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  • il y a 2 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jérôme Guedj, député PS de l'Essonne.

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Transcription
00:04Bonjour Jérôme Guetj, un peu partout les listes socialistes ont fusionné avec les listes insoumises, qu'en pensez-vous ?
00:11D'abord je suis en colère parce qu'on ne va parler que de ça.
00:14Alors je ne vais pas évacuer le sujet parce qu'il est dans l'agenda politique.
00:18Mais ce sont des élections municipales et dans des centaines de villes, il y a des candidats de gauche qui
00:22n'ont pas fait ces alliances
00:23et qui d'une certaine manière sont interpellés sur celles qui ont lieu.
00:27Il y a ceux qui ont été cohérents parce qu'il y a eu une position du Parti Socialiste il
00:32y a 15 jours
00:32qui a dit pas d'alliance avec Jean-Luc Mélenchon du fait de ses relents complotistes et de ses propos
00:38antisémites inacceptables.
00:39Donc il y avait une position claire, en tous les cas moi je la prenais pour telle, et aujourd'hui
00:44il y a une sorte d'accommodement local.
00:46Je ne veux pas qu'à Paris, Emmanuel Grégoire qui fait une campagne remarquable,
00:51qui a été extrêmement précis sur le refus de l'alliance avec Sofia Chikirou,
00:57qui aujourd'hui doit faire face à une alliance de la honte entre Rachida Dati avec le soutien implicite ou
01:03explicite de Sarah Knafo
01:05et même Jordan Bardella qui appelle à voter pour Rachida Dati.
01:08Donc il faut qu'un candidat comme Emmanuel Grégoire y soit pleinement soutenu.
01:11Je pense évidemment à Benoît Payan qui lui aussi a été admirable de clarté et qui fait face au Rassemblement
01:18National
01:18et qui doit incarner justement cette cohérence et cette solidité.
01:22Je pense même que les bons scores que les deux ont faits, c'est parce qu'ils avaient eu cette
01:25clarté d'emblée de dire
01:26il n'y aura pas d'accord avec la France insoumise.
01:28Je pourrais vous parler de Mickaël Delafosse à Montpellier qui a combattu depuis des mois les insoumis.
01:34Nathalie Aperet et d'autres.
01:36Tout cela...
01:36Mais moi là vous citez 4 villes, je peux vous en citer 15, il y a une alliance.
01:40Ce que je veux dire c'est qu'il y a plein d'autres villes dont on ne parle pas
01:42sur lesquelles soit au premier tour
01:44parce qu'il y a eu...
01:46Vous savez je vais vous donner un seul chiffre et c'est ça qui m'agace profondément.
01:49Les insoumis au premier tour de l'élection municipale dimanche dernier, ils ont fait 650 000 voix en France.
01:55La gauche républicaine avec ses partenaires, elle a fait plus de 5 millions, 10 fois plus.
01:59Et pourtant de quoi on parle ?
02:00On parle du piège dans lequel les socialistes sont malheureusement tombés et ce qui me met en colère.
02:05Parce que moi la politique ça commence par des valeurs, ça commence par des principes.
02:09Celui qui consiste à dire pas d'accord avec la France insoumise.
02:12Vous savez moi ça fait 2 ans que j'ai dit ça, j'étais parfois seul à le dire.
02:16Et ça m'a coûté, ça m'a meurtri de dire ce que j'ai dit à mes camarades socialistes
02:20en disant il ne peut plus y avoir d'accord avec quelqu'un qui non seulement veut nous punir.
02:26Il a commencé l'élection municipale comme ça Jean-Luc Mélenchon, en disant il faut punir les socialistes.
02:31Et aujourd'hui on va lui faire des papouilles, on va valider la stratégie qui a été la sienne,
02:35qui a consisté à brutaliser cette élection municipale comme il avait brutalisé les précédentes élections,
02:40à faire des jeux de mots douteux sur les noms à consonance juive,
02:43à désigner tel ou tel à la vindique le maire de Saint-Denis traité de petit bourgeois visqueux.
02:48Ce n'est pas ça la conception de la politique.
02:50On ne peut pas dire que nous avons des désaccords de fond et des désaccords de forme
02:54avec la manière des Insoumis, de la direction des Insoumis, de Jean-Luc Mélenchon.
02:59Et moi j'en appelle aux électeurs de la France Insoumise, désemparés, j'en connais,
03:03qui me disent bah oui mais alors qu'est-ce qu'on fait là aujourd'hui ?
03:05Je leur dis bah l'alternative crédible, elle n'est pas dans cette fuite en avant,
03:10elle n'est pas dans cet isolement, elle n'est pas dans ce rabougrissement de l'espace politique.
03:16Et moi la gauche républicaine que je défends, celle que je veux avec d'autres portées notamment à l'élection
03:20présidentielle,
03:21elle ne peut pas au moment de 2026 dire dans un premier temps pas d'accord avec les Insoumis,
03:28puis après désaccord avec les Insoumis, qu'est-ce qu'on va dire de manière crédible à l'élection présidentielle
03:32?
