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Ce mercredi 10 septembre, près de 175 000 personnes ont participé au mouvement « Bloquons tout ». Elles ont répondu à l’appel lancé sur les réseaux sociaux au début de l’été, et ont organisé des mobilisations dans plusieurs villes de France.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : LCI et Tiktok (Ryan_bmr)

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#bloquonstout #greve #codesource

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Des dizaines de milliers de manifestants Ă  travers le pays, des centaines de tentatives de blocage,
00:17pour la plupart contrées par les forces de l'ordre à Paris, Caen, Rennes ou encore Marseille.
00:22Le trafic SNCF a été perturbé par endroits, notamment dans la région de Toulouse.
00:27Premier bilan du mouvement Bloquons-Tout ce mercredi 10 septembre, peu avant 18h.
00:32Un mouvement en grande partie animé par des hommes et des femmes qui se sentent proches de l'extrême gauche,
00:38d'après une étude de la Fondation Jean Jaurès.
00:40Alors qui sont les militants de Bloquons-Tout ? Quelles sont leurs revendications ?
00:45Élément de réponse dans Codesources aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien,
00:49Aurélie Lebel, spécialiste économie, en charge notamment du social,
00:53et Vincent Mongaillard de notre service reportage.
01:06On va voir à la fin de cet épisode de Codesources les premières conséquences concrètes de ce mouvement
01:11et que les syndicats appellent à une journée de grève un peu plus tard.
01:16D'abord, Vincent Mongaillard, d'oĂą est parti le mouvement Bloquons-Tout Ă  l'origine ?
01:20Ă€ la base, c'est un groupe sur Telegram qui s'appelle Les Essentiels France,
01:26qui est plutĂ´t proche des cercles souverainistes, des cercles proches de l'extrĂŞme droite,
01:33et qui demande au départ plutôt la sortie de l'Union Européenne à travers le Frexit,
01:40qui a des revendications anti-taxe, et qui entend le 10 septembre,
01:46c'est la première fois que cette date est évoquée, le 10 septembre, tout arrêter.
01:52Alors comment ? En n'achetant pas dans les grandes surfaces,
01:56donc en arrĂŞtant nette la consommation, en n'utilisant pas sa carte bancaire,
02:02et Ă  se confiner ce jour-lĂ .
02:05Dans ces groupes aussi, on s'aperçoit qu'ils peuvent être proches de pensées complotistes.
02:11Aurélie Lebel, ses appels ont ensuite été beaucoup repris à gauche pendant l'été,
02:16notamment après les mesures d'économie annoncées par François Bayrou le 15 juillet.
02:20Cet été, en effet, il y a des mesures, des propositions budgétaires
02:23qui ont hérissé le poil de la gauche, comme l'assurance chômage,
02:27et également la suppression de la proposition de supprimer deux jours fériés.
02:30Très vite, la gauche est ralliée au mouvement Bloquons-Tout,
02:33Jean-Luc Mélenchon évidemment.
02:35Que le 10 septembre soit un jour de blocage général,
02:39c'est-Ă -dire, pour ceux qui concernent le salariat,
02:42que le 10 septembre, ce soit la grève générale.
02:44Et puis un petit peu plus tard dans l'été,
02:46les Verts et le Parti communiste ont également appelé à rallier le mouvement du 10 septembre.
02:51Début septembre, les syndicats se sont positionnés également
02:54par rapport à ce mouvement qui est plutôt géré par la société civile.
02:57Les centrales n'ont pas appelé à suivre le mouvement,
03:00mais la CGT et FO ont laissé la possibilité à leur fédération
03:03d'organiser des mouvements, que ce soit au niveau, par exemple,
03:07de la CGT Éducation, CGT Transport ou CGT Énergie.
03:14Clairement, Vincent Mongaillard, ce mouvement est marqué à gauche aujourd'hui ?
