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  • il y a 1 semaine
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme et président délégué du groupe RN à l'Assemblée.

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Transcription
00:02Bonjour à tous, bonjour Jean-Philippe Tanguy.
00:05Marie Le Pen hier a dit que même si elle n'était pas inéligible,
00:08elle ne ferait pas campagne si elle était condamnée
00:10et qu'elle devait porter un bracelet électronique au pied.
00:13Est-ce que vous vous résolvez à avoir Jordan Bardella comme candidat à la présidentielle ?
00:18Ce n'est pas une question de se résoudre à ce que Jordan Bardella soit candidat,
00:21car on sera très fiers qu'il soit candidat.
00:23C'est que nous croyons à l'innocence de Marine Le Pen,
00:26qui a aussi rappelé hier qu'en droit, elle estimait pouvoir être relaxée
00:30et que donc on espère qu'elle pourra être notre candidate
00:32et faire une vraie campagne de terrain évidemment.
00:34Qu'est-ce qu'elle a dit hier ?
00:34Vous y croyez vraiment ?
00:35Oui, j'ai aucune raison de ne pas croire à l'innocence de Marine Le Pen.
00:40Elle a dit aussi que si par hasard elle ne pouvait pas se présenter,
00:43elle ne jouerait pas un rôle de tutelle vis-à-vis de Jordan Bardella.
00:49Il devra donc se débrouiller tout seul ? Il y arrivera sans elle ?
00:52Oui, je pense qu'il y arrivera, mais c'est vraiment la preuve
00:55que Marine Le Pen est une femme d'État.
00:56D'ailleurs, elle a exposé cette doctrine, à savoir que quand vous êtes
01:00une leader politique, quand vous aimez votre pays,
01:03vous devez toujours prévoir la suite, un problème,
01:06et de ne pas croire que le pouvoir vous appartenait.
01:08Le plan B, comme Bardella.
01:08Oui, mais c'est quand même très rare, franchement, dans le paysage politique.
01:11Au-delà du fait qu'on soit ou pas à l'Assemblée nationale,
01:14il y a quand même très peu d'hommes ou de femmes politiques.
01:16D'ailleurs, c'est peut-être lié au fait que c'est une femme d'État
01:18qui pense à l'avenir.
01:20L'Assemblée a approuvé hier la loi fin de vie.
01:23Alors, pas grâce au Rassemblement national, 17 voix pour,
01:27dont vous, Jean-Philippe Tanguy, 102 voix contre.
01:3017 pour, 102 contre.
01:32Le RN, en dépit de vos efforts, reste très conservateur et frileux
01:37sur les avancées sociétales et finalement pas en phase avec la société.
01:41Je ne sais pas sincèrement, il y avait d'autres sujets
01:43où j'étais aussi un peu isolé dans ma famille politique,
01:45comme le mariage pour tous, par exemple.
01:48Si j'avais été député à l'époque, j'aurais voté pour.
01:50Là, c'était vraiment une question de conservateur
01:53contre d'autres visions de la société.
01:55Là, je crois que c'est pas...
01:55Donc, le RN a été conservateur.
01:56Je crois que sur la fin de vie, c'est différent.
01:58Je crois que sur la fin de vie, c'est vraiment une sensibilité
02:00qui n'est pas forcément liée à des valeurs conservatrices ou non.
02:03C'est sûr, à un certain nombre de garanties qui sont nécessaires.
02:06Beaucoup de mes collègues ont estimé que ces garanties
02:08n'étaient pas présentes.
02:09Moi-même, d'ailleurs, je vais vous dire,
02:10j'ai pu hésiter à voter pour ce texte
02:12par rapport à ce manque de garanties,
02:16à la société française,
02:17étaient plus importantes.
02:18Mais une grande majorité, l'essentiel de mon groupe,
02:21évidemment, a considéré
02:23qu'il y avait un certain nombre de prudences
02:25qui manquaient dans ce texte.
02:26Mais les Français sont assez massivement pour ce texte.
02:30Le RN est contre.
02:31Oui, mais le RN...
02:32Est-ce qu'on peut représenter les Français
02:34quand on est à ce point
02:36pas en phase sur des sujets très importants,
02:39pas en phase avec la société française ?
02:41Alors, je vous rappelle que la position du RN,
02:42c'était renvoyée par référendum.
02:44Donc, on ne voulait pas priver la société française,
02:46si elle voulait ce droit, d'accorder ce droit.
02:49Mais aussi, non, mais c'est intéressant, votre question...
02:50Vous, est-ce qu'ils ont voté au référendum ?
