00:00Si vous nous rejoignez le dossier du 13h dans la tête de Vladimir Poutine, comme promis, quel rôle joue la
00:04Russie, alliée de l'Iran dans le conflit au Moyen-Orient ?
00:06Quelle est son influence ? Poutine va-t-il davantage s'impliquer ? Trump et Poutine qui se sont appelés
00:11hier pendant une heure et demie, le président américain très satisfait.
00:16On a encore parlé de la guerre en Ukraine, mais il aimerait bien m'aider. Je lui ai dit qu
00:20'avant qu'il m'aide, je voulais que la guerre prenne fin.
00:23C'est très intéressant de savoir quelle guerre se terminera en premier. Je n'en sais rien. Peut-être qu
00:28'elle suive un calendrier similaire.
00:30Je pense que nous allons trouver une solution assez rapidement. Je l'espère.
00:34Bonjour Paul Gogo, vous êtes le consultant en Russie de BFM TV, correspondant pendant des années à Moscou.
00:39Il est content Donald Trump, mais enfin, Poutine a quand même mis en garde contre la reprise des frappes.
00:43Oui, il est peut-être content déjà parce que c'est Vladimir Poutine qui l'a appelé.
00:46Je le précise parce que c'est assez rare que dans les communiqués du Kremlin, le Kremlin ne renvoie pas
00:50la responsabilité ou l'initiative d'un appel à son adversaire.
00:54Il est aussi content parce que c'est une relation entre Vladimir Poutine et Donald Trump, entre Russie et États
01:01-Unis, qui se travaille depuis des mois et des mois,
01:03et qui dépasse le contexte de la guerre en Ukraine, qui reprend finalement de nouvelles bases avec cette situation au
01:12Moyen-Orient.
01:13Parce que, en fait, le Kremlin, Vladimir Poutine, c'est un peu l'éléphant dans la pièce, c'est-à
01:18-dire qu'on a beau regarder tout ce qui se passe autour de cette situation-là,
01:21s'il y a un président qui a des contacts dans toute la région et qui est capable de parler
01:25à toute la région, qu'on le veuille ou pas, ça reste quand même Vladimir Poutine.
01:28Et il a quel poids, quelle influence au Moyen-Orient sur ce conflit ? Est-ce que ça serait lui
01:33l'arbitre ?
01:35Je ne sais pas si on peut voir les choses de façon aussi optimiste.
01:39En tout cas, lui, évidemment, il essaie de se présenter de cette façon-là, Vladimir Poutine.
01:43Il a une relation privilégiée avec l'Iran, de facto, parce que ces relations existaient bien avant ce conflit,
01:49parce que sur le nucléaire iranien, ça c'est une question très importante.
01:54Le Kremlin, finalement, a des capacités de discuter avec les Iraniens sur ce sujet-là.
01:58Et d'ailleurs, je pense que c'est un message aussi qui a été passé à Donald Trump.
02:02Si finalement, vous pouvez activer certainement tous vos réseaux dans la région,
02:05à un moment, si on parle de nucléaire en Iran, il va falloir passer par la Russie,
02:08parce que nous, on a l'oreille de l'Iran, et plus que l'oreille, quand même,
02:11parce que la Russie, elle est impliquée dans cette situation.
02:13Alors évidemment, elle ne soutient pas militairement, en tout cas pas concrètement sur le terrain.
02:18Pas officiellement, c'est ça ?
02:19Officiellement, voilà, je cherchais le bon mot, l'Iran sur le terrain.
02:22Mais enfin, il y a un soutien au moins diplomatique, certainement aussi,
02:26sur certains termes, de renseignements aussi, qui existent
02:29et qui permettent à Vladimir Poutine de créer une sorte de balance,
02:32d'entrer dans le jeu et de faire en sorte que ce soit nécessaire aujourd'hui
02:37pour les États-Unis de prendre en compte l'attitude de la Russie.
02:40Et même dans son lien, sa relation à l'Iran,
02:44les États-Unis doivent prendre en compte le fait que c'est l'Iran
02:47et que la Russie pèse derrière dans cette relation aussi.
02:51On a insisté beaucoup sur cette antenne sur le coût pour les économies mondiales
02:54de ce qui se passe au Moyen-Orient.
02:56L'économie russe, elle, ça lui fait plutôt du bien, non ?
03:00Oui, exactement.
03:01Alors, dans un premier temps, on était tous un peu sceptiques
03:03parce que oui, c'est sûr, ça a été une sorte de shot dans l'économie russe,
03:07le fait que le prix du pétrole augmente soudainement.
03:10Surtout que nous, en Russie, on sortait d'annonces assez catastrophiques
03:14sur l'économie du pays avec un budget qui venait d'être voté
03:16et qui prévoyait une année assez catastrophique.
03:18Là, c'est sûr que ça commence à durer
03:20et les choses commencent à devenir un peu concrètes pour la Russie.
03:23Il faut quand même le dire, il faudrait que la situation perdure
03:26pendant un bon moment quand même pour que la Russie
03:28voie un intérêt vraiment massif, économique dans cette situation-là.
03:33Après, c'est peut-être un détail, mais peut-être pas,
03:35mais la Russie essaye aussi de profiter de cette situation
03:37déjà pour retrouver de nouveaux clients.
03:39Donc, toute la journée, on voit des gens défiler au Kremlin en ce moment
03:42ou au ministère des Affaires étrangères russe.
03:44Parce que comme Ormuz est fermé et que ça ne sort plus,
03:46il faut trouver d'autres sources.
03:47Les pays se tournent vers la Russie pour trouver du pétrole.
03:49Et puis, il y a ce grand projet que la Russie a essayé de construire
03:52avec l'Iran avant ce conflit, une voie nord-sud
03:56que le Kremlin essaye de vraiment remettre au goût du jour aujourd'hui.
03:59Et ça consiste à passer notamment par l'Iran
04:02pour rejoindre l'Inde, pour rejoindre la Russie.
04:04En gros, c'est un circuit de transit
04:08que le Kremlin essaie de construire dans cette région-là.
04:11Et il essayait de le concevoir avant ce conflit.
04:13Et là, maintenant, ce conflit presque impose ce projet au monde entier.
04:20Merci, Paul Gogo.
04:20Il est 13h21.
04:21Vous restez avec nous.
04:22Les choses semblent se préciser du côté de Washington
04:25par rapport à l'Iran avec ce message
04:27qu'a reposté tout à l'heure Donald Trump à son réveil.
04:29à l'heure.
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