03:17Oui, il y a eu une étude de la Fondation Jean Jaurès,
03:21qui est un think tank classé à gauche,
03:24qui a envoyé un questionnaire à plus de 1000 sympathisants de ce mouvement,
03:30baptisé Bloquons-Tout,
03:32et pour leur demander notamment pour qui ils avaient voté
03:35lors de la dernière élection présidentielle de 2022.
03:39Et ces personnes ont répondu à 69% avoir voté Jean-Luc Mélenchon au premier tour.
03:44Donc clairement, c'est un mouvement issu de la gauche radicale,
03:49avec une proportion assez importante de cadres.
03:54Ils représentent 16% des effectifs.
03:58Pour beaucoup, ils sont plutĂ´t jeunes,
04:0039% âgés de 18 à 34 ans.
04:04Vincent Mongaillard, vous avez beaucoup couvert le mouvement des Gilets jaunes
04:08en 2018-2019.
04:09À l'époque, les opinions des manifestants étaient plus variées,
04:13il y avait de tout ?
04:13Oui, ça allait de l'extrême gauche des anarchistes
04:17jusqu'Ă  l'extrĂŞme droite,
04:19avec clairement une représentation assez importante
04:22des lecteurs du Rassemblement national.
04:24En fait, la différence, elle est surtout
04:26dans l'origine sociale des participants.
04:29Le mouvement des Gilets jaunes, Ă  la base,
04:32ce sont des laissés-pour-compte,
04:33des petits retraités, des ouvriers,
04:36des petits commerçants,
04:38qui ont beaucoup de mal Ă  boucler leur fin de mois.
04:41C'est un mouvement dans lequel les partis politiques,
04:45comme les syndicats,
04:46sont au départ totalement en retrait.
04:49Et puis, le mode opératoire,
04:51c'est de bloquer exclusivement des ronds-points, Ă  la base.
04:55Vincent, Ă  l'approche du 10 septembre,
04:57la semaine du 1er septembre,
04:59vous avez fait une plongée dans le mouvement Bloquons-Tout.
05:02Le mercredi 3 septembre,
05:04vous êtes à Reims pour essayer de participer à une Assemblée générale.
05:07D'abord, décrivez-nous les lieux
05:09et le profil des participants à cette réunion ?
05:11Alors, on est dans une Assemblée générale en plein air,
05:15au parc Léo-Lagrange,
05:17près du grand stade de foot de Reims.
05:20LĂ , il y a une quarantaine de personnes
05:23assises sous les platanes ou debout,
05:27qui vont commencer leur AG.
05:29A l'intérieur, il y a un diplômé d'une école d'ingénieurs,
05:33des féministes, des syndicalistes aussi,
05:36de la CGT ou de forces ouvrières.
05:39On a un agriculteur,
05:41des personnes qui sont autant en survĂŞtement qu'en bermuda.
05:45On a, a priori,
05:46un panel assez représentatif de la société française.
05:51Vous choisissez de vous présenter comme journaliste.
05:53D'un mot, pourquoi et comment ça se passe ?
05:56Alors, comme c'était un groupe qui avait l'air de bien se connaître
06:00et qui est plutĂ´t petit, 40 personnes,
06:03je n'ai pas essayé d'infiltrer
06:05ni de me fondre dans le décor
06:06parce que ça me paraissait difficile.
06:08Donc, j'ai clairement annoncé que j'étais journaliste.
06:12Là, j'ai tout de suite senti que ça allait bloquer.
06:16Ça ne leur plaisait pas.
06:17Certains m'ont déjà dit que j'étais complice
06:20de l'état policier ou du capitalisme.
06:23Donc, j'ai senti que ça se compliquait un peu.
06:25Et donc, leur première décision a été de faire un vote
06:29pour savoir si, oui ou non,
06:31les journalistes pouvaient rester lors de leur Assemblée générale.
