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Présidente d’une association de lutte contre les violences infantiles, cette femme de 41 ans a perdu son fils des conséquences du syndrome du bébé secoué. Elle témoigne pour libérer la parole et sensibiliser sur ce phénomène. Aude Lafitte raconte son histoire dans Code source au micro de Barbara Gouy.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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#bebe #protection #enfant

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News
Transcription
00:03Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Aude Lafitte, 41 ans, a perdu son bébé de deux mois, Timothée, en 2019.
00:17Le nourrisson est mort après avoir été secoué par son père, l'ancien compagnon d'Aude Lafitte,
00:23qui a été condamné le 6 décembre par la cour d'assises des Hauts-de-Seine à cinq ans de
00:27réclusion.
00:27En 2023, cette femme a créé une association pour alerter sur les secouements dont sont victimes chaque année des centaines
00:34de bébés en France,
00:36des violences souvent répétées, mortelles dans plus de 10% des cas et qui laissent des séquelles trois fois sur
00:43quatre.
00:43Aude Lafitte témoigne aujourd'hui dans Codesources au micro de Barbara Gouy.
00:59Je rencontre Aude Lafitte à la rédaction du Parisien.
01:02Depuis la mort de son fils, Timothée, elle veut sensibiliser le grand public au syndrome du bébé secoué en racontant
01:09son histoire.
01:11Aude Lafitte est née le 19 juillet 1983.
01:15Elle a grandi en région parisienne jusqu'à 10 ans, puis elle a déménagé à Paris.
01:20Après ses études, elle travaille dans la communication pour des marques et elle aime beaucoup son travail.
01:25Elle commence à faire sa vie avec un homme et à 31 ans, en 2014, elle donne naissance à une
01:31fille, Louise.
01:36Je pense que je n'étais pas préparée à la réalité de l'arrivée d'un premier enfant.
01:42Je me sentais nulle.
01:44J'avais l'impression que je n'allais pas y arriver, que cette petite fille, je n'étais pas à
01:50la hauteur pour elle.
01:51Et puis finalement, les choses se sont simplifiées au fur et à mesure qu'elle grandissait.
01:56Mais c'est vrai que les premiers moments, quand je suis rentrée, quand on est rentrée avec elle à la
02:02maison, c'était un petit peu panique à bord.
02:05Les premières années de Louise se passent bien, mais Aude et le père de Louise se séparent.
02:09Et quelques années après, Aude commence une histoire d'amour avec un autre homme, Nathanael, qu'elle a rencontré au
02:15travail.
02:16C'était idéal.
02:17Il avait lui également un enfant d'une première union.
02:21Louise et Gabriel, le fils aîné de Nathanael, ça a été le coup de foudre immédiat.
02:30C'était une vraie relation frère et sœur qui s'ont développée très très rapidement et très naturellement.
02:37D'ailleurs, il s'appelait mon frère, ma sœur.
02:39On avait très envie d'une grande famille et tout était simple.
02:45Tout semblait d'une évidence folle.
02:48Aude et Nathanael décident d'agrandir leur famille en faisant un autre enfant.
02:52Et Aude donne naissance à un fils, Timothée.
02:55Il naît le 27 décembre 2018, juste après Noël.
03:00Donc c'était mon petit cadeau de Noël de 2018.
03:05Son arrivée, elle se fait tout en douceur.
03:09Et puis la vie se met en place assez naturellement avec les difficultés des premières semaines et premiers mois de
03:20vie d'un tout petit.
03:21Donc les nuits sont courtes, c'est sûr.
03:26Timothée grandit bien.
03:29Tout se passe bien.
03:30Tout se passe bien jusqu'au 28 février 2019.
03:34À ce moment-là, Timothée a deux mois.
03:36Ce jour-là, j'avais un rendez-vous chez le kiné, post-accouchement.
03:42Je laisse Timothée à la maison avec Nathanael qui était en télétravail ce jour-là.
03:48Je lui demande d'ailleurs s'il souhaite que j'emmène Timothée avec moi ou pas.
03:52Et il me dit non, non, ça va aller.
03:55Et donc je vais à mon rendez-vous.
03:57Et en sortant du rendez-vous, j'envoie un texto pour savoir si tout va bien.
04:03Et là, il me dit qu'il est à l'hôpital avec Timothée parce que Timothée a fait un malaise.
04:09Donc ma première réaction, c'est de me dire qu'il me fait une mauvaise blague.
04:13Et donc il me certifie qu'il est à l'hôpital.
