- il y a 2 mois
Ce mardi 25 août, Laure Closier a reçu Dorothée Rouzet, cheffe économiste de la direction générale du Trésor, Raphaël Gallardo, chef économiste chez Carmignac, et Emmanuel Combe, professeur à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et à la Skema Business School, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:03BFM Business et la Tribune présente
00:06Débat et controverse
00:08Les experts
00:10Leur closier
00:11Il est 9h30, bonjour à tous, bienvenue dans
00:13Les experts au menu ce matin
00:15et avec nous pour discuter de l'ensemble des sujets
00:18économiques. C'est Dorothée
00:19qui nous rejoint, un chef économiste de la
00:21direction générale du Trésor, Emmanuel Combe
00:23en face, professeur à l'université Paris-1
00:25Panthéon-Sorbonne et à Schema Business School
00:28et Raphaël Gallardo, chef économiste chez Carmignac
00:30bonjour à tous les trois, merci d'être
00:31avec nous. On va encore débattre
00:33encore un peu aujourd'hui des questions
00:35de dette avec les propositions de
00:37Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ? Notamment
00:39parce que tous les économistes réagissent
00:42si vous avez Twitter X
00:43vous voyez à quel point chacun y va
00:45de sa description, de son
00:48avis sur les questions de création monétaire
00:49il y a des débats enflammés, vous aurez l'avis
00:51de nos invités dans un instant
00:53on dira juste un mot également de Manon Aubry
00:55qui parle des milliardaires pour les qualifier
00:57de nuisibles, il faut les détruire
01:00les interdire, qu'est-ce que ça donne
01:02dans l'économie, rien de bon, on verra ça
01:03également dans quelques instants
01:05budget 2027, l'état d'esprit est clair
01:07on indexe ce qui rapporte comme les
01:09franchises médicales, on désindexe ce qui coûte
01:11par exemple les retraites, ce sont les premières
01:14pistes qu'on va détailler, on va également
01:15reparler de la dette américaine
01:17il n'y a pas que la dette française, 40 000 milliards
01:19d'euros de dette, le 30 ans US
01:21qui dépasse ses 5,25
01:23cette année, ce matin, pardon
01:25est-ce que c'est inquiétant ou pas, on verra ça avec
01:27nos invités, les experts, c'est parti
01:33Débat et controverse
01:34les experts sur BFM Business
01:38Dorothée Ousé, je n'ai pas encore vu votre long
01:40tweet sur les réseaux sociaux
01:41expliquant votre avis personnel
01:43sur les propositions de Jean-Luc Mélenchon
01:45de mettre la dette au feu, c'est-à-dire que
01:47vous dites que c'est intéressant, qu'il faut regarder
01:49ou vous dites, c'est bon, j'ai déjà tout entendu ?
01:51Non, alors c'est un débat qu'on a déjà eu en plus
01:53il y a quelques années, donc qui revient
01:56un peu quand on cherche des solutions faciles
01:58mais justement, malheureusement, les solutions faciles
02:00elles ont tendance à être un peu trop faciles
02:01pour être vraies
02:03Là, en fait, ce dont il parle, c'est de dire après tout
02:05une partie de la dette française, elle est détenue par la Banque de France
02:08on n'a qu'à l'annuler, ça fera mal à personne
02:10si je résume à grands traits
02:12Évidemment, la réalité, c'est un peu plus compliqué
02:15pour plusieurs raisons
02:15Alors d'abord, c'est illégal par rapport au traité européen
02:18je pense que ce n'est pas sa première préoccupation
02:20Mais enfin, quand même, la Banque centrale, elle est indépendante
02:23elle n'est pas censée financer les États
02:26Alors ensuite, je ne sais pas si dans son esprit
02:27on annule les dettes de tous les États européens
02:29ou juste la dette française
02:30Si c'est que la dette française, ça revient à faire payer
02:33aux autres Européens notre dette
02:35je ne suis pas sûre qu'ils soient d'accord, il faudrait qu'ils le soient
02:38Et puis, fondamentalement
02:40c'est à la fois inutile et très dangereux
02:43Pourquoi inutile ?
02:44Parce qu'à la fin
02:46je dirais, la Banque centrale
02:47elle est détenue par les États
02:49Donc, si on crée un grand trou dans le bilan de la Banque centrale
02:53ça ne se verra peut-être pas tout de suite
02:55mais à la fin
02:56quand elle fait des bénéfices
02:58parce qu'elle reçoit des intérêts
02:59elle les reverse in fine sous forme de dividendes
03:01aux États qui sont ses actionnaires
03:03quand elle fait des pertes
03:04elle ne verse pas de dividendes pendant un temps
03:06voire si elle en faisait beaucoup
03:07il faudrait qu'elle soit respectée
03:08Donc ce n'est pas neutre ?
03:08À la fin, je dirais
03:10si on prend un budget public
03:11de toutes les entités publiques
03:12États et Banque centrale
03:14c'est un peu un jeu de banto
03:15mais surtout, pourquoi c'est dangereux ?
03:17Parce qu'un État qui donne le signal
03:20de, au fond, je renonce à payer ma dette
03:22alors même si c'est le quart de la dette publique
03:24qui est détenue par la Banque de France
03:26pour le compte de la BCE
03:28on ne peut pas dire
03:29ah oui, mais ça c'est différent
03:30du reste de notre dette
03:31qui est détenue par les investisseurs étrangers
03:33dont on a quand même besoin
03:34pour nous prêter
03:35à partir du moment
03:35on a toujours 5% de déficit
03:37donc on ne peut pas se dire
03:38au fait, demain, je n'ai plus besoin d'emprunter
03:40et par les épargnants français
03:41il y a aussi la moitié
03:42il y a aussi un autre quart
03:44de la dette française
03:45qui est détenue
03:46par les Français
03:47à travers
03:48les assurances-vie
03:50le livret A
03:51les gestionnaires d'actifs divers
03:52et qui sont, à la fin
03:53les bas de laine
03:54des épargnants français
03:55et on ne peut pas dire
03:56je ne paye pas un bout de ma dette
03:57mais ça n'a absolument
03:58aucune incidence
03:59sur la manière
03:59dont les gens qui me prêtent
04:00vont percevoir ma volonté
04:01de payer le reste
04:02Raphaël Gallardo
04:03l'objectif de Jean-Luc Mélenchon
04:04c'est de dire
04:04on n'est pas contraint par la dette
04:06en fait
04:06on se raconte des histoires
04:07finalement ça n'est rien
04:09aujourd'hui
04:10quand les investisseurs
04:12étrangers pour partir
04:13regardent la dette française
04:14ils la regardent avec envie
04:15on arrive toujours à se financer
04:18les adjudications se passent bien
04:19enfin il n'y a pas de moment
04:20où on se dit
04:20qu'on ne va pas se financer
04:21à quel niveau
04:23on est aujourd'hui sous pression ?
04:25On n'est pas sous pression
04:27pour l'instant
04:28parce que quand on regarde
04:29l'équation budgétaire
04:30enfin l'équation de la dette française
04:31on n'a pas encore
04:32un effet boule de neige
04:33en fait
04:33la dette française elle augmente
04:35parce qu'on a un déficit primaire
04:36c'est à dire
04:36hors charge d'intérêt
04:37qui est très élevé
04:38mais jusqu'à présent
04:40on n'avait pas
04:41cet effet boule de neige
04:42qui faisait que
04:42la croissance
04:43ne suffisait pas
04:45à générer les revenus
04:45qui payaient les intérêts
04:47on est quasiment
04:48en train d'aller
04:49vers cette équation
04:51où là ça devient
04:52ce qu'on appelle
04:53l'effet boule de neige
04:53parce que ça fait
04:54comme une avalanche
04:56mais effectivement
04:57si on décidait
04:58d'incinérer
04:59la crédibilité
05:00de la signature française
05:02avec une telle mesure
05:03je peux vous dire
05:04que l'écart d'auto
05:05avec l'Allemagne
05:06bondirait
05:07et là tout de suite
05:08on serait dans cette dynamique
05:09explosive
05:10donc ce serait extrêmement dangereux
05:12et là je pense que très rapidement
05:13on aurait un phénomène
05:14de défiance
05:15du marché obligataire
05:16beaucoup plus prononcé
05:17un peu comme ce qu'a vécu
05:18le Royaume-Uni
05:19sous l'Eastruss
05:19en septembre 2022
05:21ça arrive
05:22effectivement d'un seul coup
05:23on a eu cette perte de confiance
05:24je pense que ce qui est très important
05:25c'est effectivement
05:28de rappeler
05:29comme ça a été fait
05:29que
05:31c'est une mauvaise idée
05:32si la France avait sa souveraineté monétaire
05:34mais c'est encore
05:34c'est une idée encore pire
05:37vu le setup institutionnel
05:39dans lequel on est
05:40c'est-à-dire avec une monnaie
05:41une monnaie commune
05:42on ne peut pas faire ça
05:43à nos partenaires
05:44donc ce serait effectivement
05:45extrêmement dangereux
05:46surtout qu'on est déjà
05:47dans un contexte mondial
05:49où toutes les dettes publiques
05:50des pays développés
05:51sont aujourd'hui sous pression
05:52Emmanuel ?
05:53en fait il a raison politiquement
05:54il a tort juridiquement
05:55parce que pour le narratif
05:57économique ça marche
05:58il a raison politiquement
05:58il y a des pays
05:59qui ont décidé un jour
05:59de s'asseoir sur leur dette
06:00je veux dire quand les lignes
06:01arrivent au pouvoir en 1917
06:03on rince tout le monde
06:05donc politiquement
06:06oui un état est souverain
06:06la définition d'un état souverain
06:08c'est que s'il veut annuler sa dette
06:09il le peut
06:09mais il a tort d'abord juridiquement
06:11comme l'a dit Dorothée
06:11c'est interdit
06:12c'est l'article 123
06:13on ne monétise pas les dettes
06:14parce que ça revient à monétiser la dette
06:16et surtout
06:16c'est une catastrophe économique
06:18donc il a complètement tort
06:19économiquement
06:19et il a tort économiquement
06:20je trouve qu'on n'a pas assez insisté là-dessus
06:22annuler une dette
06:23qu'elle soit partielle ou pas
06:24c'est annuler un stock
06:25alors le problème de la France
06:26comme vous venez de le dire
06:27c'est pas le stock
06:28la France elle se finance
06:29tous les jeudis
06:30on arrive à lever
06:31à lever des OAT
06:33le problème c'est le flux
06:35en clair
06:35il va falloir
06:36chaque année
06:36emprunter plus
06:38qu'on ne
06:39qu'on ne
06:39qu'on ne
06:40qu'on ne
06:40qu'on ne
06:40qu'on ne
06:40qu'on ne
06:41qu'on ne
06:42or là
06:42votre problème
06:43non seulement il n'est pas réglé
06:44mais il va devenir insoluble
06:45il va devenir insoluble
06:46parce qu'on vous prêtera
06:47avec au mieux
06:48avec une prime de risque
06:49voire même
06:49dans un contexte de concurrence
06:52entre les émetteurs
06:52on ne peut même
06:53ne plus vous prêter
06:54en fait il faut appeler
06:55un chat un chat
06:56la proposition de Jean-Luc Mélenchon
06:58ça revient à dire
06:58que la France sort
06:59de la zone euro
07:00donc il faut appeler
07:02un chat un chat
07:02il a le droit de le dire
07:03il a le droit de le penser
07:04je pense que c'est une catastrophe
07:05absolue
07:05mais au moins il faut appeler
07:06un chat un chat
07:06mais c'est un Brexit quoi
07:07mais c'est évident
07:09avec une sorte de dévaluation
07:11ensuite de la monnaie française
07:12ce qui veut dire
07:13inflation importée
07:14car attention
07:15annuler une dette
07:15en réalité la monnaie
07:16c'est une dette
07:17simplement c'est une dette
07:18qu'on transforme en monnaie
07:20c'est une dette à court terme
07:21vous aurez en plus de l'inflation
07:23mais le truc le plus important
07:24c'est de bien faire comprendre
07:25aux français
07:25que ça ne règle pas
07:26le problème structurel
07:27de la France
07:27depuis 50 ans
07:29depuis 74
07:30c'est qu'on est incapable
07:31d'avoir un budget à l'équilibre
07:33donc il faut chaque année
07:34aller chercher de l'argent
07:35mettez-vous à la place
07:36d'un investisseur étranger
07:37parce que la dette
07:37est tenue je crois
07:38à peu près à 60-70%
07:40par des non-résidents
07:41on vient de vous dire
07:42j'annule une partie
07:44vous n'avez plus de crédibilité
07:45si vous n'avez plus de crédibilité
07:46il est évident
07:47que vous n'accepteriez pas
07:48de prêter
07:49sans à minima
07:50une forte prime de risque
07:51donc en réalité
07:51non seulement
07:52on ne résout pas
07:52le problème de la France
07:53mais on ne fait que l'accentuer
07:54donc c'est typiquement
07:57la fausse
07:58je n'osais pas dire
07:59bonne mesure
07:59mais c'est une mesure
08:00qui est catastrophique
08:00mais je crains
08:01malheureusement
08:02que politiquement
08:03ça puisse être audible
08:05notamment que les français
08:06se disent
08:06puisque de toute façon
08:07c'est de l'argent
08:08stocké à la banque de France
08:09avec cette vieille image
08:11du bas de laine
08:11ça ne coûtera rien
08:12si ça coûtera
08:13ça serait catastrophique
08:14et pensez aussi à une chose
08:16si les taux d'intérêt
08:17augmentent
08:18logiquement
08:18le cours des obligations
08:19baisse
08:20tous les fonds d'assurance
08:21vie de nos retraités
08:23de nos épargnants
08:24il va se passer quoi ?
