00:00Alors, qu'est-ce qu'on a vu depuis le retrait de Sarah Knafo, depuis la fusion des listes ou
00:04Seck-Bournazel ?
00:05C'est que la condition de l'union des droites, ce n'est pas une union d'addition, mais une
00:08union de soustraction et de neutralisation.
00:11Alors, je m'explique. On nous dit dès le début, ce qui était factuel, Rachida Dati est la seule à
00:16pouvoir gagner.
00:17C'est la seule qui pouvait l'emporter sur les droites, c'est la seule qui avait la capacité de
00:20fédérer.
00:21Cela dit, quelle droite représente-t-elle ? C'est moins une droite idéologique ou une droite programmatique qu'une
00:26droite d'affect.
00:27C'est la droite méritocratique, si on veut, c'est la droite bourgeoise, c'est la droite des beaucartiers,
00:32c'est la droite qui s'exaspère devant le côté gauche patchouli.
00:36Alors, ça, c'est cette droite-là, et elle pouvait rassembler.
00:39Mais à quelles conditions pouvait-elle rassembler ?
00:42D'abord, que Bournazel s'efface pour elle.
00:45Mais il acceptait de s'effacer à une condition, c'est qu'elle renonce de toute manière possible à la
00:50moindre union avec Sarah Knafo,
00:52et que jamais même elle ne vote avec elle dans les gestions municipales.
00:58Donc, voilà l'union des droites qui s'opère dans l'idée où il y a quelqu'un qui se
01:01dit
01:01« j'accepte de m'unir avec vous à condition que vous refusiez de vous unir avec elle »,
01:06sauf que, étape supplémentaire, la troisième, donc Knafo, est absolument essentielle
01:11pour que cette union soit politiquement efficace, pour que la droite ne se suicide pas dimanche prochain.
01:17Donc, dans cette logique, que proposait Mme Knafo ?
01:20Parce qu'on entend quand M. Bournazel dit « jamais, jamais d'alliance avec elle »,
01:24on doit dire des choses absolument terribles.
01:26Quel était le programme de Mme Knafo ?
01:28Pour l'essentiel, c'est une forme de programme néo-poujadiste, dans le bon sens du terme,
01:32et très libéral, donc un programme sécuritaire, un programme anti-saleté,
01:37un programme de restauration des conditions de base de l'existence municipale.
01:41Donc, Mme Knafo, hier soir, accepte de s'effacer.
01:44Mais, s'effaçant, elle trouve à renaître.
01:47Donc, comme quoi, la politique, vous savez, c'est une période de renaissance.
01:50Donc, elle s'efface, elle consent à disparaître,
01:53mais consentant de disparaître, elle devient celle qui rend possible l'union
01:56et la victoire, peut-être, demain.
01:58Dès lors, qu'est-ce que ça veut dire ?
02:00Ça veut dire que M. Retailleau la félicite.
02:02Donc, on a cette idée que la droite nationale, dans les circonstances,
02:05tout le monde juge qu'elle est essentielle,
02:07mais on jugera qu'elle est essentielle à condition qu'elle disparaisse,
02:09mais dès lors qu'elle disparaît, on reconnaît son sens des responsabilités.
02:12Tout cela est parfaitement normal.
02:15Déplaçons-nous un instant à Nice.
02:17À Nice, dans cette séquence-là, M. Retailleau, ce matin,
02:21tergiverse, on pourrait dire qu'il n'appuie pas de manière tout à fait enthousiaste
02:25la candidature de M. Estrosi.
02:27On comprend qu'il se met même à retrait.
02:28Il fait un nini, en quelque sorte, retaillant,
02:31en disant, je ne veux ni d'Estrosi, ni de Ciotti.
02:35À tout le monde, c'est le message qui est d'abord et avant tout compris.
02:37On le croit qu'il se met en retrait.
02:38Mais on oublie, entre-temps, que M. Ciotti s'est rallié à la bête immonde
02:41en se ralliant à Marine Le Pen, c'est-à-dire qu'il a rejoint le camp des pas gentils.
02:45Dès lors que fait la droite institutionnelle,
02:47dont le principal souci consiste à recevoir les compliments de la gauche médiatique,
02:51eh bien la droite institutionnelle s'en va sanctionner, M. Retailleau,
02:54en disant que c'est inacceptable.
02:56Et dès lors, qu'est-ce qu'on a vu aujourd'hui?
