09Parce qu'on mange moins ?
05:10Parce qu'on mange moins, tout à fait.
05:11C'est pas le médicament en soi qui brûle les graisses, par exemple,
05:14ou qui réduit notre masse corporelle,
05:16en fait ça joue indirectement sur la quantité d'alimentation qu'on avale.
05:19Et ces effets sur la perte de poids se font rapidement savoir.
05:23Sur des réseaux sociaux comme TikTok,
05:25les vidéos qui parlent de l'Ozampic se multiplient et deviennent virales.
05:29J'ai décidé de reprendre du Ozampic !
05:31Honnêtement, le poids c'est un combat, c'est tellement dur.
05:33Moi, à tous mes anniversaires, quand je soufflais mes bougies, mon vœu c'était quoi ? Être mince.
05:36C'est particulièrement le cas aux Etats-Unis,
05:39où près de 60% de la population est obèse ou en surpoids.
05:42Elle est encore en prendre l'Ozampic ? Je le prends.
05:46Expliquez-nous ça.
05:46Oui, il y a beaucoup, notamment des influenceurs, des influenceuses,
05:50qui commencent à prendre ce traitement, qui ne sont pas du tout diabétiques,
05:53qui ne sont même parfois pas du tout obèses,
05:55mais qui veulent juste perdre un peu de poids.
05:57Et elles constatent que ça marche.
05:59Donc elles s'en font la promotion, elles disent, regardez, l'Ozampic c'est génial, etc.
06:02J'ai perdu tant de kilos en trois mois.
06:05Et donc, elles affichent des promesses qui font sûrement rêver plein de gens qui se trouvent trop gros.
06:10Ce médicament apparaît donc comme un moyen de perdre du poids
06:13pour les personnes qui avaient déjà tout essayé.
06:16Oui, parce que ce médicament, il est présenté comme permettant de perdre des kilos
06:21sans forcément avoir besoin de faire trois heures de sport par semaine,
06:24de faire un régime, etc.
06:25Donc il y a une solution médicamenteuse, mais qui paraît un peu magique.
06:29Ça peut donner des envies, des idées à un certain nombre de personnes.
06:33Que décide alors de faire le laboratoire qui fabrique l'Ozampic et qui est basé au Danemark ?
06:38Alors, Novo Nordisk va décider de mettre au point un autre médicament qui s'appelle le Végovi,
06:43qui est en fait basé sur la même molécule, le sémaglutide, mais à un dosage différent.
06:47Et ce médicament-là, il serait prévu pour être prescrit à des personnes en situation d'obésité
06:52et pas à des diabétiques de type 2 comme pour l'Ozampic.
06:54Oui, parce que ce médicament, l'Ozampic, s'est montré tellement efficace pour perdre du poids
06:59que des médecins se sont mis à le prescrire à des personnes en situation d'obésité,
07:04ce qui provoquait des ruptures de stock pour les diabétiques de type 2 qui en avaient besoin en priorité.
07:10Il y a eu effectivement des grosses tensions d'approvisionnement sur l'Ozampic pour les diabétiques de type 2.
07:16Très régulièrement, même en France, l'agence du médicament nous sollicitait, nous les médias,
07:20pour alerter sur ce qu'elle appelle un mésusage.
07:23C'est-à-dire qu'un médicament est utilisé pour quelque chose pour lequel il ne devrait pas être utilisé
07:27en théorie,
07:28en tout cas pour lequel il n'a pas été autorisé sur le marché européen.
07:31Donc il y a eu cette tension d'approvisionnement qui a été accentuée par cette mode qui est apparue dans
07:37les années 2020 à part là.
07:40En janvier 2022, l'Union Européenne autorise ce nouveau médicament amégrissant, le Végovi,
07:46pour les personnes en situation d'obésité qui veulent perdre du poids.
07:50Dans les mois qui suivent, en France, il est prescrit à quelques milliers de personnes seulement.
07:56Qui sont-elles ?
