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Ministre de l’Intérieur depuis septembre 2024 et candidat à la présidence du parti Les Républicains, Bruno Retailleau est devenu en quelques mois l’une des personnalités politiques les plus appréciées à droite. Récit. Crédits.
Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Pénélope Gualchierotti et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
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00:02Bonjour, c'est Thibault Lambert et vous écoutez CodeSource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Nommé pour la première fois ministre à l'âge de 63 ans, Bruno Retailleau est devenu en quelques mois l
00:18'une des personnalités politiques les plus exposées et les plus appréciées à droite dans les dernières enquêtes d'opinion.
00:24Depuis septembre 2024, l'ancien chef des sénateurs républicains, proche de François Fillon, est à la tête du ministère de
00:32l'Intérieur, où il entend imposer sa ligne en matière d'immigration et de lutte contre le narcotrafic notamment.
00:39Et depuis le 12 février, il fait aussi de nouveaux campagnes pour devenir le président de son parti après sa
00:46défaite en 2023.
00:47Alors qui est Bruno Retailleau et quelles sont ses ambitions ? On retrace son parcours dans CodeSource avec deux journalistes
00:54du service politique du Parisien, Alexandre Sulzer et Quentin Laurent.
01:04Monsieur le ministre de l'Intérieur, cher Bruno Retailleau.
01:08Quentin Laurent, le lundi 23 septembre 2024, Bruno Retailleau est sur le perron de l'hôtel de Beauvau, le ministère
01:15de l'Intérieur, tout près de l'Elysée à Paris.
01:17Il est sur le point de succéder à Gérald Darmanin qui se trouve à côté de lui.
01:22Racontez-nous cette passation de pouvoir entre les deux hommes et ce que dit Bruno Retailleau dans son discours.
01:27Bruno Retailleau, pour son arrivée à Beauvau, va tenir des propos assez forts pour marquer un peu son entrée au
01:32ministère de l'Intérieur.
01:33Il s'adresse aux forces de l'ordre, il dit pour vous je ne lâcherai rien, je ne cèderai rien,
01:37je ne tolérerai aucune offense.
01:39Honte à ceux qui distillent dans leur discours la haine vis-à-vis de nos forces de l'ordre. C
01:47'est indigne.
01:48Il cite aussi ses trois priorités, rétablir l'ordre, rétablir l'ordre et rétablir l'ordre.
01:52Quand il n'y a pas d'ordre, c'est la liberté d'abord qui est menacée. La loi du
01:57plus fort s'exerce contre le plus faible.
02:02Alors on va voir comment Bruno Retailleau en est arrivé là et comment il s'est imposé depuis comme le
02:07nouvel homme fort de sa famille politique, les Républicains.
02:11On va d'abord retracer son parcours. Alexandre Suzer, Bruno Retailleau est né le 20 novembre 1960 et il grandit
02:18en Vendée, dans la commune de Saint-Malo-du-Bois.
02:21Qu'est-ce qu'on sait de sa famille et de son enfance ?
02:23On sait qu'il est fils d'un marchand de grains. Il est l'aîné d'une fratrie de quatre
02:28enfants.
02:29C'est une enfance vraiment dans le bocage vendéen, pétrie, on sait, de culture catholique.
02:34C'est une enfance déjà un peu imprégnée de politique puisque son père et son grand-père sont les élus,
02:41sont les maires de la commune de Saint-Malo.
02:44Une enfance plutôt heureuse de ce qu'on sait et qui finit par des études supérieures à Sciences Po Paris.
02:50A l'âge de 17 ans, Bruno Retailleau est remarqué par un homme qui s'appelle Philippe de Villiers.
02:55Il a 11 ans de plus que lui. Philippe de Villiers, à cette époque, fin des années 70, c'est
03:00une figure locale.
03:01Un haut fonctionnaire qui sort tout juste de l'ENA et qui vient de créer le Puy du Fou.
03:05Un spectacle en plein air, en Vendée. Et cet homme va devenir pour Bruno Retailleau un mentor.
03:11Il le remarque, Philippe de Villiers, avant tout pour ses qualités de cavalier.
03:15Bruno Retailleau fait de l'équitation. Philippe de Villiers a besoin de figurants pour ses spectacles au Puy du Fou.