04:16Et là, c'est la panique à bord.
04:18D'abord, je commence à me culpabiliser en me disant
04:22« Mais s'il a fait un malaise, c'est qu'il y a une infection, il y a quelque
04:26chose que je n'ai pas vu. »
04:28Et en tant que maman, j'aurais dû voir.
04:30Et donc je fonce à l'hôpital, à Boulogne.
04:34Et quand j'arrive, en fait, je retrouve Timothée entourée de beaucoup, beaucoup de médecins.
04:42Beaucoup trop pour que ce soit rassurant.
04:43Qui prenne ses constantes, qui note tout un tas de données partout dans la chambre, dans la pièce.
04:53Et j'essaye immédiatement d'établir un contact visuel avec mon bébé.
04:59Et en fait, il a les yeux ouverts.
05:02Mais ses yeux partent dans tous les sens.
05:04Et c'est impossible d'avoir un contact visuel avec lui.
05:09Et assez rapidement, ils me disent qu'ils l'emmènent passer un scanner.
05:13Je leur demande « Mais est-ce qu'il va s'en sortir ? »
05:17Et la médecin me dit « Je ne peux pas vous répondre. »
05:23Et donc ils lui font passer ce scanner.
05:25Et immédiatement après, ils nous disent « Timothée a du sang dans le cerveau.
05:33Il a ce qu'on appelle le syndrome du bébé secoué. »
05:39Et là, je ne comprends plus ce qui se passe.
05:41Je ne comprends plus ce qui se passe.
05:43Et je dis à cette médecin « Mais ce n'est pas possible.
05:47C'est moi qui m'occupe de lui tout le temps.
05:49Je ne l'ai jamais confié à personne.
05:52Je ne l'ai jamais secoué.
05:53Ce n'est pas possible. »
05:56Et en fait, j'occulte complètement le fait qu'il venait de passer du temps avec son père.
06:03Je ne sais même pas si à ce moment-là, je lui ai posé la question.
06:06J'étais tellement persuadée qu'il n'avait pas fait de mal à mon bébé.
06:10Ça me semblait impossible à envisager.
06:15Et j'étais tellement concentrée sur Timothée
06:19que je ne cherchais pas à savoir ce qui s'était passé.
06:23Je cherchais surtout à savoir ce qui allait arriver à mon bébé à ce moment-là.
06:28Timothée est transféré à l'hôpital Necker dans le 15e arrondissement de Paris,
06:32spécialisé pour les enfants.
06:34Dans cet hôpital, les chirurgiens l'opèrent
06:36pour essayer de drainer un maximum de sang dans son cerveau
06:40pour faire baisser la pression intracrânienne.
06:42Je vais constamment près de la porte pour avoir des nouvelles, etc.
06:48Et à un moment, j'entends qu'il fait un arrêt cardiaque.
06:51Et donc à chaque seconde, je me dis qu'il peut mourir.
06:54Donc il réussisse à refaire partir son cœur.
06:58Et puis il me laisse rentrer.
07:01Et voilà, là j'ai cette image de mon bébé
07:03avec un énorme bandage sur la tête
07:07et des tuyaux partout.
07:09Et il respire à l'aide de machines.
07:14Et on va passer cinq jours comme ça
07:17à surveiller essentiellement sa pression intracrânienne
07:21pour espérer qu'elle baisse.
07:24Sauf qu'elle ne baissera jamais suffisamment.
07:27Et très rapidement, les médecins nous font comprendre
07:31que c'est sans espoir.
07:34Et moi, je m'accroche à l'idée que
07:38que ce n'est pas le bon diagnostic.
07:41Parce qu'accepter ce diagnostic,
07:43ça veut dire accepter qu'on puisse rien faire.
07:47Et donc je demande tout de suite
07:48à ce qu'ils fassent des recherches
07:50de maladies rares, de maladies génétiques,
07:53en me disant, mais ils vont trouver quelque chose.
07:55Et donc, ils auront la solution pour le guérir.
07:58Et ils vont sauver mon bébé.
08:00Sauf que, évidemment, ce n'est pas le cas.
08:02Parce que, oui, Timothée a été secouée.
08:06Et ça, je vais le comprendre réellement.
08:10Alors déjà, les équipes médicales
08:12m'amènent doucement à accepter
08:15cette réalité.
08:17Et puis, au bout d'un moment,
08:21en fait, Nathanaël va s'enfuir de l'hôpital.
08:24Et il m'envoyait un message d'aveu
08:27en disant, oui, j'ai secoué Timothée.
