- il y a 12 heures
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Treize personnes sont jugées depuis le 6 janvier à Paris dans l’affaire du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007. Après avoir résumé dans deux épisodes ce que contient le dossier d’accusation, Code source vous résume les quatre premières semaines de ce procès avec Timothée Boutry, journaliste au service police justice du Parisien.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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NewsTranscription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Nicolas Sarkozy a-t-il bénéficié de fonds occultes en provenance de la Libye de Kadhafi ?
00:17Pour sa campagne présidentielle victorieuse de 2007, c'est la conviction du parquet national financier.
00:23Depuis le 6 janvier, l'ancien président, avec 12 autres prévenus,
00:27est jugé par le tribunal correctionnel de Paris.
00:30Il répond notamment de financement illégal de campagne électorale,
00:34association de malfaiteurs et recèle de détournement de fonds publics libyens.
00:39L'ancien président clame son innocence depuis le début
00:42et il souligne le manque de preuves dans le dossier.
00:46Codesources vous résume les 4 premières semaines de ce procès
00:49avec Timothée Boutry, journaliste au service police-justice du Parisien.
00:53Il suit l'affaire depuis le début et il couvre cette audience au palais de justice de Paris.
01:04On a déjà consacré un podcast à cette affaire début janvier pour résumer les faits.
01:08Du coup, on va seulement rappeler l'essentiel aujourd'hui en quelques minutes.
01:12Timothée Boutry, pour les plus jeunes qui nous écoutent,
01:15il faut bien expliquer que les accusés dans ce procès
01:17étaient les personnages politiques les plus puissants en France dans les années 2000,
01:22Nicolas Sarkozy et Claude Guéant notamment.
01:24Oui, Nicolas Sarkozy évidemment, puisqu'il a été président de la République,
01:28élu en 2007, il a fait un quinquennat jusqu'en 2012.
01:31Et Claude Guéant, c'est son plus fidèle collaborateur.
01:34Lui, c'est un énarque, c'est un préfet.
01:36Il a été son secrétaire général à l'Elysée, c'est-à-dire vraiment son bras droit.
01:40Et ensuite, il a fait une carrière politique en allant aussi au ministère de l'Intérieur.
01:44Mais à l'origine, c'est un profil de fonctionnaire.
01:46Nicolas Sarkozy doit répondre de corruption passive,
01:49financement illégal de campagne électorale,
01:51association de malfaiteurs
01:53et recel de détournement de fonds publics libyens.
01:56L'accusation affirme qu'il y a un faisceau d'éléments
01:59permettant de dire qu'il a passé un pacte de corruption
02:03avec le dictateur libyen Muammar Kadhafi en 2005
02:06pour aider financièrement sa campagne électorale pour la présidentielle de 2007.
02:12Un pacte qui aurait été scellé à l'occasion d'un déplacement
02:15de Nicolas Sarkozy, à ce moment-là ministre de l'Intérieur,
02:19le 6 octobre 2005, déplacement à Tripoli en Libye.
02:24La justice s'intéresse notamment à des visites à Tripoli
02:27de deux de ses plus proches collaborateurs,
02:30Claude Guéant quelques jours avant lui
02:32et Brice Hortefeu plus tard au mois de décembre.
02:36Et ce qui pose question, c'est dans les deux cas,
02:38des rencontres avec un ennemi de la France,
02:40on peut dire ça comme ça, le beau-frère de Muammar Kadhafi,
02:43un homme reconnu coupable de l'attentat contre le DC-10 d'UTA en 1989,
02:49un attentat qui a fait 170 morts, dont 54 Français.
02:54Timothée Boutry, qu'est-ce qu'on sait de ces deux rencontres,
02:56donc de Claude Guéant puis de Brice Hortefeu en 2005 à Tripoli,
03:00rencontre avec Abdallah Senoussi, un proche de Muammar Kadhafi ?
03:04Abdallah Senoussi, c'est un homme condamné en France à la perpétuité.
03:08Or on sait, c'est avéré, c'est même reconnu par les intéressés,
03:11qu'à l'occasion de deux déplacements à Tripoli,
03:13ils l'ont rencontré.
03:15Alors c'était des rencontres qui n'étaient pas prévues,
03:17pas à l'injardin, pas officielles,
03:19mais effectivement ça pose question,
03:21puisque pourquoi ont-ils rencontré quelqu'un d'aussi toxique,
03:25d'aussi dangereux pour la France ?
03:27Et c'est vrai que la question est en suspens.
03:30Le 6 octobre 2005, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy
03:33rencontre Muammar Kadhafi sur place,
03:35il parle notamment immigration clandestine en provenance de Libye.
03:39Et donc avant et après, Claude Guéant puis Brice Hortefeu sont en Libye, à Tripoli.
03:45Pour l'accusation, qu'est-ce qui a pu se passer pendant ces deux visites à Tripoli ?
