00:00Vous savez, ça ne date pas d'hier. L'emprise de la gauche sur l'université est chose qui s
00:04'inscrit sur plusieurs décennies.
00:06En 1970, Jules Monroe, aujourd'hui oublié, avait écrit un livre qui s'appelait « Démarxiser l'université ».
00:12Autrement dit, il avait déjà constaté la conquête idéologique de l'université par la gauche radicale.
00:17Ce qu'on doit comprendre, c'est que la gauche a compris depuis longtemps que son objectif, c'était la
00:21conquête du pouvoir clérical.
00:22La conquête du pouvoir clérical dans une société, c'est la conquête du pouvoir médiatique et c'est la conquête
00:27du pouvoir universitaire,
00:29en quelque sorte, là où se forment les concepts qui, demain, gouverneront la société.
00:33Parce qu'on a tendance à l'oublier, on voit l'université comme une collection aujourd'hui de bouffons très
00:37souvent,
00:38mais dans les faits, à l'université, qu'est-ce qu'on voit? C'est là que se forgent les
00:41concepts qui, un, vont féconder l'univers social, l'imaginaire mental,
00:46et deuxièmement, les concepts à partir desquels fonctionne l'État.
00:49Je vais vous donner des exemples. Quand on parle d'identité de genre aujourd'hui, de blanchité, de racisme systémique,
00:54quand on voit l'extension infinie du concept d'extrême droite, mais qu'est-ce qu'on voit?
00:58Ça provient de l'université qui a produit cette espèce de nouvelle imaginaire qui s'impose à tous, notamment à
01:04ce qu'on appelle la droite.
01:06L'université ne produit non plus du savoir aujourd'hui, mais de l'idéologie et fait passer cette idéologie pour
01:12un savoir.
01:13Elle produit les diplômes ensuite qui viennent certifier ce savoir dans l'espace public.
01:18Ce sont des savoirs artificiels qui sont idéologisés, qui sont ensuite médiatisés,
01:24ce qui fait que toute cette semaine, vous l'avez peut-être remarqué,
01:26tous les experts qu'on avait sur les plateaux télé pour nous parler de ce qu'est l'extrême droite
01:29et puis l'extrême gauche,
01:30et puis ainsi de suite, ce sont tous des militants de gauche radicale qui sont maquillés en experts avec le
01:35titre universitaire.
01:36Ce qui fait qu'on évolue aujourd'hui dans un univers parallèle, en quelque sorte un univers mental parallèle,
01:41où on a une gauche qui est cléricale, qui est hégémonique sur le plan culturel médiatique,
01:47même si elle est minoritaire dans le pays, mais le véritable pouvoir aujourd'hui est moins politique que médiatique et
01:52clérical.
01:54Mais la droite n'a-t-elle pas cherché à contester ce monopole?
01:57Oui, ça fait longtemps qu'elle le cherche, mais elle n'y parvient pas pour une raison simple.
02:00C'est qu'elle a l'impression que ça se bat argument contre argument.
02:03Pensez-vous vraiment que vous vous débattez avec un homme de gauche radical, vous vous débattez avec lui,
02:06vous avez un argument, elle dit « Ah, vous avez raison, finalement, je vais changer d'idée. »
02:09Non, parce que la théorie, en fait, le travail stratégique à gauche depuis 30, 40, 50 ans,
02:15ça consiste à toujours expliquer qu'on ne doit pas débattre avec la droite qui ne serait que l'extrême
02:19droite,
02:19et on ne débat pas avec l'extrême droite, on la combat, c'est leur système mental.
02:23Donc, si ce qu'on appelle la droite veut intellectuellement peser,
02:26c'est davantage en créant d'autres institutions.
02:29C'est ce qui s'est passé aux États-Unis avec les think tanks.
02:31Les think tanks, c'était des institutions qui produisaient un savoir qui ne dépendait plus,
02:35de la certification idéologique universitaire.
02:38Ce sont des médias distincts qui ont la capacité de raconter le réel tel qu'on le voit
02:43et non pas tel qu'il est filtré par l'idéologie.
02:45C'est la capacité, autrement dit, de produire un récit du monde,
02:48une connaissance du monde, des faits du monde,
02:50une véritable science, un véritable travail médiatique,
02:52un véritable travail intellectuel.
02:54On comprend, cela dit, que ça ne va pas de soi aujourd'hui,
02:57parce que quand on cherche à faire cela,
02:58le régime cherche à mater les dissidents, encore une fois.
Commentaires