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CNews est leader des chaînes d’information en continu avec quasiment 4% de part de marché soit près d’un point d’avance sur sa première concurrente, BFMTV. Ce qui la démarque, ce sont les débats controversés sur son plateau.
Code source raconte la montée en puissance de la chaîne avec deux journalistes du service culture du Parisien : Benjamin Meffre et Benoît Daragon, tous deux experts des médias.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clémentine Spiler et Pénélope Gualchierotti - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archives : CNews, Arcom.fr
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12CNews confirme sa place de leader des chaînes d'info en France.
00:16C'est le constat dressé par le Parisien dans un article publié le samedi 6 septembre.
00:20La chaîne du milliardaire Vincent Bolloré rassemble en moyenne près de 4% des téléspectateurs en cette rentrée
00:27quand ses concurrentes restent sous la barre des 3%.
00:31Elle a même enregistré la meilleure audience de son histoire le mercredi 10 septembre
00:36pendant la journée de mobilisation baptisée Bloquons-Tout.
00:40Longtemps devancée par sa concurrente BFM TV, l'ancienne e-télé est désormais plébiscitée par un public
00:46qui aime regarder ses nombreux débats sur la sécurité ou encore l'immigration
00:51et ses éditorialistes classés à droite avec des avis tranchés.
00:55Comment CNews a-t-elle fini par s'imposer dans le paysage audiovisuel ?
01:00Éléments de réponse dans Code Source avec Benjamin Meffre et Benoît Daragon, spécialistes médias aux Parisiens.
01:19Benjamin Meffre, le lundi 25 août 2025, c'est la rentrée pour la plupart des radios et des chaînes d
01:25'info.
01:26À 9h30 sur CNews, le journaliste Pascal Praud prend l'antenne.
01:29Bonjour à tous et bienvenue sur CNews pour une nouvelle saison.
01:32Pour son émission, l'heure des pros, comment démarre son émission ?
01:35Alors il la démarre par son traditionnel édito et comme il a été absent de l'antenne pendant plusieurs semaines,
01:41il passe en revue tout ce qu'il a marqué pendant son été loin de Paris.
01:45La France a annoncé un déficit commercial record.
01:47Elle a emprunté à des taux plus élevés que l'Italie.
01:49J'ai vu que désormais, François Bayrou joue les professeurs d'économie sur Youtube.
01:53Et donc c'est un grand méli-mélo autour de ce qui s'est passé selon lui le plus marquant,
01:58la dette, les incendies, les violences, le tour de France.
02:03Et donc il développe une idée selon laquelle la société sans sauvage,
02:08les victimes aussi d'élites pourries, il dit le poisson pourri par la tête.
02:11Et il met ça en regard avec une société d'avant, une France d'avant dont il regrette l'apaisement.
02:17Il parle d'une société civilisée, respecteuse, en contradiction avec ce qui est en train de devenir la société française,
02:22c'est-à-dire une société violente, en sauvagée.
02:24Silence général aussi après les incidents du 14 juillet en hausse.
02:28C'est la nouvelle France.
02:29Je préfère l'ancienne, celle du tour de France cycliste.
02:32Pas un seul problème, la France d'hier, respectueuse, bien élevée, civilisée en un mot.
02:39C'est un peu incondensé de tous les sujets que cette antenne met en avant, plus que d'autres,
02:44à savoir l'immigration, la montée de la violence, le communautarisme notamment,
02:48et une certaine nostalgie pour une France d'avant.
02:50Le tableau de cette France est effrayant, et chacun a le sentiment que ce sera de pire en pire,
02:56puisque les mêmes causes produisent les mêmes effets.
03:01Benjamin, qui regarde CNews aujourd'hui ?
03:03Alors c'est un public large.
03:05Par exemple, en juin, CNews était la cinquième chaîne nationale derrière TF1, France 2, France 3, M6,
03:10donc c'est quand même quelque chose qui pèse dans le paysage du visage français.