03:49Disons que ces deux visites, au cours desquelles Claude Guéant d'abord,
03:53Brice Hortefeu ensuite rencontre Abdallah Senoussi,
03:55pourraient avoir servi à poser les bases du pacte de corruption,
04:00qu'on reproche à Nicolas Sarkozy,
04:01et que des échanges occultes auraient pu avoir lieu en vue d'un éventuel financement,
04:07et que la visite de Nicolas Sarkozy lui-même aurait aussi permis de concrétiser tout ça.
04:12Donc là, on est vraiment sur le premier étage de la fusée de l'accusation,
04:16la négociation pour le pacte,
04:18avec ensuite les éléments qui sont exploités par le ministère public pour étayer ses soupçons.
04:22Le ministère public, l'accusation, reconnaît qu'il n'y a pas une preuve irréfutable de cette corruption,
04:28mais un faisceau d'éléments.
04:30Et ce qui est sûr, c'est que des virements ont bien été effectués de Libye vers un intermédiaire,
04:35un certain Ziad Taqiedine.
04:37Trois virements suspects pour un montant total de 6 millions d'euros.
04:41Rappelez-nous qui est Ziad Taqiedine.
04:42Alors Ziad Taqiedine, c'est ce qu'on appelle un intermédiaire.
04:45C'est un homme d'affaires qui fait le relais entre des États étrangers et des industriels.
04:52En l'occurrence, la Libye et des industriels français.
04:55C'est pour des gros contrats, des contrats d'armement notamment.
04:59Et Ziad Taqiedine, il était déjà intervenu dans d'autres contrats bien avant avec l'Arabie saoudite ou avec le
05:06Pakistan.
05:07Et il faut juste préciser que Ziad Taqiedine, c'est un élément central de ce dossier.
05:10Il a été entendu de très nombreuses fois, il a beaucoup changé de version,
05:13mais il est absent à l'audience.
05:14Il a pris la fuite.
05:16Il est franco-libanais, Ziad Taqiedine, et il vit au Liban depuis sa condamnation.
05:20D'après l'accusation, Ziad Taqiedine aurait ensuite reversé une partie de l'argent reçu
05:24à l'équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, des enveloppes de billets.
05:28Timothée, toujours d'après l'accusation, qu'aurait demandé ou obtenu Mouammar Kadhafi
05:32en échange de son aide financière ?
05:34Les contreparties, selon l'accusation, elles sont de trois ordres.
05:38Diplomatique, économique et judiciaire.
05:40Diplomatique, c'est aider la Libye à revenir dans ce qu'on appelle le concert des nations,
05:46c'est-à-dire en refaire un État respectable, puisque c'est un État voyou, un État terroriste.
05:50Ce retour dans le concert des nations a notamment été matérialisé par la réception de Mouammar Kadhafi à Paris,
05:55par Nicolas Sarkozy, sept mois après son élection, en décembre 2007.
05:58Les contreparties économiques, ce sont des contrats qui auraient été passés entre des entreprises françaises et la Libye
06:05sur des sujets sensibles comme, par exemple, la surveillance du territoire ou des flux de communication,
06:10ou bien le nucléaire civil.
06:12Et enfin, les contreparties judiciaires, ce serait une aide que la France aurait offerte,
06:18ou plutôt une promesse d'aide à Abdallah Sounessy de régulariser sa situation,
06:23parce qu'on l'a dit, il a été condamné à la perpétuité en son absence,
06:27il fait l'objet d'un mandat d'arrêt, et voilà, il souhaiterait la levée de ce mandat d'arrêt.
06:31L'accusation, les soupçons, c'est que des interventions auraient pu avoir lieu pour arranger sa situation judiciaire.
06:39Nicolas Sarkozy, Claude Guéambry, sort-feu Eric Wörth, assis côte à côte,
06:43la galaxie sarkoziste réunie sur le banc des accusés.
06:47Le procès débute le lundi 6 janvier devant la 32e chambre du tribunal correctionnel de Paris.
06:52Il va durer trois mois jusqu'au 10 avril.
06:55Timothée Boutry, décrivez-nous l'atmosphère au premier jour de l'audience.
06:58C'est un procès qui est évidemment très très attendu, 10 ans d'instruction,
07:02on parle quand même de l'ancien président de la République,
07:04on est sur des soupçons extrêmement graves de financement de campagne par un État terroriste.
07:09Donc vous pouvez l'imaginer, il y a beaucoup de monde, beaucoup de presse évidemment,
07:13beaucoup d'avocats, puisqu'il y a 13 prévenus en tout,
07:16et ce qui est évidemment frappant, c'est le profil des prévenus.
07:19On a sur la même rangée Nicolas Sarkozy et trois de ses anciens ministres,
07:25puisqu'on a Claude Guéant, on l'a dit qui a été secrétaire général,
07:28mais qui a aussi été ministre de l'Intérieur,
07:29Brice Hortefeux, qui est vraiment le plus fidèle ami de Nicolas Sarkozy,
07:33ami politique, qui a été aussi son ministre délégué aux collectivités territoriales,
07:38et qui a aussi été au ministère de l'immigration et de l'identité nationale,
07:42et enfin on a Eric Wirt qui a été au budget,
07:45mais c'est vrai que cette scène est quand même frappante,
07:46on a ces quatre hommes assis côte à côte, ils se retrouvent, ils se saluent,
07:50alors leur contrôle judiciaire les a empêchés de se voir.
