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Tombé dans les addictions quand il était adolescent, Frank Villeneuve travaille aujourd’hui pour l’association médico-sociale Gaïa, qui gère la salle de consommation à moindre risque près de la gare du Nord dans le 10e arrondissement de Paris.

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Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network.

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00:00 — Les salles de consommation à moindre risque : prolongation et objectifs
01:03 — Frank : enfance difficile, rue et spirale des addictions
11:06 — Rebond grâce à l’accompagnement (GA), la salle de conso et la réinsertion par le travail

#codesource #addiction #association

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News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11On l'a appris fin décembre 2025, l'unique salle de consommation de drogue à moindre risque de Paris a
00:18été prolongée de deux ans.
00:20Il y en a deux en France, la deuxième située à Strasbourg a, elle aussi, été prolongée pour la même
00:26durée.
00:27Il s'agit d'une expérimentation lancée il y a dix ans, ces deux salles, baptisées officiellement « halte-soin
00:33-addiction »,
00:34ont pour but de sortir de la rue la consommation de drogue et de proposer à un public précaire un
00:41parcours de soins et de réinsertion.
00:43Pour Codesource, Barbara Gouy a rencontré un homme dont la vie a changé grâce à la salle de consommation parisienne.
00:49Franck a 55 ans, il raconte à la fois comment il est tombé dans les addictions et son parcours, aujourd
00:56'hui, pour en sortir.
01:03Je rencontre Franck dans les locaux d'une association qui met des appartements à disposition dans le 14e arrondissement de
01:11Paris pour des personnes en difficulté.
01:13Il habite dans l'un d'entre eux depuis plusieurs années.
01:17Il a une grosse barbe, porte un t-shirt d'un groupe de punk français, les Berruriers Noirs.
01:23Le jour de notre rendez-vous, je remarque qu'il a une main gonflée, c'est un signe de la
01:28prise régulière de drogue en intraveineuse.
01:32Franck prend du subutex, qui est un substitut de drogue.
01:36Son parcours compliqué est aujourd'hui devenu une force pour lui, il me raconte.
01:43Franck est né le 18 mars 1970, dans le 10e arrondissement de Paris.
01:49Il vit dans le quartier de République, jusqu'à 3 ans, puis il déménage en banlieue, à Grigny.
01:55Il est turbulent et sa mère est très sévère.
01:58Ma mère, à la base, était orpheline et donc avait été recueillie par les bonnes sœurs dans les années 50.
02:04Et donc, elle a été élevée à la durée.
02:08Elle estimait qu'il fallait calmer les paris.
02:10Ce n'était pas toujours génial.
02:13Franck est l'aîné d'une fratrie de 5 et il se fait très souvent punir.
02:17Je n'avais pas le droit de sortir, je n'avais pas le droit d'aller voir les potes.
02:19Je n'avais pas le droit, enfin la punition, c'était toujours privé de télé, manger tout seul dans la
02:24cuisine pendant que tout le monde mangeait à table.
02:27Faire le service pour les parents, faire la bimiciteur.
02:31Beaucoup de responsabilités très jeunes, j'ai commencé à changer les couches de ma petite sœur à 6 ans, 6
02:36ans et demi.
02:36À l'école, Franck n'est pas bon élève et il s'ennuie rapidement.
02:40En fait, je me faisais chier.
02:42Ça dépendait des professeurs.
02:44Quand il y avait une matière qui m'intéressait, je pouvais être très très bon.
02:46Quand je me faisais chier, je pouvais être très très con.
02:52À 9 ans, Franck et sa famille déménagent dans le puits de Dôme, à côté d'Isoir.
02:57Un an plus tard, son père meurt.
03:00Sa mère est de plus en plus dure avec lui et deux ans après la mort de son père, elle
03:05se remarie.
03:06Ils déménagent dans le sud avec le beau-père de Franck.
03:10J'ai commencé à côtoyer mes premières assistantes sociales parce que le beau-père, quand il me mettait sur la
03:16gueule, il n'y avait pas mollo.
