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Depuis décembre dernier, plusieurs lots de laits infantiles, utilisés pour les biberons des bébés, ont été retirés de la vente suite à la détection d’une toxine potentiellement dangereuse pour les nourrissons. Entre décembre et février, trois décès de jeunes bébés ont été signalés, suite à la consommation de laits rappelés, même si aucun lien direct n’est établi à ce stade. Récit.
Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Anaïs Godard, Clara Garnier-Amouroux et Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network - Crédit photo : LP/ Aurélie Audureau.
Archives : Nestlé, France TV, France Info, RTBF
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#codesource #infantiles #lait #nourrisson #agroalimentaire #danone #nestle
Depuis décembre dernier, plusieurs lots de laits infantiles, utilisés pour les biberons des bébés, ont été retirés de la vente suite à la détection d’une toxine potentiellement dangereuse pour les nourrissons. Entre décembre et février, trois décès de jeunes bébés ont été signalés, suite à la consommation de laits rappelés, même si aucun lien direct n’est établi à ce stade. Récit.
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NewsTranscription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Est-ce que tout a été fait pour protéger les bébés ?
00:16Des produits ont été rappelés dans une soixantaine de pays.
00:18Après Nestlé, Lactalis, Danone, c'est au tour des marques Baby Bio et Popot
00:23de rappeler plusieurs lots de lait infantile premier âge.
00:26Depuis décembre, plusieurs grandes entreprises de l'agroalimentaire ont retiré de la vente
00:31des lots de lait infantile scellés destinés aux biberons des bébés.
00:36Nestlé d'abord, puis Lactalis et Danone, d'autres entreprises plus petites, sont également concernées.
00:43En cause, la présence potentielle d'une toxine, la céréulide, qui peut causer des vomissements
00:49parfois dangereux chez un nourrisson.
00:52Trois bébés sont morts après avoir consommé des laits concernés par la vague de rappel.
00:56Aucun lien n'est établi à ce stade, mais plusieurs enquêtes de justice ont été ouvertes
01:01et des familles ont porté plainte.
01:03Code Source fait le point sur cette affaire aujourd'hui
01:06avec deux journalistes du service Société du Parisien,
01:10Gwenaëlle Bourdon et Nicolas Béraud.
01:18Gwenaëlle Bourdon, le 12 février, dans Le Parisien,
01:21vous faites parler trois mères qui ont donné à leur bébé des laits infantiles
01:25qui ont été depuis retirés de la vente.
01:27D'abord, Morgane, est-ce que vous pouvez nous la présenter ?
01:30Oui, alors Morgane, elle est mère de six enfants, elle est mère au foyer.
01:34Son petit dernier est né le 30 août dernier et elle vit dans la Drôme.
01:38Racontez-nous ce qu'elle a vécu.
01:39Son petit garçon qui est âgé de quelques mois commence à être malade à la mi-octobre.
01:44Il est pris de diarrhées, de vomissements à répétition.
01:49Bon, alors ça, ça peut arriver à des tas de nourrissons.
01:51Souvent, on diagnostique une gastro-entérite.
01:54Enfin, là, ça persiste, ça dure plusieurs semaines
01:57et les symptômes vont durer jusqu'à début janvier,
02:00au point d'ailleurs de finir par lui causer une oesophagite,
02:03une inflammation de l'oesophage qui est très douloureuse.
02:07Et sa maman ne comprend pas ce qui se passe.
02:09Et ce n'est qu'en janvier qu'elle tombe un peu par hasard
02:12sur un article en ligne qui explique qu'il y a des rappels de laits infantiles
02:18parce qu'ils sont potentiellement contaminés.
02:21Et elle réalise à ce moment-là, en allant vérifier le numéro de l'eau sur la boîte qu'elle
02:26utilise,
02:26que le lait qu'elle a donné à son petit garçon, Eden, fait partie des laits rappelés.
02:32Alors, on va voir à la fin de cet épisode de Codesources
02:34comment tout s'est arrangé finalement pour Morgane et son bébé, Eden.
02:38Mais dans cette affaire, trois bébés sont morts en France.
