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Le père de Benjamin Danielou se bat pour que son fils, plongé dans un coma irréversible depuis 20 ans à cause d’un grave accident de la route, puisse être euthanasié alors que la loi française l’interdit. Témoignage. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Au début du mois d'avril, le Parisien a raconté le combat d'un père pour que son fils puisse
00:17bénéficier d'une euthanasie.
00:19Son fils Benjamin est plongé dans un coma végétatif irréversible depuis 2005, à la suite d'un accident de la
00:26route.
00:26Maxime Danielou, 72 ans, est retraité, il vit à Saint-Malo.
00:31La future loi sur la fin de vie qui sera examinée à l'Assemblée en mai ne devrait pas concerner
00:36Benjamin
00:37parce qu'il n'est ni malade ni considéré comme en fin de vie, même si son cerveau est éteint.
00:44Aujourd'hui, Maxime Danielou témoigne dans Codesources au micro de Barbara Gouy.
00:59Je rencontre Maxime Danielou dans sa grande maison à Saint-Malo en Bretagne.
01:04On s'installe dans son salon avec vue sur son beau jardin et sur la mer.
01:09Maxime est né le 1er mars 1952.
01:12Il est originaire du Finistère, mais il vit un bon moment à Rennes puis à Paris.
01:17A 19 ans, il rencontre sa future femme.
01:21Nous étions étudiants tous les deux.
01:24Nous nous sommes bien plus.
01:27Nous sommes partis en vacances, en autostop, jusqu'en Sicile.
01:33Et puis, nous avons ramené une petite surprise qui était notre fils aîné.
01:45Ils se connaissent depuis peu, mais sa future femme tombe enceinte pendant ce voyage.
01:50Ce n'était pas vraiment prévu, non.
01:52Et nous nous sommes mariés un 24 décembre, parce que c'était le jour où ma future femme était majeure.
02:05Donc, elle était majeure à midi et elle a tenu à ce qu'on se marie ce jour-là, le
02:10jour de sa majorité, à 15 heures.
02:13Maxime a 20 ans quand, le 28 avril 1972, son premier fils vient au monde.
02:19Il redevient papa trois ans après, en août 1975, avec la naissance de sa fille.
02:26Son troisième enfant, Benjamin, naît le 16 juin 1984.
02:31Maxime est peu présent pour sa famille.
02:34Il est publicitaire, il travaille beaucoup et il a de nombreux déplacements à Paris.
02:38C'est un métier vraiment très, très, très, très prenant.
02:44Et je ne voyais ma famille essentiellement que le week-end.
02:49J'arrivais le vendredi et en général, je partais assez tôt le lundi.
02:54Et après, pour Benjamin, là j'ai su me libérer du temps et j'ai vraiment, vraiment profité de Benjamin.
03:01Maxime et sa femme perdent leurs deux premiers enfants dans des circonstances tragiques dont ils ne souhaitent pas parler.
03:07Comme il a l'opportunité de passer beaucoup plus de temps avec Benjamin, ils sont très complices.
03:12C'était un garçon, d'abord un très beau garçon, je pense, ce n'est pas parce que c'était
03:18le mien.
03:192m02, c'était un véritable athlète qui s'intéressait à tout, tant sur le plan sportif que sur le plan
03:27intellectuel, que sur le plan de l'actualité.
03:30Il s'intéressait vraiment à tout.
03:32On partageait beaucoup de loisirs ensemble, on faisait beaucoup, beaucoup de voiles, on faisait de la moto ensemble, on faisait
03:41du jet-ski, de la natation, on faisait une foule de choses ensemble.
03:46Benjamin intègre l'école de gestion et de commerce de Bretagne.
03:49Tout se passe bien pour lui, il a de bonnes notes et se fait beaucoup d'amis.
03:54En deuxième année, en 2005, l'école lui impose un stage pour valider son année.
03:59C'était en Thaïlande pendant 13 semaines.
04:01Lorsqu'il m'a annoncé ça, c'était une quinzaine de jours à peine, avant son départ, il me dit,
04:08papa, l'école veut que j'aille en Thaïlande.
04:12Je lui dis, tu vas où en Thaïlande ?
04:14Il me dit, Pattaya.
04:16Je dis, attends, ce n'est pas possible.
04:18Pas à Pattaya.
04:19J'ai coutume de dire que Pattaya est au sexe ce que l'ourde est à l'eau bénite.