07:57Ce médicament arrive en France dans le cadre d'un dispositif qu'on appelle l'accès précoce,
08:01c'est-à-dire qu'il va pouvoir être prescrit à un petit groupe de personnes.
08:05Et dans un premier temps, effectivement, quelques milliers de patients
08:07qui ont pour point commun d'être en situation d'obésité massive,
08:11donc avec un IMC au-delà de 40,
08:13et d'avoir au moins une comorbidité liée à son obésité.
08:17Donc ça peut être de l'hypertension, une maladie cardiovasculaire,
08:21un syndrome d'apnée, du sommeil, etc.
08:24Donc des patients les plus malades, si on peut dire,
08:26qui peuvent dans un premier temps bénéficier de ce traitement,
08:29avec évidemment un suivi, notamment des effets indésirables, etc.
08:32Comment ces patients se l'administrent, ce médicament ?
08:35Alors c'est relativement simple,
08:37parce que c'est une injection hebdomadaire, en général au niveau du ventre,
08:41avec ce qu'on appelle un stylo-injecteur,
08:42et on commence avec une dose relativement faible,
08:45et en fait de mois en mois, on augmente la dose.
08:47Donc il faut chaque semaine prendre quelques minutes
08:49pour se piquer avec ce stylo-injecteur.
08:52Et la perte de poids, elle est vraiment rapide après le début de ce traitement ?
08:55Oui, il peut y avoir des pertes de poids significatives dans les premiers mois.
08:59On estime dans les essais cliniques,
09:01dans les études qui ont été menées,
09:02que les personnes en situation d'obésité peuvent perdre jusqu'à 20%,
09:06même parfois plus, de leur poids en un an.
09:08Donc pour une personne qui pèse 100, 120, 130 kilos,
09:12ce n'est pas négligeable,
09:13ça leur permet déjà de retrouver une sorte de confort de vie
09:16qu'elles n'avaient plus avant,
09:17et surtout c'est significatif parce que ça peut arriver assez rapidement.
09:21Pour le Parisien, à l'automne 2022,
09:23vous allez à la rencontre de personnes
09:25qui attendent avec impatience
09:27la commercialisation de ce traitement en France,
09:30comme Léa, 25 ans, qui vit en Normandie.
09:33Pourquoi ce traitement représente un espoir immense pour elle ?
09:36Parce qu'en fait, Léa, c'est une jeune femme qui a 25 ans,
09:39qui mesure 1m60, qui pèse 125 kilos,
09:42donc elle est très clairement dans la catégorie obésité.
09:44Elle explique qu'en fait, elle avait eu des problèmes de santé mentale,
09:47donc elle s'est mise à énormément manger après une tentative de suicide,
09:51parce que ça l'a pésée quelque part,
09:52et elle explique qu'elle a tenté énormément de choses,
09:55notamment des régimes pour perdre du poids,
09:56mais qu'elle n'y arrivait plus.
09:58Et du coup, elle s'est dit,
10:00« Ces traitements, c'est peut-être une avancée pour moi,
10:01ça pourrait peut-être m'aider, etc. »
10:04En parallèle, Nicolas Béraud,
10:05d'autres ne veulent surtout pas attendre,
10:07et incités par les réseaux sociaux,
10:09ils cherchent à se procurer ce VEGOVI,
10:12ce médicament anti-obésité,
10:14par tous les moyens.
10:15Alors, comment ils s'y prennent ?
10:16En fait, le osampic est prescrit uniquement pour les diabétiques à ce moment-là,
10:19le VEGOVI est uniquement possible dans cet accès précoce,
10:23donc il ne peut pas être prescrit au grand public,
10:24mais on trouve notamment sur des plateformes de messagerie en ligne,
10:27comme Telegram,
10:28en quelques clics,
10:29on trouve des personnes qui nous proposent de nous vendre,
10:31de nous livrer,
10:32soit de l'osampic,
10:33soit du VEGOVI,
10:34à des prix assez élevés,
10:36ou alors ils nous proposent de nous vendre des ordonnances,
10:39toutes faites,
10:39en prétendant qu'on est diabétique, par exemple,
10:41pour récupérer ces traitements.
