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Comme des milliers d’enfants orphelins, Ghyslène Marin a été déplacée de force, dans les années soixante, depuis son île natale de La Réunion vers la métropole. Une histoire longtemps restée taboue, dans sa famille comme dans la société. Témoignage.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clémentine Spiler - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network

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#enfant #orphelin #orphelinat

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Connaissez-vous l'affaire dite des enfants de la Creuse ?
00:15Entre 1962 et 1984, plus de 2000 enfants réunionnais ont été envoyés en métropole
00:21pour repeupler les départements touchés par l'exode rural,
00:24notamment la Creuse, mais pas seulement.
00:26On a reparlé de cette affaire le 31 mai parce qu'une députée de la Réunion
00:31a déposé à l'Assemblée une proposition de loi,
00:35un texte destiné à indemniser les personnes victimes de ce déracinement.
00:40Parmi ces personnes, il y a Guylaine Marin, une enseignante de 60 ans.
00:44Avec son fils, Léo, elle a écrit un roman en 2023 inspiré de son histoire
00:49et elle témoigne aujourd'hui dans Codesources au micro de Barbara Gouy.
01:00Je rencontre Guylaine chez elle dans un bel appartement haussmanien,
01:03dans le 16e arrondissement de Paris.
01:06Elle préférait qu'on se rejoigne ici pour être dans sa zone de confort,
01:10car c'est difficile pour elle de raviver tous ses souvenirs.
01:14Guylaine est née en 1965 à La Réunion.
01:18Elle a trois frères et trois sœurs.
01:20Elle a trois ans lorsque ses parents disparaissent du jour au lendemain.
01:23J'ai perdu mes parents, mes deux parents, et de manière un peu inexplicable.
01:28Ils sont partis faire des courses et ils n'en sont jamais revenus.
01:31Personne ne pouvait rien expliquer, parce que personne ne savait.
01:34C'est une histoire qui a été très vite taboue, très vite sous silence.
01:41Les sept enfants de la fratrie sont placés à l'aide sociale à l'enfance,
01:45qui s'appelle la DAS à cette époque,
01:48alors que leurs oncles et tantes avaient pourtant manifesté l'envie de les accueillir.
01:52Guylaine et ses frères et sœurs sont donc pris en charge par la DAS
01:56et amenés en métropole, dans le Gers, à Saint-Claire,
02:00dans un établissement reconverti en orphelinat.
02:03Guylaine est la plus petite de sa fratrie et la plus grande à 13 ans.
02:07Les encadrants cherchent à faire adopter Guylaine et son frère,
02:11de un an son aîné.
02:13Ses autres frères et sœurs sont trop grands pour prétendre à l'adoption.
02:16De temps en temps, elle va donc dans des familles,
02:19pendant un week-end ou pendant une semaine de vacances.
02:25Ça ne fonctionne pas, le plus souvent.
02:28Je suis une petite fille perturbée, extrêmement perturbée.
02:32Je fais pipi au lit, toutes les nuits.
02:35Et les familles, elle est mignonne cette petite, mais c'est du travail.
02:41Et donc, je reviens.
02:43Guylaine a honte de ne pas réussir à se faire adopter dans une famille.
02:46À chaque fois, elle revient à l'orphelinat où elle est scolarisée.
02:51Quand Guylaine a 7 ans, une famille d'accueil d'enseignants l'apprend avec son frère.
02:55C'était une famille où il y avait beaucoup de violences verbales et physiques.
03:00Alors, ils avaient des convictions, c'est qu'un enfant, ça se dressait.
03:04Le terme élevé, ce n'était pas tout à fait ça.
03:06C'était vraiment du dressage.
03:07Et donc, on devait correspondre à l'esprit de cette famille.
03:12Alors, à la maison, on devait les appeler papa, maman.
03:14Mais dès qu'il y avait des personnes extérieures, ce ne sont pas nos enfants.
03:19Ce sont deux petits noirs qu'on a pris à la DAS.
03:21C'était incompréhensible pour nous.
