Passer au playerPasser au contenu principal
🎥 Pour ne rater aucune de nos vidéos, abonnez-vous et n'oubliez pas d'activer la cloche. https://youtube.com/@LeParisien

Depuis le lundi 30 juin, la réforme de l’audiovisuel public est à nouveau débattue au Parlement. Largement contesté à gauche et décrié par plusieurs syndicats des médias publics, ce projet est « essentiel » selon le gouvernement. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Clara Garnier-Amouroux, Pénélope Gualchierotti et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France Inter.

Pour ne rien manquer de l’actualité du Parisien:

🔔 Suivre toute l’actualité avec notre abonnement : https://urlr.me/!abonnementleparisien

✉️ En savoir plus sur l’actualité avec notre newsletter : https://bit.ly/new-sletters

👂 Retrouvez nos différents podcasts :

Code Source: L’actualité quotidienne du Parisien : https://bit.ly/_Codesource
Crime Story: Le podcast faits-divers du Parisien: https://bit.ly/_Crimestory
Le Sacre: Revivez le parcours d’un médaillé olympique: https://bit.ly/_Lesacre

Suivez-nous:
Instagram : https://instagram.com/leparisien/
Facebook : https://facebook.com/leparisien/
Tiktok : https://tiktok.com/@leparisien
X : https://twitter.com/@le_Parisien
Snapchat : https://snapchat.com/t/pr3nDoxv
Bluesky : https://bsky.app/profile/leparisien.fr
Threads : https://threads.net/@leparisien

Chapitres:

00:00: Réforme de l'audiovisuel public en France
01:19: Affaire Rachida Dati/Patrick Cohen : Comprendre les enjeux
04:43: Réforme de l'audiovisuel public : Objectifs et enjeux
07:54: Rachida Dati et l'avenir de l'audiovisuel public : Motivations et oppositions
14:24: Réforme de l'audiovisuel public : Blocage à l'Assemblée et avenir incertain

#rachidadati #reformeaudiovisuel #politique

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12On parle souvent ces jours-ci de la réforme de l'audiovisuel public.
00:16Fin juin, une grande partie des salariés de Radio France, notamment France Inter, France Info,
00:20ont fait greffe pendant plusieurs jours pour dénoncer le projet.
00:24Au départ, en 2017, l'idée était de fusionner France Télévisions, Radio France et l'INA.
00:31Aujourd'hui, le texte qui arrive au Sénat le 10 juillet prévoit de créer une holding,
00:36une maison mère chapeautant ces entreprises.
00:39D'après la ministre de la Culture, Rachida Dati, cela renforcerait l'audiovisuel public.
00:45Les opposants au projet affirment que cela aurait l'effet inverse.
00:49Pourquoi Rachida Dati s'investit autant dans ce dossier ?
00:54Que prévoit précisément la réforme ?
00:56Codesource fait le point aujourd'hui avec deux journalistes du Parisien,
00:59Ludwig Gallet du service politique en charge du Parlement
01:03et Benoît D'Aragon du service culture, spécialiste média.
01:19– S'il ne s'agit pas de décrédibiliser les journalistes qui vous posent des questions
01:22et puis on va passer à autre chose.
01:24– Avec Mediapart, on peut tout à fait saisir, vous pouvez avoir une enquête…
01:27– Ce n'est pas très reluisant ce qu'on fait, madame Dati.
01:29– C'est une séquence qui a été vue des centaines de milliers de fois.
01:32Rachida Dati qui attaque Patrick Cohen sur le plateau de C'est à vous sur France 5
01:37le mercredi 18 juin.
01:39Ludwig Gallet, d'un mot, rappelez-nous l'essentiel de cette affaire GDF Suez
01:43qui touche la ministre de la Culture, Rachida Dati.
01:47– C'est une affaire qui date d'il y a un peu plus de 15 ans,
01:49qui est liée à l'affaire Carlos Ghosn-Renaud,
01:52pour laquelle Rachida Dati a mis en examen pour des faits notamment de corruption passive.
01:56C'est deux magistrates du parquet national financier
01:59qui avaient entendu Rachida Dati dans le cadre de cette affaire
02:03et elles soupçonnaient l'actuelle ministre d'avoir possiblement reçu de l'argent
02:07de façon indirecte de GDF Suez par l'intermédiaire d'un cabinet d'avocats,
02:12à savoir deux versements de 149 500 euros dont elle aurait bénéficié.