03:13C'est aussi un public de fidèles, donc ils ont des spectateurs qui reviennent régulièrement,
03:18et qui écoutent longtemps la chaîne, et puis parmi justement ces fans,
03:22il y a plus de gens qui votent à droite que dans le reste de la société française.
03:26Ils ont quel âge à peu près ?
03:27Ils ont en moyenne 64 ans, donc c'est un public largement composé de retraités,
03:30c'est un public un peu plus âgé que celui d'une chaîne comme BFMTP par exemple.
03:34Et il la regarde combien de temps par jour en moyenne ?
03:36Il la regarde assez longtemps, plus d'une demi-heure, alors que par exemple sur BFMTP c'est moins d
03:40'une demi-heure,
03:41donc ça prouve que ce public est captif, comme on dit en marketing,
03:44qu'il reste longtemps devant les débats que propose la chaîne.
03:47Si on compare ces chiffres avec ceux de 2017, l'année où la chaîne renaît sous son nom actuel,
03:52ça nous indique quoi ?
03:53Ça nous indique que c'est le jour et la nuit, tout simplement.
03:55En 2017, CNews naît après la mort d'Itélé, il faut s'en rappeler.
03:59Après une longue grève, une reprise en main par Vincent Bolloré,
04:01la chaîne disparaît et rebaptisée CNews.
04:04Et à cette époque-là, elle pèse 0,6% de part d'audience, c'est-à-dire quasiment rien.
04:08Elle lutte avec LCI qui vient d'arriver en clair.
04:11Elle est vraiment inexistante dans le paysage et en quelques années, tout va changer.
04:15Elle va s'imposer comme la première chaîne info de France.
04:17Alors on va voir ensemble comment CNews a réussi à s'imposer.
04:21On ne va pas refaire tout l'historique, vous en avez déjà un peu parlé.
04:24CNews appartient au groupe Canal+.
04:25Elle a été lancée en 1999 sur le câble, sous le nom Itélé.
04:30C'est l'heure, l'heure de l'information, l'heure d'Itélévision.
04:33Avant de devenir une chaîne gratuite sur la TNT en 2005.
04:37Et en 2016, elle devient CNews après sa reprise en main par l'actionnaire majoritaire de Canal+,
04:42Vincent Bolloré, et le départ d'une écrasante majorité des salariés.
04:47Benoît D'Aragon, à partir de là, que fait la chaîne pour tenter de se démarquer de ses concurrentes ?
04:52Vous venez de le dire, à l'époque, il y a beaucoup de journalistes qui sont partis,
04:55il ne reste plus grand monde, et donc ils font de cette faiblesse une force.
04:58C'est-à-dire que là où BFM TV a des reporters partout, aux quatre coins de la planète,
05:02quand il y a une manif dans Paris, il y a une dizaine d'équipes de reporters,
05:04ben eux, ils ont des équipes très légères sur le terrain,
05:07donc du coup, ils font du plateau, des débats en plateau, ça coûte beaucoup moins cher,
05:11et ils invitent des gens qui ont des idées très arrêtées, très fortes sur le plateau.
05:16Et comme les débats ne sont jamais neutres sur ces news,
05:19parce qu'il n'y a pas, comme c'est la tradition journalistique de personnes de droite,
05:23de personnes de gauche qui opposent des arguments,
05:25en général, ça bascule, les plateaux sont toujours déséquilibrés sur la droite,
05:28ça veut dire qu'on débat entre sensibilité de droite, des thèmes d'actualité.
05:33Progressivement, à partir de 2019, la chaîne donne de plus en plus de place sur son antenne
05:37à des éditorialistes et des chroniqueurs classés à droite, voire à l'extrême droite,
05:43qui ça par exemple ?
05:44Évidemment, on pense à Éric Zemmour, qui va avoir, dès 2019, une émission à lui.