03:24Les parents de cette famille la punissent parfois en lui disant de lire un livre.
03:27Pour Guylaine, c'est un enchantement.
03:30Grâce à la lecture, elle retrouve espoir.
03:32Là, je découvre un monde, un monde de personnages, d'émotions, d'enfants orphelins, comme moi.
03:39Je fais une association, je me dis, mais donc, ce n'est pas de ma faute tout ça.
03:43Parce que dans la littérature du 19e siècle, tous les enfants orphelins sont des enfants qui sont rejetés par leurs
03:48parents,
03:49qui sont dans des familles où on ne les accueille pas du tout.
03:52Ils sont battus, ils sont insultés, ils ne mangent pas à leur faim, ils sont traités comme des animaux, des
04:00chiens, des bêtes de somme.
04:02Et donc, à partir du moment où je découvre ces enfants-là, qui ont le même sort que le mien,
04:07tout s'éclaire.
04:09Au fond, ce n'est pas tant de ma faute que ça.
04:11Et la littérature, ça a été ce cheminement-là.
04:17Guylaine est inscrite dans une école publique où elle est l'une des seules enfants métisses.
04:22Une partie de ses camarades se moquent d'elle et lui lancent des injures racistes.
04:27Aux récréations, elle est très seule, mais elle réussit tout de même à se faire une amie.
04:32Alors j'arrivais toujours à me faire une amie.
04:35Une amie avec qui c'était une catastrophe, toujours pour cette amie, parce que j'étais dans une relation très
04:39fusionnelle.
04:40Et puis c'était exclusif, je ne la quittais plus. C'était ma bouée de sauvetage.
04:45Cette amie, elle était vietnamienne.
04:47Donc elle était perçue comme une étrangère, elle aussi.
04:51Mais sauf qu'elle, elle était dans une famille où elle était très heureuse.
04:55Donc elle ne s'accrochait pas à moi. Moi, je m'accrochais à elle, mais pas à elle.
04:58Qu'est-ce que j'étais heureuse, qu'elle soit là, qu'elle soit dans ma vie.
05:00C'est un peu comme dans les contes d'enfants où il y a toujours une amie providentielle, c'était
05:05vraiment ça.
05:06Au bout de cinq ans, les parents de cette famille d'accueil ne veulent plus s'occuper de Guylaine et
05:11son frère,
05:12notamment en raison de leur mauvaise note à l'école.
05:15Ils décident de les placer dans un centre dans le Lot-et-Garonne avec des éducateurs et des assistantes sociales.
05:21Pour moi, ce sont des années de lumière.
05:23De lumière où, bon d'accord, je suis très perturbée parce que tout ce qui a précédé, je ne peux
05:28pas...
05:29J'arrive, je suis totalement démolie.
05:31Mais dans cette démolition, j'arrive à percevoir ce que sont des gens bienveillants.
05:37Et cette bienveillance, elle est là, elle est incarnée par ses éducateurs, par le directeur du centre.
05:44Un homme absolument admirable.
05:46Et je découvre ce que c'est que d'être dévouée à des enfants, ce que c'est que de
05:51vouloir le bien.
05:53Même démolie, je perçois tout ça et ça m'aide à me relever.
06:03De ses 12 à ses 16 ans, Guylaine reste dans ce centre.
06:07Elle est avec son frère et les éducateurs les traitent bien.
06:11À 16 ans, elle réussit un concours pour devenir dactylographe,
06:14c'est-à-dire une employée chargée d'écrire des textes à la machine à écrire.
06:19Elle part à Paris pour exercer ce métier, mais au bout de quelques temps,
06:23elle s'inscrit dans un lycée pour adultes pour reprendre ses études.
06:26Elle veut se rapprocher de sa passion pour la littérature et elle devient professeure de lettres.
06:31À cette période, Guylaine se pose peu de questions sur ses origines.
06:35La plus grande de ses sœurs a fait en sorte de garder un lien avec leur famille insulaire restée à
06:40La Réunion.