08:25c'est peut-être même
08:25une crise financière
08:26une crise systémique
08:27donc c'est une folie économique
08:28mais malheureusement
08:29j'ai peur que politiquement
08:31ça soit rentable
08:32Dorothée Rosé
08:33ça a quand même un intérêt
08:34vous me dites
08:35qu'on a déjà fait ça en 2020
08:36je faisais autre chose
08:37donc je ne me souviens pas
08:38de ces conversations-là
08:39mais on n'a jamais autant
08:40parlé de la dette
08:41que là en cette rentrée
08:42il semble qu'il y ait quand même
08:43une prise de conscience
08:44chez les français
08:44au moins on débat
08:45d'un sujet économique
08:47c'est plus intéressant
08:48que sur les milliardaires
08:49par exemple
08:50alors
08:51oui ça fait parler de la dette
08:53mais ça fait parler de la dette
08:54en disant
08:55finalement
08:55c'est pas un problème
08:56ne nous en préoccupons pas
08:57je suis assez d'accord
08:58avec Manuel
08:58notre problème
08:58c'est pas tant
09:00la dette
09:00que le déficit
09:02et en fait
09:02se dire
09:03on peut finalement
09:04s'exonérer
09:04de tout effort
09:05sur le déficit
09:06parce que
09:07d'un coup de baguette magique
09:08on annule 20% de la dette
09:09et donc en fait
09:09ça nous fait une respiration
09:11c'est vraiment un peu
09:13la poudre de perle à pinpin
09:14c'est pour pas baisser les dépenses
09:15c'est à ça que ça sert
09:16oui
09:16mais si on continue
09:17je suis d'accord avec Emmanuel
09:19la conséquence naturelle
09:19alors il y a des pays
09:20qui ont fait défaut
09:21enfin c'est un défaut
09:21il y a des pays qui ont fait défaut
09:23regardez l'Argentine
09:24la Grèce avec la restructuration
09:26qu'est-ce qui se passe
09:27pendant allez
09:2710 ans si tout va bien
09:29vous n'avez pas accès
09:29au marché financier
09:30vous n'avez pas accès
09:31au marché financier
09:31ça veut dire votre déficit
09:32vous ne pouvez le financer
09:33qu'en empruntant auprès
09:34de vos propres épargnants
09:35vos propres banques dans le pays
09:37et le reste c'est zéro
09:38mais c'est-à-dire concrètement
09:39on ne peut pas payer les retraites
09:40on a un problème
09:41pour finir le déficit
09:43c'est même plus de la prime de risque
09:44on ne peut pas faire 5% de déficit
09:46ni 4 ni 3
09:46c'est qu'il faut assez vite
09:48revenir à l'équilibre budgétaire
09:49parce qu'on ne peut plus emprunter
09:50donc c'est un peu ça
09:51le coup du défaut
09:52c'est que vous êtes coupé
09:53des marchés financiers
09:54vous payez la pénalité
09:54jusqu'à reconstruire une crédibilité
09:56petit à petit
09:57vous remettre à emprunter
09:58très cher
09:5910 ans après
09:59et puis un peu moins cher
10:00etc
10:00vous ne pouvez même pas importer
10:02dans un contexte
10:06dans un contexte
10:07où encore une fois
10:08on n'a pas de problème
10:10de financement
10:10au sens où les investisseurs
10:11nous font confiance
10:12notre problème
10:13c'est le montant
10:14qu'on doit emprunter chaque année
10:15parce qu'on a un déficit
10:16notre sujet c'est le déficit
10:18et donc là quelque part
10:19c'est résoudre un faux problème
10:20en aggravant le vrai problème
10:21je pense que la meilleure réponse
10:22à objecter à Jean-Luc Mélenchon
10:24c'est de lui dire
10:25en fait vous pensez
10:26qu'en résolvant un problème de stock
10:28vous résolvez un problème de flux
10:29alors c'est peut-être un peu
10:30un télo comme raisonnement
10:32le problème sera toujours
10:33le même demain matin
10:34il faudra aller lever des fonds
10:35et pour le coup
10:36on sera dans la défiance absolue
10:38Raphaël Gallardo
10:38tout ça dans un contexte
10:39où il y a beaucoup de dettes
10:40sur le marché à financer
10:42beaucoup de dettes américaines
10:43beaucoup de dettes japonaises
10:44beaucoup de dettes européennes
10:46avec des investisseurs
10:47beaucoup de dettes
10:47de l'ensemble des GAFAM
10:48qui émettent aussi des titres
10:51est-ce qu'il y aura assez d'argent
10:52pour financer tout ça ?
10:55il y aura un équilibre sur le marché
10:56mais il se fera un prix plus élevé
10:58c'est-à-dire avec des taux réels
10:59beaucoup plus élevés
11:00effectivement aujourd'hui
11:02on a en fait la conjonction
11:03de plusieurs éléments
11:04mais on a une séquence
11:05d'événements qui nous font
11:06penser effectivement
11:07que le marché obligataire
11:08est en train de changer de régime
11:09ça a commencé avec
11:10l'intervention des américains
11:12sur le niveau
11:13de l'euro-yen
11:16où les américains
11:17ont eu peur
11:17que les japonais
11:18soient obligés d'intervenir
11:19sur le yen
11:20pour défendre leur monnaie
11:21et ce faisant
11:22ils vendraient
11:23de la dette américaine
11:24donc les américains
11:25ont dit
11:25on va soutenir le yen
11:26mais on ne veut pas
11:27donner le signal
11:28qu'on va faire baisser le dollar
11:29donc on va vendre des euros
11:30les japonais
11:32possèdent combien de dette américaine ?
11:34alors c'est les plus gros détenteurs
11:35en fait
11:36donc c'est à peu près 10%
11:37donc il ne faut vraiment pas
11:37qu'ils vendent ?
11:38non
11:38voilà
11:39ça n'a pas marché
11:41ensuite vous avez Scott Bessen
11:42donc le secrétaire au trésor américain
11:44qui dit
11:45bon ben le niveau des taux d'intérêt
11:46est inacceptable
11:47notamment sur la partie longue
11:49donc on va faire des rachats
11:51de notre propre dette
11:52comme si lui aussi
11:53c'était un peu l'argent magique
11:55sachant qu'on va racheter
11:56notre propre dette
11:57en faisant quoi ?
11:58en émettant
11:59de la dette plus courte
12:00donc c'est à dire
12:00il a une solution un peu brésilienne
12:02c'est à dire
12:04emprunter à long terme
12:05me coûte trop d'argent
12:05donc je vais emprunter à court terme
12:07c'est le crédit à la consommation
12:08c'est le crédit revolving
12:09exactement
12:10c'est extrêmement dangereux
12:12donc vous avez cette perte de crédibilité
12:14à la fois inflationniste
12:16c'est à dire
12:18la politique monétaire du Japon
12:19n'est plus crédible
12:20ça c'est le premier problème
12:21deuxième problème
12:21c'est que la politique budgétaire
12:23des grands états
12:24comme la France
12:25le Japon
12:26les Etats-Unis
12:27le Royaume-Uni
12:28est de moins en moins crédible
12:29vous avez aussi
12:30une crise géopolitique
12:32parce que
12:33pour moi
12:34ce qui s'est passé en Iran
12:36c'est l'équivalent
12:36de la crise de Suez
12:37pour le Royaume-Uni
12:38et la France
12:39c'est à dire
12:39c'est une décrédibilisation
12:41du statut du dollar
12:43comme valeur refuge
12:44donc vous avez moins d'acheteurs
12:45de dette américaine
12:47et on le voit
12:47avec la remontée
12:49en fanfare
12:50de l'or
12:50aujourd'hui
12:51vous avez également
12:53les géants de la tech
12:54qui émettent de la dette
12:56et qui sont en concurrence directe
12:58avec les Etats
13:01et
13:02cerise sur le gâteau
13:03vous avez même
13:03la banque centrale
13:04de la monnaie pivot du système
13:06c'est à dire
13:07la réserve fédérale américaine
13:08qui envoie des messages
13:10complètement incompréhensibles
13:11sur le contrôle de l'inflation
13:13donc tout ça
13:14mis bout à bout
13:15vous avez un marché obligataire
13:16qui est en train de se révolter
13:17contre les Etats
13:18contre le
13:19contre
13:19ils se révoltent
13:20vous dites carrément
13:21contre
13:24ce nouveau régime
13:25inflationniste
13:26contre des banques centrales
13:28qui ne font plus leur boulot
13:29et donc effectivement
13:30ce phénomène
13:31de remonter
13:31les hauts d'intérêt
13:32il est mondial
13:33donc effectivement
13:33si la France commence
13:34à agiter le chiffon rouge
13:35de la monétisation
13:36de l'annulation de la dette
13:37le marché ne fera pas de cadeau
13:38Emmanuel ?