02:17– Et ces deux versements, donc pour près de 300 000 euros,
02:20ont été révélés par complément d'enquête de France 2 et par le Nouvel Observateur.
02:25En clair, de quoi elle est soupçonnée ?
02:27– Elle est soupçonnée d'avoir été rémunérée de façon indirecte par GDF Suez,
02:31notamment pour des prises de position qu'elle a eues lorsqu'elle était eurodéputée,
02:36qui auraient été favorables à l'industrie du gaz et en particulier à cette entreprise.
02:41– Benoît D'Aragon, Patrick Cohen, qu'est-ce qui lui est reproché
02:44dans cet article de Mediapart daté du 3 février ?
02:47– C'est un article qui rappelle ces années quand il était présentateur
02:51de la matinale de France Interne, donc entre 2010 et 2017.
02:54Et Mediapart a recueilli les témoignages d'une vingtaine de salariés de l'époque,
02:58que ce soit des assistants ou des personnes qui ont des postes à responsabilité.
03:02Et toutes ces personnes interrogées parlent d'un climat assez anxiogène.
03:06Pendant les années, Patrick Cohen, qu'il était très dur, très cassant,
03:10qu'il pouvait faire des remarques à l'antenne ou en micro pendant même la matinale.
03:15Patrick Cohen, c'est quelqu'un de très minutieux, de très précis dans ce qu'il dit.
03:19Et il exige la même chose de tous ses collaborateurs.
03:21Et c'est vrai que c'est quelqu'un qui ne supporte pas bien ce qui lui paraît médiocre.
03:24Et il peut se montrer très cassant avec les personnes qu'il ne juge pas au niveau.
03:28– Ce jour-là, sur le plateau de Cet à vous,
03:30Rachida Dati est interrogée par Patrick Cohen sur l'affaire GDF Suez.
03:34Et elle choisit de répliquer en évoquant l'article de Mediapart.
03:38– Oui, Patrick Cohen l'interroge pour avoir une réaction à ces révélations
03:41qui ont eu lieu quelques jours plus tôt dans le complément d'enquête et dans le Nouvel Obs.
03:45– La question était de savoir, est-ce que ces revenus de GDFF
03:48ont été déclarés au Parlement européen dans la mesure où il ne vous est pas déporté
03:53lors des votes au Parlement européen qui concernait ce dossier ?
03:57– Vous savez comment ça marche au Parlement européen ?
03:59– En fait, elle veut expliquer que tout ce qui est écrit dans la presse n'est pas forcément juste.
04:03C'est ça son raisonnement.
04:04Et elle veut illustrer ça en rappelant l'enquête de Mediapart de Patrick Cohen,
04:07en lui demandant si c'est vrai.
04:08Mais c'est vrai qu'elle se montre très agressive, très tenace.
04:11Et elle insiste, elle répète en boucle la même phrase pour lui demander
04:14s'il a provoqué du harcèlement à France Inter.
04:16Et c'est vrai que la séquence est très tendue.
04:18– Est-ce que c'est vrai, M. Cohen ?
04:19Est-ce que vous harcelez vos collaborateurs ?
04:21Est-ce que vous êtes désagréable avec les gens avec lesquels vous travaillez ?
04:25C'est affirmé dans une enquête Mediapart.
04:27Non, non, est-ce que c'est vrai ?
04:28Non, mais on vous accuse de harcèlement.
04:30M. Cohen, est-ce que c'est vrai ?
04:32Est-ce qu'on peut me répondre ?
04:33Ne détournez pas la question.
04:34Non, je ne vous détourne pas la question.
04:36Et on a vraiment l'impression qu'elle cherche une parade
04:38pour ne pas répondre à une question qu'elle aurait pu évacuer en quelques mots assez rapidement.
04:43Cet échange intervient en plein bras de fer entre la ministre de la Culture
04:46et les télés et radios publiques au sujet d'un projet de réforme de l'audiovisuel public.
04:52Avant d'aller plus loin, Benoît D'Aragon, quelle est l'idée en résumé ?
04:55L'idée, c'est de créer une holding.
