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  • il y a 10 heures
Philippe De Gestas, ancien officier et sous-préfet, revient sur la free party sur un champ de tir militaire : «Il faut d'abord interdire l'accès au terrain identifié». 

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Transcription
00:00En plus, le hasard veut que mon premier poste comme sous-préfet était précisément
00:02directeur de cabinet du préfet du Cher, dont je connais parfaitement bien le département,
00:07qui accueille d'ailleurs assez régulièrement des rêves parties,
00:10et pas simplement au moment du printemps de Bourges.
00:12Alors, il y a deux cas de figure, évidemment, il y a les rêves parties ou les free parties autorisés,
00:16on ne va pas y revenir, parce que ce n'est pas le cas présent,
00:18et puis il y a celles qui se produisent de manière inopinée.
00:21Alors, inopinée, pas complètement, parce qu'en réalité, en général,
00:25on a des informations qui nous viennent du terrain, parce qu'il y a eu des repérages qui ont été
00:31faits,
00:31mais les organisateurs sont aujourd'hui extrêmement bien rodés,
00:36et sont capables d'aller repérer des lieux pour lesquels ils n'ont pas du tout l'intention
00:40de faire une rêve partie, pour attirer l'attention des pouvoirs publics,
00:43pour aller l'organiser ailleurs, ce que vous doutez bien que dans le cas d'un terrain militaire,
00:47si le moindre doute avait pu se présenter au pouvoir public, donc au préfet, à ses services,
00:53on serait intervenus en amont.
00:54Alors ensuite, ce qu'on essaie de faire, quand on a vent, avec un délai plus ou moins grand,
00:59c'est dans un premier temps, pardon, d'empêcher l'accès au terrain qui a pu être identifié.
01:05Notamment aussi, parce que ces terrains, ne l'oublions pas, sont des propriétés privées.
01:09Ici, c'est l'État qui est propriétaire, mais dans d'autres cas, vous avez les propriétaires privés,
01:12des agriculteurs, par exemple, dont on a eu un cas, je me souviens,
01:16peu de temps après ces incendies monstrueux qui avaient eu lieu dans l'aube,
01:19où il y avait eu une free party sur des terrains qui avaient été épargnés par l'incendie.
01:25Donc avec une inconscience totale.
01:27Donc on a des propriétaires privés dont le terrain, et on parle d'une bonne dizaine,
01:33voire plus d'hectares, est complètement ravagé lorsque la free ou rêve partie s'en va.
01:40À partir de là, si on n'a pas pu empêcher de façon non dangereuse pour l'ensemble de la
01:48population,
01:48y compris les intéressés, les teufeurs, la tenue de la rêve partie,
01:52eh bien il s'agit pour le coup, parce que c'est une obligation de l'État,
01:56de limiter en quelque sorte les nuisances qui peuvent se produire.
02:00En réalité, on ne peut pas tellement limiter les nuisances pour les riverains, notamment,
02:03tout ça se verra après, mais on est obligé de prendre en compte les dizaines de cas dangereux,
02:10les centaines, les milliers de cas dangereux, qui se présentent pendant ces quelques jours.
02:16Ça ne dure pas qu'une nuit, bien évidemment, on l'a compris.
02:18Tout cela en lien, donc, avec le commandant de groupement de gendarmerie locale,
02:24avec les pompiers, avec l'ensemble des secours, et tout ceci mobilise pendant plusieurs jours
02:33de nombreuses effectives gendarmerie ou police, selon le cas, ici on est en gendarmerie,
02:38mais également des effectives de pompiers, de secouristes, l'hôpital qui est mobilisé
02:43pour tout ce qui est urgence, etc.
02:45Et tout ceci mobilise des gens et, bien sûr, est à la charge de l'État et de ses services.
02:50Alors, du coup, la gendarmerie, quelle mission ? Je me tourne vers vous, puisqu'on l'a compris,
02:54pas d'intervention, c'est un choix de l'État, un choix qui peut interpeller,
02:58pas d'intervention musclée. Une fois que tout est mis en place, c'est quoi ?
03:01Ça va être une opération d'encadrement, Bruno Cézac ?
03:05Il y a plusieurs phases, je vais peut-être revenir un tout petit peu en amont.
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