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  • il y a 2 jours
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Télématin reçoit le Général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire française auprès de l'ONU.

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Transcription
00:00Le monde entier, et c'est l'actualité évidemment du jour, a les yeux braqués sur ce qui se passe
00:04au Moyen-Orient,
00:05derrière les images, derrière les missiles, c'est l'équilibre régional, le droit international et notre sécurité qui sont en
00:12jeu.
00:12Alors pour comprendre ce qui se joue ici et là-bas, le général Dominique Trinquant est notre invité ce matin.
00:18Bonjour général.
00:19Bonjour.
00:19Merci d'être là.
00:20Bonjour général, merci beaucoup d'être avec nous.
00:21Nos téléspectateurs attendent des réplances.
00:23Un peu de clarté ce matin, c'est une guerre qui a débuté samedi.
00:26Comment on peut le qualifier selon vous ?
00:29Écoutez, il s'agit pour les Américains et les Israéliens qui l'ont déclaré officiellement, de renverser le régime iranien.
00:37Ça veut dire que depuis plusieurs semaines, il y avait des négociations pour que le gouvernement des Mollahs accepte de
00:44limiter l'enrichissement d'uranium,
00:48de limiter ses capacités balistiques.
00:50Eh bien, elles n'ont abouti à rien, malgré la pression militaire faite par la concentration des moyens américains autour
00:59du Golfe.
01:00Et donc, le président Trump a décidé que ça suffisait et qu'il fallait passer à l'action.
01:04Donc, c'est cette action qui a commencé.
01:06Cette action, elle a mené à une disparition particulièrement symbolique.
01:11C'est celle de l'ayatollah Ramenei qui est mort.
01:15Le régime est donc décapité.
01:17Mais est-ce que pour autant, le régime des Mollahs est terminé ?
01:20Non, pas du tout.
01:21Alors, d'abord, c'est ce qui a présidé au début de l'opération.
01:25Il faut vous rappeler, c'est les premières frappes.
01:28Donc, changement de régime, on commence par décapiter le régime.
01:31Donc, le guide suprême a été supprimé, mais aussi un certain nombre de responsables.
01:37Toutefois, les Iraniens avaient prévenu qu'ils avaient préparé la suite.
01:41C'est-à-dire qu'il y a un triumvirat qui s'est mis en place.
01:43Il y a à chaque fois un second ou un troisième ou un quatrième qui prend en place.
01:46Donc, voilà, les frappes, maintenant, on en est au troisième jour.
01:51Oui, bien sûr.
01:52Mais vous dites que le régime, il est structuré pour résister à la disparition du guide suprême.
01:56Voilà, d'où l'importance d'avoir des frappes importantes pendant longtemps
02:00pour arriver à détruire progressivement toute cette hiérarchie.
02:05La deuxième phase qui est annoncée par Israël comme par les États-Unis,
02:09c'est maintenant, c'est au peuple iranien de se saisir de l'occasion.
02:13Donc, ça veut dire, écoutez, nous, on fait ce qu'on peut de l'extérieur,
02:17mais il faut un mouvement de l'intérieur.
02:19Donc là, c'est un peu une incertitude,
02:22parce qu'après les massacres qu'il y a eu au mois de janvier,
02:2530 000 à 40 000 morts qui ont été massacrés.
02:27Est-ce qu'un peuple peut se soulever sous les bombes ?
02:29Voilà.
02:29Alors, écoutez, moi, j'ai été frappé par le fait que 40 jours après les morts,
02:34donc c'était une période de deuil,
02:36on se disait, personne ne va sortir dans la rue.
02:38Pas du tout, des manifestations ont continué.
02:41J'ai vu hier des images de villes iraniennes
02:43dans lesquelles des jeunes arrachaient les portraits du guide suprême.
02:48Donc, voilà, il y a un peu d'espoir derrière cela,
02:51mais on le saura d'ici 15 jours à peu près.
02:56Du point de vue de la doctrine militaire,
02:58frapper des infrastructures,
03:00des figures politiques qui sont au sommet,
03:03est-ce que, historiquement,
03:04c'est un facteur de désescalade ou d'escalade, justement ?
03:09Alors, pour les Iraniens, c'est un facteur d'escalade.
03:12Vous connaissez le mythe du martyr,
03:15très présent en Iran,
03:17et donc, c'est pas grave,
03:19d'ailleurs, ils le répètent à chaque fois,
03:20ils font beaucoup de communication,
03:22même pas peur, on va continuer,
03:23et ils frappent dans tout le golfe,
03:25et c'est eux qui embrasent le golfe, en fait,
03:27en disant, continuez à nous frapper,
03:30on vous frappera également.
03:31Donc, c'est plutôt un facteur d'escalade,
03:33à cause de la nature de ce régime.
03:35Je le précise, c'est un régime terroriste,
03:38il faut se le rappeler.