04:58Donc Radio France et France Télévisions seraient chapeautées par une direction
05:01qui prendrait des décisions qui s'appliqueraient à tout le monde.
05:04Le but, c'est de faire des économies ?
05:06Donc ça, c'était l'idée au départ de cette réforme.
05:08On nous parlait d'économie, on en parle moins aujourd'hui
05:10parce qu'on voit mal comment, en rajoutant un étage à ces énormes entreprises,
05:14en rajoutant une direction avec un conseil d'administration, un président,
05:18sans doute une secrétaire des assistants,
05:20on n'est pas tout à fait sûr que les économies qui pourraient être réalisées
05:23en fusionnant un service ou un autre dans les deux entreprises,
05:26compenseraient la création de ce nouvel étage.
05:28Et donc aujourd'hui, l'argument principal, avancé par Rachida Dati,
05:32qui porte le projet, c'est de donner de la force à l'audiovisuel public
05:35pour pouvoir exister dans le paysage médiatique, c'est ça ?
05:38Oui, prenons un exemple très concret.
05:40La chaîne de télévision France Info, c'est la dernière des quatre chaînes info
05:43et elle a vraiment du mal à exister face à BFM, CNews et LCI.
05:47Cette chaîne, elle est cofabriquée à la fois par la radio France Info
05:50et par France Télévisions.
05:51Et donc aujourd'hui, quand il faut prendre une décision sur la chaîne,
05:55si Delphine Ernotte, la patronne de France Télévisions,
05:57n'est pas d'accord avec Sibyl Veil, la patronne de Radio France,
05:59eh bien on ne peut pas avancer, la décision n'est pas prise.
06:02Et donc avoir une direction unique, ça permettrait de prendre l'étage au-dessus,
06:06une décision qui s'applique à tout le monde.
06:07Cette réforme est évoquée depuis au moins 2017.
06:11Dès novembre 2017, un document de travail du ministère de la Culture
06:14évoque une holding, une maison mère pour chapeauter radio et télé publique.
06:20On en reparle ensuite en 2019, notamment.
06:23Le ministre de la Culture à l'époque s'appelle Franck Riester.
06:27Qu'est-ce qui est dit à ce moment-là ?
06:29Lui, il porte ce projet depuis assez longtemps.
06:32À l'époque, on débat pour savoir s'il faut faire une holding
06:34ou s'il faut fusionner les deux entreprises, c'est-à-dire carrément faire une entreprise unique.
06:39Ça veut dire qu'au lieu d'être salarié soit de France Télévisions, soit de Radio France,
06:42les personnels seraient payés par quelque chose qui s'appellerait France Média,
06:47qui serait une entreprise unique.
06:48Mais ça, ça demande beaucoup de négociations avec les syndicats
06:50parce que les grilles de salaire ne sont pas les mêmes dans les deux entreprises.
06:53Il y a des conventions collectives qui ne sont pas les mêmes.
06:56Donc ça nécessiterait beaucoup d'investissement.
06:58Et on n'est pas sûr, là encore, qu'à la fin,
07:00les finances publiques soient gagnantes d'une fusion.
07:02Donc cette piste de la fusion, elle est abandonnée.
07:05Et très vite, on commence à parler d'une holding
07:07qui est plus facile et plus légère à mettre en place.
07:10Oui, il y aura une société mère, une société holding,
07:14qui détiendra, comme c'était très bien dit,
07:16100% des actions des quatre sociétés qui seront membres du groupe.
07:21France Télévisions, Radio France, Lina et France Média Monde.
07:26La société holding, on veut que ça soit une société légère,
07:28en charge de la stratégie, en charge de l'organisation,
07:32de la cohérence des projets et des organisations,
07:36peut-être de trouver des dispositions pour trouver des effets leviers
07:40en termes d'optimisation.
07:42Le projet a été reporté en raison de la crise du Covid-19
07:45à partir de début 2020.
07:47Et on reparle beaucoup de cette réforme
07:49après la nomination de Rachida Dati au ministère de la Culture
07:53le 11 janvier 2024.
07:55Ludwig Gallet, Rachida Dati, c'est une figure de la droite.
07:59Rachida Dati s'est fait connaître aux côtés de Nicolas Sarkozy en 2007.
