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Quatre membres de la famille du petit garçon ont été placés en garde à vue le 25 mars. Elles sont ressorties sans poursuites à ce stade. Code source fait le point sur l’enquête avec deux journalistes du service police-justice du Parisien : Damien Delseny (chef du service) et Ronan Folgoas.

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Barbara Gouy - Production : Thibault Lambert - Réalisation et mixage : Pierre Chaffanjon - Musiques : François Clos, Audio Network

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#petitemile #faitsdivers #enfant

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News
Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavie pour Codesource, le podcast d'actualité du Parisien.
00:11Les grands-parents maternels du petit Émile laissés libres après deux jours de garde à vue,
00:16aucune charge n'a été retenue contre eux.
00:19Même chose pour les deux jeunes oncles et tantes du garçonné qui avaient été placés en garde à vue
00:23le 25 mars pour homicide volontaire et recel de cadavres.
00:27La piste familiale malgré tout n'est pas encore refermée par la justice.
00:32Le petit Émile Soleil, deux ans et demi, avait disparu le 8 juillet 2023
00:36de la maison de vacances de ses grands-parents maternels,
00:39une maison située dans le hameau du Auvergnet dans les Alpes-de-Haute-Provence
00:43et plus tard des ossements appartenant à l'enfant ont été découverts au mois de mars 2024.
00:49Codesource fait le point sur l'enquête aujourd'hui avec deux journalistes du service police-justice du Parisien,
00:55Ronan Folgoas et Damien Delseni qui dirigent ce service.
01:06Les personnes qui ont été placées en garde à vue ont été remises en liberté
01:11parce que tout simplement, à l'issue de ces gardes à vue et à la lumière de l'ensemble des
01:15éléments réunis,
01:17les charges n'étaient pas suffisantes pour conduire à une mise en examen quelconque dans ce dossier.
01:24Les gardes à vue, en tout cas les déclarations, désormais vont faire l'objet d'une analyse minutieuse
01:29et nous verrons si elles sont en mesure d'éclairer ou de privilégier d'autres pistes de travail.
01:36Conférence de presse du procureur de la République d'Aix-en-Provence,
01:40le jeudi 27 mars au matin.
01:42Damien Delseni, on va y revenir, mais on reprend d'abord le film des événements de ces journées importantes
01:48pour l'enquête sur la mort violente du petit Émile Soleil.
01:51Ces gardes à vue, elles avaient été programmées puis décalées,
01:55programmées d'abord en raison de la découverte d'ossements du petit Émile.
01:58C'était il y a un an, le 30 mars 2024.
02:01Rappelez-nous ce qui a été découvert.
02:02Ce qui a été découvert par une promeneuse qui marchait sur un sentier en forêt moyenne montagne
02:08à environ 2 km de l'endroit où avait disparu le petit Émile dans le hameau.
02:14Cette promeneuse, elle va découvrir un crâne, un crâne humain.
02:17Elle va le porter à la gendarmerie et les gendarmes vont confirmer que ce crâne est bien celui du petit
02:23Émile.
02:23Ils vont donc retourner sur le site et ils vont découvrir d'autres ossements,
02:27mais très peu, pas la totalité du squelette du petit Émile.
02:30Quelques ossements notamment des jambes.
02:32Et ils vont découvrir à quelques mètres de ces ossements,
02:35une partie des vêtements également que portait Émile et notamment un t-shirt.
02:39Et le procureur de la République, Jean-Luc Blachon, a donc donné des précisions sur ce point, sur cette découverte.
02:44Oui, alors c'est plus que des précisions, ce sont de véritables révélations, de véritables nouveautés.
02:48Grâce à l'appui d'expertise scientifique, on est en mesure aujourd'hui de dire que ce corps,
02:54il n'a pas séjourné très longtemps à cet endroit.
02:57Qu'en fait, ces ossements, ils ont été déposés après avoir été stockés dans un autre endroit.
03:02Donc, le corps du petit Émile a été déplacé.