08:33Je tombe, physiquement, je tombe.
08:35Et je commence à partir,
08:40à faire un malaise.
08:41Et les médecins me disent,
08:45bon, maintenant, il faut manger.
08:46Parce que, bon, ça fait quatre jours
08:47que je n'ai rien avalé.
08:49Ils me disent, maintenant, il faut manger.
08:51Parce que si vous faites un malaise,
08:52on va devoir vous transférer
08:53dans un autre hôpital.
08:54Puisqu'on est à Necker,
08:56qui est un hôpital spécialisé
08:58pour les enfants.
08:59Et donc, vous allez être séparés de Timothée.
09:02Et en fait, cette idée d'être séparés de Timothée,
09:04elle est plus forte que l'émotion
09:05que je suis en train de traverser.
09:07Et du coup,
09:09je me ressaisis immédiatement.
09:11Et à ce moment-là,
09:13bon, bah, pour moi,
09:14Nathanaël n'existe plus.
09:22Nathanaël revient à l'hôpital.
09:24Aude accepte qu'il reste
09:25pour les derniers moments de Timothée,
09:26qui meurt le 5 mars 2019.
09:29La police place Nathanaël
09:31en garde à vue,
09:32pendant laquelle il avoue
09:33avoir secoué son bébé
09:34parce qu'il n'arrivait pas à le calmer,
09:36alors qu'il était en train de pleurer.
09:38Moi, ce que je ne comprends pas,
09:40c'est qu'il reconnaît son geste à la police,
09:41mais pas auprès de moi.
09:43Auprès de moi,
09:44il va s'emmêler
09:47dans différentes versions.
09:50À force de discussion,
09:52il va finalement m'avouer
09:54que Timothée n'a pas fait de malaise,
09:58ou plutôt,
10:01que si malaise il y a eu,
10:02c'est après le secouement.
10:07Et pendant sa garde à vue,
10:09moi, je ne sais pas où je suis.
10:13Je survis, en fait, tout simplement.
10:16En sortant de l'hôpital,
10:17j'ai été rejoint de ma fille
10:19qui était gardée par ma mère
10:20pendant l'hospitalisation.
10:23Et je passe des journées
10:25sans même réussir à me lever
10:26jusqu'au jour où Louise va me dire
10:29« Bon, maman, maintenant,
10:30du haut de ses 4 ans,
10:32maintenant, ça suffit,
10:33il va falloir que tu te lèves, quoi. »
10:37Mais évidemment,
10:39j'avais comme mon cœur
10:42partagé en deux
10:43entre ma fille ici
10:44et mon fils ailleurs.
10:49Et oui, on pense
10:51à rejoindre son enfant,
10:53c'est sûr,
10:54mais je ne pouvais pas laisser Louise.
10:56Elle, elle avait déjà vécu ce drame.
10:59Elle ne pouvait pas perdre
11:01sa maman non plus.
11:02Mais j'avais le sentiment
11:03de ne plus être à la hauteur
11:06et j'avais peur
11:06de la fragiliser
11:09avec une maman,
11:11une maman triste,
11:14une maman qui pleure beaucoup,
11:16qui n'a plus goût à rien.
11:21Alors, au début,
11:22je ne suis plus capable
11:23de m'occuper d'elle.
11:24Donc, c'est son papa
11:26qui va prendre le relais.
11:28Et on s'entend très, très bien
11:30avec le papa de Louise
11:31et il a été incroyable,
11:34très soutenant
11:35et pour Louise
11:36et pour moi.
11:38Et puis, je me suis dit
11:40soit ce chagrin,
11:42il me tue à petit feu,
11:45soit je le transforme
11:47en quelque chose
11:51qui aidera les autres
11:52et qui me permettra
11:53de donner du sens
11:55et d'être là à nouveau
11:57pour Louise.
11:59Donc, oui,
12:00je me suis fait accompagner
12:02d'abord pour Louise,
12:05mais c'était dans ce but-là,
12:07oui, de pouvoir être là
12:08à Louise
12:08et de ne pas abîmer
12:09cette petite fille
12:10qui était déjà abîmée
12:12par la vie.
12:14Et donc,
12:15voilà,
12:16on est normalement
12:17en garde alternée.
12:18Là, elle reste chez lui
12:19et je viens au début
12:22juste un quart d'heure
12:23passer un petit moment
12:26de vie avec elle
12:26et puis une demi-heure,
12:28puis une heure,
12:29puis une demi-journée
12:30jusqu'à la reprendre
12:32à nouveau avec moi.
