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D’après une étude de l’Assurance maladie publiée début avril, plus de deux tiers des personnes qui fréquentent les cabinets de psychologues seraient des femmes. Le mal-être des hommes reste un sujet tabou et passer le cap de prendre rendez-vous chez un psychologue est d’autant plus difficile. Récit.
En savoir plus : https://www.leparisien.fr/societe/sante/un-mec-ca-ne-pleure-pas-pourquoi-la-plupart-des-hommes-ne-veulent-pas-aller-chez-le-psy-14-04-2025-DTKNR2SQIJDMJK26Z46LXQKKQE.php?ts=1744624600205?at_medium=sl&at_campaign=345
Ce podcast évoque le suicide. Si vous-même vous sentez avoir besoin d’être écouté, il existe un numéro de téléphone, disponible 24 heures sur 24 y compris le dimanche, c’est le 31 14.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Pénélope Gualchierotti, Clara Grouzis, Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network
Archive : France Inter.
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00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11D'après une étude de l'assurance maladie dévoilée au début du mois d'avril, plus des deux tiers des
00:16personnes qui consultent des psychologues sont des femmes. Chez les hommes, beaucoup semblent
00:21plutôt chercher à résoudre leurs problèmes par eux-mêmes. Alors pourquoi cette différence ? Qu'est
00:26cette réticence d'une partie des hommes à consulter ? Et quelles sont les conséquences de ce refus de
00:32demander de l'aide ? Pour en parler dans Codesource, aujourd'hui, nous accueillons Bérangère Lepetit,
00:37journaliste au service Société du Parisien. Elle a enquêté sur le sujet.
00:50Oui, je suis malade mental. C'est cru, c'est violent à dire,
00:56peut-être à entendre aussi, mais je ne veux plus le cacher et je ne veux plus me cacher.
01:03On va parler du livre et du témoignage du journaliste de France Inter Nicolas Demorand à la fin de ce
01:08podcast. Bérangère Lepetit, vous avez commencé à travailler avant la sortie de ce livre sur le
01:14rapport des hommes aux psys. D'où est venue l'idée ?
01:18Eh bien, en fait, c'est une idée qui m'est venue déjà en discutant avec des amis, hommes ou
01:23femmes,
01:24d'ailleurs. Et puis, j'ai assisté aussi à une conférence de presse de l'assurance maladie concernant un
01:30nouveau dispositif qui s'appelle Mon soutien psy. Ça permet d'avoir 12 séances par an remboursées par
01:38l'assurance maladie chez le psychologue. Et ils se sont rendu compte que c'est très majoritairement des
01:42femmes qui se saisissaient de ce dispositif, 70% de femmes. Et donc, voilà, je me suis dit qu'il
01:48y avait
01:49vraiment quelque chose à creuser sur le sujet.
01:51Le fait qu'il y a plus de femmes que d'hommes qui vont consulter des psychologues, ça avait déjà
01:55été
01:56constaté par le passé ?
01:57Oui, ce n'est pas nouveau. Ça avait déjà été effectivement constaté par Doctolib en 2022.
02:02Ils avaient fait une étude et ils s'étaient rendu compte que c'était 78% de femmes qui prenaient
02:08les
02:09rendez-vous chez le psychologue sur la plateforme.
02:11Alors l'une des premières raisons pour expliquer ce phénomène, c'est peut-être que beaucoup
02:15d'hommes n'ont pas forcément conscience qu'ils sont en souffrance psychologique.
02:19Tout à fait, parce que quand on regarde cette fameuse étude de l'assurance maladie dont j'ai
02:23déjà parlé, 4 personnes en mauvaise santé mentale sur 10 en France n'identifient pas leur
02:28mal-être et 17% de la population considérée en mauvaise santé mentale ne serait pas suivie
02:34par un psy. Donc en fait, on peut effectivement se dire qu'il y a pas mal d'hommes, sans
02:38doute
02:38des femmes aussi, mais pas mal d'hommes qui n'identifient pas leur mal-être.
02:43Bérangère Lepetit, avant d'aller plus loin, rappelez-nous en résumé la différence entre
02:47psychiatre, psychanalyste, psychologue. On a parfois du mal à savoir qui fait quoi.
02:52Oui. Alors le psychiatre, ce qu'il faut se dire, c'est que c'est un médecin spécialisé
02:56des maladies mentales. Il a un diplôme de médecin et il se spécialise ensuite en psychiatrie.