10:43Et donc, on voit cette tendance apparaître,
10:44et en quelques clics, on trouve.
10:46Il y a donc un engouement pour ces médicaments,
10:48et pourtant, des médecins,
10:50Nicolas Béraud vous martèle qu'il ne faut surtout pas les considérer
10:53comme des traitements miracles.
10:55Pour quelles raisons ?
10:56Pour plusieurs raisons.
10:57La première, c'est qu'il faut les prendre pendant une longue durée.
11:00Ensuite, c'est des médicaments qui peuvent avoir des effets secondaires,
11:03parfois graves,
11:04il y a notamment des troubles digestifs classiques,
11:06comme nausées, vomissements, etc.
11:07Mais il peut aussi y avoir des choses plus graves,
11:09comme une gastroparésie,
11:10à savoir une paralésie de l'estomac.
11:12J'ai rencontré une patiente diabétique,
11:14qui a pris de l'osampic,
11:15qui a eu ça,
11:16et elle me raconte que sa vie est foutue,
11:18que ça peut avoir des conséquences importantes.
11:20Et puis, par ailleurs,
11:21c'est un médicament qui est censé être prescrit pour l'obésité,
11:24mais à condition de suivre en parallèle,
11:26toujours, un régime,
11:28et puis de faire de l'activité physique.
11:29Ce médicament, à lui seul, ne suffit pas,
11:32en tout cas, il n'est pas prévu pour être prescrit
11:34sans accompagnement et sans autre mesure additionnelle.
11:37Quels effets négatifs ce traitement peut-il entraîner
11:40chez celles et ceux qui n'en ont pas réellement besoin ?
11:42Chez les personnes qui ne sont pas en surpoids,
11:44ça peut accentuer un côté un peu obsessionnel,
11:47de vouloir perdre du poids,
11:48ça peut renforcer le culte de la minceur
11:50qui, au bout du compte,
11:51peut avoir des conséquences néfastes
11:53comme générer l'apparition
11:54de troubles du comportement alimentaire.
11:56Et puis, en plus de ça,
11:57c'est un médicament,
11:58quand on l'arrête,
11:59les études montrent,
12:00et les chercheurs le confirment,
12:01que les personnes, souvent,
12:02reprennent le poids qu'elles ont perdu.
12:03Donc, c'est pour ça que c'est un traitement
12:05qu'il faut prendre très longtemps,
12:06à moins qu'elles se mettent
12:07à avoir un régime ou que sais-je.
12:08Si elles arrêtent le traitement,
12:09elles reprendront des kilos.
12:10Donc, au-delà des effets indésirables,
12:12ça peut aussi avoir des effets
12:13psy, sociétaux, plus larges.
12:16Certaines personnes, du coup,
12:17se soignent toutes seules,
12:18alors que, bien souvent,
12:20l'obésité demande une prise en charge globale.
12:23Tout à fait.
12:23Et une personne qui est en situation d'obésité,
12:26la première chose qu'il faut faire,
12:27c'est comprendre pourquoi.
12:28Si on ne cherche pas à comprendre
12:30les causes sous-jacentes
12:32d'une situation d'obésité chez une personne,
12:34et qu'on ne cherche pas aussi
12:36à agir sur ces causes,
12:37que ce soit une dépression,
12:38des problèmes de santé mentale
12:39ou autre chose,
12:39on n'arrivera pas à bien prendre en charge
12:42cette personne de façon globale.
12:43Donc, il ne faut pas penser
12:44que ces médicaments suffisent à eux seuls.
12:46Et pour autant,
12:47les médecins que vous interrogez
12:49rappellent les bienfaits
12:50de ces traitements.
12:51Selon eux,
12:51ça va changer beaucoup de choses.
12:53Quoi, par exemple ?
12:53Il y a beaucoup de personnes
12:54en situation d'obésité
12:55qui ont le sentiment
12:56qu'elles ont tout essayé,
12:57que rien ne marche.
12:58Donc, voilà,
12:59elles peuvent avoir des problèmes
13:00de santé mentale,
13:01parfois avec des conséquences graves.