12:34Mais c'est vraiment progressif
12:36et Louise,
12:37on lui explique
12:39le principe qu'on s'est donné,
12:41c'est de ne jamais lui mentir.
12:43Ça, c'est une première chose
12:45et de ne pas avoir de tabou,
12:48de lui laisser poser
12:50toutes les questions
12:51qu'elle voulait
12:51et de lui apporter
12:52les réponses.
12:53Pour ça,
12:54on s'est aussi fait accompagner
12:57par des pédopsies,
12:58pour l'accompagner elle
12:59et pour nous aider aussi,
13:02nous,
13:02à pouvoir lui dire les choses.
13:04et la chance qu'on a eue,
13:07c'est que Louise était
13:08une petite fille
13:10qui avait un vocabulaire
13:13assez riche pour son âge.
13:15Elle parlait très très bien,
13:17ce qui lui a permis
13:18tout de suite
13:18de mettre des mots
13:19sur ce qu'elle vivait,
13:20des mots sur ses émotions.
13:21C'était assez bluffant.
13:25Aude arrête son travail
13:26et se consacre
13:27à sensibiliser
13:27le grand public
13:28au syndrome du bébé secoué.
13:30Elle explique
13:31que ce n'est pas un accident
13:32mais une vraie violence
13:34qui provoque
13:34un traumatisme crânien.
13:36Aude commence aussi
13:37à témoigner dans les médias
13:38et un an après
13:39la mort de Timothée,
13:41le 7 mars 2020,
13:42Aude organise
13:43une marche en sa mémoire.
13:45J'essaye de rassembler
13:48un maximum de personnes.
13:49Symboliquement,
13:50en fait,
13:50on fait le dernier trajet
13:52de Timothée,
13:53depuis l'appartement
13:55où il a été secoué
13:56jusqu'au cimetière
13:57où il est enterré.
13:58Cette marche,
13:59elle a pour but
14:00de rendre hommage
14:03à Timothée
14:04mais aussi
14:05et surtout
14:06d'ouvrir les yeux
14:08des gens
14:09sur la réalité
14:11de ce fléau
14:11des bébés secoués
14:12et de rendre hommage
14:14à toutes les victimes
14:15de cette violence.
14:17Parce que Timothée,
14:20c'est un
14:21des 500 bébés
14:23qui sont secoués
14:24chaque année.
14:26En essayant de comprendre
14:28ce qui est arrivé
14:28à son fils,
14:29Aude rencontre
14:30des spécialistes
14:31sur le sujet
14:31et d'autres parents
14:32de victimes.
14:33Elle crée un collectif
14:34en février 2020
14:36avec lequel
14:37elle organise
14:37notamment une campagne
14:38de sensibilisation
14:39sur le syndrome
14:40du bébé secoué
14:41avec le gouvernement.
14:43En février 2023,
14:45Aude crée
14:45une association
14:46Avis Action
14:48contre les violences
14:49infantiles.
14:50Elle est présidente
14:51de cette association
14:52et se consacre
14:53à la formation
14:54des professionnels
14:55et à la sensibilisation
14:56des parents
14:57sur les violences
14:57infantiles
14:58dont le syndrome
14:59du bébé secoué.
15:01En décembre dernier,
15:02près de six ans
15:03après la mort
15:03de Timothée,
15:05le procès de son père
15:06Nathanael
15:06s'ouvre à Nanterre.
15:10C'était
15:12d'une part
15:13la première fois
15:14que j'allais le revoir
15:14depuis des années.
15:16Je ne savais pas
15:17comment j'allais réagir
15:19en le voyant.
15:21Et puis,
15:23angoissée
15:25à l'idée
15:25du verdict.
15:27Alors,
15:27je n'avais
15:28aucune crainte
15:29sur le fait
15:30qu'il allait être
15:31jugé coupable
15:33puisque
15:34tout était là.
15:36Les expertises médicales
15:37prouvaient ce qu'il fallait prouver
15:39et lui-même avait avoué.
15:41Donc,
15:41il n'y avait
15:42aucun doute
15:43sur sa responsabilité.
15:45En revanche,
15:46j'avais beaucoup
15:47d'appréhension
15:48concernant la peine
15:50qui allait lui être donnée
15:52et j'avais raison
15:53d'avoir peur.
15:54Il encourait
15:5530 ans
15:55de réclusion criminelle
15:57et il a été condamné
15:58à 5 ans.