03:17Ma mère aussi, qui n'allait pas mollo, mais elle prenait toujours quelque chose dans la main.
03:21Donc c'était encore pire.
03:23Donc j'ai des camarades de classe qui m'ont emmené en assistante sociale très vite.
03:30Franck est placé en foyer d'accueil à 14 ans et demi.
03:34Ses frères et sœurs, eux, restent vivre avec leur mère et ils les voient tous les 15 jours quand ils
03:40rentrent chez lui.
03:41Mais avec sa mère et son beau-père, ça se passe souvent mal et ils préfèrent sa liberté quand il
03:47est au foyer.
03:48En fait, je me suis éclaté en foyer.
03:50Ça m'a permis de faire plein de choses, de voyager, de faire pas mal d'activités comme de la
03:55spéléo, de l'escalade.
03:57C'est là que j'ai commencé à découvrir aussi le rock'n'roll et le punch.
04:02Je voulais être libre, je voulais être autonome, je voulais, même à 12 ans, avant d'aller en foyer, je
04:07voulais ma liberté, je voulais une vie rock'n'roll.
04:10En découvrant cette vie rock'n'roll, Franck découvre aussi la drogue.
04:14Quelques mois après être rentré, on était en train de faire une partie de ping-pong et puis on m
04:20'a proposé un joint.
04:21J'ai fumé deux lattes et je suis allé me coucher.
04:25À ce moment-là, Franck a 16 ans et il se met à boire beaucoup avec ses amis.
04:29Le mercredi après-midi, on allait avec les internes dans le jardin, sur un banc public, se torcher la gueule.
04:36Un peu plus tard, à 17 ans, 18 ans, on se donnait rendez-vous le vendredi soir avec ceux qui
04:41avaient les voitures, qui nous amenaient en boîte.
04:43On passait la soirée à picoler et je me disais que j'étais pas assez con pour tomber en addiction.
04:49À 18 ans, Franck entre dans un foyer de jeunes travailleurs en Gironde.
04:54Là-bas, il suit une formation pour être projectionniste de cinéma.
04:58Il rencontre une bande d'amis qui lui ressemblent, ils écoutent du punk et ont soif de liberté.
05:04Franck essaye d'autres sortes de drogues, comme de la colle à rustine.
05:08Il boit toujours beaucoup et il commence à avoir des ennuis avec la police à cause de sa consommation de
05:14cannabis,
05:14mais aussi à cause de petits cambriolages qu'il commence à commettre.
05:18Au bout de la deuxième fois que la gendarmerie s'est pointée au cinéma pour venir me passer les menottes,
05:23mon patron m'a dit au revoir, donc j'ai perdu mon appart et c'est la première fois, c
05:27'était en 89, où je me suis retrouvé à la rue.
05:31On est en juin 1989 et Franck décide de monter à Paris.
05:36Il rencontre un groupe de voyageurs.
05:38J'avais été recueilli par ce qu'on appelait des routards à l'époque, qui m'ont un petit peu
05:42appris des bases de la rue.
05:44On allait cambrioler les quais de la gare où il y avait les flux de coopératives de Pinard.
05:49On arrivait avec les cubis, on les remplissait pour la semaine.
05:54On faisait aussi les poubelles de supermarché pour bouffer.
05:57En arrivant à Paris, Franck profite du fait que sa grand-mère soit en maison de retraite pour squatter son
06:04appartement.
06:05Et la journée, il est dans la rue avec ses amis.
06:08On traînait la journée sur Saint-Lazare, avec au Martin, toute une bande de punk,
06:12à chercher de l'argent pour rentrer dans les concerts, pour se défoncer avant,
06:17acheter l'alcool, acheter les médocs parce qu'on n'avait pas les moyens d'acheter de la cam.
06:21Et j'ai fait mes premières injections, c'était de la buprénorphine en injectable.
06:30La buprénorphine est un opiacé de synthèse,
06:33utilisé comme substitut à plusieurs drogues comme l'héroïne.
06:36Mais Franck en prend comme n'importe quelle autre drogue
06:39et pas comme un substitut pour soigner une dépendance.
