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Après plusieurs semaines de blocage, la nouvelle version du Nutri-Score, le système d’étiquetage nutritionnel, vient d’être validée par le gouvernement. Récit.

Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert et Clara Garnier-Amouroux - Réalisation et mixage : Theo Albaric - Musiques : François Clos, Audio Network

Archives : France 24.

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#nutrition #nutriscore #alimentation

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:12Du A vert au E orange foncé, le Nutri-Score s'est imposé dans les rayons en France.
00:18Il avait été lancé en 2018.
00:20Ce système d'information sur les qualités nutritives des aliments
00:24est basé sur le volontariat des entreprises de l'agroalimentaire.
00:27Il n'est pas obligatoire.
00:28Son calcul vient de changer le 14 mars.
00:32Il devient plus strict.
00:33L'adoption de ce nouveau calcul a pris beaucoup plus de temps que prévu
00:37et les marques auront maintenant deux ans pour le répercuter sur les emballages.
00:42Codesources fait le point aujourd'hui sur le Nutri-Score et sur ce nouveau calcul
00:46avec Gwenaëlle Bourdon du service économie du Parisien.
00:56Gwenaëlle Bourdon, le 14 janvier,
00:58en janvier 2024, vous écrivez dans le Parisien qu'un nouveau Nutri-Score va bientôt entrer en vigueur.
01:03Nutri-Score plus sévère, mais en réalité, ça va prendre beaucoup plus de temps que prévu.
01:09Oui, les règles de calcul du Nutri-Score ont été révisées en 2023 sous l'égide d'un comité scientifique
01:15européen.
01:16Et pour que ce nouveau calcul entre en vigueur en France, il faut qu'un texte officiel, un arrêté, soit
01:23signé par plusieurs ministres.
01:24Et en janvier 2024, on pense vraiment que c'est une affaire de semaine.
01:27Et puis, en fait, on va attendre plus d'un an jusqu'à l'apparution de cet arrêté.
01:33Alors, on va voir pourquoi la signature de cette mesure, de cet arrêté interministériel, a pris autant de temps.
01:39Mais d'abord, on va remonter aux origines de ces petits logos présents sur une grande partie des emballages de
01:44biscuits ou de conserves.
01:45C'est un certain Serge Ergberg qui est considéré comme le père du Nutri-Score.
01:51Alors, c'est un médecin français qui est chercheur en nutrition, un universitaire.
01:56Et il a consacré l'essentiel de sa carrière à travailler sur les liens entre l'alimentation, la nutrition et
02:02la santé.
02:03Il a notamment participé à la création de ce qu'on appelle le programme national nutrition santé,
02:08qui est un programme sous l'égide du ministère de la Santé.
02:11Le fameux 5 fruits et légumes par jour, c'est lui.
02:15Et il est considéré comme l'un des pères du Nutri-Score, qui est donc une invention française.
02:20En 2014, il propose à la ministre de la Santé de l'époque, Marisol Touraine, 15 mesures pour doper la
02:25santé des Français.
02:26Et elle retient l'idée la plus marquante, c'est donc le Nutri-Score. Quel est le principe ?
02:31Alors, l'idée du Nutri-Score, c'est de traduire dans un logo visuel l'essentiel des informations sur les
02:37qualités nutritionnelles d'un aliment.
02:39Sur les emballages, vous avez ce qu'on appelle le tableau nutritionnel, avec plein d'inscriptions en tout petit sur
02:45le détail de la composition du produit, sa teneur en sucre, en sel, en gras, etc.
02:50Et avec le Nutri-Score, du coup, le client va pouvoir repérer d'un coup d'œil, parmi plein de
02:55produits similaires en rayon,
02:57celui qui va être considéré comme le meilleur pour la santé parce qu'il contient moins de sucre, moins de
03:02sel, moins de gras.
03:03L'enjeu est important en termes de santé publique. Est-ce qu'il y a beaucoup de maladies liées à
03:07une mauvaise alimentation ?
03:08Oui, les recherches scientifiques ont établi depuis assez longtemps qu'il y a un lien évident entre une mauvaise alimentation
03:13et des problèmes de santé,
03:14notamment le risque de développer des maladies cardiovasculaires, des cancers, du diabète.
03:19Et puis, le grand objectif affiché, c'est quand même de lutter contre le surpoids et l'obésité.
