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Toute son enfance, on lui a dit qu’il ne tenait pas en place. Olivier Revol, découvre qu’il a un trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) à la cinquantaine.
Olivier Revol raconte son histoire dans un livre “Heureux comme des TDAH” et témoigne aujourd’hui dans Code source, au micro de Barbara Gouy.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Anaïs Godard - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network.

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00:00 — TDAH : le parcours d’Olivier Revol
08:30 — Diagnostic et astuces au quotidien
10:06 — Repérage, troubles associés et message d’espoir

#codesource #tdah #hyperactivity #psychologie

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Heureux comme des TDAH, c'est le titre d'un livre sorti fin janvier sur le trouble déficit de l
00:17'attention,
00:18avec ou sans hyperactivité, un trouble du neurodéveloppement qui concerne environ 3% des adultes et 6% des enfants.
00:26Heureux comme des TDAH, a été écrit par deux médecins, le médiatique Michel Cymes et son confrère Olivier Revol,
00:34un pédopsychiatre lyonnais, âgé de 68 ans.
00:37Il est lui-même TDAH et il est devenu spécialiste des troubles de l'attention.
00:42Olivier Revol témoigne aujourd'hui dans Codesource, au micro de Barbara Gouy.
00:53Je rencontre Olivier Revol au Parisien, il est tout de suite très souriant et il pose beaucoup de questions.
00:59Il vient me raconter son parcours en tant que personne TDAH.
01:03Le TDAH, c'est un trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité.
01:09Olivier en a tous les symptômes.
01:11Il a grandi à une époque où l'on ne parlait pas encore de TDAH, il a donc dû s
01:16'adapter toute sa vie.
01:17Et il me raconte.
01:19Olivier est né le 9 janvier 1959 à Lyon.
01:23Ses deux parents sont médecins et il est l'aîné d'une fratrie de quatre.
01:28Dès tout petit, la mère d'Olivier remarque que c'est un enfant agité.
01:32Quand j'étais bébé, il y avait déjà des signes.
01:34Tout petit, elle s'inquiétait parce qu'il y a trois mois, quand elle me nourrissait,
01:38je n'arrivais pas à attendre entre deux cuillères.
01:41Et donc je m'étouffais de colère parce que ça n'allait pas assez vite.
01:44Elle s'est dit, mais il est bizarre celui-là, il n'est pas comme les autres.
01:48Et ça, c'est sans doute déjà l'impulsivité des enfants qui sont TDAH.
01:53À Lyon, Olivier habite dans le quartier de la préfecture.
01:56Je me souviens bien, à l'époque, à la préfecture, on pouvait aller jouer au foot.
01:59Donc j'adorais le foot déjà à l'époque.
02:01Et j'allais taper le ballon.
02:03Alors ce n'était pas les mercredis, c'était les jeudis,
02:05puisqu'à l'époque, on n'allait pas à l'école le jeudi.
02:07Et le jeudi après-midi, j'allais à la préfecture
02:09et mes parents étaient bien contents de m'envoyer dans un jardin
02:12pour faire des activités d'extérieur
02:14parce que c'est ce qu'on conseille aux parents d'enfants agités.
02:17Les parents d'Olivier prennent des mesures drastiques
02:20pour le surveiller à l'extérieur malgré son agitation.
02:23J'avais un harnais et une laisse et on me promenait comme ça.
02:27D'ailleurs, j'étais pas le seul.
02:28Beaucoup d'enfants étaient promenés comme ça à l'époque.
02:30On ne se rebellait pas contre la laisse
02:32puisque c'était quelque chose qui nous protégeait.
02:34Mais c'était une façon de dire
02:36attention, ce sont des enfants qui se mettent en danger
02:39et qu'il faut protéger.
02:41Et donc, voilà, toute mon histoire infantile
02:43a été marquée par ça, par des prises de risques inconscientes
02:46et surtout par une grosse difficulté à rester en place,
02:49à rester assis.
