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  • il y a 5 heures
Pour ce nouvel épisode de "Chocs du monde", le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL, Edouard Chanot reçoit le journaliste Alexandre Aoun, spécialiste du Moyen-Orient.

L’axe israélo-américain découvre l’isolement. La Maison Blanche a contacté sept pays pour débloquer le détroit d’Ormuz. Mais le manque d’enthousiasme se fait sentir. Trump apparaît pris au piège de ses propres erreurs stratégiques. Le Moyen-Orient s'est embrasé, de Téhéran à Beyrouth en passant par Dubaï, et jusqu'au cours du pétrole. Quels scénarios envisager ? L'enlisement, l'escalade ou la fin des combats ? L'Iran refuse de capituler, peut-il encore tenir alors que Tsahal revendique avoir éliminé Ali Larijani ?

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Transcription
00:09Générique
00:20Bonsoir à tous et bienvenue dans Choc du Monde, le magazine des crises et de la prospective internationale de TVL.
00:25L'axe israélo-américain découvre l'isolement.
00:28La Maison-Blanche a contacté une demi-douzaine de pays pour débloquer le détroit d'Hormuz, mais le manque d
00:36'enthousiasme se fait sentir.
00:38Trump apparaît pris au piège de ses propres erreurs stratégiques.
00:41Le Moyen-Orient s'est enflammé de Téhéran à Beyrouth en passant par Dubaï et jusqu'au cours du pétrole.
00:48Selon les dernières informations, bien sûr, que nous venons de découvrir,
00:51le chef de la sécurité iranienne Ali Laridjani et le général Golemza Soleimani, chef des volontaires iraniens, seraient tous deux
01:00éliminés selon Tzahal.
01:01Et pour en parler, je reçois Alexandre Aoun.
01:04Alexandre Aoun, bonjour.
01:05Bonjour Edouard.
01:06Merci beaucoup de votre présence ici dans Choc du Monde.
01:09Vous êtes journaliste franco-libanais, spécialiste du Moyen-Orient.
01:13Merci encore de votre présence.
01:15Nous allons évidemment évoquer l'attaque au sol de Tzahal, sur le sol donc libanais, sur le sud de Liban.
01:21Mais avant cela, l'Iran et ses dernières nouvelles concernant Ali Laridjani et un autre général.
01:28Ali Laridjani était crucial dans le dispositif iranien, semble-t-il, après de nombreuses éliminations.
01:36Alors cette liste d'éliminations s'allonge.
01:39Pour vous, est-ce décisif ou est-ce encore inutile, on a envie de dire ?
01:45Pas inutile, sachant qu'Ali Laridjani était un homme important du pouvoir.
01:50C'était le bras droit d'Ali Khamenei.
01:53Il était important dans l'ossature politique et militaire de l'Iran.
01:57Ça fait partie de la stratégie israélienne de décapitation des dirigeants militaires, politiques et des renseignements.
02:05Mais compte tenu de la stratégie iranienne de décentralisation du pouvoir, c'est une tête en cache une autre.
02:12Donc on sait pertinemment que l'Iran s'était préparé à ça, que ce soit pour la mort d'Ali
02:18Khamenei ou la mort d'Ali Laridjani.
02:20De décentralisation, vous dites que les différentes composantes de l'armée, du pouvoir iranien, sont autonomes, c'est ça ?
02:27Oui, en fait, l'Iran s'était préparé à cette guerre et avait tout simplement décentralisé avec différents pôles de
02:34pouvoir aux quatre coins du pays
02:36pour éviter tout simplement qu'il y ait un chaos ou une panique dans le dispositif militaire ou politique s
02:44'il y avait l'assassinat d'un tel ou d'un tel dirigeant.
02:47C'est très intéressant. Une analyste sur X, d'ailleurs, qualifiait ce dispositif comme un mode automatique.
02:54L'Iran est en mode automatique depuis la frappe ayant visé Ramenei, Ramenei le père, bien sûr.
03:01J'évoquais Donald Trump dans l'introduction. Nous sommes donc évidemment entrés dans la troisième semaine de frappe, 17e jour.
03:07Pour signe de la fébrilité, a-t-on envie de dire, du président américain, ces frasques verbales, 7 pays ont
03:14été contactés par lui, par la Maison-Blanche,
03:16pour débloquer ce fameux détroit d'Hormuz absolument stratégique.