03:05Et donc, ça valide l'hypothèse et même la certitude qu'il s'agit d'un meurtre et non plus
03:10d'un accident.
03:13Et le procureur donne aussi des éléments sur les vêtements retrouvés.
03:16Oui, et des éléments très importants, scientifiques aussi.
03:19Il y a une analyse qui a été faite sur le t-shirt qui est retrouvé à côté des ossements
03:23du petit Émile.
03:24Et les experts, ils disent quoi ?
03:26Ils disent, ce t-shirt, il ne supporte pas, sur son textile, il ne supporte pas de reste humain.
03:33Conclusion des experts, ce t-shirt, il a été retiré au moment où le petit Émile est mort,
03:39stocké dans un endroit sec et ensuite déposé volontairement à proximité du corps.
03:44Donc, il ne s'est pas décomposé sur le corps.
03:47Donc, encore une fois, ça valide l'hypothèse d'une manipulation humaine
03:51de quelqu'un qui non seulement a déplacé le corps, mais a aussi manipulé les vêtements
03:55pour les déplacer, pour les remettre volontairement à proximité du squelette.
03:59Les conclusions de ces expertises, réalisées sur une durée de plusieurs mois,
04:03permettent désormais de considérer que les vêtements et les ossements retrouvés
04:07ont été transportés et déposés peu de temps avant leur découverte.
04:14Et autre point très important apporté par le procureur de la République,
04:19l'analyse du crâne donne des informations sur la mort de l'enfant.
04:23On avait peu d'espoir que le simple fait de retrouver un crâne assez abîmé
04:27puisse permettre d'avoir des conclusions,
04:29mais les expertises médico-légales très poussées qui ont été faites
04:33permettent de déterminer qu'il y a un traumatisme facial important.
04:37Ce sont les mots du procureur, c'est-à-dire que c'est probablement
04:39l'une des causes principales du décès du petit Émile.
04:42C'est un traumatisme facial important.
04:44Alors après, on ne peut pas préciser quelle est l'origine de ce traumatisme facial,
04:47mais en tout cas, c'est un enfant qui a subi un coup,
04:51plusieurs coups ou un choc très violent.
04:52Et ce qu'il faut rappeler, c'est que le crâne et le t-shirt de l'enfant
04:56ont été découverts deux jours seulement après une étape importante dans l'enquête.
05:01Il y avait eu une mise en situation dans le hameau du Haut-Vernay
05:04avec la famille et aussi avec des témoins.
05:06Oui, c'est effectivement capital.
05:08Il avait été décidé par les juges d'instruction de refaire,
05:11ce qui n'est pas vraiment une reconstitution judiciaire,
05:13mais en tout cas une remise en situation des personnes
05:15qui étaient présentes dans le hameau le jour et au moment de la disparition du petit Émile.
05:20Ça concerne à peu près 17 personnes qui ont été convoquées,
05:24effectivement des membres de la famille du petit Émile,
05:26mais aussi d'autres habitants.
05:27Et on avait donc envoyé des convocations à ces 17 personnes
05:30pour leur dire, voilà, il faut être là tel jour à telle heure
05:32parce qu'on va vous remettre dans la situation où vous étiez.
05:35Ça sert à vérifier les témoignages.
05:36C'est-à-dire, quelqu'un qui a dit, moi je me trouvais là et j'ai vu ça,
05:39la remise en situation, ça permet de se dire, est-ce que c'est possible ?
05:42Est-ce que cette personne peut avoir menti ?
05:44Est-ce qu'elle n'a pas vu ce qu'elle prétend avoir vu ?
05:46Voilà à quoi ça sert.
05:47Et donc, le 28 mars, on organise cette remise en situation
05:50qui est un moment important, puis qui a duré plusieurs heures sur place.
05:53Et deux jours après, on découvre ces ossements à deux kilomètres de là.
05:57Donc, la concordance des dates, elle est forcément capitale.
06:01Et surtout, on sait aujourd'hui que ces ossements,
06:04dont on sait maintenant qu'ils ont été déplacés,
06:06ils l'ont été juste avant la remise en situation.