02:50Ce qui fait que dès la maternelle, c'était compliqué.
02:53Quelque chose que je détestais, c'était la sieste
02:55parce qu'il fallait rester allongé, alors que je n'avais pas forcément sommeil.
03:00Très tôt, on est marqué par la difficulté à tenir en place.
03:04Quand Olivier commence l'école, il est content car c'est une nouvelle activité pour lui.
03:09Mais rapidement, il s'ennuie, donc il cherche à s'occuper.
03:12Je pense que j'ai appris, sans me rendre compte, à lire tout seul en moyenne section de maternelle.
03:17C'est pour ça que j'ai sauté la grande section et le CP.
03:20Et je suis arrivé donc en CE1, on disait la dixième à l'époque,
03:23avec deux ans d'avance, que j'ai traîné quand même pendant toute ma vie,
03:26un peu comme un boulet dans la mesure où j'étais toujours décalé par rapport aux autres.
03:30Parce que j'ai appris très tôt le sens de l'effort, la difficulté,
03:34puisque les autres avaient deux ans de plus que moi.
03:36Plus Olivier grandit, plus il a des difficultés à l'école.
03:39Quand on est en primaire et qu'on a un trouble d'attention,
03:42la maîtresse, elle nous cadre, elle vérifie si on a bien tout mis dans le cartable,
03:46elle vérifie si on a bien marqué sur l'agenda.
03:48Et quand vous arrivez en sixième, là vous changez totalement ces deux salles, deux ambiances.
03:53On vous tutoyait, on vous vouvoie, et puis on vous demande beaucoup plus d'autonomie.
03:57Et beaucoup de garçons TDAH arrivaient à s'en sortir en primaire,
04:01même si c'était difficile de rester assis,
04:03et commencent à avoir de moins bons résultats en secondaire,
04:05parce qu'on leur demande plus d'autonomie.
04:07Et souvent, c'est mal vécu sur le plan de l'estime de soi,
04:10parce que pour l'instant ça allait,
04:12et puis là d'un seul coup, je n'ai plus les notes que j'avais avant.
04:14Et c'est parfois le début d'un malentendu avec les enseignants et avec l'école en général.
04:22Olivier arrive jusqu'au lycée,
04:24où il décide qu'après le baccalauréat, il partira en médecine.
04:28Il ne sait pas qu'il a un TDAH à ce moment-là.
04:31Et en 1975, il passe son bac.
04:34J'ai eu le bac vraiment, vraiment in extremis, en passant l'oral,
04:38très mauvaise note en maths et en physique.
04:40Quand je disais que je voulais faire médecine,
04:42j'avais un espèce de regard ironique dans les yeux de mes enseignants.
04:47Et puis finalement, j'ai pu avoir le bac grâce à l'oral et grâce aux options que j'avais
04:51prises,
04:52latin en particulier.
04:54Comme beaucoup de TDAH,
04:56quand vous êtes face à quelque chose qui vous passionne,
04:59vous arrivez à compenser.
05:00Et je pense que c'est comme ça que j'ai réussi la première année de médecine,
05:03un peu à la surprise générale, à la mienne d'abord,
05:06puis à celle de mes parents et des enseignants.
05:08Et donc, j'ai réussi la première année du premier coup.
05:11Et après, je faisais des choses qui me plaisaient bien,
05:13avec des stages, des choses où c'était beaucoup plus pratique.
05:16Quand on est TDAH, on a besoin d'être acteur de ce qu'on fait.
05:19On a beaucoup de mal à accepter la théorie,
05:21à rester assis face à un cours.
05:23Et là, ça s'est mieux passé,
05:24même si je n'ai jamais été vraiment brillant en médecine,
05:27en tout cas moins brillant que les autres.
05:28Olivier réussit la première année de médecine du premier coup.
05:32Il décide de se spécialiser en pédopsychiatrie.
05:35Il veut se servir de son propre parcours
05:38pour comprendre les enfants,
05:39même s'il ne sait toujours pas qu'il a un TDAH.