13:40sans vouloir paraphraser Raphaël
13:41peut-être pour nos auditeurs
13:42ce qui est super important
13:44à comprendre
13:44c'est que les taux à long terme
13:45c'est assez basique
13:46c'est un marché
13:47il y a une offre
13:48il y a une demande
13:48offre d'épargne
13:49et la demande
13:50c'est l'investissement
13:51s'il y a plus de demandes
13:52donc plus d'investissement
13:53ça fait monter le prix
13:54mécaniquement
13:55ça c'est structurel
13:55c'est ce qu'a dit Raphaël
13:56il y a bien sûr
13:58il y a bien sûr
13:59les GAFAB
14:00il n'y a pas que ça
14:00et la transition climatique
14:01à financer
14:02les efforts de dépense
14:03donc ça déjà
14:04structurellement
14:04ça fait monter les taux
14:05et vous rajoutez
14:06par-dessus ça
14:06ce qu'on appelle
14:07la prime de risque
14:07et la prime de risque
14:08elle dépend notamment
14:09de la crédibilité
14:10donc si vous voulez rajouter
14:11du défaut de crédibilité
14:13en France
14:13alors qu'on est dans un mouvement
14:14qui de toute façon
14:15on le voit bien
14:15depuis 2022
14:16les taux longs
14:17montent structurellement
14:18c'est rajouter de l'huile
14:19sur l'huile
14:20si j'ose dire
14:20sur le feu en tout cas
14:21donc vous voyez
14:21c'est intéressant
14:22de bien distinguer
14:23les facteurs
14:23de toute façon
14:23même si on était crédible
14:25même si on était crédible
14:26même si on avait
14:27des politiques monétaires
14:28des politiques budgétaires
14:29rigoureuses
14:30on aurait de toute façon
14:31tendanciellement
14:32une hausse des taux
14:32donc c'est raison de plus
14:34pour ne pas rajouter
14:35du défaut de crédibilité
14:36alors que la BCE
14:37est relativement encore crédible
14:38par rapport aux autres banques centrales
14:39et vous parlez de crédibilité
14:40on se souvient qu'à chaque fois
14:41que les taux longs
14:42dépassaient les 5%
14:43aux Etats-Unis
14:44Donald Trump disait
14:44non non c'est bon
14:45la guerre est terminée
14:46là ça ne marche plus
14:48on est durablement
14:50sur le 30 ans
14:50au-dessus des 5%
14:51oui parce qu'en fait
14:53non seulement
14:54il vient avec des fausses mesures
14:56mais surtout
14:56il a détruit sa réputation
14:57c'est à dire
14:58Scott Bessent
14:59il avait la confiance
15:00des marchés financiers
15:01parce que c'est un ancien
15:02gérant de Hedge Fund
15:04exactement
15:05mais là on voit
15:06que la crédibilité
15:09elle est perdue
15:10on le voit
15:12rien qu'au ton
15:12des questions
15:13qu'ils posent les journalistes
15:14il répond complètement à côté
15:15il s'énerve
15:16il parle comme Donald Trump
15:17avec des propos
15:17complètement injurieux
15:19il s'est senti obligé
15:21d'aller défendre
15:22le nouveau patron
15:23de la réserve fédérale
15:24qui a fait une performance
15:25calamiteuse
15:26aux deux premières conférences
15:27de presse
15:27en insultant les journalistes
15:29en disant
15:29non mais voilà
15:30maintenant les journalistes
15:31maintenant que la Fed
15:31n'est plus là pour vous raconter
15:32tout ce qu'elle va faire
15:33etc
15:33vous êtes perdus
15:34vous ne savez pas quoi écrire
15:36donc on a vraiment
15:37cette perte de crédibilité
15:39qui à mon avis
15:40ça peut se calmer
15:41après les midterms
15:42mais on sent quand même
15:43qu'il y a un peu
15:43une panique à la Maison Blanche
15:45parce que
15:46le Sénat
15:46maintenant
15:47risque d'être perdu
15:49par Donald Trump
15:49et c'est ça je pense
15:50qui accélère les choses
15:51on va en parler
15:52des élections américaines
15:53Dorothée Rouzé
15:54vous qui êtes au Trésor
15:55comment vous regardez
15:56la dette américaine ?
15:58en fait
16:00c'est évidemment
16:01un sujet
16:02qui est important
16:03pour nous
16:03d'abord parce que
16:04le marché de la dette
16:05de moyen long terme
16:06c'est un marché mondial
16:08alors on parle de
16:09la dette américaine
16:10la dette des GAFAM
16:11la dette des états
16:11souverains européens
16:12c'est pas des substituts
16:13parfaits
16:13mais à la fin
16:14c'est quand même
16:14un peu les mêmes investisseurs
16:16qui cherchent de la dette
16:17de bonne qualité
16:18qui prêtent
16:19et l'offre mondiale
16:20d'épargne à long terme
16:20elle n'est pas infinie
16:22donc il y a une question
16:24très simple
16:24qui est
16:25si on est dans un monde
16:26où il y a
16:28beaucoup
16:29d'offres
16:29de titres
16:30la France émet
16:31plus de 300 milliards
16:32par an
16:33entre le déficit
16:34et puis les titres
16:34qui arrivent à échéance
16:35et qu'il faut
16:36et qu'il faut refinancer
16:39la dette américaine
16:41qui est maintenant
16:41quasiment les trois quarts
16:42des émissions
16:43de dette de long terme
16:44de tout le CDE
16:45donc c'est vraiment
16:45le gros du marché
16:46donc si leur déficit
16:48continue d'augmenter
16:49ou ne se réduit pas
16:50un peu mécaniquement
16:51ce qui est disponible
16:52pour nous est limité
16:53avec en plus
16:54oui la dette obligataire
16:56d'entreprise
16:56avec les GAFAM
16:57c'est pas forcément
16:58là aussi un substitut parfait
16:59à la dette souveraine
17:00de ceux qui cherchent
17:01de la dette
17:03de la dette très sûre
17:04mais malgré tout
17:05c'est des montants
17:07colossaux
17:08d'émissions de dette
17:09que font les GAFAM
17:09pour financer des investissements
17:11dont les rendements
17:12ne sont pas assurés
17:13in fine
17:13et donc tout ça fait que
17:15oui quand on regarde
17:16du côté français
17:17quelque part
17:17raison de plus
17:18pour assurer
17:20notre crédibilité
17:21et réduire
17:22autant que faire se peut
17:23le déficit
17:24même progressivement
17:25pour limiter
17:26notre exposition
17:26parce qu'on voit bien
17:28du côté américain
17:29que le sujet
17:29que ce soit de crédibilité
17:30ou de déficit
17:31il ne va pas se résoudre demain
17:32Emmanuel ?
17:33Je voudrais revenir
17:33sur un point
17:34qui est vraiment fondamental
17:35parce que pour les économistes
17:36il y a une littérature
17:37absolument énorme
17:38qui a valu d'ailleurs
17:39à ses auteurs
17:39le prix Nobel d'économie
17:40qui l'en déprescoit
17:41c'est une notion de crédibilité
17:42c'est super important
17:43ce que disait Raphaël
17:44tout à l'heure
17:44la crédibilité d'abord
17:45elle est fondée
17:45sur des règles de droit
17:46l'indépendance des banques centrales
17:48c'est juridiquement
17:49gravé dans le barbe
17:50mais en réalité
17:51la vraie crédibilité
17:52c'est pas que les règles de droit
17:53c'est les règles de comportement
17:55et ça ça s'appelle
17:55la réputation
17:56et la réputation
17:57c'est un fusil à un coup
17:57c'est-à-dire
17:58il faut dire ce que l'on fait
17:59regardez Christine Lagarde
18:00chaque mot est pesé
18:01sous-pesé
18:01il faut dire ce que l'on va faire
18:04pour ancrer les anticipations
18:05et il faut faire ce que l'on dit
18:06mais c'est exactement
18:07l'inverse
18:08de ce que fait Trump
18:09il vous dit A le matin
18:10il vous dit l'inverse de A
18:12le soir
18:12et le problème de la réputation
18:13c'est qu'une fois
18:14vous l'avez perdu
18:15alors ça vaut en économie
18:16j'ai l'impression
18:17qu'on a déjà dit ça
18:18j'ai l'impression
18:18que ça fait un an
18:19qu'on dit ça
18:19pour l'instant
18:21les taux montent
18:21une fois que vous avez perdu
18:22votre réputation
18:23vous pouvez pas la retrouver
18:24Kevin Warch
18:25c'est très mal parti
18:26c'est pas possible
18:28la réputation
18:28c'est un fusil à un coup
18:29une fois que vous n'avez pas
18:31tenu votre parole
18:32c'est un peu comme
18:32dans la vie privée
18:33que vous avez menti une fois
18:34c'est le paradoxe du menteur
18:35si vous avez menti une fois
18:36et que vous dites après
18:37regardez les investisseurs
18:38ils sont pas en train de
18:40les taux
18:40les taux l'ont montent
18:41le dollar
18:43sa première conférence de presse
18:45il a voulu jouer Greenspan
18:46c'est à dire
18:47Greenspan disait
18:48si vous m'avez bien compris
18:48c'est que je me suis mal exprimé
18:50donc c'était
18:50on l'avait mis sur un piédestal
18:53c'était un type génial
18:54quand il parlait
18:54on comprenait rien
18:55mais il était génial
18:56donc il a tenu
18:57un discours totalement sibilin
18:59personne n'a rien compris
19:00mais tout le monde
19:00était subjugué
19:01le journaliste du Financial Times
19:02elle était toute rouge
19:03quand elle lui parlait
19:04la deuxième conférence de presse
19:05il a dit l'inverse
19:06de ce qu'il avait dit avant
19:07et là
19:08tous les journalistes
19:08ils disaient
19:08excusez-moi mais on comprend rien
19:10donc là vendredi
19:11les marchés
19:12vraiment l'attendent au tournant
19:13il va parler à Jackson Hole
19:14je ne sais pas ce qu'il va raconter
19:15il n'a donné aucune indication
19:17mais ça va être
19:18extrêmement intéressant
19:19de voir comment il essaye
19:20de retrouver sa crédibilité
19:21je pense que même
19:23il n'a peut-être pas eu
19:24un fusil à un coup
19:25mais à deux ou trois
19:26c'est-à-dire que les premières fois
19:27où il a dit
19:28justement les taux
19:28s'échauffaient un peu
19:29il a dit non mais la guerre
19:30c'est fini
19:30on va trouver un accord
19:31les marchés se sont calmés
19:32le lendemain
19:33aujourd'hui
19:33il dit quelque chose
19:34il tweet
19:35il ne se passe plus rien
19:36personne ne le croit
19:37tout le monde se dit
19:37oui mais il dira le contraire demain
19:38c'est quand même
19:41la parole du président
19:42du pays le plus puissant au monde
19:43qui ne vaut plus grand chose
19:45regardez c'est la chose
19:45pour le protectionnisme
19:46qui est un sujet
19:47que je connais bien
19:48les marchés ne réagissent même plus
19:49de toute façon
19:50ils nous annoncent 15%
19:51qu'est-ce qui vous prouve
19:51que demain
19:51ce n'est pas 10 ou 20
19:53la parole n'a plus de valeur
19:54mais en économie
19:55contrairement à ce qu'on peut croire
19:56la parole
19:56c'est plus important
19:58que les règles de droit
19:58je ne dis pas
19:59qu'il ne faut pas de règles de droit
19:59mais si la banque centrale européenne
20:01est crédible
20:01ce n'est pas seulement
20:02parce qu'elle est juridiquement indépendante
20:03c'est parce qu'on a à sa tête
20:04des personnalités
20:06que nous connaissons tous
20:08Draghi
20:08puis Lagarde
20:09qui sont crédibles
20:10et ils sont crédibles
20:11parce que leur discours
20:12est crédible
20:12et tout leur objectif
20:14c'est justement
20:15de ne jamais prendre
20:16les marchés par surprise
20:16la crédibilité
20:17c'est toujours dire
20:19ce que l'on fait
20:19et toujours faire ce qu'on
20:20Kevin Noir
20:20il a bien dit un truc
20:21c'est qu'il ne faisait plus
20:22de la forward guidance
20:23et qu'il laissait les marchés
20:25débrouillés
20:25il y a la bonne forward guidance
20:27et la mauvaise forward guidance
20:28la bonne forward guidance
20:29c'est quand vous vous liez les mains
20:31et après vous n'osez plus
20:33de savoir le marché
20:33vous en avez trop dit
20:34mais surtout vous êtes engagé
20:35sur les marchés financiers
20:37ça s'était fait
20:38après 2008
20:39quand on était arrivé
20:42à la limite des taux bas
20:43les taux étaient à zéro
20:44il fallait encore stimuler l'économie
20:45parce que ça ne fonctionnait pas