06:43À Paris, Franck fait quelques missions d'intérim pour financer ses trajets
06:47afin de rejoindre des festivals de musique.
06:50Il consomme de plus en plus de drogue.
06:53À un moment, on s'aperçoit qu'il faut quelque chose pour avancer.
06:57Quand tu te réveilles, tu ne te sens pas bien.
06:59Alors d'abord, il y a l'alcool.
07:00Tu fais déjà ta manche pour l'alcool.
07:02Ensuite, tu fais ta manche pour ce que tu as l'habitude de prendre en cachetons.
07:06Et tu t'aperçois que si tu n'as pas ça, tu ne commences à être pas bien du tout.
07:11Et ça arrive, mais vraiment, insidûment, petit à petit, sans qu'on s'en aperçoive.
07:17En 1991, Franck rencontre une femme et il tombe amoureux.
07:22Donc là, je me suis un petit peu écarté de mes potes habituels, tout le temps en restant dans la
07:28conso.
07:29Mais toujours de la conso pharmaceutique.
07:36En 1993, Franck devient papa.
07:39Il n'a toujours pas de travail stable et sa compagne supporte de moins en moins ses addictions.
07:45C'est en étant avec la mère de mon fils que je me suis aperçu que j'avais quand même
07:48du mal à me séparer des médocs que j'allais chercher tous les jours à la pharmacie.
07:51Quand je faisais de plus en plus de crises à la mère de mon fils pour qu'elle me file
07:54de l'argent, puisqu'il n'y avait qu'elle qui bossait.
07:58Moi, je faisais un peu la manche.
08:00J'ai essayé de reprendre mes études un petit peu parce que son père était proviseur de lèpre.
08:04Il avait réussi à me faire rentrer dans son lycée.
08:07Mais bon, à la pause de midi, je partais sur...
08:09C'était à Fontenay.
08:10Je partais sur Paris pour aller chercher mes médocs.
08:12Où je venais pour aller en classe ou défoncer.
08:15C'est ce qui a fait casser le truc et qui a fait que ça a mal fini entre nous.
08:21Franck et sa compagne se séparent.
08:23Ils vivaient dans un appartement que les parents de sa compagne payaient.
08:27Donc Franck se retrouve à la rue.
08:29L'appartement de sa grand-mère n'est plus disponible.
08:32Il ne voit son fils plus qu'une après-midi tous les 15 jours.
08:35Il continue de prendre de la drogue.
08:37Et pour ça, il utilise des Sterebox, des trousses avec des seringues stérilisées.
08:43A l'époque, il achète ce matériel dans le quartier de Beaubourg, à Paris.
08:48J'ai mes cachetons là-bas et je faisais mes premières injections de la journée là-bas.
08:52Et là, impossible de se faire vendre.
08:54Aucun pharmacien ne voulait vendre de Sterebox.
08:57J'ai un pote qui avait des vieilles pompes, des seringues sur lui.
09:01Mais il m'a prévenu, j'ai hépatissé.
09:03Donc voilà, j'ai dit, je m'en fous.
09:06Passe-moi ta pompe et voilà.
09:08Donc j'ai changé de pompe et j'ai fait forcément, j'ai hétrapé hépatissé.
09:16Franck ne le sait pas tout de suite.
09:18Il commence à dormir dans un squat du 20e arrondissement de Paris, vers Gambetta.
09:24Là-bas, l'association Médecins du Monde vient à sa rencontre
09:28et lui fournit du matériel stérilisé pour limiter les risques de maladie.
09:32Il vient à minuit, à Nation, donc en général, il était en retard, donc on était obligé de repartir à
09:37pied.
09:38Tout ce qu'on voulait, nous, c'était notre matos, ça nous faisait se barrer.
09:40On savait ce qu'on avait besoin, mais on ne voulait rien d'autre.
09:44En 1995, Franck continue de prendre des substituts en intraveineuse.
09:50Il réutilise souvent des Sterebox qui lui ont déjà servi.