05:42On m'a reproché, pendant toute ma vie, ma différence.
05:46À cause de mon trouble d'attention, on me disait
05:48arrête de te balancer, fais un peu attention,
05:50regarde tes cahiers comme ils ne sont pas soignés,
05:52t'as encore oublié ça, t'as perdu tes affaires.
05:54Et sans doute, je me suis dit,
05:56« Cette expérience-là que j'ai vécue, douloureuse,
05:59peut-être que je peux en faire une force.
06:01Et peut-être que je peux aussi orienter mon activité médicale
06:06vers ce type d'enfant-là. »
06:07Et donc, très logiquement, je fais de la pédopsychiatrie.
06:10Et donc, du coup, j'ai une espèce d'empathie pour les gamins.
06:13Mais en plus, pour eux, quand je leur dis
06:14« Mais moi aussi, j'étais comme toi, petit. »
06:17Ça facilite beaucoup la relation pendant la consultation.
06:20À 30 ans, Olivier devient papa.
06:23Il se plaît dans son métier,
06:25mais près de 10 ans après sa sortie d'étude,
06:27il commence à sentir les limites
06:29de ce qu'il a appris en fac de médecine.
06:32À 35 ans, il décide d'aller à Montréal, au Canada,
06:36pour faire un master 2 en neuropsychologie.
06:38J'ai découvert un endroit où on disait
06:41« Avant de poser un diagnostic,
06:43on doit explorer médicalement l'enfant. »
06:46Il avait vraiment une vraie démarche médicale
06:47par rapport à l'enfant en difficulté,
06:49d'apprentissage ou de comportement,
06:51et pas uniquement une démarche psychologique.
06:53Donc, pendant 6 mois, j'ai fait des tests,
06:55j'ai appris les tests de QI,
06:56j'ai compris comment les enfants
06:58pourraient avoir un cerveau différent.
07:00Et je suis rentré en me disant
07:02« Il faut absolument que j'arrive à diffuser ça,
07:05que face à un enfant qui n'arrive pas à lire
07:08à 8 ans, ou même qui n'arrive pas à parler à 4 ans,
07:11ou qui ne tient pas en place
07:12et qui est pénible à 12 ans. »
07:15Avant de dire « Il est mal élevé »,
07:17avant de dire « Il est fainéant, je déteste ce terme »,
07:20je me suis dit « Avant de dire ça,
07:21il faut les examiner, il faut prendre le temps,
07:23et il faut avoir une démarche médicale. »
07:26Mon passage en Amérique du Nord m'a vraiment aidé pour ça.
07:28Olivier découvre différentes pathologies au Canada,
07:31comme le TDAH.
07:32Et quand il est à Montréal,
07:34Olivier a déjà deux enfants.
07:36Il les confie à une garderie anglophone.
07:39Et j'ai un aîné qui était très agité,
07:41mais on me disait déjà « Il est agité parce qu'il manque de cadre,
07:45parce que vous l'élevez mal, parce que… »
07:47Bref.
07:48Il revient de la garderie anglophone le premier soir.
07:50Et il dit « Oh là là, j'ai rien compris à ce qu'il me disait aujourd'hui. »
07:53J'ai dit « Ben oui, c'est normal, il parle en anglais. »
07:54Mais ils m'ont changé mon prénom.
07:56Ils m'appellent tous « Bequite ».
07:58Parce qu'il bougeait tellement tout le temps.
07:59Et là, je me suis dit « Ok. »
08:01Et j'ai compris qu'il avait un trouble.
08:02Donc, on fait le diagnostic pour mon enfant.
08:04Et là, je me suis dit « Mais finalement, moi, j'étais attaché quand j'étais petit.
08:07Mes parents ne me supportaient pas.
08:09Ils m'avaient envoyé à l'autre bout de l'appartement dans une pièce à part
08:12parce que j'électrisais l'ambiance.
08:13Peut-être que c'était ça mon problème.
