- il y a 9 heures
Un décryptage de l’actualité internationale présenté par Gauthier Le Bret le mercredi à 21h et par Olivier de Keranflec’h le dimanche à 16h : #LHeureInter
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00:00Bonsoir à tous, bienvenue dans l'heure inter de 100% politique en format édition spéciale,
00:04évidemment ce soir pour revenir une nouvelle fois sur cette guerre au Moyen-Orient
00:08avec les toutes dernières informations en direct évidemment.
00:11Bonsoir Xenia Federova, bonsoir Arnaud Klarsfeld et Alexandre Delval, géopolitologue.
00:16Je rappelle votre livre, Le Nouvel Ordre Post-Occidental, aux éditions de l'Artilleur.
00:21Et nous sommes également en liaison avec Henri Roux, général, docteur d'État en sciences politiques.
00:27Bonsoir à vous, mon général.
00:29Mais on va commencer par une information tout à fait, j'allais dire hallucinante,
00:33mais qui interpelle le FBI craint, donc évidemment les forces de police américaines,
00:39craignent de voir des drones iraniens arriver sur les côtes californiennes.
00:44Vous voyez cette information d'ABC News, le FBI met en garde contre les intentions de l'Iran
00:49d'attaquer la Californie avec des drones en représailles à la guerre.
00:54Est-ce quelque chose de sérieux Xenia Federova ?
00:57Est-ce qu'on peut imaginer que les Iraniens puissent atteindre d'une manière ou d'une autre
01:02les côtes californiennes des États-Unis à l'aide de drones ?
01:06Déjà, les drones, tout seuls, ne peuvent pas aller jusqu'à Californie d'Iran.
01:11Mais on peut imaginer que, par exemple, les drones sont lancés dans le bateau.
01:17Après, je m'allais croire que ce sera les câbles parce que je pense que c'est compliqué quand même
01:25de le faire sans être vu intercepté.
01:29Je pense que les frontières des États-Unis sont bien protégées.
01:35En tous les cas, si c'est le cas, je ne pense pas que ces drones, même s'ils sont
01:39lancés de la mer,
01:41vont attendre les objectifs parce qu'il y a un système anti-aérien qui, je pense, est très bien.
01:48Après, on peut imaginer que cette information sort à un moment où Donald Trump et son équipe
01:54cherchent un peu à justifier auprès des Américains cette menace iranienne
01:59qui menace évidemment l'économie mondiale, mais plutôt menaçante pour Israël et pour les régions.
02:05Donc, je pense que peut-être que ça sort exactement au moment où quelques éléments sont nécessaires
02:11pour déjà demander encore plus d'argent pour continuer cette campagne
02:15et pour justifier cette position et cette campagne auprès des électorats de Donald Trump.
02:20Alors qu'on sait que la base est même au-delà.
02:22Évidemment, les Américains sont plutôt défavorables à cette guerre en Iran et à l'intervention américaine.
02:28Alexandre Delval, comment vous analysez cela ?
02:30Le FBI, est-ce qu'il fait peur à la population américaine, comme le dit Xenia, pour justifier cette guerre
02:35?
02:36Oui, il y a un vrai risque côté américain.
02:38Je rappelle que le Hezbollah, qui est quand même moins armé que l'Iran,
02:41évidemment, ce n'est pas les mêmes distances, mais le Hezbollah a réussi, à l'aide de drones,
02:46à toucher Chypre et les bases anglaises.
02:49Donc, évidemment, ce n'est pas la même distance, je l'ai dit.
02:51Mais est-ce que l'Iran pourrait toucher demain les côtes californiennes ?
02:56Ça me paraît difficile. Ils ont des drones classiques qui vont jusqu'à 1000 km, c'est déjà pas mal.
03:02Et ils ont des drones sous-marins.
03:04C'est peut-être plus facile avec des drones sous-marins qui auraient été apportés par des bateaux dans les
03:09eaux territoriales,
03:10enfin, dans les eaux internationales.
03:11Et ensuite, peut-être, ça me paraît quand même extrêmement difficile,
03:14mais c'est 10 000 km à la distance de l'Iran.
03:17Donc, avec les drones les plus loin, c'est 1000 km pour les Iraniens.
03:21Donc, il faudrait être lancé de bateau si les Iraniens...
03:25À partir d'un bateau, comme disait Ksenia, ou alors, comme les Ukrainiens,
03:29monter des drones à partir du territoire iranien.
03:33On trouve des espions pro-iraniens au sein de la communauté iranienne d'Amérique.
03:37Elle est très pro-chale, la communauté iranienne d'Amérique.
03:39Mais on peut trouver toujours des gens qui soient retournés.
03:42Ce serait l'ukrainisation de la guerre.
03:44Donc, à partir du territoire américain, on met en place des drones que l'on peut monter.
03:48On peut commander sur Internet.
03:49On monte un drone et on attaque.
03:52Ça paraît extrêmement difficile, mais c'est la seule possibilité.
03:54C'est ce qu'ont fait les Ukrainiens, vous savez, pour bombarder les avions stratégiques russes
03:58à 5000 km de distance de l'Ukraine.
04:01Ils ont monté ça à partir de la Russie.
04:03Alors, on va demander l'avis à un militaire dans un instant.
04:05Mais puisque vous parlez de l'Ukraine, je souligne que Volodymyr Zelensky
04:09a proposé ses drones également, Xenia, cette semaine.
04:12Oui, il a proposé plutôt son expertise.
04:14Parce qu'il a cette expertise des batailles de terrain.
04:20Et en fait, ce qui est intéressant, je pense, pour ces pays de golf,
04:24c'est qu'aujourd'hui, les drones sont battus par les missiles qui sont extrêmement chers.
04:28Et ce qu'Ukraine propose, c'est battre les drones avec les drones.
04:31Donc, c'est une expertise qu'il propose.
04:33Après, je ne suis pas sûre que ça va changer beaucoup de choses,
04:36mais ça peut diminuer les prix, par exemple, les prix de ces missiles remplacés.
04:42Absolument. Le FBI et les Iraniens se souviennent aussi, peut-être,
04:47qu'en 1942, les Japonais avaient réussi à bombarder la Californie
04:53à l'aide de sous-marins qui étaient allés au large des côtes de Californie
04:57et qui avaient tiré quelques obus.
05:00Ça avait fait quelques dégâts légers.
05:02Mais en tout cas, la Californie avait été bombardée par le Japon
05:05la seule fois, excepté Pearl Harbor, pendant la Seconde Guerre mondiale.
05:10Mais enfin, qu'ils envoient un drone de Californie d'un bateau
05:15ou qu'ils fassent un attentat, le résultat est le même.
05:20Ils cherchent sans doute à commettre un attentat aux États-Unis.
05:24C'est tout à fait légitime.
05:26Les États-Unis leur ont tué tout leur gouvernement, leur chef suprême.
05:30Donc, il est tout à fait logique que le FBI cherche à s'assurer
05:36qu'il n'y ait pas d'attentats sur le sol américain provenant d'agents iraniens.
05:39Je vais juste donner l'information complète qu'on peut trouver notamment dans le Parisien.
05:44Moyen-Orient, Volodymyr Zelensky envoie des experts des drones
05:46pour aider les États-Unis et les pays du Golfe face à l'Iran.
05:49En échange, le président ukrainien espère obtenir des missiles
05:51pour le système américain patriote, indispensable pour intercepter les frappes russes.
05:55C'est ce que vous disiez, Xenia.
05:57On est donc avec le général Henri Roux.
05:59Bon, général, est-ce que vous pensez possible de voir des drones iraniens
06:03atteindre les côtes californiennes comme s'en inquiète le FBI ?
06:08Alors, si on se met du côté des États-Unis, évidemment, c'est une crainte qui est justifiée.
06:16D'une certaine manière, il faut se souvenir des Twin Towers.
06:19Et ça, ça a fortement marqué la population, non seulement états-unienne,
06:24mais ça a eu un impact dans le monde entier.
06:26Donc, si jamais il y avait une attaque, quelle qu'elle soit probablement de faible importance,
06:32sur les côtes californiennes, ça serait un choc, ça serait un véritable séisme.
06:39Alors, est-ce que c'est possible ?
06:40Je pense que vos invités ont déjà répondu.
06:44C'est très, très, très difficile, très, très délicat.
06:49Évidemment, ça pourrait se faire à partir d'un bateau.
06:53Ça pourrait se faire à terre avec des gens retournés.