04:26Donc je dis, mais attends, non, non, non, non, mais t'inquiète pas, tout est validé par l'école, c
04:32'est verrouillé et il est parti comme ça.
04:36Son fils s'envole pour la Thaïlande et Maxime s'inquiète qu'il parte dans cette ville à la réputation
04:41peu élogieuse.
04:42Il commence à faire ses propres recherches sur l'entreprise dans laquelle son fils fait son stage et sur son
04:47patron anglais.
04:49La convention de stage précisait que c'était un stage de comptabilité, alors qu'il n'y avait pas une
04:56heure de comptabilité en deuxième année.
04:58Et quand j'ai regardé la fiche de la société, j'ai appris que l'entreprise faisait, déclarait tout au
05:05moins, 850 euros de chiffre d'affaires annuel,
05:09qu'elle n'avait aucun salarié, qu'elle était managée par un anglais qui avait 75 ans.
05:16Je suis allé sur le site de cette société et rien que la page d'accueil n'était pas du
05:26tout équivoque.
05:27Vous aviez des brochettes de jeunes femmes qui étaient des caddies de golf,
05:34parce que ce monsieur-là vendait des séjours de golf à la Thaïlandaise.
05:40Et il était bien précisé que dans la mesure où le caddie ne vous plaisait pas, durant votre séjour, vous
05:49pouviez changer.
05:49Donc c'était de la prostitution qui n'était même pas déguisée.
05:53En principe, les caddies de golf portent le sac du joueur et lui donnent des conseils sur sa manière de
05:59jouer.
06:00En Thaïlande, ce métier est exclusivement féminin. Cela semble être une couverture pour de la prostitution.
06:05Mais Benjamin se veut rassurant avec son père quand il l'a au téléphone.
06:10« Oui papa, rassure-toi, ça se passe bien. Mon job, c'est essentiellement de sélectionner des hôtels et de
06:18trouver de nouveaux hôtels pour héberger les clients.
06:22Non, non, ça se passe très très bien. Mais bon, j'ai beaucoup de boulot. »
06:27Et il devait en plus complètement revoir le site internet de l'entreprise, ce qui lui prenait beaucoup de temps.
06:36Il travaillait entre 12 et 14 heures par jour. Et à l'époque, on n'était pas payé.
06:42Mais au fur et à mesure des semaines, le discours de Benjamin au téléphone commence à changer.
06:46« C'est un peu dur, quoi. La cadence est un petit peu dure. Je suis solide. Mais là, j
06:52'ai perdu 7 kilos en un mois, quoi.
06:55Alors je dis « Attends, c'est quand même pas normal. Vois avec ton école quand même, parce que tu
07:02relèves quand même de la loi française.
07:05Et on ne peut pas abuser de toi comme on le fait. »
07:10Benjamin envoie des mails à l'école qui ne lui apportent pas de réponse.
07:13Fin juin, Benjamin se fait agresser dans Pattaya.
07:16« Benjamin était un colosse et un grand sportif. Donc il a réussi à désarmer son agresseur, à lui enlever
07:24le revolver.
07:25L'agresseur a quand même réussi à lui planter le couteau, un couteau dans le genou.
07:30Et là, il se déchaînait jusqu'à ce que deux Anglais passent et disent « Non, non, arrête là, tu
07:37vas le tuer. »
07:38Et Benjamin a fait l'ouverture du journal télévisé local.
07:43Benjamin est emmené au commissariat et la télévision thaïlandaise arrive à ce moment-là.
07:48« Police arrive à la scène pour trouver un touriste français, Benjamin Danilou, âgé 21, et un perpétrateur. »
07:55Dès que possible, Benjamin appelle son père pour lui expliquer ce qu'il s'est passé.
08:00Maxime lui dit d'arrêter le stage, que c'est allé trop loin.
08:03« Oui, papa, t'as raison. Je n'ai pas un tempérament de trouillard. Mais là, quand même, ça commence
08:12à être chaud. Et j'étais personnellement visé de par l'activité de mon patron.
08:19Parce que la mafia thaïlandaise, qui est très dure, a le monopole de la prostitution. Et cet Anglais venait marcher
08:28sur leur plate-bande. »
08:30Maxime décide d'appeler l'école pour leur expliquer la situation et pour leur demander de mettre un terme au
08:34stage.