20:46et donc il y avait
20:47le paradoxe de la crédibilité
20:49qui était que la banque centrale
20:50devait être non crédible
20:51de façon crédible
20:51c'est à dire je vais laisser
20:52se développer de l'inflation
20:53comme ça vous allez faire monter
20:55les anticipations
20:56et donc les taux réels
20:57anticipés vont baisser
20:58et donc ça on l'a utilisé
20:59le problème c'est qu'ils ont
21:00continué à l'utiliser
21:01pendant le Covid
21:02en disant on remonte
21:03les taux d'intérêt
21:04on va continuer
21:05à faire exploser notre bilan
21:06et du coup
21:07l'inflation s'est développée
21:09et ils ont attendu
21:09la fin de 2021
21:10avant de dire
21:11non mais en fait
21:12on va monter les taux d'intérêt
21:13et c'était trop tard
21:14donc Kevin Warch
21:15qui a été toujours
21:16un faucon anti-inflationniste
21:17il a détesté ce moment là
21:18il a dit avec moi
21:19il n'y aura plus de forward guidance
21:20mais là en fait
21:21l'image où les marchés
21:23sont complètement perdus
21:23c'est qu'il leur dit
21:24il n'y a plus de forward guidance
21:25je vous laisse faire
21:26il a dit regardez
21:27depuis que je suis à la tête
21:28de la Fed
21:29les marchés réagissent aux données
21:31et en fait
21:32c'est eux qui jouent
21:32ils n'ont plus besoin
21:33de la Fed
21:34comme banque centrale
21:35comme arbitre sur le terrain
21:36ce qu'il n'a pas compris
21:37c'est que la Fed
21:38elle est la moitié des joueurs
21:39sur le terrain
21:41les marchés financiers
21:42comme nous
21:43on est des pions
21:43qui ne font que
21:45suivre ce que nous dit la Fed
21:46c'est pas la Fed
21:47être l'arbitre
21:48et les marchés font ce qu'ils veulent
21:49le marché n'écide pas
21:49il donne un prix
21:51c'est la Fed
21:51c'est la Fed
21:52qui contrôle l'offre monétaire
21:53qui contrôle l'inflation
21:54donc son discours
21:55n'a aucun sens
21:55et en même temps
21:56il commence par dire
21:57l'inflation est un choix
21:58c'est un choix de la banque centrale
22:00ça fait 5 ans
22:00que la Fed d'Opaw
22:01elle a fait n'importe quoi
22:02après pourquoi il dit
22:03c'est aux marchés ténonciers
22:04de faire ce qu'ils veulent
22:05je pense que
22:06aussi sur la forward guidance
22:07il se passe quand même
22:10beaucoup de choses
22:11tous les mois
22:11c'est très volatile
22:12donc je ne veux pas
22:13m'engager 3 mois avant
22:14sur ma décision 3 mois après
22:15c'est compréhensible
22:16mais si on regarde
22:17ce que fait la BCE
22:18elle ne fait pas de forward guidance
22:18c'est-à-dire qu'elle ne dit plus
22:19à une réunion
22:20voilà ce que je m'attends à faire
22:21à la prochaine
22:22en revanche
22:22elle ne dévie pas de sa ligne
22:24qui est de dire
22:24on fait meeting by meeting
22:26donc on décide à chaque réunion
22:27en fonction des données
22:28et voilà les 3 critères
22:29qu'on regarde
22:29et donc en fait
22:30ça ancre aussi
22:30les anticipations des marchés
22:31parce qu'ils vont avoir
22:32les mêmes données
22:32dans les 3 mois
22:33ou dans les 1 mois
22:34ou dans les 2 mois
22:35entre chaque réunion
22:35donc ils vont forger
22:36leur anticipation
22:37mais en gros
22:38en connaissant la fonction
22:39de réaction de la banque centrale
22:40et en fait
22:40c'est pas forcément dire
22:42à l'avance
22:42quelle sera ma décision
22:43c'est aussi dire
22:44voilà les critères
22:45que je regarde
22:45et ça crée
22:46voilà ça fait bouger
22:47les anticipations
22:48dans le sens
22:49qui fait ensuite
22:49que la banque centrale
22:50a en fait moins besoin
22:51d'agir
22:51parce que les marchés
22:51ont en partie
22:52déjà fait le boulot pour elle
22:52et l'erreur de Warch
22:53c'est de dire
22:54la fonction de réaction
22:55ne va pas être la même
22:57mais ne pas dire
22:58ce qu'elle est même
22:58mais la crédibilité
23:01ça ne veut pas dire
23:01faire toujours la même chose
23:02être crédible
23:03c'est justement changer
23:04quand il faut changer
23:05si la règle c'est de dire
23:06quand il y a un feu rouge
23:07je m'arrête
23:07en situation d'urgence
23:09il est raisonnable
23:10de ne pas s'arrêter
23:10au feu rouge
23:11mais par contre
23:12il y a des critères
23:13très définis
23:14ex-hantés
23:14donc attention
23:15crédibilité
23:16ça ne veut pas dire
23:16je suis complètement miope
23:17et je vais dans le mur
23:18enfin Draghi
23:18il a su adapter la règle
23:20c'est un peu ce qu'il a reproché
23:21quand même à la BCE
23:22de temps en temps
23:23Draghi a été crédible
23:24quand il a dit
23:24on fera tout ce qu'il faut
23:25vu les circonstances
23:26il fallait faire tout ce qu'il faut
23:27c'est pas perdre sa crédibilité
23:29justement être crédible
23:30c'est changer la règle
23:32quand les circonstances l'exigent
23:34mais c'est pas faire n'importe quoi
23:35sur justement
23:37ce qui va se passer
23:37dans les prochains mois
23:38du côté de la banque centrale européenne
23:40on a des anticipations
23:41de marcher
23:41sur une future hausse des taux
23:43à nouveau
23:44on avait beaucoup critiqué
23:46celle d'avant
23:46Dorothée Rouset
23:47là on part sur ce scénario là
23:49alors c'est ce qu'est
23:50en fait tout
23:51là aussi
23:52il se passe
23:54beaucoup de choses
23:54sur notamment
23:56le front du conflit
23:57en Iran
23:58donc il faut être
23:59assez prudent
23:59les anticipations de marché
24:00elles bougent aussi
24:01en fonction des développements
24:03la question
24:04que la BCE regarde
24:05c'est
24:05quel est le risque
24:06d'avoir une inflation
24:07qui dépasse l'inflation
24:09purement énergétique
24:09et qui se diffuse
24:11à toute l'économie
24:11et qui sera ensuite
24:12plus dure à résorber
24:13donc on a à la fois
24:14des prix du pétrole
24:15qui s'installent
24:16à un niveau élevé
24:17parce qu'on voit bien
24:18qu'il n'y a pas de perspective
24:18de résolution du conflit
24:20et de liberté de circulation
24:22dans le détroit d'Hormuz
24:23des prix du gaz
24:24qui sont aussi orientés
24:25à la hausse
24:26après sur la transmission
24:27au reste de l'économie
24:28aujourd'hui
24:29on n'est pas non plus
24:30dans une phase
24:30de grande expansion
24:31de la demande
24:32on voit un peu mécaniquement
24:33le pétrole
24:34ça rentre dans la production
24:35d'un peu tout
24:35donc un peu mécaniquement
24:36ça se transmet
24:38aujourd'hui
24:38assez lentement
24:39donc je pense que la BCE
24:40elle va surveiller ça
24:43elle est quand même
24:44assez prudente
24:45dans sa communication
24:47mais ça va être
24:48un peu le critère
24:50la dernière fois
24:51à la fois
24:52je pense qu'on lui reproche
24:53de toute façon
24:53tout et son contraire
24:54donc on lui reproche
24:55de réagir
24:56à l'inflation énergétique
24:57quand elle est énergétique
24:58on lui reproche
24:58de réagir trop tard
24:59quand elle n'a pas réagi plus tôt
25:00donc je pense qu'il faut
25:02un peu faire abstraction
25:03des critiques
25:03qui seront de toute façon là
25:04la question c'est qu'elle a encore
25:05le montau
25:06qu'est-ce qu'elle va regarder
25:07elle regarde les perspectives
25:09de désancrage
25:09des anticipations d'inflation
25:10elle regarde ses perspectives
25:12d'inflation à un an
25:13deux ans
25:13et elle décide en fonction
25:14tout pays veut toujours
25:16que les taux baissent
25:16c'est la base
25:17on veut toujours
25:18que ça soit
25:18oui mais il ne veut pas
25:18d'inflation
25:19absolument
25:20après un point important
25:21pour nos auditeurs
25:22taux court taux long
25:23il y a plein de débats
25:24entre économistes
25:24il n'est pas évident
25:25qu'il y ait des relations
25:26entre les deux
25:26on peut avoir des phases
25:27d'inversion de la courbe des taux
25:29c'est pas parce que les taux longs
25:31montent
25:31que les taux courts
25:32doivent monter
25:33il y a plein de théories économiques
25:34qui vous démontrent
25:34que soit il y a une relation
25:36entre les deux
25:37il y a le canal des anticipations
25:38les taux longs
25:39étant jamais que les anticipations
25:41des taux courts futurs
25:42soit les deux marchés
25:43sont complètement déconnectés
25:44donc attention
25:44taux directeur
25:45parce que la BCE
25:46elle influe sur les taux
25:46à très court terme
25:47c'est pas la même chose
25:48que les taux à 10 ans
25:4920 ans 30 ans
25:49il y a débat en tout cas
25:50sur les économistes
25:51sur quelle relation
25:52entre l'intervention
25:53de la banque centrale
25:54et les taux longs
25:55à mon avis les taux longs
25:56ils sont quand même
25:56déterminés structurellement
25:57par l'offre mondiale
25:58d'épargne
25:59ce qu'on disait tout à l'heure
25:59et la demande mondiale
26:00d'investissement
26:01alors comme tout le monde
26:02veut investir dans les GAFAM
26:03ça fait structurellement
26:04monter les taux
26:05BCE ou pas BCE
26:06Raphaël
26:07on a aujourd'hui
26:08une inflation
26:09qui crépite
26:10ou pas du tout ?
26:11je pense qu'on a
26:12une inflation
26:12qui est persistante
26:16parce qu'on voit
26:17que ce sont
26:18les éléments
26:19non-core
26:19c'est-à-dire
26:20c'est des supply shocks
26:22on a des chocs
26:23d'offres négatifs
26:24qui sont en série
26:25qui sont corrélés
26:27et qui de toute façon
26:28sont persistants
26:29et donc les entreprises
26:31et les ménages
26:31vont s'habituer
26:32à ce qui est
26:33une transmission
26:34de ces chocs
26:35le long de la chaîne
26:36des prix
26:36et donc c'est pour ça
26:37que la BCE a raison
26:38d'être vigilante là-dessus
26:39et elle a raison
26:40d'être proactive
26:41et je pense que la BCE
26:42a fait un très bon travail
26:43de crédibilité
26:44en assurant la transparence
26:45de sa fonction de réaction
26:47comme disait Dorothée
26:48en disant
26:49voilà on a des scénarios
26:51comment on se situe
26:52par rapport à ces scénarios
26:53par rapport à telle donnée
26:54etc
26:54et donc je pense
26:56qu'ils ont été
26:56des bons gardiens du temple
26:58et par rapport
26:59aux autres pays développés
27:00je pense que
27:02justement la BCE
27:03assure un ancrage nominal
27:04parce qu'aujourd'hui
27:05le problème
27:05c'est que le Japon
27:06perd sa crédibilité inflationniste
27:08les Etats-Unis
27:08commencent à le faire aussi
27:11et donc
27:12dans ce monde-là
27:13l'ancrage nominal
27:14où est-ce qu'il peut venir
27:15et on le voit
27:16le message
27:17quand on voit
27:17l'or qui se met
27:20à jumper
27:21comme il le fait
27:22le bitcoin
27:22qui revient
27:23c'est qu'on est dans un monde
27:24qui est en train de perdre
27:25son ancrage inflationniste
27:26et donc le paradoxe de l'euro
27:27c'est qu'on a une banque centrale
27:28qui est crédible
27:29on a cet ancrage
27:30nominal
27:30qui pourrait être assuré
27:31mais
27:32en même temps
27:33on est un peu
27:34on a les fiscal sinners
27:36on a les pêcheurs budgétaires
27:37je dirais
27:38comme la France
27:39et l'Italie
27:40mais parce que tout ça
27:40c'est des avantages
27:42comparatifs positifs
27:43que vous nous dites
27:43finalement pour la zone euro
27:44mais on sait très bien
27:46que la banque centrale européenne
27:47un jour ou l'autre
27:48elle sera obligée
27:48de monétiser des dettes publiques
27:49si vraiment
27:50on perd la confiance
27:51ça veut dire quoi
27:51monétiser des dettes publiques ?