05:49Il était déjà présent sur ITV, Éric Zemmour,
05:51mais ce qui était intéressant sur ITV, c'est qu'il débattait avec Nicolas Domenac,
05:55qui est un autre éditorialiste politique, qui n'a pas la même sensibilité que Éric Zemmour,
05:59sauf que là, il va être tout seul, et il va pouvoir déballer ses idées,
06:03presque faire en impression d'être dans un meeting politique.
06:06Christine Kelly, elle ne le contredit jamais,
06:08elle ne lui apporte jamais une information ou un chiffre
06:10qui pourrait juste modérer son propos, lui permettre de justifier, de préciser.
06:14Parce qu'il y a les Français de souche qui ont fait le pays depuis mille ans,
06:18et puis il y a nous, c'est-à-dire des Français de branche, on vient en raccroc.
06:22Voilà, c'est une tribune, et en fait, ça va marcher en audience,
06:25les téléspectateurs seront là, et du coup, ça va donner envie à CNews de creuser ce sillon.
06:30À CNews, on voit des tranches qui sont présentées par des présentateurs qui donnent leur avis.
06:34Ils ne sont pas dans une sorte de neutralité journalistique, non,
06:36ils sont eux aussi éditorialistes.
06:38Et aujourd'hui, on le voit avec Philippe Devilliers,
06:40qui a lui aussi maintenant une émission hebdomadaire.
06:42Philippe Devilliers, ancien candidat à la présidentielle à deux reprises,
06:46qui est à droite de la droite, qui est la droite conservatrice catholique,
06:49et lui aussi va pouvoir donner ses idées, presque faire des tribunes politiques en micro ouvert.
06:54Alors CNews, ils détestent qu'on dise ça, mais c'est la vérité,
06:57c'est devenu une chaîne d'opinion, là où il y a des chaînes d'informations
07:00qui sont en direct partout et qui vous font vivre l'actualité en direct.
07:04Eux, ils donnent leur avis sur l'information en train de s'écrire.
07:08Avec très peu de contradictions.
07:10Avec très peu de contradictions, et puis on a vu au long des années,
07:13des chroniqueurs peut-être plus à gauche ou plus centristes
07:16devenir des cibles récurrentes des débats,
07:18et puis au bout d'un moment, ils ont décidé de partir au fur et à mesure.
07:20On se souvient de Claire Nouvian qui se fait houspiller sur l'antenne,
07:23et puis Laurent Joffray, ancien patron du Nouvel Obs et de Libération,
07:27qui venait très souvent sur CNews,
07:29qui était même fier de venir apporter un peu de contradictions aux débatteurs,
07:32qui à un moment arrêtent de venir parce qu'ils se rendent compte
07:35qu'il est là juste pour être un faire-valoir
07:37et être juste un peu le souffre-douleur de tous les autres chroniqueurs.
07:41Non mais Laurent, on va arrêter de parler, parce que c'est insupportable en fait.
07:44Alors, mais c'est insupportable pour vous, parce que je ne suis pas d'accord avec vous.
07:47Mais je n'ai jamais dit ça.
07:47Si vous trouvez que les gens qui ne sont pas d'accord avec vous sont insupportables,
07:50il ne faut pas les inviter.
07:51Mais il y a six personnes qui sont autour de la table,
07:52qui vous diront que je n'ai jamais dit ça.
07:55Il y a 100 000 personnes, 400 000 personnes qui nous...
07:57Jamais ! Jamais j'ai dit ça.
07:58C'est incroyable, il a touché 400 euros.
08:01Quels sont les thèmes les plus récurrents abordés sur CNews ?
08:04Beaucoup de faits divers sur lesquels ils surfent beaucoup,
08:07parce que ça montre une société très violente dans laquelle on vit.
08:11Ils sont aussi sur la nostalgie de la France d'avant,
08:14qui selon eux était beaucoup plus apaisée.
08:16Beaucoup de sujets qui ont rapport avec l'immigration,
08:18qui défendent le fait qu'il y a trop d'immigration et qu'il faut la réguler.