03:21Keir Starmer, le britannique, a répondu non à Donald Trump.
03:24Mertz, l'allemand, a déclaré qu'il ne voyait pas de rôle de l'OTAN là-bas, là-bas au
03:30détroit d'Hormuz.
03:31Hier, Donald Trump a évoqué le président Emmanuel Macron.
03:35Je vous propose, Alexandre Raoune, d'écouter ce qu'il a dit d'Emmanuel Macron.
03:45Emmanuel Macron, sur une échelle de 0 à 10, c'est un 8.
03:49Pas parfait.
03:50Mais c'est la France. Nous n'attendons pas la perfection.
03:54Je pense qu'ils vont aider.
03:56Je n'insiste pas là-dessus.
03:57Mon attitude, c'est que nous n'avons besoin de personne.
04:01Nous sommes la nation la plus forte du monde.
04:03Nous avons l'armée la plus forte du monde, de loin.
04:08C'est intéressant.
04:09Je veux voir comment ils réagissent.
04:20Nous sommes les plus forts.
04:22Nous n'avons besoin de personne, a-t-on dit le président américain.
04:27Vrai ou faux, selon vous, Alexandre Raoune, l'Amérique a-t-elle besoin de quelqu'un d'autre ?
04:32Donald Trump fait du Donald Trump dans ce tweet, dans cette déclaration.
04:37Il dit tout et son contraire.
04:39À la fois, il flatte l'égo d'Emmanuel Macron pour qu'Emmanuel Macron puisse répondre positivement à cette demande
04:45d'envoyer des renforts pour débloquer la fermeture partielle.
04:51Je préfère préciser partielle du détroit d'Hormuz parce que l'Iran a décidé d'ouvrir ou de laisser passer
04:58les navires alliés ou potentiellement non hostiles, que ce soit les Indiens, les Pakistanais, les Chinois, voire même les Turcs.
05:06Donc Donald Trump, il est dans une stratégie soit de bluff, soit de manque de vision à long terme.
05:13Mais ce qui est sûr, c'est que ces déclarations un peu à l'emporte-pièce tous les jours.
05:19À un moment, il va dire que l'Iran est à terre, qu'on a détruit toutes les frégates, toute
05:26la navigation iranienne, que toutes les batteries de lancement de missiles ont été détruites.
05:33Le lendemain, il va déclarer que la guerre va durer plus de cinq semaines.
05:36Donc on ne sait pas, on a du mal à démêler le vrai du faux.
05:39Mais ce qui est sûr, c'est que dans une guerre asymétrique, le fort perd s'il ne gagne pas
05:43et le faible, donc l'Iran, en position de faiblesse sur le papier, gagne s'il ne perd pas.
05:50Aujourd'hui, l'Iran n'a pas perdu et les États-Unis n'ont pas gagné.
05:55Alors bon, vous dites évidemment que la marine iranienne a été annihilée.
05:59Mais comme vous le dites aussi, cela visiblement ne suffit pas.
06:03Alors où vont-ils ? Où Donald Trump va-t-il ?
06:06Le 13 mars, dans le Wall Street Journal, des sources au sein de l'administration américaine confirmaient qu'il n
06:11'avait pas écouté son chef d'état-major sur les risques du blocage du détroit d'Hormuz par l'Iran.
06:17Trump était persuadé, il y a deux semaines, il y a 17 jours, que l'Iran plierait avant d'en
06:22arriver là.
06:23Mais encore une fois, cela ne suffit pas.
06:25Pendant ce temps, certains analystes évoquent un baril qui atteindrait 150, 200 dollars même à la fin du mois, si
06:31le conflit perdurait.
06:34Alexandre Aoun, vous évoquez cette guerre impossible à gagner pour Donald Trump.
06:39Pour vous, dans les prochains jours, dans les prochaines semaines, quel est le scénario le plus probable ?
06:42Le changement de régime ? L'arrêt de combat ? L'enlisement ?
06:46Ou l'escalade avec peut-être les scénarios du pire, même si Donald Trump écarte l'idée que, selon ses
06:52propres termes, Israël tire une tête nucléaire sur l'Iran ?
06:55La question qu'il faut se poser, c'est jusqu'où est prêt à aller l'Iran ?