13:03Donc là, pour le coup,
13:04ces médicaments,
13:05ils apportent un espoir.
13:06Il faut juste que ce soit fait
13:07dans des conditions réglementées,
13:08réglementées, encadrées,
13:10suivies médicalement, etc.
13:12À la fin de l'été 2024,
13:14on pressent à ce moment-là en France
13:16que le Végovi va être autorisé,
13:19commercialisé dans toutes les pharmacies.
13:21Et vous,
13:21juste avant cette autorisation,
13:23vous essayez de savoir
13:24s'il est facile
13:25de s'en procurer sur Internet.
13:28Alors, comment ça se passe ?
13:29Qu'est-ce qui vous arrive ?
13:29Oui, en quelques clics
13:30sur la plateforme Telegram
13:32ou même sur des plateformes
13:33de vente en ligne
13:34très grand public
13:35comme Le Boncoin,
13:36on trouve des gens
13:37qui vendent du Végovi,
13:38c'est quelques centaines d'euros,
13:39donc c'est pas négligeable,
13:40mais ça coûterait pareil
13:41en pharmacie à peu près.
13:42Et la personne sur Le Boncoin,
13:43du coup, je la contacte
13:44et je lui dis bonjour,
13:45vous pouvez nous livrer
13:46du Végovi, etc.
13:47Donc elle me répond oui très bien
13:49et je pense qu'elle a soupçonné
13:50que j'étais journaliste
13:51et après elle m'a plus répondu,
13:52elle a même supprimé l'annonce.
13:53Mais avant de supprimer l'annonce,
13:55cette personne m'avait dit
13:55qu'elle avait déjà vendu du Végovi
13:57à des personnes en France, etc.
13:58C'est évidemment invérifiable
14:00mais en tout cas,
14:00on voit qu'on peut faire
14:02la démarche d'acheter ce produit
14:03sur Internet facilement
14:05alors qu'il n'est pas autorisé,
14:06il n'est pas possible
14:07de s'en procurer
14:08de façon réglementaire
14:09et autorisée en France.
14:13Le 8 octobre 2024,
14:15ça y est,
14:15le Végovi est officiellement
14:17commercialisé en France,
14:18il est disponible en pharmacie.
14:20Nicolas Béraud,
14:21pour qui est-il prescrit
14:22et recommandé à ce moment-là ?
14:24Alors, il y a plusieurs conditions
14:25pour pouvoir se faire prescrire
14:27du Végovi
14:28pour perdre du poids.
14:28Il faut être âgé
14:29de moins de 65 ans,
14:31il faut avoir un indice
14:32de masse corporelle
14:33d'au moins 35,
14:34donc obésité sévère,
14:35et il faut avoir déjà tenté
14:37sans succès
14:37un régime faible en calories
14:39avec de l'activité physique.
14:41Il y a uniquement
14:42les médecins spécialisés
14:43en endocrinologie,
14:45en diabétologie
14:46ou en nutrition
14:46qui peuvent prescrire
14:48du Végovi
14:48aux personnes
14:49qui appartiennent
14:50à ce groupe particulier.
14:51Mais dans les faits,
14:52est-ce que les personnes
14:53en situation d'obésité
14:55sont les seules
14:56à ce moment-là
14:57à en prendre ?
14:57Alors, on n'a pas vraiment
14:59de chiffres,
14:59donc c'est compliqué.
15:00On se dit qu'a priori,
15:01la délivrance est très surveillée,
15:03très réglementée,
15:04la délivrance,
15:05la prescription,
15:05la délivrance d'ordonnance.
15:07Donc, a priori, oui,
15:08mais il n'est pas du tout exclu
15:10que des personnes
15:10qui étaient un petit peu
15:12en dehors des clous,
15:12par exemple,
15:13qui avaient un IMC
15:14de seulement, entre guillemets,
15:1533 et pas 35,
15:16aient pu se prescrire
15:17du Végovi.
15:18C'est une possibilité.