02:42Le lien n'est pas encore établi entre CDC et les laits qui posent problème.
02:46On va y revenir.
02:47Nicolas Béraud, tout commence début décembre 2025
02:50quand on apprend que plusieurs laits infantiles, pour les biberons donc, sont retirés de la vente.
02:56Oui, il y a une première vague de rappels qui concernent dans un premier temps uniquement Nestlé,
03:00donc des marques de l'infantile du groupe Nestlé comme Guigoz.
03:03Ça passe un petit peu en catimini, à ce moment-là, ça ne fait pas beaucoup réagir.
03:08Et donc, pour certaines références, il y a certains lots qui sont rappelés début décembre.
03:12Il y a une deuxième vague, toujours pour des références de groupe Nestlé début janvier.
03:16Et puis, il y aura une troisième vague de rappels qui va être plus importante à partir du 21 janvier
03:20parce qu'elle va concerner d'autres marques.
03:22D'abord Lactalis et puis ensuite, sur la base de rappels volontaires,
03:26cette fois, les groupes Danone et Vita Germine.
03:28Gwenaëlle Bourdon, Nestlé, va ensuite expliquer que le problème a en fait débuté au mois de novembre, aux Pays-Bas.
03:34Oui, en réalité, le premier rappel date du 10 décembre,
03:38mais il fait suite à la détection d'un problème, d'une contamination,
03:42dans une usine de Nestlé qui est située aux Pays-Bas.
03:46Et c'est sur une ligne de production que les contrôles menés par l'industriel
03:52révèle la présence d'une bactérie, Bacillus cereus.
03:56Dans son premier communiqué en décembre,
03:59Nestlé explique que c'est une détection d'un niveau très faible de ce micro-organisme
04:04et qu'aucun cas de maladie n'a été signalé suite à la consommation de ce lait.
04:09Mais donc, c'est là où Nestlé procède à ce premier rappel,
04:12d'une référence de lait notamment qui est beaucoup donnée aux nourrissons qui viennent de naître,
04:17qui est un guigose opti-pro pour les 0,6 mois.
04:22Nicolas Béraud, c'est quoi cette bactérie qui a donc été détectée, Bacillus cereus ?
04:27Alors, Bacillus cereus, en tout cas les bactéries appartenant au groupe Bacillus cereus,
04:32elles sont présentes partout dans l'environnement, dans les sols, la poussière, l'eau, la terre,
04:37les insectes, mais aussi dans l'air.
04:39Quand elles sont sous forme de spores, c'est-à-dire en sommeil en quelque sorte,
04:42elles deviennent extrêmement résistantes.
04:44Elles peuvent du coup résister à des conditions atmosphériques assez extrêmes
04:49et elles peuvent contaminer énormément d'aliments.
04:51En particulier ceux qui sont riches en amidon comme les céréales, les végétaux secs,
04:56les féculents, les épices, etc.
04:58Mais aussi dans des produits laitiers et même dans la viande.
05:00Et cette bactérie est venue via une huile enrichie, c'est ça ?
05:03Oui, en fait, toutes les préparations de lait infantile,
05:06donc c'est un aliment qui est extrêmement contrôlé et réglementé,
05:09vu que c'est extrêmement sensible, qu'on le donne à des tout petits bébés.
05:12Tous ces laits infantiles doivent contenir un acide gras appelé DHA qui est essentiel pour la santé.
05:18Et en France, les sociétés savantes de pédiatrie recommandent aussi d'utiliser des laits infantiles
05:23qui comportent de l'huile enrichie en acide araquidonique, entre parenthèses ara, quelque part.
05:29Cet acide araquidonique, il est considéré comme très important par les pédiatres pour favoriser la croissance des bébés,
05:35leur développement cérébral, etc.
05:37Donc pendant leur première année de vie, c'est important de leur donner du lait infantile qui comporte cette huile
05:43enrichie.
05:43Le problème, c'est qu'il n'existe pas de fabricant en France de cette huile enrichie en acide araquidonique
05:49et c'est pour ça qu'on fait appel à un fabricant chinois
05:51et donc que de nombreux producteurs européens de lait infantile font appel à ce même fournisseur chinois.