08:15Et peut-être que si maintenant, de temps en temps,
08:17je perds mes affaires, je m'organise mal.
08:19Ma femme me raconte cette journée et je fais « Hum, hum, hum, hum »
08:22et je décroche.
08:23C'est pas forcément parce que je suis mal élevé,
08:25mais peut-être que j'ai un trouble.
08:26Et c'est là que j'ai fait le diagnostic.
08:27Donc, j'avais 45 ans, 50 ans.
08:30Il s'est écoulé plusieurs années entre le diagnostic de son fils et le sien.
08:34Olivier savait que ce trouble est souvent héréditaire.
08:38Depuis, en tant que pédopsychiatre,
08:40il s'est spécialisé sur la question.
08:43Et pour lui, l'essentiel est de se faire diagnostiquer,
08:46que ce soit pendant l'enfance ou à l'âge adulte.
08:50C'est jamais trop tard pour le faire.
08:51Et même à 40, 50, 60, 70 ans,
08:54se dire tout ce que j'ai vécu comme situation difficile,
08:58parce que c'est quand même difficile,
08:59même si on peut être heureux, mais à quel prix ?
09:02Et c'est là que je me suis dit
09:04« Ah, ok, d'accord, je comprends pourquoi j'étais comme ça.
09:08Et j'arrête de me motoflageller,
09:11m'autoculpabiliser en disant
09:12« J'aurais dû, j'aurais pas dû, etc. »
09:14Et deux, maintenant que je sais pourquoi je suis comme ça,
09:17c'est plus facile pour moi de mettre en place des stratégies.
09:20Et c'est ce que j'essaye de vendre aux enfants,
09:21aux adolescents et aux adultes.
09:24La première stratégie qu'Olivier a mise en place,
09:26il l'a appelée « Stop, think and go ».
09:30Avant de commencer un truc, mon grand,
09:31arrête-toi, réfléchis, vas-y.
09:33Donc « Stop, think and go ».
09:35Tu t'es tellement fait avoir à te laisser déborder
09:38par ton impulsivité et à oublier les trucs
09:40de partout, chez les gens, sur les tapis, dans les aéroports,
09:44quand vous passez la sécurité, vous oubliez votre clé USB,
09:47vous oubliez votre... Bref, « Stop, think and go ».
09:50Et là, je pense que je ne l'ai pas fait,
09:52en tout cas, je ne l'ai pas assez fait,
09:53avant de savoir connaître le diagnostic.
09:55Et qu'à partir du moment où j'ai connu le diagnostic,
09:57alors là, ça simplifie les choses.
09:59On a plein de petits tips qui nous permettent
10:01de gagner un temps précieux et puis d'éviter des mésaventures.
10:06Ces tips, ces stratégies, il les donne aujourd'hui
10:09à ses patients dans son cabinet de pédopsychiatre.
10:13Mais avant de pouvoir faire ça, la première étape,
10:17c'est de repérer quels sont les enfants TDAH.
10:20Il nous explique comment il fait.
10:22Les parents arrivent en me disant « Voilà, on vient vous voir,
10:24notre pédiatre, notre médecin, nous a dit que notre enfant
10:26était peut-être TDAH parce qu'une fois encore,
10:28c'est le médecin de famille qui fait le premier pré-diagnostic
10:31et il doit l'envoyer à un spécialiste pour pouvoir proposer éventuellement un traitement
10:35ou en tout cas confirmer le diagnostic.
10:37Alors d'abord, tout dépend si c'est un enfant ou un adolescent.
10:41Quand c'est un enfant, je reprends avec les parents de façon très systématique toute l'histoire,
10:45y compris la grossesse, figurez-vous,
10:47parce qu'il y a des parents qui me disent « Dans mon ventre,
10:49il bougeait déjà plus que son frère ou sa soeur. »
10:52Et ensuite, je reprends toutes les étapes, comment c'est passé,
10:54quand vous l'avez vu, déjà il hurlait dès la naissance,
10:57à la crèche, on l'appelait la Castafiore, tellement il criait fort,
11:01et puis c'était compliqué à tel moment.
