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  • il y a 2 jours
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Gilles Bornstein revient sur les questions qui font l’actualité avec Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants.

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Transcription
00:03Bonjour Catherine Vautrin, merci d'avoir accepté l'invitation des 4EV.
00:06Est-ce que vous confirmez que l'Iran essaye de miner le détroit d'Hormuz ?
00:10Comme vous le savez, à ce stade, rien n'est confirmé, donc je reste extrêmement prudente.
00:14En revanche, je vais confirmer que le détroit d'Hormuz est fermé.
00:18En fait, c'est un endroit extrêmement dangereux.
00:20Aucun bateau ne passe ?
00:21Il n'y a plus de bateau qui passe.
00:23Il faut savoir que le détroit d'Hormuz, c'est en temps normal, entre 120 et 120 bateaux par jour.
00:30C'est dire si c'est un endroit majeur pour le commerce international.
00:33Les Etats-Unis, il semble que les Etats-Unis coulent les navires soupçonnés de miner le détroit.
00:39On peut considérer que c'est une action défensive destinée à protéger le commerce mondial.
00:44Est-ce que la France pourrait participer à de telles opérations
00:47et s'attaquer à des navires iraniens soupçonnés de miner le détroit ?
00:51Vous avez compris que depuis le début de cette guerre, la France n'est pas belligérante.
00:56C'est un élément extrêmement important.
00:58Quand la France n'est pas présente dans le détroit d'Hormuz,
01:01et quand le président de la République parle du détroit d'Hormuz,
01:05il est dans une première approche, dans une première démarche,
01:08qui est une démarche diplomatique avec différents pays.
01:11Parce qu'effectivement, ce qui est important, c'est de pouvoir discuter pour rétablir un trafic.
01:17Il faut d'abord poser les bases diplomatiques
01:22pour, dans un deuxième temps, regarder comment on peut travailler concrètement sur le détroit.
01:26Mais au moment où je vous parle, la France n'envoie pas de bateau démineur dans le détroit d'Hormuz.
01:31Nous sommes dans une situation autour du détroit d'Hormuz, qui est une situation de guerre.
01:35Et quand le président de la République, dit je le cite,
01:37« Le déploiement du Charles de Gaulle vise à préserver les libertés de navigation
01:41et à participer à la sûreté maritime »,
01:44permettre, c'est pas de participer à la liberté de navigation.
01:48Vous savez, il y a plusieurs endroits.
01:50Si vous regardez aujourd'hui, vous avez la Méditerranée orientale,
01:53où là, il s'agit d'assurer la sécurité, finalement, du flanc sud de l'Europe.
01:59Et ça, vous l'avez vu, c'est au droit de Chypre,
02:01et c'est là où nous avons déployé les premières frérasques.
02:03Ensuite, vous avez la mer Rouge et Babel Mandel,
02:07qui sont des endroits où, au moment où je vous parle, il y a encore du trafic.
02:10Et l'idée, c'est de rester vigilant sur ces endroits.
02:15Et nous avons deux frégates dans ce secteur.
02:17Et aujourd'hui, le sujet du détroit d'Hormuz,
02:21et que le détroit d'Hormuz n'est pas ouvert au moment où nous nous parlons.
02:25Et donc, le Charles de Gaulle, aujourd'hui, il est en Méditerranée orientale,
02:29donc vers le flanc sud de l'Europe.
02:31– Le président de la République avait parlé, justement,
02:35de prendre la tête de cette coalition dont vous parlez.
02:39Comment fait-on ?
02:40L'Iran tire des drones depuis sa côte ouest.
02:45Comment peut-on assurer la sécurité
02:47sans s'en prendre à chaque endroit où on lance des drones depuis l'Iran ?
02:52– Dans un premier temps, il s'agit de travailler avec tous les pays concernés.
02:57Quand on parle de pays concernés, on peut parler du Japon,
03:00comme on peut parler de l'Inde, comme on peut parler des Européens.
03:03C'est avec l'ensemble des représentants de ces différents pays
03:07qu'il peut y avoir une mission qui peut discuter avec l'ensemble des belligérants
03:13pour regarder comment rouvrir une possibilité de navigation.
03:17Donc vous comprenez que nous sommes très en amont
03:19de ce qui serait une approche physique autour du Détroit.
03:24Pour l'instant, on est dans des négociations diplomatiques.
03:26– S'il y a des navires français, alors il n'y en a pas dans le Détroit d'Hormuz,
03:29mais vous dites qu'il y en a, par exemple, dans la mer Rouge.
03:32Si un navire français est touché, même par erreur, par un missile iranien,
03:35ce qui peut arriver, est-ce qu'on serait dans la guerre ?
03:38Est-ce qu'on répondrait ? Qu'est-ce qui se passerait ?
03:40– Aujourd'hui, nous ne sommes pas dans cette situation.
03:45Je crois qu'il est important de rappeler à l'ensemble de nos concitoyens
03:49que l'engagement de la France aujourd'hui, il répond à des demandes de pays
03:53qui sont des pays qui ont été attaqués, et ces pays ont demandé à la France de l'assistance.
03:59– Pardon Madame la ministre, quand le ministre dit préserver la liberté de navigation,
04:04c'est un concept général, pas forcément à la demande des pays.
04:07– Mais elle montre aussi qu'elle est près des pays qui se sentent menacés.
04:13Premier exemple, ça a été Chypre.