06:59En termes de résilience militaire, en termes de capacité militaire, si l'Iran a suffisamment de drones, missiles, pour continuer
07:09cette guerre d'attrition vis-à-vis de son environnement régional ?
07:12Est-ce qu'Israël a suffisamment d'intercepteurs ?
07:15Parce que la question était également posée depuis peu si Israël était en capacité de pouvoir intercepter tous les missiles
07:21et drones provenant du Hezbollah ou de l'Iran.
07:24La question est aussi de savoir si les États-Unis ne vont pas être pressés par ses alliés régionaux de
07:32mettre un terme à cette guerre, avec des potentielles reprises des négociations.
07:37À voir également quelle est la stratégie militaire, en fait, de Donald Trump, parce que, comme je l'ai dit,
07:42c'est un peu flou.
07:43On pensait au départ que c'était une guerre express en se disant, nous avons tué Ali Khamenei, il va
07:47y avoir potentiellement des manifestations qui vont reprendre.
07:49En plus, c'était appelé par Donald Trump, suivi par Netanyahou, qui avait appelé littéralement les manifestants à descendre, à
07:56se saisir de cette opportunité pour descendre dans la rue.
07:59Ce qui n'a pas été le cas. Donc, aujourd'hui, soit les Iraniens sont dans cette logique jusqu'au
08:05boutiste en disant, nous continuons quoi qu'il arrive,
08:07vu que nous avons des stocks suffisamment importants pour continuer cette guerre sur les prochaines semaines,
08:13quitte à bloquer le détroit d'Hormuz avec un minage, parce qu'il suffit d'à peine 100 mines pour
08:17bloquer le détroit d'Hormuz.
08:19Parce qu'il faut rappeler que le détroit d'Hormuz, c'est à peine 50 kilomètres.
08:22Donc, 100 mines qui sont un peu low-cost. C'est un peu la guerre low-cost contre la guerre
08:27très coûteuse.
08:28Donc, c'est ce rapport-là et savoir économiquement, en fait, jusqu'où les États-Unis sont prêts à aller.
08:34Alors, du côté iranien que vous évoquez, étudions un peu ce qu'ils ont à dire.
08:40Bon, Emmanuel Macron a appelé dimanche son homologue iranien, Massoud Peseshkian.
08:43Il lui a demandé visiblement un sauf-conduit dans le détroit d'Hormuz.
08:47Le président iranien, de son côté, lui a signifié que l'Iran refusait un cessez-le-feu.
08:52Mais je vous propose d'écouter les propos du chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araqchi,
08:56qui lui aussi a répondu à des questions occidentales, mais cette fois sur CBS.
09:01Écoutons-le.
09:08Son administration a déclaré que cette guerre pourrait durer encore trois semaines et demie.
09:13L'Iran a-t-il demandé un cessez-le-feu ?
09:25Nous n'avons jamais demandé de négociation.
09:33Nous sommes prêts à nous défendre.
09:35C'est ce que nous avons fait jusqu'à présent et nous continuerons de le faire,
09:39jusqu'à ce que Donald Trump en arrive à dire que c'est une guerre illégale, sans victoire.
09:44Des gens sont tués uniquement parce que Donald Trump veut s'amuser.
09:49C'est ce qu'il a dit.
09:50Il a dit qu'il ciblait des endroits parce que c'était amusant.
09:54Le secrétaire à la guerre a déclaré qu'il n'y avait aucune pitié.
09:58Même dire cela constitue un crime de guerre.
10:00Et le secrétaire à la guerre a dit qu'il n'y a pas de remercie.
10:12Et c'est en fait un crime de guerre.
10:14Même dire cela, c'est un crime de guerre.
10:19Donc Abbas Arraqchi et les Iraniens disent encore refuser de négocier
10:23après avoir été trahis, rappelons-le, à deux reprises, au mois de juin
10:27et puis évidemment il y a trois semaines.
10:29Hier, les gardiens de la révolution ont prévu qu'ils cibleraient les entreprises américaines.
10:34Ils ont déjà visé des centres de données Amazon, aux Émirats et à Bahreïn.
10:38Sont-ils les maîtres de l'escalade ?