08:23Et puis parfois il y a la messe, sur CNews, on diffuse les messes à Pâques,
08:28pendant la semaine sainte, ce qui n'a aucune autre chaîne info fait.
08:31Mais voilà, c'est une chaîne catholique qui d'ailleurs s'intéresse aux actes,
08:34anti-catholiques qu'il y a dans la société.
08:37Et ça, dès qu'il y a un acte, ils en parlent à l'antenne assez longuement.
08:40Benjamin Meffre, les audiences de CNews commencent à fortement augmenter
08:44à partir de l'année 2020, pour quelles raisons ?
08:46En fait, la chaîne va profiter de la crise sanitaire, tout simplement,
08:49pour s'attirer à un nouveau public.
08:51Donc il faut se rappeler, les gens sont souvent confinés ou sous couvre-feu,
08:55et donc n'ont pas grand-chose à faire à part regarder la télévision.
08:57Et un certain nombre d'entre eux vont tomber sur CNews et découvrir ses programmes,
09:01et adhérer souvent à ses programmes, et vont rester,
09:04et vont devenir des téléspectateurs fidèles.
09:05Il y a vraiment un avant et un après la crise sanitaire de 2020.
09:09Surtout qu'il y a beaucoup de Français qui sont très critiques,
09:11ou qui ne comprennent pas ou contestent les décisions du gouvernement à l'époque,
09:15les couvre-feu, les fermetures des librairies.
09:17Et eux, comme ils vont beaucoup débattre de ça,
09:19avec un regard très critique sur l'action du gouvernement,
09:22évidemment, ça va rassembler tous les gens qui sont fâchés,
09:25tous les gens qui sont très en colère contre le gouvernement,
09:27et ils vont les ramener à eux.
09:28Benjamin Meffre, la chaîne est régulièrement rappelée à l'ordre
09:31ou sanctionnée par l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel.
09:34Qu'est-ce qui lui est reproché, par exemple ?
09:36Alors l'ARCOM a plusieurs griefs,
09:38mais l'un des principaux, c'est une insuffisante maîtrise de l'antenne.
09:42CNews est accusé de laisser passer des propos discriminatoires,
09:45stigmatisants ou même climato-sectiques.
09:47On peut citer un exemple, en 2021, par exemple,
09:49la chaîne a été condamnée à payer 200 000 euros d'amende
09:52pour avoir laissé Éric Zemmour dire à l'antenne
09:54que les migrants mineurs isolés étaient des voleurs, des assassins et des violeurs.
09:58Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c'est tout ce qu'ils sont.
10:03Mais ce n'est pas le seul motif pour lequel la chaîne a été épinglée,
10:06elle a aussi été parfois rappelée à l'ordre pour de la publicité clandestine, par exemple.
10:10Le 25 février 2024, une émission religieuse diffusée sur CNews
10:14évoque l'avortement d'une manière qui va susciter l'indignation.
10:18Qu'est-ce qui est dit dans cette émission, Bono d'Aragon ?
10:21Oui, en fait, le présentateur explique que la plus grosse cause de mortalité dans le monde,
10:25ce n'est pas le cancer, ce n'est pas les accidents de voiture, ce n'est pas le tabac,
10:29c'est l'avortement.
10:30En 2022, il y avait 234 300, exactement, interruptions volontaires de grossesse enregistrées en France.
10:37C'est aussi la première cause de mortalité dans le monde.
10:40Selon l'institut Worldometer, 73 millions en 2022, soit 52% des décès.
10:47Pour le cancer, c'est 10 millions, et pour le tabac, c'est 6,2 millions.
10:52Ça veut dire qu'il considère qu'un embryon est un être humain.
10:57Donc évidemment, ses propos vont déclencher immédiatement des polémiques,
11:00y compris au sein de la chaîne.
11:01C'est une des rares fois où ça s'est produit.
11:03On voit Laurence Ferrari qui se désolidarise immédiatement de ce qui a été dit.