08:35« L'école me dit, mais attendez, de quoi vous mêlez-vous ? Vous n'avez pas à intervenir. Votre
08:41fils est majeur. Point. »
08:44Alors, Benjamin envoie un mail également, en disant « Bon, ben voilà ce qui s'est passé. Je demande à
08:52ce qu'on mette fin à mon stage, parce que ça va très très mal finir dans ce contexte. »
08:58Là, je vous cite le mail en réponse mot à mot. « Vous connaissez le contrat. C'est 13 semaines.
09:06Si vous ne restez pas 13 semaines, vous redoublez votre année. »
09:11Benjamin décide donc de rester en Thaïlande pour terminer son stage. Mais quelques jours après, le dimanche 3 juillet 2005,
09:18Maxime reçoit un coup de fil inquiétant à 3h30 du matin du maître de stage de Benjamin.
09:24Il lui annonce que son fils a eu un accident de moto. Maxime lui dit alors tout de suite d
09:29'emmener son fils à l'hôpital et qu'il lui remboursera les frais.
09:32Mais le maître de stage refuse d'avancer de l'argent, donc il confie Benjamin au sauvetage routier, une équipe
09:38composée de bénévoles.
09:40Ils ont récupéré le Benjamin, donc on voyait son cerveau, semble-t-il. Et ils l'ont mis sur le
09:48plateau arrière d'un pick-up et il pleuvait.
09:52Et ils l'ont amené à un dispensaire. Au dispensaire, on leur dit « Non, non, nous, on ne fait
09:58que de la bobologie.
10:00Non, non, là, attendez, regardez, c'est hyper sérieux. On ne peut pas, on peut y aller à l'hôpital.
10:06»
10:06Donc, il l'amène toujours sur le plateau arrière d'un pick-up à l'hôpital de Bataillat.
10:13Et là, il trouve une carte de crédit sur lui, mais une carte de crédit d'étudiant.
10:18Et avec plusieurs prélèvements, parce que les prélèvements étaient limités,
10:22ils arrivent à prendre une journée et demie, je crois, d'hospitalisation.
10:28Donc, il est intégré à l'hôpital.
10:32Et là, nous avons commencé à avoir vraiment des infos.
10:36Il aura fallu attendre entre 3 et 4 heures, entre l'accident et la prise en charge de Benjamin dans
10:41un hôpital,
10:42alors que les premières heures sont précieuses après des blessures de cette ampleur.
10:47Maxime et sa femme n'ont pas d'informations sur les circonstances de l'accident,
10:50mais pour le père, c'est évident que c'est la mafia thaïlandaise qui a ciblé Benjamin.
10:56Les deux parents comprennent que l'état de santé de Benjamin est critique.
10:59Ils décident alors d'aller sur place pour voir leur fils qui est transféré dans un hôpital à Bangkok.
11:04Là, à Bangkok, il a été pris en charge dans un hôpital vraiment merveilleux.
11:11Là, il a été très, très bien pris en charge par un éminent professeur
11:17qui avait été formé aux États-Unis et qui nous rassurait, qui nous disait
11:23« Non, non, ne vous inquiétez pas, Benjamin récupérera à 90 %, on l'a pris en charge. »
11:33Et donc, moi, je suis resté, je pense, une bonne semaine là-bas.
11:38Et ma femme qui avait prévenu qu'elle ne rentrerait qu'avec son fils mort ou vivant,
11:46elle est restée un mois.
11:47Un mois après l'accident, Benjamin rentre en France, à Saint-Malo.
11:51Il est toujours dans le coma.
11:52Après une grosse opération au niveau du cerveau,
11:56Benjamin est admis dans un centre d'éveil de coma près de Lorient.
11:59Et, attendez, rien que le mot « éveil de coma »,
12:03c'est tout à fait rassurant, ils vont nous le récupérer, là.
12:07Il n'y a pas de souci.
12:09On n'osait pas trop nous dire les choses, si vous voulez,
12:12parce que nous venions d'avoir un antécédent
12:15avec le décès de son frère et de sa sœur aînée.
12:22Donc, on était particulièrement vulnérables.
12:26Et on ne nous disait pas les choses tout à fait ouvertement.
12:32Mais là, il était en centre d'éveil de coma.
12:36On lui enlève son permis de conduire.
12:38On reçoit un courrier comme quoi il est rayé des listes électorales.
12:44On est très étonnés, quoi.
12:46On appelle, on pose des questions, on dit « c'est la procédure ».