05:57Et c'est donc dans cette huile enrichie qu'il y avait une bactérie de type Bacillus cereus.
06:02Dans quel genre de cas elle peut apparaître ?
06:04Elle peut apparaître dans énormément d'aliments parce qu'elle les présente un petit peu partout.
06:09Après, elle n'est pas forcément dangereuse en soi, elle ne cause pas forcément de problème,
06:12sauf quand elle se met à délivrer des toxines, des substances qui peuvent être plus problématiques pour la santé humaine.
06:18Et parmi les toxines produites par ces bactéries, il y a la toxine céréulide.
06:23C'est quoi et dans quelle mesure c'est dangereux ?
06:24Alors la toxine céréulide, elle peut être délivrée en quelque sorte par certaines souches uniquement de bactéries Bacillus cereus
06:31et uniquement dans des conditions favorables pour l'apparition de cette toxine en termes de température, en termes d'acidité,
06:38etc.
06:38Et quand ces conditions sont réunies, la bactérie peut produire cette toxine jusqu'à la produire dans des quantités suffisantes
06:45pour engendrer des symptômes, notamment digestifs, chez les personnes qui en consomment et en particulier les bébés.
06:52Je le disais tout à l'heure, d'après les autorités sanitaires françaises,
06:55trois bébés sont morts après avoir ingéré du lait venant de l'eau qui ont été ensuite retirés de la
07:01vente.
07:01Oui, ce sont les parquets qui communiquent parce que quand il y a un bébé qui décède
07:04et on ne sait pas pourquoi, les parquets, les autorités judiciaires ouvrent une enquête pour recharger les causes de la
07:09mort.
07:10Donc il y a une première enquête qui est ouverte à Bordeaux suite au décès d'un premier bébé,
07:13une deuxième à Angers et puis une troisième, on ne sait pas exactement où en France.
07:18Et le point commun de ces trois bébés décédés, c'est qu'ils avaient chacun consommé du lait concerné par
07:23le rappel
07:24et s'agissant de Bordeaux et d'Angers, c'était du lait de la marque Gigos du groupe Nestlé.
07:28Mais en revanche, et les trois parquets prennent bien soin de le rappeler à chaque fois,
07:31il n'y a pas à ce stade de lien établi entre le fait que ces bébés ont consommé du
07:36lait rappelé
07:37et le fait qu'ils aient eu des symptômes digestifs lourds, qu'ils aient été hospitalisés puis qu'ils soient
07:42décédés.
07:43Justement, Nicolas Béraud, il est particulièrement difficile d'établir un lien entre la mort d'un bébé et le lait
07:48qu'il a consommé, c'est ça ?
07:50Oui, parce que pour espérer établir un lien avéré, établi, il faudrait réussir à établir une correspondance
07:56entre la toxine céréolite qu'on retrouverait dans le lait consommé par le bébé
08:00et qu'on retrouverait aussi dans des échantillons du bébé.
08:03Le problème, c'est qu'il faut déjà avoir toujours le lot qui a été consommé par le bébé,
08:08donc pour chercher la toxine dedans, et il faut aussi pouvoir rechercher la toxine,
08:13soit dans les selles du bébé, soit dans son vomi, soit dans ses tissus.
08:16Et le problème, c'est qu'on n'est pas sûr de savoir faire, parce que c'est quelque chose
08:18d'un petit peu nouveau.
08:20Les microbiologistes disent que la toxine est détectable dans le vomi, mais pas forcément pendant très longtemps.
08:25Pareil pour les selles, donc on n'est pas sûr de pouvoir identifier la toxine dans les prélèvements du bébé.
08:30Et quand bien même on y arriverait, le ministère de la Santé dit aussi
08:33que ça ne prouverait pas que c'est la toxine qui l'a tuée, qu'il y a peut-être
08:37eu d'autres facteurs par-dessus.
08:38Donc peut-être qu'on ne saura jamais si ces trois bébés sont morts à cause des laits incriminés ?