02:57On a vu M. Barnier et M. Larcher, notamment, rappeler leur soutien à Christian Estrosi.
03:03C'est au nom, en fait, de, je crois que c'est de la responsabilité, ils disent.
03:07Et M. Retailleau s'est corrigé, disons ça ainsi, en disant que les choses soient claires,
03:12parce que ce n'était pas en effet, que les choses soient claires.
03:15Ce matin, sur une autre chaîne, j'ai redit que je ne soutenais pas Éric Ciotti
03:19et que je désapprouvais son rapprochement avec le Rassemblement national.
03:23LR a conclu un accord avec Horizon.
03:25Donc, il nous dit que finalement, finalement, je résume,
03:28que finalement, il ne soutient pas Ciotti
03:31et il refuse de soutenir Estrosi
03:34tout en marquant une forme de préférence institutionnelle pour lui.
03:37Pendant ce temps, parce qu'on parle toujours d'union des droites,
03:39on voit comment ça fonctionne,
03:40eh bien Mme Laure Lavalette, on l'a vu hier,
03:43c'est une scène qui mérite d'être mentionnée,
03:45eh bien à Toulon, qu'est-ce qu'on entend dire,
03:47les gens qui se rassemblent contre elle,
03:48cette formule absolument remarquable, digne de livres d'anthologie,
03:51des phrases politiques les plus bizarres,
03:52on ne parle pas avec Mme Lavalette,
03:55on ne peut pas lui parler.
03:56Donc, dès lors, on décrète,
03:57imaginons que Mme Lavalette fasse quoi, 45%, 51%,
04:00ce n'est pas inimaginable.
04:01Nous avons ici une figure d'une liste de droite,
04:04contre elle,
04:05qui explique qu'on ne peut pas parler à cette dame.
04:07On ne peut pas.
04:07C'est comme, ce n'est pas hygiénique.
04:09Le problème, à travers cette logique,
04:11c'est est-ce qu'on peut parler à ses électeurs?
04:13On nous dit que oui.
04:14Donc, on m'expliquera un jour
04:14quel est le raisonnement tout à fait tortueux
04:16qui dit qu'on peut parler aux électeurs de quelqu'un,
04:18mais pas pour la personne qu'ils veulent élire,
04:20comme s'il n'y avait aucun lien entre les deux.
04:22Donc, à travers cela, qu'est-ce qu'on voit?
04:24Oui, maison de fous,
04:25mais ce qu'on voit, le point central,
04:27c'est que la droite ne peut s'unir
04:28qu'autour d'un programme minimaliste.
04:30On le constate.
04:31La droite arrive avec un programme du moindre mal.
04:33La droite arrive,
04:34au terme de ses contorsions,
04:36et bannissant sa frange la plus militante,
04:38la plus décomplexée,
04:39donc qu'on appelle la droite nationale,
04:41bannissant la droite nationale,
04:42elle se condamne à se placer sous influence,
04:44en fait, de la gauche qui fixera les termes
04:46de ce qu'est la droite acceptable.
04:48Le résultat des cours,
04:49c'est que tout ce que propose la droite,
04:50au municipal comme ailleurs,
04:52c'est de ralentir la catastrophe progressiste.
04:54Son programme consiste à dire
04:56nous sommes les réparateurs de la gauche.
04:58La gauche fait un désastre,
04:59de leur point de vue,
05:00nous réparerons,
05:01nous l'empêcherons d'aller trop loin.
05:02Notre objectif, par ailleurs,
05:03ce n'est jamais de déconstruire
05:05ce que la gauche a fait,
05:06ce n'est jamais de faire reculer,
05:08ce n'est jamais d'amener notre société
05:09dans une autre direction.
05:11Notre programme, ça consiste simplement
05:12à l'empêcher d'aller trop loin
05:14dans la prochaine étape.
05:15Ce qui fait qu'un résultat des courses,
05:16elle ne déconstruit jamais
05:17l'appareil technocratique de la gauche,
05:19elle ne baisse jamais vraiment les impôts,
05:22elle ne renvoie jamais vraiment
05:23les migrants qu'on pourrait juridiquement renvoyer,
05:25les OQTF et au-delà de ça,
05:26elle n'abolit jamais vraiment
05:28les subventions aux associations,
05:29elle n'abolit jamais vraiment les lois
05:31qui entravent la liberté d'expression.
05:33C'est ce qu'on appelle, je crois,
05:34la droite de gouvernement.