02:52Vos camarades ?
02:53Oui, mais le référendum, justement,
02:55ça prouve que nous ne sommes pas démagogiques.
02:56Parce qu'on accuse souvent le RN
02:58de vouloir toujours voter comme les électeurs.
03:00Vous voyez bien qu'on vote sur nos convictions.
03:02Et donc, comme on vote sur nos convictions
03:04sur ce sujet-là,
03:05on vote sur nos convictions sur tous les autres sujets.
03:07Donc, on n'est jamais démagogique.
03:08On dit ce qu'on pense.
03:09Et sur ce sujet-là,
03:11on aurait donné le pouvoir au peuple français.
03:13Comme ce sont beaucoup de sujets,
03:14et je crois que la société française
03:15aurait été beaucoup moins fracturée
03:17depuis des années
03:18si on donnait plus la parole par référendum.
03:20Vous avez dit hier,
03:21je crois que c'était sur RTL,
03:22on a un problème.
03:24L'ultra-droite essaye de nous infiltrer.
03:26Oui.
03:27Si ça tombe sur vous,
03:28et qu'ils ne vont pas au Modem,
03:30à Renaissance ou je ne sais où,
03:31c'est peut-être qu'ils se disent
03:31bon, ben, au RN,
03:32ils ne sont pas d'ultra-droite,
03:33mais ils sont au moins d'extrême-droite.
03:35Non, je ne crois pas.
03:35Et je crois qu'on devrait se méfier,
03:36effectivement,
03:37des infiltrations dans d'autres partis politiques.
03:39Parce que je pense, effectivement,
03:41que ces mouvements s'infiltrent
03:42de toute manière dans beaucoup d'endroits.
03:44Et il ne faut pas croire
03:45que c'est que au Rassemblement National.
03:46Et nous, au Rassemblement National,
03:47on fait le ménage de tous les personnes
03:49qui viennent de groupuscules violents et haineux.
03:51Et je crois que tous les partis politiques
03:52devraient plus le faire.
03:54Mais il n'y a même pas que la France insoumise.
03:56Bon, la France insoumise,
03:56c'est la caricature, malheureusement,
03:58parce qu'ils assument recruter des gens dangereux
04:00et ils revendiquent des gens dangereux.
04:01Les militants d'ultra-droite,
04:02c'est quand même plutôt chez vous qu'ils vont ?
04:04Je ne crois pas.
04:05Sincèrement, je pense que si on regardait
04:06ce qui se passait chez LR
04:07ou même au centre,
04:08vous seriez surpris.
04:09Et l'histoire de notre pays,
04:11vous savez, par exemple,
04:12l'UDF a recyclé beaucoup de gens
04:14qui venaient de groupes violents,
04:15l'OAS, par exemple.
04:17Oui, le groupe Occident.
04:19Donc, je crois que malheureusement,
04:21sur ce sujet-là,
04:22il ne faut pas faire de politique politicienne,
04:23ce n'est pas ce que vous faites, vous.
04:24Mais nos adversaires ont une vision caricaturale
04:26et je crois qu'on ferait mieux
04:27d'être très prudents sur la violence en politique.
04:29Et donc, ces militants d'ultra-droite,
04:30vous allez les pourchasser ?
04:31Oui, mais c'est difficile
04:32parce que le cas qu'on a eu hier,
04:34il était sous pseudonyme.
04:35Et ce sont des gens qui prétendent
04:36avoir des grandes valeurs
04:37et quand ils sont en entretien d'embauche,
04:39ils mentent.
04:39C'est quand même étrange, si vous voulez,
04:41de prétendre avoir des valeurs de courage,
04:42de patriotisme et de ne pas assumer
04:44et de se cacher derrière des pseudos
04:46et de compromettre des députés honnêtes
04:48parce que moi, je voudrais penser
04:49à la députée qui a été victime
04:50de la Drôme, Lisette Pollet,
04:52qui a été très courageuse
04:53et qui ne partage absolument pas ses opinions.
04:55Vous êtes souverainiste.
04:57Vous êtes pour un certain protectionnisme
04:59et vous insistez sur la volonté politique
05:02qui doit s'imposer.
05:03Exactement comme un certain Donald Trump.
05:05Et alors, aux États-Unis,
05:07ça ne marche pas du tout.
05:08Est-ce que ça vous fait réfléchir ?
05:10Non, parce que Donald Trump
05:12sincèrement, dans ce cas d'espèce,
05:14il n'a pas respecté les lois américaines.