08:42Très concrètement, on risque de ne jamais pouvoir affirmer à 100% que ces bébés sont morts à cause de
08:47ce lait intoxiqué.
08:49Gwenaëlle Bourdon, cette affaire concerne plusieurs grandes entreprises françaises ou bien implantées en France.
08:54Oui, alors la première entreprise à être concernée, on l'a dit, c'est le groupe suisse Nestlé
09:00qui lui-même prévient ensuite le réseau des industriels qui fabriquent des laits infantiles fin décembre.
09:06Et donc ensuite dans la foulée, il y a d'autres rappels qui vont être opérés par d'autres industriels.
09:12Le groupe Lactalis, qui est le numéro un mondial du lait et qui est un groupe français.
09:17Et puis ensuite, un autre groupe français, le groupe Danone, qui lui aussi est un poids lourd du secteur.
09:22Quelles marques de lait infantile sont concernées si on les classe en fonction de leurs producteurs ?
09:26Les lots rappelés sont des lots qui correspondent aux marques Guigoz et Nidal du groupe Nestlé,
09:32la marque Pico de Lactalis, les marques Blédilet et Galia du groupe Danone,
09:38et des marques moins importantes comme Baby Bio de Vita Germine et la marque en moins, qui est une petite
09:44marque française.
09:45Et Nicolas Béraud, la France est très loin d'être le seul pays concerné, il y en a une soixantaine.
09:51Oui, il y a beaucoup d'autres pays en Europe, des pays en Asie aussi, qui rappellent des laits.
09:55Et parfois, pour une même référence de lait, il y a un pays qui rappelle des lots,
09:59puis le lendemain, un autre pays, le temps que tout ça se mette en place.
10:02Et en fait, c'est logique, parce que le fabricant chinois qui produit de l'île enrichie dont on a
10:06parlé,
10:06il fournit des producteurs qui ensuite vendent des laits dans plein de pays différents.
10:11Donc c'est logique que ça devienne un rappel mondial.
10:16Gwenaëlle Bourdon, depuis le début de cette alerte sanitaire,
10:19que font les familles concernées avec les boîtes de lait en question ?
10:23Quel était le meilleur conseil ? Les rapporter ? Les jeter ?
10:26Alors, il va y avoir plusieurs consignes successives.
10:29Pour accompagner son premier appel, Nestlé conseille, par exemple,
10:33évidemment de ne plus donner le lait suspect à son enfant, ça va de soi,
10:37de prendre les boîtes concernées en photo, d'envoyer les photos aux fabricants
10:42pour pouvoir bénéficier d'un bon d'achat.
10:45Et puis Nestlé conseille à ce moment-là de jeter le lait suspect.
10:47Et ça, ça va faire réagir.
10:49Par exemple, l'organisation de consommateurs Foodwatch,
10:51qui accuse les industriels d'avoir tardé à réagir et à informer le grand public,
10:57invite assez vite les familles à conserver les boîtes de lait,
11:00en évitant évidemment de les donner aux enfants,
11:04mais de les conserver parce qu'elles estiment que ce lait
11:07pourra être éventuellement ensuite analysé dans le cadre d'une enquête.
11:12Nicolas Béraud, à partir du dimanche 25 janvier,
11:15les autorités sanitaires françaises ont abaissé à deux reprises
11:18le seuil de toxines céréulides tolérées dans les aliments pour bébés.
11:23Oui, parce qu'avec cette toxine, les taux de contamination
11:26qui étaient habituellement cités comme susceptibles de provoquer des symptômes,
11:30à environ de 5 à 10 microgrammes par kilogramme de masse corporelle,
11:34ils ne s'appliquent pas spécifiquement aux nourrissons.
11:37Donc les autorités françaises vont établir un nouveau seuil spécifique aux bébés
11:41et elles vont demander aux entreprises de ne pas dépasser ce seuil
11:46qui va être très bas, qui va être de 0,03 microgrammes par kilogramme de masse corporelle.