07:53Il y a ambiance un peu rentrée des classes,
07:55mais dans un contexte assez grave,
07:57puisque on sait qu'on est devant le tribunal et que les enjeux sont extrêmement importants.
08:02Dès le premier jour, les avocats de Nicolas Sarkozy mettent en cause
08:05la légitimité du tribunal à juger cette affaire.
08:08Ils estiment que ce dossier est relevé plutôt de la CJR, la Cour de justice de la République,
08:14habilité à juger les membres du gouvernement pour des faits commis dans l'exercice de leur fonction.
08:19Un peu plus tard, l'un des avocats de Nicolas Sarkozy accuse certains juges,
08:24ceux du parquet national financier, d'avoir fait de l'ancien président leur domaine réservé,
08:30en clair de l'avoir pris pour cible.
08:32Et là, ça va évidemment énerver l'un des procureurs qui va dire
08:35« Mais il faut arrêter, maître, c'est pas digne de votre talent. »
08:39Donc voilà, il y a quand même une tension qui affleure déjà.
08:42Nicolas Sarkozy, il est sur son siège, on sent qu'il piaffe,
08:46il a toujours un petit peu ses mouvements d'épaule, ses mouvements de jambes, on le connaît.
08:50Et là, c'est vrai que pendant cet échange, il va marmonner, c'est effrayant, c'est effrayant.
08:55Voilà, on sent qu'il est agacé par l'attitude de l'accusation.
08:58On a le ton qui est donné de ce procès qui va durer pendant trois mois.
09:03Quelques jours plus tard, le jeudi 9 janvier, au troisième jour du procès,
09:07Nicolas Sarkozy plaide longuement son innocence et il se montre offensif.
09:12Nicolas Sarkozy, sans surprise, il l'a déjà dit pendant l'instruction, publiquement.
09:17Évidemment, il déclare qu'il est innocent et qu'il est victime d'un acharnement,
09:22qu'il n'y a rien dans ce dossier, qu'en même temps, il fait confiance à la justice et
09:26qu'il va répondre.
09:26Mais voilà, il dit qu'il est victime de trois groupes d'escrocs, c'est comme ça qu'il va
09:31le dire.
09:31D'abord, il estime qu'il est victime des Libyens, du clan Kadhafi,
09:35puisqu'il indique que les accusations vont émerger à partir de 2011,
09:39c'est-à-dire à partir du moment où la France participe à la coalition
09:42qui va amener au renversement et même à la mort de Muammar Kadhafi.
09:45On est dans le contexte des printemps arabes.
09:47Donc là, il dit que c'est une vengeance contre lui, cette histoire de soupçon de financement.
09:51Il s'en prend également aux auteurs d'une note.
09:54Alors, il ne cite pas, mais on sait très bien qu'il vise Mediapart,
09:57puisque pendant l'entre-deux-tours de la présidentielle, ils ont publié une note attribuée à un dignitaire libyen
10:02dans lequel il est fait état d'un versement de 50 millions d'euros.
10:06Nicolas Sarkozy dénonce un faux.
10:08Il y a eu une instruction là-dessus qui n'a pas permis de conclure à l'authenticité ou non
10:12de ce document.
10:13Mais en tout cas, il a joué un rôle.
10:14Et voilà, Nicolas Sarkozy est très virulent à l'égard de l'organe de presse.
10:19Et enfin, sa troisième cible, c'est Zia Tekedin, dont on a parlé,
10:23qu'il décrit comme un menteur et un escroc.
10:25Oui, parce qu'il y a bien des virements avérés vers Zia Tekedin.
10:28Et Nicolas Sarkozy, en résumé, il parle d'une escroquerie de la part de Zia Tekedin
10:32qu'il aurait trompé les Libyens et qu'il aurait gardé l'argent pour lui.
10:35Oui, c'est ça. C'est vraiment la thèse de la défense de dire
10:38« Oui, Zia Tekedin a touché de l'argent de la Libye, mais il l'a gardé pour lui.
10:42Vous savez, ce n'est pas le genre à le remettre. L'argent, il le garde pour lui. »
10:45Et Nicolas Sarkozy le martèle.
10:46Pour lui, il n'y a aucun élément concret contre lui.
10:49Il dit « Vous ne trouverez jamais, jamais, non pas un euro, mais même un centime d'argent libyen dans
10:54ma campagne. »
10:55Voilà, il dit « Il n'y a pas du tout de preuves dans ce dossier, il est totalement vide.
10:58»
10:58Timothée Boutry, le lundi 13 janvier, le procès reprend après le week-end.
11:02Et Nicolas Sarkozy reste droit dans ses bottes, comme vous le titrez dans votre article ce jour-là.
11:07Il rappelle que l'UMP était en résumé une machine de guerre à l'époque
11:10et que le parti ne manquait pas de financement.