03:22Et c'est en tant que bénévole pour ces spectacles-là qu'il entre en contact initialement avec Philippe de
03:29Villiers.
03:30Mais ensuite, évidemment, les qualités de Bruno Retailleau ne seront pas que sur le strict point de vue de la
03:35maîtrise du cheval,
03:36mais aussi de ses compétences intellectuelles et évidemment de son programme,
03:40de sa vision idéologique qui est proche de celle conservatrice de Philippe de Villiers.
03:45Une fois diplômé de Sciences Po Paris en 1985, Bruno Retailleau retourne en Vendée,
03:50où il devient le directeur général adjoint d'une radio locale, Alouette.
03:54Quatre ans plus tard, il prend la tête du Grand Parc du Puy du Fou.
03:57Et il se lance aussi en politique, aux côtés de Philippe de Villiers, quant à Laurent.
04:02Oui, il va commencer sa vie politique en se faisant élire conseiller général de Vendée,
04:06donc avec Philippe de Villiers.
04:08Et quand Philippe de Villiers crée son parti souverainiste, le Mouvement pour la France, en 1994,
04:14eh bien Bruno Retailleau en devient le vice-président.
04:16Monsieur Retailleau !
04:18Mercredi 2 octobre, l'unique député villiériste franchit le pas.
04:21Il vote contre la politique d'Alain Juppé.
04:23De retour en Vendée, le porte-parole du Mouvement pour la France prend le pouls auprès de ses collègues,
04:28des autres formations politiques.
04:29Ici, la front des villiéristes, bien sûr, n'étonne personne.
04:32C'est un parti de droite considéré comme souverainiste, très anti-européen
04:36et sociétalement marqué comme étant très conservateur.
04:40Alexandre Sulzère, Bruno Retailleau est élu au Sénat en 2004, mais il ne rejoint aucun groupe.
04:46En 2010, il rompt assez brutalement avec Philippe de Villiers
04:50et il rejoint ensuite l'UMP, le parti dirigé par Nicolas Sarkozy.
04:54Est-ce qu'on sait pourquoi il a changé de camp comme ça ?
04:56Oui, il y a une brouille en fait lors du gouvernement de François Fillon.
05:00Il est envisagé par François Fillon de nommer Bruno Retailleau secrétaire d'État à l'économie numérique.
05:07Or, Philippe de Villiers ne va pas ça du tout d'un bon œil.
05:10Il n'a pas du tout envie que Bruno Retailleau, qui lui est fidèle, qui lui est un proche localement,
05:15prenne la lumière à Paris.
05:16Et il bloque cette nomination auprès de Nicolas Sarkozy.
05:20Évidemment, Bruno Retailleau lui en veut et les deux hommes se brouillent.
05:23Et c'est une brouille qui va être extrêmement durable.
05:25Au sein de l'UMP, Bruno Retailleau fait partie de la frange la plus conservatrice du parti, c'est ça
05:30?
05:30C'est un peu une pièce rapportée.
05:32Il ne porte pas en pendoulière un héritage gaulliste.
05:35Il porte davantage un référentiel catholique de conservatisme sociétal.
05:42Et d'ailleurs, cet engagement pour les valeurs conservatrices s'est particulièrement illustré
05:46lors de la mobilisation contre le mariage pour tous, en 2012 et 2013.
05:49Il a pris effectivement sa carte à l'UMP, puisqu'à cette époque-là, Nicolas Sarkozy et son parti
05:54entendent rassembler toute la famille de la droite et du centre le plus largement possible.
05:58Donc c'est un petit peu l'aboutissement logique pour lui.
06:01Mais il a une sensibilité particulière et cela va être extrêmement durable dans ses relations avec les autres élus
06:07qui l'ont perçu pendant longtemps comme une pièce rapportée un peu comme un étranger au sein de cette famille
06:11gaulliste.
06:12En 2016, Bruno Retailleau soutient François Fillon pendant la primaire de la droite en vue de l'élection présidentielle.
06:18Et il devient, après la victoire de ce dernier, son directeur de campagne.
06:23Mais en février 2017, cette course vers l'Elysée vire au cauchemar pour François Fillon et pour toute la droite.
06:29À droite, François Fillon épinglé par le canard enchaîné.
06:33Le canard enchaîné avait promis de nouvelles révélations sur l'affaire Fillon, c'est chose faite.
