00:00Alors, il faut mentionner, vous avez raison de le dire, l'émotion populaire, c'est-à-dire qui a reconnu immédiatement, mais qui reconnaissait depuis si longtemps, en Brigitte Bardot, un symbole de ce que veut dire être français, un symbole de ce qu'a déjà été la France dans ses meilleures années au XXe siècle.
00:16Donc, le point de contact entre la tradition et l'émancipation, le point de contact entre la France d'hier ou de toujours et la France transformée par la deuxième moitié du XXe siècle, donc, elle présente une certaine idée de la France qui est très éloignée des préférences idéologiques et esthétiques de la gauche contemporaine.
00:34Deuxième élément, Brigitte Bardot était de droite. Ça, c'est impardonnable. Et non seulement elle était de droite, mais elle ne s'excusait pas de l'être, et plus encore, elle se désolait de la submersion migratoire, et elle avait des amis de droite qu'elle ne reniait pas non plus.
00:46Comme Alain Delon, et je note, soit dit en passant, ou comme Jean-Marie Le Pen, qui est un de ses amis plus jeunes, et je note que lorsque Jean-Marie Le Pen est mort début 2025, il était bien vu de cracher sur sa tombe.
00:55De la même manière, il n'y a pas eu de délai de trêve minimale de politesse pour la mort de Brigitte Bardot. On a voulu la salir. On l'a présenté comme une personne toxique, d'extrême droite, odieuse, qui se réduirait à la caricature que ses ennemis en faisaient.
01:10Donc ça, c'est ce qu'on pourrait appeler la première salve de ces critiques les plus haineuses.
01:15Mais il y a une deuxième frappe, un deuxième élément qui m'a frappé, si on disait, est-ce que c'est vraiment ça le visage de la France, sur le mode, celle qui fut autrefois la plus belle femme du monde.
01:25Je pense qu'on peut en convenir, c'est un élément factuel. Brigitte Bardot, plus belle femme du monde, oui.
01:28Tous les hommes regardent ça avec la langue un peu comme ça.
01:31Alors quoi qu'il en soit, il y a eu cette évidence, et là, on a l'impression que pour certains, cette valorisation du beau, cette valorisation de la beauté,
01:39cette valorisation de cette forme d'aristocratie naturelle qu'est la beauté.
01:43En dernière instance, il y a des gens qui naissent beau, d'autres qui naissent un peu moins et qui doivent s'embellir ou se désenlédir.
01:48La vie est mal faite, la vie est injuste, et elle, elle incarnait une suprême beauté.
01:52Est-ce que cette forme de beauté qui est sous le signe de l'inégalité n'est pas ce qui choquait aussi une partie importante de la gauche,
01:58autrement dit, dézinguer Brigitte Bardot, c'était dézinguer la beauté, l'aristocratie naturelle qu'elle représentait,
02:04comme s'il fallait tuer un privilège beau.
02:07Libération ne publiait-il pas récemment un article pour s'opposer à ce que vous venez de dire, justement, le privilège beau ?
02:14Absolument, j'ai lu le même article que vous en sautant dans les airs.
02:17Alors ça annonce un livre qui va sortir dans quelques semaines, je le lirai, c'est d'un philosophe Frédéric Spinnerny,
02:22j'espère ne pas massacrer son nom.
02:24Et il se désolait dans cet article, Libération le valorise de manière très, à la manière de un philosophe piquant et perspicace, je cite,
02:32« Nous avons une préférence pour les beaux, il est temps de mettre fin à cette injustice. »
02:37Donc là, la volonté totalitaire de déconstruire jusqu'à notre manière de désirer de trouver quelque chose beau ou non,
02:43eh bien, il veut s'en mêler.
02:44Et là, il le dit, ça ne sera pas simple, cela dit, déconstruire notre préférence pour le beau.
02:47Je crois qu'il y a peut-être des gens qui préfèrent le lait, mais ça, on appelle ça la gauche radicale.
02:50Je cite, « La diversité sociale ou culturelle est louable, nous avons encore du retard, mais il faut aller plus loin,
02:56véritablement sortir du cadre du plaisir esthétique, quitte à perdre des abonnés, de l'audience.
03:00Et c'est difficile et violent. Dans un système qui repose sur la captation de l'attention visuelle,
03:06notre fascination pour le beau et de l'ordre de la pulsion s'en débarrasser implique une forme de violence,
03:11un travail culturel colossal. »
03:13Eh bien, on est devant quelqu'un qui dit explicitement qu'il faut être violent pour vous empêcher de préférer la beauté.
03:19Violence revendiquée, violence nécessaire pour vous empêcher d'aimer le beau.
03:23De ce point de vue, on le trouve effectivement à la gauche, avec son culte inesthétique aujourd'hui de l'obésité morbide,
03:27la célébration du difforme, la haine de l'élégance, le désir du tatouage facial.
03:31Mieux vaut être également laid qu'inegalement beau.
03:34Si j'étais méchant, je dirais que la gauche radicale fait la promotion ici d'une partie de son membership.
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