- il y a 12 heures
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Les discussions entre syndicats et patronat n’ont pas abouti sur un accord concernant la réforme des retraites. Pourtant, François Bayrou salue un “travail remarquablement utile” et souligne des avancées. Que retenir de ces quatre mois de négociations ? Réponse dans Code source avec deux journalistes du Parisien : Pauline Théveniaud, du service politique, et Victor Tassel du service économie.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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Chapitres:
00:00 : Réforme des retraites : Échec des négociations et bilan
00:44 : Retour sur la réforme des retraites de 2023 : Pourquoi et comment ?
03:41 : François Bayrou nommé Premier ministre : Nouvelle approche et défis
05:25 : Conclave sur les retraites : Négociations, blocages et faux espoirs
12:37 : Échec du conclave : Bilan, réactions politiques et avenir incertain
#bayrou #retraite #reformedesretraites
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00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11La négociation sur la réforme des retraites entre les organisations patronales et les syndicats de salariés s'est terminée par
00:18un échec le lundi 23 juin au soir.
00:21Mais le chef du gouvernement, François Bayrou, estime que ces quatre mois de discussion ont permis d'aboutir à des
00:27avancées qui pourront être mises en œuvre.
00:29C'est ce qu'il a dit le jeudi 26 juin en fin d'après-midi à Matignon.
00:33Alors que faut-il retenir de ces négociations surnommées le conclave sur les retraites ?
00:38Pourquoi a-t-il été décidé et quel bilan on peut en tirer ?
00:42Réponse dans Codesources aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien, Pauline Théveniot du service politique et Victor Tassel du service
00:49économie.
00:58Le jeudi 26 juin en fin d'après-midi, le Premier ministre François Bayrou s'exprime devant les journalistes au
01:03sujet de l'échec du conclave.
01:05Cette négociation de quelques mois sur les réformes des retraites, François Bayrou en retient plusieurs avancées.
01:11Je veux le dire devant vous, ce travail, contrairement à ce qui a été abondamment dit et écrit, a été
01:18remarquablement utile.
01:20Alors on va voir comment on en est arrivé là et quel bilan tirer de ce conclave.
01:25Et comme souvent dans Codesources, pour bien comprendre, on remonte quelques années en arrière.
01:29Le vendredi 14 avril 2023, une réforme des retraites est promulguée, réforme portée par la chef du gouvernement Elisabeth Borne.
01:38Victor Tassel, d'abord, que prévoit cette réforme ?
01:40La principale mesure, c'est le report de l'âge légal de 62 à 64 ans, l'âge auquel on
01:46peut faire valoir ses droits à la retraite.
01:48Elle prévoit aussi une augmentation de la durée de cotisation, soit le nombre d'années qu'on doit travailler pour
01:52pouvoir partir à la retraite,
01:54de 42 à 43 ans dès 2027, quand une précédente réforme prévoyait que ce soit le cas à horizon 2035.
02:01Pourquoi, d'après le gouvernement et le président Emmanuel Macron, il fallait à tout prix faire une réforme ?
02:06C'est très simple, le nombre de retraités augmente chaque année, parce que la population française vieillit.
02:11Or, le nombre d'actifs, les salariés qui travaillent, lui, n'augmente pas.
02:15Ce qui fait que les actifs qui payent les pensions des retraités ne sont plus assez nombreux pour assurer le
02:20financement des retraites.
02:21De fait, il faut faire des économies.
02:23Emmanuel Macron avait promis une réforme des retraites dès 2017.
02:26Il avait fait une réforme par points, mais qui a été abandonnée en 2020 à cause du Covid.
02:31Et donc là, c'est la réforme qui doit permettre de faire des économies et de remettre le système à
02:35l'équilibre.
02:36La réforme a été très contestée à gauche et par les syndicats de salariés.
02:40Il y a eu des manifestations importantes en France entre janvier et juin 2023.
02:4415 manifestations avec un nombre de manifestants record quasiment à chaque fois.
02:49Et chose rare, tous les syndicats se sont unis en intersyndical et ont fait front commun contre la réforme d
02:55'Elisabeth Borne.
02:56Le 16 mars 2023, Elisabeth Borne utilise l'article 49.3 de la Constitution pour faire adopter sans vote de
03:04l'Assemblée la réforme.