06:09Ce qui peut amener à penser que quelqu'un qui a senti peut-être le danger venir
06:14parce qu'il l'avait stocké, il recelait le cadavre du petit Émile,
06:18s'est dit, oulala, il y a une remise en situation,
06:20il va y avoir des enquêteurs, des juges qui vont venir sur place,
06:22on va peut-être fouiller des endroits, il faut que je déplace le corps.
06:25Ça, c'est vraiment le plus probable.
06:30Et donc, les enquêteurs voulaient, à cette époque-là,
06:32placer en garde à vue notamment les deux grands-parents maternels d'Émile Soleil.
06:35C'est cette découverte qui a décalé les gardes à vue, c'est ça ?
06:38Tout à fait. La garde à vue du grand-père et de la grand-mère,
06:41elles étaient prévues d'assez longue date,
06:43elles avaient été programmées pour lever un certain nombre de doutes,
06:46pour poser un certain nombre de questions.
06:48Et effectivement, la découverte de ces ossements a bouleversé ce calendrier,
06:53du coup a retardé de plusieurs mois ces gardes à vue
06:56parce que les gendarmes se sont dit que l'urgence,
06:58c'était surtout évidemment de traiter cette nouvelle scène de crime
07:01avec ces ossements, ces vêtements,
07:03et qu'on pouvait essayer de faire parler ces os et ces vêtements
07:06et que ce n'était pas utile en l'état d'entendre à ce moment-là
07:09le grand-père et la grand-mère.
07:10Et ces gardes à vue finalement ont été reprogrammés
07:12pour le mardi 25 mars 2025
07:15et le Parisien a eu l'information très tôt.
07:18On a eu l'information quelques heures avant ce placement en garde à vue.
07:22On s'est forcément dit qu'il s'était passé quelque chose dans l'enquête
07:25pour motiver ces gardes à vue.
07:27Damien, il faut aussi rappeler que le grand-père d'Émile,
07:29Philippe Vedovini, il fait figure de potentiel suspect
07:32depuis le début de l'enquête pour plusieurs raisons.
07:35La première raison, elle est liée aux statistiques.
07:38C'est souvent la dernière personne qui a vu quelqu'un vivant
07:41qui est responsable de sa disparition.
07:44Donc Philippe Vedovini, c'est le grand-père,
07:45il a la charge et la surveillance ce jour-là du petit Émile,
07:48de son petit-fils qui est en vacances,
07:50et c'est effectivement l'un des derniers à l'avoir vu quitter la maison.
07:54Ce qui ensuite a amené les gendarmes à s'intéresser plus à lui
07:59qu'à d'autres personnes,
07:59c'est peut-être un comportement, un contexte.
08:03On l'a dit, Philippe Vedovini, c'est un patriarche,
08:06c'est quelqu'un qui a dix enfants,
08:07quelques petits-enfants aussi,
08:09et qui, de longue date,
08:10est quelqu'un qui semble être le leader de ce clan familial.
08:14C'est quelqu'un qui est aussi, dans le village où il vit en vacances au Vernet,
08:18a la réputation d'être quelqu'un d'assez dur,
08:21d'assez autoritaire,
08:22mais aussi d'assez renfermé.
08:24C'est-à-dire que cette famille,
08:24elle vit quasiment en vase clos au milieu de ce petit village.
08:27Donc, tout ça a fait que les gendarmes se sont plus intéressés à lui qu'à d'autres.
08:32Et ils ont découvert aussi, au cours de leur enquête,
08:34que Philippe Vedovini, dans le passé, dans les années 90,
08:37lorsqu'il était jeune et lorsqu'il était surveillant
08:40dans un établissement privé du nord de la France
08:42qui s'appelait l'Institut de Riaumont, dans le Pas-de-Calais,
08:46il s'est livré, apparemment,
08:47à un certain nombre de violences sur des élèves.
08:50En tout cas, il a été entendu dans une procédure judiciaire.