03:25L'obésité, ça concerne environ 7 millions de personnes en France.
03:28Concrètement, comment est-ce qu'on va pouvoir calculer le Nutri-Score ?
03:31L'idée, c'est de le calculer par le biais d'un algorithme qui prend en compte plusieurs données pour
03:37une même portion,
03:38une portion de 100 grammes, et on calcule la teneur en sucre, en sel, en graisse saturée.
03:44Mais ça va aussi tenir compte de points jugés positifs, par exemple la présence de fibres ou de protéines.
03:51Le texte sur le Nutri-Score est voté à l'Assemblée en décembre 2015, mais les débats ont été intenses.
03:57Et oui, parce que dès le début, l'idée de ce Nutri-Score suscite des réactions hostiles,
04:03et notamment au sein de l'industrie agroalimentaire.
04:07Ces industriels, ils estiment qu'un mauvais score, ça va pénaliser certains de leurs produits,
04:12que ce score est simpliste, qu'il n'est pas scientifique, etc.
04:16Et donc, le résultat de cette mobilisation, c'est que, dans un premier temps,
04:19la loi santé, qui va bien être adoptée après des débats en décembre 2015,
04:23elle instaure le principe d'un étiquetage nutritionnel, mais elle ne précise pas quelle forme il va prendre.
04:29Voilà, on sait simplement que ce sera un étiquetage basé sur le volontariat,
04:32donc tout fabricant est libre de la poser ou pas sur ses emballages.
04:37Après l'adoption de ce texte, j'imagine qu'il y a encore un débat, finalement, que certaines choses sont
04:41encore à négocier ?
04:42Oui, et alors du coup, il va y avoir toute une série d'initiatives.
04:46La grande distribution d'un côté, l'industrie alimentaire de l'autre,
04:49vont essayer de proposer leur propre système de score.
04:53Et il va y avoir toute une phase d'études préalables, de tests en magasin,
04:57avant qu'on décide finalement que l'étiquetage, ce sera celui du Nutri-Score.
05:02Et il est finalement officiellement recommandé par le gouvernement français au printemps 2017.
05:08Et à ce moment-là, pour l'aspect visuel de ce Nutri-Score, on s'inspire d'un exemple à
05:13l'étranger.
05:14Oui, c'est un système de feu tricolore qui existe en Grande-Bretagne depuis le milieu des années 2000.
05:20Et c'est un étiquetage qui permet de voir en un coup d'œil, avec des cases colorées rouges, oranges
05:26et verts,
05:26les qualités d'un produit, s'il contient beaucoup de sucre, de gras, de graisse saturée et de sel.
05:32Et le Nutri-Score, lui, il va opter pour 5 lettres colorées, du A vert jusqu'au E orange foncé.
05:41Alors une fois que l'arrêté est signé en France en 2017 et que la mesure entre en vigueur en
05:462018,
05:47comment réagissent les grandes entreprises de l'industrie agroalimentaire ?
05:51Certaines d'entre elles vont tenter d'allumer un contre-feu.
05:53Il y a 6 grands groupes, Coca-Cola, Mars, Mondelaise, Nestlé, Pepsi, Unilever,
05:59qui annoncent qu'ils vont lancer leur propre système d'étiquetage à nouveau.
06:04Ils vont finalement y renoncer, mais alors par contre, la plupart d'entre eux vont refuser catégoriquement d'utiliser le
06:10Nutri-Score.
06:11Il y a Nestlé qui va finalement changer d'avis et s'y mettre.
06:14Et puis, pendant ce temps, il y a par contre d'autres entreprises qui commencent à utiliser le Nutri-Score.
06:18Il y a Danone, Bonduelle, McCain parmi les premiers.
06:21Et puis, il y a des enseignes de la grande distribution, Auchan, Intermarché, Leclerc, Casino.
06:26Gwenaëlle, au sein des entreprises qui jouent le jeu, certains produits sont modifiés pour aller chercher un meilleur Nutri-Score.
06:34Par exemple, les céréales Chocapic qui sont produites par Nestlé.
06:38Oui, alors c'est un peu le deuxième impact qu'espéraient les créateurs du Nutri-Score.
06:41C'est influer sur les consommateurs, mais aussi sur les fabricants.
06:45Et l'exemple des céréales Chocapic, justement, le montre bien.
06:48Céréales au chocolat, très appréciées des enfants.