06:36Et donc, lors de ce vote, sur ces 40 personnes,
06:38c'est un vote à main levée,
06:40seulement 5 personnes ont décidé que, oui, je pouvais rester.
06:45Donc, j'ai été prié d'écarpir de manière assez violente
06:49puisque, moi, à un moment donné,
06:51je me suis mis en retraite 5 ou 10 mètres.
06:54Et là, une retraitée est venue vers moi en me disant
06:56« Mais, vous n'avez pas compris, il faut partir. »
06:58Donc, voilĂ , je me suis mis en retrait.
07:00Mais j'ai quand même continué à observer de loin leur débat.
07:03Et au moment de partir, vous avez pris une photo
07:05avec votre smartphone.
07:07Et ça, c'est très mal passé.
07:08Oui, j'ai pris une photo parce que je suis totalement dans mon droit.
07:12C'est-Ă -dire que nous sommes dans un espace public.
07:14On a le droit de prendre au loin une photo de personnes qui font une AG.
07:20Et là, immédiatement, une personne a couru vers moi,
07:24très, très virulente,
07:26exigeant que j'efface la photo dans mon téléphone.
07:31Elle m'a tenu le bras.
07:32Évidemment, moi, je me suis défendu
07:34en disant que j'étais dans mon droit
07:36et je pouvais refuser qu'ils imposent leur propre loi.
07:39Donc, j'ai commencé à courir pour repartir
07:42parce qu'ils me faisaient peur.
07:43En courant, je suis tombé.
07:45Je me suis un peu fait mal au poignet.
07:47Et lĂ , j'avais 3, 4 personnes autour de moi
07:50qui ont exigé que j'efface dans mon téléphone la photo.
07:59Vous avez quand mĂŞme su, finalement,
08:01ce qui s'est dit pendant l'AG
08:02grâce au compte-rendu de l'Assemblée Générale
08:04sur la boucle télégramme de ce groupe.
08:06Ça m'a permis de connaître, notamment, leurs revendications.
08:11C'est en finir avec la répression policière.
08:15Ils demandent aussi localement l'arrĂŞt
08:18de la mise en place de la vidéosurveillance
08:20dans la ville de Reims.
08:22Ils veulent aussi en finir avec le capitalisme,
08:27en finir aussi avec ce qu'ils appellent les fascistes.
08:30Et puis, Pellemel aussi demande
08:32à ce qu'il n'y ait plus de pub pour l'armée à la télévision.
08:36Il y a des actions concrètes qui sont décidées ?
08:39Ils ont juste décidé de participer à la manifestation
08:43organisée par la CGT dans la ville de Reims.
08:47Mais aucune action concrète de blocage n'est évoquée.
08:51Mais juste un état d'esprit.
08:53Ils disent, cette fois-ci, il ne faut pas qu'on fasse suer les citoyens.
08:57Parce que vous vous souvenez que pendant les Gilets jaunes,
08:59tous ces blocages avaient bloqué, en fait,
09:02cette France qui se lève tôt.
09:04Le lendemain, Vincent Mongaillard, vous ĂŞtes Ă  Paris
09:06pour une réunion publique de préparation du 10 septembre.
09:09Rassemblement organisé sur la place des Fêtes
09:11dans le 19e arrondissement, dans le nord de la capitale.
09:14Il y a environ 400 personnes.
09:16Décrivez-nous ce que vous voyez.
09:17Alors, on est au milieu de la place des FĂŞtes,
09:20dans ce qui ressemble à une agora, une arène.
09:23Il y a énormément de jeunes.
09:25C'est ce qui frappe d'abord la jeunesse, en fait.
09:28Je dirais qu'il y avait une majorité de 18-25 ans,
09:30beaucoup d'étudiants.
09:32Ce qu'on repère aussi,
09:33c'est qu'avant le début de l'Assemblée Générale,
09:35on distribue des tracts pour une manif pour Gaza.
09:40On voit aussi des personnes avec un kéfier.