06:37Le canard enchaîné va révéler que la femme de François Fillon aurait bénéficié d'un emploi fictif comme assistante parlementaire.
06:44Puis que le candidat à l'air s'est fait offrir des costumes pour plusieurs milliers d'euros.
06:48Donc ses révélations vont complètement plomber sa campagne, ses soutiens le lâchent.
06:52Mais il y a une personne qui va rester jusqu'au bout fidèle à François Fillon, c'est Bruno Retailleau.
06:59Et c'est Emmanuel Macron qui remporte l'élection présidentielle de 2017.
07:03Pendant ce premier mandat, il joue quel rôle au sein de son parti ?
07:06Alors en fait, il a un rôle institutionnel qui est très fort puisqu'il est le président du groupe des
07:10sénateurs LR.
07:11Et en fait, au Sénat, c'est la droite et le centre qui ont la majorité.
07:14Donc institutionnellement, il est très important.
07:16Par contre, il reste méconnu du grand public.
07:19Et politiquement, en fait, il ne pèse pas tant que ça dans le débat public.
07:22Il se présente à la primaire de la droite durant l'élection présidentielle de 2022.
07:26Avant finalement de renoncer.
07:28Au second tour de cette présidentielle qui oppose une nouvelle fois, comme en 2017,
07:33Emmanuel Macron à la candidate du Rassemblement National Marine Le Pen.
07:36Il déclare à la presse qu'il a l'intention de voter blanc.
07:40Et la même année, il est candidat pour la présidence de son parti, Les Républicains,
07:45face au député des Alpes-Maritimes, Éric Ciotti, qui, comme lui, incarne une ligne très à droite dans son camp.
07:52Alexandre Sulzer, qu'est-ce qui différencie les deux hommes sur le fond ?
07:55Il y a peu de différences dans la mesure où les deux représentent des lignes très droitières,
07:59y compris même au sein de leur propre parti.
08:01Pour les distinguer, on peut dire vraiment qu'Éric Ciotti, à cette époque,
08:05est beaucoup plus présent sur les questions migratoires et sécuritaires.
08:09Là où Bruno Rotaillot, qui partage ses convictions par ailleurs,
08:12il n'y a pas de désaccord fondamental là-dessus,
08:14mais lui est plus identifié sur le conservatisme des questions des valeurs sociétales.
08:19Comment se déroule la campagne ?
08:20Elle est beaucoup plus serrée que prévue.
08:22On pense qu'Éric Ciotti va vraiment écraser le match.
08:25C'est un peu la perception qu'ont les acteurs politiques, les observateurs à ce moment-là.
08:30Et finalement, en effet, Éric Ciotti remporte la mise,
08:34mais avec une courte majorité.
08:36La victoire n'est pas si écrasante que cela pour le député des Alpes-Maritimes.
08:40Et Bruno Rotaillot s'affirme alors comme quand même une personne
08:44qui, par ses convictions, a une influence au sein du parti
08:48beaucoup plus forte qu'on ne le pensait.
08:51Donc même si Bruno Rotaillot ne remporte pas cette élection interne,
08:54c'est une percée pour lui ?
08:56Alors c'est une élection qui n'intéresse pas à tous les Français,
08:58puisqu'il y a seulement les militants qui votent.
09:00Le grand public se tient un peu éloigné,
09:02mais c'est sûr qu'il réaffirme qu'il est une figure quand même importante au sein du parti.
09:05Et une fois l'élection passée, il va engager un rapport de force avec Éric Ciotti
09:09pour quand même pouvoir positionner des proches comme François-Xavier Bellamy
09:13à des postes clés au sein de la direction.
09:15L'année suivante, en 2023, le sénateur est vivement critiqué
09:18après des commentaires sur les émeutes qui ont suivi la mort du jeune Naël,
09:23un adolescent qui, je le rappelle, a été tué par un policier à Nanterre dans les Hauts-de-Seine.
09:27Effectivement, Bruno Rotaillot, interrogé dans une émission,
09:30dit que malheureusement pour la deuxième, troisième génération,
09:34il y a comme une sorte de régression vers les origines ethniques.
09:37Il fait le constat de l'échec de l'assimilation.