03:05Elle est définitivement promulguée en avril 2023.
03:08Mais ensuite, la gauche ne désarme pas Pauline Théveniot.
03:12Non, en effet, si tôt la réforme adoptée, il se lance dans une nouvelle bataille, obtenir son abrogation.
03:18Alors, ils essaient un peu par tous les moyens, avec des tentatives de ce qu'on appelle le RIP, le
03:23référendum d'initiative partagée, avec des propositions de loi à l'Assemblée.
03:26A chaque fois, toutes ces initiatives capotent, mais la gauche ne cessera d'y revenir jusqu'à inscrire l'abrogation
03:34de la réforme des retraites dans le programme du nouveau Front populaire lors des élections législatives post-dissolution en 2024.
03:41Et avant ça, en janvier 2024, Gabriel Attal remplace Elisabeth Borne à Matignon.
03:46Il y reste 8 mois, mais suite à la dissolution de l'Assemblée en juin 2024, et suite à l
03:52'échec du parti présidentiel à ce scrutin,
03:54Emmanuel Macron nomme Michel Barnier, Premier ministre, au mois de septembre.
03:59Son gouvernement tombe avec l'adoption d'une motion de censure à l'Assemblée, le 4 décembre, et le vendredi
04:0613 décembre 2024, pour le remplacer, Emmanuel Macron nomme François Bayrou, il est centriste.
04:11Il préside le Modem, le mouvement démocrate, il a 74 ans.
04:15Pauline Théveniot, avant le discours qui va marquer son entrée en fonction, son discours de politique générale, il multiplie les
04:22discussions avec les uns et les autres.
04:24D'un mot, pourquoi ?
04:25Tout simplement parce qu'il n'a pas de majorité.
04:28Il a vu Michel Barnier être totalement à la merci du Rassemblement national.
04:32Marine Le Pen l'a fait danser jusqu'au tout dernier moment, avant d'appuyer sur le bouton pour le
04:37faire chuter.
04:38Et François Bayrou, au fond, il sait que pour survivre à Matignon, il n'a pas d'autre solution que
04:44de parvenir à un accord de non-censure avec les socialistes.
04:47Qu'est-ce qu'il comprend en discutant avec les socialistes ?
04:50Eh bien que le prix de leur non-censure sera élevé, c'est d'emblée un véritable bras de fer
04:55qui s'engage.
04:55Les socialistes demandent au Premier ministre de renoncer à l'utilisation du 49-3 et de procéder à une réorientation
05:02de la politique gouvernementale.
05:04Leur première revendication, c'est la suspension de la réforme d'Elisabeth Borne, le temps qu'elle soit révisée.
05:09Les socialistes veulent donc suspendre la réforme des retraites.
05:13Et en 2025, le mardi 14 janvier, François Bayrou est à la tribune de l'Assemblée.
05:18Il prononce son discours de politique générale et il annonce le lancement d'une négociation entre les syndicats de salariés
05:25et les organisations patronales.
05:26Plus personne ne nie qu'il existe un lourd problème de financement de notre système de retraite.
05:34Et en même temps, nombre des participants à ces discussions, notamment les organisations du dialogue social, les organisations syndicales,
05:49ont affirmé qu'il existait des voies de progrès et qu'on pouvait obtenir le même résultat par une réforme
05:55plus juste.
05:57Je choisis donc de remettre ce sujet en chantier avec les partenaires sociaux pour un temps bref et dans des
06:05conditions transparentes,
06:07selon une méthode inédite et quelque peu radicale.
06:10Pauline Théveniot, à ce moment-là, François Bayrou dit que sur cette réforme des retraites, tout peut être discuté.
06:16Après des jours de négociations extrêmement tendus avec les socialistes, avec d'ultimes coups de fil dans la nuit,
06:23il propose sa solution, réunir les partenaires sociaux pour remettre la réforme en chantier.
06:29Et à ce moment-là, il assure que dans ces discussions, il n'y aura pas, je le cite, de
06:33totem, pas de tabou, même sur les fameux 64 ans.
06:37Alors, il ne prononce pas les deux mots au nid à l'Elysée qui sont abrogation et suspension de la
06:42réforme.
