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Le Premier ministre a annoncé qu’il engagerait la responsabilité de son gouvernement lors d’un vote de confiance le 8 septembre. L’échec annoncé du vote devrait entraîner sa démission. Récit.

Crédits : Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives: TF1, Modem, Huffington Post.

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Chapitres:

00:00 : Rentrée politique : Les Enjeux
00:22 : Bayrou : Vote de Confiance Risqué
03:09 : Bayrou : Polémiques et Tensions
08:12 : Budget 2026 : Économies Contestées
12:13 : Bayrou : Stratégie et Déclin ?

#bayrou #gouvernement #codesource

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News
Transcription
00:00Bonjour, c'est Jules Lavi pour CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:05Je vous souhaite une très bonne rentrée.
00:07Petite information pratique, la nouvelle appli du Parisien vous permet d'écouter CodeSource ou CrimeStory tout en lisant nos articles.
00:16N'hésitez pas à la mettre à jour.
00:22La France se prépare à changer de Premier ministre.
00:25Ce sera le ou la cinquième depuis la présidentielle de 2022.
00:30François Bayrou a annoncé le 25 août qu'il va se soumettre à un vote de confiance des députés le
00:358 septembre.
00:36Mathématiquement, il n'a aucune chance de succès, il va donc devoir démissionner.
00:40Mais lui affirme avoir encore un espoir.
00:43Le chef du gouvernement commence ce lundi 1er septembre à recevoir à Matignon des chefs de parti pour parler du
00:49budget 2026 du pays, un budget d'économie.
00:53Pourquoi et comment François Bayrou a-t-il fait ce choix pendant l'été ?
00:58Réponse avec deux journalistes du service politique du Parisien, Marcel Ovest-Fred et Thomas Soulier.
01:08Le lundi 25 août à Paris, François Bayrou annonce qu'il va engager la responsabilité de son gouvernement en organisant
01:15un vote de confiance à l'Assemblée le 8 septembre.
01:19J'ai demandé au président de la République qu'il a accepté de convoquer le Parlement en session extraordinaire le
01:26lundi 8 septembre dans 15 jours.
01:28J'engagerai ce jour-là la responsabilité du gouvernement.
01:31Marcel Ovest-Fred, concrètement, quelle question va être posée aux députés le lundi 8 septembre ?
01:36En résumé, c'est quoi un vote de confiance ?
01:39Alors en réalité, ce n'est pas une question qui est soumise aux députés, c'est une déclaration qui est
01:44en fait comme un discours de politique générale.
01:46Ce qu'un Premier ministre fait en général quand il arrive, il fait cette déclaration de politique générale.
01:52Et l'habitude était, alors ça fait longtemps que les gouvernements ne le font plus, mais de se soumettre à
01:56un vote de confiance.
01:57C'est-à-dire d'engager sa responsabilité, de dire aux députés, est-ce que vous êtes d'accord avec
02:01la feuille de route que je vous délivre ?
02:04Mais François Bayrou dit que la question c'est, est-ce qu'on est d'accord sur le diagnostic, sur
02:07la gravité de la situation financière du pays ?
02:10Cette déclaration de politique générale qu'il va soumettre aux députés, elle va être tournée, axée, autour d'une question
02:16qui sera un peu le fil rouge de son discours.
02:18Est-ce que vous êtes prêt, vous députés, à considérer que le redressement des comptes publics, c'est le sujet
02:25numéro 1 ?
02:26C'est-à-dire, laissons le débat sur les mesures, mais est-ce que vous êtes d'accord pour dire
02:31que c'est tellement grave la question du déficit et de la dette publique,
02:34qu'il faut que toute la nation fasse un effort majeur ?
02:37Mais pour les députés, la vraie question c'est, est-ce qu'on a confiance ou pas dans ce gouvernement
02:40?
02:40Comme souvent en politique, on pose une question et les gens répondent à une autre question.
02:44Vous posez un référendum, ça devient un plébiscite pour ou contre le président.