15:19Mis à part l'ozampic,
15:21le Végovi
15:23anti-obésité ne sont pas
15:25remboursés par l'assurance maladie,
15:27mais beaucoup,
15:28vous le constatez,
15:28sont quand même prêts
15:29à payer le prix fort.
15:30Alors, l'ozampic
15:31ne peut même pas être prescrit
15:32contre l'obésité
15:33et le Végovi
15:34peut être prescrit
15:35contre l'obésité,
15:36mais il n'est pas,
15:37en tout cas,
15:37pour le moment,
15:38remboursé.
15:39Il coûte, en général,
15:40selon les pharmacies,
15:41ça varie,
15:41mais en général,
15:42c'est 300,
15:43parfois 400 euros,
15:44en tout cas,
15:44la boîte pour un mois.
15:45Donc, ça fait quand même
15:46quelques centaines d'euros par mois.
15:47C'est loin d'être négligeable.
15:48Évidemment,
15:49ce n'est pas accessible
15:50à la portée de tout le monde,
15:51mais c'est vrai
15:52qu'il y a le côté miraculeux,
15:54le côté prometteur
15:55qui est tellement important,
15:56tellement vanté
15:57depuis des années
15:57que des personnes
15:58sont prêtes
15:58à en payer le prix fort.
16:00Cette année,
16:01le vendredi 12 septembre,
16:02vous publiez dans Le Parisien
16:03une longue enquête
16:04sur ces traitements
16:06qui se revendent
16:06moins cher sur Internet
16:08ou bien sous le manteau
16:09et qui sont parfois
16:11des arnaques.
16:12D'abord,
16:12comment est-ce qu'on les trouve,
16:13ces médicaments ?
16:14On peut en trouver
16:15sur Telegram,
16:16sur Le Bon Coin,
16:17sur les plateformes
16:17comme ça,
16:18grand public
16:18dont je parlais tout à l'heure.
16:20Rien ne permet
16:20de s'assurer
16:21que ce sont des vrais médicaments
16:22qui répondent
16:23à toutes les exigences
16:25réglementaires,
16:25notamment de qualité,
16:26de sécurité,
16:27d'efficacité, etc.
16:28C'est ce que dit
16:29l'agence du médicament.
16:30Donc, il faut faire
16:31très attention.
16:32Il y a déjà des patients,
16:33notamment en Autriche
16:34et au Royaume-Uni,
16:35qui ont été hospitalisés
16:36après avoir utilisé
16:37des stylos injecteurs
16:39de faux au jampi
16:40et donc ça a eu
16:41des complications graves.
16:42Par ailleurs,
16:43ce qui m'a peut-être
16:43encore plus frappé,
16:44c'est qu'on voit passer
16:45même sur Amazon,
16:46un très grand public,
16:48énormément de produits minceurs
16:49comme des patches
16:50qui en fait offrent
16:52la promesse
16:52d'avoir des effets
16:53amaigrissants
16:54comme l'Ozampic.
16:54Il y a même des patches
16:55qui sont appelés
16:56Ozempatch.
16:57Mais c'est totalement bidon,
16:59il n'y a aucun fondement
16:59scientifique,
17:00mais par contre,
17:00on voit que ça attire les gens
17:01parce qu'il y en a plein
17:02qui sont mis en vente.
17:03Donc, s'il y a une offre,
17:04c'est qu'il y a une demande
17:05en face et cette demande,
17:06elle est portée
17:07par toute la promesse
17:08générée par ces médicaments.
17:11Nicolas Béraud,
17:12est-ce qu'il est possible
17:12que des traitements
17:13moins chers,
17:14voire remboursés
17:15par l'assurance maladie,
17:17fassent leur apparition
17:18dans quelques années
17:19en France ?
17:20Bien sûr,
17:21et on peut le souhaiter
17:21parce que l'obésité
17:22reste une maladie,
17:23reste un problème
17:24de santé publique
17:25majeur dans le monde,
17:27notamment aux Etats-Unis
17:27où il y a beaucoup plus
17:28de personnes
17:29en situation d'obésité
17:30qu'en France.