27:53justement
27:53que les marchés
27:54nous obligeront
27:55on fera le
27:56whatever it takes
27:56de Draghi
27:57une deuxième fois
27:58c'est-à-dire
27:58de racheter
27:59de faire du QE
28:01si on a une nouvelle
28:02crise souveraine
28:02qui se présente
28:03et que cette fois-ci
28:04c'est la France
28:05si on va vers ce scénario-là
28:06la banque centrale européenne
28:08sera obligée
28:09de monétiser
28:10ou sinon c'est l'explosion
28:11de l'euro
28:11donc c'est ça le paradoxe
28:12c'est qu'en fait
28:13l'euro pourrait être
28:14le nouvel ancrage nominal
28:15de l'économie mondiale
28:16mais il ne peut pas l'être
28:17parce que l'euro est un espèce
28:18de Frankenstein budgétaire
28:20qui n'a pas
28:20qui n'a pas
28:21cette autonomie
28:22gardez tout ce que vous avez
28:23envie de dire
28:24Emmanuel
28:24il est 9h58
28:25je vous coupe en plein élan
28:27vous ne bougez pas
28:28on revient dans les experts
28:32BFM Business
28:33et la tribune présente
28:34débat et controverse
28:37les experts
28:38il est 10h01
28:39il est 10h01
28:40sur BFM Business
28:42les experts
28:42aujourd'hui
28:43c'est avec Dorothée Rousset
28:44Kémenel Combe
28:44et avec Raphaël Gallardo
28:46on était en train
28:47de discuter
28:48de la dette européenne
28:50avec cette possibilité
28:51si jamais la France
28:52se retrouvait en difficulté
28:54de la banque centrale européenne
28:55de racheter des titres de dette
28:57elle l'a déjà fait
28:58faire un QE
28:59nous soutenir
29:00il n'y aurait que ça à faire
29:01Dorothée Rousset
29:02on ne pourrait pas faire défaut
29:03la banque centrale européenne
29:05serait là
29:06je pense d'abord
29:06il ne faut pas s'exciter
29:08encore une fois
29:08aujourd'hui
29:09on n'a aucun problème
29:10pour lever de la dette
29:11on fait des adjudications
29:12un jeudi sur deux
29:13à 11h
29:13ça se passe bien
29:14un jeudi sur deux
29:14et ça se passe bien
29:15et il y a de la demande
29:16et notre dette est très prisée
29:17des investisseurs
29:18donc je pense qu'il ne faut pas
29:19non plus commencer
29:19à rentrer dans ces espèces
29:21de scénarios catastrophes
29:24après
29:25est-ce qu'il y a des outils
29:27le QE
29:28l'outil existe
29:29après c'est censé être
29:30un outil de politique monétaire
29:32pas un outil de bail-out
29:33d'un état
29:34qui n'a pas fait le job
29:34sur ses finances publiques
29:37et de toute façon
29:38toute intervention
29:39de la BCE
29:40ne serait pas
29:40sans condition
29:42de programme de réforme
29:43de rigueur budgétaire
29:44etc
29:44autrement plus compliqué
29:45que les mesures
29:47dont on discute aujourd'hui
29:47quand on regarde
29:49ce qu'on fait
29:49la Grèce
29:50l'Italie
29:51le Portugal
29:51etc
29:53on parle de
29:55baisse
29:57des comptes
29:57des retraites
29:58des pensions
29:58des salaires des fonctionnaires
30:01donc on parle de mesures
30:02très drastiques
30:03on parle de la vraie austérité
30:04on en est bien dur
30:05pas du tout là
30:06donc c'est vrai
30:06je suis un peu réticente
30:07à rentrer dans les scénarios
30:08catastrophes
30:09ici que ferait
30:09mais justement
30:11l'enjeu c'est qu'aujourd'hui
30:12je pense qu'on a encore
30:13un capital
30:14on a encore un capital
30:16confiance
30:16à condition que
30:17la trajectoire
30:18de notre déficit
30:19même si c'est graduel
30:19ce soit à la baisse
30:22et que
30:22oui alors cette année
30:23il y a la crise en Iran
30:25en gros on est
30:26des plans qui
30:27nous fassent baisser
30:28graduellement notre déficit
30:30vers un niveau soutenable
30:31et on a
30:32je dirais
30:32un certain capital
30:33crédibilité sur le fait
30:34que ça peut prendre
30:35un peu de temps
30:35à condition que la direction
30:36reste la même
30:37je pense que c'est ça
30:38qu'il ne faut pas éroder
30:40en fait
30:40c'est même pas un plan drastique
30:41c'est une direction
30:42voilà avant de commencer
30:43à se dire
30:44ah oui mais finalement
30:45on pourrait avoir
30:47la carte joker
30:48que ce soit
30:48la BCE
30:49brûler la dette
30:50etc
30:51Emmanuel
30:52pour rebondir
30:52sur ce que disait Dorothée
30:53on lève la dette
30:54sans problème
30:54il ne faudrait pas
30:55que les auditeurs
30:55se disent
30:56bon alors du coup
30:56il n'y a pas de sujet
30:57il y a quand même un sujet
30:58c'est que notre première dépense
31:00aujourd'hui
31:01c'est quand même
31:01les intérêts
31:02on paye à nos résidents
31:03et donc il faut les donner
31:04en coûts d'opportunité
31:05je ne sais pas combien
31:05c'est 68 milliards
31:06ou 70 milliards
31:07de taux d'intérêt
31:08chaque année
31:08c'est 70 milliards
31:09qui sont investis
31:10dans l'éducation
31:11dans l'innovation
31:11c'est comme ça
31:12qu'il faut raisonner
31:12moi je crois
31:13en effet à la thèse
31:14de l'étouffement
31:14la France est un pays
31:15qui s'étouffe progressivement
31:17mais on n'est pas
31:17en situation de crise
31:18de la dette
31:18mais à l'inverse
31:20il ne faut pas envoyer
31:21non plus le signal
31:22puisqu'on lève
31:23tous les jeudis
31:23ou tous les 15 jours
31:24ou tous les mois
31:24de la dette
31:25il n'y a pas de sujet
31:25s'il y a un sujet
31:26puis un deuxième sujet
31:27c'est que pour l'instant
31:29on n'a pas l'effet boule de neige
31:30enfin si j'en crois
31:31les scénarios
31:32de certains auteurs
31:33on y va droit
31:35donc l'effet boule de neige
31:36c'est dès lors
31:36que le taux d'intérêt
31:37devient supérieur
31:38à votre taux de croissance
31:39on va y arriver un jour
31:40là la dette
31:41va commencer
31:41à augmenter
31:42de manière significative
31:43je crois que dans la dernière étude
31:44c'était Jaravelle
31:45on était à 130%
31:46en 2030
31:47si on ne fait rien
31:48alors vous me direz
31:48130%
31:49le Japon
31:49ils sont à combien
31:50200-250
31:51il n'y a pas de norme absolue
31:53qui nous dit
31:53qu'à partir de 130
31:54ça devient grave
31:55mais les marchés
31:56regardent quand même
31:56une trajectoire
31:57il y a une trajectoire
31:58et il faut surtout raisonner
31:58en termes de coûts d'opportunité
31:59tout cet argent
32:00qu'on paye en intérêt
32:01il serait quand même
32:02mieux utilisé
32:03pour préparer l'avenir
32:04il faut aussi
32:05juste sur ce point là
32:07savoir que
32:08la maturité moyenne
32:09de la dette française
32:09c'est environ
32:108 ans et demi
32:11et de toute façon
32:12dans les années à venir
32:13quoi qu'on fasse
32:14le coût de la charge de la dette
32:15va augmenter
32:16pourquoi ?
32:16parce que par exemple
32:17là aujourd'hui
32:17on réémet des titres
32:20quand ceux qui arrivent
32:21à échéance
32:21c'était ceux qui ont été émis
32:22soit dans les années 2010
32:23en plein quantitatifizing
32:25donc avec des taux à zéro
32:26soit pendant le Covid
32:28avec des taux proches de zéro
32:29donc de toute façon
32:31quoi qu'on fasse
32:31si on réémet à 4%
32:32des titres qui arrivent à échéance
32:33et qui étaient à zéro
32:34mécaniquement
32:35quoi qu'on fasse sur le déficit
32:36le coût de la charge de la dette
32:37il va augmenter
32:38vers 90-100 milliards
32:39d'ici la fin de la décennie
32:40donc là aussi
32:41il ne faut pas
32:42je dirais en rajouter une couche
32:43en termes de crédibilité
32:44mais il y a un effet
32:45je dirais très mécanique
32:46d'inertie
32:46qui fait qu'on peut agir
32:48sur l'inflexion
32:49de ce budget
32:50à horizon
32:515 ans
32:5210 ans
32:52mais il y a une partie
32:53qui est déjà prédéterminée
32:54c'est important Raphaël
32:55de dire qu'on n'a pas
32:55forcément besoin
32:56de quelque chose de drastique
32:57c'est-à-dire qu'on n'a pas besoin
32:58du sang, des larmes
33:00de passer tout de suite
33:01à quelque chose de radical
33:02c'est la trajectoire
33:03qui importe notamment
33:04les marchés
33:04ils ont besoin d'un cap
33:05et comme disait Emmanuel
33:07en fait c'est de la crédibilité budgétaire
33:09c'est ce qu'on vend
33:10moi ce qui m'étonne
33:11depuis plusieurs années
33:11c'est que le marché continue
33:12de nous faire cadeau
33:13de cette crédibilité budgétaire
33:14alors qu'on donne
33:15notre comportement
33:16aucun signal
33:17le marché est très gentil
33:18il y avait un économiste
33:20qui avait créé
33:20la règle de bord
33:21c'est-à-dire
33:21comment un pays
33:24réagit
33:24par rapport
33:25à la dérive
33:26de ses comptes publics
33:27et on voyait que la France
33:28en avait un coefficient négatif
33:29c'est-à-dire
33:29il n'y avait pas d'autocorrection
33:30de notre déficit primaire
33:32c'est-à-dire
33:32quand on avait un déficit primaire
33:33qui dérivait
33:35historiquement
33:35les pays étaient sous la pression
33:36des marchés
33:37étaient obligés de se corriger
33:38la France c'était
33:39il n'y avait statistiquement
33:40aucune réaction
33:41et c'est ça la problématique
33:43c'est qu'aujourd'hui
33:43on est dans un monde
33:44où vous avez
33:44un déficit américain
33:46à 6 points de PIB
33:46la France à plus de 5
33:47tous ces pays
33:48plus les hyperscalers
33:51qui a levé de l'impôt
33:52qui nous protège
33:53oui mais c'est surtout
33:54qu'on a des gros
33:55des gros emprunteurs
33:56sur le marché
33:57qui aujourd'hui
33:58sont complètement insensibles
33:59au prix
33:59c'est-à-dire
34:00on leur demande
34:01de payer plus cher
34:02leurs dettes
34:02mais c'est pas pour autant
34:03qu'ils vont changer
34:03leur comportement
34:04les Etats-Unis
34:05n'ont annoncé
34:06aucune mesure
34:07budgétaire crédible
34:08la France ne le fait pas
34:09donc forcément
34:10les taux d'intérêt
34:10vont continuer à monter
34:11jusqu'à ce que
34:12les politiques
34:13et les grandes entreprises
34:15de la tech
34:16comprennent le signal
34:17mais aujourd'hui
34:18on a besoin
34:18d'avoir des taux d'intérêt