02:47Et bien là, on a le même phénomène, c'est-à-dire que les députés, globalement, ils disent stop ou
02:53encore François Bayrou.
02:54Et même pour certains dans l'opposition, stop ou encore Emmanuel Macron.
02:58Donc la question se politise tout de suite et l'enjeu spécifique du déficit de la dette publique passe presque
03:05au second plan.
03:09Thomas Soulier, clairement, François Bayrou va forcément être contraint à la démission à l'issue de ce vote ?
03:14Oui, car si on fait les comptes en l'État, il y a seulement 4 groupes parlementaires qui devraient accorder
03:20leur confiance à François Bayrou.
03:21Donc les 3, ce qu'on appelle le bloc central, Renaissance, Horizon, Modem.
03:25Et puis une écrasante majorité des républicains et donc de la droite.
03:30Si on additionne, ça fait 210 députés.
03:33Donc très loin de la majorité absolue.
03:35C'est largement insuffisant.
03:37Et donc François Bayrou n'aurait plus la confiance des députés et devrait remettre la démission à Emmanuel Macron.
03:44Qui a le choix, lui, de l'accepter ou pas.
03:47Mais franchement, il serait étrange qu'Emmanuel Macron renouvelle sa confiance à un Premier ministre
03:53qui vient de perdre justement sa confiance auprès des députés.
03:56Et donc Emmanuel Macron va devoir chercher un nouveau Premier ministre.
04:00Oui, il serait ou elle serait, nous verrons, le 7ème Premier ministre en 8 ans, le 5ème en moins de
04:082 ans.
04:09Et donc on constate une chose, plus le temps passe dans la décennie Macron, plus la durée de vie d
04:16'un Premier ministre se réduit.
04:17Donc le Président devrait trouver un Premier ministre qui pourrait faire passer un budget d'ici au 31 décembre.
04:23C'est le critère principal, mais en l'état, qui peut se vanter en tant qu'homme politique ou femme
04:30politique
04:31de pouvoir faire voter un budget sans difficulté ?
04:35Franchement personne.
04:37Alors on va voir dans cet épisode de Code Source pourquoi François Bayrou a fait ce choix de se soumettre
04:42à un vote de confiance.
04:43Ce qu'il s'est passé précisément pendant l'été.
04:46Avant d'en venir là, un rappel.
04:48François Bayrou est centriste, président du MoDem, il a 74 ans, il a été nommé à Matignon par Emmanuel Macron
04:54le 13 décembre 2024
04:56en remplacement de Michel Barnier, renversé par un vote de censure à l'Assemblée.
05:01Et depuis qu'il est en poste, François Bayrou a été au cœur de plusieurs polémiques.
05:05Oui, des polémiques qui lui ont collé à la peau et surtout qui lui ont fait perdre très rapidement des
05:10points de popularité.
05:12D'abord, nous sommes en décembre 2024, il est nommé le 13.
05:15Quelques jours plus tard, il part en jet au conseil municipal de Pau.
05:22Il y a une polémique, ce premier ministre qui vient d'arriver, qui prend un jet juste pour aller au
05:27conseil municipal de la ville qui dirige.
05:30Ça, ça lui fait beaucoup de mal.
05:32Et puis, évidemment, la polémique des polémiques, l'affaire Betaram, ces accusations de maltraitance dans une école catholique dans le
05:40sud-ouest.
05:41Est-ce que le maire de Pau le savait ? C'est juste à côté de chez lui.
05:46Est-ce que lui, qui était ministre de l'éducation dans les années 90, le savait ?
05:51Alors, à ces questions-là, les réponses ont été floues, fluctuantes.
05:56Il a même dû répondre à une commission d'enquête parlementaire.
05:59Et cette affaire-là, d'autant plus touchée qu'il a appris, durant ces derniers mois, que sa fille avait
06:04été aussi victime dans cette école de Betaram.
06:10Et, Marcel Ovest-Fred, ces relations ont été compliquées avec Emmanuel Macron.