06:57Mais j'ose espérer pour les États-Unis que les services de renseignement qui opèrent à l'extérieur
07:03opèrent aussi à l'intérieur et que ce type d'agression a été envisagé
07:08et que tout est en place pour prévenir ce type d'opération.
07:19Voilà.
07:19Sinon, je n'y crois pas trop.
07:22Je n'y crois pas trop.
07:22Très honnêtement, je pense que l'Iran a suffisamment à faire dans la zone du Golfe arabo-Persique
07:32face à Israël et face aux implantations états-uniennes pour ne pas aller aussi loin pour mener sa guerre.
07:42Voilà ce que je peux dire.
07:43Je n'y crois pas trop.
07:44On a bien compris.
07:45Et justement, vous me faites la transition puisqu'évidemment, l'information du jour,
07:48c'est la bataille navale qui a commencé dans le détroit d'Hormuz.
07:52Les Etats-Unis disent avoir détruit 28 navires poseurs de mines côté iranien
07:58avec des scènes et des images diffusées directement par les autorités américaines.
08:04On voit les bombardements sur les navires iraniens.
08:07Je suis sûr que Valérie Aknin va nous les montrer dans un instant.
08:10Mais écoutez donc Donald Trump qui se félicitait de cette opération.
08:14Oui, je pense que les entreprises pétrolières devraient utiliser le détroit d'Hormuz.
08:20Nous avons détruit tous les bateaux poseurs de mines iraniens en une nuit.
08:29On a détruit toutes leurs marines.
08:31Ils avaient beaucoup de bateaux, mais ils étaient inefficaces.
08:35Et toutes leurs marines ont été détruites et elle est maintenant au fond de l'océan.
08:42Nous ne pensons pas qu'il y ait de mines dans le détroit d'Hormuz.
08:45Et il a ajouté, Xenia, il ne reste presque plus rien à frapper en Iran.
08:49Dès que je souhaiterais que ça s'arrête, ça s'arrêtera.
08:53Je suis la raison.
08:54En fait, il y a raison.
08:56Si il décide de proclamer la victoire, il retire ses forces à arrêter pour les Etats-Unis.
09:02Mais s'il les retire, je pense que ça peut aussi arrêter là.
09:08Après, il y a des objectifs qui ne sont pas encore à temps, par exemple pour Israël,
09:13parce qu'Israël cherche complètement d'immilitariser l'Iran,
09:16parce que pour Israël, évidemment, c'est une menace importante.
09:20Mais pour Donald Trump, aujourd'hui, je pense qu'il cherche plutôt un bon moment de en sortir,
09:25parce que rester dans ces conflits longue durée, ça peut créer des risques politiques pour lui,
09:31surtout avant les midterms.
09:33Je pense qu'on a beaucoup parlé sur ce plateau.
09:35Comment est-ce qu'il va sortir avant la chute du régime, ou que le régime ne chutera pas ?
09:41Je pense qu'avoir une chute du régime, c'est compliqué.
09:45C'est ce que je toujours pensais, ce que je dis.
09:48Je pense qu'éliminer Amélie, éliminer quelques personnes,
09:53ce n'est pas exactement éliminer tous les régimes.
09:56Donc jusqu'à le moment où Donald Trump a quelqu'un en face de lui,
10:01avec qui il peut négocier, je pense que c'est une échelle.
10:04Mais Donald Trump va le présenter plutôt comme une victoire.
10:07Je pense qu'il a dit déjà que tout est détruit.
10:09Il a dit aussi que tout est dans les mains des peuples iraniens.
10:13C'est-à-dire que si le régime ne change pas, c'est au peuple iranien de continuer cette bataille.
10:19Après, il ne faut pas oublier que pour Donald Trump, ce qui est important, ce sont aussi les ressources.
10:23Il voulait bien contrôler les ressources iraniens, les réserves de pétrole,
10:28mais il ne peut pas, parce que sans avoir une vraie campagne,
10:31et envoyer les soldats sur les tirants, il ne peut pas avoir cet objectif.
10:36Donc je pense qu'aujourd'hui, il cherche d'en sortir,
10:39mais le blocage des droits d'armou, ça complique les choses beaucoup pour lui,
10:43parce que ça a vraiment...
10:44Et ça a des conséquences sur le prix du pétrole.
10:45Sur le prix du pétrole, le marché mondial, ce qui est un échec pour lui encore.
10:50Et on va parler du carburant et d'Emmanuel Macron,
10:53qui débloquent les stocks stratégiques de pétrole, y compris en France.
10:56Comment vous jugez la position de Trump, Arnaud Klarsfeld ?
10:59Est-ce que c'est quand même une victoire pour lui d'avoir montré la puissance américaine
11:03en ayant réussi à couler 28 navires iraniens en 24 heures ?
11:07Oui, mais il ne peut pas pouvoir mobiliser trois porte-avions,
11:11dépenser des centaines de milliards de dollars pour avoir coulé 28 petits bateaux iraniens
11:18dans le golfe persique et puis après rentrer chez lui.
11:20Il ne peut pas rentrer chez lui en criant victoire,
11:25en ayant tué Khaményi et en ayant un autre Khaményi plus jeune au pouvoir.
11:32Moshtaba Khaményi, le fils d'Ali Khaményi.
11:34Le fils. C'est quand même compliqué.
11:36Il peut dire qu'il fait beau alors qu'il pleut et qu'il y a un ouragan,
11:40mais la réalité le rattrape.
11:44Il ne peut pas s'en aller.
11:45Je ne crois pas qu'il vienne installer la démocratie,
11:48il se contenterait de n'importe quel chef militaire, etc.
11:53Mais il a besoin de la fin du nucléaire, la fin du balistique
11:59et une promesse de ne pas être hostile aux Etats-Unis.
12:03Et ça, les Iraniens ou le régime des Mola ne veulent pas le fournir.
12:08Mais on est quand même dans une situation un peu bloquée
12:10parce que les Américains qui bombardent espèrent que les Iraniens
12:16les sortiront de ce guet-pied et les Iraniens espèrent que ce seront les Américains
12:21qui bombardent qui les sortiront de ce régime que 80% détestent.
12:28Donc la situation est bloquée.
12:30Les uns comptent sur les autres et les autres comptent sur les uns.
12:32Et vous voyez la réaction du régime des Mola et du conseiller,
12:35du commandant en chef des Gardiens de la Révolution.
12:37Les Américains doivent envisager la possibilité qu'ils soient engagés
12:41dans une guerre d'usure de long terme qui va détruire l'économie américaine entière,
12:45de même que l'économie mondiale et entraînera l'érosion de toutes ses capacités militaires
12:50jusqu'à leur destruction totale.
12:51Donc là, ce que disent les Mola, Alexandre Delval, c'est qu'on va vous taper au portefeuille.
12:56On va s'en prendre avec évidemment le blocage du détroit d'Ormouz,
13:00à l'économie mondiale et à l'or noir, au pétrole et donc in fine au carburant.
13:04Et c'est directement les consommateurs occidentaux qui verront les conséquences à la pompe.
13:07Ils le voient déjà.
13:09Notamment avec les mines, les mines mobiles dont on parle beaucoup,
13:14mais aussi les mines fixes parce que les Iraniens ont des mines
13:16qui peuvent se fixer sur le sol, sous la mer et qui ont un détecteur, un capteur
13:22et qui peuvent éliminer un bateau par-dessous.
13:25Parce qu'on dit que les mines mobiles, c'est contre-productif, ça peut aussi les cogner.
13:29Mais non, il y a aussi les mines fixes.
13:30Donc les Iraniens ont de quoi déstabiliser durablement.
13:34Et vous savez que l'AIE, l'Agence internationale de l'énergie,
13:37a décidé de débloquer 400 millions de barils pour combler un petit peu le manque, pour ajuster.
13:43Et ça ne peut permettre de tenir que 20 jours.
13:47Donc peut-être que Trump a encore 20 jours de guerre.
13:50Parce que ce qu'on a débloqué, c'est des réserves stratégiques qui permettent de tenir.
13:55C'est de faire monter les stocks et de faire baisser les prix.
13:57Voilà, j'ai fait le calcul et j'ai parlé à un expert, c'est à peu près 20 jours.
14:00Ce n'est pas énormément.
14:01Alors peut-être qu'il a encore 20 jours.
14:02Mais le risque, c'est la pénurie à la fin.
14:03Et après, c'est la pénurie.