03:01Donc lui, il est censé poser un diagnostic et le cas échéant, si besoin, prescrire aussi
03:06des médicaments. Enfin, il peut le faire. Ils ne le font pas tous, mais il peut le faire.
03:10Voilà. Le psychologue, lui, ce n'est pas un médecin. Il a fait des études de sciences
03:14humaines et il ne peut donc pas prescrire de médicaments. Ce qu'on peut dire, c'est
03:20que son rôle est censé être un peu plus préventif que le psychiatre. Donc il va être
03:24là pour écouter le patient qui va avoir normalement des troubles psychiques plus légers.
03:31Et les psychanalystes, ce qu'il faut savoir, c'est qu'ils n'ont pas de diplôme reconnu
03:36officiellement. En fait, la psychanalyse s'est inspirée de la méthode Freud, qui est un médecin
03:42autrichien, qui est né au XIXe siècle et mort au XXe. Et donc cette méthode se propose
03:49d'explorer l'inconscient du patient, son histoire familiale et de l'amener à comprendre
03:54ses problèmes à travers cet inconscient et son histoire familiale. Et ce qu'il faut
03:58savoir en France aujourd'hui, c'est que c'est une méthode qui a encore beaucoup d'influence
04:04et beaucoup de psychologues et de psychiatres se réclament aussi de la psychanalyse.
04:08Alors nous avons bien sûr conscience que chaque cas est unique et que les hommes qui nous
04:13écoutent aujourd'hui ont tous un rapport différent au sujet. Bien sûr, certains n'hésitent
04:17pas à consulter. Bérangère Lepetit, dans votre article, vous faites parler à un témoin,
04:21un journaliste prénommé Emmanuel. Il a 43 ans. Lui, de quoi il souffrait ?
04:26Alors en fait, Emmanuel, il me raconte que souvent, la nuit, il criait. Alors ça ne le réveillait
04:33pas, mais c'est ses proches qui lui ont parlé, notamment sa femme qui dormait à côté
04:36de lui. En fait, il se mettait à crier au milieu de la nuit. Vu que ses proches se sont
04:40inquiétés, il a fait des recherches un peu sur Internet et il s'est rendu compte qu'il
04:45souffrait sans doute de ce qu'on appelle le stress post-traumatique. Parce que pour son
04:50travail, il avait dû se rendre à plusieurs reprises sur des terrains de guerre. Il avait
04:54assisté à des scènes terribles. Concrètement, il avait été dans des hôpitaux où il avait
05:00vu des soldats se faire amputer ou des civils. Ça l'avait traumatisé. Ça avait eu cette influence
05:06sur son sommeil.
05:07Vous l'avez dit, il a été voir sur Internet. Est-ce qu'il a été consulter une psychologue ?
05:11Non, il n'est pas allé consulter de psychologue. Il n'avait pas très envie. En fait, il assume
05:17le fait de ne l'avoir pas très envie. Il me dit oui, c'était me confronter à des mauvais
05:22souvenirs que je n'avais pas envie de voir réémerger dans ma conscience. Enfin, je n'avais
05:26pas envie de parler de tout ça. Puis j'avais lu par ailleurs qu'en faisant beaucoup de sport,
05:30c'était une façon de se rééquilibrer. Je croyais en la résilience. Je me disais
05:36qu'avec le temps, ça passerait.
05:37Et c'est ce qui s'est passé ?
05:38Et c'est effectivement ce qui s'est passé. Au bout d'une dizaine d'années, il a arrêté
05:42de crier la nuit.
05:43Et est-ce qu'il regrette de ne pas avoir consulté ?
05:45Non, il ne le dit pas comme ça. Mais ce qu'on peut se dire, nous, par contre, c'est
05:50qu'il a crié au milieu de la nuit pendant une dizaine d'années. Et je pense que sa femme,
05:54notamment, aurait préféré que ça dure un peu moins longtemps.
05:59Autre témoin que vous mettez en avant dans votre article, Marcelo, 52 ans, un chef d'entreprise.
06:04Lui, quelle est son histoire ?
06:06Marcelo, lui, c'est très différent. Donc, effectivement, c'est un chef d'entreprise
06:10de Cannes. Lui, ça remonte à il y a 4-5 ans. Au même moment, sa femme l'a quitté.