05:35Mais Mathieu,
05:36qu'est-ce qui sépare profondément
05:37les deux droites
05:38et fasse que l'interdit moral
05:39qui touche l'une
05:40soit repris par l'autre ?
05:42Alors, ça, c'est fascinant.
05:43On parle souvent,
05:44je l'ai souvent entendu,
05:45de l'hégémonie culturelle de la gauche.
05:47Mais le problème de ces formules
05:48qui semblent très éclairantes,
05:49c'est qu'elles sont tellement éclairantes
05:50qu'elles nous aveuglent.
05:51Et quelquefois,
05:51on oublie de creuser
05:52pour savoir ce que ça veut dire.
05:53Donc, qu'est-ce que c'est
05:54l'hégémonie culturelle de la gauche ?
05:56Ça réfère à la composition
05:58de l'espace public.
05:59Ça réfère aux règles
06:00qui structurent le débat politique.
06:02Et dans le débat politique
06:03qui est le nôtre,
06:04gauche et droite
06:05ne sont pas des équipes égales.
06:07On n'est pas avec un arbitre neutre
06:08et deux équipes égales
06:09sur un terrain
06:10qu'ils pourraient partager librement.
06:11La gauche,
06:12le point de départ
06:13du clivage gauche-droite,
06:15c'est que la gauche
06:16s'auto-proclame gauche
06:18et renvoie à droite
06:19tous ceux dont elle ne veut pas.
06:20Tant qu'on ne comprendra pas ça,
06:22on ne comprendra pas
06:22le clivage gauche-droite.
06:24Donc, c'est la gauche
06:24qui décide ensuite
06:25qui est la droite
06:26et qui est l'extrême droite.
06:28C'est la gauche qui dit
06:29vous, vous êtes de la droite respectable
06:30et vous, vous êtes de l'extrême droite.
06:32À partir de là,
06:33elle fixe l'environnement mental
06:35dans lequel tout s'évolue.
06:37Olivier Faure a eu une formule
06:38assez remarquable.
06:39Il a dit,
06:40je pense que c'est aujourd'hui,
06:41vous voyez comment,
06:41quand je parle de l'imaginaire
06:42antifasciste de la gauche,
06:44Retailleau assume Knafou,
06:46Attal assume Retailleau,
06:48Macron adoube Dati
06:49qui évoque ses points
06:50de convergence avec Knafou,
06:51Mme Knafou siège
06:53avec le pire de l'extrême droite
06:54au Parlement européen,
06:55des néo-nazis de l'AFD
06:56aux antisémites polonais.
06:58Toute la gauche doit se mobiliser
07:00et faire face à ceux
07:00qui ouvrent les portes du pouvoir
07:01à l'extrême droite en 2027.
07:03C'est du génie,
07:03cette phrase-là,
07:04vous en conviendrez.
07:05Donc, qu'est-ce qu'on voit
07:06avec cela?
07:06La gauche dit,
07:07vous êtes la droite,
07:08vous êtes l'extrême droite.
07:09Elle dit à la droite,
07:10vous ne demeurez respectable
07:11que si vous refusez
07:12de parler à l'extrême droite.
07:13Mais là, à travers cela,
07:14il faut que la droite accepte.
07:16Est-ce que la droite accepte
07:17ce déligne symbolique?
07:18Et bien évidemment,
07:19elle l'accepte.
07:20Donc, la fonction de la droite
07:21dite républicaine,
07:23son rôle,
07:24ça consiste à garder
07:25la frontière
07:26entre la droite
07:26dite républicaine
07:27et ce que la gauche
07:28appelle l'extrême droite.
07:29Et la condition
07:30de son acceptation sociale,
07:31je le redis,
07:32c'est de chaque fois
07:33bannir, frapper d'interdits
07:35tous ceux qui voudraient
07:36faire tomber
07:37cette frontière artificielle
07:38entre les droites
07:38en disant
07:39qu'il n'y a pas
07:39d'extrême droite,
07:40il n'y a qu'une droite nationale,
07:41elle ne mérite pas
07:42d'être diabolisée,
07:43elle ne mérite pas
07:43d'être nazifiée,
07:44elle ne mérite pas
07:45d'être bannie,
07:46elle est une composante
07:47légitime de notre coalition.