08:53Donc, le portrait d'un homme potentiellement violent,
08:56assez autoritaire,
08:57qui est l'un des derniers à avoir vu Émile vivant avant sa disparition,
09:01tout ça, ça motive que les gendarmes s'intéressent plus spécifiquement à lui.
09:06Ronan Fulgoas, pour le Parisien,
09:07vous êtes parti à la Bouilladis, dans les Bouches-du-Rhône,
09:10donc à une trentaine de kilomètres de Marseille.
09:12C'est là où vivent les grands-parents maternels d'Émile.
09:15Vous êtes donc en ligne avec nous, à distance.
09:18Est-ce que ce sont de nouveaux éléments d'enquête
09:20qui ont abouti à ces gardes à vue ?
09:22Alors, nous sommes à l'extérieur du bourg de la Bouilladis.
09:25Il faut comprendre que la maison des Vedovinis
09:27est située à à peu près 2 kilomètres du centre du village.
09:30On y accède par une route montante,
09:33typique d'un col de moyenne montagne.
09:35Et au bout de quelques hectomètres,
09:38il faut prendre à droite sur un chemin,
09:40une piste goudronnée mais truffée de nid de poule
09:42qui descend vers la maison.
09:45Cette maison est entourée d'autres habitations.
09:48C'est un peu une sorte de lotissement.
09:50Et lorsqu'on parcourt une cinquantaine de mètres
09:53sur ce chemin étroit goudronné,
09:55on accède enfin à la maison des Vedovinis.
09:59C'est une maison provençale typique
10:02avec un crépit ocre, des volets verts,
10:05une vaste bâtisse qui doit abriter,
10:07on le devine en tout cas,
10:09peut-être une dizaine de chambres.
10:10C'est une maison qui est entourée d'un vaste jardin
10:14et on observe à l'entrée sur la droite
10:16un enclos réservé à deux chevaux.
10:18Alors, que font les gendarmes
10:19quand ils arrivent à 6h du matin ?
10:21Ils signalent d'abord leur présence
10:24aux grands-parents d'Émile
10:26qui, à cette heure-là, on l'imagine,
10:28dorment encore.
10:29Et ils sont, Philippe Vedovini et Anne Vedovini,
10:32immédiatement placés en garde à vue.
10:34C'est-à-dire qu'on leur notifie leur droit.
10:36Ils ne sont pas extraits immédiatement de leur maison
10:39puisqu'il faut d'abord procéder
10:41à une perquisition en leur présence,
10:43une sorte de tour du propriétaire
10:45qui va se dérouler sur environ 2h,
10:48entre 6h du matin et 8h.
10:50L'un de leurs fils, présent également dans cette maison,
10:53âgé de 18 ans à peine,
10:54est lui aussi tiré de son lit
10:56et placé en garde à vue.
11:01Les gendarmes saisissent
11:02deux véhicules du grand-père d'Émile,
11:04une voiture et une remorque à chevaux.
11:06Au total, 4 personnes sont donc placées en garde à vue.
11:09Philippe et Anne Vedovini,
11:11leur fils de 18 ans,
11:12ainsi que l'une de leurs filles
11:13qui a une petite vingtaine d'années.
11:15Ces deux jeunes adultes avaient pour caractéristique
11:19d'être présents aux Auvernais
11:20au moment de la disparition du petit Émile.
11:23Ils constituent donc pour les enquêteurs,
11:25on le comprend, des témoins clés
11:27et peut-être aussi ont-ils participé
11:29au recel de son cadavre,
11:31au transport de son corps,
11:32peut-être à sa dissimulation.
11:34Mais ces deux jeunes adultes
11:35n'ont pas été placés au même endroit
11:37que leurs parents en garde à vue.
11:38Ces derniers sont placés
11:40dans les locaux de la section de recherche,
11:42à Marseille,
11:43alors qu'eux,
11:44ils sont envoyés
11:46dans une brigade de gendarmerie
11:47plus discrète,
11:48à Roquevers,
11:48près d'Aubagne,
11:49à quelques kilomètres de la Bouilladis.