10:41Ce qui est sûr, c'est qu'il doit y avoir des canaux de diplomatie
10:43et de communication entre les deux pays avec un État intermédiaire,
10:47souvent Oman ou l'Irak, voire les pays du Golfe,
10:50pour permettre potentiellement une reprise des négociations à court ou moyen terme.
10:54Mais aujourd'hui, compte tenu du scénario en cours,
11:00à savoir l'enlisement du conflit, à savoir la logique aussi d'attrition iranienne,
11:05les Iraniens sont en capacité de maintenir des attaques simultanées avec le Hezbollah
11:15et de garder des missiles plus sophistiqués.
11:20Donc, ils sont dans cette logique aussi graduelle de se dire,
11:23nous gardons, on va dire, le gros de notre arsenal
11:25pour d'autres frappes plus ciblées, plus importantes sur Israël ou sur les pays du Golfe.
11:33C'est pour ça qu'ils lancent des menaces contre les entreprises américaines,
11:38contre les bases américaines dans les pays du Golfe.
11:40Et ils ont également cette potentielle carte à jouer qui est la carte des Houthis.
11:46Nous allons évoquer en effet les Houthis, le Yémen, la mer Rouge.
11:51Vous évoquez le conflit qui potentiellement s'enliserait, durerait, etc.
11:55Or, évidemment, on a évoqué l'influence de Benjamin Netanyahou, d'Israël,
11:59sur l'origine de la guerre, sur le début du conflit, sur Donald Trump.
12:04Plus le conflit dure, peut-on envisager des désaccords, une petite fracture
12:10entre Benjamin Netanyahou et Donald Trump, entre la politique américaine et la politique israélienne ?
12:16Déjà, d'un point de vue de l'opinion interne israélienne, ils sont favorables à cette guerre.
12:22Quoi qu'il arrive, c'est le grand ennemi, c'est l'ennemi iranien.
12:25Mais d'un point de vue de politique intérieure aux États-Unis, c'est impopulaire.
12:30C'est impopulaire, cette guerre est impopulaire, parce que Donald Trump avait promis que ça serait un homme de paix.
12:38Sauf qu'il y a l'enlisement du conflit en Ukraine, qu'il y a encore le conflit latent, on
12:42n'en parle plus, mais à Gaza.
12:44Et il y a également, du coup, un nouveau conflit en Iran, qui s'avère être coûteux pour l'économie
12:50mondiale,
12:50pour les alliances avec les pays du Golfe et même avec les pays européens.
12:55Donc, c'est deux logiques qui s'affrontent.
12:57C'est pour ça que Donald Trump voulait une guerre express.
13:00C'était un peu le scénario vénusvelien dupliqué sur le dossier iranien.
13:10Grosso merdo, en assassinant la tête et en se disant que le reste va être fait par les manifestants
13:15qui vont venir massivement dans les rues des grandes villes iraniennes.
13:19Sauf que ça n'a pas été le cas.
13:21Alors, on parle assez peu des pays voisins frappés par l'Iran, mais vous le faites, Alexandre Aoun, on a
13:26l'impression, si l'on regarde l'actualité,
13:29qu'ils sont traités comme des victimes collatérales.
13:31Bon, évidemment, ils le sont, mais quand même, davantage.
13:34Trump a admis à NBC News le 14 mars dernier avoir été surpris par la riposte iranienne ayant visé les
13:41autres pays du Golfe.
13:42Et puis, selon le Financial Times, le 13 mars cette fois, les deux premières semaines de guerre ont coûté à
13:47ces pays du Golfe 16 milliards de dollars.
13:49Et la facture, évidemment, ne cesse de s'allonger chaque jour.
13:52Alors, on le savait, on a parlé ici, dans Choc du Monde, nous en avons parlé,
13:57qu'une dizaine de pays de la région avaient tenté de convaincre Donald Trump de ne pas y aller,
14:02de ne pas ouvrir ce nouveau front, de ne pas faire la guerre à l'Iran.
14:06Aujourd'hui, pensez-vous que ces pays du Golfe ont encore un poids ?
14:09Peuvent-ils convaincre Donald Trump d'arrêter cet engrenage, en fait ?
14:13En tout cas, l'Iran, s'ils ont commencé à cibler les pays du Golfe,
14:17c'était dans une stratégie de dire, nous allons mettre la pression sur ces pays qui sont alliés des États
14:24-Unis
14:24pour pousser Donald Trump à la reprise des négociations.