11:13Oui, c'est son premier acte de défense de dire
11:14« À l'époque, l'UMP, c'est 335 000 adhérents.
11:18Les sondages me sont très favorables, on a de l'argent, on a des adhérents.
11:23Pourquoi j'irais pactiser avec Mouammar Kadhafi pour récupérer de l'argent dont je n'ai pas besoin ? »
11:29Le même jour, Nicolas Sarkozy égratigne l'intermédiaire Ziad Taqiedine.
11:33En le qualifiant d'escroc, de menteur,
11:36il souligne à plusieurs reprises qu'il a donné différentes versions dans le dossier,
11:40ce qui est exact,
11:41et qu'on ne peut pas reposer l'accusation sur lui.
11:44Donc, il s'emporte vraiment, il parle d'accusations grotesques,
11:49tout le champ lexical y passe, c'est sa cible favorite.
11:52Le mercredi 15 janvier, l'homme qui était ambassadeur de France en Libye,
11:56au moment des trois visites à Tripoli de Claude Guéant,
11:59de Nicolas Sarkozy, puis de Brice Hortefeux en 2005,
12:02Jean-Luc Sibude est invité à témoigner à la barre.
12:05Il est évidemment beaucoup interrogé sur la visite de Nicolas Sarkozy.
12:09Alors, tout le monde sait qu'il y a eu un échange général
12:13de la délégation à l'arrivée de l'avion.
12:16Nicolas Sarkozy et la délégation s'installent sous la tente
12:19qui est dressée dans le palais présidentiel libyen.
12:21Il y a un échange général.
12:23Et ensuite, il y a un échange privé entre les deux hommes.
12:25Ça, c'est pas nié, c'est pas contesté, ça existe.
12:28Sauf que là, pour la première fois, l'ambassadeur dit
12:29que Nicolas Sarkozy et Mouammar Kadefi sont sortis de la tente
12:34pour avoir cet échange privé.
12:35Il dit peut-être dans des bureaux, ça durerait environ une demi-heure.
12:38Et c'est vrai que jusque-là, on n'avait pas cette idée
12:40selon laquelle l'échange aurait pu avoir lieu ailleurs.
12:43Sachant aussi que le matin, l'ancien commissaire de police
12:47attaché de sécurité intérieure affecté à l'ambassade de France
12:49avait dit que lui aussi avait été le témoin de cet échange privé
12:53entre les deux hommes en présence des interprètes,
12:55mais que ça s'était déroulé dans la tente.
12:57Donc, on est vraiment au cœur des débats.
12:58L'ancien ambassadeur s'étonne de la visite de Brice Hortefeux
13:01en décembre 2005 à Tripoli.
13:03Brice Hortefeux ministre donc des collectivités territoriales
13:06parce qu'en Libye, selon l'ancien ambassadeur,
13:09les collectivités n'ont pas beaucoup de pouvoir.
13:11Par ailleurs, il est très surpris des rencontres de Claude Guéant
13:15puis de Brice Hortefeux avec Abdallah Senoussi.
13:18Ça l'interpelle.
13:19Lui-même rappelle qu'il avait interdiction de voir Abdallah Senoussi.
13:23C'est quasiment dans sa fiche de mission du Quai d'Orsay
13:26avant d'être envoyé à Tripoli.
13:29C'est attention, ça clignote, rouge, ne pas voir Senoussi.
13:34Il a dit, je l'ai rencontré deux fois dans des réunions,
13:36il y avait plein de gens, voilà, il s'avérait que...
13:38Mais en tête à tête, c'est absolument inimaginable.
13:41Et donc, ça lui pose question de voir que le plus proche collaborateur
13:45de Nicolas Sarkozy et son plus fidèle ami politique
13:48ont vu un homme aussi s'il fureux.
13:51Timothée Boutry, le lendemain, le jeudi 16 janvier,
13:54Claude Guéant, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy,
13:56est appelé à la barre.
13:58Il doit s'expliquer notamment sur sa rencontre
14:00donc avec Abdallah Senoussi, beau-frère de Muammar Kadhafi,
14:04chef des renseignements extérieurs libyens.
14:07Décrivez-nous le tout début de cette prise de parole.
14:09Il est comment aujourd'hui Claude Guéant ?
14:10Claude Guéant, il va fêter le lendemain ses 80 ans,
14:13donc à un âge respectable.
14:15Et c'est vrai que dès le début du procès, on a vu quelqu'un d'affaibli,
14:19amaigri, qui flotte dans son costume.
14:21Et là, quand il est invité à témoigner,
14:23la présidente, très légitimement, lui demande s'il désire s'asseoir,
14:27et il accepte.
14:28Donc il va faire toute son audition assise sur un siège
14:31et le micro va être ramené à la hauteur de sa bouche.
14:34Mais on a quand même quelqu'un de quasiment 80 ans
14:37qui dépose à la barre du tribunal pendant un long moment.
14:39Claude Guéant défend l'idée d'un piège.
14:41Il dit qu'il ne savait pas qu'il allait rencontrer Abdallah Senoussi.