11:51Les grands-parents,
11:52l'oncle et la tante d'Émile
11:53sont tous les quatre en garde à vue
11:55pour homicide volontaire
11:57sur mineur de 15 ans,
11:58c'est-à-dire mineur de moins de 15 ans,
12:00et recel de cadavres.
12:02Renan Folgoas,
12:03pourquoi ce motif de garde à vue ?
12:05Qu'est-ce que ça veut dire ?
12:06L'une des explications possibles,
12:08c'est que les enquêteurs
12:09tout simplement soupçonnent
12:10les uns et les autres
12:11d'être impliqués
12:13dans un homicide volontaire,
12:15c'est-à-dire que
12:16l'une des personnes concernées
12:18aurait pu donner la mort
12:19volontairement
12:20au petit Émile
12:21et que les autres,
12:22eh bien,
12:23auraient apporté leur concours
12:24pour dissimuler le corps,
12:27le cacher,
12:28le transporter éventuellement.
12:29Ça, c'est la première explication.
12:31La deuxième explication
12:32est plus technique,
12:34plus juridique.
12:35Cette qualification gravissime,
12:37s'agissant de la mort
12:38d'un enfant de deux ans et demi,
12:39pourrait être une forme
12:41de stratégie des enquêteurs.
12:43Pourquoi ?
12:43Parce que sous cette qualification
12:45d'homicide volontaire
12:46sur un mineur de moins de 15 ans,
12:47les suspects ne peuvent pas
12:50échapper à l'obligation
12:51de dénoncer
12:53le crime commis éventuellement
12:55par l'un de leurs proches.
12:56un enfant pour un crime
12:58commis sur un majeur
12:59n'a pas l'obligation légale
13:01de dénoncer éventuellement
13:03son frère, sa soeur,
13:05son père ou sa mère.
13:06Là, dans le cas présent,
13:07puisqu'il s'agit d'un mineur
13:08de moins de 15 ans,
13:09Émile a deux ans et demi,
13:10on le rappelle,
13:11eh bien,
13:11les uns et les autres
13:12ont l'obligation
13:13de dénoncer
13:14un éventuel crime
13:16commis par l'un des leurs.
13:18Ronan Folgoas,
13:19d'après vos informations,
13:21les enquêteurs
13:21qui ont placé
13:22la famille d'Émile
13:23sur Écoute
13:23ont constaté
13:25qu'il y a des divisions
13:26au sein de ses proches.
13:27Expliquez-nous ça.
13:28Des divisions
13:29ou des dissensions,
13:31c'est-à-dire que
13:31l'unité de façade
13:33affichée par cette famille
13:34très unie
13:35autour de leur patriarche
13:37Philippe Védovini,
13:3859 ans,
13:40cette harmonie
13:40a pu se fissurer.
13:42Et il y a notamment
13:43des divergences
13:44et des dissensions
13:45et peut-être même
13:46beaucoup plus que cela
13:47entre les parents
13:49Védovini,
13:50Philippe et Anne
13:50d'un côté
13:51et les parents d'Émile,
13:53Marie et Colomban
13:54de l'autre.
13:55Marie est l'aînée
13:56des époux Védovini.
13:57Elle avait confié
13:58la garde
13:59de son fils Émile
14:00ce week-end-là
14:01du mois de juillet 2023
14:03à ses propres parents.
14:04Il est aussi légitime
14:05d'imaginer
14:07qu'au fil du temps,
14:09elle ait fini
14:09par reprocher
14:10un manque de vigilance
14:11à minima.
14:12Et l'autre
14:13explication possible,
14:14c'est que Colomban
14:15et Marie
14:16ont peut-être eu
14:17aussi au fil du temps
14:18des doutes,
14:18des doutes
14:19de plus en plus
14:20affirmés
14:21à l'encontre
14:22de leurs propres
14:23parents ou beaux-parents.
14:24C'est en tout cas
14:25ce qui a pu affleurer
14:27dans certaines écoutes.