09:42Donc, c'est aussi cette mouvance-là qui s'invite dans les Assemblées Générales.
09:47Ce qu'on repère aussi, c'est qu'on a affaire à des militants aguerris.
09:52Beaucoup de syndicalistes.
09:53On a beaucoup de professeurs.
09:56Et puis, autour de moi, je vois aussi des jeunes de l'ultra-gauche,
10:01de mouvements aussi de désobéissance civile,
10:03comme Extinction, Rébellion,
10:05ou mĂŞme des jeunes d'un collectif qui s'appelle Riposte Collective
10:10et qui distribue des tracts que faire en cas d'arrestation.
10:15Quelles sont les revendications ?
10:16Alors, étonnamment, les revendications,
10:18elles sont assez peu évoquées sur le fond, dans cet AG.
10:23Mais quand on écoute les discours,
10:25notamment de ces syndicalistes,
10:28on comprend qu'ils demandent plus de moyens pour l'hĂ´pital,
10:31plus de moyens dans les écoles
10:33et qu'on est sur une amélioration des conditions de travail.
10:37Quels sont les moyens d'action envisagés ?
10:39Alors, ce qui fait consensus,
10:41c'est de bloquer le boulevard périphérique.
10:44Bloquer Paris, comme ils disent,
10:47porte par porte, mur après mur.
10:49Il y a quelqu'un qui conseille, par exemple,
10:52d'abandonner son sac dans les transports publics,
10:55notamment le métro et le RER,
10:57pour paralyser le trafic
10:59le temps que les services de déminage interviennent.
11:02VoilĂ  pour cet AG dans le 19e arrondissement de Paris.
11:06Le vendredi 5, et dans le cadre du mĂŞme reportage,
11:08vous suivez une troisième réunion de l'autre côté du périphérique,
11:12Ă  Montreuil, en Seine-Saint-Denis.
11:14Il y a environ 200 personnes.
11:15Parmi les actions envisagées à ce moment-là,
11:17le blocage de la porte de Montreuil,
11:20ou encore le blocage d'un supermarché de la commune.
11:22Vincent Mongaillard, les militants se préparent aussi à s'entraider concrètement
11:27pour faire vivre, faire durer leurs mouvements,
11:29par exemple en organisant des gardes d'enfants.
11:32Alors oui, ça c'est étonnant.
11:34C'est un point qui arrive d'ailleurs très tôt dans les différentes assemblées générales.
11:39C'est de créer une garderie dès l'aube pour libérer les parents.
11:44On s'aperçoit aussi que c'est un mouvement qui s'inscrit dans la durée,
11:48et qui veut se structurer parce qu'est évoqué aussi de manière très fréquente
11:53ce qu'ils appellent les cantines.
11:55Donc dans la base arrière, prévoir de faire des sandwiches.
11:59Et pour cela, en fait, certains prennent l'initiative d'aller devant les supermarchés
12:04pour, un peu sur le même modèle que les banques alimentaires,
12:08récupérer des denrées qui vont servir à la lutte, à leur combat, comme ils disent.
12:13Aurélie Lebel, vous, au service économie du Parisien,
12:16vous travaillez en parallèle sur des portraits de participants au mouvement Bloquons-Tout.
12:21Vous allez décrire des situations individuelles.
12:24D'abord, comment vous vous y prenez ?
12:26En allant sur les réseaux sociaux, que ce soit Twitter, Facebook,
12:30j'ai rejoint les pages Bloquons-Tout.
12:3310 septembre, restez chez vous, ne faites rien, ne payez rien,
12:36n'allez pas au travail, n'allez pas à l'école.
12:38Vous avez vu ma vidéo, elle a fini sur M6.
12:41Il y en a beaucoup, et l'idée, c'était d'essayer de cibler des gens qui réagissent
12:45plusieurs fois dans la journée, qui repostent, retweetent, etc.