09:40Je dis bien assimilation puisque Bruno Rotaillot préfère ce terme-là à celui d'intégration.
09:45Il pense que les personnes d'origine étrangère doivent devenir vraiment des Français à part entière.
09:49Et ce qu'il veut dire, c'est qu'il met en exergue ce défaut d'assimilation,
09:53mais il ne parle pas d'assimilation culturelle, il parle bien du mot « ethnie »,
09:57ce qui est particulièrement polémique.
09:59C'est une phrase qui, évidemment, fait beaucoup réagir la classe politique,
10:03qui instruit le procès en lepénisation de la droite,
10:06puisque ce sont des termes que n'aurait pas renié, évidemment, Marine Le Pen
10:09ou le Rassemblement National.
10:11Et ce sont des termes que Bruno Rotaillot a assumés
10:14en persistant et en signant ses propos.
10:20En juin 2024, Emmanuel Macron dissout l'Assemblée Nationale juste après les élections européennes.
10:26Dissolution qui provoque une véritable crise chez les Républicains,
10:29le chef du parti, Éric Ciotti, décide seul de faire alliance avec Marine Le Pen
10:35et le Rassemblement National en vue des prochaines législatives anticipées.
10:39Quelle est l'attitude de Bruno Rotaillot pendant cette séquence ?
10:42Bruno Rotaillot, à l'instar de la quasi-intégralité des dirigeants des Républicains,
10:48se dé-solidarise complètement de la démarche d'Éric Ciotti.
10:52Il fait partie des personnes pour qui, clairement, la stratégie d'Éric Ciotti n'est pas celle à suivre.
10:57Il condamne Éric Ciotti.
11:00Ils vont tout faire ensuite, et Bruno Rotaillot y prendra sa part,
11:03pour tenter d'exclure Éric Ciotti de son poste de président des Républicains.
11:08Et c'est à ce moment-là que Bruno Rotaillot se rapproche de Laurent Wauquiez,
11:12l'ancien député de Haute-Loire, président de région au Vingt-Grande-Alpes,
11:15qui, pour le coup, à l'occasion des législatives, est revenu dans le jeu parlementaire
11:20et est devenu le nouveau président du groupe parlementaire à l'Assemblée Nationale,
11:24c'est-à-dire l'équivalent de Bruno Rotaillot à l'Assemblée Nationale, les présidents de groupe.
11:28En clair, en vue de ses idées qu'il a exposées au fil des années,
11:30pourquoi est-ce qu'il n'est pas au RN, finalement ?
11:32Alors c'est vrai que sur le plan programmatique strict, sur les questions migratoires,
11:35sur les questions sécuritaires, ces propositions sont quand même très proches de celles du Rassemblement National.
11:40Il y a quand même deux choses qui le distinguent assez clairement.
11:43Là où le RN est un parti populiste, qui adopte un discours très peuple contre les élites,
11:48Bruno Rotaillot valorise beaucoup plus le jeu parlementaire, la démocratie représentative,
11:53donc il y a quand même une différence de tonalité.
11:54Et surtout, il y a la question économique.
11:57Bruno Rotaillot affiche un libéralisme très clair, revendiqué,
12:01et n'hésite pas à dépeindre le RN comme un parti qui dit de gauche, socialiste, voire proche de Jean
12:07-Luc Mélenchon.
12:07On en revient au début de cet épisode.
12:09Quentin Laurent, le 21 septembre, Bruno Rotaillot est nommé ministre de l'Intérieur
12:13dans le gouvernement formé par le nouveau Premier ministre,
12:17le républicain et ancien eurodéputé Michel Barnier.
12:20Pourquoi le nom de Bruno Rotaillot a pris le dessus ?
12:23Et est-ce que sa nomination est une surprise ?
12:25Alors, il était prévu que ce poste stratégique revienne à un membre de la famille Les Républicains.
12:29Et à l'époque, il y a deux noms qui sont en balance, celui de Bruno Rotaillot et celui de
12:32Laurent Wauquiez.
12:33Sauf qu'Emmanuel Macron, comme Michel Barnier, faisait au final assez peu confiance à Laurent Wauquiez.
12:38Et ils ont jugé que Bruno Rotaillot, à ce poste très stratégique, était plus fiable et surtout plus collectif.