11:07Et l'Arcom va se saisir du sujet et va condamner, sans surprise, la chaîne à 100 000 euros de
11:12sanctions.
11:13Quelques mois plus tard, en mai 2024, puis en juin,
11:16CNews devient pour la première fois la première chaîne d'infos de France.
11:20Elle devance sa concurrente, BFM TV sur le mois.
11:23Comment expliquer un tel succès ?
11:25On voyait CNews progresser de semaine en semaine, de mois en mois.
11:28Donc assez vite, on imaginait que les courbes se croiseraient à un moment avec BFM TV.
11:32BFM TV, quand il y a une forte actualité, les gens vont voir les images sur BFM TV.
11:36Quand l'actualité est un peu plus calme, finalement, ils vont voir les débats sur CNews.
11:40Parce que même quand l'actualité est calme, les débats sur CNews sont agités.
11:43Et c'est vrai qu'en mai-juin, il y a d'abord les européennes,
11:46puis l'annonce de dissolution d'Emmanuel Macron,
11:48puis l'ERN qui arrive en tête au premier tour des législatives
11:53avant qu'il y ait un front républicain qui se mette en place en deuxième semaine.
11:55Et tout ça, ce sont des événements dont on va énormément parler sur CNews.
11:58Ils sont en boucle là-dessus.
12:00Et ça va leur profiter en audience.
12:06Benjamin Meffre, à cette période, vous rencontrez le patron de la chaîne,
12:09Serge Nedjar, pour une interview dans Le Parisien.
12:11D'abord, qu'est-ce qu'il répond aux détracteurs de CNews,
12:15en particulier ceux qui accusent la chaîne, par son ton, par ses débats,
12:19de faire monter l'extrême droite en France ?
12:21Il n'est pas du tout d'accord, évidemment, avec cette accusation.
12:24Tout d'abord, il trouve que sa chaîne n'est pas une chaîne d'extrême droite.
12:27C'est juste une chaîne qui donne la parole à tout le monde et qui montre la réalité des choses
12:31aux téléspectateurs.
12:32Et puis par ailleurs, il dit aussi que même si l'audience de la chaîne grimpe,
12:36elle n'est évidemment pas en mesure de favoriser un vote d'extrême droite par rapport à un corps électoral
12:40de plusieurs dizaines de millions de personnes.
12:42Donc il se défend de suivre une ligne idéologique ?
12:46Pour lui, c'est un mauvais procès que lui fait une certaine partie de la presse,
12:49une certaine partie de la classe politique.
12:51Sa chaîne est juste le reflet de la société française et donne à voir des vérités que certains ne veulent
12:56pas voir.
12:56Le procès qui est régulièrement fait à CNews, c'est que cette chaîne serait le reflet des opinions de Vincent
13:02Bolloré
13:03qui voudrait imposer ses idées d'extrême droite en France.
13:07Alors est-ce que le propriétaire de la chaîne, Vincent Bolloré, intervient
13:10et pèse sur le choix des sujets abordés en plateau ?
13:13Alors officiellement, non.
13:15Vincent Bolloré l'a dit publiquement, il n'intervient pas dans le contenu de ses chaînes.
13:18Du côté de CNews, on jure aussi qu'il n'intervient pas.
13:21Serge Néjar reconnaît simplement que Vincent Bolloré l'appelle parfois pour le féliciter des très bonnes audiences de la chaîne.
13:27Après, voilà, il y a évidemment plusieurs signaux qui laissent penser que la ligne éditoriale de la chaîne n'est
13:31pas pour déplaire à Vincent Bolloré.
13:33Très bien, bonjour à tous, bienvenue devant le collège de l'Arcom.
13:37Au mois de juillet 2024, Benoît Daragon, les dirigeants de la chaîne sont auditionnés devant les membres de l'Arcom
13:42pour obtenir à nouveau le droit d'émettre en gratuit sur la TNT pour les dix prochaines années.
13:48Comment se passe cet échange avec les membres de l'autorité ?