12:49Et je leur ai envoyé à chacun des messages perso,
12:52en expliquant que j'étais journaliste aux Parisiens,
12:55que je cherchais Ă  faire des portraits, Ă  comprendre les motivations des uns et des autres.
12:59Certains m'ont répondu, mais très peu.
13:01Au final, c'est peut-ĂŞtre 1 sur 10 qui m'a fait un retour.
13:04Parmi les 4 témoins à qui vous donnez la parole dans Le Parisien,
13:07il y a d'abord Aymeric, 40 ans, un professeur de SVT,
13:11les sciences de la vie et de la terre.
13:13En résumé, comment il vit aujourd'hui avec sa compagne ?
13:16Combien gagne le ménage ?
13:17Et qu'est-ce qu'il vous dit de leur situation ?
13:20Il me dit qu'il a du mal Ă  joindre les deux bouts.
13:23Avec sa femme qui s'occupe d'enfants en situation de handicap dans les écoles,
13:26il gagne 4000 euros nets par mois, en incluant les aides.
13:30Ils ont trois enfants et il me dit, voilà, chaque mois, on n'arrive pas à mettre de côté.
13:35Il y a zéro épargne, on ne comprend pas comment on en est arrivé là.
13:38Et puis Aymeric, avec sa femme, a subi l'inflation.
13:41Ensuite, il y a eu la hausse de la taxe foncière
13:43et il a l'impression que finalement, Ă  la fin du mois,
13:45il n'y arrive plus et que l'État ne fait rien pour l'aider.
13:48Concrètement, décrivez-nous le programme de son 10 septembre.
13:52Qu'a fait Aymeric ce 10 septembre ?
13:53Aymeric, il a décidé de prendre le mouvement au pied de la lettre et de tout arrêter.
13:58Donc, avec ses enfants et sa femme, ils sont tous restés à la maison.
14:01Les enfants ne sont pas allés à l'école.
14:03Sa femme et lui se sont mis en grève.
14:06Ils ont décidé de ressortir les jeux de société,
14:08d'aller faire une balade Ă  pied,
14:10de ne surtout pas trop utiliser l'électricité et l'eau.
14:14Ni Internet, évidemment, je le cite, pour ne pas utiliser la publicité.
14:18L'idée, c'était de limiter la consommation au maximum.
14:21Autre cas de figure, Aurélie Lebel, Bruno, 53 ans, actuellement au chômage,
14:26mais qui a très longtemps travaillé dans la viticulture.
14:29Bruno, c'est quelqu'un qui a très bien gagné sa vie, il travaillait dans les vignes.
14:33Et un jour, il a tout envoyé valser, il s'est retrouvé au chômage.
14:36Au départ, il avait une très bonne indemnité.
14:38Et puis, petit à petit, elle a été diminuée.
14:41Aujourd'hui, il est presque en fin de droit.
14:43Il touche quasiment 500 euros.
14:45Et il ne comprend pas qu'en ayant travaillé 25 ans,
14:47on puisse être indemnisé si peu.
14:49Bruno en veut beaucoup aux dirigeants politiques.
14:52Il vous parle notamment de François Bayrou, mais pas seulement.
14:54En effet, il n'en peut plus de la situation avec François Bayrou.
14:58Mais surtout, il en veut Ă  Emmanuel Macron.
15:01Il dit le Macron.
15:02En général, il y a quand même beaucoup de gros mots qui sifflent.
15:06Et ce qu'il a envie, c'est la démission d'Emmanuel Macron.
15:08Ce n'est pas d'un nouveau Premier ministre.
15:10Et il a envie de la fin de la Ve République.
15:12Et vous comprenez, en l'écoutant, qu'il est plutôt favorable au Rassemblement National.
15:16En effet, au départ, il se décrit comme un ancien socialiste.
15:19Mais au fur et à mesure de notre discussion, il explique que la prochaine fois, aux prochaines élections,
15:25il laissera passer le RN.