14:44Ce jour-là, à Tripoli, il était avec l'intermédiaire, Zia Takedine.
14:48Et il dit, je ne savais pas que j'allais voir Senoussi.
14:50Claude Guéant, il connaît Zia Takedine, Zia Takedine,
14:54et en Libye à ce moment-là, et Claude Guéant le sait.
14:57Il explique qu'à un moment donné, Zia Takedine va l'appeler,
15:01en disant, je peux vous faire rencontrer quelqu'un d'important pour le régime,
15:05venez, je vous emmène dans ma voiture.
15:07Et que donc, Claude Guéant dit, ok, je ne sais pas qui je vais voir,
15:10et je suis Zia Takedine.
15:12Et donc, d'après ce qu'il dit, il découvre que cet homme important pour le régime
15:15est Abdallah Senoussi au tout dernier moment.
15:17Oui, il a dit que c'est en arrivant au restaurant qu'il se rend compte de qui il va
15:22voir.
15:23Alors la présidente est extrêmement surprise, il se dit,
15:25mais vous êtes en mission officielle, vous représentez le ministre de l'Intérieur,
15:28vous ne savez pas qui vous allez voir.
15:30Il dit non.
15:30Il dit, mais vous parlez de quoi dans la voiture ?
15:33De choses et d'autres.
15:35La présidente, elle dit, les surprises ont fait ça entre amis,
15:38mais là, ce n'est pas votre copain, Zia Takedine.
15:41Et puis, vous êtes quand même là pour représenter le ministre de l'Intérieur.
15:45Donc, vraiment, cette idée de, je vous appelle, montez dans ma voiture,
15:50et vous ne savez pas qui vous allez voir,
15:52très honnêtement, voilà, personne n'y a cru.
15:55Et d'après l'accusation, clairement, Claude Guéant, le bras droit du ministre de l'Intérieur,
15:59ne pouvait pas ignorer qui il allait voir,
16:02et que par ailleurs, Abdallah Senoussi était condamné
16:05pour son rôle dans l'attentat contre le décédiste du TA.
16:09Plus tard, la présidente du tribunal lui demande
16:11si face à Senoussi, il a eu une pensée pour les victimes de l'attentat.
16:16Alors lui, il dit qu'il n'allait pas faire un desclandre,
16:19et c'est vrai qu'il a dit qu'il n'a pas non plus particulièrement songé à cet événement
16:24-là.
16:25Il dit que ce n'était pas forcément agréable,
16:26mais qu'il fallait que ça se passe et qu'on passe à autre chose.
16:29Timothée Boutry, le lundi 20 janvier,
16:32c'est au tour de Nicolas Sarkozy de parler de sa visite à Tripoli,
16:35le 6 octobre 2005, quand il était donc ministre de l'Intérieur.
16:40La présidente du tribunal lui demande
16:42si ce jour-là, il a parlé avec le colonel Kadhafi
16:45d'un éventuel financement occulte de sa campagne présidentielle
16:492007.
16:50Oui, c'est le cœur du procès,
16:52et puis il faut reconnaître à la présidente
16:54le mérite d'aller droit au but dans ses questions,
16:56et elle lui pose la question telle qu'elle.
16:59Et il dit, vous savez,
17:01c'est douloureux pour moi, madame la présidente,
17:02de devoir répondre à des accusations pareilles.
17:04Et il dit non, non, non, jamais,
17:06il a été question de ça.
17:08En plus, quand je le rencontre,
17:10il y a des interprètes,
17:12dont l'interprète du Quai d'Orsay,
17:14à l'époque, le président de la République,
17:16c'est Jacques Chirac, le premier ministre,
17:17c'est Dominique de Villepin.
17:18« Ce sont mes ennemis.
17:19Est-ce que j'allais faire une chose pareille,
17:21alors que mes ennemis auraient potentiellement pu la prendre ? »
17:24Donc il dit vraiment,
17:25c'est absolument grotesque d'imaginer
17:27que j'ai pu faire ça avec Mouammar Kadhafi.
17:29Et lui, comment est-ce qu'il explique
17:30les rencontres de ces deux hommes de confiance,
17:32Claude Guéant puis Brissortefeu,
17:34avec Abdallah Senoussi,
17:35avant et après lui, donc fin 2005 ?
17:37Il accrédite la version du piège.
17:39Alors, d'une part, il n'est pas tendre sur l'idée
17:41que c'était une erreur, clairement,
17:43mais par ailleurs, il dit, voilà,
17:45quand Claude Guéant dit qu'il a été piégé,
17:47je le crois.
17:48La présidente le relance en disant,
17:49mais est-ce que c'est crédible, sa version ?
17:52Il dit, j'ai pas dit ça,
17:53j'ai dit que je le croyais.
17:54Alors, c'est une formule qui est un petit peu floue,
17:56et en même temps, mine de rien,
17:58c'est pas si bon que ça pour lui, en fait,
18:00ses visites,
18:01puisqu'il y a aussi des poursuites
18:03pour la situation de malfaiteurs.