14:28L'Iran avait martelé que ces bases seraient ciblées,
14:31donc il y avait déjà, en fait, beaucoup de communication entre les pays du Golfe et l'Iran.
14:36L'Iran, du coup, a ciblé toutes ces bases,
14:39parce qu'il faut savoir que les pays du Golfe abritent des bases américaines,
14:43que ce soit terrestres, navales ou aériennes,
14:45au Koweït, au Bahreïn, au Qatar, aux Émirats, à Oman et en Arabie Saoudite.
14:51Les pays du Golfe, aujourd'hui, sont cette victime collatérale
14:57et surtout, ça remet en question le modèle un peu de société,
15:01un peu stable, dans un environnement instable,
15:04parce qu'il n'y avait pas de répercussions,
15:06ou très peu, en tout cas, que ce soit la guerre en Syrie,
15:09le conflit entre l'Iran et Israël,
15:11c'était, on va dire, dans leur tour d'ivoire.
15:16Donc, ça remet tout en question.
15:17Avec ce symbole, évidemment, des influenceurs qui ont été pris au piège,
15:21qui ont dit long, qui ont dit long, en fait, sur le basculement de la région.
15:24Totalement, totalement.
15:25Et surtout que ça remet en question, du coup,
15:26cette politique d'ouverture, tous azimuts,
15:29par rapport aux investissements étrangers,
15:30le tourisme, la stabilité, la sécurité, etc.
15:32Donc, pour toutes ces raisons-là,
15:36les pays du Golfe, aujourd'hui, sont en train de travailler
15:40à mettre en place des alternatives économiques,
15:42parce qu'eux aussi sont durement touchés
15:44par le blocage du détroit d'Hormuz,
15:46notamment l'Irak, Bahreïn et le Qatar,
15:48qui sont 100% dépendants de la fermeture
15:51ou de l'ouverture du détroit d'Hormuz.
15:53Aujourd'hui, il est question de remettre en place
15:57cette alternative saoudienne.
15:59Il y a un autre oléoduc qui permet de faire transiter
16:02du coup le pétrole jusqu'à la mer Rouge,
16:05en passant par le territoire saoudien,
16:07de Daman au port de Yombou.
16:09Il y a également une autre alternative émiratique,
16:12il s'agit de contourner le détroit d'Hormuz
16:14par le territoire émiratique.
16:16Donc ça, en fait, il s'était un peu préparé,
16:19sauf que ce sont des alternatives coûteuses
16:21et qui ne permettent pas, tout simplement,
16:23d'alléger le contre-coût économique
16:26pour ces sociétés-là.
16:28Et c'est pour ça qu'aujourd'hui,
16:29il y a, par exemple, ce qui revient
16:30dans les petits papiers saoudiens,
16:32c'est notamment la création d'un canal
16:35en Arabie saoudite jusqu'au Yémen
16:37pour contourner, du coup,
16:39pour ne pas passer par le détroit d'Hormuz
16:40et ne pas être dépendant de l'Iran,
16:42qui s'appelle le canal Salman,
16:43un projet d'environ 80 milliards de dollars.
16:46Donc tout ça était un peu
16:48dans les petits papiers des pays du Golfe
16:50pour essayer, en fait, de se préparer
16:52au scénario du pire pour eux,
16:54à savoir le blocage du détroit d'Hormuz.
16:56L'un des objectifs israélo-américains,
16:58c'est de vaincre les milices pro-iraniennes
17:01dans la région.
17:02C'était un des objectifs annoncés
17:03par Donald Trump au premier jour des frappes.
17:05En Irak, quel est, selon vous,
17:07Alexandre Aoun, le véritable pouvoir
17:09des milices liés à Téhéran ?
17:12Il faut un peu le nuancer,
17:14sachant qu'en fait,
17:15ces milices ne sont pas créées par Téhéran.
17:18Ces milices ont été...
17:20Les Hachad el-Sharbi ont été créées
17:21en 2014 avec l'appel d'Ali Sistani
17:23pour essayer de vaincre Daesh.
17:27Ces milices devaient être intégrées
17:29à l'armée nationale irakienne en 2017,
17:31à la chute de Mossoul,
17:33donc à la chute de Daesh.