12:45Le 28 septembre, soit une semaine après sa nomination,
12:48dans une interview au journal du dimanche, il fait une déclaration qui choque,
12:51venant de la bouche d'un ministre de l'Intérieur.
12:53Qu'est-ce qu'il dit ?
12:54Alors, il déclare dans cette interview, je cite,
12:56que l'état de droit n'est pas intangible ni sacré.
13:00Alors, ça va déclencher une polémique parce que l'état de droit,
13:02c'est le principe qui fonde les démocraties libérales.
13:05Et une partie de la droite, c'est parfois de l'extrême droite,
13:07est accusée de vouloir le remettre en cause.
13:09Donc, ça va déclencher une polémique à gauche, même au sein de sa famille.
13:12Et Michel Barnier en personne va être obligé de redire, lui, son attachement à l'état de droit.
13:17Alexandre Sulzer, dans les semaines qui suivent,
13:19c'est quelqu'un dont l'action est remarquée au sein de ce gouvernement ?
13:22Oui, alors, il a une appétence pour l'action et surtout pour la communication de Rotaillot.
13:28Déjà, évidemment, comme ministre de l'Intérieur, il est en charge de dossiers extrêmement brûlants
13:31qui font la une des médias absolument tous les jours.
13:34Donc, il y a une visibilité particulière.
13:36Et il a beaucoup de goût pour la communication, un peu comme Nicolas Sarkozy,
13:40dont il n'a pourtant pas été proche par le passé.
13:43Il s'inspire beaucoup de lui, avec des déclarations chocs,
13:47une surmédiatisation, des matinales, quasiment tous les jours,
13:51c'est-à-dire une prise de parole, une présence.
13:54Et il n'hésite pas, d'ailleurs, à le théoriser en disant,
13:56voilà, la droite est revenue au pouvoir.
13:59Ce n'était pas arrivé depuis de nombreuses années.
14:01Il faut en faire une sorte de vitrine de ce qu'on est capable de faire.
14:05Il veut montrer qu'il a la volonté de changer
14:09et que c'est par cette volonté et puis par une action également
14:13que les Français vont pouvoir revenir vers la droite
14:16et se détourner du vote en faveur du Rassemblement National.
14:21Et à la tête de ce ministère, il fait de la lutte contre l'immigration illégale sa priorité.
14:25Oui, clairement, le cap, c'est de réduire le plus possible l'immigration.
14:30Ça passe par plusieurs actions.
14:31Déjà, revoir la directive retour, c'est un peu technique,
14:34mais c'est une directive au niveau européen qui organise les retours,
14:37les expulsions de l'espace européen des étrangers en situation irrégulière.
14:41Il trouve qu'elle est trop laxiste.
14:42Et donc ça, il porte la renégociation de cette directive
14:44dans un sens plus répressif auprès des partenaires européens.
14:48Et par ailleurs, il revisite la circulaire VALS.
14:52C'est une circulaire d'il y a plusieurs années maintenant
14:54qui donne les conditions pour permettre de régulariser
14:57des étrangers en situation irrégulière, mais qui travaillent.
14:59Et Bruno Retailleau trouve que ces critères sont trop laxistes,
15:02sont trop permissifs, et donc il va les durcir.
15:09Quentin Laurent, le gouvernement de Michel Barnier
15:12est renversé à l'Assemblée par une motion de censure fin novembre.
15:16Un nouveau Premier ministre, le centriste François Bayrou,
15:19est nommé quelques jours plus tard.
15:21Et Bruno Retailleau est reconduit au ministère de l'Intérieur.
15:25Pourquoi ça ?
15:25En fait, sur ces trois premiers mois à Beauvau,
15:28Bruno Retailleau, comme on le disait précédemment,
15:30a été extrêmement présent, et il est devenu très populaire
15:33par sa volonté d'afficher une fermeté sur les questions migratoires,
15:36sur les questions de sécurité.
15:37Donc très populaire, difficile de s'en débarrasser.
15:40Et il avait aussi un autre avantage pour François Bayrou,
15:43c'est qu'il plaît notamment aux électeurs du Rassemblement National.
15:47Et qui dit plaire aux électeurs du Rassemblement National
15:49dit qu'il sera de fait plus difficile pour Marine Le Pen et les siens
15:53de renverser un gouvernement où siège Bruno Retailleau.