14:04Quand vous avez siphonné tous vos stocks stratégiques, le risque, c'est la pénurie.
14:07Absolument.
14:07Et c'est un choc pétrolier absolument incroyable.
14:11Moi, je rejoins ce que disait Xenia.
14:13Moi, je pense qu'aujourd'hui, Trump, il a une priorité.
14:16C'est le prix du pétrole à la pompe, au galon, comme on dit aux Etats-Unis, et la bourse.
14:21Et à un moment, il va vouloir se tirer de ce guépier.
14:23Mais je pense qu'effectivement, Israël, comme c'est beaucoup plus vital pour Israël,
14:27Israël continuera la guerre contre le Hezbollah et le Hamas.
14:30Les proxys qui vraiment harcèlent ces villages.
14:32Tandis que l'Amérique, c'est beaucoup moins vital.
14:35Elle n'est pas menacée existentiellement par l'Iran.
14:37L'Amérique va trouver, non pas un deal, elle va dire que l'autre a capitulé.
14:42Et l'avantage de Trump, il est dans la post-vérité.
14:44Il est capable de dire n'importe quoi.
14:46Regardez, quand il dit que le Venezuela ne vend aucun pétrole à la Chine, c'est faux.
14:50Chaque jour, des bateaux vénézuéliens emmènent du pétrole en Chine.
14:55On refait un pari.
14:57Ah oui, alors qu'on a fait un pari, absolument, que je reconnais avoir perdu.
15:03Pour les téléspectateurs qui n'étaient pas là, je dis que Arnaud pronostiquait une intervention massive des Américains en Iran.
15:09Moi je disais des petites frappes qui ne dureraient pas longtemps ou rien.
15:11Ou un deal, effectivement.
15:13Donc vous avez perdu un premier pari.
15:14C'est un peu plus que des petites frappes.
15:15Mais je pense qu'Amsenia, tout de même, qu'il va essayer de se retirer.
15:18Parce qu'il ne croit qu'au prix du pétrole à la pompe et à la bourse.
15:21C'est un homme de bourse.
15:23Parce que vous vous dites, Arnaud, qu'il ira jusqu'à la chute du régime.
15:26C'est bien cela ?
15:26Il ira jusqu'à la capitulation.
15:29Il a dit « no surrender ».
15:30Il ne peut pas faire machine arrière.
15:33Ça me semble logique.
15:35Absolument.
15:35Pour son propre prestige, le prestige des États-Unis,
15:40il ne peut pas faire machine arrière après avoir dépoulaillé une telle force.
15:44Ça serait renforcer terriblement le régime iranien.
15:47Et ça serait un soufflet sur les joues des États-Unis.
15:52C'est le cas.
15:53C'est le cas.
15:53Le régime iranien est en train de se renforcer à cause des bombardements d'écoles,
15:57d'hôpitaux, les plus acides de pétrole.
15:59J'ai beaucoup d'Iraniens opposants au téléphone régulièrement.
16:02Ils me disent « nous avons peur que cette guerre soit un cadeau pour le régime qui va être détruit.
16:07Mais il aura assez d'hommes pour continuer à réprimer sa population. »
16:11Le régime soit flamboyant en ce moment après l'élimination du Suprême.
16:14Cuba, ça a duré longtemps.
16:15Cuba, complètement en bargo et ils sont toujours là.
16:18Je veux l'expertise du général Henri Roux.
16:21Mon général, quel est votre regard sur l'opération dans le détroit d'Hormuz des Américains
16:26avec 28 navires détruits du côté de l'Iran en 24 heures ?
16:31Alors, je dois dire que pour moi, c'est accessoire.
16:34Le détroit d'Hormuz est bloqué, il va rester bloqué tant que cette guerre durera.
16:39Je crois en revanche que le président Trump est soumis à des impératifs.
16:44Le premier, c'est évidemment l'autorisation de poursuivre cette guerre.
16:49Le Sénat a son mot à dire.
16:52Et je ne pense pas que les sénateurs qui sont très vigilants sur l'opinion publique
16:58acceptent que le président poursuive cette guerre.
17:00Ça, c'est le premier point.
17:02Alors, évidemment, Trump regarde aussi la catastrophe que cela est en train de causer,
17:10non seulement dans le monde, mais surtout aussi, par effet induit, aux États-Unis.
17:16Il faut l'admettre.
17:20Je crois que dans cette guerre, il y a eu une faute majeure
17:24qui pourtant avait été envisagée par le chef d'état-major de l'armée états-unienne
17:34qui avait dit, cette guerre, on n'est pas préparé, on n'a pas les moyens.
17:37On n'a pas les moyens.
17:39Ça avait été confirmé aussi par la CIA.
17:41La CIA avait dit, mais on se lance dans une aventure.
17:44Ça n'est pas possible.
17:45Les Iraniens n'ont pas les moyens, après la guerre de 12 jours,
17:52de refaire une bombe nucléaire.
17:54Donc, il y a un certain nombre d'obstacles à la poursuite de cette guerre.
18:00Je crois qu'il y a eu une sous-estimation aussi de la puissance de l'Iran.
18:05L'Iran, ce n'est pas n'importe quel pays.
18:07Jusqu'à maintenant, les États-Unis sont allés faire la guerre du fort au faible.
18:13Vous pouvez prendre tous les conflits récents, que ce soit contre l'Irak, la Syrie, l'Afghanistan, évidemment.
18:23Chaque fois, ils ont pu mettre des troupes au sol et puis mener des guerres,
18:28des guerres tout à fait conventionnelles face à un ennemi essentiellement à pied.
18:34Là, ça n'est pas possible.
18:35C'est une guerre moderne, une guerre que l'on peut retrouver en Ukraine avec des missiles,
18:40des missiles balistiques, tout un système de radars.
18:44Je note que les États-Unis ont perdu dans cette affaire un tiers de leurs radars de haute précision,
18:54précision pardon, qui valent, ces radars qui valent des fortunes.
19:01Donc, c'est une guerre aussi qui risque de cesser par manque de munitions, de munitions stratégiques.
19:07Alors que les Iraniens, qui ont fait de la saturation au tout début de ce conflit
19:12et qui maintenant visent des points extrêmement précis,
19:17les Iraniens ont encore, contrairement à ce que l'on peut imaginer, ont encore des moyens.
19:22Merci, Général.
19:23Par exemple, des drones, une minute, même pas, 30 secondes,
19:28les drones qui étaient utilisés pendant le premier conflit,
19:32qui étaient peu précis, désormais sont très précis,
19:37parce qu'entre la dernière guerre et maintenant,
19:41les systèmes de guidage ont été améliorés.
19:43Donc, ça risque de durer si les États-Unis ne cherchent pas à arrêter ce conflit très vite.
19:52Merci beaucoup, Général, pour votre expertise.
19:54Et à l'instant, Xenia, le président américain Donald Trump annonce
19:57qu'il va prélever un peu de pétrole sur les réserves stratégiques américaines,
20:02comme l'ont annoncé un peu plus tôt dans la journée les Européens.
20:05Donc, la conséquence économique directe pour essayer de faire baisser les prix à la pompe,
20:08parce qu'il sent que ça tangue aux États-Unis,
20:10il va chercher dans les stocks stratégiques.
20:12Oui, bien sûr.
20:14Il cherche aussi à calmer un peu le marché, en fait,
20:18parce que le prix de pétrole, ça, oui, ça va influencer énormément les économies.
20:25Et je pense qu'aujourd'hui, j'ai vu que New York Times a relayé l'information
20:30qui, selon leurs sources, les conseillers de Donald Trump
20:33n'ont pas vraiment cru que le détroit d'armôtre sera bloqué.
20:38Donc, apparemment, il y a une sorte de sous-estimation de toute cette situation.
20:43Après, je pense que le grand perdant vraiment dans ces conflits,
20:47ça reste l'Union européenne.
20:50Parce qu'aujourd'hui, oui, il y a des réserves qui ne vont pas durer très longtemps.
20:53Et si ce conflit dure encore plus longtemps,
20:56qu'est-ce que l'Union européenne va faire ?
20:58Elle s'est déprivé le gaz du bon marché russe.
21:02Ils sont dépendants des gaz des États-Unis,
21:08qui est trois fois plus cher.
21:09Le détroit d'armôtre est bloqué.
21:11Donc, je pense qu'il y a un fort risque pour les économies européennes,
21:15beaucoup plus que pour les économies américaines.