06:14Les deux hommes ne s'aiment pas vraiment.
06:16Alors, ils ont une relation qui est extrêmement complexe.
06:19Ils ne sont pas amis.
06:21Mais, en même temps, ce sont les deux alliés historiques les plus proches.
06:25Emmanuel Macron doit, d'une certaine façon, sa victoire en 2017, au retrait, au dernier moment, de François Bayrou.
06:32Et François Bayrou est quelqu'un qui a déjà été candidat à plusieurs présidentielles, qui considère qu'il a un
06:38rôle à jouer,
06:39et qui a monnayé très chèrement, durant toutes ces années, le fait que, sans lui, Emmanuel Macron, on ne serait
06:45pas arrivé à l'Élysée.
06:46Donc, ils ont une relation qui, pendant des années, est faite de rencontres le dimanche, ils s'appellent.
06:52C'est une relation qui est faite d'une grande proximité.
06:56Mais, ce n'est pas une amitié.
06:57Pourquoi ? Parce que c'est une relation sur fond de rapports de force.
07:01Et c'est comme ça depuis huit ans.
07:02Et le dernier épisode en date, c'est le 13 décembre 2024.
07:06Emmanuel Macron veut nommer Sébastien Lecornu comme successeur à Michel Barnier.
07:12Or, à ce moment-là, François Bayrou tord le bras, quasi littéralement, au chef de l'État, en lui disant,
07:18en gros,
07:19« Si tu nommes Sébastien Lecornu, eh bien, moi, je sors de la majorité.
07:23Je fais exploser le périmètre du bloc central et de la droite. »
07:27Et il a mis une telle pression qu'Emmanuel Macron a cédé.
07:31Mais Emmanuel Macron, lui, en veut.
07:33Et du coup, cette relation, elle est faite de...
07:36Elle est extrêmement complexe.
07:37Et au fil des mois, elle se tend un peu, puisque le chef de l'État considère que François Bayrou
07:42ne travaille pas assez,
07:43ne délivre pas, pour parler en termes macronistes,
07:46qu'il n'y a rien qui avance, que c'est immobile.
07:48Là où François Bayrou considère, lui, que ça ne sert à rien de brusquer un Parlement qui, de toute façon,
07:53ne fait passer aucune loi.
07:55Le lundi 23 juin, des négociations de 4 mois sur l'avenir de la réforme des retraites se terminent par
08:01un échec.
08:01Il n'y a pas d'accord signé entre les syndicats et les organisations patronales.
08:06Autre dossier clé pour le chef du gouvernement, le budget 2026, budget d'économie.
08:11Thomas Soulier, pourquoi ces économies sont considérées aujourd'hui comme nécessaires ?
08:16Pour trois raisons. D'abord, parce que la France croule sous une dette abyssale, plus de 3 300 milliards d
08:21'euros.
08:22Ensuite, parce que la France est déjà en retard dans le respect des règles européennes de rigueur budgétaire.
08:28Et puis, parce que les marchés financiers pourraient à nouveau dégrader la note de la France d'ici à la
08:34fin de l'année,
08:35ce qui ferait grimper les taux d'intérêt.
08:38Alors tout cela, François Bayrou le dit depuis, pas six mois, il le dit depuis 20 ans.
08:43Ça, on peut lui reconnaître. Ça fait 20 ans qu'il alerte la France et les Français en disant, on
08:48va droit dans le mur sur le budget.
08:51Le mardi 15 juillet, François Bayrou dévoile les grandes lignes de son budget 2026 avec plusieurs annonces marquantes.
08:59Thomas, rappelez-nous lesquelles ?
09:00Il y a d'abord deux mesures choc qui cristallisent les critiques.
09:04La suppression des deux jours fériés qui rapporterait, selon François Bayrou, plus de 4 milliards d'euros d'économies.
09:11Et puis l'année blanche, c'est-à-dire le gel des dépenses publiques et ce, durant un an.
09:16On peut aussi citer le non-remplacement d'un fonctionnaire sur trois qui part à la retraite ou qui quitte
09:20la fonction publique.