06:41Et au début des années 90, à 27 ans, Guylaine décide tout de même de leur rendre visite.
06:47Ça a été très déstabilisant.
06:50Moi, je pensais que tout allait revenir, les souvenirs.
06:54Et en fait, il n'y avait pas de souvenirs.
06:56Il y avait une grande page blanche, il n'y avait rien.
07:00Le lien avec ma famille insulaire, il était très joyeux.
07:04Mais en même temps, je me suis rendue compte que je ne parlais pas le créole.
07:08Donc j'étais empêchée de comprendre tout ce que l'on me disait.
07:12J'attendais un retour affectif en moi et il n'y a pas eu de déclic affectif où je ne
07:19me suis pas dit « je suis chez moi ».
07:21Je n'étais pas chez moi.
07:25Après ce voyage, Guylaine n'essaie pas de se rapprocher de son passé, de ses origines.
07:30Elle décide d'avancer, de construire une famille.
07:33Elle a rencontré son compagnon à 24 ans dans une soirée et ils commencent tous les deux à penser à
07:39faire des enfants.
07:39À 32 ans, Guylaine devient maman.
07:43Son fils Basile né en 1997 et son fils Léo en 2000.
07:48Tout ça, ça s'est fait quand même à l'aide de psychothérapeutes.
07:53C'est impossible de sortir indemne de tant de souffrances.
07:59Puis quand on a le modèle de la maltraitance,
08:02C'est difficile de se dire qu'on est capable soi-même d'avoir des enfants, qu'on va les
08:09maltraiter à son tour.
08:12Ces enfants, je les ai voulus.
08:14Mais après un long travail fait sur moi-même, je n'aurais pas pu avoir d'enfance si je n
08:19'avais pas fait ce travail.
08:21Et pour expurger tout ce qui avait été toxique par le fait des autres.
08:27Malgré ces appréhensions, Guylaine se sent à l'aise dans son rôle de maman.
08:31Elle s'accomplit à la fois dans sa vie de famille et dans sa carrière de professeur.
08:38Et un jour, en 2012, elle entend parler des enfants de la Creuse.
08:42Ce sont des amis, et notamment un, qui me dit
08:46« Dis donc, j'ai lu un article dans Libération, il y a tout un dossier sur les Réunionnais.
08:50Et je me demande si tu ne fais pas partie de ce qu'on appelle les enfants dits de la
08:55Creuse.
08:56Je ne connaissais même pas cette appellation, je ne sais pas à quoi ça correspond.
08:58En plus, moi, je suis allée dans le Gers, donc la Creuse, ça ne me dit rien du tout.
09:02Mais je lis le dossier, puisque c'est un dossier, ce n'est pas un article, ce n'est pas
09:05un entrefilé.
09:06C'est un dossier assez complet, une enquête fouillée, une enquête d'investigation.
09:11Et là, oui, ça me saute aux yeux.
09:16Ça me paraît évident que mon histoire s'inscrit dans cette histoire collective.
09:21Je comprends beaucoup de choses.
09:23En lisant ces lignes, elle comprend.
09:25Dans les années 60, de très nombreux Français quittent les campagnes pour s'installer en ville.
09:31C'est ce qu'on appelle l'exode rural.
09:32Pour remédier à cela, entre 1962 et 1984, plus de 2000 enfants réunionnais sont envoyés en métropole pour repeupper les
09:42campagnes.
09:43Ces enfants sont placés dans de nombreux départements ruraux, comme la Creuse ou le Gers où Guylaine a grandi.
09:49Certains enfants ont été arrachés à leur pays et à leur famille en leur promettant un avenir meilleur dans l
09:55'Hexagone.
09:56Certains enfants ont été adoptés dans des familles aimantes, mais d'autres ont subi des sévices dans les orphelinats ou
10:02dans les familles d'accueil.
10:03En lisant ces lignes, Guylaine repense à sa grande sœur, marquée par cette enfance tragique.