17:35Sauf qu'il y a une partie de ces milices
17:36qui ont gardé une relative autonomie,
17:38une relative, en fait,
17:40autonomie liée à Téhéran,
17:41liée au financement de Téhéran.
17:43Dans les Hachad el-Sharbi,
17:44il y a plus de 70 milices.
17:46Il y en a qui ont des logiques locales,
17:48donc de quartiers,
17:48avec à peine 100 ou 150 hommes,
17:53voire des logiques plus nationales,
17:56comme c'est le cas
17:57de quatre principales milices
18:00qui sont les Katab Hezbollah,
18:02le Haraké Nujaba,
18:04qui est également environ
18:05entre 1 000 et 5 000 hommes,
18:07il y a les Sayyed Shohada
18:09et il y a la brigade Imam Ali.
18:10Toutes ces composantes-là
18:12répondent à une logique,
18:17disons, tutélaire avec Téhéran,
18:19à savoir essayer de maintenir
18:21une capacité de nuisance
18:24sur les intérêts américains
18:26dans la région,
18:26du coup, en ciblant soit
18:27les champs pétroliers
18:28qui sont gérés par des entreprises américaines,
18:30soit les bases américaines
18:31à Erbil ou à Bagdad,
18:33soit l'ambassade américaine
18:35dans la zone verte
18:35en plein cœur de la capitale irakienne,
18:37ou soit même des bases irakiennes
18:41qui abritent des centres de renseignement
18:44de l'armée américaine
18:45ou du matériel américain.
18:47Donc, ils ont une capacité de nuisance
18:49aujourd'hui.
18:51Ils ont tué un soldat français,
18:53appelons-le.
18:54Oui, mais ils n'ont pas
18:56cette capacité de projection militaire.
18:59Ce sont vraiment des gens
19:00qui vont être dans un 4x4,
19:03ils vont lancer un drone
19:05depuis le coffre d'un 4x4
19:07et ils vont repartir.
19:07Ce n'est pas vraiment un gros bloc
19:10qui pourrait faire front
19:11contre une base.
19:12Non, c'est vraiment
19:13cette logique de nuisance.
19:14De nuisance.
19:15Est-ce aussi la même logique
19:17ou en tout cas
19:18les mêmes tactiques
19:19qui pourraient être utilisées
19:20par les outils
19:20donc au Yémen ?
19:22Bon, on ne parle plus de groupe,
19:23rappelons-le,
19:24le mouvement de Sarala
19:25menace clairement la mer Rouge,
19:26le détroit de Bebel Mandeb.
19:28Est-ce un scénario
19:29qui serait à craindre ?
19:30Visiblement, l'Iran
19:31a encore ce levier-là
19:32qui pourrait aggraver les choses.
19:34L'Iran a ce levier-là,
19:35mais il faut se poser la question,
19:37c'est est-ce que les outils
19:39ont intérêt à le faire ?
19:40Parce qu'aujourd'hui,
19:41les outils contrôlent
19:43une partie du territoire yémenite,
19:45à savoir un quart du territoire
19:46dont la capitale Sana
19:47et le principal port du pays,
19:50Odeïda.
19:50Sauf qu'aujourd'hui,
19:52on sait qu'il y a des pressions
19:54de la part de la communauté internationale
19:56et ils ont les yeux rivés
19:57sur ce qui pourrait se passer.
19:59Automatiquement,
19:59ils pourraient bloquer
20:00le passage de Bebel Mandeb
20:02qui est plus petit
20:03que le détroit d'Ormouz.
20:04Il fait à peine 20 à 30 kilomètres.
20:06Donc, ça serait facile pour eux
20:08de le bloquer.
20:08Mais ils en feraient les frais
20:11d'une manière
20:12où il y aurait des raids incessants
20:14sur leur position.
20:16Donc, c'est à voir
20:17si les outils répondraient
20:20ou non
20:22à l'appel de Téhéran.
20:23Et surtout que l'Arabie saoudite
20:25a menacé
20:26d'intervenir militairement
20:28si les outils
20:29venaient à perturber
20:31le commerce saoudien.
20:34Le Liban maintenant
20:35et le Hezbollah, bien sûr,
20:37tout porte à croire
20:38que Benyamin Netanyahou
20:39a profité des frappes en Iran
20:40pour agir au Liban.
20:42800 000 personnes
20:43ont été déplacées,
20:44rappelons-le.