09:21Des économies pour les collectivités locales à hauteur de plus de 5 milliards d'euros d'économies, ce qui fait
09:27grincer des dents les sénateurs et les élus locaux.
09:30Et aussi des économies dans le domaine de la santé. Là, tous les Français seront concernés.
09:34Et une taxe sur les petits colis.
09:36Après ces annonces et notamment l'idée de supprimer deux jours fériés, le lundi de Pâques et le 8 mai,
09:41les réactions sont très vives, à gauche, au RN, mais aussi parfois chez les Républicains.
09:47Oui, d'abord de manière instantanée.
09:50Le soir même du 15 juillet, toutes les oppositions crient à l'austérité, au manque de justice fiscale
09:56et considèrent que ce sont toujours les mêmes qui paient, qui vont trinquer, les travailleurs modestes, les classes moyennes, les
10:02retraités.
10:03Et tout de suite, le RN et toute la gauche, je dis bien toute la gauche, dont le PS,
10:10menace de censurer François Bayrou.
10:12Alors du côté des LR, vous avez raison, mais c'est un peu plus confus.
10:15C'est-à-dire que Laurent Wauquiez salue le plan, mais Bruno Retailleau, le président des Républicains,
10:20se dit opposer la suppression des deux jours fériés.
10:23Une mesure dont 84% des Français ne veulent pas, selon notre sondage Odoxa pour le Parisien aujourd'hui en
10:31France.
10:31Thomas Soulier, quand François Bayrou voit ses réactions, j'imagine qu'il comprend qu'il va forcément tomber à cause
10:37d'un vote de censure ?
10:38En coulisses, il est vraiment étonné.
10:39Il est vraiment étonné que le RN et toute la gauche, dont le PS, appellent tout de suite à la
10:44censure.
10:44Il ne pensait pas que ça irait aussi vite.
10:47Et donc, il se dit rapidement, après la conférence de presse du 15 juillet, que oui, il pourrait tomber.
10:52Mais il se dit, j'ai quand même un gros point de négociation.
10:56Parce qu'à ce moment-là, la suppression des deux jours fériés, ça ressemble, me disait un proche, à un
11:01leurre.
11:01En quelque sorte, à un futur point de négociation.
11:04Et que s'il voyait qu'en septembre et en octobre, ça coinçait vraiment, en revenant sur les jours fériés,
11:10il pourrait, in fine, faire passer son budget.
11:14Après ces annonces du 15 juillet, Marcel Ovest-Fred, il y a un mot d'ordre qui commence à se
11:18répandre sur les réseaux sociaux venus de citoyens.
11:21Un appel à bloquer le pays le 10 septembre.
11:25Expliquez-nous ça.
11:25Alors, c'est un appel un peu nébuleux, puisque les journalistes vont mettre un peu de temps à essayer de
11:31remonter un petit peu qui est à l'origine de cet appel.
11:35Ça mélange un peu de complotistes, un petit peu de sources qui peuvent être un peu des ingérences étrangères.
11:43On ne sait pas très bien.
11:44En tout cas, le discours d'origine, c'est un peu bloquons-tout.
11:47N'allons pas travailler.
11:48Sortons notre argent des caisses des banques.
11:51Alors, François Bayrou, il voit bien monter ce mouvement.
11:54Quand on l'interroge sur le sujet, lui, il se dit qu'il n'y a pas un motif concret,
12:00type les retraites, type la taxe carbone identifiée, qui agrègerait les mobilisations.
12:07En revanche, il n'est pas dupe.
12:08Il voit bien qu'il y a un mouvement de colère un peu dégagiste qui commence à monter dans l
12:12'opinion publique.
12:13Et François Bayrou décide de ne pas prendre de vacances pendant le mois d'août.
12:16Rappelons d'abord que François Bayrou fait partie de ces politiques, et ils sont nombreux en réalité, qui n'aiment
12:21pas les vacances, qui ne prennent pas de vacances.