06:50Initialement, elles avaient obtenu le score C.
06:54Et le groupe Nestlé va retravailler sa recette au fur et à mesure pour arriver à grimper progressivement dans le
06:59classement jusqu'à décrocher une lettre A.
07:02Et évidemment, avec une lettre A, on séduit beaucoup plus les familles qui font très attention à ce que mangent
07:07les enfants au petit déjeuner.
07:08On l'a bien compris, le Nutri-Score est mis en place sur la base du volontariat.
07:11Gwenaëlle Bourdon, les chaînes de supermarchés sont dans l'ensemble investies dans ce système.
07:16Oui, elles s'y mettent assez vite en apposant le Nutri-Score sur leurs propres marques, ce qu'on appelle
07:20les marques distributeurs.
07:21Et aujourd'hui, à 98%, ces marques arborent ce logo.
07:26On sait pourquoi les supermarchés sont autant investis dans ce programme ?
07:29Ils ont compris qu'il y a une attente des consommateurs d'abord, qui veulent de la transparence sur les
07:33produits qu'ils achètent, qui sont soucieux de leur santé, de celle de leurs enfants.
07:37Et en fait, le Nutri-Score, qui a été rapidement adopté par les clients, c'est donc devenu un argument
07:42de vente.
07:43Et puis d'autre part, ça valorise aussi les marques des distributeurs.
07:47Et ça peut parfois aussi jouer en faveur d'une augmentation des achats de ces marques.
07:52Aujourd'hui, on estime que 60% environ du marché des produits alimentaires a adopté le Nutri-Score.
07:59Gwenaëlle Bourdon, beaucoup de consommateurs se sont emparés de ce système de notation.
08:04Oui, il suffit d'interroger les clients pour se rendre compte qu'en fait, une très grande majorité d'entre
08:07eux connaît le Nutri-Score.
08:09Alors, vous avez le client qui est atteint de diabète et qui, du coup, le regarde pour éviter de prendre
08:14des produits qui seraient mauvais pour sa santé.
08:15Vous avez des grands-parents qui choisissent les produits parce qu'ils savent que leur petit-fils fait attention au
08:22Nutri-Score et ne mange pas de produits classés C ou D.
08:25Donc, voilà, ils choisissent un peu en fonction.
08:28C'est vraiment devenu un guide d'achat et les gens l'utilisent couramment.
08:34D'un mot, le Nutri-Score, est-ce qu'il est adopté dans toute l'Union européenne ?
08:37Il faut rappeler que le Nutri-Score ne peut pas être obligatoire.
08:41Donc, il est officiellement recommandé dans six autres pays de l'Union européenne, comme la Belgique ou l'Espagne.
08:48Mais par contre, il ne fait pas du tout l'unanimité au sein des 27 pays de l'Union.
08:53Au moment où la Commission européenne réfléchissait à instaurer un système unique d'étiquetage nutritionnel,
08:59l'industrie agroalimentaire, à nouveau, a beaucoup réagi.
09:02Et là, pas seulement dans les frontières françaises.
09:04Et notamment, il y a eu une campagne très virulente menée en Italie.
09:08Le gouvernement de Giorgia Melloni a un peu pris la tête de cette campagne contre le Nutri-Score,
09:12en contestant sa valeur scientifique et puis en disant que ça allait menacer l'agriculture italienne.
09:17On sait si le Nutri-Score a des conséquences sur les ventes ?
09:20Oui, il y a des études qui sont faites régulièrement et qui montrent que les produits les mieux notés, A
09:25et B,
09:26peuvent voir leur vente progresser, alors que dans le même temps,
09:30des produits « mal notés » vont plutôt voir leur vente diminuer.
09:35Et alors, ce qui est intéressant aussi, c'est le résultat d'une étude qui est parue fin 2024.
09:39Elle montrait que parmi les produits les moins bien notés, donc qui obtiennent des notes D ou E,
09:46ceux qui affichent le Nutri-Score s'en sortent mieux que ceux qui ne l'affichent pas.
09:51Un peu comme si le client, en fait, choisissait le produit qui affiche clairement la couleur.
09:56Le Nutri-Score refait parler, lui, le plus célèbre des scores alimentaires affichés sur les emballages,
10:01change de mode de calcul en janvier.
10:04On en revient au début de cet épisode de Code Source, Gounaëlle Bourdon, début 2024.