34:19plus élevés
34:20pour continuer
34:21à ce que les Etats
34:23et la big tech
34:24continuent de
34:25squeezer l'économie
34:26mais il y a un seuil
34:27psychologique
34:27et je m'agisse
34:27qu'il n'y a pas
34:28un seuil officiel
34:28il y a un seuil psychologique
34:30on dit je ne sais pas
34:30à 5%
34:31on déclenche des réformes
34:33il y a un truc
34:34qui
34:35parfois on parle des 5%
34:36avec le 30 ans américain
34:37il n'y a pas
34:38de seuil psychologique
34:39je pense qu'il y a
34:40surtout des apprentis sorciers
34:41comme Scott Besson
34:42qui essayent de contourner
34:43le système
34:44en disant
34:44finalement si la dette
34:46à long terme
34:46coûte trop cher
34:47je vais mettre à court terme
34:48mais ça
34:49ça peut lui sauter au visage
34:50parce que
34:52s'il va faire
34:53de l'effet d'éviction
34:54sur la partie courte
34:54c'est-à-dire
34:55sur la partie courte
34:56c'est le trésor américain
34:57qui va émettre
34:58et émettre
34:58et émettre de la dette
34:59il va y avoir
35:00un effet d'éviction
35:01sur justement
35:02les hedge funds
35:03qui au contraire
35:03eux s'endettent à court terme
35:04pour acheter de la dette
35:05à long terme
35:06donc en fait
35:07il y a des fausses solutions
35:08et ces fausses solutions
35:10pourraient précipiter
35:11une crise financière
35:12à un moment
35:13On va revenir sur l'idée
35:14que vous disiez
35:15tout à l'heure
35:15lors qu'on n'a pas besoin
35:17d'une thérapie de choc
35:17parfois on se demande
35:18est-ce que ça ne serait pas mieux
35:19parce que
35:20l'inverse de la thérapie de choc
35:22c'est l'effort soutenu
35:23l'autre alternative
35:25c'est l'effort soutenu
35:26sur 5 ans
35:27on va dire
35:2730 milliards d'euros
35:28par an
35:28fois 5
35:29ça fait 150 milliards
35:30pardon
35:30on en est incapable
35:32on en est incapable
35:33parce que ça veut dire
35:33qu'il faut prendre
35:34des engagements
35:35sur plusieurs années
35:36quel gouvernement
35:36est capable
35:37de prendre un engagement
35:37surtout s'il y a
35:38de l'instabilité politique
35:40donc en même temps
35:42on peut dire
35:42oui on n'a pas besoin
35:43d'un choc
35:43mais l'alternative
35:45je ne la vois pas
35:45on est quand même
35:46dans des mesures
35:47à l'année
35:48on n'est pas sur des plans
35:49quel gouvernement
35:50a tenu sa promesse
35:51sur son mandat
35:52aucun
35:53soit en invoquant
35:54des causes exogènes
35:55soit parce qu'il y a eu
35:56une alternance politique
35:56etc
35:57donc en même temps
35:58la politique des petits pas
35:58on a l'air de dire
35:59finalement c'est pas trop compliqué
36:01c'est super compliqué
36:02les petits pas
36:02parce qu'il ne faut jamais
36:03faire de retour en arrière
36:03et ça on n'a jamais été capable
36:05en 50 ans
36:05donc je ne dis pas
36:06que la thérapie de choc
36:07c'est bien
36:07au moins la thérapie de choc
36:09on subit le truc
36:10one shot
36:10et puis ensuite
36:11on redémarre
36:12moi je vais être très pessimiste
36:14je ne veux pas être trop long
36:15mais c'est mon côté
36:16économie politique
36:17de la dette
36:18je pense que les gouvernements
36:19n'ont jamais intérêt
36:20à s'engager sur l'avenir
36:21parce que l'avenir
36:21ils ne seront pas forcément là
36:22par contre ils laisseront
36:23de la dette à leurs successeurs
36:24c'était Ronald Reagan
36:25qui disait
36:25ma meilleure réussite
36:27c'est mon déficit budgétaire
36:28parce que si les démocrates
36:29arrivent au pouvoir
36:30ils seront plombés
36:33je trouve que justement
36:34là-dessus
36:35la crise financière
36:36qu'a connue le Royaume-Uni
36:37en septembre 2022
36:38sous l'Estrus
36:39ça a vacciné tout le monde
36:40pour des ans
36:41regardez
36:41tous les chanceliers
36:44pardon
36:44tous les chanceliers
36:45de l'échiquier
36:45aux Etats-Unis
36:46sont tétanisés
36:47par les marchés financiers
36:47et donc la discipline
36:48elle marche
36:48et donc ils sont en train
36:50de faire des réformes
36:50ils sont en train
36:51de faire de l'austérité
36:52pour éviter d'avoir
36:53une crise plus grave
36:54plus on attend
36:55plus la thérapie de choc
36:56quand elle sera nécessaire
36:58sera douloureuse
36:59mais ça fait dire
36:59après Jean-Luc Mélenchon
37:00vous êtes tenu
37:01par les marchés financiers
37:01c'est-à-dire que
37:03on est tenu
37:03on n'avait qu'à pas
37:04s'endetter pendant 50 ans
37:05heureusement
37:05heureusement qu'ils sont là
37:06Je voudrais qu'on vienne
37:07sur les Etats-Unis
37:08Raphaël
37:09parce que pour ceux
37:10comme moi
37:10qui n'ont pas suivi
37:10l'actualité américaine
37:12pendant l'été
37:13Donald Trump
37:14est toujours bas
37:15dans les sondages
37:16il y a toujours un risque
37:17qui est très important
37:18pour lui
37:18pour les midtermes
37:19Oui
37:19on voit dans les sondages
37:21qu'on commence à toucher l'os
37:22c'est-à-dire la base MAGA
37:24souvenez-vous
37:24j'avais dit sur ce plateau
37:25que la base MAGA
37:26c'est pas un parti politique
37:27c'est une secte
37:27quoi que fasse Donald Trump
37:28on a l'impression
37:29qu'il s'en fichait complètement
37:30ce serait Trump
37:31Trump jusqu'à la mort
37:32là c'est en train
37:33de s'effriter
37:34quand on parle
37:34avec des conseillers
37:37du Congrès
37:38côté républicain
37:39ils disent
37:39on commence à avoir très peur
37:40notamment
37:41parce qu'il y a des Etats
37:43très très rouges
37:44qui commencent à virer
37:45notamment l'Iowa
37:47un Etat agricole
37:48on peut pas faire plus
37:50Trump land
37:51que ça
37:51en fait
37:52il pourrait basculer
37:53au Sénat
37:54et puis
37:55et donc
37:55la Chambre
37:56on sait que c'était perdu
37:57d'avance
37:57mais par contre
37:58le Sénat
37:58on pensait qu'il resterait
37:59mais en fait là
38:00ça devient
38:01par exemple
38:02Nate Silver
38:02qui fait plein de modèles
38:03à partir des sondages
38:05donc il retravaille
38:05tous les sondages
38:06dans le modèle
38:07de Nate Silver
38:07le Sénat
38:08passe démocrate
38:09et donc
38:09c'est ça
38:10qui a créé
38:11ce vent de panique
38:11à la Maison Blanche
38:13qu'on a obligé
38:14de trouver une solution
38:15pour faire baisser
38:16les taux d'intérêt
38:17parce que c'est pas
38:17que le problème budgétaire
38:19c'est aussi le problème
38:20des taux hypothécaires
38:22les fameux taux mortgage
38:23il ne peut pas arriver
38:24au mid-terms
38:25avec le prix de l'essence
38:27au-dessus de 4 dollars
38:27le diesel
38:28au-dessus de 5 dollars
38:29et les taux hypothécaires
38:31au-dessus de 7%
38:32c'est pas possible
38:34mais on voit que
38:35malgré tout
38:35il n'y a pas vraiment
38:36de cap à la Maison Blanche
38:37parce que
38:38les 4 plus gros états
38:40swing state
38:41pour le Sénat
38:42c'est l'Alaska
38:43le Maine
38:43l'Ohio
38:44et le Michigan
38:45c'est tous des états
38:45limitrophes du Canada
38:46et qu'est-ce qu'on fait ?
38:47On blow up complètement
38:49les négociations
38:50commerciales
38:50avec le Canada
38:51on va se retrouver
38:51avec des tarifs
38:52dans tous les sens
38:53donc c'est catastrophique
38:54politiquement
38:55mais ils ont sauté
38:56à pied de joint dedans
38:57Ce qui veut dire impeachment ?
38:58Alors il y aura
38:59un impeachment
39:00c'est certain
39:01par contre
39:01est-ce qu'il y aura
39:02une condamnation au Sénat
39:03et ça c'est quand même difficile
39:04parce qu'il faut 67 sénateurs
39:05donc il faudrait retourner
39:06à peu près une quinzaine
39:07de sénateurs républicains
39:08mais voilà
39:09à partir du moment
39:10où le Sénat bascule
39:11dans une majorité démocrate
39:12il y aura beaucoup
39:13de sénateurs républicains
39:14qui sont en fin de carrière
39:15qui vont dire
39:16à quoi ça sert
39:17de continuer
39:17à noircir
39:19notre héritage
39:20en soutenant
39:21ce type
39:22qui nous fait perdre
39:22toutes les élections
39:23je pensais à une formule
39:24c'était pas Clinton
39:25qui avait dit
39:26it is economics stupid
39:27à la fin des fins
39:28vous avez beau être MAGA
39:29vous avez aussi un portefeuille
39:30non je trouve
39:31c'est hyper intéressant
39:32parce que cette idée
39:33que oui
39:33Trump est perçu
39:34par ses plus fervents supporters
39:36comme le défenseur
39:38face à la Chine
39:39etc
39:39mais il y a un moment
39:41vous regardez quand même
39:42le pari économique
39:42est perdu
39:43pour moi il est perdu
39:44mais c'est intéressant
39:45parce qu'il y avait
39:45un très haut d'avis d'auteur
39:46qui montrait que les états
39:48qui étaient victimes
39:49du protectionnisme
39:49de Donald Trump
39:50votaient Donald Trump
39:51mais il arrive un moment
39:52où il y a un principe
39:53de réalité quand même
39:54même chose avec
39:56Jean-Luc Mélenchon
39:57si on met en oeuvre
39:57ce qu'il propose
39:58au bout d'un moment
39:59les français
39:59on va taper dans leur épargne
40:00moi je veux bien
40:01qu'on adore les grands discours
40:02et les grandes choses
40:03mais à la fin des fins
40:03il y a de l'économie réelle
40:05et finalement
40:06ce que vous dites Raphaël
40:07c'est que le réel revient
40:09on a beau le nier
40:10les droits de douane
40:11ça fait monter les prix
40:12alors ça fait pas monter
40:13les prix tout de suite
40:14parce que c'est absorbé
40:15etc
40:15surtout avec le Canada
40:16qui va payer la facture
40:17avec le Canada
40:18ça va être les américains
40:19ils importent de l'aluminium
40:20c'est une élastique au prix
40:21ils importent du pétrole
40:22c'est peu élastique au prix
40:23enfin bref
40:25donc en réalité
40:25ce sont bien les américains
40:27qui vont payer la facture
40:28et à la fin des fins
40:28vous avez beau être magas
40:29vous regardez quand même
40:30ce qu'il vous reste
40:30à la fin du mois
40:31Dorothée votre vision
40:32sur les Etats-Unis ?