12:23En général, lui, il est tous les ans à Pau, dans sa ville, s'il n'est pas du genre
12:28à décrocher en partant sur son voilier à 10 000 kilomètres de Paris.
12:32Ce n'est pas du tout son genre.
12:33Et cette fois-ci, il fait même quelque chose d'un peu plus symbolique, c'est-à-dire qu'il
12:37va aller à Pau seulement trois week-ends dans toute l'été.
12:42Le reste du temps, il est à Paris, à Matignon, et il scénarise le fait qu'il est à Paris,
12:48c'est-à-dire qu'il a les mains dans le cambouis, qu'il s'occupe des dossiers de la
12:52France, etc.
12:53Les inondations, les feux de forêt, etc.
12:56Et son entourage nous explique que ce temps passé à Paris va être du temps utile, qu'il va travailler
13:02les dossiers, faire des déplacements.
13:04Or, quand on veut le suivre pour les déplacements, on s'aperçoit que les uns après les autres, ces déplacements
13:09sont annulés.
13:09On s'attendait à deux, trois déplacements par semaine, finalement il n'en est rien, que fait-il ?
13:14Eh bien c'est un peu un mystère d'ailleurs au sein du gouvernement, ça on l'a relaté dans
13:18plusieurs articles, les ministres se demandent que fait-il,
13:21parce qu'ils ne consultent pas, ils n'appellent pas non plus les oppositions, c'est tout ce travail qu
13:27'on attendait de lui pendant l'été, tout l'informel.
13:29Il ne se déplace pas et il va en revanche surprendre en annonçant qu'il va s'exprimer sans intermédiaire
13:40auprès des Français par le biais d'une chaîne YouTube qu'il crée qui va s'appeler FB Direct.
13:45Et donc à partir du début du mois d'août, il commence à intervenir régulièrement pour parler au Français pendant
13:53quelques minutes.
13:54Il est en chemise, souvent cravate, pas de veste, dans son bureau, l'éclairage est assez blanchâtre, c'est un
14:03peu de la télé à l'ancienne,
14:04mais l'idée c'est, je vous parle sans intermédiaire pour vous expliquer les enjeux et notamment l'urgence de
14:11redresser les comptes publics.
14:12Ma conviction c'est qu'on ne peut réaliser des changements aussi importants, aussi profonds et aussi bienfaisants,
14:20ne peut pas le faire sans les Français, jamais sans les Français. Et c'est tout le but de cet
14:26échange.
14:27FB Direct pour François Bayrou Direct, est-ce que ça marche ? Est-ce qu'il y a des vues
14:31?
14:31C'est plutôt décevant. Ça commence, petit effet de curiosité, à 120 000 vues et ça va descendre 8 000,
14:376 000 vues.
14:39Pour un Premier ministre, c'est très faible. Donc ça montre que le format ne prend pas, il faut dire
14:44que c'est un format un peu austère,
14:47sur un sujet où finalement il tourne un peu en boucle. C'est un exercice qui a le mérite d
14:52'exister, mais qui va se révéler un peu contre-productif.
14:55Le mardi 19 août, Emmanuel Macron dit du bien de lui, dans l'hebdomadaire Paris Match, il est mon ami,
15:02déclare le Président.
15:03Il a toutes les capacités pour tenir jusqu'en 2027, c'est le message d'Emmanuel Macron en résumé.
15:08Thomas Soulier, cette déclaration amicale au sujet de François Bayrou, elle est surprenante ?
15:13Oui, parce que déjà Emmanuel Macron a très peu d'amis. Et il prononce rarement ce mot « ami »
15:18quand il parle de quelqu'un.
15:19Donc on peut sentir que quand il prononce ce mot « ami », ça commence à se sentir mauvais pour
15:25la personne qui est destinée.
15:27Parce qu'il a déjà dit du bien de ses anciens premiers ministres, qu'il a limogé une semaine après.
15:32Souvenez-vous, Édouard Philippe ou encore Elisabeth Borne, il dit du bien d'eux publiquement, il salue leur action.