10:08Le Nutri-Score a été modifié, recalculé. D'abord, pourquoi ?
10:13Parce que dès sa création, l'idée, c'était de le faire évoluer en fonction des connaissances scientifiques en matière
10:18de nutrition.
10:20Et donc, comme le Nutri-Score a été adopté et est officiellement recommandé dans six autres pays que la France,
10:26ils ont mis ensemble en place un comité scientifique transnational avec deux experts de chaque pays.
10:33Et donc, le travail de ce comité, c'est de mettre à jour l'algorithme de calcul.
10:38Et en 2023, ce comité décide donc de modifier ces règles de calcul pour pénaliser davantage la présence de sucre,
10:45de gras, de sel, d'édulcorant.
10:48Et ça va changer la donne pour toute une partie des produits.
10:51Concrètement, ça donne quel type de changement, par exemple ?
10:54Certains produits vont grimper dans le classement.
10:56C'est le cas, par exemple, de fromages à pâte dure qui sont peu salés
10:59ou d'huiles qui sont moins riches en graisses saturées, comme l'huile d'olive, l'huile de colza, l
11:04'huile de noix.
11:06Et inversement, il y a d'autres produits qui vont voir leur note se dégrader.
11:10Ça va être le cas, notamment, de nombreuses variétés de céréales de petit déjeuner.
11:15Les fameux Chocapic, qui avaient réussi à atteindre la note A,
11:18voient leur note à nouveau baisser à C, parce qu'ils sont encore jugés trop sucrés.
11:25Autre produit dont la note baisse, des yaourts à boire, notamment ceux de Danone.
11:29Oui, ça fait partie de toute une série de produits laitiers ou de laits végétaux,
11:34qui, eux, vont carrément changer de catégorie.
11:36Ils étaient classés dans les aliments, ils passent dans la catégorie boisson.
11:39Et de ce fait, ils vont être beaucoup plus pénalisés pour leur teneur en sucre.
11:43Et donc, c'est le cas, notamment des fameuses Actimels, des yaourts à boire Danonino.
11:47Les Actimels Multifruit, par exemple, qui étaient notés B, vont rétrograder jusqu'à la lettre E.
11:55Et c'est là que Danone, qui était favorable au départ au Nutri-Score, change de position.
11:59Alors, le groupe Danone estime que le nouveau calcul est injuste, en fait.
12:03Il dénonce le fait que ces yaourts sont désormais classés, parfois, au même rang que des sodas sucrés.
12:08Et il conteste la méthode de calcul.
12:11Et assez rapidement, à l'automne 2024, le groupe annonce qu'il va progressivement retirer le logo
12:17de toute une catégorie de produits, à commencer par ces fameux yaourts à boire.
12:22On l'a dit au début de cet épisode de Code Source, au mois de janvier 2024,
12:26l'arrêté interministériel est rédigé.
12:29Il est même public, disponible sur Internet.
12:31Mais ensuite, ça coince.
12:33Les ministres concernés ne le signent pas tous.
12:36Ça va prendre du temps.
12:38Oui, oui.
12:38Alors, en janvier, on parlait de quelques semaines.
12:40En fait, le texte est finalement disponible et prêt à être signé à partir du mois d'avril.
12:44Et puis, il n'est toujours pas signé.
12:46Alors, au sein du gouvernement, on va invoquer la situation institutionnelle.
12:49Vous vous rappelez, il y a la dissolution de l'Assemblée début juin.
12:53Ensuite, il y a des élections.
12:55Ensuite, il y a une période d'incertitude sur la formation du gouvernement.
12:57Puis, la censure du gouvernement Barnier.
12:59Mais début 2025, il n'est toujours pas signé.
13:03On sait pourquoi ?
13:04Alors, certains s'interrogent justement pourquoi ce blocage.
13:07Et le nutritionniste Serge Erkberg, qui est toujours très attaché à la promotion du Nutri-Score,
13:12va même dans une tribune s'interroger sur le fait de savoir si vraiment ce texte va être signé un
13:18jour
13:18et si certains ministres ne font pas un peu de la résistance passive.
13:21Montrée du doigt, la ministre de l'Agriculture, Annie Gennevard,
13:25le mercredi 5 mars, elle est interrogée au Sénat pendant la séance des questions au gouvernement
13:30et elle explique que l'arrêté est sur son bureau et qu'elle refuse de le signer.