05:16Moi, vous m'aviez interrogé,
05:17enfin, beaucoup de journalistes
05:18m'avaient interrogé sur ces dispositions,
05:20mais moi, j'avais dit que je pensais
05:21que la Cour allait censurer
05:22car ce n'était pas la loi.
05:23Donc, nous, on ne veut pas aller
05:24contre la Constitution,
05:25on ne veut pas aller contre
05:27les lois françaises,
05:28on veut appliquer un programme
05:29validé par les Français
05:30et le cas échéant, par référendum,
05:32et c'est l'esprit gaullien,
05:34c'est l'esprit gaullien
05:35de Marine Le Pen et de Jordan Bardella,
05:36c'est que s'il y a des sujets
05:37de dissension,
05:38eh bien, le peuple français s'exprimera
05:40et nous prendra des décisions souveraines
05:42pour appliquer sa volonté.
05:43Mais, comme Donald Trump
05:45avec la Cour suprême,
05:46vous pestez souvent
05:47contre les contre-pouvoirs
05:48qui existent en France
05:49et dans l'Union européenne,
05:50le Conseil constitutionnel,
05:52la Cour de justice européenne
05:53dont vous dites
05:54qu'ils empêcheraient
05:55le peuple souverain
05:56de s'exprimer.
05:57Si vous arrivez au pouvoir,
05:58ces contre-pouvoirs,
05:59ils ne vont pas disparaître
06:00par l'opération du Saint-Esprit.
06:02Comment vous ferez ?
06:03Non, mais ce n'est pas
06:03qu'on pèse le fait
06:04qu'ils aient contre-pouvoirs,
06:05et qu'on estime parfois
06:06que les Françaises
06:07et les Français
06:07ont été mal informés
06:09ou qu'ils ont voté
06:09contre certains pouvoirs.
06:11Vous savez très bien
06:11que par référendum,
06:12les Français n'étaient pas
06:13pour donner autant de pouvoir
06:13à la Cour de justice
06:14de l'Union européenne
06:16et parfois par l'Union européenne
06:18et c'est intéressant
06:19parce qu'effectivement,
06:20le sens de mon engagement
06:21par l'Union européenne,
06:22les Français ne reconnaissent pas
06:23leur pays.
06:24Donald Trump a essayé
06:24de s'affranchir...
06:25Non, mais ce n'est pas
06:25les États-Unis,
06:26M. Bortzine.
06:27D'ailleurs, c'est intéressant
06:27ce que vous dites
06:28parce qu'on avait dit...
06:28Essayer de s'affranchir
06:29d'un certain nombre
06:30de contre-poids,
06:31il n'y est pas arrivé.
06:32C'est bien la preuve.
06:33Pourquoi vous y arrivez-vous ?
06:35Vous devrez faire
06:35avec le Conseil constitutionnel.
06:37Mais bien sûr.
06:37Vous devrez faire
06:38avec la Cour de justice européenne.
06:39Mais bien sûr qu'on devra faire.
06:40Mais nous n'avons jamais dit
06:41qu'on ferait des coups d'État.
06:42En fait, c'est intéressant
06:43cette clarification
06:44parce que nous,
06:44on dit la vérité aux Françaises
06:45et aux Français
06:46et Marine Le Pen a dit
06:47que pour appliquer
06:48son projet sur l'immigration,
06:50compte tenu du comportement
06:51et des pouvoirs
06:52que se sont attribués
06:53notamment le Conseil constitutionnel
06:54sur ce sujet-là,
06:55il y aura un référendum.
06:56Et donc, c'est les Français
06:57qui décideront
06:58si le contre-pouvoir
06:59agit correctement ou pas.
07:00Un référendum pour modifier
07:01la Constitution ?
07:01Absolument.
07:02Un référendum comme l'a fait
07:03le général de Gaulle
07:04quand on a dit
07:05qu'il n'était pas forcément
07:06constitutionnel.
07:06Oui, mais les Français ont suger...
07:07Forfait, tu avais dit
07:08le président du Sénat.
07:09Oui, le président du Sénat,
07:10contre-pouvoir à l'époque,
07:11n'était pas d'accord
07:12avec le général de Gaulle.
07:13Les Français ont donné
07:14raison au général de Gaulle
07:15et il n'y a pas beaucoup
07:16de ce candidat après
07:17qui ont remis en cause
07:24que personne ne l'a jamais
07:25remis en cause
07:27autrement que sur des plateaux.
07:28Jean-Philippe Tanguy,
07:29invité des 4EV.
07:30Bonne journée.
07:31Merci à vous.
07:31Bonne journée à tous.
07:32Merci à tous les deux.
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