15:37Et une semaine plus tard, il s'en sépare. Il a peut-être un côté psychologique ou son côté sentimental.
15:42Donc il faut toujours se méfier quand Emmanuel Macron dit du bien de quelqu'un.
15:45Deux jours plus tard, le jeudi 21 août, le Président invite son Premier ministre dans le fort de Brégançon, dans
15:52le Var.
15:52Brégançon qui est une résidence d'été du chef de l'État. Là, de quoi parlent les deux hommes ?
15:57D'abord de la situation internationale. Les sujets sont lourds, nombreux et ont rythmé l'avis du Président cet été.
16:05Et puis de politique interne. Et là, François Bayrou fait officiellement la demande au Président.
16:10Il veut un vote de confiance des députés. Et ce, début septembre.
16:14Alors pourquoi il le dit au Président ? Parce qu'à ce moment-là, il y a une session extraordinaire
16:19convoquée à l'Assemblée fin septembre.
16:21Et François Bayrou, il veut que ça soit début septembre.
16:24Et la seule personne en France qui peut prendre cette décision et acter l'avancement de la session extraordinaire, c
16:31'est le Président.
16:31Et le Président lui dit oui, banco.
16:35On sait pourquoi Emmanuel Macron accepte ?
16:37C'est la question à 1000 euros. Et je me pose souvent la question depuis des jours en tant que
16:41journaliste politique.
16:43Je vois deux réponses à cela. Soit à ce moment-là, le Président est convaincu par l'argumentaire de François
16:49Bayrou qui se dit, ce soir-là, il y a encore un trou de souris.
16:53Le RN et le PS peut s'abstenir et ça peut passer.
16:56Soit parce qu'il veut se débarrasser de François Bayrou, et ça ce n'est pas une option à négliger
17:01parce qu'on sait que depuis des mois, Emmanuel Macron s'est montré quelquefois agacé par l'attitude, le comportement,
17:07la politique de son Premier ministre.
17:08Le lundi 23 août, une conférence de presse de François Bayrou est annoncée pour le lundi qui suit.
17:14Et ce samedi-là, il parle à notre consoeur du Parisien, du service politique, Pauline Thévignot.
17:19Marcel Ovest-Fred, en résumé, le Premier ministre, espère que les Français vont soutenir ces mesures d'économie, c'est
17:25ça ? Il en appelle aux Français ?
17:27Oui, c'est une opération de dramatisation. Il explique qu'on est au bord de la falaise, qu'il faut
17:32qu'à la rentrée, la classe politique soit à la hauteur.
17:35Et en fait, à ce moment-là, ce qu'il fait, c'est qu'il prend à partie l'opinion
17:39publique en espérant qu'elle fera pression sur la classe politique.
17:42Donc là, il fait comme si les Français pouvaient être plus de son côté que les responsables des différents partis
17:47politiques.
17:48Mais en fait, ce n'est pas vrai. Quand on voit les sondages, il est très impopulaire à ce moment
17:51-là.
17:51Oui, l'impopularité record. Des mesures qu'il propose dans son budget, notamment la question des jours fériés, qui, on
17:58va dire, ulcèrent une grande partie des Français.
18:02Les sondages, y compris ceux qu'on a publiés dans Le Parisien, sont sans appel. Plus de 80% des
18:08Français ne veulent pas en entendre parler.
18:10Donc là, il sent qu'il est face à un mur.
18:11Et pendant le mois d'août, les appels à bloquer le pays le 10 septembre ont pris de l'ampleur.
18:16Ils ont été repris par une grande partie de la gauche.
18:18Alors notamment, ils sont repris par Jean-Luc Mélenchon, qui, lui, décide de lui ajouter une nouvelle touche en prônant
18:26une grève générale le 10 septembre.
18:30Il lui donne un côté un peu insurrectionnel. Quelque part, diront les détracteurs d'Alefi, il fait de la récupération
18:36politique.