06:43Et en réalité, François Bayrou, ce jour-là, il se livre à une habileté politique puisqu'il pose comme cadre
06:47de ces discussions déjà l'équilibre financier.
06:50Et il dit que si les partenaires sociaux ne s'entendent pas, c'est la réforme d'Elisabeth Borne de
06:552023 qui continuera à s'appliquer.
06:58Or, chacun sait que le patronat est absolument opposé à un retour en arrière sur l'âge de départ.
07:04En résumé, s'il n'y a pas d'accord, on revient à la réforme d'Elisabeth Borne. Pourquoi il
07:08dit ça ?
07:09Déjà, pour mettre la pression sur les partenaires sociaux, il veut un accord.
07:13Et comme ils ne veulent pas de la réforme, les syndicats, ça va les encourager à en trouver un.
07:19Et puis, en faisant ça, il se préunit tout simplement d'un détricotage trop important de cette réforme
07:25à laquelle Emmanuel Macron est extrêmement attaché puisqu'il y a laissé beaucoup de plumes.
07:32Les discussions vont se dérouler à partir du jeudi 27 février.
07:36Concrètement, Victor Tassel, qui doit être là et comment ça doit se passer ?
07:39Tous les partenaires sociaux, donc les cinq syndicats salariés et les trois syndicats patronaux,
07:44ils vont se rassembler dans une salle au rythme d'une fois par semaine du ministère de la Santé,
07:48avenue de Ségur, juste à côté des Invalides à Paris.
07:50Dès le premier jour de ces négociations, un syndicat claque la porte.
07:54C'est Force Ouvrière qui fait un coup d'éclat.
07:56Ils estiment que c'est une mascarade.
07:57En fait, la lettre de cadrage qui doit cadrer les discussions entre les partenaires sociaux
08:02envoyées la veille par François Bayrou ne leur va pas du tout.
08:05En fait, le Premier ministre leur demande de trouver des économies à hauteur de 6,5 milliards d'euros d
08:10'ici 2030.
08:11Et il faut estimer que c'est inacceptable.
08:13Et ça, en langage grand public, ça veut dire quoi ?
08:15C'est 6,5 milliards d'économies supplémentaires à trouver.
08:18C'est-à-dire, à l'origine, François Bayrou avait dit qu'il fallait assurer l'équilibre de système,
08:22c'est-à-dire pas de nouvelles dépenses.
08:23Là, il leur demande de récupérer encore de l'argent parce que le système des retraites va perdre aux alentours
08:28de 6,5 milliards et demi d'euros à horizon 2030.
08:31Le dimanche 16 mars, François Bayrou est sur France Inter et il est interrogé sur la réforme des retraites
08:36et l'éventualité d'un retour à 62 ans et plus 64 ans comme âge légal de départ à la
08:42retraite.
08:42On va avoir des temps difficiles, vous l'avez dit.
08:45On va avoir des exigences qui vont être des exigences de contribution, de travail.
08:51Il y a beaucoup de gens qui veulent surtout qu'on revienne aux 62 ans.
08:54Ça va être possible, ça ou pas, dans le contexte dans lequel on est ?
08:56Non.
08:57Eh bien, il répond que non, ce qui provoque immédiatement un tollé.
09:01Au fond, François Bayrou, ce jour-là, il dit ce qu'il pense, c'est-à-dire que dans son
09:04esprit,
09:05il n'a jamais été vraiment question de revenir sur l'âge de départ et surtout pas à 62 ans.
09:12Mais le problème, c'est que c'est une énorme maladresse de communication
09:17puisque cela accrédite les doutes des syndicats.
09:20Après cette déclaration, le lendemain, Victor Tassel, la CGT, quitte ce conclave.
09:25Oui, leur position était assez radicale depuis le début.
09:28C'était abrogation de la réforme ou rien du tout et surtout un retour à l'âge légal à 62
09:32ans.
09:33De fait, s'ils ne peuvent pas le faire, ils s'en vont.
09:35Comment se passent les négociations après le départ de la CGT,
09:38qui a donc fait comme force ouvrière trois semaines plus tôt ?