10:08Elle a longtemps vécu en hôpital psychiatrique, puis elle s'est suicidée avant de pouvoir avoir des réponses à ces
10:14questions.
10:15Je comprends les souffrances de ma sœur aînée, qui a passé la moitié de son existence en hôpital psychiatrique,
10:22qui a connu des souffrances abominables, parce qu'elle, elle a été arrachée à son île.
10:29Moi, je ne me rappelle pas, donc c'est très confus.
10:34Pour elle, ce n'est pas du tout confus.
10:35Tout est très clair, et c'est quelque chose qu'elle n'a jamais accepté, qu'elle n'a jamais
10:41supporté.
10:41Elle a vécu un déracinement profond, autant intérieur qu'extérieur.
10:48Donc quand je lis ce dossier, je comprends que selon les âges, nous avons vécu des souffrances différentes.
10:59Guylaine comprend son passé.
11:01Elle demande à l'État un bordereau avec des informations sur sa naissance, mais il n'y a pas grand
11:05-chose.
11:06Elle ne cherche pas à creuser.
11:08Ses deux fils, un jour, après leurs 18 ans en 2018, décident de partir visiter la Réunion et de rencontrer
11:15leur famille maternelle.
11:17Basile et Léo rentrent avec de beaux souvenirs en tête, mais aussi avec beaucoup de questions.
11:23Léo, qui a toujours voulu devenir écrivain, aimerait écrire un livre avec sa mère sur ses enfants réunionnais.
11:29Elle accepte.
11:30C'était pour faire entendre la voix de ceux qui ne parleront plus, dont ma sœur,
11:36ou de ceux qui sont dans des hôpitaux psychiatriques, qui sont mutiques, qui sont empêchés de parler,
11:42parce qu'à un moment donné, la souffrance, la folie a pris le dessus.
11:46Pour ceux qui n'ont pas pu poursuivre de scolarité, qui sont devenus garçons de ferme, manœuvres agricoles,
11:56bonnes enfants, qui ont été corvéables à Merci, qui ont été traités sans dignité.
12:03Pour eux, il fallait leur donner une voix.
12:06Et je me suis dit, tu as toujours aimé la littérature.
12:10C'est à ton tour d'utiliser ta voix, conjuguée à celle de Léo, qui voulait depuis toujours devenir écrivain
12:19lui aussi.
12:20Donc, nos deux voix conjuguées pouvaient faire entendre toutes ces voix, ou disparues, ou mutiques.
12:29Pour parler de toutes ces histoires singulières, Léo et Guylaine décident de ne pas écrire ce livre sous forme de
12:35témoignage,
12:35mais plutôt d'écrire une fiction.
12:38Ils replongent dans des tonnes de témoignages et de documents, pour que leur roman soit le plus juste possible.
12:45Guylaine commence aussi à partager son histoire autour d'elle, et à l'évoquer avec ses frères et soeurs.
12:50À ce moment-là, ils ont encore du mal à en parler.
12:53Mais petit à petit, ils commencent à accepter de se replonger dans leur histoire familiale.
12:58Ça nous a rapprochés parce que ça nous a permis d'en parler.
13:01Et vous voyez, mon frère, celui avec lequel je me suis toujours trouvée, maintenant nous en parlons.
13:08Nous en parlons, ce n'est pas un sujet tabou.
13:10Nous avons surmonté cette pudeur qui ne nous permettait pas de parler.
13:16Parce que parler, c'est parler de sa souffrance, c'est parler de son désarroi, c'est parler des humiliations.
13:22Et maintenant, on peut se dire des choses qui auraient été inimaginables il y a 20 ans, il y a
13:2810 ans encore.
13:29Après deux ans d'écriture, le livre de Guylaine et de Léo, L'enfant du volcan, sort en 2023.
13:36La même année, Guylaine retourne à La Réunion pour la promotion de ce livre.
13:40Et là, ça a été très différent, très très différent.
13:43J'ai éprouvé beaucoup de chaleur.
13:45Cet océan, c'était plus celui qui avait peut-être emporté mes parents.