18:37En tout cas, il contribue à faire du 10 septembre un moment clé de la rentrée.
18:42Le lundi 25 août, dans l'après-midi, environ une demi-heure avant le début de sa conférence de presse,
18:48François Bayrou révèle aux membres de son gouvernement, aux ministres, ce qu'il va dire.
18:53En fait, ils tombent de leur chaise, parce que personne n'est dans la confidence.
18:57C'est quand même un fonctionnement extrêmement resserré sur un tout petit noyau, de la même façon que la plupart
19:03ne savaient pas ce qu'il y avait dans le plan d'économie du 15 juillet.
19:06La plupart découvrent que le Premier ministre fait le choix de se soumettre à un vote de confiance, et ce,
19:13très précocement, dès le 8 septembre.
19:15À ce moment-là, dans l'esprit des ministres, ils se disent, notre bail va peut-être finir dans 15
19:21jours.
19:21On en revient au début de cet épisode de Codesources.
19:24François Bayrou annonce donc qu'il va engager la responsabilité de son gouvernement à l'Assemblée.
19:29Un vote de confiance, sauf surprise, perdu d'avance.
19:34On a parlé d'arraquerie politique.
19:36Thomas Soulier, est-ce que c'est une façon pour lui de s'épargner des semaines de calvaire avec en
19:41ligne de mire un vote de défiance ?
19:43Oui, il veut rompre avant de se faire larguer.
19:46C'est une certitude.
19:46François Bayrou considère que s'il sort de lui-même, en quelque sorte, après avoir convoqué un vote de confiance,
19:53il sortira en martyr, en disant, j'aurais prévenu le pays, j'aurais prévenu les Français, j'aurais été un
20:00lanceur d'alerte, j'aurais mis carte sur table.
20:02Et par conséquent, personne ne pourra me reprocher si dans quelques mois ou quelques années, c'est le chaos économique
20:08en France.
20:09Et donc, il en fait un marqueur politique, et surtout pour la suite, car François Bayrou a des ambitions, pourquoi
20:15pas la présidentielle en 2027 ?
20:17Il s'est déjà présenté pour l'Elysée à trois reprises, et pourquoi pas une quatrième fois, François Bayrou n
20:23'a pas du tout renoncé à ses ambitions présidentielles.
20:26Marcel Ovest-Fred, le mercredi 27 août, François Bayrou est l'invité du 20h de TF1.
20:31Il invite les chefs de partis politiques à Matignon pour une ultime négociation, mais alors qu'il est censé tout
20:38faire pour essayer de les convaincre, il va les braquer.
20:41Est-ce que la situation de la France, la menace de surendettement, est-ce que cette situation mérite qu'on
20:47y réponde ?
20:49C'est très simple, c'est comme un bateau qui aurait une voie d'eau, un trou dans la coque,
20:54et la coque se remplit d'eau.
20:57Alors il y a des gens qui disent, ben, t'en fais pas Simone, le bateau flotte encore.
21:03Et de ce point de vue-là, on est irresponsable, et on n'est pas irresponsable pour nous, monsieur Boulot,
21:10même pas pour vous, pas pour nous, pas pour notre génération.
21:14On est irresponsable pour les plus jeunes des Français.
21:16Faire une interview au journal télévisé de 20h, c'est abattre ses principales cartes.
21:22Or, il arrive sans proposition. Il ne dit pas, les jours fériés j'abandonne, ou il ne fait pas d
21:27'ouverture particulière.
21:29Et pire, il braque les oppositions en expliquant qu'elles n'étaient pas joignables pendant les vacances.
21:35Vous avez appelé les représentants des partis d'opposition, qui ne sont pas de votre parti, à venir vous voir
21:41à Matignon pour consultation à partir de lundi.
21:43Mais pourquoi ne l'avez-vous pas fait avant ?
21:45Parce qu'ils étaient en vacances.