14:28On dit cela
14:28évidemment
14:29avec beaucoup de prudence.
14:32Damien Delceni,
14:33avec ses gardes à vue
14:34à ce moment-là,
14:35les enquêteurs
14:36espèrent faire parler
14:37les grands-parents
14:38qu'une parole se libère ?
14:39Il y a deux choses,
14:40il y a deux objectifs
14:41quand on place
14:42le grand-père
14:42et la grand-mère
14:43en garde à vue.
14:43c'est d'abord sans doute
14:44de leur poser des questions
14:46qu'on n'a pas pu leur poser
14:47jusqu'ici,
14:47qui sont d'ailleurs liées
14:48aux expertises assez récentes
14:50qui sont rentrées
14:50dans le dossier.
14:51Et puis,
14:53évidemment,
14:53quand on met quelqu'un
14:54en garde à vue
14:55pour meurtre,
14:55puisque c'est le cas,
14:56c'est qu'on a des soupçons.
14:58Donc évidemment,
14:59il y a une façon aussi
14:59de mettre une forme
15:00de pression sur le couple.
15:02Une garde à vue,
15:03on a entendu séparément,
15:04c'est un mot,
15:05on laisse des taux
15:05qui se referment.
15:06Donc oui,
15:07les gendarmes,
15:08une garde à vue,
15:08c'est toujours
15:09un moment important
15:10dans une enquête
15:13qu'on a sur la table
15:14et on va regarder
15:15comment ça répond en face,
15:17si ça se contredit,
15:18si ça craque aussi.
15:20Donc c'est tout l'intérêt
15:21de ces gardes à vue.
15:22Ronan Folgoas,
15:22pendant ce temps,
15:23à Marseille,
15:24devant les bureaux
15:24des gendarmes
15:25de la section de recherche
15:26où se déroulent
15:26les gardes à vue
15:27de Philippe et Anne Védovini,
15:29que disent leurs avocats ?
15:31Entre deux auditions,
15:33ces avocats sont contraints
15:34de lâcher
15:35bien quelques phrases
15:37pour les caméras de télévision,
15:38les micros
15:39qui se tendent
15:39à leur passage,
15:40mais ils ne peuvent
15:41rien dire sur le fond.
15:42Ils n'expliquent rien
15:44de la manière
15:45dont les enquêteurs
15:46font progresser
15:47leurs interrogatoires,
15:48simplement pour dire,
15:50c'est en tout cas
15:50la position tenue
15:52par Maître Colombani,
15:53l'avocate
15:54de Philippe et Anne Védovini,
15:55dire que son client
15:56coopère avec les enquêteurs,
15:58qu'il répond aux questions
15:59naturellement,
15:59que lui aussi
16:01aimerait faire progresser
16:02la vérité.
16:03C'est en tout cas
16:04ce qu'elle peut dire.
16:05On va reprendre
16:06ce marathon judiciaire
16:07et on va voir
16:08un petit peu
16:08les questions
16:09qui vont être posées,
16:10les réponses
16:10qui vont être apportées.
16:11Il a coopéré hier ?
16:12Est-ce qu'il a répondu
16:13aux questions
16:13aux enquêtes ?
16:14Il n'y a aucun souci
16:14là-dessus,
16:15coopération totale.
16:16Vous êtes surprise
16:17par la prolongation
16:18de notre 4 heures supplémentaires ?
16:19Non,
16:19elle était tout à fait prévisible
16:20dans ce genre de dossier.
16:23Vu la qualification,
16:25la prolongation
16:26est quasiment de droit.
16:27Damien Delsony,
16:28le jeudi 27 mars,
16:29très tôt le matin,
16:30les gardes à vue sont levées,
16:32les 4 gardes à vue.
16:33Et tout comme
16:34le jeune oncle
16:34et la tante d'Émile,
16:36ses deux grands-parents,
16:37Philippe et Anne Védovini,
16:39sont laissés libres.
16:40Oui, sont laissés libres
16:41à la fin de la garde à vue.