13:52L'audition est très tendue, c'est vrai qu'il y a un vrai enjeu.
13:55Toutes les chaînes voient leur fréquence renouvelée, il y en a pour lesquelles il y a très peu d'enjeux.
13:58On sait qu'automatiquement, elles vont être reconduites.
14:01Mais c'est vrai que sur CNews, il y a une interrogation.
14:03Et donc les dirigeants sont très inquiets.
14:05Il y a C8 qui passe au même moment.
14:08C8 d'ailleurs n'a pas été autorisé à rempiler.
14:12Et donc CNews, ils ont mis leur petit soulier.
14:14Mais ils ont souvent dénoncé l'Arcom sur leur antenne.
14:19Donc voilà, on sait que le face-à-face est attendu.
14:21On voit les dirigeants de la chaîne qui font plutôt profil bas,
14:23qui ont compris qu'il y avait une certaine gravité.
14:25Ils reconnaissent certaines erreurs, ce qui n'est pas toujours le cas avec CNews.
14:28Ils essayent de se montrer conciliants en expliquant qu'ils vont mettre en place des structures
14:33pour essayer de garantir qu'il n'y ait pas de fake news qui arrive à l'antenne.
14:37Donc voilà, ils se montrent plutôt intelligents dans la collaboration avec l'Arcom.
14:41Il y a des petites piques.
14:43Ils reprochent les sanctions qu'ils trouvent parfois injustes.
14:46Ils pensent que c'est des groupuscules d'extrême gauche
14:49ou leurs concurrents qui saisissent l'Arcom pour avoir des sanctions.
14:52L'échange est quand même assez tendu.
14:53Je pense qu'il ne faut pas négliger qu'il y a beaucoup plus d'alertes
14:57qui sont provoquées par des gens auprès de l'Arcom,
15:00de sollicitations entre guillemets de l'extérieur que...
15:02On coupe tout de suite, monsieur Saada.
15:04Le régulateur sait faire la part des choses.
15:06Oui.
15:07CNews obtient finalement fin juillet le renouvellement de sa fréquence sur la TNT.
15:11Est-ce que pour cela, elle a dû s'engager à respecter davantage de règles ?
15:15Mais elle s'est toujours engagée à respecter des règles.
15:17En France, la loi, elle est simple.
15:18Vous avez une fréquence pour avoir une chaîne gratuite
15:20et vous devez garantir que vos invités politiques,
15:24vous allez donner le même temps de parole selon la couleur politique des invités.
15:28Alors, le gouvernement a toujours un petit bonus de temps de parole
15:31parce qu'il donne le rythme à la vie politique.
15:35Mais en fait, là où CNews est malin, c'est qu'en fait, ils ont azimuté ce système.
15:38C'est qu'en fait, comme ils ont des éditorialistes, des journalistes,
15:41des gens qui ne sont plus personnalités politiques,
15:44ça, on ne décompte pas le temps de parole.
15:45Et c'est ça qui est très efficace sur CNews.
15:48C'est qu'en fait, ils respectent les réglementations de temps de parole politique.
15:51Ils le clament haut et fort.
15:52Les chiffres sont là pour le montrer.
15:54Mais en fait, la couleur politique de CNews,
15:56elle ne passe pas vraiment par les invités politiques.
15:58Elle passe par les chroniqueurs qui sont quand même tous,
16:02globalement, à droite de l'échiquier politique.
16:04Il y a une nouveauté à signaler depuis cet été.
16:06L'ARCOM doit vérifier avec plus d'attention qu'avant
16:09si les équilibres des temps de parole et des opinions
16:11sont respectés sur les chaînes d'info, notamment.
16:14Oui, le cas CNews va engendrer un changement de réglementation.
16:17Donc, suite à une jurisprudence du Conseil d'État,
16:20l'ARCOM s'engage à élargir le temps d'études
16:23de ce qui se passe sur les plateaux de télévision
16:25et surtout d'élargir son analyse à l'ensemble des intervenants sur les plateaux
16:29et plus seulement les responsables politiques stricto sensu,
16:32comme c'était le cas jusqu'à présent.