21:47Un argument qui peut paraître un peu léger, et qui va lui revenir en boomerang, puisque le Rassemblement National va
21:53lui dire, par la voix de Marine Le Pen,
21:56« Cher François Bayrou, je vous ai envoyé une lettre, vous n'avez même pas dénié y répondre. »
22:00Et les socialistes vont être ulcérés par cette formulation qui paraît un peu légère.
22:05En réalité, il est vrai que le chef du gouvernement n'a pas passé beaucoup de coups de fil, mais
22:10il a quand même essayé de joindre certains socialistes.
22:12Il a parlé, on le sait, avec François Hollande, il a parlé avec le député Jérôme Getsch, mais si on
22:17est juste les torsos un peu partagés,
22:18puisque François Bayrou tend la main un peu mollement aux socialistes, il en appelle quelques-uns, puis il arrête.
22:25Et de l'autre côté, on a un PS dont les principales figures n'ont pas manifestement l'intention de
22:32nouer quelques négociations que ce soit,
22:34avec un chef de gouvernement extrêmement impopulaire, et qui plus est, à quelques mois des municipales,
22:41où le PS ne veut pas apparaître comme l'information qui sauverait la tête du soldat Bayrou.
22:47Le dimanche 31 août, le numéro 1 du PS, Olivier Faure, précise que la décision des socialistes de voter contre
22:54la confiance est irrévocable.
22:56Par ailleurs, François Bayrou s'est mis à dos une partie des Français.
23:00Il a pointé du doigt à plusieurs reprises les retraités, les boomers, au sujet de la dette,
23:05y compris le dimanche 31 août, dans son interview accordée aux 4 chaînes d'info en continu.
23:11En résumé, d'après François Bayrou, les papys boomers, après avoir profité de décennies de croissance,
23:16devraient être les premiers à soutenir les efforts d'économie du pays pour alléger le poids de la dette pour
23:22les plus jeunes.
23:23Thomas Soulier, on dirait que François Bayrou s'enfonce à quelques jours du vote de confiance.
23:29Moi-même, qui le suis au quotidien, j'ai du mal à le comprendre,
23:32et j'imagine que les Français eux-mêmes ont du mal à le comprendre.
23:36Imaginez un Français qui écoute François Bayrou tous les jours.
23:40Il entend « je peux y arriver, je peux avoir ce vote de confiance »,
23:46mais ils savent très bien des Français qu'il ne va pas l'avoir.
23:48Et que nous, journalistes, on explique au quotidien que non, c'est de l'arithmétique,
23:52c'est des mathématiques, si le PS et le RN ne votent pas la confiance, ils tombent.
23:56Voilà, ce sont des maths, donc ça va se passer comme ça.
23:58Ça sonne faux, c'est un faux semblant, c'est un simulacre de stratégie politique,
24:04et les Français ne sont pas dupes.
24:06Et en même temps, il se met à dos beaucoup de monde en ce moment.
24:09Il se met à dos tout le monde.
24:10Les ministres qui en ont marre de l'entendre mentir tout au long de la journée,
24:14les élus du Bloc central et des Républicains,
24:16le RN et le PS qui se font insulter par François Bayrou,
24:19encore une fois ce dimanche, sur les quatre chaînes d'info en continu,
24:23il a dit sur Olivier Faure, le numéro 1 du PS,
24:26« une seule chose intéresse, c'est Matignon ».
24:29Donc quand on veut séduire quelqu'un, en général, on ne l'insulte pas.
24:35Merci à Thomas Soulier et Marcelo Vesfred.
24:38Cet épisode de Code Source a été produit par Thibaut Lambert et Clémentine Spiller.
24:43Réalisation, Julien Moncoucciol.
24:45Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
24:49N'oubliez pas Crime Story, chaque semaine une grande affaire criminelle
24:52racontée par Claudia Prolongeau, avec Damien Delseni,
24:55le chef du service police-justice du Parisien.
24:58Code Source et Crime Story sont disponibles sur toutes les plateformes
25:02audio sur leparisien.fr et aussi, bien sûr, comme on le disait au début,
25:06sur l'application mobile du Parisien.
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