40:34Non mais je partage assez
40:36ce qui vient d'être dit
40:37en fait
40:38Donald Trump
40:39il faut se rappeler quand même
40:39qu'il a été élu
40:40sur une campagne
40:41qui mettait l'accent
40:42sur Biden c'est l'inflation
40:44et qui sur le plan
40:45de la politique étrangère
40:46disait aussi
40:47plutôt de l'isolationnisme
40:48pas d'aventure militaire
40:50au Moyen-Orient etc
40:51donc c'est vrai
40:52qu'on arrive deux ans après
40:55il y a une dimension
40:56très identitaire
40:57au vote Trump
40:57à la base maga
40:58mais effectivement
41:00elle a aussi entendu
41:01Biden c'est l'inflation
41:02le prix du logement
41:03le prix de l'essence
41:04le prix de l'alimentation
41:05etc
41:06or
41:07quels ont été
41:09les points phares
41:09de la politique de Trump
41:10les droits de douane
41:12in fine
41:12c'est inflationniste
41:14et au départ
41:15sur le Canada
41:15il avait exempté
41:16le pétrole
41:17il avait exempté le bois
41:18en décembre
41:19ils avaient exempté
41:20les voitures
41:20donc en gros
41:21le modèle
41:21c'est quand même
41:22que les pièces
41:24etc
41:24traversent la frontière
41:25beaucoup de fois
41:26en fait
41:26avant d'en faire une voiture
41:27donc évidemment
41:28si vous avez un droit de douane
41:28à chaque fois
41:29ça s'additionne assez vite
41:32donc ça c'est le premier pilier
41:33les droits de douane
41:34c'est inflationniste
41:34deuxième pilier
41:36bon
41:37la guerre en Iran
41:38au-delà de l'aspect
41:39politique étrangère
41:40qui trahit un petit peu
41:41quand même
41:41ce qu'il avait dit
41:41une partie de sa base
41:42ça se voit très vite
41:43sur les prix à la pompe
41:44qui sont le prix
41:45le plus visible
41:46pour tout le monde
41:46ici comme ailleurs
41:47quand même
41:47vous allez partout
41:48vous avez le truc
41:49il est affiché devant vous
41:50c'est un des seuls prix
41:51qu'on voit
41:51qu'on voit en 4 sur 3
41:53voilà
41:53tous les jours
41:54et puis
41:55troisième pilier
41:56grosse restriction
41:57sur l'immigration
41:58y compris l'immigration
41:59non qualifiée
42:00qui fait monter aussi
42:01les prix
42:02des services
42:03des services à la personne
42:04de hôtellerie-restauration
42:07de l'alimentation aussi
42:08parce que c'est ceux
42:08qui récoltent
42:09etc
42:09donc en fait
42:10c'est vrai que
42:11c'est difficile
42:12d'arriver au mid-term
42:13en disant
42:14ce pourquoi vous avez voté
42:15au-delà de la partie
42:16très identitaire
42:16ce pourquoi vous avez voté
42:18en 2024
42:19en disant
42:20Trump mettra fin
42:21à l'inflation
42:22le mot d'ordre
42:22c'était affordability
42:24on a un peu de mal
42:25à voir comment
42:26réconcilier le discours
42:27et la pratique
42:28parce que Raphaël
42:28vous disiez
42:28c'est impossible
42:29il ne peut pas aller
42:30aux élections mid-term
42:31avec un tel Milan
42:32Patrick Pouyanné
42:33disait hier
42:34dans une conférence
42:37une conférence
42:38qu'il a donnée
42:38avec d'autres producteurs
42:40de pétrole
42:41il disait c'est impossible
42:41le galon
42:42il sera à 4 dollars
42:43ça ne va pas baisser
42:44c'est pas possible
42:45on a une crise
42:46sur le raffinage
42:48on n'y arrive pas
42:48donc il va aller
42:49au mid-term
42:50avec le bilan
42:50que vous avez donné
42:52c'est pour ça
42:53que l'histoire
42:54est en train
42:54de s'accélérer
42:54qu'on essaye
42:55d'étrangler l'Iran
42:57économiquement
42:58mais pour le moment
42:59rien n'est crédible
43:00le fait que
43:01Trump avait déjà
43:02sanctionné
43:02les banques chinoises
43:04il avait menacé
43:04de les sanctionner
43:05au mois de mai
43:06les chinois ont dit
43:07ils ont fait une directive
43:08interdiction
43:10aux banques chinoises
43:11de suivre
43:12les directives américaines
43:14sur leur contrepartie
43:16avec l'Iran
43:17donc je ne vois pas
43:18je ne vois pas
43:18Scott Bessen
43:19sanctionner
43:20la plus grande banque chinoise
43:21la plus grande banque mondiale
43:21la CBC
43:22mais il a dit
43:22la semaine prochaine
43:23vous verrez
43:23il y aura une grande banque
43:25qui sera sanctionnée
43:26je pense que ça n'aura pas d'impact
43:28parce que ça veut dire
43:29mettre des sanctions secondaires
43:30contre la Chine
43:31à un moment
43:32où Trump
43:32le truc vraiment
43:33auquel tu as
43:34Trump c'est maintenir
43:35la trêve commerciale
43:36avec la Chine
43:36il a une visite d'état
43:37de Xi Jinping
43:38en septembre qui arrive
43:40j'irais même plus loin
43:41si on fait le bilan de Trump
43:42son obsession
43:43depuis le départ
43:44depuis Trump 1
43:44c'est la Chine
43:45je pense même
43:46je l'ai écrit d'ailleurs
43:46dans les échos
43:47c'est qu'il a accéléré
43:48la montée en puissance
43:49de la Chine
43:49notamment technologique
43:50en mettant des restrictions
43:51à l'exportation
43:51à court terme
43:52vous handicapez la Chine
43:54mais c'est une formidable
43:54incitation à accélérer
43:55regardez c'était la news
43:57dont on a appris
43:58cet été
43:59la première machine
44:00de gravure
44:01de semi-conducteurs
44:02qui est sorti en Chine
44:02en mettant des restrictions
44:04aux exportations
44:04d'ASML en Chine
44:05vous incitez
44:06donc même sur ce point là
44:07c'était quand même
44:08son argument de Trump 1
44:10c'était
44:11je vais mettre fin
44:12au choc chinois
44:13même là-dessus
44:14il a échoué
44:15en réalité la Chine
44:15n'a jamais été
44:16une puissance technologique
44:17aussi forte
44:17donc même là-dessus
44:18il a échoué
44:19mais à la fin
44:20Raphaël
44:20ça veut dire
44:21qu'il faut toucher
44:21aux contraintes budgétaires
44:22ça veut dire quoi
44:23qu'il faut aller chercher
44:23l'argent chez les GAFAM
44:24qu'il faut
44:29le ratio qui est
44:30terrifiant pour les Etats-Unis
44:31c'est que
44:31la charge d'intérêt
44:34rapportée aux revenus
44:36budgétaires fédéraux
44:37c'est 20%
44:38c'est le niveau
44:39d'un pays
44:40c'est pas un pays émergent
44:41c'est un pays frontière
44:42ce qu'on appelle
44:44pourquoi ?
44:45la charge de la dette
44:46explose
44:46parce qu'en plus
44:46ils ont une dette très courte
44:47contrairement à la France
44:48ils la renouvellent très vite
44:49et ils la raccourcissent
44:50de plus en plus
44:51et puis surtout
44:52chaque fois qu'on a
44:53une administration républicaine
44:55qui arrive
44:55on baisse les impôts
44:56on baisse les impôts
44:57on baisse les impôts
44:57donc ils ont de la marge
44:58de manœuvre
44:59pour augmenter les impôts
45:00ça fait à peine 20% du PIB
45:02par rapport à nous
45:03vous imaginez la marge qu'ils ont
45:04mais augmenter les impôts
45:05c'est
45:06effectivement
45:07c'est casser
45:08la dynamique boursière
45:09qui est ce qui permet encore
45:11d'avoir
45:11une dynamique de consommation
45:13aux Etats-Unis
45:13la seule dynamique de consommation
45:15qui reste
45:15c'est l'effet richesse
45:18c'est l'effet richesse
45:19et c'est certainement
45:20pas le moment de le faire
45:21parce qu'on a parlé
45:23de l'échéance des mid-terms
45:24à court terme
45:24il y a la visite
45:25de Xi Jinping
45:26en septembre
45:27les mid-terms en novembre
45:28et au milieu
45:29il y a l'IPO d'Enthropic
45:30et il ne faut pas rater ça
45:32parce que sinon
45:33on risque de perdre
45:33la guerre technologique
45:34face à la Chine
45:35donc en fait
45:36il faut absolument maintenir
45:37à la fois
45:38cette course
45:39cette fuite à novembre budgétaire
45:40mais aussi cette course
45:41aux armements
45:42dans l'IA
45:42parce que l'IA
45:43ce n'est pas juste
45:43un enjeu économique
45:44c'est aussi un enjeu
45:46géostratégique
45:47l'IPO d'Enthropic
45:48évidemment très attendu
45:49on a appris quand même
45:50cette semaine
45:51qu'on allait avoir de la pub
45:52sur ChatGPT
45:53qui change de modèle
45:54qui a besoin de rentabilité
45:55il faut de l'argent
45:56c'est plus possible
45:57d'avoir des gens
45:58qui font des demandes
45:59gratuites
45:59dans la vie
46:00la gratuité n'existe pas
46:01oui il y a toujours
46:01quelqu'un qui pèse
46:02sinon c'est le produit
46:04donc il y a deux modèles
46:05soit un modèle
46:05ce qu'on appelle
46:06un marché biface
46:06c'est le modèle
46:07Google Search
46:08on surfe jusqu'à présent
46:09gratuitement sur Google Search
46:11mais ce sont les annonceurs
46:12qui financent le modèle
46:14soit dès le départ
46:15on décide que c'est
46:15un modèle payant
46:16et en fait ChatGPT
46:17a opté pour un modèle
46:18je dirais de freemium
46:18c'est-à-dire si vous avez
46:20l'abonnement gratuit
46:21ou d'entrée de gamme
46:22là il y aura de la pub
46:23par contre vous avez le choix
46:24de ne pas avoir de publicité
46:25à ce moment-là
46:25il faut payer le plein pot
46:27ce qui va être intéressant
46:28dans ChatGPT
46:29c'est de voir
46:29est-ce que ça remet en cause
46:30Google ou pas
46:31parce que vous êtes annonceur
46:32jusqu'à présent
46:33vous allez faire de la pub
46:34sur Google Search
46:36les petits liens
46:36qui sont tous dénus
46:37aujourd'hui ça peut être intéressant
46:38pour un annonceur
46:39d'aller faire de la pub
46:39sur ChatGPT
46:40c'était lundi en Europe
46:43et en même temps
46:43Google est en train
46:44de renforcer
46:45à mon avis
46:45Google Search
46:46en intégrant l'IA
46:48dans son propre modèle
46:49avec EA Overview
46:50etc
46:50ça veut dire que demain
46:51vous serez un annonceur
46:53vous ferez de la publicité
46:54peut-être même d'ailleurs
46:55dans la réponse
46:56que vous donnera
46:58EA Overview
46:59c'est-à-dire
46:59vous tapez
46:59je ne sais pas
47:00shampoing
47:00et on vous dira
47:01dans la réponse du shampoing
47:02il y a un sponsor
47:03qui a payé
47:04pour être soit
47:05dans la réponse elle-même
47:06soit être à côté
47:07de la réponse
47:07identifiée de manière claire
47:08en Europe il n'est pas possible
47:10dans la réponse
47:10de sponsoriser
47:11par contre
47:12on pourra tout à fait imaginer
47:13que dans
47:14on vous redirige
47:15dans Google Overview
47:16vous ayez de la publicité
47:17à droite
47:17donc ça va être intéressant
47:18de voir est-ce que ça renforce
47:19le modèle Google
47:20ou est-ce qu'au contraire
47:21la concurrence de ChatGPT
47:23va l'affaiblir
47:23mais tous les IA
47:25n'ont pas le modèle
47:26à la ChatGPT
47:26Claude c'est un modèle payant
47:28c'est gratuit
47:29mais vous êtes contraint
47:30en quantité
47:31ou alors vous passez
47:31à différents abonnés
47:33donc ça va être vraiment intéressant
47:34comme sur ChatGPT
47:35oui mais ils n'ont pas tous
47:36le même modèle
47:36certains ne croient pas
47:37au marché biface
47:38parce que le problème
47:38du marché biface
47:39c'est qu'une fois
47:40que vous avez décidé
47:40d'opter pour un marché biface
47:42c'est très difficile
47:43de revenir sur une face
47:43regardez Meta
47:45Insta c'était gratuit
47:46jusqu'au jour
47:47où il y a eu le DSA
47:48le DMA
47:48et là ils ont dit
47:49bon ben maintenant
47:50on demande le consentement
47:51donc il y en a qui vont dire non
47:52ben s'ils disent non
47:53on va les faire payer
47:54on a tous reçu
47:54cette fameuse capture d'écran
47:56en disant
47:57soit vous acceptez
47:58de donner vos données
47:59soit c'est 9,99€
48:00ben en fait ça ne marche pas
48:02ils savaient très bien
48:02que ça n'allait pas marcher
48:03qu'on allait tous accepter
48:07et c'est pour ça que Google
48:10s'est pris une sanction
48:13de la commission
48:14pardon pas Google
48:15le Meta
48:15de la commission européenne
48:16donc c'est vraiment intéressant
48:17ça pose la question
48:18est-ce qu'on peut
48:19tout le temps avoir
48:19des marchés bifaces
48:20car c'est important
48:21pour nos auditeurs
48:22on pourrait imaginer
48:22un autre modèle
48:23après tout ça ne vous choque pas