16:33Donc, en fait, ils vont se livrer à une analyse plus profonde
16:36de la diversité des points de vue s'exprimant sur ces antennes
16:39et notamment celle de CNews.
16:40On fait un petit saut dans le temps, Benoît D'Aragon.
16:43Au mois de mars 2025, vous écrivez que CNews creuse l'écart avec BFMTV
16:48et se place désormais en leader avec 3% de part d'audience.
16:52Qu'est-ce qui empêche BFMTV et ses concurrentes de la rattraper ?
16:56BFMTV, aujourd'hui, ils pensent qu'ils ne repasseront plus devant CNews à court terme
17:01parce qu'en fait, eux, ils font autre chose.
17:03D'ailleurs, ils disent CNews n'est plus vraiment une chaîne info
17:06et nous, on est une chaîne info.
17:08C'est-à-dire que nous, on est sur le terrain, on fait des reportages,
17:10on va voir les Français, on est dans les manifestations.
17:13CNews, ils commandent tout depuis leur studio à Paris.
17:16Donc, ils ne les rattraperont pas.
17:18Ils se disent juste qu'il faut qu'ils fassent une bonne chaîne
17:19avec des bons présentateurs et être au plus près du terrain.
17:22Mais en fait, ils pensent sincèrement qu'ils ne peuvent plus rattraper CNews.
17:28On en revient au début de cet épisode.
17:30Le 25 août 2025, CNews et les autres chaînes d'info font leur rentrée.
17:34Qu'est-ce qui change dans la grille des programmes de la chaîne
17:37par rapport à la saison précédente ?
17:39Pas grand-chose. CNews, en bon leader, décide de ne pas changer une équipe qui gagne
17:43et donc mise toujours sur ses stars.
17:46Pascal Proulx, Christine Kelly, Laurence Ferrari, Romain Desarbres à la matinale
17:50qu'on oublie mais qui monte aussi discrètement.
17:52En revanche, les autres chaînes d'info, elles, ont décidé de beaucoup bouger leur grille
17:55en bon challenger.
17:57FM TV, par exemple, a embauché Marc Fauvel, a embauché Julien Arnaud,
18:01a relancé totalement sa matinale.
18:02Idem, elle sait aussi à changer de nouveaux visages
18:04en faisant notamment venir, par exemple, Anaïs Bouton pour ces matins
18:07ou Éric Brunet à midi.
18:09En revanche, CNews, elle, elle mise vraiment sur ses piliers historiques
18:12bien identifiés des téléspectateurs
18:14et dont les audiences progressent année après année.
18:17Benoît D'Aragon, le journaliste Jean-Marc Morandini
18:19est aussi présent à l'antenne malgré les affaires judiciaires qui le visent.
18:23En 2025, il a été condamné par la Cour d'appel de Paris
18:26à 18 mois de prison avec sursis pour harcèlement sexuel
18:29et à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende
18:33dans une affaire de corruption de mineurs.
18:35Dans les deux cas, il s'est pourvu en cassation
18:38et est donc pour l'heure présumé innocent.
18:40Tout de même, il n'a jamais été suspendu de CNews ?
18:43Non, jamais. Jamais. Il y a même des jours où il était à l'antenne le matin
18:47et au Palais de Justice l'après-midi.
18:49C'est un très proche de Vincent Bolloré.
18:52Les deux hommes se connaissent depuis plus de 20 ans.
18:55C'est l'arrivée de Jean-Marc Morandini sur ITélé à l'époque
18:58qui avait provoqué cette fameuse grève
19:00qui a fait partir les trois quarts de la rédaction de ITélé
19:04et qui a permis cette transformation en CNews.
19:06Alors est-ce que Vincent Bolloré est très reconnaissant à Jean-Marc Morandini
19:09d'avoir fait partir toute la rédaction ? On ne le sait pas.