17:31Donc, il y a beaucoup
17:32de labos qui travaillent
17:33sur des nouveaux traitements.
17:34Il y a ces fameux
17:34analogues du GLP1
17:36comme l'Ozampic,
17:37le Végovi et d'autres
17:38qui sont maintenant
17:39en tout cas en France
17:40sur le marché
17:41soit pour le diabète
17:42soit pour l'obésité.
17:43Il y a d'autres traitements
17:44qui pourraient arriver
17:45peut-être pour des prix
17:46moins élevés.
17:46En tout cas,
17:47la recherche continue
17:48et on espère qu'un jour
17:49on arrivera à mieux aider
17:50les personnes
17:50en situation d'obésité,
17:51notamment d'obésité
17:52la plus massive
17:53et des personnes
17:54qui souvent ne s'en sortent pas
17:55depuis des années
17:56voire des décennies.
17:57Vous avez évoqué
17:58dans cet épisode
17:58la molécule GLP1.
18:00C'est elle qui est au cœur
18:01de ces traitements
18:03et qui permet
18:03de faire perdre du poids
18:05à ces patients.
18:06Mais cette molécule,
18:07on le découvre,
18:08va peut-être permettre
18:09de guérir d'autres maladies
18:11dans le futur.
18:12Oui, en fait,
18:12on s'aperçoit
18:13dans différentes études
18:14qu'il y a des indices
18:16suggérant que
18:17des analogues du GLP1,
18:18donc des médicaments
18:19appartenant à cette nouvelle
18:20gamme de traitements,
18:21pourraient aussi
18:22avoir des effets
18:23pour ralentir
18:24la progression
18:25de la maladie d'Alzheimer,
18:26pour réduire
18:27les complications
18:28ou le risque
18:28de maladies cardiovasculaires.
18:29Les chercheurs
18:30ne parviennent pas encore
18:32à expliquer
18:32si c'est simplement
18:34parce qu'en faisant
18:34perdre du poids,
18:35ça permet d'aller mieux
18:36sur d'autres choses
18:36ou s'il y a un effet
18:37direct réel
18:38entre ce médicament
18:39et d'autres maladies,
18:40mais c'est une piste
18:41de recherche.
18:42Donc, voilà,
18:43au-delà du diabète,
18:44au-delà de l'obésité,
18:45il pourrait peut-être
18:46un jour y avoir
18:47d'autres cibles
18:47pour lesquelles
18:48ces médicaments
18:49pourraient être utilisés.
18:50Quoi qu'il en soit,
18:51ces traitements
18:52comme le VEGOVI,
18:54le MUNJARO,
18:55qui est l'équivalent
18:55du VEGOVI,
18:56mais fabriqués
18:57par un labo américain,
18:58ils ont un succès tel
18:59qu'ils ont fait
19:00la fortune
19:01des entreprises pharmaceutiques
19:03qui les commercialisent.
19:04Oui, oui,
19:05effectivement,
19:06c'est une sorte
19:06de jackpot
19:07entre guillemets
19:07pour ces labos.
19:08Si on prend
19:09Novo Nordisk,
19:10par exemple,
19:10qui commercialise
19:11à la fois l'Ozampic
19:12contre le diabète
19:13de type 2 en France
19:14et le VEGOVI,
19:15son bénéfice net
19:16en 2024
19:17a grimpé de 21%
19:19pour atteindre
19:20plus de 13 milliards d'euros.
19:21Et puis,
19:22le laboratoire concurrent
19:23Elilili,
19:24qui lui commercialise
19:25notamment le MUNJARO,
19:26son chiffre d'affaires
19:28a énormément augmenté
19:29ces dernières années,
19:30porté par ses nouveaux
19:31traitements analogues
19:32du GLP1.
19:39Merci à Nicolas Béraud.
19:41Cet épisode de Codesources
19:42a été réalisé par
19:43Julien Moncoukiol
19:45à la production
19:46Clara Garnier-Amourou,
19:47Pénélope Gualquierotti
19:49et Anaïs Godard.
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