09:54J'ai fait pas mal de poussières, ce qu'on appelle les poussières, c'est une bactérie qui rentre dans
10:00le sang,
10:00qui monte au cerveau et qui fait comme si vous aviez une grosse grippe et qui vous tétanise les muscles,
10:07en fait.
10:10Franck veut reprendre le travail.
10:12Il suit une formation de chariste pour déplacer des palettes de marchandises dans les entrepôts.
10:17Il commence à travailler en 1998, en région parisienne, à Bonneuil-sur-Marne.
10:23Il continue de prendre de la drogue.
10:26Les collègues, ils se posaient les questions, pourquoi j'allais aussi souvent aux chiottes ?
10:29Et pourquoi j'y restais aussi longtemps ?
10:32Surtout que j'étais encore dans l'alcool à l'époque.
10:36Donc j'étais à 4 litres de bière, plus l'apéro le midi, qui était du kirk.
10:42J'étais à 1,5 litres de kirk le midi et 4 litres de bière dans la journée.
10:46Donc j'étais pas frais.
10:48Franck est chariste pendant 12 ans.
10:51Pendant ce temps, il arrive à se prendre un petit appartement.
10:55Mais un jour, en 2010, son patron le surprend en train de boire sur son lieu de travail.
11:01Franck est viré.
11:03Une association qui s'appelle Gaïa lui tend la main.
11:06C'est à partir du moment où j'ai perdu mon emploi que là, ils ont vu que j'étais
11:09un petit peu embêté.
11:10Et ils m'ont dit, tu sais qu'avenue Parmentier, on a un local, tu peux venir voir une assistante
11:15sociale, tu as des dossiers à faire.
11:17J'allais me faire virer de la part où j'étais, parce que ça faisait plusieurs mois que je n
11:21'avais pas payé le loyer.
11:22Et c'est comme ça que j'ai pris contact avec Gaïa et qu'ils ont commencé à me suivre
11:26au social.
11:31En plus de ne plus avoir de toit et de travail, Franck est de plus en plus malade.
11:36Il ressent les symptômes de l'hépatite C comme la fatigue.
11:40Et deux ans après avoir perdu son travail, Franck fait une grosse dépression.
11:45Il réussit à s'en sortir, notamment grâce à ses frères et soeurs qui l'aident à se relever.
11:51Il a de nombreux problèmes de santé, mais il commence à s'ennuyer et il a envie de redevenir actif.
11:57Trois, quatre fois, on m'a proposé de faire du bénévolat.
12:01Et j'ai dit ok. De toute façon, j'avais besoin de m'occuper, j'avais besoin de bouger.
12:06Au niveau boulot, je ne pouvais plus trop assurer, parce qu'il y a pas mal de problèmes de santé.
12:13Je n'étais pas capable de tenir un travail comme avant.
12:17Et donc, quatre jours par semaine, j'étais présent et je faisais de la distribution de matériel.
12:24Franck commence le bénévolat avec l'association Gaïa en août 2016.
12:29Ça lui fait beaucoup de bien.
12:31La joie du monde, ça me permet d'avoir un prétexte pour sortir de ma chambre,
12:37c'est de sortir de devant ma télé et de me bouger un peu.
12:41L'objectif de base, c'est de m'occuper, tout simplement.
12:46Sur le moment, j'ai aussi un petit sentiment de devoir quelque chose à Gaïa.
12:50En prenant ce bénévolat, je le rends un petit peu de ce que Gaïa m'a donné.
12:57Il fait du bénévolat sur l'antenne mobile.
13:00C'est un camion qui se déplace dans Paris pour venir en aide aux personnes dans le besoin.
13:05En novembre 2016, la salle de consommation à moindre risque, gérée par Gaïa,
13:10ouvre dans le 10e arrondissement de Paris.
13:12C'est une salle dans laquelle des personnes souffrant d'addiction à la drogue
13:17peuvent venir pour recevoir du matériel stérilisé
13:20ou obtenir un suivi médicalisé pour réduire leur dépendance.
13:24Il arrête l'alcool, mais il continue de prendre des substituts en intraveineuse.