09:41C'est assez tendu, d'autant que les syndicats salariés veulent reprendre la main,
09:45c'est-à-dire s'affranchir complètement des déclarations de François Bayrou.
09:49Et de fait, le patronat, lui, ne veut pas vraiment négocier,
09:52ne veut pas vraiment revenir sur la réforme.
09:53Donc les syndicats salariés, pendant plusieurs semaines,
09:56vont un peu négocier dans le vent face à des murs.
10:01Quels sont les principaux points de blocage ?
10:03Il y en a trois.
10:04Le premier, c'est l'âge de départ sans décote,
10:07c'est-à-dire même sans avoir tous les trimestres,
10:09on peut partir avec une retraite à taux plein.
10:11La réforme le fixait à 67 ans,
10:13les syndicats salariés souhaitent revenir à 66 ans,
10:16le patronat refuse.
10:18L'autre point de blocage, c'est la pénibilité.
10:20Les syndicats salariés souhaitent rajouter trois critères
10:24qui ont été enlevés en 2017.
10:25C'est le port de charge lourde, par exemple,
10:27et qui doit permettre un départ automatique à la retraite anticipée.
10:31Les syndicats patronaux, eux, disent qu'il faut faire de la prévention,
10:34il faut adapter les gens à mesure qu'ils vieillissent à des nouveaux postes,
10:37et il faut que le départ à la retraite anticipée
10:39ne soit fait que sur la vie d'un médecin,
10:42ce que les syndicats salariés refusent.
10:44Et enfin, le dernier point, c'est les économies de 6,5 milliards d'euros.
10:48C'est comment on les trouve ?
10:50Les syndicats patronaux disent qu'il faut taxer davantage les retraités,
10:53et les syndicats salariés demandent aux entreprises
10:55de faire un effort en payant davantage de cotisations,
10:58ce que, là encore, le MEDEF et la CPME refusent.
11:02La fin du conclave, prévue dans un premier temps le 28 mai,
11:05est repoussée au 17 juin.
11:07Pauline Théveniot, à l'approche de cette échéance, le 14 juin,
11:10vous interviewez pour le Parisien, le Premier ministre François Bayrou,
11:14et il reconnaît ne pas savoir si le conclave réussira.
11:18Oui, déjà, il commence par nous annoncer qu'il faudra encore certainement
11:21quelques jours de plus après le 17 juin pour poursuivre la négociation.
11:25Et puis, il dit clairement, je le cite, tout le monde sait que c'est extrêmement difficile
11:28et qu'encore aujourd'hui, on peut parfaitement échouer.
11:31Pour autant, il s'accroche et il vende sa méthode,
11:34qu'il voit comme un facteur d'apaisement.
11:35Et François Bayrou affiche sa confiance en lui.
11:38À un moment de l'interview, il se compare à l'un de ses illustres prédécesseurs,
11:42un homme qui a été à la tête du gouvernement pendant un peu moins d'un an,
11:45entre 1954 et 1955,
11:48Pierre Mendès-France.
11:49Racontez-nous ce moment.
11:50C'est le moment où je lui demande comment il vit avec l'épée de Damoclès de la censure,
11:55parce qu'on sait qu'il peut tomber à tout moment.
11:58Et là, c'est là qu'il convoque cette grande figure de la vie politique française,
12:02en me disant, je le cite,
12:04C'est un moment Mendès.
12:06Pierre Mendès-France est resté à Matignon pendant 7 mois en 1954,
12:10et 70 ans après, on en parle encore,
12:12parce qu'il a été le visage de la responsabilité.
12:16Clairement, il se compare à lui,
12:17et il donne le sentiment de se préparer à tomber sur l'autel du budget,
12:22au fond, comme s'il écrivait par avance l'épilogue,
12:26en disant qu'il sort avec panache,
12:29parce qu'il a affronté des difficultés énormes,
12:33et il dit la vérité aux Français.
12:36Le 17 juin, dernier jour des négociations,
12:39aucun accord n'est trouvé,
12:40un délai supplémentaire est accordé au conclave.
12:43Dernier jour de discussion, finalement programmé,
12:45le lundi 23 juin,
12:47et c'est un échec, Victor Tassel.
12:49Oui, avant même le début des discussions,
12:51il y a un pessimisme ambiant.