06:18Et ils ont eu un divorce très conflictuel à propos de la garde des enfants. Par ailleurs,
06:23il a deux de ses frères qui sont décédés. Et donc, ça a été un deuil à faire. Et il
06:30me
06:30raconte aussi que son entreprise, il avait différentes boutiques de bijoux dans le sud de la France. Il
06:36s'est retrouvé en grave difficulté financière, au bord de la banqueroute, à devoir éponger ses
06:41dettes. Il a vécu quelques mois très compliqués.
06:44Et là, à ce moment-là, il ne va pas consulter tout de suite ?
06:46Non, il ne va pas consulter tout de suite. En fait, il n'y pense même pas parce qu'il
06:51n'a pas été élevé comme ça. Marcelo, il m'explique qu'il est d'une fratrie de 6, dont
06:564 garçons.
06:57Il est fils d'immigré italien. Aller voir le psy, pour lui, c'est hors de question. Parce
07:03qu'il m'explique, voilà, dans ma culture, un homme, c'est fort. Un homme, ça ne pleure pas. Il
07:08se dit qu'il
07:08doit être le pilier de la famille. Il a trois enfants. Il a l'impression qu'il n'a pas
07:12le droit, en
07:13fait, d'être vulnérable et d'assumer cette vulnérabilité. Il se retrouve dans une situation
07:19où, en fait, pendant des semaines, il arrête de manger. Il a perdu 15 kilos en deux semaines.
07:24Il ne dormait plus. Il me dit que c'était vraiment l'enfer. Et c'est l'une de ses
07:29collègues,
07:30en fait, enfin, sa comptable qui lui conseille de trouver des ressources à l'extérieur et
07:34notamment de contacter une association contre le burn-out parce qu'en fait, il était aussi
07:38en plein burn-out professionnel. Et donc, c'est ce qu'il a fait ?
07:40C'est ce qu'il a fait. Il a contacté une association et, en fait, c'était des femmes
07:45dans l'association. Et il me dit, bah, elles m'ont sauvée. Voilà. Elles m'ont prise sous
07:49leur aile, elles m'ont sauvée. Et surtout, elles lui ont conseillé d'être accompagnée
07:52par une psychologue. Donc, il a été consulté à ce moment-là.
07:55Et ça, ça l'a aidé ?
07:56Je pense que ça lui a permis déjà de verbaliser ce qui est en train de se passer dans sa
08:01vie,
08:01de prendre du recul. Voilà. Il s'est rendu compte que, bah, c'était lourd tout ça à
08:05porter pour lui. Même s'il avait grandi dans une culture où un homme, c'est fort,
08:10un homme, ça ne pleure pas. Il s'est rendu compte qu'il avait quand même le droit de
08:14flancher à un moment, vu ce qu'il était en train de vivre.
08:18Bérangère Lepetit, en travaillant sur ce sujet, un psychiatre de l'hôpital Saint-Anne à Paris,
08:23vous explique que cette réticence à aller consulter, elle a des conséquences sur les burn-out,
08:29ces dépressions liées au travail.
08:30Oui. Alors, j'ai contacté Patrick Légeron, qui est effectivement psychiatre à Saint-Anne
08:36et qui a créé un cabinet de conseil stimulus sur le burn-out.
08:40Et il m'explique que les hommes et les femmes réagissent différemment par rapport au burn-out.
08:44Les femmes vont aller consulter plus tôt et donc leurs burn-out vont être un peu plus courts,
08:50on va dire. Enfin, disons que la guérison va être plus rapide.
08:53Chez les hommes ?
08:53Chez les hommes, en fait, ils s'accrochent, ils restent au travail jusqu'au bout.
08:58Ils ont du mal au début à comprendre ce qui se passe.
09:01Ils finissent par s'effondrer un jour.
09:03Parfois, ils ne peuvent plus se lever concrètement du lit.
09:06Et pour le coup, la guérison va être plus lente.
09:08Ça va prendre beaucoup plus de temps.
09:10Donc, chez les hommes, les burn-out ont tendance à être plus sévères
09:13et plus longs à guérir que chez les femmes.
09:15Autre conséquence, d'après les psys avec qui vous avez échangé,
09:19le taux de suicide qui est trois fois plus élevé chez les hommes.
09:22C'est ça. Les hommes utilisent des moyens plus violents pour se suicider, très concrètement.
09:29Quand les femmes, elles, font plus de tentatives de suicide,
09:33mais entre guillemets, le passage à l'acte est moins réussi
09:37parce que ça a tendance à moins réussir, à aboutir en tout cas.