12:49Bon, on avait d'autres préoccupations que la procédure.
12:52On nous laisse, on ne nous dit pas « c'est fini ».
12:56On nous laisse dans l'espoir.
13:00Maxime et sa femme font ce qu'ils peuvent pour apporter les meilleurs soins à Benjamin.
13:04Il est admis dans une clinique privée où il est très bien soigné
13:07et ils vont régulièrement dans plusieurs hôpitaux
13:09pour montrer son dossier médical au meilleur médecin.
13:13Personne ne leur dit clairement que Benjamin ne se réveillera jamais,
13:16mais les médecins ne leur apportent pas de solution non plus.
13:19Deux ans après l'accident, en 2007,
13:22il décide de l'emmener à Liège, en Belgique, pour voir un spécialiste.
13:26Et là, on a une image vraiment très très claire du cerveau de Benjamin,
13:34à savoir qu'on nous montre la photo d'un cerveau normal
13:38et la photo du cerveau de Benjamin.
13:41Donc un cerveau normal, quand il a une activité, c'est plein de couleurs
13:46et le cerveau de Benjamin est tout noir.
13:49Il n'a plus d'activité, hormis le tronc cérébral.
13:54Le tronc cérébral, c'est la partie du cerveau
13:56qui se trouve tout à fait en haut de la moelle épinière
13:59et qui contrôle votre température, votre rythme cardiaque,
14:04le clignement de vos yeux, tout ce qui est réflexe.
14:07Et aujourd'hui encore, il n'y a plus que ça qui fonctionne
14:13parce qu'il est complètement autonome.
14:15Il n'a pas d'assistance cardiaque, il n'a pas d'assistance respiratoire.
14:21C'est le professeur Lores, qui était le spécialiste le plus éminent
14:25en Europe à l'époque,
14:29nous reçoit et il voulait absolument que nous soyons là tous les deux.
14:34Il nous dit, mais vous n'avez jamais pensé à le démédicamenter.
14:38Moi, naïvement, je réponds, mais attendez, il n'a pas de médicaments.
14:43Et il m'explique, on considère que la nourriture et l'eau,
14:49ce sont des médicaments.
14:52Et là, je commence à comprendre
14:57que les choses étaient irréversibles
15:01et une maman restera toujours une maman.
15:05Surtout quand on a eu trois enfants,
15:08qu'on en a déjà perdu deux,
15:11elle continuait à croire que,
15:13elle voulait toujours croire que
15:15Benjamin allait se rétablir,
15:17qu'il était indestructible
15:20et qu'il allait se rétablir.
15:22Même si Maxime commence à comprendre
15:24à ce moment-là que son fils ne se réveillera jamais,
15:27sa femme garde toujours espoir.
15:29Ce n'était même pas la peine de se poser la question
15:31de ce qu'on allait faire le dimanche.
15:34c'était, on allait voir Benjamin.
15:37Là où il est, ça doit faire 300 kilomètres.
15:42Aller-retour, ma femme lui faisait certains soins,
15:46comme toutes les mamans.
15:48Elle lui nettoyait les ongles,
15:51elle le crémait partout,
15:53elle achetait des crèmes,
15:56les meilleures crèmes qui soient,
15:58elle lui nettoyait les oreilles,
16:00elle lui...
16:01C'était son fils,
16:02elle lui parlait pendant des heures et des heures.
16:05Elle était persuadée que,
16:08sur certains de ses soins,
16:12Benjamin réagissait.
16:14Aujourd'hui, ça fait plus de 20 ans
16:16que Benjamin est dans le coma,
16:17son corps s'atrophie
16:19et c'est de plus en plus difficile
16:20pour ses parents de le voir,
16:22les visites se font plus rares.
16:23Le 25 décembre 2024,
16:26la femme de Maxime prend une décision.
16:29Contre toute attente de ma part,
16:31le soir de Noël,
16:34ma femme me dit,
16:35il faut que je te parle,
16:37il faut que je te dise quelque chose
16:38qui n'est pas facile.
16:40Je ne peux plus
16:43le toucher,
16:44je ne peux plus
16:47l'embrasser,
16:48et j'ai même du mal
16:50à le regarder.
16:51Il faut absolument
16:53libérer Benjamin,
16:54j'ai compris,
16:55maintenant il faut le libérer.
16:59Elle me dit,
17:00qu'est-ce que tu en penses ?