20:45900 personnes ont été tuées
20:46en deux semaines,
20:47dont plus de 100 enfants,
20:49enfin d'ailleurs moins,
20:50en 10 jours.
20:51Plusieurs gradés israéliens
20:52ont explicitement
20:53déclaré vouloir s'inspirer
20:54de l'offensive menée à Gaza
20:56tout en annonçant, je cite,
20:57une opération terrestre limitée.
20:59Alors, qui croit ?
21:00Alexandre Aoun, dites-nous.
21:01L'État hébreu
21:02veut-il éliminer le Hezbollah
21:04ou est-ce plus encore
21:06une annexion pure et simple
21:07du Sud-Liban ?
21:09Israël a toujours eu des vues
21:10sur le Liban
21:12indépendamment du Hezbollah.
21:14Depuis 1948,
21:15c'était même Ben Gurion
21:16qui parlait en fait
21:18d'une volonté
21:19de conquête territoriale
21:21du Sud-Liban
21:22jusqu'au fleuve Litani.
21:23Les Israéliens ont toujours
21:24été intéressés par les ressources
21:25hydrauliques
21:26du fleuve Litani
21:28et également pour des raisons
21:29bibliques
21:30de certains extrémistes
21:31sionistes
21:32qui voulaient coloniser
21:33le Sud-Liban.
21:34Donc là, on parle
21:35du Grand Israël.
21:36En tout cas, certains officiels israéliens
21:39ne s'en cachent pas
21:40de vouloir occuper
21:41de manière
21:43sur le long terme
21:44le Sud-Liban.
21:45Aujourd'hui, il est question
21:47d'un point de vue militaire
21:47pour eux
21:48de créer une zone tampon
21:49jusqu'au fleuve Litani,
21:50même voire jusqu'au fleuve
21:52suivant
21:52qui s'appelle
21:52le fleuve Zahraini,
21:53donc qui irait au-delà
21:55des 40 km
21:55de la frontière libanaise
21:57qui constituerait
21:58comme une sorte
21:58de contrôle
22:00de plus de 10%
22:01du territoire libanais.
22:02C'est vrai
22:03que le Hezbollah
22:04a commis
22:05cette action
22:06on va dire
22:06un peu suicidaire
22:07de vouloir lancer
22:08des roquettes
22:09contre
22:10de manière unilatérale
22:11parce que les Libanais
22:12voulaient tout simplement
22:13se porter très loin
22:15être
22:15comment dire
22:16en retrait
22:17de ce conflit régional
22:17et ne pas subir
22:18les contre-coups
22:19d'une énième guerre
22:20sur son sol.
22:20Mais je tiens à rappeler
22:22quand même
22:23que
22:24Israël
22:25depuis le cessez-le-feu
22:26qui était rentré en vigueur
22:27depuis novembre 2024
22:28jusqu'à l'entrée
22:29en guerre du Hezbollah
22:30avait
22:31violé
22:32plus de 10 000 fois
22:34le cessez-le-feu
22:35par voie aérienne
22:36avec attaque de drones
22:38par attaque ciblée
22:39par incursion terrestre
22:40et également
22:41par écocide
22:42en lançant du phosphore
22:43ou des produits chimiques
22:45sur
22:46le territoire libanais
22:47dans le sud
22:47pour éviter
22:48aux Libanais
22:49de se réimplanter
22:50dans ces territoires
22:51limitrophes.
22:52Donc en fait
22:53le Hezbollah
22:53n'avait pas tiré
22:54une roquette
22:56depuis
22:56quasi 15 mois
22:57et il a suffi
22:58de 4
22:59ou 6
23:00roquettes lancées
23:01qui n'ont même pas
23:02causé de dégâts
23:04pour entraîner
23:05une riposte
23:06disproportionnée
23:07avec une punition collective
23:08parce que
23:09le Libanais
23:10aujourd'hui
23:10est dans cette
23:11position de
23:12ils sont énervés
23:15contre le Hezbollah
23:15ils sont opposés
23:16au Hezbollah
23:17ils veulent le désarmement
23:18du Hezbollah
23:18et la reprise en main
23:19de l'état libanais
23:20de manière décisive
23:21et surtout
23:23l'entièreté
23:24du territoire libanais
23:25mais cette réponse
23:26disproportionnée
23:27israélienne
23:27en fait
23:28pousse aussi
23:28les Libanais
23:29à être
23:30ni Hezbollah
23:31ni Israël
23:32c'est pas
23:32manichéen
23:33en fait.