18:04Et de voir que ses plus proches ont vu cet homme-là,
18:06dans des circonstances extrêmement troubles,
18:09et sur lesquelles ils ont beaucoup,
18:11beaucoup, beaucoup de mal à se justifier,
18:13voilà, ça accrédite l'idée qu'il y a quand même
18:15quelque chose de louche autour de la Libye.
18:17Donc, Nicolas Sarkozy, il est dans cette entre-deux.
18:20Mais, vraiment, celui qui cible particulièrement,
18:23c'est Yatak Yadine.
18:27Et ce jour-là, pendant cette longue audition,
18:29Nicolas Sarkozy s'emporte
18:31concernant le dossier d'instruction.
18:33Le parquet national financier lui pose des questions
18:35sur des notes de Yatak Yadine.
18:38Alors, ces notes, elles sont importantes,
18:39puisqu'elles ont été remises par son ancienne femme,
18:42elles étaient sur une clé USB.
18:45En fait, c'est des documents qu'il rédige
18:47au fur et à mesure.
18:48Donc, pour l'accusation,
18:49c'est la vraie version, on va dire,
18:51de Yatak Yadine,
18:51puisque c'est celle qui est écrite au fur et à mesure,
18:53et dans laquelle il est fait état
18:55de ces fameuses rencontres,
18:56de liens, enfin, bon,
18:57c'est assez touffu,
18:58mais ça concerne beaucoup d'éléments.
19:00Mais à un moment donné, Nicolas Sarkozy dit,
19:02non, mais vous allez m'interroger
19:03sur ces notes non datées,
19:06non signées,
19:07qui ne m'étaient pas adressées,
19:09et il dit, mais si c'est ça,
19:11l'accusation, c'est vraiment un torchon.
19:14Timothée Boutry, le même jour,
19:15un autre intermédiaire dans ce dossier,
19:17l'homme d'affaires franco-algérien
19:19Alexandre Djouri,
19:20vient témoigner à la barre.
19:21D'abord, qui est-il ?
19:22Alors, Alexandre Djouri,
19:24vous l'avez dit, c'est un intermédiaire,
19:25alors lui, il réfute totalement ce terme,
19:27il dit, non, non, moi, je suis homme d'affaires.
19:30Alexandre Djouri, c'est un personnage
19:31assez mystérieux,
19:32puisqu'on en entend parler depuis longtemps,
19:35son nom traîne dans différentes affaires,
19:37on lui prête un passé de voyou
19:39qui conteste totalement,
19:40il faut bien préciser que son casier est vierge,
19:43la presse le qualifie systématiquement
19:45d'homme sulfureux,
19:47lui, s'emporte à chaque fois
19:49que ce terme est employé dans la presse.
19:51Lui, au départ, c'est un très, très proche
19:53de Dominique de Villepin,
19:54et ensuite, il va devenir proche
19:56de ce qu'on appelle la Sarkozy,
19:58c'est-à-dire l'équipe politique
19:59autour de Nicolas Sarkozy.
20:01Son métier, c'est quand même aussi
20:03de faire le lien entre des États
20:05et des industriels,
20:06de récupérer des commissions,
20:08d'en vivre très bien,
20:10et en même temps,
20:11on est dans un monde
20:12où il y a beaucoup d'argent
20:14qui circule,
20:15il y a des contrats,
20:17il y a des coups bas,
20:18et lui, il est vraiment réputé
20:20pour être un peu le méchant garçon
20:22de tous les gens
20:23avec lesquels il s'acoquine.
20:26Est-ce qu'il y a des éléments concrets
20:27contre lui,
20:28et de quoi il est accusé ?
20:29Alors, lui,
20:30il est notamment très proche
20:32d'un ancien dignitaire libyen
20:34qui s'appelle Béchir Salé,
20:35qui, en fait,
20:36était le grand argentier du régime,
20:38c'est lui qui avait la main
20:38sur la manne libyenne.
20:40Et donc, il est soupçonné
20:42d'avoir, lui aussi,
20:43été un des intermédiaires
20:44dans l'argent
20:45qui va transiter
20:46entre la Libye et la France.
20:47Il est aussi accusé
20:49d'avoir corrompu Claude Guéant
20:52dans l'affaire
20:53des tableaux hollandais
20:55qui auraient été vendus
20:56par Claude Guéant
20:56pour acheter son appartement.
20:57Donc, vraiment,
20:58l'instruction a démontré,
21:00alors, on verra
21:01ce qu'en dit à le tribunal,
21:02mais que c'était vraiment
21:03une vente fictive
21:04et qu'en fait,
21:05ces 500 000 euros
21:06qui ont été perçus
21:06par Claude Guéant
21:07via Alexandre Jory
21:09ont, en fait,
21:10servi à l'aider
21:12à acheter son appartement.
21:13Donc, on le retrouve
21:13dans plusieurs éléments,
21:14mais c'est son rôle
21:15vraiment d'intermédiaire
21:17entre la Libye et la France
21:18et d'intermédiaire
21:19de foule financière
21:20entre la Libye et la France
21:21qui intéresse le tribunal.