21:18Donc, ce qui fait Donald Trump aujourd'hui,
21:20c'est en fait les mesures pour contrôler tous les risques.
21:27Mais évidemment, les réserves ne sont pas sans limite.
21:31Mais le risque, vous l'avez dit, c'est un mouvement de colère.
21:33En Europe, en France, on a connu les gilets jaunes.
21:37Et donc, aujourd'hui, Emmanuel Macron,
21:38il a fait un peu plus tôt dans la journée la même annonce que Donald Trump.
21:41On va aller puiser dans les stocks stratégiques de pétrole
21:45pour essayer de faire baisser le prix des carburants.
21:47Écoutez le président français.
21:49Le cœur du travail des derniers jours du G7 a été aussi
21:52d'essayer de répondre aux conséquences économiques de cette guerre.
21:57C'est ce qui nous a conduit lundi à lancer ce travail,
22:00dont j'avais pu parler à plusieurs d'entre vous,
22:03d'utiliser nos réserves stratégiques
22:05pour pouvoir donner un signal au marché mondial du pétrole
22:09et faire baisser les prix.
22:10Cette décision a été préparée dans le cadre du G7,
22:14qui représente environ 70% des réserves qui sont contrôlées
22:18par l'Agence internationale de l'énergie.
22:21Et donc, nous avons finalisé ces dernières heures,
22:22et ça a été annoncé à l'instant,
22:25la décision formelle de libérer 400 millions de barils
22:30de nos réserves stratégiques.
22:32Quand je dis nous, c'est la trentaine de pays
22:34qui sont dans l'Agence internationale de l'énergie.
22:37Ces 400 millions de barils, pour vous donner un ordre d'idée,
22:40ça représente environ 20 jours de sortie de barils
22:45par le détroit d'Hormuz.
22:46Donc c'est significatif, c'est la plus grande libération de barils
22:49qui a été faite depuis qu'on pratique
22:53ces libérations de réserves stratégiques.
22:55Donc là, le risque, c'est la colère en Europe.
22:58On se souvient des mouvements des Gilets jaunes,
23:00c'était la voiture, les 80 km heure,
23:02également le prix à la pompe.
23:04Ça, c'est une conséquence directe, évidemment,
23:06de la guerre sur le sol européen.
23:08Oui, et il ne faut pas aussi oublier
23:10que le détroit d'Hormuz bloque aussi les ingrédients.
23:14Donc c'est une conséquence aussi pour les agriculteurs.
23:17Et ça, c'est très, très, très risquant,
23:20et on peut dire même dangereux,
23:21parce que les prix vont monter
23:23pour la provision.
23:25Et en fait, ça peut créer vraiment
23:27une situation extrêmement difficile
23:30et la pression est extrêmement dure.
23:32Emmanuel Macron aussi a dit
23:34que même avec ça,
23:36il n'est pas prêt de lever les sanctions
23:38de pétrole et de gaz russe.
23:41Donc vous voyez, à ce moment,
23:44Emmanuel Macron est plutôt calme
23:45parce qu'il a des réserves.
23:47Mais dans les hypothèses,
23:48si ces conflits continuent
23:50et si les droits d'Hormuz restent bloqués,
23:52quel est le plan B pour l'Union Européenne ?
23:55Quel est le plan B pour en sortir pour la France ?
23:59C'est ça la question qu'on peut se poser.
24:01Mais il ne faut pas sous-estimer le mouvement de colère
24:03qui est en train de gronder dans le pays.
24:05Et c'est une question aussi de responsabilité française
24:08avec des taxes qui, en 10 ans, ont doublé.
24:10On est passé de 20 milliards à 40 milliards de taxes.
24:12Vous allez en Belgique, vous allez en Espagne,
24:13vous n'avez pas du tout le même prix à la pompe.
24:15Donc là, vous avez un gouvernement
24:16qui est acculé, Alexandre Delval,
24:18avec un risque d'implosion sociale.
24:19Quand vous gagnez le SMIC, comment vous faites pour faire le plein
24:22quand vous êtes à plus de 2 euros le litre ?
24:24C'est pour ça qu'on a gagné 20 jours.
24:26Peut-être que les prix vont être relativement stabilisés.
24:28Mais moi, je pense au pire.
24:30La géopolitique, c'est toujours envisager le pire.
24:32Et on n'a pas vu le pire.
24:33Parce qu'il y a Hormuz,
24:35mais de l'autre côté, la péninsule arabique,
24:37en face de la Somalie et du Yémen,
24:40eh bien, on a Bab el-Mandeb.
24:42Et on a la mer Rouge.
24:43Et la mer Rouge, ça va vers Suez.
24:45Et Suez, c'est le pétrole et le gaz liquéfié,
24:48mais surtout le pétrole qui est importé par les Européens.
24:51Pour l'instant, Hormuz impacte essentiellement les Asiatiques.
24:54Heureusement pour les Chinois,
24:56ils ont un accord avec les Iraniens.
24:57Leur bateau passe.
24:58Et il passe tous les jours.
24:59Les Chinois ne sont pas du tout pénalisés.
25:01Mais imaginez que Bab el-Mandeb soit attaqué par les Houthis.
25:05Alors bien sûr, on me dit régulièrement
25:07que les Houthis, pour l'instant, n'ont pas intérêt d'agir
25:09parce que, vous savez, ils se sont pris une petite raclée en avril dernier.
25:13Mais leurs stocks de munitions n'ont pas été détruits.
25:16Ils ont réussi à trouver un deal avec les Américains.
25:19Mais si les Houthis entrent en scène,
25:20c'est la partie qui impacte le plus l'Europe
25:22qui va être totalement bouchée.
25:24Le canal de Suez, la mer Rouge.
25:25Et là, c'est le scénario cauchemar
25:27parce que 20 jours,
25:28imaginons que ce soit dans 20 jours
25:30que les Iraniens,
25:31et si j'étais eux, je ferais ça,
25:32s'ils sont machiavéliques.
25:33Et ils le sont.
25:34Ils ne sont pas des imbéciles fanatiques,
25:36mais machiavéliques.
25:37S'ils lancent les Houthis dans 25 jours,
25:40une fois qu'on aura amorti
25:41tout cet ajustement qui n'est pas suffisant,
25:44il faudrait un...
25:44C'est vrai que tout le monde souligne en ce moment
25:46le silence des Houthis.
25:47Ils regardent et qui ne font rien.
25:49C'est vrai qu'ils ont été dissuadés
25:50parce que les Américains les ont traités,
25:51comme on dit récemment,
25:52mais ils n'ont fait un accord qu'avec les Américains.
25:54Ils pourraient agresser les Israéliens
25:56et toutes sortes de bateaux européens.
25:58Ils n'ont fait un accord qu'avec les Américains.
26:00On ne touche pas aux bateaux américains.
26:02C'était l'accord d'avril dernier.
26:03Donc moi, ce que je crains,
26:04c'est que si les Houthis entrent en scène,
26:05c'est un cataclysme énergétique mondial.
26:08C'est Mad Max.
26:08Ce sera mille fois plus grave pour les Européens
26:11parce que, je répète,
26:12nous ne sommes pas impactés par Hormuz.
26:14Hormuz, c'est le pétrole qui va vers l'Inde
26:15et vers la Chine.
26:16Et eux, ils se sont arrangés avec les Iraniens.
26:18Les Indiens aussi sont très proches des Iraniens.
26:20On est impactés de manière indirecte
26:22puisque la hausse du prix vient de là.
26:24On est impactés pour le GNL,
26:25essentiellement en Qataris,
26:26parce que les Qataris n'ont pas d'oléoducs.
26:28Contrairement aux Saoudiens
26:29qui ont fait des oléoducs
26:30qui traversent leur pays,
26:31les Qataris n'ont pas réussi à faire de léoducs.
26:33Donc, ils sont tributaires des bateaux, les Qataris.
26:35Arnaud, conséquence directe pour les Français
26:38de cette guerre, le prix à la pompe.
26:40Quand on peut leur parler de la guerre,
26:41ça peut leur paraître loin.
26:42Quand ils voient le prix dans certaines stations essence
26:45ou le prix le plus cher affiché dans la capitale,
26:49aujourd'hui, c'était 2,70 euros le litre.
26:51Là, d'un coup, la guerre, elle se rapproche.