15:57Vous l'avez dit, la cote de popularité de Bruno Retailleau
15:59explose dans les sondages.
16:01Et à partir de là, il songe à briguer la tête de son parti,
16:04Les Républicains, qui doit désigner un nouveau chef.
16:07En tout cas, il commence à le faire savoir.
16:09Pourtant, il y a déjà un candidat naturel pour ce poste.
16:12Oui, tout prédestinait Laurent Wauquiez à prendre,
16:14à reprendre plutôt la tête du parti Les Républicains.
16:17C'est pour ça que Laurent Wauquiez est revenu dans l'arène en juillet,
16:20en se faisant réélire député,
16:22puis patron du groupe des députés à l'Assemblée Nationale.
16:26Bruno Retailleau, à l'automne, avait même dit à Laurent Wauquiez
16:28qu'il allait le soutenir, que pour lui, c'était la personne
16:31qui était censée prendre ce poste-là.
16:33Sauf qu'entre-temps, les deux hommes se sont brouillés
16:35et la notoriété grandissante de Bruno Retailleau
16:38a fait naître cette idée que,
16:40pourquoi est-ce que ce ne serait pas lui
16:42qui serait le plus à même de redresser sa famille,
16:45étant donné qu'il est devenu très populaire au sein de l'électorat de droite ?
16:48Pourquoi ils se sont brouillés ?
16:49Ils se sont brouillés parce que Bruno Retailleau reproche à Laurent Wauquiez
16:53d'avoir voulu lui savonner la planche
16:56parce qu'il était devenu très influent, très populaire
16:59au sein du gouvernement Barnier,
17:00qu'il a voulu notamment l'exclure d'une réunion
17:02qui était prévue avec Emmanuel Macron
17:04après la chute du gouvernement Barnier.
17:06Au sein de son camp, qui sont les personnalités
17:08qui sont prêtes à soutenir Bruno Retailleau
17:11et qu'est-ce qu'elle lui préfère à Laurent Wauquiez ?
17:13Les plus connus, ce serait par exemple le président LR du Sénat,
17:17Gérard Larcher, qui a un soutien de Bruno Retailleau.
17:19On retrouve aussi le président des Hauts-de-France,
17:21Xavier Bertrand, qui le soutient davantage
17:24parce qu'il veut à tout prix éviter que Laurent Wauquiez
17:27prenne la tête du parti.
17:28Qu'est-ce qu'il préfère à Bruno Retailleau
17:30par rapport à Laurent Wauquiez ?
17:31Pour beaucoup, Bruno Retailleau,
17:34fort de sa nouvelle popularité,
17:35incarne davantage un nouvel espoir pour la droite,
17:38pour cette famille qui, mine de rien,
17:40en qui il est défaite depuis plus d'une dizaine d'années.
17:42Il y a aussi que Laurent Wauquiez
17:44a réussi à se faire beaucoup d'ennemis
17:46au sein de sa propre famille
17:47et que le choix de Bruno Retailleau
17:49apparaît à certains comme étant plus sûr,
17:52plus fiable
17:52et une promesse de réinstaurer du collectif
17:56dans cette famille meurtrie.
17:57Cette petite bombe lâchée par Bruno Retailleau,
18:00qui annonce donc sa candidature à la présidence des Républicains.
18:03Le 12 février, il est le premier à déclarer sa candidature
18:06pour la présidence des Républicains.
18:08Laurent Wauquiez le fera à son tour quelques heures plus tard.
18:11Et trois jours après cette annonce,
18:13Alexandre Sulzer, Bruno Retailleau,
18:14vous accorde une longue interview
18:16avec Marion Mourgue, la chef du service politique.
18:19Comment il justifie auprès de vous
18:21son envie de se lancer face au candidat naturel de son camp ?
18:24Il explique qu'il sent bien
18:26que son expérience au gouvernement
18:27a changé le regard des Français sur lui.
18:30Il a le devoir, maintenant qu'il est populaire
18:33et maintenant qu'il incarne un espoir,
18:34de prendre ses responsabilités.
18:36Est-ce qu'il n'a pas peur, avec cette candidature,
18:38de déclencher une nouvelle guerre des chefs
18:40au sein de ce parti ?
18:41C'est en tout cas ce que lui est reproche Laurent Wauquiez.