12:53Des négociateurs nous confient que les chances d'accord sont très proches de zéro.
12:57Pour autant, ils vont rester enfermés pendant 7 heures,
13:00de 15 heures jusqu'à un peu plus de 22h30,
13:02et c'est Yvan Recordo, le négociateur de la CFDT,
13:05qui en sort et qui dit que c'est un échec.
13:07Les points de blocage qu'on évoquait tout à l'heure,
13:10en fait, sont restés des points de blocage.
13:11Il n'y a pas eu de compromis.
13:12Donc chacun se quitte en actant qu'il n'y aura pas d'accord possible.
13:16Pauline Théveniot, le mardi 24 au matin,
13:18très tôt, à 7 heures du matin,
13:20François Bayrou s'exprime de Matignon, face caméra.
13:24Que dit-il ?
13:24Eh bien, il dit qu'on est arrivé très près d'un accord historique,
13:28qu'il ne peut pas se satisfaire d'échouer si près du but,
13:31et il annonce qu'il va recevoir les partenaires sociaux.
13:34J'ai décidé d'inviter les organisations qui ont travaillé ensemble
13:37durant ces 4 mois à me rencontrer dès ce matin
13:41pour rechercher une voie de passage dans l'intérêt de notre pays.
13:45En clair, il joue son va-tout pour rattraper le coup.
13:48Dans la foulée, les socialistes annoncent qu'ils vont déposer une motion de censure
13:51pour essayer de faire chuter son gouvernement.
13:53Ils n'attendent même pas le nouveau délai fixé par François Bayrou pour le faire.
13:59Au cours de leur réunion de groupe du mardi matin à l'Assemblée,
14:02ils actent le dépôt d'une motion de censure à la quasi-unanimité.
14:06Le chef des députés PS, Boris Vallot,
14:10officialise la menace lors des questions au gouvernement l'après-midi même.
14:14Il dit au Premier ministre
14:17« Vous avez pris des engagements pas tenus sur ce sujet comme sur bien d'autres.
14:20Cela nous contraint à déposer une motion de censure contre votre gouvernement. »
14:24Mais le RN dit qu'il ne votera pas cette motion de censure
14:27et donc a priori elle a peu de chances de passer, c'est ça ?
14:30Oui. Alors même si au sein de la coalition gouvernementale,
14:33la méfiance reste de mise parce que chacun sait que le RN peut se livrer à des coups de Trafalgar,
14:37là pour le coup Marine Le Pen et ses troupes ont clairement dit
14:40que ce n'était pas le moment où ils voudraient censurer le gouvernement.
14:44On en revient au début de cet épisode de Code Source.
14:46Le jeudi 26 juin à 17h, François Bayrou organise une conférence de presse.
14:51En résumé, il met en avant les avancées apportées par cette négociation.
14:56Victor Tassel, est-ce qu'il y a deux ou trois avancées concrètes à citer ?
15:01Il y en a une déjà, c'est l'âge de départ à la retraite sans décote,
15:04c'est-à-dire une retraite complète bien qu'on n'ait pas tous les trimestres validés.
15:08Donc il était fixé à 67 ans dans la réforme borne.
15:11François Bayrou dit que les partenaires sociaux ont trouvé un compromis pour qu'ils soient de 66 ans et demi.
15:16L'autre avancée concerne les femmes.
15:18En fait, leur pension de retraite va être calculée sur leurs 24 meilleures années et non plus les 25.
15:23Tout ça pour limiter les impacts des carrières hachées quand des femmes ont des enfants et arrêtent de travailler.
15:29Au moins, leur pension de retraite sera plus élevée que ce qui était prévu dans la réforme borne.
15:33Pauline Théveniot, le Premier ministre tient à se montrer positif à tout prix.
15:37Oui, absolument. Tout le but de cette conférence de presse, c'est de démontrer que ces 4 mois de négociations
15:44n'auront pas été inutiles.
15:45Ils refusent de parler d'échec, ils rabrouent très sèchement une journaliste qui pointe justement cet échec.
15:51Vous aviez engagé la réussite de votre gouvernement sur l'organisation de cet événement, le conclave.
15:57Le conclave ayant échoué, si je peux me permettre, quelle conclusion faut-il en tirer quant à votre gouvernement ?