26:53Oui, mais à condition que le pétrole continue à augmenter,
26:56moi, je crois que Trump réussira à rouvrir
26:59le détroit d'Hormuz,
27:01comme Mad Max a réussi à récupérer le pétrole
27:05dans le premier, dans le deuxième film.
27:08Je me souviens bien,
27:10il parvient à récupérer le pétrole.
27:12Dans Mad Max, il n'y avait plus de pétrole.
27:14C'était ça.
27:14Mais oui.
27:14Bon, mais chacun voit midi à sa porte.
27:17Je vous ai dit tout à l'heure...
27:18Oui, vous êtes très optimiste ce soir, Arnaud.
27:19Je suis toujours très optimiste.
27:22Mais chacun voit midi à ma porte.
27:24Et chacun, finalement, dans les guerres,
27:27comme je vous ai dit tout à l'heure,
27:29choisit son camp comme on choisit son équipe de football.
27:32Mon équipe de football sont les États-Unis et Israël.
27:35Ce n'est pas l'Iran.
27:37Donc, je souhaite la victoire de ce que j'estime être mon camp.
27:43Et je ne vois pas comment Trump peut faire machine arrière.
27:46Et il est obligé d'essayer de rouvrir le détroit d'Hormuz.
27:50Bon, donc, oui, je suis optimiste.
27:52L'actualité du soir, c'est le Liban.
27:54Le Hezbollah dit avoir visé le nord d'Israël
27:56avec des dizaines de roquettes à l'instant.
27:59Et au même moment,
28:00Beyrouth est une nouvelle fois bombardée par les Israéliens.
28:04Donc, je vous propose de voir le sujet de Mathilde Libanaise.
28:07Et puis, on s'inquiétera du sort de ces centaines de milliers déplacés,
28:10des chrétiens d'Orient également.
28:13Et Israël va-t-il réussir à en finir une bonne fois pour toutes
28:17avec les terroristes du Hezbollah ?
28:18Mathilde Libanaise.
28:21En plein cœur de Beyrouth, dans le quartier d'Aïcha Bakar,
28:25de la fumée noire et des flammes sont toujours présentes dans des appartements.
28:31Je dormais. Vers 5h30 du matin, je dormais avec mon mari.
28:35Mon fils était encore éveillé après son retour du travail.
28:38Le bruit était indescriptible.
28:41La peur est indescriptible.
28:42Ça suffit. Ça suffit.
28:44C'est un cauchemar.
28:45Quand est-ce que ça va finir ?
28:47On n'en peut plus.
28:48On ne peut vraiment plus supporter ça.
28:51Des frappes d'une extrême précision visant des membres du Hezbollah
28:57cachés dans des quartiers résidentiels
28:59où, de surcroît, de nombreux déplacés ont trouvé refuge.
29:04C'est le septième et huitième étage d'un immeuble
29:07qui a été visé par des missiles israéliens.
29:10Si une personne est recherchée ou visée,
29:12elle ne devrait pas se trouver dans un quartier résidentiel.
29:15C'est notre seule demande à l'État libanais.
29:18Les frappes israéliennes continuent de s'abattre
29:21dans la banlieue sud de Beyrouth,
29:25bastion du Hezbollah.
29:29L'est du Liban est également ciblé.
29:31Dans la plaine de Bekka,
29:33une nouvelle frappe a cette fois-ci touché une maison
29:35où se trouvaient des réfugiés syriens.
29:41Selon les autorités, sept personnes sont décédées.
29:45C'est des conditions humanitaires très compliquées,
29:47Xenia, puisqu'on a franchi la barre des 700 000 déplacés
29:50qui ont dû quitter le sud du Liban
29:52ou qui ont dû quitter le sud de Beyrouth
29:54pour éviter les bombardements
29:56avec l'objectif d'Israël qui est de défaire le Hezbollah.
29:59Oui, c'est dramatique ce qui se passe au Liban.
30:04Et malheureusement, on voit qu'il y a
30:07beaucoup plus de victimes parmi des civils aussi.
30:11C'est quelque chose...
30:12Je ne connais pas très bien ces régions,
30:17mais ce que je vois,
30:18c'est qu'il n'y a pas vraiment l'infrastructure
30:20pour se cacher des bombardements.
30:22Il n'y a pas l'équivalent du dôme de fer, vous voulez dire ?
30:25Exactement, par rapport à ce qu'Israël a, par exemple.
30:29Finalement, ce flux migratoire,
30:31ce qui pose un problème aussi,
30:34parce que, pas seulement des bombes,
30:36mais éventuellement, je pense qu'on va voir
30:38un peu la même chose des rangs.
30:39Si cette guerre continue,
30:42il y aura les flux migratoires.
30:44Et où est-ce que tous ces gens vont aller ?
30:46Ils vont chercher à venir probablement en Europe.
30:49On voit qu'Erdogan a renforcé sa frontière
30:53exactement à cause de ça,
30:56pour prévenir les Iraniens de sortir.
31:00Pour révenir l'Ébain,
31:01oui, je pense que c'est dramatique,
31:04malheureusement, pour ces gens-là.
31:08La situation n'est stabilise pas,
31:11et on ne sait pas quand ça va se stabiliser.
31:13Alexandre Delval ?
31:14Ce que l'on constate,
31:15c'est que les chiites ont été pris en otage
31:17par le Hezbollah depuis des années,
31:19et maintenant, c'est les chrétiens,
31:20parce que les chiites vont dans les villages chrétiens,
31:23parce qu'Israël, en général,
31:24essaie d'épargner les villages chrétiens.
31:25J'ai eu quelqu'un au téléphone, encore, tout à l'heure,
31:27qui est à Jaunier.
31:28Il me dit, tout va bien,
31:29on n'est pas tapé à Jaunier.
31:30Mais là où l'Ezbollah...
31:32Il y a un prêtre qui a été tué en début de semaine
31:34dans le sud du Liban par l'artillerie israélienne.
31:37Il y a eu une énorme désinformation sur ce prêtre.
31:39Il a demandé au Hezbollah,
31:40qui était en train d'installer des rames de lancement,
31:42pour frapper depuis un village chrétien,
31:45de partir.
31:49Le maire du village d'Aley a demandé à l'armée libanaise
31:53d'aider à ne pas faire entrer ces gens du Hezbollah
31:55dans le village.
31:56Le prêtre a été tué parce qu'il s'est courageusement opposé
31:59au Hezbollah.
31:59Il a dit, on ne veut pas que vous nous attiriez les foudres.
32:02C'est votre guerre, ce n'est pas la nôtre.
32:04Et le prêtre a été tué.
32:05Pendant ses obsèques, un député libanais pro-Hezbollah
32:08a été viré des obsèques
32:10pour vous montrer que ce village était absolument contre
32:13toutes accueillies des personnes du Hezbollah.
32:15Mais ça, bien sûr.
32:15Mais les agences de presse libanaises ont expliqué
32:17qu'il avait été tué par l'artillerie.
32:19Israélienne, pas par le Hezbollah.
32:21Les dernières presses libanaises
32:22qu'on peut recourser ces dernières heures
32:24montrent qu'en fait, il y a une nouvelle version.
32:25C'est que le prêtre a été tué par le Hezbollah
32:27parce qu'il s'y opposait.
32:28Ce n'était pas du tout une frappe israélienne.
32:30Mais ce qui est certain, c'est que les chrétiens aujourd'hui...
32:32Alors ça, moi, je n'ai pas l'information.
32:33C'est vous qui l'a donné.
32:34Mais moi, je n'ai pas du tout l'information.
32:34Ce n'est pas ce que dit la presse libanaise.
32:36Et ce n'est pas ce que disaient les associations
32:38qui viennent en aide aux chrétiens sur place,
32:40que ce soit les SOS chrétiens d'Orient ou d'autres.
32:42Alors vous avez raison, je les connais,
32:43les SOS chrétiens d'Orient.
32:44Ils ont fait un travail formidable en Syrie.
32:46Mais ils ont un prisme parce qu'en Syrie,
32:48le Hezbollah était allié contre Daesh
32:51et avec le régime de Bachar al-Assad.
32:53Donc c'est normal qu'ils disent cela.
32:54Le Liban est une situation complètement différente.
32:56Les chrétiens de Liban ne sont pas du tout,
32:58du tout pro-Hezbollah.
33:00Et regardez, la fille d'Amin Jemayel,
33:02l'ancien président libanais,
33:03elle est la mère d'une ville, Big Faya.
33:06Elle a dit, je ne veux pas qu'aucun chiite
33:08entre dans ma ville, même des réfugiés.