11:03Donc je reprends toute l'histoire et tous les moments où ça peut être difficile,
11:07c'est-à-dire la séparation, la mise en crèche, la mise à l'école,
11:11et je refais mon parcours.
11:12Donc après, j'ai dans ma tête le parcours de l'enfant.
11:15Ensuite, je demande comment ça se passe maintenant,
11:18dans les trois domaines, à la maison, à l'école et dans les loisirs.
11:22Je me fais mon idée.
11:24Ensuite, je demande aux parents de remplir un questionnaire,
11:27la maîtresse du matin, la maîtresse de l'après-midi,
11:29de différents profs s'il est au collège.
11:31Et si tous les questionnaires montrent un score qui est supérieur à la norme,
11:35là je me dis, le gamin, il n'est pas en train de nous prouver
11:38que dans la situation scolaire ou à la maison, il y a un problème,
11:41il est en train de nous dire que dans sa tête, en permanence,
11:43il n'arrive pas à s'en sortir.
11:45Et à ce moment-là, je pose des critiques de TDAH.
11:48Les symptômes doivent exister dans au moins deux lieux différents,
11:51comme l'école et la maison.
11:53Olivier observe aussi le comportement de l'enfant dès le premier rendez-vous.
11:58Mon bureau, c'est un piège à enfant TDAH.
12:01C'est-à-dire que j'ai sur mon bureau plein de petits gadgets
12:03de nature et découverte, des petits casse-têtes.
12:05C'est vraiment la caverne d'Ali Baba.
12:08Et ils adorent, ils prennent, oh, c'est trop bien,
12:09un enfant qui est juste à haut potentiel.
12:11Il prend le truc, il prend le casse-tête
12:13et il ne s'arrête pas tant qu'il n'a pas fini.
12:15L'enfant qui a un TDAH, il en prend un.
12:16Si au bout de deux secondes, il n'y arrive pas,
12:18oh, c'est trop bien.
12:18Il en prend un autre, il en prend un autre, etc.
12:21Et je vais vous dire un signe.
12:22Alors nous, on appelle ça un signe,
12:23on met signe pathognomonique, ça veut dire typique.
12:26J'ai un bureau, comme beaucoup de bureaux de médecins,
12:28avec un trou pour laisser passer le fil de la lampe.
12:31Je ne connais pas un enfant TDAH
12:33qui au bout de deux minutes,
12:34n'abandonne pas mes petits jouets
12:36et passe pas la main dessus, dessous,
12:38enlève le plastique, fais tomber le truc, etc.
12:40Le TDAH est souvent accompagné d'autres troubles.
12:43Moi, je suis devenu anxieux contre mon TDAH
12:45puisqu'il m'est tellement arrivé de galère
12:47alors que je ne pensais pas,
12:48mais que j'ai oublié, j'ai perdu des affaires,
12:50j'ai dit des choses que je n'aurais pas dû dire, etc.
12:52Donc on a toujours une inquiétude de mal faire,
12:55on a du mal à s'auto-évaluer,
12:56on ne sait jamais si ce qu'on a fait est bien ou pas bien.
12:58Et puis il y en a malheureusement des adultes
12:59qui ont plongé dans la dépression à cause de ça.
13:02Parce que de partout, je me fais rejeter.
13:05Donc je dois être nul, c'est la dépression.
13:07Mais aussi, on sait, pour des raisons qu'on n'explique encore pas bien,
13:11mais qui sont certainement des raisons génétiques,
13:13c'est que le TDAH voyage souvent accompagné
13:16et fait bon ménage avec la dyslexie
13:18ou avec la dyspraxie, c'est-à-dire la maladresse globale,
13:21voire avec le trouble du spectre autistique.
13:23Donc c'est dans ces moments-là que ça vaut la peine
13:25de se rappeler tout le temps que le TDAH,
13:28parfois, même assez souvent, est accompagné d'autres choses.