15:59Et au-delà
16:01de la peine
16:02en elle-même,
16:04c'est surtout
16:06la façon
16:08dont la justice
16:10considère
16:10cette violence
16:12et j'ai entendu
16:13des phrases
16:14pendant ce procès
16:15où dans
16:17une même phrase,
16:18on a pu dire
16:19que c'était un bon père
16:20mais qu'il avait
16:21tué son enfant.
16:22En tout cas,
16:23qu'il avait exercé
16:23des violences
16:25volontaires
16:25sur son bébé.
16:27C'est difficile
16:28à entendre
16:28dans une même phrase.
16:30On ne peut pas
16:32être un bon père
16:33si on tue son enfant.
16:35mais ça,
16:36ça montre
16:37tout le chemin
16:38qui reste à faire
16:39encore,
16:40toute la prise
16:40de conscience
16:41qui est nécessaire
16:42pour que la société
16:44entende,
16:46regarde vraiment
16:47ces violences
16:47et les considère
16:50et du coup
16:50les sanctionne
16:51à la hauteur
16:52de ce qu'elles sont.
17:14Barbara,
17:15on entend bien
17:15dans ce témoignage
17:16que c'est à la fois
17:16son combat
17:17et sa fille
17:18Louise
17:18qui l'aide à vivre
17:19et en même temps,
17:20Aude Lafitte
17:21parle de survie
17:22aujourd'hui finalement.
17:23Oui parce qu'elle me dit
17:24mot pour mot
17:24qu'elle a une tristesse
17:26infinie en elle
17:26qui ne la quittera jamais
17:27et qu'elle n'est plus
17:28la même personne
17:29qu'avant.
17:30La perte de son fils
17:31l'a vraiment changée
17:32mais elle fait tout
17:33ce qu'il faut
17:33pour s'en sortir
17:34et oui ce qui lui donne
17:35autant de force
17:36c'est sa fille Louise
17:37et voir qu'elle grandit bien.
17:38Elle me dit
17:39qu'elle est pleine
17:39de joie de vivre
17:40aujourd'hui
17:41et elle est très fière
17:42d'elle et de ce qu'elle
17:43est devenue
17:43malgré le fait
17:44d'avoir perdu son frère.
17:45En tout cas même si
17:46Aude aimerait retrouver
17:47une forme de paix
17:48pour elle et sa fille
17:49elle est certaine
17:50qu'elle ne pourra
17:51jamais pardonner
17:51à son ex-compagnon
17:52d'avoir tué son fils.
17:53Quand Aude Lafitte
17:54mène des actions
17:55de prévention
17:56sur quoi est-ce qu'elle insiste ?
17:57Elle insiste vraiment
17:58sur le fait que
17:58tout le monde
17:59ne peut pas secouer
18:00un bébé
18:00parce que même si
18:01on ne sait pas
18:01qui va passer à l'acte
18:02ça reste un geste
18:03très violent
18:04et ce qu'elle m'explique
18:05c'est que dans la plupart
18:06des cas
18:06c'est une violence répétée
18:08souvent les bébés secoués
18:09le sont à plusieurs reprises
18:10et dans 70% des cas
18:12ce sont les pères
18:13qui secouent le bébé
18:13dans 20%
18:14les assistantes maternelles
18:15et dans 10%
18:16ce sont les mères
18:17alors que ce sont
18:18elles qui passent
18:19le plus de temps
18:19avec leur bébé.
18:20En tout cas
18:20dans presque tous les cas
18:21il s'agit d'adultes
18:22qui sont seuls
18:23avec le bébé
18:24c'est ça ?
18:24Oui c'est ça
18:25et ce qui est conseillé
18:26de faire quand un nourrisson
18:27n'arrête pas de pleurer
18:27c'est de le coucher
18:28en sécurité sur le dos
18:30et de quitter la pièce
18:31le temps pour l'adulte
18:32de se calmer
18:32si besoin
18:33il est possible
18:34d'appeler un proche
18:35pour penser à autre chose
18:35ou faire redescendre la pression
18:37ou même appeler le 119
18:38un numéro national
18:39pour la protection des enfants.
18:41Merci Barbara Gouy
18:42et merci à Bérangère Lepetit
18:44pour son aide.
18:45Cet épisode de Code Source
18:46a été produit par Thibault Lambert
18:47réalisation
18:48Julien Moncouquiol
18:50Code Source
18:51est le podcast quotidien
18:52d'actualité du Parisien
18:53si vous aimez Code Source
18:54n'hésitez pas à nous le dire
18:55en laissant des petites étoiles
18:57ou un commentaire
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