03:33Or à l'élection présidentielle on a un problème, c'est que si Jean-Luc Mélenchon passe devant la gauche
03:38républicaine
03:38et s'il est au deuxième tour de l'élection présidentielle,
03:41alors c'est la certitude que Jordan Bardella gagne l'élection présidentielle.
03:44C'est pour ça que je suis en colère aujourd'hui, parce que ce qu'on fait ou ce qu
03:47'on ne fait pas
03:48dans ce moment crucial de la vie politique, moi je ne suis pas à dire que les municipales
03:51c'est distinct de la politique nationale, on ne peut pas avoir ce double discours,
03:56il faut être cohérent, ce qu'on ne fait pas à ce moment-là va nous coûter dans la clairvoyance
04:01et la clarté qu'on doit porter au moment de l'élection présidentielle.
04:04Quelques questions quand même Jérôme Gage, quand Olivier Faure dit pas d'accord national c'est de l'hypocrisie ?
04:11En tous les cas, à ce moment-là, moi je défends cette position et je pense en sincérité
04:16qu'on ne va pas ouvrir les digues et fermer les yeux, en politique il faut dire les choses, voilà.
04:22Moi j'ai assumé depuis deux ans cette confrontation, j'ai été candidat aux législatives en 2024
04:28en refusant l'accord avec le NFP, j'étais seul à ce moment-là, on était une poignée
04:32à assumer cette confrontation.
04:33Aujourd'hui le PSD ne peut plus y avoir d'accord national, on ne peut pas soutenir Jean-Luc Mélenchon,
04:38etc., mais on ne peut pas faire rentrer dans des conseils municipaux des gens qui dans
04:42quelques semaines aux élections sénatoriales vont être candidats contre des sénateurs.
04:46S'ils ne faisaient pas, les maires qui ont fait alliance à Toulouse, à Nantes, à Limoges,
04:50où vous voulez, s'ils ne le faisaient pas, ils risquaient de perdre quand on est de gauche
04:53et qu'on fait de la politique, on ne veut pas laisser sa mairie à la droite, vous vous dites
04:57vaut mieux une mairie qui passe à droite, à droite modérée, plutôt qu'une alliance
05:02avec les insoumis ?
05:02Moi je pense qu'il faut toujours être cohérent sur des principes qu'on a affirmés
05:06et je le redis, les maires là qui s'en sortent bien, en tous les cas les candidats
05:09à la mairie, Benoît Payan, Emmanuel Grégoire, ils ont été clairs sur leur position, etc.
05:14Jérôme Gachonnet, je vous laissez parler, ce n'est pas ma question, répondez-moi.
05:17À Toulouse vous voteriez François Picmal insoumis pour l'homme de droite modérée
05:20qui est Jean-Luc Moudinck ?
05:21En tous les cas je ne voterai pas pour la France insoumise, voilà.
05:24À Toulouse vous ne voteriez pas pour la France insoumise, c'est un crève-cœur.
05:27Et je sais qu'en disant ça, je ne vais pas me faire des amis.
05:29Mais vous savez, je vais vous redire une chose, l'intérêt général de la gauche républicaine
05:34que je défends, ce n'est pas la somme des intérêts particuliers de chacun des élus locaux.
05:38Vous exigez la clarté, je vous demande d'être clair, donc à Toulouse vous préférez
05:42Jean-Luc Moudinck à une liste socialiste et insoumise, dirigée par un insoumis.
05:45C'est un insoumis qui va être adoubé, moi j'essaye d'être cohérent, je ne,
05:53Carole Delga l'a dit dans les mêmes termes, je ne voterai pas pour la France insoumise
05:57dans ce type de situation.
05:59Très bien, en faisant ça, vous tenez des propos qui vont à l'encontre
06:01de ce que propose votre parti, pourquoi vous restez au PS ?
06:04Parce que la vieille maison, elle appartient à ceux qui sont fidèles à ses principes,
06:08qui sont l'intransigeance républicaine et la transformation sociale assumée.
06:12Et que moi, je n'aime pas la gaudille qui consiste sur telle ou telle adaptation
06:17à dire une chose une semaine et à dire le contraire.
06:20J'assume les risques que je prends en disant cela.
06:23Mais c'est ma liberté de parole et je pense que c'est ça dont on a besoin
06:27dans le débat politique.
06:28Des gens qui ne s'adaptent pas au gré du vent.
06:31Et que, je n'aime pas cette formule de Michel Noir, elle dit ce qu'elle dit,
06:36mais mieux vaut perdre une élection que perdre son âme.
06:39J'avais pris ce risque en 2024, j'étais bien seul.
06:42Et bien aujourd'hui, je pense que pour préparer notamment l'élection présidentielle de 2027,
06:47et si on veut être crédible quand on va dire aux gens qu'il y a un chemin
06:49de cette gauche républicaine, la vie politique, il n'y a pas un vide
06:52entre Jean-Luc Mélenchon d'un côté et le macronisme déliquissant de l'autre.
06:56Je pense qu'à ce chemin de cette gauche républicaine, écologique, sociale,
07:00que je porte et que je veux porter à l'occasion de l'élection présidentielle.
07:04Jérôme Guedj, en colère, invité des 4V ce matin.
07:07Merci à tous.
07:08Merci à tous.
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