15:27Et quand on lui pose la question de savoir pourquoi, il dit voilà, on a tout essayé,
15:31mais on n'a pas essayé le RN.
15:32Donc la prochaine fois, je ne bloquerai pas un passage du RN.
15:36Parmi vos quatre témoins, il y a une deuxième personne sans emploi, Benjamin, 41 ans.
15:41Et lui, il vise notamment les 1% les plus riches.
15:45En effet, Benjamin, c'est le militant type du 10 septembre, qui est vraiment extrĂŞme gauche.
15:49C'est un militant écologiste.
15:52Il était très mobilisé pendant les Gilets jaunes.
15:55Et lui, c'est vraiment son angle d'attaque.
15:57C'est les plus riches.
15:58Il a envie d'attaquer les grandes entreprises qui sont des symboles.
16:01Il a envie d'attaquer les hauts patrimoines qui ne payent pas suffisamment, selon lui, par rapport au peuple.
16:07Votre quatrième témoin, une femme de 47 ans, se décrit comme une CSP+,
16:11donc faisant partie des catégories socioprofessionnelles supérieures.
16:15Présentez-nous cette femme prénommée Nina.
16:17Nina, c'est une mère célibataire d'une jeune fille qui a 17 ans.
16:21Elle est ingénieure dans la cybersécurité.
16:23C'est une femme qui a fait beaucoup d'études.
16:24Elle est également juriste.
16:26Et effectivement, elle se présente comme une femme qui a toujours voté, qui n'a jamais manifesté.
16:30Elle ne se présente pas comme une femme politisée, ni à l'extrême droite, ni à l'extrême gauche.
16:35Mais elle dit qu'elle aussi, elle a besoin d'un sursaut et que la situation actuelle en France ne
16:40lui convient plus.
16:41Aurélie, Nina semble avoir une grande méfiance à l'égard du président Emmanuel Macron.
16:46En effet, Nina, elle reproche Ă  Emmanuel Macron de nous mener Ă  la guerre contre la Russie.
16:52Elle trouve qu'avec l'Ukraine, il fait vraiment monter la sauce, qu'il titille vraiment Poutine et le pousse
16:57dans ses retranchements.
16:58Elle dit, je cite, « Je suis inquiète pour notre démocratie. J'ai l'impression que Macron nous mène vers
17:04la guerre et que l'on nous prépare à un futur conflit armé, tout en nous cachant les objectifs réels.
17:09»
17:09Et clairement, Nina, elle a très peur aussi pour l'avenir de sa fille qui va grandir dans ce monde
17:13-lĂ .
17:14Et elle en veut aussi beaucoup aux médias généralistes, aux médias nationaux.
17:18En effet, elle a l'impression qu'il y a des actualités qui sont passées sous silence, notamment dans cette
17:23espèce de préparation de la guerre.
17:24Elle a l'impression que les médias ne le traitent pas assez.
17:27Elle a l'impression que les médias ne s'engagent pas et qu'ils manquent de responsabilité en ne traitant
17:32pas ces sujets.
17:33On le voit, il y a des profils très différents parmi celles et ceux qui font partie de ce mouvement.
17:39Vincent Mongaillard, pour votre reportage, vous vous êtes inscrit à plusieurs boucles sur l'application Crypté Telegram, on l'a
17:45déjà évoqué.
17:45Et vous constatez qu'il y a parfois des dissensions.
17:48Alors évidemment, ça n'est pas surprenant, puisqu'il y a des dissensions dans à peu près tous les groupes
17:52humains.
17:52Est-ce qu'il y a certains échanges qui vous ont frappé ?
17:55Oui, c'est un peu la foire d'empoigne où l'on n'hésite pas à s'insulter entre camarades
17:59sur ces groupes Telegram.
18:01Il n'y a pas que dans le numérique ni le virtuel qu'on s'insulte.