11:50Et cinq jours plus tard, le 30 janvier, il y a un nouvel abaissement,
11:53c'est-à-dire que les ministères de la Santé et de l'Agriculture
11:56communiquent un vendredi soir tardivement pour annoncer qu'elles ont anticipé une décision
12:01qui allait être prise par les autorités européennes
12:03et qu'elles retenaient un nouveau seuil encore plus bas de 0,014 microgrammes par kilogramme de masse corporelle
12:10et elles demandent à toutes les entreprises de s'y conformer.
12:13Autrement dit, les entreprises vont faire de nouvelles analyses sur leur lait
12:16et si elles s'aperçoivent qu'on dépasse ce nouveau seuil, il faudra rappeler le lait.
12:20Donc ça allait probablement déclencher de nouveaux rappels, vraiment par principe de précaution poussé à son extrême.
12:27Et donc il y a eu de nouveaux rappels à la suite de ces mesures de précaution.
12:31Gwenaëlle Bourdon, ses différents rappels successifs, j'imagine que tout ça a plongé de nombreuses familles dans le doute.
12:37Ça devient compliqué pour certains parents parce qu'ils peuvent découvrir que la marque qu'ils donnaient jusqu'à présent
12:42à leur bébé est concernée par un rappel.
12:45Donc ils vont changer une première fois de référence et puis ensuite il y a un nouveau rappel,
12:49donc ils peuvent en changer une deuxième fois.
12:51Or on sait que choisir le lait qu'on donne à son bébé, notamment dans les premières semaines de vie,
12:55c'est quand même quelque chose de délicat.
12:57Parfois d'ailleurs, hors de toute contamination, un bébé ne digère pas bien tel lait,
13:02donc on opte déjà pour un deuxième.
13:03Donc là ça devient un vrai casse-tête, une source d'angoisse, une difficulté de plus.
13:08Et puis alors il y a un autre problème, c'est qu'au fil des rappels,
13:12les supermarchés vont parfois enlever la totalité des boîtes d'une référence
13:16parce qu'ils n'ont pas le temps de trier par numéro de lot.
13:19Et donc on voit des rayons qui parfois se dégarnissent un petit peu
13:22et des parents qui voient disparaître une référence à laquelle ils faisaient jusqu'à leur confiance.
13:27Nicolas Béraud, dans l'un de vos articles pour le Parisien,
13:29un médecin raconte s'être senti bête pendant plusieurs semaines.
13:33En résumé, il ne savait pas quoi dire aux parents de nourrissons qui venaient le voir.
13:37Oui, parce que le ministère de la Santé a envoyé un message officiel à tous les médecins le vendredi 23
13:42janvier.
13:43Mais donc dans les jours et même les semaines précédentes, il y avait déjà eu des rappels de lait,
13:47il y avait déjà eu un certain nombre d'enfants qui avaient eu des syndromes digestifs,
13:52il y avait déjà eu la révélation que deux premiers bébés étaient morts après avoir bu du lait rappelé.
13:56Donc il y a beaucoup de familles qui posaient des questions légitimes à leurs médecins.
13:59Mais les médecins n'avaient pas encore les outils officiels pour répondre aux familles.
14:03Donc, à part en lisant ce qu'il y avait dans la presse ou en parlant entre eux,
14:07ils n'avaient pas forcément d'éléments tangibles à apporter aux familles.
14:09Et donc il y a l'un d'eux dans l'ouest de la France qui me raconte qu'il
14:12s'est senti un petit peu bête
14:13parce que face à des parents qui demandaient est-ce qu'ils doivent changer le lait de leur bébé, etc.
14:18Ils n'avaient pas tous les éléments pour y répondre et ils ont été rassurés
14:21quand ils ont reçu vraiment une communication assez claire, mais qu'ils ont estimé trop tardive.
14:25Gwenaël Bourdon, comment ont communiqué les grandes entreprises concernées,
14:29donc Nestlé, Lactalis ou encore Danone ?
14:31D'abord, il y a une communication réglementaire, c'est-à-dire que quand un industriel rappelle un lot,
14:36il doit communiquer, il doit donner les références du lot, expliquer la marche à suivre aux consommateurs,
14:43transmettre les informations aux autorités des différents pays concernés.