08:03Elle était à l'époque porte-parole de sa campagne présidentielle.
08:07Nicolas Sarkozy, une fois élu à la présidence de la République,
08:10l'a récompensé en la nommant garde des Sceaux,
08:13ministre de la Justice, dès 2007, dès le début de son mandat.
08:16Ensuite, elle a poursuivi son parcours politique au Parlement européen
08:20où elle a été eurodéputée pendant 10 ans, de 2009 à 2019.
08:24C'est aussi une figure locale à Paris
08:26où elle préside le principal groupe d'opposition à Anne Hidalgo
08:31et elle fait aujourd'hui figure de favorite pour les municipales de 2026.
08:36Et elle est maire du 7e arrondissement.
08:38Rachida Dati s'empare du projet de réforme de l'audiovisuel public.
08:42Pourquoi d'après elle, d'après ce qu'elle met en avant ?
08:44Avec cette réforme, Rachida Dati entend préserver, sauver
08:48l'audiovisuel public français face à la menace des géants du numérique
08:53qui ont bouleversé d'ores et déjà les consommations des Français.
08:57Investir massivement pour contrer les plateformes,
09:00les grands groupes privés qui se structurent, qui se constituent
09:04et qui évidemment bouleversent et impactent aussi la qualité de l'information.
09:10Donc clairement, elle affirme que c'est pour défendre l'audiovisuel public.
09:14Mais vous l'avez rappelé, Rachida Dati est candidate au municipal à Paris en 2026
09:19et faire adopter cette réforme pourrait l'aider dans le cadre de cette élection.
09:24Pourquoi ?
09:25Donc Rachida Dati a besoin d'un bilan, tout simplement, au ministère de la Culture
09:29et l'obtention de ce bilan passera par sa capacité à faire voter des réformes
09:34et notamment celle de l'audiovisuel public.
09:36Ludwig Gallet, est-ce que les députés de gauche à l'Assemblée n'ont pas le sentiment
09:40que Rachida Dati veut surtout affaiblir le service public qui ne l'aménage pas ?
09:45Alors c'est précisément l'argument qui est avancé par les opposants à cette réforme
09:50qui estime que la ministre de la Culture, à l'inverse,
09:54plutôt que de renforcer et de garantir l'avenir de l'audiovisuel public,
09:58entend avant tout l'affaiblir.
10:00Est-ce qu'il y a aussi l'idée à droite que les médias de service public
10:03sont trop orientés à gauche ?
10:05Oui, c'est une opinion qu'on entend souvent à la fois chez les dirigeants politiques de droite
10:09mais aussi chez les électeurs de droite, de l'extrême droite.
10:12On le voit passer ses tweets toute la journée sur les réseaux sociaux.
10:15Et ce qui est intéressant, c'est que Rachida Dati, elle-même,
10:17quand elle a été nommée ministre de la Culture,
10:19elle était venue au micro de France Inter,
10:20clamait son amour pour la radio publique,
10:22expliquait que si elle, qui vient d'un milieu plutôt défavorisé,
10:26elle avait tout appris, elle s'était fait une culture générale grâce à la radio publique.
10:30Ma vie s'est construite, je vous l'avais dit,
10:31Vous l'avez dit ici à ce micro !
10:33Elle s'est construite par quoi ? Par l'audiovisuel public, la radio,
10:38on n'avait pas la télévision.
10:39Donc au début, elle clamait son amour,
10:41et ces dernières semaines, elle se montre très sévère,
10:43voire très virulente avec les médias publics.
10:45On parle à nouveau beaucoup de cette réforme au printemps 2024,
10:49parce que le texte arrive à l'Assemblée,
10:51mais le dimanche 9 juin 2024,
10:54suite à la défaite du parti présidentiel aux Européennes,
10:57et à la victoire du RN, Emmanuel Macron décide de dissoudre l'Assemblée.
11:03Évidemment, ça gèle cette réforme, comme tout le reste.
11:06À ce moment-là, l'hypothèse de voir le RN Jordan Bardella à Matignon est évoquée dans l'actualité.
11:12Finalement, après les législatives des 30 juin et 7 juillet,
11:16c'est le LR Michel Barnier, qui est nommé Premier ministre,
11:20remplacé au mois de décembre par le modem François Bayrou.