21:23Après l'élection
21:23de Nicolas Sarkozy
21:24en 2007,
21:25pendant le quinquennat,
21:26Alexandre Jory
21:27s'est rendu
21:28souvent à l'Elysée.
21:29D'après les agendas
21:31officiels de l'Elysée,
21:32il a été reçu
21:3259 fois par Claude Guéant,
21:35donc le secrétaire général
21:36de l'Elysée,
21:37et à 14 reprises
21:39par Nicolas Sarkozy
21:40en personne.
21:41La manière dont il se décrit,
21:42il se décrit
21:42un peu comme un bouffon,
21:43on va dire.
21:44Mais vous savez,
21:45ils ont aussi droit
21:46à leur plage de repos.
21:47Quand j'étais à l'Elysée
21:49avec Nicolas Sarkozy,
21:50on parlait de no-divorce,
21:51de vélo,
21:52de football,
21:53de macaroni au foie gras.
21:55Et on découvre
21:56cet homme-là
21:57qui peut être aussi vulgaire.
21:59Il parle de son arrestation
22:00en Angleterre
22:01où il dit
22:02« J'étais à poil dans ma cellule,
22:04on vous regarde le trou du cul,
22:06on vous dit
22:06« Levez la couille gauche,
22:07levez la couille droite,
22:08il mime la scène. »
22:09Donc voilà,
22:10on est un peu éberlué
22:11d'entendre ça
22:11dans ce tribunal.
22:12Et la présidente,
22:13à la fin,
22:14lui dit
22:14« Non mais vraiment,
22:15monsieur Djoury,
22:15je vous demande
22:16de changer votre attitude
22:18pour la prochaine fois. »
22:19Donc on est sur ce personnage
22:20totalement haut en couleur.
22:21Et donc,
22:21il se confirme
22:22qu'il a vu autant de fois
22:23Nicolas Sarkozy
22:24et Claude Guéant.
22:25Mais vraiment,
22:25quelqu'un lui demande
22:26« Mais ça se passait comment ?
22:27Vous appeliez ? »
22:27« Je suis là, je passe. »
22:28Il dit « Oui,
22:29c'était un peu comme ça.
22:30Quand il y avait du temps libre,
22:31j'étais près de l'Elysée,
22:32j'appelais et j'étais reçu. »
22:34Donc voilà,
22:34c'est effectivement
22:35très très surprenant.
22:36C'est un personnage
22:37qui va compter dans ce procès.
22:38Il était là,
22:39pourquoi,
22:39quand il venait voir
22:40à l'Elysée,
22:41Nicolas Sarkozy
22:42ou Claude Guéant ?
22:43Il dit que c'était
22:44enrichissant.
22:44Alors,
22:45c'est intéressant
22:46parce qu'on se demande
22:47s'il a aperçu
22:48le double sens
22:49de cette réponse.
22:50Puisque évidemment,
22:51lui,
22:51dans sa bouche,
22:53il va dire
22:53« Ça me nourrit
22:54de rencontrer
22:55des personnes pareilles,
22:56on peut le comprendre. »
22:57En même temps,
22:58enrichissant,
22:59est-ce qu'il n'était pas là
23:00non plus pour négocier
23:01des deals,
23:02des contrats
23:03et des contreparties ?
23:04Donc voilà,
23:05ça va être l'objet
23:05de ce procès.
23:06Alexandre Djori
23:07semble agacer
23:08Nicolas Sarkozy.
23:09Oui,
23:10parce qu'évidemment,
23:12on voit que
23:13la personne
23:13qu'il a reçue
23:14à 14 reprises
23:15à l'Elysée
23:15est une espèce
23:16de trublion
23:17sans filtre
23:17avec une certaine
23:18vulgarité
23:19qui s'emporte
23:21à droite,
23:21à gauche.
23:22Ça ne fait pas forcément
23:23bon effet
23:24et que Nicolas Sarkozy
23:25a plutôt un regard noir
23:26et qu'il ne goûte pas
23:27vraiment les provocations
23:28du prévenu.
23:29Et Alexandre Djori
23:30n'est pas tendre
23:30avec l'autre intermédiaire
23:32dans ce dossier,
23:33Ziad Takiedine.
23:34Oui,
23:34ça c'est une constante,
23:35tout le monde charge
23:35Ziad Takiedine
23:36et il dit
23:37non mais on ne boxe pas
23:38du tout dans la même catégorie,
23:40c'était un escroc,
23:41un jour je l'ai vu
23:43chez le coiffeur,
23:44il insultait tout le monde.
23:45Bon voilà,
23:45il faut aussi imaginer
23:47la gouaille d'Alexandre Djori
23:49dénigrant Ziad Takiedine.
23:50Mais bon,
23:51on est quand même
23:52face à deux hommes
23:53qui étaient en concurrence frontale
23:55pour un peu les mêmes marchés
23:56dans les mêmes régions du monde
23:57et on a vraiment
23:58deux personnalités
23:59qui s'opposent.