14:46Ça, c'est une première chose.
14:48Après, ce qu'on peut dire, c'est que le groupe Nestlé, qui a été donc le premier concerné par
14:51cette potentielle contamination,
14:52a réagi en janvier en postant des excuses présentées par son patron, Philippe Navratil, en vidéo.
15:03Bonjour, je suis Philippe Navratil, directeur général de Nestlé.
15:07Aujourd'hui, je veux vous parler franchement de ce qui compte le plus chez Nestlé,
15:11la sécurité et qualité de nos produits.
15:13Une petite vidéo dans laquelle ce responsable du groupe s'excuse auprès des parents pour l'inquiétude occasionnée.
15:23Avant que je ne donne plus de détails sur la situation, je veux tout d'abord présenter mes sincères excuses
15:28pour les inquiétudes et les perturbations que cela a pu susciter chez les parents et nos clients.
15:34De façon plus générale, les industriels vont communiquer au fur et à mesure pour justifier un peu le timing,
15:42le déroulement des différentes analyses auxquelles ils ont procédé,
15:46parfois pour expliquer pourquoi est-ce qu'il a fallu faire plusieurs fois des analyses,
15:50échanger de procédures d'analyse pour arriver à détecter la toxine.
15:53Voilà, ils vont tenter d'expliquer qu'ils ont fait les choses en temps et en heure,
15:57alors qu'ils sont la cible d'un certain nombre de critiques.
16:01Nicolas Béraud, est-ce qu'il y a déjà eu des précédents, des retraits massifs de lait infantile comme ça
16:06?
16:06Oui, ce n'est pas la première fois, mais ce n'est pas forcément lié à cette même toxine.
16:10Pour ne citer qu'un exemple, en décembre 2017, il y avait plus de 600 références de différentes marques,
16:16notamment Pico et Carrefour, qui avaient été rappelées à la fois en France et à l'étranger,
16:20mais à l'époque, c'était pour des suspicions de contamination à la salmonelle,
16:24donc voilà, une autre bactérie,
16:26mais ça avait entraîné des conséquences semblables avec énormément de références rappelées.
16:30Et puis ailleurs dans le monde, en 2008, il y a eu un scandale gigantesque en Chine
16:34avec du lait infantile contaminé cette fois à la mélamine,
16:36il y avait eu un bilan gigantesque de 300 000 enfants qui avaient été infectés,
16:41des dizaines de milliers d'entre eux hospitalisés et 6 qui sont décédés.
16:47Gwenaëlle Bourdon, on revient sur le cas de Morgane,
16:50que l'on évoquait au début de cet épisode de Code Source.
16:53Vous l'avez dit, elle a entendu parler de ce rappel massif de lait infantile en janvier.
16:59Qu'est-ce qu'elle se dit à ce moment-là ?
17:01D'un seul coup, les choses s'éclairent quand même pour elle,
17:03parce qu'elle s'interrogeait vraiment sur l'état de son bébé.
17:06Et du coup, elle va changer de lait.
17:10Et assez rapidement, les symptômes vont disparaître.
17:13Et vous avez interrogé une autre maman, Caroline,
17:16qui a vécu à peu près la même situation que Morgane.
17:18Caroline qui est architecte d'intérieur et qui vit à Bordeaux.
17:21Oui, et qui a eu aussi le sentiment pendant des semaines
17:24de ne pas comprendre ce qui est arrivé à sa petite fille,
17:26qui a à peu près d'ailleurs le même âge que le bébé de Morgane,
17:28et qui présente des symptômes qui sont assez inquiétants.
17:33Elle se tord de douleur quand elle prend son biberon.
17:36Elle régurgite, elle pleure beaucoup.
17:38À la fin, même, elle refuse de s'alimenter.
17:41Ses parents pensent à une allergie.
17:43Et puis finalement, en surfant sur Internet,
17:46en allant voir le site Rappel Conso,
17:48sa maman se rend compte que le lait qu'elle donne à sa fille
17:51fait partie des laits concernés par les rappels.
17:53Elle aussi va changer de lait et la situation de sa petite fille va s'améliorer.