16:42Vous savez,
16:42en garde à vue,
16:42il y a deux options possibles.
16:44Soit on est déféré
16:45devant le parquet
16:47ou devant le magistrat instructeur,
16:48soit on est remis en liberté.
16:50Là,
16:50c'est cette option
16:50qui a été choisie.
16:51Ce qui signifie
16:52que les soupçons
16:53qui pesaient
16:54sur ces 4 gardes à vue
16:55ne sont pas assez lourds
16:57et surtout,
16:58il n'y a pas
16:58d'indices graves
16:59et concordants
17:00pour aller plus loin
17:01dans la procédure
17:02et pour les impliquer
17:03plus dans la procédure.
17:05Les grands-parents
17:06rentrent chez eux
17:07à la bouilladisse
17:08dans les Bouches-du-Rhône
17:09très tôt le jeudi matin.
17:10Les parents d'Émile,
17:12Colomban et Marie
17:13les rejoignent.
17:14Ensuite,
17:14contexte tendu,
17:16évidemment,
17:16le père du garçonnet
17:17semble très en colère
17:18contre la présence
17:19de photographes
17:20et de caméras sur place.
17:21Et à 10h30,
17:23le procureur
17:23de la République d'Aix-en-Provence
17:25tient une conférence de presse.
17:26À ses côtés,
17:27il y a un gendarme,
17:28un haut gradé
17:28en charge des investigations.
17:30Et d'abord,
17:31il rappelle tout le travail
17:32qui a été fourni
17:33depuis la disparition
17:34du petit Émile
17:35au mois de juillet 2023.
17:37Les opérations
17:38de ces derniers jours
17:39s'inscrivent
17:40dans le dispositif
17:40que nous avons mis en place
17:41depuis la disparition
17:42d'Émile Soleil.
17:43Un travail colossal.
17:45287 auditions
17:46menées depuis le début
17:48de l'enquête dans ce dossier.
17:5027 véhicules analysés,
17:51ça veut dire 27 véhicules
17:52qu'on n'a pas seulement fouillés,
17:53qu'on a un peu passé
17:54au peigne fin.
17:5650 perquisitions
17:56menées dans différents domiciles.
17:5938 perquisitions numériques.
18:00Alors, c'est quoi
18:00une perquisition numérique ?
18:01C'est des ordinateurs
18:02qu'on saisit.
18:04285 hectares de terrain
18:06ratissés
18:07presque centimètre
18:07par centimètre.
18:08Et enfin,
18:1060 expertises.
18:11Donc voilà,
18:11c'est une enquête
18:12très importante
18:13qui continue.
18:14La fin de ces gardes à vue
18:15ce matin,
18:16ça ne marque pas du tout
18:17la fin de l'enquête.
18:18Ce dont on est sûr
18:19grâce à ces expertises,
18:20c'est qu'aujourd'hui,
18:21la mort du petit Émile,
18:22elle n'est pas accidentelle.
18:24Ça, c'est une certitude
18:25qu'on a maintenant.
18:26Il y a deux options.
18:28Alors,
18:28la justice a ouvert
18:29pour meurtre,
18:30c'est-à-dire un homicide volontaire,
18:32c'est-à-dire quelqu'un
18:32qui a volontairement
18:33donné la mort au petit Émile,
18:34mais il n'est pas exclu
18:35aujourd'hui encore
18:36qu'on soit sur ce qu'on appelle
18:37des coups mortels,
18:38c'est-à-dire quelqu'un
18:39qui frappe Émile,
18:40qui n'a pas l'intention
18:41de le tuer,
18:41mais qui, en le frappant,
18:42le tue.
18:43Ces deux options-là,
18:43elles sont toujours ouvertes.
18:44Celle qui, par contre,
18:45est quasiment refermée définitivement,
18:47c'est l'accident.