23:34Bon
23:34Joseph Aoun
23:35le président
23:35libanais
23:36comme vous le dites
23:37a accusé le Hezbollah
23:38d'oeuvrer
23:38à l'effondrement
23:39du Liban
23:40et veut en même temps
23:41négocier avec Israël
23:43mais visiblement
23:43Tel Aviv
23:44fait la sourde oreille
23:46Tel Aviv
23:47veut la guerre
23:48d'une certaine manière
23:50Le général Aoun
23:51a proposé
23:52en fait
23:52des négociations directes
23:54c'est une première
23:54dans l'histoire du Liban
23:55sachant qu'il y avait
23:57eu un armistice
23:58qui était signé
23:58en 1949
23:59mais c'était toujours
24:00en état de guerre
24:02Israël était considéré
24:03comme un ennemi
24:04du gouvernement libanais
24:06Israël
24:07est dans une logique
24:08jusqu'au boutiste
24:09ils se disent
24:09on va terminer le travail
24:11face au Hezbollah
24:11on va faire en sorte
24:12d'annihiler
24:13toutes ses capacités militaires
24:14et de contraindre
24:16l'état libanais
24:17à signer
24:19certainement
24:19des négociations
24:20ou un accord
24:22qui serait totalement
24:23défavorable
24:23à l'état libanais
24:24quitte à se dire
24:25nous gardons
24:25cette zone tampon
24:27dans le sud du pays
24:28qui représente
24:28près de 10%
24:29du territoire
24:31parce que
24:32la logique israélienne
24:33l'argumentation
24:34c'était de dire
24:34nous gardons cette zone
24:35jusqu'à ce que
24:36le Hezbollah
24:37soit totalement démilitarisé
24:38mais
24:39alors si on écoute
24:41les porte-voix
24:41de l'état hébreu
24:42ce serait
24:43la dernière guerre
24:44et après
24:45tout rentrera
24:46dans l'ordre
24:47la paix
24:48redeviendra
24:48reviendra
24:49y croyez-vous
24:50à cette possibilité
24:51de la derdéder
24:52la dernière guerre
24:53avant la paix ?
24:55Non parce que c'est un peu
24:55un scénario
24:56qui se répète
24:571982
24:58quand ils ont lancé
24:59leur intervention
25:01massive au Liban
25:01jusqu'à Beyrouth
25:02ça a donné
25:05lieu à la création
25:06du Hezbollah
25:06aujourd'hui
25:07s'il réoccupe
25:07le territoire
25:08s'il pousse
25:09près d'un million
25:10de personnes
25:10sur l'exil
25:12au Liban
25:13ça va créer
25:14potentiellement
25:15une future milice
25:16qui sera encore
25:16certainement plus radicale
25:18que le Hezbollah
25:18pour lutter contre Israël
25:20donc c'est cette logique
25:21sans même parler
25:22de la Cisjordanie
25:23de Gaza
25:23où les colons
25:25évidemment chassent
25:26de plus en plus
25:27les palestines
25:27en fait
25:27sans une paix juste
25:28avec son environnement proche
25:30il y aura toujours
25:31en fait
25:33matière
25:34à une confrontation
25:35de la part
25:36de certaines milices
25:37ou de nouvelles créations
25:39miliciennes
25:40pour lutter contre Israël
25:41sans paix juste
25:42et bien il y aura
25:43toujours des confrontations
25:44ce sera le mot de la fin
25:46Alexandra Aoun
25:46merci d'avoir répondu
25:48présent à l'appel
25:49de Choc du Monde
25:49merci à tous
25:50d'avoir suivi cet épisode
25:52surtout
25:52n'oubliez pas
25:53de le commenter
25:54de le partager
25:54de le liker
25:55et de vous abonner
25:56à TVL
25:57c'est essentiel
25:57pour le succès
25:58de Choc du Monde
25:59et bien entendu
25:59de TV Liberté
26:00merci à tous
26:01et bonne soirée
26:02Sous-titrage Société Radio-Canada
26:03Sous-titrage Société Radio-Canada
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