17:57On l'a dit, dans cette affaire, il y a trois bébés morts,
17:59même si on ne pourra jamais probablement établir formellement
18:02le lien avec les laits qui ont été retirés.
18:05Morgane et Caroline, est-ce qu'elles ont eu peur, rétrospectivement ?
18:08Alors, elles ont eu peur et puis elles ont aussi un sentiment de culpabilité.
18:12C'est-à-dire qu'elles disent, toutes les deux,
18:15j'ai l'impression d'avoir intoxiqué mon bébé pendant des semaines et des semaines,
18:18alors qu'elles cherchaient à les soigner
18:20et à essayer de trouver les causes de ces symptômes.
18:24Je dirais que la peur n'a pas tout à fait disparu
18:27parce qu'elles s'interrogent sur de possibles séquelles
18:29et elles sont assez en colère.
18:33Gwenaëlle Bourdon, Morgane, dont on vient de parler,
18:35fait partie de plusieurs familles qui ont porté plainte.
18:39Est-ce qu'on sait pourquoi ?
18:40Qu'est-ce qu'elles dénoncent aujourd'hui, ces familles ?
18:42Alors oui, il y a plusieurs familles qui ont décidé de déposer plainte
18:45avec plusieurs collectifs ou associations différentes.
18:49La première plainte a été déposée par l'organisation Foodwatch
18:53avec huit familles, une plainte pour mise en danger
18:57et atteinte à l'intégrité physique des nourrissons,
19:01tromperie aggravée, manquement aux obligations de sécurité.
19:04Et peu de temps après, il y a donc ce collectif Intoxalim
19:08qui dépose plainte également pour mise en danger délibérée,
19:12maintien en circulation de denrées dangereuses.
19:14Et puis il y a une troisième association,
19:16l'Association pour la santé des enfants,
19:18qui a également déposé plainte pour mise en danger d'autrui,
19:21homicide involontaire.
19:23Donc de façon générale, ces associations,
19:25ces organisations et ces familles
19:27estiment que les industriels n'ont pas fait suffisamment
19:29pour la sécurité des bébés.
19:32Nicolas Béraud, on en est où aujourd'hui ?
19:34Est-ce que cette affaire est terminée ?
19:35Ou est-ce qu'il peut y avoir d'autres retraits de lait infantile ?
19:38Alors le bilan, outre les trois bébés qui sont décédés
19:41après avoir consommé du lait rappelé,
19:43il y en a onze autres qui ont été hospitalisés aussi pour des symptômes digestifs
19:47après avoir consommé du lait rappelé.
19:49Il y en a un sur les onze qui est toujours hospitalisé dans un état stable.
19:53Il pourrait encore y avoir des rappels,
19:55parce que les fabricants peuvent procéder à de nouvelles analyses
19:57et peut-être détecter des lots avec de la toxine un petit peu au-dessus
20:01de ce nouveau seuil très abaissé.
20:03Donc il peut encore y avoir des rappels.
20:04Ce n'est pas fini.
20:05Et puis par ailleurs, on attend toujours les résultats des analyses
20:08qui ont été demandées par les parquets de Bordeaux, d'Angers et de Blois
20:12où des bébés sont décédés,
20:14pour peut-être y voir un petit peu plus clair
20:16si on retrouve des traces de la toxine
20:18dans le lait qui a été rappelé
20:20et qui a été consommé par ces bébés
20:21et dans justement ces bébés décédés.
20:29Merci Nicolas Béraud, Gwenaëlle Bourdon.
20:31Cet épisode de Code Source a été produit par Anaïs Godard,
20:35Clara Garnier-Amourou et Thibault Lambert.
20:38Réalisation, Julien Moncouquiol.
20:40Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
20:43Un nouvel épisode chaque soir de la semaine, du lundi au vendredi.
20:47Et puis le Parisien, c'est aussi Crime Story,
20:49notre podcast hebdomadaire consacré aux affaires criminelles.
20:52Crime Story, présenté par Claudia Prolongeau et Damien Delsenis.
20:56C'est parti.
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