18:52Deuxième point important,
18:54Damien,
18:54au-delà des informations
18:55qu'on a déjà évoquées
18:56au début de ce podcast,
18:57c'est-à-dire le fait
18:58que les ossements d'Émile
18:59semblent avoir été déplacés
19:00et déposés
19:01peu de temps
19:02avant leur découverte,
19:03en mars 2024,
19:04et le traumatisme facial
19:06important
19:07constaté sur le crâne
19:08du garçonné,
19:09le procureur de la République
19:11refuse d'écarter
19:12formellement
19:13la piste intrafamiliale.
19:15Nous avons approfondi
19:17la piste intrafamiliale.
19:19Alors, aujourd'hui,
19:20il y a une phase
19:21qui se termine
19:22concernant cette piste,
19:23ça ne veut pas dire
19:24qu'elle se termine
19:26définitivement.
19:26Il peut survenir
19:27au cours
19:28des investigations futures
19:29des éléments
19:31complémentaires,
19:31nouveaux,
19:32qui sont susceptibles
19:33de la prolonger.
19:34Évidemment,
19:35la question que tout le monde
19:35se pose,
19:36ces deux jours de garde à vue
19:37qui ne donneraient rien
19:39si on veut parler
19:40en langage populaire
19:40et donc on remet les gens dehors,
19:41ça ne veut pas dire
19:42qu'ils sont innocents.
19:43Ça veut dire que les soupçons,
19:44ils existent,
19:46toujours,
19:46aujourd'hui,
19:47mais qu'il n'y a encore une fois
19:48pas d'indice grave
19:49et concordant
19:50pour aller plus loin.
19:51Et quand il parle
19:52de la piste intrafamiliale,
19:53il en parle au sens large,
19:54c'est-à-dire que là,
19:56on avait quatre personnes
19:57de la même famille
19:58qui ont été entendues,
19:59qui ont donc été soupçonnées,
20:00mais ça peut peut-être
20:01concerner d'autres membres
20:02du cercle familial.
20:03Donc, bien sûr,
20:04que c'est une piste
20:05qui va continuer
20:06à être creusée
20:06en même temps
20:07que d'autres pistes
20:08qui sont d'ailleurs
20:08creusées en parallèle
20:09depuis le début.
20:10En tout cas,
20:10ce qu'on comprend
20:11en écoutant le procureur
20:12et ce gendarme,
20:13c'est que les quatre gardes à vue
20:14ont été décidées
20:15alors qu'il n'y avait pas
20:16d'éléments vraiment
20:17confondants
20:18pour l'une des personnes.
20:19Il n'y avait aucune preuve
20:22formelle, décisive,
20:23implacable
20:24qui existait dans le dossier.
20:25Mais comme ça fait déjà
20:26quand même plusieurs mois
20:27que les gendarmes
20:28et les juges d'instruction
20:29envisagent ce placement
20:30en garde à vue
20:31pour d'ailleurs
20:32aussi poser des questions
20:33qui ne peuvent être posées
20:34qu'en garde à vue,
20:35ils ont sans doute estimé
20:36que les expertises
20:38qu'ils avaient,
20:39un certain nombre
20:39d'éléments techniques
20:40qu'ils avaient,
20:41suffisaient peut-être
20:42pour obtenir quelque chose,
20:44faire plier
20:45l'un des membres
20:46de cette famille.
20:46Ça n'a pas été le cas.
20:47Donc ça ne veut pas dire
20:48qu'ils n'ont pas craqué
20:50parce qu'ils sont innocents.
20:51Ça ne veut pas dire non plus
20:52qu'ils sont coupables
20:54et qu'ils sont solides.
21:04Merci Damien Delsény,
21:05Ronan Foulgoas,
21:06Damien Delsény.
21:07On vous retrouve
21:07chaque samedi matin
21:08dans le podcast
21:09Crime Story
21:10aux côtés de Claudia Prolongeau.
21:12Cet épisode de Code Source
21:13a été produit par Thibaut Lambert,
21:15réalisé par Pierre Chaffanjon.
21:17Code Source
21:17est le podcast quotidien
21:19d'actualité du Parisien,
21:20disponible gratuitement
21:22sur toutes les plateformes
21:23dont Spotify et YouTube.
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