18:05Moi, j'ai pu assister Ă  des violentes altercations au sein mĂŞme des AG physiques.
18:10Par exemple, une personne qui propose une alternative au blocage du périph, mais si ça ne plaît pas, immédiatement le
18:19considère comme un troll.
18:20Dans leur langage, ça veut dire un guignol, un bouffon.
18:23Et on lui dit « casse-toi, casse-toi ». Et donc, on sent que très vite, ça peut s
18:28'envenimer.
18:28Vous, Vincent Mongaillard, dans le travail que vous avez fait jusqu'à cette journée du 10 septembre, est-ce que
18:34vous avez senti une grande motivation de la part des participants Ă  ce mouvement ?
18:38Oui, j'ai senti une grande détermination jusqu'à vouloir user de la violence.
18:44Ça, vous le ressentez.
18:46Et d'ailleurs, il ne s'en cache pas, il y a une dame Ă  Montreuil qui a clairement dit
18:50« on va tous être dans l'illégalité ».
18:52Donc, le mouvement pacifique, moi, je n'y crois pas.
18:54Et ce qui est intéressant dans l'étude de la fondation Jean Jaurès, c'est que 44% des personnes
19:01interrogées et qui participent au mouvement Bloquons-Tout légitiment le recours à la violence.
19:0744%, c'est près d'une personne sur deux.
19:14Le mercredi 10 septembre, d'après les informations dont on disposait en fin d'après-midi, il n'y a
19:19pas eu de mise Ă  l'arrĂŞt du pays.
19:21Mais la journée a été marquée par des centaines de blocages ou de tentatives de blocages qui ont été contrées,
19:28dans la plupart des cas, par les forces de l'ordre.
19:30D'après un bilan du ministère de l'Intérieur, en fin de matinée, 30 000 manifestants à travers le pays
19:36avaient participé à ces actions.
19:38Il y a eu près de 300 interpellations, évidemment des chiffres appelés à évoluer.
19:43Images marquantes, à Paris, un restaurant a été incendié à Châtelet, d'après la procureure de la République.
19:50Cet incendie a peut-être été provoqué involontairement par l'intervention policière.
19:56À Rennes, sur la Rocade, un bus a été saccagé et incendié par des manifestants, d'après le réseau de
20:02transport en commun de la ville.
20:04Évidemment, toutes les infos actualisées en temps réel sont à retrouver sur leparisien.fr.
20:10Aurélie Lebel, on l'évoquait au début de ce podcast, les huit principaux syndicats de salariés ont déjà appelé à
20:17une journée de grève pour le jeudi 18 septembre.
20:20Ă€ quoi faut-il s'attendre ?
20:22Certainement à une forte journée de mobilisation.
20:24C'est difficile encore aujourd'hui de se projeter avec des chiffres, évidemment.
20:29Mais on sent bien que le mouvement risque d'être particulièrement suivi dans les transports, dans l'éducation, dans les
20:35raffineries, l'énergie.
20:36Ce sont des secteurs qui sont déjà particulièrement mobilisés pour le 10 septembre.
20:41Et certains autres secteurs, je pense notamment par exemple au secteur hospitalier,
20:45se greffent en général plutôt bien quand il y a des appels d'intersyndicales,
20:50c'est-à-dire de tous les syndicats, à manifester pour crier leur mécontentement.
21:01Merci à Aurélie Lebel et Vincent Mongaillard.
21:04Cet épisode de Code Source a été produit par Pénélope Gualquier-Oti, Thibaut Lambert et Clara Garnier-Amourou.
21:10Réalisation Julien Moncouquiole, assisté de Éthène Contestabilé.
21:16Code Source est le podcast d'actualité du Parisien.
21:18N'oubliez pas Crime Story, chaque samedi une affaire criminelle,
21:22racontée par Claudia Prolongeau et Damien Delsenie.
21:25Sous-titrage Société Radio-Canada
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