19:12Mais c'est sûr que c'est très saugrenu dans une chaîne
19:15qui parle beaucoup de faits divers,
19:17beaucoup de justice et de police
19:19qui est pour l'ordre et la sécurité pour tous
19:22de laisser Jean-Marc Morandini
19:23qui est quand même fiché au fichier des délinquants sexuels à l'antenne.
19:27Jean-Marc Morandini, lui, de son côté, a l'air indifférent à ses condamnations
19:30puisqu'il y a quelques jours encore, sur l'antenne de CNews,
19:33il déplorait que la justice française accorde trop de peine de prison avec sursis
19:37alors que lui-même a été condamné à deux reprises à la prison avec sursis.
19:45Le soir du dimanche 31 août,
19:47François Bayrou, qui est encore Premier ministre,
19:49accorde une interview aux quatre chaînes d'info en continu depuis Matignon.
19:53Il est questionné par quatre journalistes
19:55qui représentent chacun leur rédaction
19:57et l'interview est diffusée en simultané sur les quatre chaînes.
20:00Qui fait le plus d'audience ce soir-là, Benjamin Meffre ?
20:04Eh bien, c'est CNews, à grande surprise de la plupart des observateurs.
20:07C'est une petite révolution, ça, quand même, dans le milieu des chaînes info.
20:10Jusque-là, CNews était souvent devant,
20:11mais dès qu'il y avait un énorme coup d'actualité,
20:13BFM repassait en tête.
20:15Et là, pour la première fois, elle devance BFM TV.
20:18Et donc, ça interroge sur la bonne dynamique de la chaîne.
20:21Est-ce que ça veut dire qu'en cas d'actualité forte ou d'événement,
20:24le réflexe, c'est d'aller vers CNews aujourd'hui ?
20:27C'est un peu tôt pour tirer une conclusion définitive à partir d'un seul événement.
20:30Mais ce qui est vrai, c'est qu'on peut se demander s'il n'y a pas en train
20:33de se constituer en France
20:34un réflexe CNews, comme il y a pu y avoir un réflexe BFM TV jusque-là.
20:37C'est-à-dire que dès qu'il se passe quelque chose d'important,
20:40quelle que soit la matière, mais notamment politique,
20:41les gens vont aller se brancher sur CNews plutôt que sur une autre chaîne info.
20:45Dernier exemple, plan date le 10 septembre dernier,
20:47pour la journée Bloquons-Tout,
20:48c'est également CNews qui a largement devancé les autres chaînes info.
20:53Benoît D'Aragon, CNews, première chaîne d'info de France
20:56à quelques mois des élections municipales
20:58et à deux ans de l'élection présidentielle,
21:00c'est un élément important à prendre en compte ?
21:02Oui, bien sûr, c'est la chaîne la plus regardée,
21:05ils le seront vraisemblablement jusqu'à la prochaine présidentielle.
21:08Donc tout le débat qui va y avoir pendant les 18 prochains mois
21:11pour savoir qui doit ou qui va arriver à l'Elysée,
21:14il va aussi se passer sur CNews.
21:16Et on l'a dit tout à l'heure,
21:16il voit toute l'actualité avec un prisme très droitier.
21:20Et donc ça a forcément influencé l'opinion
21:23notamment des téléspectateurs de droite
21:25qui regardent CNews toute la journée.
21:34Merci à Benoît D'Aragon et Benjamin Meffre.
21:36Cet épisode de Code Source a été produit par
21:39Pénélope Gualquierotti et Clémentine Spiller.
21:42Prise de son, Éthène Contestabilé.
21:44Réalisation, Julien Moncouquiol.
21:47Si vous aimez Code Source,
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21:50En laissant des pouces en l'air et des commentaires
21:52sur votre plateforme d'écoute et sur Youtube.
21:54C'est ce qui nous aide à remonter dans les classements.
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21:59ne ratez pas notre podcast Crime Story
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