11:24Mais, Benoît D'Aragon, l'hypothèse de voir un jour le RN à la tête du pays,
11:28c'est une crainte de plus pour les opposants à la fusion de l'audiovisuel public,
11:32parce que le RN a promis de privatiser télé et radio publique.
11:38Au moment de la dissolution, quand les Français ont réalisé que le RN pouvait tout à fait prendre Matignon
11:43et tout d'un coup diriger la France, il y a eu un grand vent de crispation dans l'audiovisuel
11:48public,
11:49parce qu'ils se sont imaginés vendus à la découpe à des groupes qui ont déjà des médias,
11:53TF1, M6, le groupe Canal+, de Vincent Bolloré, évidemment.
11:58Et donc, tout le monde s'est mis un peu à avoir peur.
12:01Et c'est vrai que cette holding, et c'est aussi un argument qui est donné par Achida Dati régulièrement,
12:05cette holding rendrait plus compliquée la vente de l'audiovisuel public,
12:09parce que c'est facile de vendre France 2 ou de vendre France Inter,
12:12c'est relativement facile, c'est compliqué de tout vendre en même temps.
12:15Surtout si tout, d'un point de vue technique, technologique, administratif,
12:18si tout est fusionné, c'est beaucoup plus compliqué à privatiser, en tout cas en quelques mois.
12:23Benoît D'Aragon, au sein des entreprises de l'audiovisuel public,
12:26la présidente de France Télévisions dont vous parliez, Delphine Ernotte,
12:30elle, elle est favorable au projet.
12:31Oui, elle est plutôt favorable, elle est même carrément en campagne pour cette holding,
12:35elle trouve que c'est une bonne idée.
12:36Je vous parlais de l'exemple de France Info tout à l'heure,
12:38mais elle parle aussi de l'exemple de France 3,
12:40qui est ce réseau local où il y a des chaînes partout en France,
12:43ce qui est la même chose à Radio France avec le réseau France Bleu,
12:46qui s'appelle Ici Maintenant.
12:47Les deux entreprises ont essayé de travailler ensemble pour faire des matinales communes,
12:51pour essayer de regrouper les locaux, pour avoir les mêmes locaux qu'en radio, en télé.
12:55Mais si les entreprises veulent que les salariés, que les journalistes,
12:58fassent à la fois de l'image et du son,
13:00qu'ils soient capables de monter un sujet pour le 20h,
13:02et en même temps de faire un sujet pour Radio France,
13:04et bien aujourd'hui, ça n'est pas possible.
13:06Et donc, si la volonté, c'est de faire des économies
13:09et de rendre plus effectif le travail des équipes sur le terrain,
13:11en France, partout sur le territoire,
13:13et bien cette holding aussi, elle peut être un bon outil.
13:16Mais la présidente de Radio France, Sybille Veil, est contre.
13:19Oui, alors elle, elle fait partie des opposantes au projet,
13:22elle est très hostile parce que souvent, l'histoire l'a montré,
13:24quand on fusionne de la radio et de la télévision,
13:26c'est au détriment de la radio.
13:28Il s'est passé la même chose il y a quelques années entre M6 et RTL.
13:32La direction de M6, à l'époque, a voulu un peu accélérer les plateformes
13:35entre les deux médias, et finalement, les audiences de la radio RTL
13:37ont dégringolé, parce que l'image est toujours plus forte
13:41et qu'on va demander à des gens de l'image de faire du son,
13:43et quand on fait du son, qui est juste une captation d'une émission de télé,
13:46c'est plus de la radio, c'est un flux audio,
13:48c'est pas tout à fait la même chose.
13:49On l'a vu aussi avec RMC et BFM TV,
13:51où ça a bien réussi à BFM TV, peut-être un petit peu moins RMC.
13:55Donc il y a cette inquiétude latente,
13:57et puis une des critiques qui est faite à la télévision publique,
13:59c'est d'avoir à lutter contre Netflix,
14:01ce qui est très difficile, c'est-à-dire que la numérisation,
14:03elle a eu lieu, mais ils ne peuvent pas lutter
14:05entre le catalogue France.tv et le catalogue de Netflix, Amazon et compagnie,
14:09alors qu'à Radio France, il y a une offre de podcast qui est très riche,
14:12ils sont leaders en France, sur le territoire,
14:14de l'écoute en podcast,
14:16et donc eux, ils disent, sur le numérique,
14:18nous, on a deux leçons à recevoir de personnes,
14:19parce qu'on est très bons, on est même un des exemples
14:21de réussite en France dans ce domaine.