17:01Je n'ai pas pu lui répondre
17:02tout de suite,
17:03tellement c'était surprenant
17:04pour moi.
17:06J'ai repris cette discussion
17:07le lendemain avec elle
17:10et je lui ai dit,
17:12bon ben,
17:13je suis d'accord avec toi,
17:14on va faire le nécessaire.
17:17Maxime comprend que sa femme
17:19veut que Benjamin soit euthanasié.
17:21Ils ont aujourd'hui
17:22plus de 70 ans
17:23et ils ont peur
17:24de partir avant lui.
17:25Deux textes sur la fin de vie
17:27devraient être débattus
17:28au mois de mai 2025
17:29dans l'hémicycle
17:31de l'Assemblée nationale,
17:32mais même si ce texte
17:33est adopté,
17:34Benjamin ne pourra pas
17:35en bénéficier,
17:36car il ne peut évidemment
17:38pas remplir une condition
17:39nécessaire pour bénéficier
17:40de l'euthanasie,
17:41celle de pouvoir exprimer
17:43sa volonté
17:44de vouloir être
17:45euthanasié.
17:46L'autre solution
17:47serait donc
17:48l'arrêt des soins,
17:49c'est-à-dire
17:49d'arrêter de lui donner
17:51de la nourriture
17:51et de l'eau,
17:52une manière de faire
17:53qui n'est pas envisageable
17:55moralement
17:55pour les parents
17:56de Benjamin.
17:57Mais même pour cette solution,
17:59beaucoup plus lente
18:00et difficile,
18:01Benjamin n'est pas
18:02éligible en France.
18:03parce que pour être éligible
18:05à cela,
18:06il faut être en soins palliatifs.
18:10D'ailleurs,
18:11la loi s'appelle
18:13accompagnement
18:13des malades
18:14et de la fin de vie.
18:16La loi qui est en cours
18:17d'étude.
18:20Soins palliatifs
18:21en 1,
18:22fin de vie en 2.
18:23Donc,
18:23il faut être en soins palliatifs
18:24pour pouvoir prétendre
18:25à une fin de vie.
18:27Et Benjamin n'est pas
18:29éligible en soins palliatifs
18:30parce qu'il n'est ni malade
18:32ni en fin de vie.
18:41Barbara,
18:41Maxime Danielou
18:42espère encore
18:43que la future loi
18:44en France
18:44sur la fin de vie
18:45puisse s'appliquer
18:46au cas de son fils.
18:47Oui,
18:48Maxime aimerait
18:48que l'Assemblée
18:49accepte qu'il y ait
18:50du cas par cas
18:51pour des profils exceptionnels
18:52comme celui de Benjamin.
18:53Et c'est d'ailleurs
18:54ce qu'il a demandé
18:55à la présidente
18:56de l'Assemblée nationale
18:57Yaël Braun-Pivet
18:58qu'il a rencontré
18:59sur le plateau
19:00de C'est à vous
19:00l'émission de France 5
19:02mais elle lui a dit clairement
19:03qu'il y a des cas
19:04auxquels il est difficile
19:05de répondre
19:06et que la loi
19:07qui sera votée
19:08dans les prochains mois
19:09pourrait ne pas donner
19:10de réponse
19:10à Maxime et sa femme.
19:12Donc finalement,
19:13même si Benjamin
19:13n'est pas en soins palliatifs,
19:15c'est l'arrêt des soins
19:16qui semble être
19:17le plus envisageable
19:18sous condition pour lui.
19:19Mais Maxime est catégorique,
19:21il ne veut pas voir son fils
19:22mourir lentement
19:23en le privant de nourriture.
19:25Merci Barbara Gouy
19:26et merci à Solène Durox
19:28pour son aide.
19:29Cet épisode de Code Source
19:30a été produit par
19:31Thibault Lambert
19:31et Clara Garnier-Amourou.
19:33Réalisation
19:34Julien Moncouquiol.
19:35Code Source
19:36est le podcast quotidien
19:37d'actualité du Parisien.
19:39N'oubliez pas
19:39Crime Story,
19:40notre podcast hebdomadaire
19:42consacré aux grandes affaires
19:43criminelles.
19:44Code Source
19:45et Crime Story,
19:46c'est plus de 3 millions
19:47d'écoutes mensuelles.
19:48Merci beaucoup
19:49de votre confiance.
19:50Sous-titrage Société Radio-Canada
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