07:48Mais comme on l'a vu
07:49depuis le début
07:49de cet éditorial,
07:51tout le travail
07:51de l'Union des droites
07:52consiste à dire
07:52qu'on ne veut pas
07:53de cette composante
07:54pourtant essentielle
07:55la plus combative,
07:56la droite dite nationale.
07:57On peut ajouter
07:58un facteur à ça,
07:58donc j'ai dit
07:59que la droite
07:59a intériorisé
08:00les interdits moraux
08:01et mentaux de la gauche,
08:02on pourrait ajouter
08:03que la droite
08:04est généralement inculte.
08:05Ça, je pense
08:05que ça vaut la peine
08:05de le dire.
08:07Elle pense avec
08:07des mots de gauche,
08:08avec des concepts de gauche,
08:10avec des références
08:10historiques de gauche,
08:12donc il y a un prix
08:12à payer à n'être
08:13qu'une gauche pâle,
08:14une gauche au ralenti.
08:15Il y a un prix à payer
08:16à ne pas connaître
08:17sa propre histoire,
08:18ses propres traditions,
08:18ses propres valeurs,
08:19son propre univers mental.
08:20Autrement dit,
08:21il y a un prix
08:21à l'ablation
08:22de la fonction cognitive.
08:24Autre élément,
08:25la droite n'est pas
08:26très courageuse
08:27parce que son principal souci,
08:28elle est souvent bourgeoise,
08:29la droite,
08:30c'est l'acceptation sociale.
08:32Le prix à payer
08:33pour accepter
08:34d'être en désaccord
08:35avec les interdits moraux
08:36de la gauche
08:36et accepter de serrer
08:37la main des proscrits,
08:38ça peut représenter
08:39une peine de mort sociale
08:40qui, à droite,
08:41est prête à sacrifier
08:42ses véritables privilèges
08:43de ce point de vue.
08:44Et une partie de la droite,
08:45ne l'oublions pas,
08:46est sincèrement de gauche.
08:47Elle est moderniste,
08:48elle est progressiste,
08:49elle aime simplement
08:49un pour moins l'univers bureaucratique
08:51et souvent,
08:51elle est mondaine
08:52et bling-bling
08:52et elle ne veut pas
08:53véritablement
08:54de cette droite
08:54de gueux et de pouilleux
08:55qui parlent d'identité
08:56et qui font tâche
08:57dans le portrait.
08:58Si on revient à Paris,
08:59cette fois,
08:59la droite croit quand même
09:00pouvoir gagner,
09:01quels sont les espoirs
09:02de ceux qui votent pour elle ?
09:03Alors, il y a,
09:04depuis hier soir,
09:04on nous dit,
09:05une dynamique pro-Dati.
09:07Et c'est possible
09:07parce que là,
09:08la droite est unie.
09:09Donc, elle peut théoriquement gagner
09:10au-delà de la sociologie
09:11qui joue contre elle,
09:13au-delà de la démographie
09:14qui joue contre elle,
09:14elle peut théoriquement gagner.
09:16L'appel de Dati
09:17est plutôt efficace.
09:18Elle dénonce
09:19la gauche sectaire,
09:20c'est son terme.
09:21Donc, elle cherche
09:21à mobiliser ses troupes,
09:23elle consent la polarisation,
09:24elle consent même
09:25à une forme de radicalisation
09:26nécessaire
09:27en nommant son adversaire.
09:28Cela dit,
09:29que souhaitent les gens
09:30qui vont voter pour elle ?
09:31Quel est le minimum
09:33de droite en ce moment ?
09:34C'est stopper
09:35la tiers-mondisation
09:35de la ville,
09:36c'est restaurer
09:37la sécurité
09:38dans les transports,
09:39c'est stopper
09:40la multiplication délirante
09:41des HLM,
09:4240 % de HLM
09:43selon M. Grégoire,
09:44c'est éviter
09:45de faire en sorte
09:45que certains
09:46on pourrait dire
09:46que tout Paris
09:48se calque
09:48sur les arrondissements
09:49les plus insécuritaires.
09:50Nous verrons bien
09:51quel sera le résultat
09:52du débat ce soir,
09:53il y aura lieu,
09:54mais le fait est
09:55que la droite
09:55se contente
09:55d'un minimum vital
09:56dans les circonstances
09:57et elle y place
09:57toutes ses espérances.
09:59Sous-titrage Société Radio-Canada
10:00Sous-titrage Société Radio-Canada
10:03Sous-titrage Société Radio
10:03...
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