04:15Chypre était menacée.
04:16Chypre a demandé à la France une assistance.
04:19Qu'a fait la France ?
04:20La France a mis une frégate au sud de Chypre.
04:23Voilà exactement ce que nous avons fait.
04:25C'est cela préserver, c'est accompagner, c'est montrer que nous sommes là
04:28et que nous protégeons un pays qui, de sur quoi, est un pays européen.
04:32– Je voudrais qu'on parle de ce que fait la France avec le Charles de Gaulle
04:34avant une question sur ce qui se passe en Iran.
04:37À bord du Charles de Gaulle, dans un micro tendu,
04:40le président de la République a dit « on ne fait pas tomber un régime
04:43avec des missiles semblant anticiper la survie du régime ».
04:47Selon les renseignements militaires qui sont à votre disposition,
04:50à quel point le régime est-il affaibli, résilient, moribond ?
04:54Où en est-on ?
04:55– Vous remarquez que dans tous les cas, ce régime semble aujourd'hui
05:01en capacité d'adresser tous les jours un lot de missiles,
05:05un lot de bombes de manière très importante.
05:08Et donc, ce que dit le président de la République depuis le premier jour,
05:12c'est la nécessité de continuer à travailler par une voie
05:16qui doit être également une voie diplomatique.
05:18– Le président de la République dit à peu près l'inverse du président Trump
05:22qui dit « le régime est en train de mourir ».
05:23– Au moins qu'on en puisse dire, c'est que depuis le 28 février,
05:27on ne constate pas au moment où nous nous parlons
05:29que le régime iranien a baissé ses attaques.
05:33Tous les jours, vous regardez ça tous les jours
05:35et vous voyez bien que tous les jours,
05:37le nombre d'attaques est encore très important.
05:39Et qu'au moment où nous nous parlons, je ne suis pas en capacité de dire
05:41qu'il y a des signes d'affaiblissement du régime iranien.
05:44– Ce qui est clair, on a entendu votre homologue Pitexet hier,
05:47ce qui est clair, c'est que le diagnostic que vous faites vous,
05:49ministre des Armées françaises,
05:50et celui que Pitexet, ministre de la Secrétaire à la Défense américain,
05:54est totalement différent.
05:56Parlons du Charles de Gaulle,
05:57parce que le président de la République a tenu des propos assez généraux
06:00que j'aimerais bien vous faire préciser.
06:02Quel type d'opération, les avions qui sont sur le Charles de Gaulle
06:05en Méditerranée orientale, seront-ils amenés à mener, à conduire ?
06:10Pour faire quoi ou contre qui ?
06:12– Le Charles de Gaulle était, comme vous le savez, dans le nord de l'Europe,
06:16il était dans une mission d'entraînement.
06:18Aujourd'hui, il est dans une mission sur le flanc de la Méditerranée orientale
06:24au sud de l'Europe, et à ce titre, les équipages du sud Charles de Gaulle
06:27sont des équipages qui surveillent, et vous parlez d'avions,
06:31qui surveillent le ciel autour de la Méditerranée orientale,
06:35donc du sud de l'Europe.
06:36Voilà les missions qui sont celles du Charles de Gaulle
06:38au moment où nous nous parlons.
06:39– Ces avions pourraient être amenés à engager le combat ?
06:42Nous ne sommes pas dans une situation de combat, je le répète,
06:46nous sommes dans une situation d'accompagnement et de surveillance.
06:49– Donc on a fait venir cette immense armada, juste pour surveiller ?
06:53– Pour accompagner des pays et renforcer leur sécurité.
06:56Quand vous avez devant une île comme Chypre des frégates qui sont là,
07:02ça montre bien qu'il y a une vigilance autour de ces pays,
07:05et que ces pays sont accompagnés, notamment en ce qui concerne Chypre,
07:08par d'autres pays européens, parce que je rappelle qu'il n'y a pas que le Charles de Gaulle,
07:12le Charles de Gaulle a autour de lui des frégates,
07:15et il y a des frégates d'autres pays, il y a des Espagnols,
07:17il y a des Grecs qui sont également là.
07:19– Ça fait beaucoup tout ça pour de la surveillance uniquement ?
07:21– On n'est pas loin de la mer Rouge,
07:24on n'est pas loin non plus de la zone de conflit,
07:28et ça montre la mobilisation de l'Europe autour de ses partenaires,
07:31parce que je crois que c'est aussi important.
07:34La France est un partenaire fiable,
07:35quand un des pays avec lesquels elle a des accords de défense est attaqué,
07:41la France répond.
07:42– On voit la carte là, le Charles de Gaulle est quelque part en Méditerranée,
07:45si j'ai bien compris, entre Malte et Chypre quelque part.
07:48– Il est près de Chypre, oui.
07:50– Il est près de Chypre, le président de la République a parlé de protéger la mer Rouge.
07:56Y a-t-il un scénario dans lequel le Charles de Gaulle quitte la Méditerranée
08:00pour aller en mer Rouge via le canal de Suez, ou c'est totalement exclu ?
08:04– Vous savez, c'est le président de la République
08:06qui demande au chef d'état-major des armées de fixer une feuille de route.
08:10Au moment où je vous parle, cet ordre n'a pas été donné.
08:13– Catherine Vautrin, ministre des Armées, invité des 4V.
08:16Merci infiniment Madame la Ministre d'être venue sur France 2 ce matin.
08:21C'est parti...
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