33:10Tellement qu'ils ont peur que ça attire
33:12les foudres des Israéliens.
33:13Et aujourd'hui, enfin, l'armée libanaise
33:15et le gouvernement libanais,
33:16ils font un petit peu les hypocrites.
33:17Ils disent, on met le Hezbollah à Israël
33:19au même niveau, mais en privé.
33:22Ils rêvent qu'Israël finisse le travail
33:24contre le Hezbollah.
33:25C'est une plaie pour le Liban.
33:26Le Hezbollah, c'est une invasion iranienne.
33:29C'est une évidence.
33:30Quand vous allez à Beyrouth,
33:31vous entendez parler iranien
33:32quand vous approchez des zones Hezbollah.
33:34Les Libanais n'en peuvent plus de cette milice
33:36qui est en fait une force d'occupation iranienne
33:39qui attire systématiquement
33:40les bombardements israéliens.
33:43C'est évidemment un désastre humanitaire.
33:45Et on a mal au cœur
33:46quand on voit la première dame
33:47qui parlait, qui pleure.
33:50Mon père a 90 ans, il a du mal à marcher.
33:52Donc quand on demande aux gens d'évacuer,
33:54on comprend bien qu'il y a des gens âgés
33:56qui ne pourront pas marcher
33:59ou qui ne pourront pas avancer
34:00jusqu'à être définitivement à l'abri.
34:06Mais là, je parle en tant qu'individu.
34:08Si j'étais un homme d'État,
34:10un homme d'État,
34:11quelle est sa première responsabilité ?
34:13La première responsabilité d'un homme d'État,
34:15c'est de protéger ses concitoyens.
34:17Et le Premier ministre israélien,
34:20il voit que le Hezbollah tire sur le nord d'Israël,
34:23que déjà par le passé,
34:25des dizaines de milliers d'Israéliens
34:27ont dû évacuer dans des hôtels
34:29dans le centre d'Israël
34:31pour ne pas être sous le feu du Hezbollah,
34:34que ça affaiblit Israël
34:37d'avoir toute une région
34:38qui est évacuée en raison de tirs de roquettes,
34:41que ça montre de la faiblesse.
34:42Donc il est bien obligé de faire quelque chose.
34:45Il n'a pas fait d'invasion massive du sud Liban.
34:49Pour l'instant, il essaye de détruire
34:51tout ce qui a trait au Hezbollah,
34:54les banques, les responsables, etc.
34:57Et ça cause effectivement
34:59beaucoup de souffrance
35:00parmi une partie de la population libanaise.
35:04Mais il n'y a pas d'issue.
35:05C'est comme en Iran.
35:06L'issue sortira ou des Iraniens
35:09ou des Libanais quand ils en auront assez.
35:11Ils en ont déjà assez
35:12puisque un des intervenants du reportage a dit
35:15que ce n'est pas bien de se cacher
35:16quand on est recherché
35:17au sein des zones résidentielles.
35:20Et la une de l'Orient le jour,
35:22je la rappelle, elle était très forte.
35:23Le Hezbollah suicide le Liban.
35:26Absolument.
35:26Là-dessus, c'est très très clair.
35:27À l'instant, vous savez qu'hier,
35:29les Molas menaçaient d'éliminer Trump.
35:31Il y a eu un tweet d'Ali Larijani,
35:33chef du Conseil suprême de sécurité nationale iranien,
35:36qui disait
35:36« Faites attention à ne pas être éliminés vous-même à Trump ».
35:39Eh bien là, l'escalade continue.
35:41Xenia, un conseiller de Ramenaï
35:42qualifie Trump de « Satan »
35:44et promet de détruire Israël.
35:46Un haut conseiller militaire du nouveau guide suprême iranien,
35:50Mojtabar Ramenaï,
35:51a qualifié mercredi le président américain
35:53de « Satan »
35:54tout en promettant que son pays détruirait Israël.
35:56Trump est le président américain
35:58le plus corrompu et le plus stupide,
36:00a-t-il déclaré à la télévision d'État.
36:02Donc on voit qu'on est dans une escalade verbale
36:04aussi des mollards envers Trump,
36:06qu'on menace d'éliminer le mardi
36:07et qu'on qualifie de « Satan » le mercredi.
36:11Moi, je pense que c'est fait plutôt
36:12pour la population iranienne
36:14que pour la communauté internationale.
36:17Je pense qu'aujourd'hui,
36:18avec des dizaines de milliers de civils
36:23qui sont morts et qui sont blessés,
36:27je pense qu'ils sont obligés de dire les mots fortes.
36:29Et évidemment, je trouve ça contre-productif,
36:34ce genre de déclarations.
36:36Mais apparemment, c'est peut-être marche,
36:38on ne sait pas,
36:39mais c'est un peu dans l'esprit des déclarations
36:43qui étaient déjà faites à l'époque.
36:46Je ne pense pas que Donald Trump
36:48le prend en sérieux, évidemment,
36:50mais je pense que ça fait plutôt pour l'intérieur.
36:52C'est un bon argument pour Trump.
36:55Bien sûr, mais je vous montre l'image en direct,
36:57Arnaud, je vous donne la parole.
36:57Vous voyez donc Donald Trump,
36:58c'est des images en direct,
36:59il a visité une usine dans le Kentucky
37:01et en ce moment,
37:02il parle trois ou quatre fois par jour.
37:04Et donc, il va faire une nouvelle déclaration
37:05dans un instant,
37:06puisque vous voyez le pupitre
37:07du président des États-Unis installé,
37:10Arnaud Klarsfeld.
37:11Donc, le conseiller de Raména
37:12qui le qualifie de Satan,
37:14un autre qui menace de l'éliminer.
37:16On voit que l'Iran joue l'escalade verbale
37:18avec le président américain.
37:19On voit bien qu'ils sont quand même désemparés,
37:20ils n'ont pas de stratégie.
37:22La dernière chose à faire,
37:23c'est de dire on va détruire Israël
37:25et on va tuer Trump.
37:26Trump, ça donne toute l'attitude à Trump
37:29pour continuer,
37:30ça renforce sa base électorale.
37:32Pas tous les démocrates,
37:33mais même une partie des démocrates centristes
37:36seront de son côté.
37:38Donc, ça montre quand même
37:39qu'il n'y a pas de stratégie,
37:41qu'ils sont quand même désemparés
37:43et qu'ils ne savent pas quoi faire.
37:45Et pour reprendre les propos du général
37:47qui était très pessimiste,
37:50je rappelle quand même
37:51qu'ils ont très peu de missiles,
37:53ils n'ont plus de défense aérienne,
37:55ils n'ont presque plus de lanceurs,
37:57que le sol,
37:57l'air iranien appartient aux avions américains
38:01et israéliens qui peuvent bombarder,
38:04que les États-Unis ont des milliers,
38:06des dizaines de milliers de bombes,
38:08même s'il leur manque des missiles,
38:10ils ont des bombes.
38:12Les cartes ne sont pas dans les mains
38:14des Iraniens ou du régime des Molag.
38:16Dès que Trump, évidemment, parle de l'Iran,
38:18on écoutera le président américain en direct.
38:20Oui, Alexandre Delval ?
38:21Mais je rappellerai quand même
38:23que l'Iran, c'est deux fois l'Afghanistan
38:25et il y a encore plus de montagnes.
38:27Extrêmement compliqué à prendre.
38:28Les Américains se sont embourbés
38:29pendant 20 ans en Afghanistan.
38:31Ils n'ont pas réussi de contrôler plus
38:33que la capitale.
38:35Leur homme-lige au départ,
38:36M. Karzai, n'a régné que sur la capitale.
38:38Et les Afghans étaient beaucoup moins intelligents,
38:41beaucoup moins instruits,
38:41ils avaient beaucoup moins d'ingénieurs
38:43et beaucoup moins d'armes
38:44encore que les Iraniens.
38:45Et ils ont réussi à faire partir les Américains.
38:48Parce que dans une guerre asymétrique,
38:49vous pouvez tout bombarder, tout raser.
38:51Mais après, il faudrait carrément
38:52remplacer la population.
38:54Vous ne pouvez pas lutter
38:55contre un ennemi asymétrique
38:57aussi facilement.
38:58Sauf, alors là, il faut être cohérent.
39:00Et effectivement, les Américains,
39:01ils étaient peut-être en Irak,
39:02même si c'était un échec total.