18:43Oui, alors bien sûr, les deux candidats,
18:46que ce soit Bruno Retailleau ou Laurent Wauquiez,
18:47disent qu'il ne faut surtout pas une guerre des chefs.
18:50Ils savent que ça a traumatisé le parti politique,
18:53les militants,
18:53que c'est la voie assurée vers la défaite,
18:56puisque les militants ne veulent absolument pas
18:58en entendre parler.
18:59Et les deux s'accusent mutuellement,
19:01finalement, d'être porteurs de division.
19:04Laurent Wauquiez dit que Bruno Retailleau est le diviseur,
19:06puisque, initialement, c'était lui
19:08qui était un peu prédestiné à être le candidat naturel
19:10à cette élection.
19:11Et Bruno Retailleau, en déclarant sa candidature le premier,
19:16fait porter à Laurent Wauquiez cette division-là
19:19et rappelle qu'il n'y a jamais de prédestination en soi
19:22à être dirigeant de sa famille politique.
19:26Ce sont les adhérents encartés au parti
19:29et à jour de cotisation qui sont appelés à trancher.
19:32Ils devront voter le week-end du 17 et du 18 mai.
19:36Est-ce que Bruno Retailleau ne prend pas là un risque
19:38en décidant de faire campagne
19:40avec sa position de ministre de l'Intérieur ?
19:42Alors, il y a plusieurs risques.
19:44Le premier, c'est le fait qu'il pense la moitié du temps
19:47à se faire élire à la tête d'un parti
19:50plutôt qu'à défendre la sécurité des Français
19:52comme il dit, voire le faire.
19:54Ça peut être mal perçu par l'opinion.
19:57Et surtout, c'est un point sur lequel l'attaque
19:59tout de suite, immédiatement, Laurent Wauquiez.
20:01L'autre risque, c'est d'être perçu
20:04comme étant trop favorable à Emmanuel Macron,
20:07n'étant pas en capacité d'être libre de sa parole
20:11par solidarité gouvernementale
20:12puisqu'effectivement, il ne peut plus difficilement
20:14que Laurent Wauquiez, qui n'est pas au gouvernement,
20:16porter un jugement extrêmement sévère
20:18à l'encontre du Premier ministre, par exemple,
20:20parce qu'il a un devoir, évidemment, de fidélité,
20:21de loyauté, en tout cas minimale.
20:24Et ça aussi, c'est un angle d'attaque
20:25extrêmement fort de Laurent Wauquiez
20:27qui peut, au fil des mois, peut-être aussi
20:29un petit peu imprégner la conscience
20:33des militants et des sympathisants de droite.
20:36Quentin Laurent, on sait que le fait de diriger un parti
20:38peut servir de tremplin
20:39pour une élection présidentielle.
20:41Alors, est-ce que Bruno Retailleau
20:43a en tête l'échéance de 2027 ?
20:45Alors, tous les proches de Bruno Retailleau
20:47à qui on pose la question, vous disent que non.
20:49S'il se présente à la tête du parti,
20:51c'est parce que son ambition,
20:52c'est de redresser ce parti.
20:54Après, ce qu'il dit aussi,
20:55c'est que Bruno Retailleau
20:56ne ferme jamais aucune porte.
20:58Donc, aujourd'hui, son ambition première
21:00n'est pas d'être le candidat à 2027.
21:02Par contre, ce dont on est sûr,
21:03c'est qu'il a commencé à y penser.
21:17Merci à Quentin Laurent et Alexandre Sulzer.
21:20Cet épisode de Côte-Source a été produit
21:22par Clara Garnier-Amourou
21:23et Pénélope Gualquierotti,
21:26réalisation Julien Moukoukiol.
21:28N'hésitez pas à vous abonner à Côte-Source
21:30sur votre plateforme d'écoute préférée
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21:35des étoiles, des commentaires.
21:36C'est ce qui nous aide le plus
21:38à nous faire connaître.
21:39Et on vous invite également à écouter
21:41notre podcast entièrement consacré
21:43aux faits divers, Crime Story.
21:45Chaque samedi, vous retrouverez
21:46une nouvelle affaire criminelle
21:48racontée par Claudia Prolongeau
21:49avec Damien Delsenis,
21:51le chef du service police-justice du Parisien.