48:24de payer chaque mois
48:25votre abonnement
48:26de téléphone portable
48:26pourquoi on ne paierait pas
48:27un abonnement à Google
48:28il y en a un abonnement
48:29à Google Search
48:30ils ont fait un autre choix
48:31qui est le choix du marché biface
48:32d'autres pensent
48:33qu'il vaut mieux faire payer
48:34dès le départ
48:35Raphaël
48:36il faut là
48:36commencer à être rentable
48:38sur les modèles
48:39d'intelligence artificielle
48:40on ne peut pas continuer
48:41comme ça
48:41à perdre des milliards
48:43et des milliards
48:44en fait on voit que
48:46le secteur de la tech
48:47est en connivence
48:49avec le secteur financier
48:50pour continuer
48:51à leur apporter du capital
48:52et à repousser
48:54l'échéance
48:55à laquelle ils seront rentables
48:56il y a deux phénomènes
48:57intéressants
48:58je trouve qu'il y a
48:58Nvidia
48:59qui est en train
49:00de transformer
49:00les chips
49:02donc c'est plus
49:02en actifs
49:04comme de l'immobilier
49:05c'est-à-dire
49:06on peut avoir
49:07des bonds
49:08des obligations
49:09qui sont baqués
49:10par ces actifs-là
49:11on crée des ABS
49:12et justement
49:13la SEC
49:14donc le gendarme
49:15de la bourse américaine
49:16a dit effectivement
49:16vous avez même le droit
49:17de le faire
49:18pour les data centers
49:20donc on essaye
49:21de favoriser
49:21de démocratiser
49:22cette finance
49:22un peu comme on l'avait fait
49:23avec les subprimes
49:24pour pouvoir la disséminer
49:25un peu partout
49:25et vous avez
49:26de notre côté
49:27le financement
49:28par le crédit privé
49:29où là on voit
49:30qu'effectivement
49:31les Apollo
49:32les KKR
49:32se sont rapprochés
49:33des assureurs américains
49:35ils les ont absorbés
49:36en partie
49:36et comme ça
49:37vous n'avez plus
49:38de barrière
49:39d'analyse
49:40de la solvabilité
49:41entre les canaux
49:43de distribution
49:43du crédit privé
49:44et les allocataires
49:45d'actifs à long terme
49:46parce que ce sont
49:47les mêmes actionnaires
49:48derrière
49:48donc tout ça
49:49c'est pour essayer
49:50de prolonger
49:51effectivement
49:52ce cycle
49:53d'investissement
49:53et derrière
49:54vous avez
49:55la Maison-Blanche
49:55qui essaye de limiter
49:56la hausse
49:57des taux d'intérêt
49:58à un moment
50:00effectivement
50:00les taux d'intérêt
50:01il y aura un retour
50:02à la réalité
50:03à savoir
50:04quel va être
50:05le taux de rendement
50:05interne
50:06de ces investissements
50:08le marché
50:08le modèle du gratuit
50:10c'est quand même limité
50:11parce que le marché
50:12de la publicité
50:12c'est un trillion de revenus
50:14ça ne peut pas
50:17légitimer
50:17des investissements
50:18que ce soit
50:19les boîtes qui payent
50:19et qui gagnent
50:20de la productivité
50:21exactement
50:21donc il faut le voir
50:22aujourd'hui ce qu'on voit
50:23dans les marges
50:24bénéficiaires des entreprises
50:26c'est que la productivité
50:28elle explose aux Etats-Unis
50:29mais c'est concentré
50:29dans le secteur de la tech
50:30et justement
50:31les secteurs
50:32qui étaient censés
50:33utiliser cette technologie
50:35en fait
50:35ils gardent des marges élevées
50:37mais elles n'ont pas
50:38augmenté
50:39pour l'instant
50:39la charge de la preuve
50:41ça reste plus en Paris
50:42qu'une réalité
50:43sur la rentabilisation
50:45juste avant
50:46de nous faire réagir
50:47Dorothée
50:47des ABS sur des puces
50:48aujourd'hui
50:49il y en a beaucoup
50:49c'est en train
50:50d'être mis en place
50:50ça n'existe pas encore
50:51aujourd'hui
50:52mais ça va exister
50:53oui parce que
50:53Nvidia a dit
50:54effectivement
50:55le taux d'amortissement
50:56c'est à peu près 13%
50:57dans la tech
50:57mais ils disent
50:58regardez
50:58on a des générations
50:59vous revenez
51:00trois générations
51:00en arrière
51:02les ampères
51:03etc
51:03des modèles
51:04qui datent de 2010
51:06vous avez une cotation
51:07de leur prix
51:07ils sont encore disponibles
51:09à la location
51:09et en fait
51:10il y a encore
51:11des rendements dessus
51:12donc ils disent
51:12en fait
51:12des actifs
51:13a une durée de vie longue
51:14donc en fait
51:15on n'est pas obligé
51:16de dire
51:16s'ils ont un de leurs clients
51:17qui veulent acheter
51:18ces puces là
51:19ils peuvent en faire
51:20en fait
51:20les acheter sous forme d'ABS
51:21comme une société
51:22qui achète des avions
51:23en vising
51:23mais Dorothée
51:24on peut perdre
51:25cette course
51:25à la rentabilité
51:26c'est-à-dire qu'à un moment
51:27si les investissements
51:29ne trouvent pas
51:29le bon chemin
51:30si on n'accélère pas
51:31sur ce modèle
51:32à trouver
51:33il y a trop d'investissements
51:34puis il n'y a plus de rentabilité
51:35puis le château de cartes
51:36s'effondre
51:37c'est le risque
51:38c'est le risque financier
51:39aujourd'hui
51:39les marchés boursiers américains
51:41sont quand même
51:41portés par l'IA
51:43avec des énormes investissements
51:44des perspectives
51:45dans la rentabilité
51:45je pense qu'il y a
51:46plusieurs questions
51:47d'abord
51:48est-ce que tout le monde
51:49va gagner ?
51:49probablement pas
51:50c'est-à-dire que
51:53ils mettent des centaines
51:54de milliards de dollars
51:55à la fin
51:56tous les modèles
51:57ne seront pas le modèle gagnant
51:58mais ils savent
51:58qu'ils sont dans une course
51:59un peu winner take all
52:00et qu'il faut donc
52:01mettre le max d'investissement
52:02pour être en tête
52:03et on voit aussi
52:04que la tête
52:05elle change vite
52:05par exemple
52:05en fin d'année dernière
52:07tout le monde
52:07utilisait ChatGPT
52:08et trois mois après
52:09tout le monde
52:09utilisait Claude
52:11et ça peut encore s'inverser
52:12donc en fait
52:13ils sont tous lancés
52:13dans cette course
52:14mais il y en a
52:14pour qui les investissements
52:15qui ne seront pas
52:16à la fin
52:16celui qui gagne
52:17mais il y a quand même
52:19mais ça c'est presque
52:20le fonctionnement normal
52:21des marchés
52:21il y en a qui perdent
52:22après il y en a qui perdent
52:23mais à un moment donné
52:24il faut qu'il y ait
52:24une femme qui gagne
52:25mais après
52:25ce que là aussi
52:26c'est déjà
52:28il y a beaucoup
52:28de plus en plus
52:29de financements
52:30un peu plus opaques
52:30la dette privée
52:31etc
52:31c'est un peu consanguin aussi
52:33c'est-à-dire qu'entre
52:33les gars-femmes
52:34Nvidia etc
52:35ils se financent
52:35les uns les autres
52:36donc si une partie
52:37du château de cartes
52:37s'effondre
52:38ça fragilise le reste
52:39et puis l'autre question
52:40aussi c'est
52:42où va être
52:42cette rentabilité
52:43c'est-à-dire
52:43si on suppose
52:44qu'il y aura
52:45des gains de productivité
52:45importants dans le reste
52:46de l'économie
52:47qui va capter cette valeur
52:48donc ça peut être
52:49le producteur de l'IA
52:51et aujourd'hui
52:52un peu c'est le pari
52:53qui est fait
52:54alors oui il y a le modèle
52:55avec pub sans pub
52:55ils ont un peu tous
52:57quand même été sur
52:58même quand le particulier
52:59paye
53:00si vous payez votre abonnement
53:01vous payez pas le vrai prix
53:02mais le fait que
53:03beaucoup de gens l'utilisent
53:04leur sert à continuer
53:04à entraîner le modèle
53:05pour continuer à faire la course
53:06sur les particuliers
53:06c'est un peu ça le modèle
53:07et avec l'idée
53:08que la rentabilité
53:09elle va plutôt se faire
53:10sur les applications
53:11d'entreprises
53:11y compris sur les modèles spécialisés
53:13mais en fonction
53:14de la structure du marché
53:14la valeur elle peut être
53:15plus captée par ceux
53:16qui produisent le modèle
53:17ou plus captée
53:18par ceux qui les utilisent
53:20et c'est aussi quelque part
53:21ce qu'espèrent les entreprises
53:21de tout le tissu économique
53:23et n'est pas la tech
53:23qu'une partie de la valeur
53:25elle va être pour elle
53:25et pas seulement
53:26parce que quelqu'un
53:27aura gagné la course technologique
53:29aura verrouillé le marché
53:30et donc pourra
53:30beaucoup augmenter ses prix
53:31mais ce jeu là
53:32aujourd'hui il est assez ouvert
53:33ça va être une question
53:34de concurrence
53:35et ça va être une question
53:35de course technologique
53:36Emmanuel il nous reste deux minutes
53:37non c'est pour dire
53:38la spécificité
53:39comme du numérique
53:40c'est que oui
53:40dans tout business
53:41il y a des gagnants
53:42et des perdants
53:42c'est qu'une fois
53:42que vous avez gagné
53:43c'est très difficile
53:44de vous déloger
53:44les barrières sont tellement élevées
53:46regardez Google Search
53:47c'est encore 90%
53:50du marché en Europe
53:51sur le moteur de recherche
53:52et donc c'est assez rationnel
53:53comme tu le disais
53:54c'est assez rationnel
53:55de dépenser beaucoup
53:55de perdre beaucoup d'argent
53:56en se disant
53:57un jour le marché sera
53:59pardon nettoyé
54:00je serai en monopole
54:01appelons un chat un chat
54:02ou en quasi monopole
54:03et là je monterai mes prix
54:04et si nous en doutons
54:05regardez Uber
54:06Uber a perdu de l'argent
54:07pendant 12 ans
54:08les marchés ont tout à fait
54:10financé
54:10sauf qu'une fois
54:11qu'elle s'est retrouvée
54:12en position dominante
54:12elle a monté les prix
54:13des deux côtés
54:14du côté des chauffeurs Uber
54:15où les taux de commission
54:16ont augmenté
54:17et du côté de vous et moi
54:18du client
54:19vous aurez tous remarqué
54:20que le prix de la course Uber
54:21avait augmenté
54:22donc c'est quand même
54:22un business model
54:23où de toute façon
54:24il est rationnel en effet
54:25de participer à la course
54:26parce que le contre-factuel
54:27c'est ça ou rien
54:28il en restera un ou deux
54:29à la fin
54:30mais celui qui reste à la fin
54:31il sera difficile à déloger
54:32et ça c'est pas un marché
54:33tout à fait comme les autres
54:33et il y aura beaucoup de perdants
54:34qui auront perdu beaucoup
54:35quand même
54:35oui mais celui qui gagnera
54:37gagnera peut-être plus
54:37que ce qu'ont perdu les autres
54:38parce qu'il sera quand même
54:39relativement difficile à déloger
54:41enfin regardez la part de marché
54:42de Meta
54:43plus TikTok
54:44sur les réseaux sociaux
54:45regardez la part de marché
54:46de Google Search
54:47sur les moteurs de recherche
54:48vous prenez tous les champs
54:50du numérique
54:50il y a deux
54:52trois acteurs
54:53regardez dans les réservations
54:54d'hôtels
54:54il y a Booking
54:55et Expedia
54:55point à la ligne
54:56donc à la fin des fins
54:58on est quand même dans un marché
54:59the winner takes it all
55:00et ça c'est que le numérique
55:01on ne retrouve pas ça
55:02dans les autres types de marchés
55:03donc ce qui est important
55:04ce n'est pas le fait
55:05qu'il y en ait qui survivent ou pas
55:06c'est que celui qui survit
55:08pour aller le déloger
55:08ça va être très compliqué
55:10merci beaucoup
55:10à tous les trois
55:11d'être venus ce matin
55:11dans les experts
55:12Dorothée Rousset
55:13Emmanuel Combe
55:13Raphaël Gallardo
55:14Emmanuel Combe
55:14je donne votre livre
55:15parce que vous me l'avez apporté
55:16le transport aérien
55:17et parce que vous m'avez dit
55:18que les bénéfices étaient reversés
55:20oui
55:21Aviation Sans Frontières
55:22qui est une association
55:23qui soutient les enfants malades
55:25en Afrique
55:25c'est chaque jour un livre
55:26hier c'était la BD
55:27de Gilles Raveau ce matin
55:28c'est votre livre
55:30on se dit à demain
55:30pour une nouvelle salle
55:31des experts
55:33en direct sur BFM Business
55:34dans un instant
55:35vous retrouvez
55:36Marie-Cœur Dorbrois
55:37avec les experts de l'IMO
55:39bonne journée à demain
55:42Ébat et Controverse
55:44les experts sur BFM Business
55:48Sous-titrage Société Radio-Canada