13:49L'océan Indien pouvait devenir un site merveilleux, quelque chose de très beau.
13:54Le littoral pouvait être beau, alors que longtemps, pour moi, il avait représenté le lieu où mes parents avaient disparu.
14:01Guylaine a aujourd'hui 60 ans et elle se rend compte qu'elle a réussi à se rapprocher de ses
14:05origines grâce à ses enfants.
14:08Je pense que je suis réconciliée avec mon île.
14:11Je peux imaginer d'y retourner régulièrement.
14:16Je me dis qu'il me reste encore du temps devant moi
14:20et que ce temps peut me servir à peut-être à faire quelque chose même pour La Réunion,
14:25à écrire sur La Réunion à partir de ce que je suis maintenant.
14:42Barbara, est-ce qu'on sait ce qu'il s'est passé précisément entre 1962 et 1984 ?
14:47Qui a contraint tous ses enfants à venir vivre en métropole ?
14:51Ce qu'on sait, c'est que cette opération a été commandée par Michel Debré,
14:55qui était député de La Réunion à cette époque.
14:57C'est lui qui a voulu créer le Bumidum,
15:00le Bureau pour le développement des migrations dans les départements d'Outre-mer.
15:05Il a été créé en 1963, notamment pour trouver une solution
15:09au fait que La Réunion était de plus en plus peuplée.
15:12Et la solution trouvée a été de déplacer la population réunionnaise dans l'Hexagone.
15:17Ils ont misé sur la jeune génération en plaçant à la DAS les orphelins comme Guylaine
15:22ou en faisant signer des papiers à des familles qui ne savaient parfois même pas lire
15:26pour que leurs enfants partent en métropole.
15:28En fait, pour les convaincre, on leur promettait un avenir meilleur pour eux.
15:31Et est-ce que l'État français a reconnu sa responsabilité dans ce qu'il s'est passé ?
15:35En partie. En 2014, l'Assemblée a adopté une résolution
15:39qui reconnaît la responsabilité morale de l'État.
15:42À cette époque, on parlait de 1600 enfants réunionnais,
15:45mais aujourd'hui, on parle de plus de 2000.
15:47Et en 2022 aussi, une plaque commémorative a été installée à l'aéroport d'Orly,
15:51qui est l'aéroport où arrivaient les enfants avant d'aller dans les campagnes.
15:55Et aujourd'hui, une députée de la Réunion défend une proposition de loi
15:59visant à indemniser les enfants réunionnais qui ont été placés en métropole.
16:04Expliquez-nous ça.
16:05Le but de ce texte est de poser les bases d'un travail mémoriel.
16:08La députée qui est à l'origine de cette proposition de loi, Karine Lebon,
16:12voudrait mettre en place une journée commémorative en hommage à ses enfants.
16:16Elle voudrait également ouvrir un lieu de recueillement et de mémoire.
16:19Et l'autre sujet, c'est donc bien sûr l'indemnisation,
16:23dont le montant n'est pas établi et qui se présenterait sous forme d'allocation.
16:27Mais ce texte n'a pas encore été choisi pour être examiné dans les prochaines semaines à l'Assemblée.
16:32Merci Barbara Gouy.
16:34J'ajoute que le livre de Guylaine Marin et son fils Léo est intitulé
16:38L'enfant du volcan.
16:39Il a été publié chez Albain Michel.
16:41Cet épisode de Codesources a été produit par Thibault Lambert,
16:44Clémentine Spiller et Anaïs Godard,
16:47réalisé par Pierre Chaffanjon.
16:48Codesources est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:52N'hésitez pas à vous abonner sur votre plateforme d'écoute préférée,
16:56à nous laisser des commentaires et à partager.
16:58On vous invite aussi à écouter Crime Story,
17:00notre podcast hebdomadaire de faits divers.
17:03Chaque samedi, une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
17:06et Damien Delsenis, le chef du service police-justice du Parisien.
17:11Sous-titrage Société Radio-Canada
17:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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