14:24Ludwig Gallet, à l'Assemblée, au printemps 2025,
14:27le texte sur la réforme de l'audiovisuel public
14:29a été plusieurs fois reporté,
14:31et un jour, le mardi 1er avril,
14:34il y a eu un vif échange
14:35entre la ministre Rachida Dati
14:37et une administratrice de l'Assemblée.
14:39Expliquez-nous ça.
14:40Alors c'était effectivement le 1er avril dernier,
14:43au soir, en commission des affaires culturelles,
14:45le texte était examiné avant son arrivée
14:47en séance publique,
14:48et l'examen de cette proposition de loi
14:50a été suspendue tardivement
14:52à la suite d'un échange qualifié de vif,
14:56de tendu,
14:57entre Rachida Dati
14:58et une administratrice de l'Assemblée nationale.
15:00On ne sait pas exactement
15:02ce qui a été dit
15:03à la fois par la ministre et l'administratrice,
15:06mais c'est une scène
15:07qui a conduit la présidente de la commission
15:09à suspendre, une fois de plus,
15:11les débats autour de cette proposition de loi.
15:14Il y a vraiment eu de nombreux reports de ce texte ?
15:17Il y a eu de très nombreux reports
15:18depuis plusieurs années désormais,
15:21au point que de nombreux députés
15:24qualifient aujourd'hui cette proposition de loi
15:26de texte maudit pour le gouvernement
15:28et tout particulièrement pour Rachida Dati.
15:33En raison d'un appel à la grève
15:35déposé par l'ensemble des organisations syndicales représentatives
15:39pour défendre Radio France,
15:40ses radios, ses métiers, sa production,
15:43ses formations musicales
15:44et s'opposer au projet de holding de l'audiovisuel public,
15:47nous ne sommes pas en mesure
15:48de diffuser l'intégralité de nos programmes habituels.
15:51Nous vous prions de nous en excuser.
15:54Bernard Aragon, à la fin du mois de juin,
15:56les syndicats de France Télévisions et de Radio France,
15:58notamment, appellent à la grève.
16:00Est-ce que le mouvement est suivi ?
16:01Oui, il est très suivi, notamment Radio France,
16:03parce qu'on vient de le dire,
16:05ils sont très hostiles à cette holding.
16:07Et donc, les antennes de France Inter,
16:09les antennes de France Info,
16:10on entend beaucoup de musique.
16:12C'est la fameuse playlist qui remplace les journaux,
16:14les interviews, les chroniques.
16:15Et donc, oui, ce mouvement est très suivi
16:17parce qu'ils ne sont pas du tout rassurés
16:19par ce projet contre lequel ils manifestent leur hostilité
16:22depuis des mois, des mois et des mois.
16:24Et finalement, c'est le lundi 30 juin
16:26que le texte doit être examiné à l'Assemblée nationale.
16:29Mais juste avant, les députés se prononcent
16:32sur une motion de rejet de cette réforme.
16:35Alors effectivement, les députés examinent
16:37cette motion de rejet déposée par les groupes de gauche
16:40à l'Assemblée nationale.
16:41La question qui se pose à ce jour-là,
16:43c'est de savoir si une majorité de députés présents
16:46voteront ou non cette motion de rejet.
16:49Et à la surprise générale,
16:51les élus du Rassemblement national
16:53qui entendaient plutôt s'abstenir lors de ce vote
16:56ont rejoint les votes des députés de gauche
16:59et ont fait de facto tomber le texte
17:02en votant cette motion de rejet.
17:03Ludwig Gallet, ça ressemble donc à une bataille perdue
17:06pour Rachid Haddati.
17:07Mais ce n'est pas si simple.
17:09Pourquoi ?
17:10Alors effectivement, parce que sans cette motion de rejet,
17:12la ministre savait bien que les débats risquaient
17:14de s'éterniser à l'Assemblée nationale
17:16avec une vive opposition de la gauche notamment
17:19qui avait déposé des milliers d'amendements
17:22et voulait faire durer les débats.