39:03Sauf si vous envoyez 350 000 hommes.
39:05Mais en Afghanistan,
39:06ils étaient tous opposés aux États-Unis.
39:08Tandis que là,
39:09ils sont tous opposés au régime.
39:11Enfin, 80% sont opposés au régime.
39:12Absolument.
39:13Mais ce que je veux dire,
39:13ils n'ont pas réussi à soumettre
39:15des Afghans qui étaient sur des chameaux
39:17ou sur des mobilettes.
39:18Mais personne n'a réussi à soumettre les Afghans.
39:20Personne.
39:20Personne.
39:20Voilà.
39:21Et les Iraniens, c'est quelque chose
39:22qui, à mon avis, est aussi dur
39:25qu'un Afghan avec encore plus de montagnes
39:27et un pays encore plus grand.
39:28C'est que des montagnes.
39:29Regardez la carte, c'est que des montagnes.
39:30Et on se souvient quand
39:31Charlie Wilson est intervenu en Afghanistan,
39:33il a créé les talibans.
39:36Xenia Federova,
39:37on va garder les images de Trump en direct,
39:39mais on voulait quand même parler
39:40de la réaction de Vladimir Poutine.
39:42Vladimir Poutine a adressé un message
39:44de félicitation au nouveau guide suprême
39:46iranien Mostabar Amenai,
39:47lui assurant de son soutien indéfectible.
39:50Comment analyser la position de Moscou ?
39:52La position de Moscou est assez cohérente.
39:55En fait, la Russie reste un allié d'Iran.
39:58La Russie ne change pas sa position
40:01depuis les attaques des États-Unis
40:05et Israël sur Iran.
40:06Je pense que c'est assez prévisible.
40:10Il n'y a rien de nouveau.
40:11Parce qu'aujourd'hui, dans le monde
40:14où il y a eu des tentatives d'isoler la Russie,
40:17la Russie respecte beaucoup ses alliés.
40:19Bien sûr que la Russie ne va pas aller en guerre
40:21contre les États-Unis
40:22et à cause d'Iran aujourd'hui.
40:26Mais la Russie souligne qu'elle reste
40:28un allié quand même,
40:29comme la Chine font la même chose.
40:32Et pour moi, je pense que ça montre aussi,
40:36c'est un message aussi aux États-Unis.
40:38C'est peut-être pour ça que Donald Trump appelait
40:39Vladimir Poutine, ils ont parlé pendant une heure,
40:42ils ont discuté Iran,
40:43parce que Vladimir Poutine, il est pragmatique.
40:45Il parle avec Iran, il parle avec Israël,
40:47il parle avec les États-Unis.
40:49Avec tous les acteurs majeurs du Golfe.
40:52Et je pense que c'est ça la position de la Russie.
40:54Il appelle pour les désescalades,
40:56il appelle pour une façon et moyen
40:58de trouver une voie diplomatique
40:59et arrêter ce conflit
41:01qui déstabilise en fait toute la région
41:02et tout le monde.
41:03Et est-ce que la Russie aide d'une quelconque manière,
41:06selon vous, l'Iran ?
41:07On a lu dans la presse française,
41:08alors il les avait achetés dans les années 90,
41:10mais que les Iraniens, par exemple,
41:11utilisent des sous-marins russes.
41:13On sait que les sous-marins russes étaient achetés par Iran.
41:16Je pense qu'Arnaud Klarsfeld a vérifié ça au début de cette émission.
41:20Il y a deux, trois...
41:21C'est l'intelligence artificielle.
41:23Dans les années 90.
41:24C'est pas une source.
41:25Exactement.
41:26Après, il n'y a aucune confirmation officielle
41:29qu'aujourd'hui, la Russie fournie,
41:31par exemple, les ressignements
41:32qui sont utilisés par les Iraniens
41:34sur les cibles, sur les bases américaines.
41:37Mais dans les hypothèses qui sont les cas,
41:40c'est en fait exactement la même chose
41:42que les États-Unis font avec l'Ukraine,
41:45où ils donnent les ressignements aux Ukrainiens
41:47pour qu'ils puissent frapper
41:48sur les sites énergétiques de la Russie, etc.
41:51Dans ce monde qui est un peu partagé,
41:54un peu dans l'idée de même guerre froide,
41:59il y a des sphères désintérêt qui sont partagées,
42:01il y a des alliances, il y a des puissances
42:03contre les autres, même pas ouvertement.
42:05Donc ça peut être les cas.
42:08Alexandre Delval.
42:08Je constaterai avec cynisme que, tactiquement,
42:12momentanément, la Russie jubile en ce moment.
42:15C'est le grand gagnant, puisque Trump
42:17ne lève pas partiellement les sanctions
42:19qu'il avait mis sur l'Inde,
42:21qu'il n'avait pas le droit d'acheter du pétrole,
42:23que l'Inde n'avait pas respecté.
42:25Vous voulez dire même qu'énergétiquement,
42:26la Russie remporte une manche
42:28avec le détroit d'Hormuz qui est bloqué ?
42:29La bénédiction de Trump, elle a levé des sanctions,
42:31l'Inde, pour acheter le pétrole
42:33qu'elle va nous revendre, très cher.
42:35L'Inde achète 30% moins cher le pétrole russe,
42:38mais elle va nous le revendre en produits dérivés.
42:41Et nous, cachez ce sein que je ne saurais voir,
42:44nous, nous allons acheter du pétrole russe,
42:46qui aura été raffiné par les Indiens,
42:47mais beaucoup plus cher que si on l'avait acheté directement.
42:50Et ça, c'est la grande victoire de M. Poutine.
42:53On lui demande même de ne pas bloquer,
42:55vous savez, la livraison de gaz,
42:58liquéfiée vers l'Europe,
42:59avant l'interdiction de l'Union Européenne de 2027.
43:02En ce moment, maintenant, même les Européens demandent
43:04ne coupez pas trop vite, nous on veut vous couper en 27,
43:06mais pour l'instant, continuez à nous approvisionner.
43:09Imaginez.
43:09Et en plus, grâce à Rosatom,
43:11la Russie a un levier sur l'Iran.
43:13Donc la Russie se propose aujourd'hui à Trump,
43:15il y a eu cet échange téléphonique,
43:17on va vous aider à faire pression sur l'Iran
43:19pour qu'il n'ait pas le nucléaire militaire,
43:22parce que l'accord de coopération pour le nucléaire
43:25entre l'Iran et la Russie
43:26prévoit que l'Iran n'a pas le droit d'acquérir
43:29l'arme nucléaire militaire,
43:30et en échange, la Russie l'aide à avoir du nucléaire civil.
43:33Donc aujourd'hui, il est probable que Trump
43:34utilise la Russie pour des nouvelles négociations.
43:37– Oui, c'était déjà le cas à l'époque,
43:40quand Delisa Reiss a dit dans ses interviews
43:42que c'était la Russie qui a convaincu l'Iran.
43:45– C'est la seule qui peut aujourd'hui.
43:47– Ministre de bouche, quand Delisa Reiss.
43:50Arnaud Glarsfeld, votre regard sur Poutine
43:51qui félicite Mojtabai Raménaï ?
43:54– Oui, il le félicite, mais il est modéré,
43:56il ne participe pas activement à la défense de l'Iran,
43:59il fournit sans doute quelques informations
44:00sur quelques sites, en échange de l'abandon des Américains
44:06de fournir trop d'informations aux Ukrainiens
44:09sur les sites russes.
44:10Il est modéré, il n'attaque pas outrageusement Israël.
44:15Je me souviens dans les années 80,
44:19quand Brezhnev disait qu'Israël était un État génocidaire,
44:23apartheid, raciste, fasciste.
44:26Bon, du temps de Khrouchchev, j'étais pas né.
44:28Mais je me souviens, en tous les cas, du temps de Brezhnev,
44:35Poutine a, disons, une certaine affection pour Israël,
44:38puisqu'il y a 2 millions d'Israéliens qui sont d'origine russe
44:41et qui parlent russe en Israël.
44:42On parle presque autant russe que l'hébreu.
44:45Et il est allé deux fois à Yad Vashem.
44:47D'ailleurs, je l'avais rencontré à Yad Vashem
44:49avec mon père en 2020.
44:53Voilà, donc il est modéré sur le conflit,
44:57c'est mon opinion.
44:58Et il a payé une maison en Israël
45:00à son ancien professeur,
45:02qui était comme une mère pour lui,
45:03et il a toujours dit,
45:05moi vivant, Israël ne sera pas en danger existentiel.