16:03Merci.
16:03Madame, est-ce que vous étiez à cette conférence de presse là ? Vous venez d'arriver. Vous n'avez
16:11pas entendu le texte de la conférence de presse.
16:14Alors franchement, oser parler d'échec quand on a un tel nombre d'accords essentiels sur le régime des retraites,
16:24ça ne semble pas réaliste.
16:27Et il multiplie les superlatifs, il dit que ce conclave a été remarquablement utile, qu'il est impressionné par les
16:32progrès réalisés lors des négociations.
16:35Et même s'il n'y a pas d'accord, il fait comme s'il y en avait un, puisqu
16:40'il annonce que des mesures seront prises dans le budget de la sécurité sociale à l'automne.
16:43Et il donne un nouveau délai de 15 jours aux partenaires sociaux pour discuter et s'entendre sur les points
16:49de blocage qui restent.
16:50Mais après cette conférence de presse, personne n'est convaincu.
16:53C'est un peu tout le problème, c'est-à-dire que les socialistes disent que ça ne les empêchera
16:57pas de poursuivre leur démarche de motion de censure.
17:00Le camp du bloc central qui est censé le soutenir oscille entre le scepticisme et la frange des approbations.
17:08Et même les syndicats ne montrent pas beaucoup d'allant pour ces 15 jours de nouveaux randes de négociations.
17:15Pauline Théveniot, même si la censure n'est pas adoptée à l'Assemblée et donc qu'il peut rester à
17:20Matignon,
17:20il y aura un autre obstacle dans quelques mois pour François Bayrou, le vote du budget 2026.
17:26Expliquez-nous pourquoi ça va être très compliqué pour lui.
17:29Parce que c'est le moment où il y a le plus fort risque de censure, au point que même
17:34dans le premier cercle de François Bayrou,
17:37certains disent qu'il est inéluctable qu'il tombe à ce moment-là.
17:41D'ailleurs, cette semaine, le RN a clairement fait comprendre que c'était à l'automne qu'il pourrait baisser
17:45le pouce.
17:46Jordan Bardella, par exemple, dit que le moment de vérité de ce gouvernement arrivera entre la rentrée et la fin
17:52de l'année à l'occasion du vote du budget.
17:54Il y a un autre handicap pour François Bayrou, c'est qu'il y a une forme de rupture avec
17:58son socle commun, comme on l'appelle.
18:00Au Parlement, les députés de sa coalition le soutiennent de moins en moins.
18:05Cette semaine, un député macronisme disait même « ce qui va être annoncé lors du budget est tellement impopulaire que
18:11s'il ne travaille pas l'unité et la solidarité en amont, certains le lâcheront ».
18:16Alors François Bayrou, jeudi, il a eu un petit mot pour dire que la solitude n'était pas si désagréable
18:23que ça, qu'il vaut mieux être seul que mal accompagné.
18:25Mais clairement, ça peut lui poser un très très gros problème et lui coûter son poste à Matignon.
18:31Et d'un mot, il ne semble pas très soutenu par Emmanuel Macron.
18:33Alors le président depuis Oslo, où il était en déplacement mardi, a tout de même eu un petit mot de
18:38soutien public pour son Premier ministre et encourager les partenaires sociaux à trouver une solution.
18:44Mais beaucoup y ont vu un soutien de façade, certains ont même rigolé en disant qu'ils le soutenaient comme
18:48l'accord de soutien le pendu.
18:50Parce qu'on sait qu'en coulisses, Emmanuel Macron est agacé par la méthode de François Bayrou et qu'il
18:56juge que ce Premier ministre-là est trop inerte, trop immobile, qu'il ne fait pas assez avancer les dossiers.
19:09Merci Pauline Théveniot, Victor Tassel.
19:12Cet épisode de Code Source a été produit par Anaïs Godard et Thibault Lambert.
19:16Réalisation, Julien Moncouquiol.
19:18Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
19:22N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée, à nous laisser des commentaires et à partager.
19:27Et on vous invite aussi à écouter Crime Story, notre podcast hebdomadaire de faits divers.
19:33Chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau et Damien Delceni, le chef du service police-justice du
19:40Parisien.
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