17:23Le vote de cette motion de rejet
17:25permet d'enjamber l'Assemblée
17:27et d'aller directement au Sénat.
17:28Parce que là, concrètement,
17:29qu'est-ce qui va se passer pour le texte ?
17:30Donc le texte revient au Sénat à compter du 10 juillet.
17:34Il faudra ensuite repasser tout de même
17:35par l'Assemblée nationale.
17:37Et cela pourrait se faire
17:38dès la rentrée du mois de septembre
17:40en session extraordinaire
17:41si l'on en croit un certain nombre de sources au gouvernement.
17:44Et donc officiellement, comment a réagi le cabinet
17:47de la ministre de la Culture, Rachida Dati,
17:49après le vote de la motion de rejet ?
17:51Ça pourrait surprendre en réalité
17:53cette réaction du cabinet de Rachida Dati
17:55qui a salué une étape franchie
17:58avec le vote de cette motion de rejet
18:00et se disant satisfait de voir ce texte partir au Sénat.
18:04On l'a dit au départ, c'est le président Emmanuel Macron
18:06qui est à l'initiative de ce projet de réforme
18:09de l'audiovisuel public.
18:10Est-ce qu'on sait s'il soutient toujours autant
18:12cette idée aujourd'hui ?
18:14Alors depuis la dissolution,
18:15le président de la République se tient assez éloigné
18:18des affaires courantes du gouvernement.
18:20Donc il garde une certaine réserve
18:22vis-à-vis des décisions qui sont prises par le gouvernement.
18:25Néanmoins, il a toujours montré
18:28un certain soutien à Rachida Dati
18:30en s'affichant avec elle,
18:31en la défendant dans des moments difficiles
18:34lorsque des articles de presse sortaient
18:36sur les affaires auxquelles elle est liée.
18:38Donc on peut tout de même supposer
18:40que le président de la République
18:41est favorable à cette réforme.
18:44Est-ce que cette réforme est inévitable à ce stade
18:46ou bien est-ce qu'elle peut encore être abandonnée ?
18:48Alors c'est tout l'enjeu des débats qui auront lieu
18:50à compter du 10 juillet au Sénat
18:52et de la date de reprise de ses travaux
18:54à l'Assemblée nationale.
18:56Rachida Dati ne renonce à rien à ce jour.
18:59Elle veut à tout prix
19:00que cette réforme soit mise en œuvre
19:02et définitivement votée.
19:04Et elle fera tout,
19:05à n'en pas douter,
19:06pour que cela arrive.
19:06D'un mot,
19:07Bonadaragon,
19:08chez les salariés de Radio France
19:10ou de France Télévisions
19:11à qui vous parlez,
19:11cette réforme,
19:12elle l'inquiète beaucoup ?
19:13Oui, elle continue d'inquiéter
19:14comme elle l'inquiète
19:15depuis plusieurs années.
19:17Après,
19:18ils ont conscience
19:18que cette réforme,
19:19elle est maudite.
19:20Ça fait presque bientôt 10 ans
19:22qu'elle est portée régulièrement
19:23par le gouvernement.
19:25Et là,
19:26ils espèrent
19:27un nouveau rebondissement,
19:28un énième rebondissement
19:29qui ferait que cette loi
19:30ne verrait jamais le jour.
19:41Merci Benoît D'Aragon,
19:43Ludwig Gallet.
19:44Cet épisode de Code Source
19:45a été produit par
19:46Pénélope Gualquierotti,
19:47Clara Garnier-Amourou
19:48et Anaïs Godard.
19:50Réalisation,
19:51Julien Moncouquiol.
19:52Code Source
19:53est le podcast quotidien
19:54d'actualité du Parisien.
19:56N'hésitez pas à vous abonner
19:57sur votre plateforme d'écoute préférée,
19:59à nous laisser des commentaires
20:00ou à partager.
20:01On vous invite aussi
20:02à écouter Crime Story,
20:04notre podcast hebdomadaire
20:06de faits divers.
20:06Chaque samedi dans Crime Story,
20:08une nouvelle affaire criminelle
20:09racontée par Claudia Prolongeau
20:11avec Damien Delsony,
20:13le chef du service
20:14police-justice du Parisien.
Commentaires

Recommandations