03:39D'où les mouvements actuellement du Hezbollah au sud-Liban,
03:42qui sont liés, bien sûr, à Téhéran.
03:44Vous parlez d'embrasement,
03:46c'est un mot qui revient évidemment souvent.
03:48Quand on regarde la carte,
03:49on voit à quel point l'ensemble de la région est touché,
03:52Bahreïn, Qatar, Irak, Koweït,
03:54les Émirats arabes unis, le Liban,
03:56on en parle dans nos journaux.
03:57Les observateurs, eux, disent que le risque d'embrasement
04:00est encore plus grand dans les jours à venir.
04:02Est-ce que vous partagez cette inquiétude-là ?
04:04Alors, encore plus grand, je ne pense pas.
04:07En fait, il y a un effet boomerang, si vous voulez.
04:09Les Iraniens ont frappé toutes les bases américaines
04:11autour du Golfe.
04:12Sauf que ces bases américaines,
04:14ce sont des États aussi.
04:16Et ces États se sont réunis hier,
04:19le Conseil de coopération du Golfe,
04:21et tous accusent l'Iran.
04:23Et donc, se joignent dans une attitude défensive,
04:26pas dans une attitude offensive,
04:28un peu comme les Français, les Britanniques d'ailleurs,
04:30qui ne font pas partie de l'opération,
04:32mais qui prennent leur responsabilité de défense
04:35de leurs bases et de leurs alliés.
04:36Donc, il y a une attitude défensive.
04:38Donc, l'Iran se retrouve très seul autour du Golfe,
04:42mais pas seulement.
04:44La Russie n'a pas les moyens de les aider.
04:46Ceux qui apparaissent beaucoup,
04:47ce sont les Chinois.
04:48Les Chinois qui, aujourd'hui,
04:50publient des images de satellites impressionnantes,
04:52montrant les bases américaines
04:54avec tous les avions dessus,
04:55c'est-à-dire donnant des cibles,
04:56en quelque sorte, aux Iraniens.
04:57Une attitude défensive,
04:59ça veut dire quoi, concrètement ?
05:01Ça veut dire des moyens anti-aériens
05:03qui permettent d'intercepter les drones et les missiles
05:05qui attaquent les bases et les États.
05:08Vous savez que nous avons une base à Abu Dhabi,
05:11nous avons des accords également avec le Qatar,
05:14une autre base en Jordanie.
05:16La base navale d'Abu Dhabi,
05:17qui a d'ailleurs été touchée.
05:18Alors, oui.
05:19Base navale, précisons-le,
05:21Emirati,
05:22sur lequel il y a des facilités françaises.
05:25En revanche, on a un régiment,
05:27le cinquième régiment de Curassier,
05:28700 hommes,
05:29qui ne sont pas très loin.
05:30Donc, on doit prendre des mesures
05:32pour intercepter ces drones et ces missiles.
05:35Il y a d'ailleurs une frégate française
05:36qui est dans le Golfe actuellement
05:38et qui contribue à la défense de ces emprises.
05:40Alors, justement, la France dans tout ça.
05:42Les téléspectateurs qui nous regardent
05:43se disent, est-ce qu'on peut entrer en guerre ?
05:45Est-ce que le conflit peut devenir mondial ?
05:47Que leur répondez-vous
05:48à ceux qui se posent cette question ?
05:49Non, la France,
05:50le président l'a clairement dit,
05:52n'a pas été associée à cette attaque.
05:54En revanche, elle doit se protéger,
05:56protéger ses emprises,
05:58protéger ses citoyens qui sont dans le Golfe.
06:00Il y en a pas mal.
06:00On voyait des images tout à l'heure de Dubaï.
06:03Il y a en particulier
06:04beaucoup d'influenceurs qui sont là-bas.
06:06Donc, il faut prendre des mesures de protection.
06:09Il y a eu une réunion du Conseil de sécurité,
06:12revenir à l'international.
06:14Sauf que, je reviens à la nature du régime.
06:17Les Iraniens, le régime des Mollahs, pardon,
06:20ne veut pas négocier.
06:21Ou du moins, il fait semblant de négocier,
06:24mais ne promet aucune avancée.
06:28Et donc, c'est difficile de faire du multinational
06:31avec un interlocuteur qui ne veut pas négocier.
06:34Merci beaucoup, Général.
06:35Si nos téléspectateurs veulent comprendre davantage encore
06:38les enjeux géopolitiques,
06:40il y a un livre, et ça tombe bien,
06:42c'est le vôtre.
06:43Ça s'appelle « D'un monde à l'autre ».
06:45Ça les y aidera, bien évidemment.
06:46C'est aux éditions Robert Laffont.
06:48Un mot de la suite du programme.
06:50Merci d'être venu et d'avoir accepté notre invitation.
06:51Sous-titrage Société Radio-Canada
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