13:29C'est pour ça qu'au début, il ne veut pas travailler sur la salle de conso,
13:33car il veut vraiment séparer les moments où il est bénéficiaire de l'association Gaïa
13:39et les moments où il est professionnel.
13:41On commence en fin de journée à être fatigué, à vouloir s'injecter.
13:47Au camion, je sais que de toute façon, je n'ai pas le choix, il faut que j'attende.
13:50Tandis qu'à la salle, je n'ai pas envie de te poser sur un poste
13:53et puis qu'à faire ton pain, mais il ne veut plus pas faire.
13:57Au fil des années, Franck se fait une place au sein de Gaïa.
14:01Et en janvier 2021, il accepte un CDI à mi-temps en tant que moniteur éducateur.
14:08Avec ce contrat, il est obligé de travailler à la salle de conso de temps en temps.
14:13Mais il arrive à gérer tout ça, même s'il continue à prendre des substituts.
14:17Aujourd'hui, Franck est fier de son parcours.
14:19J'étais en pleine dépression il y a quelques années.
14:22Je ne suis plus.
14:24J'ai toujours le sourire quand je vais au boulot.
14:27Et puis, les gens que je côtoie au travail le voient aussi.
14:32Quand ils me demandent comment ça va, je leur dis, moi, comme toujours, ça va bien.
14:36Parce que j'aime ce que je fais.
14:37Si j'aide les gens qui se retrouvent dans les situations où j'ai pu, moi, me retrouver,
14:42je sais quoi faire.
14:43Et eux, ils savent, ils connaissent mon parcours.
14:45Puisque je ne me cache pas de mon parcours.
14:47J'ai décidé, à partir du moment où j'ai signé le contrat,
14:50j'ai décidé d'être transparent vis-à-vis de mes collègues et des usagers.
14:55Quand je vais les aider, ils me disent, moi, j'ai confiance en toi.
14:59Je sais que tu es passé par où je suis passé.
15:00Et voilà.
15:15Barbara, est-ce que tu as eu du mal à convaincre Franck de témoigner dans Codesources ?
15:19Alors, Franck était tout de suite partant pour raconter son histoire.
15:22Il sait que son parcours peut être inspirant parce qu'il a réussi à s'en sortir
15:26et qu'il peut maintenant aider les autres.
15:28C'est pour ça qu'il joue le jeu en parlant aux médias,
15:31même si ça peut être éprouvant pour lui parce qu'il est très fatigué à cause de l'hépatite C.
15:36Par contre, il a demandé à ce que je vérifie avec les dirigeants de l'association Gaïa,
15:40où ils travaillent, s'ils acceptaient qu'on fasse cette interview.
15:43En fait, ils ont tellement eu de détracteurs et de personnes
15:46qui ont critiqué cette salle de consommation à moindre risque
15:49qu'aujourd'hui, ils prennent des précautions.
15:51Oui, parce qu'il faut bien rappeler que cette salle de consommation
15:53qui accompagne donc les personnes droguées n'est pas pérennisée.
15:57Ça reste une expérimentation depuis maintenant 10 ans.
16:00Oui, c'est ça.
16:01À l'origine, l'expérimentation devait durer 5 ans.
16:04Elle a été prolongée de 5 nouvelles années en 2021.
16:07Et aujourd'hui, elle est prolongée de 2 ans.
16:09À Paris, il y a des riverains qui se mobilisent pour que la salle soit pérennisée
16:14et d'autres qui préfèreraient qu'elles disparaissent.
16:16Mais chaque jour, il y a quand même 350 visites.
16:19Cette prolongation leur offre un sursis
16:21et l'avenir de la salle devra donc être décidé
16:24avant le 31 décembre 2027.
16:29Merci Barbara Agoui.
16:31Cet épisode de Code Source a été produit par Clara Garnier-Amourou,
16:34réalisé par Pierre Chafanjon.
16:36Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:40N'oubliez pas Crime Story, notre podcast consacré aux affaires criminelles.
16:44Chaque samedi, Crime Story présenté par Claudia Prolongeau
16:47avec Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien.
16:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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