13:32Olivier est dyspraxique.
13:34En consultation, il arrive à parler aux enfants,
13:37parce qu'il est comme eux.
13:38Il donne d'abord des conseils à mettre en place dans l'éducation
13:41pour que ce soit adapté au TDAH.
13:44Et il essaye d'aider ses enfants
13:46pour qu'ils puissent apprendre à s'accepter, comme lui.
13:49Les anecdotes que je raconte, c'est du quotidien.
13:52C'est-à-dire, ne pas faire attention quand vous faites vos courses.
13:54C'est ma femme qui éclate de rire parce que j'ai deux chariots,
13:58parce que je n'ai pas pensé à détacher un chariot et je roule avec deux chariots.
14:01Prendre l'avion, c'est compliqué parce qu'il y a plein de trucs à faire,
14:04il y a plein de procédures.
14:05Dès qu'il y a des procédures, c'est compliqué.
14:06Donc on anticipe, je prépare des trucs,
14:09je sors ma carte d'embarquement pour ne pas perdre du temps.
14:12Je la mets sous le truc, ça ne marche pas.
14:14Et je vois le gars de la sécurité qui me regarde avec un air gentil,
14:18d'ailleurs, en me disant je respecte ta différence
14:20parce que ce n'était pas le laser pour la carte d'embarquement,
14:23c'était le gel hydroalcoolique.
14:24Vous voyez le truc, on ne fait pas attention à tout ça.
14:27Alors, quand on n'est pas fatigué, quand on est en forme, on y arrive.
14:29Mais alors, dès qu'on est un peu fatigué, l'inattention revient au galop.
14:33Et là, c'est compliqué et on peut perdre nos affaires.
14:35Aujourd'hui, Olivier vit beaucoup mieux son TDAH.
14:39Je pense que je suis content d'être TDAH
14:42et que je n'imaginerai pas ma vie autrement
14:45parce qu'au fil du temps,
14:47mais une fois encore au fil des galères que j'ai traversées,
14:50j'ai pu trouver des choses positives dans le TDAH.
14:54Je ne serais pas là pour vous parler, par exemple,
14:56si je n'étais pas TDAH.
14:57C'est ce que j'étais de vendre aux gens en leur disant
15:00ce n'est pas un drame d'être TDAH, c'est compliqué.
15:05Je comprends votre souffrance, je la partage, j'ai de l'empathie pour ça.
15:08Mais on va essayer d'en faire une force.
15:16Barbara, Olivier Revol a écrit ce livre,
15:18Heureux comme des TDAH, avec un autre médecin,
15:21le médecin médiatique Michel Cymes, qui est TDAH lui aussi.
15:25Oui, c'est ça.
15:26Et c'est Olivier Revol qui a diagnostiqué Michel Cymes.
15:29En fait, ils sont amis depuis longtemps.
15:30Et un jour, pendant qu'Olivier a préparé un livre sur les adultes TDAH,
15:34TDAH, il a demandé à Michel Cymes de témoigner.
15:38Michel Cymes n'a pas compris parce qu'il n'avait jamais été diagnostiqué TDAH.
15:42Mais Olivier, qui le connaît bien, était sûr de lui.
15:45Donc il lui a expliqué quels étaient ses symptômes.
15:48Michel Cymes a finalement pris un rendez-vous pour faire un diagnostic.
15:52Et Olivier avait raison, il est bien TDAH.
15:55Et cette expérience les a encore plus rapprochés.
15:58Merci Barbara Gouilly.
16:00Et ce livre, c'est donc Heureux comme des TDAH,
16:03publié chez Albin Michel, signé Olivier Revol et Michel Cymes.
16:07Cet épisode de Codesource a été produit par Clémentine Spiller et Thibaut Lambert.
16:12Réalisation Pierre Chafanjon.
16:14Codesource, c'est un nouveau podcast d'actualité chaque soir de la semaine.
16:18Et puis n'oubliez pas, chaque samedi matin,
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