45:08Donc ça, c'est pas connu.
45:11Cette israélophilie...
45:12Il y a une certaine affection envers Israël.
45:13Ça n'empêche pas qu'il soit allé avec des ennemis d'Israël,
45:15mais il est un ami.
45:16Oui, parce que par contre, il y a une différence de perception.
45:19C'est-à-dire que l'Israël se sent en menace existentielle face à l'Iran.
45:23Oui, mais quand vous parlez avec un Israélien,
45:25ils savent faire la différence entre un Iran et un allié de l'Iran
45:27qui est également un allié de l'Iran.
45:28Et beaucoup d'Israéliens disent qu'on peut compter sur la parole de Poutine.
45:31Beaucoup d'officiels d'Israéliens.
45:33Alors, Trump va prendre la parole sur les sujets iraniens.
45:35Je vous l'ai dit, il visite une grande entreprise
45:37et il n'a pas encore parlé de l'Iran.
45:39Mais ça m'intéresse d'avoir votre regard à nouveau sur Trump
45:42puisqu'on va l'entendre dans un instant.
45:44Xenia, pour vous, il va essayer de sortir le plus rapidement possible de cette guerre.
45:50Comment vous avez analysé quand il a dit il y a deux jours
45:52que la guerre, je le cite, est quasiment terminée
45:55puisque l'Iran n'a plus de marine, ni de communication ou de force aérienne ?
45:59Ça a beaucoup surpris quand on a entendu Trump dire
46:01la guerre est quasiment finie.
46:04Oui, je pense encore une fois, c'est une façon de décommuniquer
46:08que les Etats-Unis sont presque finis
46:11et sont joués leur rôle dans ces conflits,
46:16même si Arnaud Klaarsfeld n'est pas d'accord avec moi.
46:19Mais je pense...
46:20Oui, mais vous avez une manière très élégante de vous opposer, Arnaud.
46:22Oui, je pense que pour Donald Trump,
46:25ça sera beaucoup plus sage de trouver un moyen de sortie de ces conflits
46:29jusqu'à ce que ce n'est pas trop tard
46:30parce que ces conflits, ça peut un peu attirer
46:34et affaiblir sa position politique.
46:38Et aussi, comme Alexandre Delval a mentionné,
46:41Afghanistan, on sait très bien ce qui peut arriver aux Etats-Unis
46:44quand ils se mettent dans un conflit avec un pays dans les régions.
46:49Vingt ans après, les talibans restent au pouvoir,
46:52l'Irak est déstabilisé, Libye, Syrie, etc.
46:57Donc je ne vois pas comment Donald Trump peut convaincre déjà les Américains
47:02que ça peut être une longueur.
47:05Donc je pense qu'il va trouver un moyen d'en sortir...
47:08Une issue.
47:08...un bon moment où il peut sortir avec une victoire, en fait.
47:13Et oui, je pense que c'est tout à fait possible que la Russie va jouer un rôle.
47:18Et alors, on a parlé des conséquences économiques avec Trump
47:21qui débloque les stocks stratégiques américains de pétrole
47:25pour essayer de faire baisser la pression à la pompe.
47:28Mais je n'ose imaginer si l'alerte du FBI est vraie,
47:31qui dit que les drones iraniens pourraient toucher les côtes californiennes.
47:34Mais alors là, les conséquences pour Trump, politiquement,
47:37peuvent être très dures.
47:39Moi, je me fie à l'alerte du FBI.
47:42Je n'ai pas de raison ni d'information de douter des autorités américaines.
47:45Même si je vois bien, évidemment, la stratégie qui peut être mise en place
47:49pour dire, regardez, l'Iran est une menace existentielle.
47:51Oui, si un porte-avions a été tapé et endommagé, ce serait terrible.
47:56Ou une frégate américaine.
47:58Et effectivement, s'il y avait des attentats iraniens, ce serait terrible.
48:01Il y en a déjà eu en Argentine.
48:02On se rappelle de la communauté juive Amia,
48:04qui avait été tapée dans les années 92 par un attentat iranien
48:08perpétré par quelqu'un du Hezbollah, mais c'était pour l'Iran.
48:11On se rappelle du consulat israélien qui avait été aussi frappé par un attentat iranien.
48:16On se rappelle aussi de la France.
48:18On savait que quand la France devait un certain nombre de milliards à l'Iran,
48:22la France ne voulait pas restituer à l'Iran de Roménie de l'argent
48:26qui était dû à l'époque du Shah.
48:28L'Iran a répandu par les attentats terroristes pendant plusieurs mois à Paris,
48:32on s'en rappelle.
48:33Tout le monde était fouillé à l'entrée des magasins.
48:35Donc l'Iran, quand même, sait faire des attentats.
48:37Alors, à la différence de Daesh, ce ne sont pas des attentats prosélites
48:40pour faire parler de la charia ou du califat.
48:43Ce sont les attentats en général de type terroriste étatique pour un but extrêmement précis.
48:49Et là, ça pourrait être le but d'estabiliser totalement Donald Trump
48:52en montrant qu'il a attiré les foudres du terrorisme sur son sol.
48:56Arnaud Klarsfeld, comment vous analysez cela pour Donald Trump ?
48:59Les risques pour lui en politique intérieure.
49:02Et est-ce qu'il peut sortir du conflit avant la chute du régime
49:07par crainte de voir une trop forte contestation dans le public américain ?
49:11Les élections sont en novembre.
49:13Il a quand même le temps.
49:14Ce n'est pas demain les élections.
49:15Elles sont en novembre.
49:17Donc il a quand même 9, 8, 9 mois.
49:20Bon, donc c'est largement le temps.
49:22Le Congrès général avait dit qu'il doit soumettre une autorisation.
49:27Il a encore deux mois avant d'être blagueboulé par le Congrès.
49:31Et donc il a le temps aussi.
49:33Là, il doit aller au bout au moins d'un changement de régime,
49:41au moins au sein du régime et avec un autre régime
49:44qui dit qu'on ne veut pas avoir l'arme atomique
49:48et qu'on arrête d'embêter nos voisins.
49:50Ça, il prend n'importe qui, un religieux, une femme, un clérical.
49:55C'est ce qu'il appelle un changement de comportement du régime.
49:57Ça, il accepte.
49:58Mais il faut au moins un engagement.
50:00Mais ça serait une capitulation.
50:02Mais un régime iranien qui dit qu'on ne veut pas détruire Israël,
50:05ce n'est pas le même régime iranien.
50:07Merci, merci à tous les trois.
50:09Merci à tous les trois.
50:10On va partir tout de suite aux États-Unis.
50:13On écoutera Trump dans un instant, évidemment,
50:14s'il y a des déclarations sur l'Iran.
50:16Avec l'alerte du FBI, Ramzi, qui nous a surpris.
50:19Le FBI qui explique que des drones iraniens
50:22pourraient toucher les côtes américaines de la Californie ?
50:29Alors, il faut tout remettre dans le contexte.
50:31Parce que c'est vrai que cette déclaration du FBI qui intervient aujourd'hui,
50:36en fait, c'est un communiqué qui a été fait entre le FBI et les autorités californiennes,
50:41qu'elles soient locales ou fédérales, à la fin du mois de février.
50:45Donc, en fait, ça date du mois de février.
50:46Ça a été rendu public il y a quelques heures.
50:49Mais en fait, les autorités ici, que ce soit le Los Angeles Police Département,
50:53le shérif du comté, San Francisco, en fait, toutes les villes de la Californie
50:56et, bien sûr, la police fédérale de Californie, tout le monde est au courant.
51:01Nous avons réussi à joindre le gouverneur de Californie, Gavin Newsom,
51:04qui dit que, de toute façon, il était au courant, qu'il a tout mis en place,
51:07il a pris toutes les précautions, qu'a priori, c'était une menace qui était éventuelle
51:13au moment où il y aurait des frappes américaines.
51:15Je répète, au moment où il y aurait des frappes américaines.
51:18La menace est toujours en cours.
51:19Mais Gavin Newsom nous a, bien sûr, rassurés en disant que toutes les précautions ont été prises,
51:23que l'alerte est maximale, que toutes les autorités, encore une fois,
51:26qu'elles soient locales ou qu'elles soient au niveau de l'État,
51:29sont prévenues et sont, encore une fois, en état d'alerte.
51:32Alors, simplement...
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