13:34En effet, qu'est-ce qu'elle dit ce jour-là ?
13:36En fait, elle dit clairement pour la première fois qu'elle juge que le nouveau calcul du Nutri-Score pose
13:41problème.
13:42Elle regrette qu'il soit trop sévère avec les fromages, comme le Roquefort, le Comté,
13:47ou encore avec les salaisons, essentiellement les charcuteries.
13:51Elle ne dit pas qu'elle ne signera pas l'arrêté,
13:53mais elle dit qu'elle s'interroge sur ses marges de manœuvre pour corriger les effets négatifs.
13:58Ce n'est pas la première fois qu'elle exprime ses réticences vis-à-vis du logo.
14:02Quand elle était députée du Doubs, elle avait contribué à une proposition de loi
14:05pour que le Nutri-Score ne puisse pas s'appliquer au fromage AOP d'appellation d'origine protégée.
14:12À ce moment-là, comment réagissent les associations de consommateurs et de patients ?
14:16Elles sont indignées.
14:17L'organisation de consommateurs, Foodwatch, signe avec deux autres associations une lettre ouverte au Premier ministre.
14:23Il y a une pétition qui est lancée en ligne.
14:24Et ce que disent les associations, c'est que de telles déclarations ne sont plus acceptables
14:28dans une société où il y a des millions de personnes qui souffrent de cancers,
14:31de maladies cardiovasculaires, de diabète, etc.,
14:34qui sont liées en partie à une mauvaise alimentation.
14:37Et elles défendent à nouveau le caractère scientifique du Nutri-Score.
14:42Et finalement, neuf jours plus tard, le vendredi 14 mars, l'arrêté interministériel est signé,
14:48donc y compris par la ministre de l'Agriculture Annie Gennevard.
14:52Mais, Gonaël Bourdon, l'entrée en vigueur du nouveau Nutri-Score va prendre beaucoup de temps.
14:57Oui, parce qu'à compter de la publication de l'arrêté, en fait, les fabricants ont jusqu'à deux ans
15:02pour apposer le nouveau Nutri-Score quand la note a changé sur les emballages.
15:07Pour les consommateurs, du coup, ça va être un moment un peu flou
15:11parce qu'ils ne savent pas toujours si le Nutri-Score a changé.
15:15Et s'il a changé, ils ne savent pas forcément si le paquet qu'ils tiennent entre leurs mains
15:20porte le nouveau logo ou l'ancien.
15:22Il y a une recommandation de Santé publique France
15:24qui est d'ajouter un bandeau nouveau calcul quand on change le Nutri-Score.
15:29Mais c'est facultatif et il n'est pas dit que tout le monde le fasse.
15:32Mais, Gonaël Bourdon, beaucoup de gens ont pris l'habitude maintenant
15:35de regarder les qualités nutritives de ce qu'ils achètent.
15:38Oui, maintenant, il y a plusieurs sites ou applications
15:40qui permettent de connaître le Nutri-Score d'un produit.
15:44Par exemple, il y a le site Open Food Watch
15:46qui permet de connaître le Nutri-Score attribué à un produit
15:49même quand son emballage ne l'affiche pas.
15:51Il y a l'appli ScanUp.
15:53Et puis, il y a aussi maintenant des sites d'enseignes de la grande distribution
15:59qui de plus en plus affichent le Nutri-Score
16:02ou précisent quand des marques refusent de l'afficher.
16:04Donc ça, ça permet quand même aux consommateurs de se repérer un peu.
16:08Après, il y a aussi une multiplication des sigles
16:10sur la qualité d'un produit,
16:14ses valeurs nutritives pour la santé, etc.
16:17qui ne sont pas forcément le Nutri-Score
16:19et qui parfois peuvent un peu brouiller les repères.
16:28Merci Gwenaëlle Bourdon.
16:29Cet épisode de Code Source a été produit par Thibault Lambert
16:32réalisé par Théo Albaric.
16:35Code Source est le podcast quotidien d'actualité du Parisien.
16:39Un nouveau sujet chaque soir de la semaine du lundi au vendredi.
16:42Et puis, n'oubliez pas le second podcast du Parisien,
16:45Crime Story.
16:45Chaque samedi matin dans Crime Story,
16:47une nouvelle affaire criminelle racontée par Claudia Prolongeau
16:50et Damien Delsenie.
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