09:42Bérangère Lepetit, sans parler de situations aussi dramatiques,
09:46le manque de recours à des psychologues chez beaucoup d'hommes,
09:49ça a des conséquences dans la vie de nombreuses familles.
09:52Il y a un impact sur de nombreux couples.
09:54Un livre a d'ailleurs été publié sur le sujet en 2024 par une journaliste,
09:59Maud Lereste. Qu'est-ce qu'elle explique en résumé ?
10:02Elle part de ce constat que les hommes sont mal suivis
10:06ou pas assez suivis par les psychologues.
10:08Ils ont du mal à identifier leurs problèmes de santé mentale.
10:11et elle va, elle, disséquer, entre guillemets,
10:14ce que ça fait sur le couple hétérosexuel.
10:16Ce qu'elle explique, c'est que les hommes, leur mal-être,
10:20ils vont finir par l'exprimer par la colère,
10:22ils vont être plus irritables, plus susceptibles.
10:26Du coup, ça a un impact clair sur le couple hétérosexuel.
10:30Les femmes vont être amenées à beaucoup écouter leurs compagnons,
10:33leur servir un peu de psy au quotidien, on va dire.
10:37Ce qu'elle met le psy, c'est voilà, on est là, on répare les peaux cassées
10:40et on prend sur nous ce manque de suivi psychologique des hommes.
10:44Et ça a d'autres conséquences ?
10:46Oui, ça a d'autres conséquences parce que les femmes, elles,
10:48vont fréquenter les cabinets des psychologues ou des psychiatres
10:51et qu'elles finissent par ne parler que de leurs compagnons
10:54ou des problèmes relationnels ou des disputes.
10:59Elle me dit voilà, finalement, nous, ça nous prend du temps, de l'énergie, de l'argent.
11:03C'est pas évident, c'est aussi lourd à porter pour nous.
11:08Finalement, c'est les femmes qui prennent ça sur leurs épaules.
11:11Bérangère Lepetit, il y a un élément surprenant dans votre article,
11:14c'est que parmi les hommes qui vont voir des psychologues,
11:17beaucoup n'ont pas la même attitude que les femmes.
11:20Ils ont des attentes plus pratiques, visiblement.
11:22C'est ça. Alors ça aussi, il y a plusieurs personnes qui m'en parlent.
11:26Les hommes, ils ont une attitude vraiment utilitariste.
11:30Quand ils vont voir le psy, ils veulent trouver une solution à leurs problèmes.
11:35Donc là où les femmes vont y aller pour parler, pour prendre du recul
11:39par rapport à ce qui leur arrive,
11:41les hommes vont vouloir trouver une solution dans le court terme.
11:44Et si on revient sur les hommes qui ne veulent pas se faire aider par des psys,
11:48une partie d'entre eux ont recours aujourd'hui à l'intelligence artificielle,
11:52à des sites comme 4GPT.
11:53Tout à fait. En fait, il y a beaucoup d'hommes qui vont voir sur internet
11:57quand ils sentent qu'ils ont un problème, une déprime passagère, etc.
12:02C'est une méthode qui est discrète et gratuite aussi.
12:06Maintenant, il y a aussi ChatGPT, l'intelligence artificielle.
12:10Et il y a pas mal de gens maintenant qui s'en servent dans leur vie quotidienne
12:14quand ils ont un problème.
12:15Ils ont l'impression, à tort ou à raison, que ChatGPT peut les aider.
12:19Mais c'est vrai que ça peut aussi faire un peu sourire.
12:22Bérangère Lepetit, ces dernières années, il y a de plus en plus d'hommes
12:25qui ont raconté publiquement avoir été chercher de l'aide pour aller mieux mentalement.
12:29Est-ce que vous pouvez nous donner quelques exemples ?
12:31On peut penser à l'écrivain Emmanuel Carrère,
12:33qui a quand même écrit un livre sur le sujet, yoga.
12:38Plus récemment, il y a eu aussi des humoristes.
12:40Jérémy Ferrari, Malik Bentala.
12:43Jérémy Ferrari, il a parlé de ces maladies invisibles.
12:45Mais il a aussi dit qu'il avait fait une tentative de suicide,
12:49qu'il avait des troubles de l'humeur.
12:50Malik Bentala, voilà, il a parlé ouvertement de sa dépression.
12:54Donc, il y a quand même quelques voix qui se sont élevées
12:58pour essayer de crever un peu l'abcès, entre guillemets.