24:01Une semaine après avoir entendu
24:03Claude Guéant
24:03sur sa visite
24:04de 2005 à Tripoli,
24:06le tribunal
24:06entend Brice Hortefeux
24:08qui était ministre
24:09des collectivités territoriales
24:10à l'époque,
24:11ami fidèle
24:12de Nicolas Sarkozy.
24:13Que dit-il
24:14au sujet de sa rencontre
24:15avec Abdallah Senoussi
24:16à Tripoli
24:17le 21 décembre 2005 ?
24:19Il indique que
24:21le soir,
24:21il est contacté
24:22par un officiel libyen
24:23qui lui dit
24:24venez,
24:25vous allez pouvoir rencontrer
24:27un membre
24:27de la famille du guide.
24:29C'est vrai que
24:29au départ,
24:30il indique que
24:30peut-être il était question
24:32qu'il rencontre
24:32Muammar Kadhafi,
24:33finalement ce n'est pas le cas
24:34et là,
24:34on lui indique
24:35qu'il va voir
24:36quelqu'un de sa famille.
24:37Il dit qu'il pense peut-être
24:38à Saïf Al-Islam
24:39qui est le fils
24:39de Muammar Kadhafi
24:40qui a un rôle important
24:41au sein du régime
24:42et qu'en fait,
24:43on l'emmène
24:45au domicile privé
24:46de quelqu'un
24:47et sur place
24:48Yazd El-Takédine
24:49et en fait,
24:49il va se retrouver
24:50au domicile
24:51d'Abdallah Senoussi.
24:52Et lui aussi
24:53indique qu'il n'était
24:55pas du tout au courant
24:56et que c'est juste
24:58pendant le trajet
24:58qu'il va réaliser
24:59qu'en fait,
25:00c'est Abdallah Senoussi
25:01qui va rencontrer
25:02Abdallah Senoussi,
25:03répétons-le,
25:04l'homme condamné
25:04pour sa responsabilité
25:05dans le décès de 10 du terme.
25:07Donc pour la deuxième fois
25:08en un peu moins de trois mois,
25:10un très proche collaborateur
25:11de Nicolas Sarkozy
25:13rencontre Abdallah Senoussi
25:14sans l'avoir voulu.
25:15Oui, c'est un peu
25:16la thèse,
25:17ils l'ont rencontrée
25:18à l'insu de leur plein gré.
25:19Voilà,
25:20qu'il ne savait pas,
25:21c'était imprévu,
25:22c'est un piège.
25:23Évidemment,
25:23Brice Hortefeux,
25:24comme Claude Guéant
25:25avant lui,
25:26est interrogé,
25:27réinterrogé
25:28sur pourquoi
25:29vous ne partez pas.
25:30Il dit non,
25:30mais je ne me suis pas senti
25:31à les épaules nécessaires,
25:33le poids politique
25:33pour le faire.
25:34Bon,
25:34mais l'accusation,
25:35on dit non,
25:36mais il y a tellement
25:37d'aléas.
25:38Vous êtes présents,
25:39comment imaginer
25:39qu'on va vous dire
25:41de sortir,
25:42vous allez accepter,
25:43vous allez monter
25:43dans une voiture,
25:44vous allez aller voir
25:45quelqu'un,
25:45soi-disant,
25:45vous ne savez pas
25:46qui vous allez rencontrer
25:47et qu'en fait,
25:49il y aura Abdallah Senoussi
25:50et Ziyatakédine,
25:51Ziyatakédine
25:52dont vous êtes proches.
25:52Il dit pour nous,
25:53c'est absolument pas un piège,
25:55c'est pas un guetapant,
25:55c'est un rendez-vous
25:56qui était prévu,
25:57c'est pas possible autrement.
25:59Et puis,
25:59il sort de feu,
26:00comme Claude Guéant,
26:01on dit non,
26:01non,
26:01pas du tout,
26:02pas du tout,
26:02et voilà,
26:02il maintient la ligne du piège.
26:04On va voir ce que
26:05le tribunal va en dire,
26:06mais c'est vrai que
26:08le parallélisme des formes
26:10et pose question,
26:11voilà,
26:12deux proches,
26:13un peu de temps d'intervalle
26:14et des rencontres
26:15avec un homme aussi dangereux
26:16et subchureux
26:17qu'Abdelha Senoussi.
26:25Merci Timothée Boutry,
26:27j'ajoute que le 28 janvier,
26:28on a appris l'hospitalisation
26:29de Claude Guéant,
26:30mais il a pu revenir
26:31à l'audience
26:32deux jours plus tard.
26:33Évidemment,
26:34nous reviendrons
26:35sur ce procédant code source.
26:36Cet épisode a été produit
26:38par Thibault Lambert,
26:39réalisation Julien Moncouquiol.
26:41Code source est le podcast
26:42quotidien d'actualité du Parisien
26:44et on vous invite aussi
26:45à écouter le second podcast
26:46du Parisien,
26:47Crime Story.
26:48Chaque samedi matin
26:49dans Crime Story,
26:50une affaire criminelle
26:51racontée par Claudia Prolongeau
26:52et Damien Delsenis.
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