13:04On en vient à Nicolas Demorand, qu'on a évoqué au début de ce podcast,
13:07co-présentateur avec Léa Salamé de la matinale de France Inter.
13:11Le jeudi 27 mars, il publie un livre dans lequel il explique avoir été diagnostiqué.
13:16Bipolaire, c'est quoi d'un mot ?
13:18On parle donc, c'est les troubles bipolaires.
13:21C'est des troubles de l'humeur.
13:22Avant, on appelait ça la maniaco-dépression.
13:24La personne qui va être bipolaire, elle va alterner des phases de grande exaltation
13:29et des phases dépressives.
13:31C'est le up and down.
13:32Il y a des moments où, voilà, on se sent très bien.
13:35On a envie de faire plein de choses.
13:36On est même un peu excité par la vie.
13:39Et directement derrière, tout ça s'effondre.
13:42Et on a qu'une envie, c'est de rester sur son canapé et parfois d'en finir avec la
13:47vie.
13:47Nicolas Demorand, qu'est-ce qu'il raconte dans son livre Intérieur Nuit ?
13:51Qu'est-ce qui vous a marqué en le lisant ?
13:53Ce qui m'a marqué, c'est que c'est un témoignage très fort, très bien écrit, où il est
13:58très sincère.
13:59En fait, il ne cache rien des conséquences sur sa vie, de sa maladie.
14:03Il va parler, voilà, des moments de dépression, où il reste chez lui, il s'enferme, il s'isole.
14:09Il raconte toutes les conséquences que ça peut avoir, même sur ses relations aux autres.
14:14Et ce qui est intéressant, c'est qu'il parle de son errance médicale, en fait.
14:18Pendant dix ans, il est allé de cabinet de psy en cabinet de psy, où personne n'est parvenu à
14:23l'aider concrètement.
14:24Il dit, j'avais un côté bon élève, moi, je suivais les traitements, j'avais confiance dans les médecins, dans
14:30ce qu'on disait, dans ce qu'on prescrivait.
14:31Et finalement, en fait, il a été diagnostiqué il y a huit ans, en allant à Saint-Anne, où il
14:38a rencontré enfin quelqu'un qui a réussi à l'aider.
14:40Et il en est d'ailleurs très reconnaissant.
14:44Et justement, l'un des psychiatres de Saint-Anne, avec qui vous avez pu échanger, se félicite de cette prise
14:50de parole de ce livre qui vient de sortir.
14:51Oui, tout à fait. Il s'agit de Boris Chomet. Alors lui, il parle de coming out psychiatrique.
14:56C'est un terme qui est pas mal utilisé à tort ou à raison.
15:00Mais en gros, ce qu'il dit, c'est que ça fait beaucoup de bien à ses patients.
15:03Ça casse un peu les préjugés, que quelqu'un qui soit aussi reconnu que Nicolas Demorand s'exprime sur le
15:09sujet.
15:10Ça fait beaucoup de bien, effectivement, aux personnes qu'il reçoit en consultation.
15:14Et ce psychiatre vous explique aussi qu'à ses yeux, si les hommes consultaient plus massivement les psychologues,
15:20cela pourrait avoir un impact bénéfique sur l'ensemble de la société, que ça pourrait sans doute prévenir beaucoup de
15:26violences.
15:27Oui, parce que Boris Chomet, ce qu'il m'explique, c'est que finalement, le mal-être des hommes,
15:31vu qu'il est parfois non verbalisé, pas traité, il va s'exprimer par des explosions de colère, d'irritabilité.
15:39Et il me dit, il y a beaucoup de faits divers qui y sont liés.
15:43Donc, on pense tout de suite aux féminicides, par exemple.
15:47Et effectivement, la conclusion logique de tout ça, c'est que s'il y avait plus de prévention qui était
15:53faite,
15:54s'il y avait un traitement, un suivi qui était fait plus tôt, ça éviterait sans doute beaucoup de drame
15:59dans la société.
16:05Merci à Bérangère Lepetit.
16:07Cet épisode de Code Source a été produit par Pénélope Gualquier-Roti, Thibault Lambert et Clara Garnier-Amourou.
16:13Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:16On vous invite également à écouter Crime Story, présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsenis.
16:21Nous venons de mettre en ligne une série sur le mystère de la tuerie de Chevaline.
16:26Les six épisodes sont disponibles dès maintenant.
16:29Une série de Crime Story intitulée Les Fantômes de Chevaline.
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