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  • il y a 2 heures
Ce mardi 10 mars, Alain Pitous, senior advisor chez ESG, s'est penché sur les premières fissures dans le crédit privé avec des similitudes de 2008, et la limitation des retraits chez Blackrock, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:07Ensemble jusqu'à 18h, c'est notre mission, notre promesse.
00:10Et pendant que les marchés s'interrogent sur ce conflit au Moyen-Orient,
00:12d'autres signaux négatifs émergent.
00:14Il ne faudrait pas complètement ignorer ces autres signaux négatifs.
00:16Alain Pitous avec nous, Senior Advisor, sur toutes ces thématiques ESG.
00:19Bonjour Alain.
00:20Bonjour.
00:20On a des alertes aussi sur le crédit privé.
00:22Le crédit privé, c'est 3 400 milliards de dollars.
00:26C'est un gros marché, le crédit privé.
00:27Alors c'est quoi exactement et pourquoi ça devient brûlant ?
00:30Alors en fait, ce sont des prêts accordés à des entreprises.
00:34Et des prêts qui sont accordés non pas par des banques, mais par des fonds.
00:37Et en fait, c'est un marché qui a extrêmement progressé depuis une quinzaine d'années.
00:42C'est des actifs qui ont progressé de 15% par an.
00:45Donc ça attire forcément beaucoup de monde quand on a des évolutions de ce type-là.
00:50Donc beaucoup de grands acteurs qui se sont positionnés sur ce marché.
00:52Et en fait, c'est la crise de 2008 qui a généré ça.
00:55C'est-à-dire qu'en fait, les régulations ont empêché, ou plus ou moins ont limité un peu,
00:59le rôle des banques dans ce business.
01:01Et en fait, ce sont des fonds qui se sont mis à leur place.
01:03Et en particulier, on a les usual suspects habituelles.
01:06On a les BlackRock & Co qui se sont mis dans ce marché.
01:10Et on en parle pas mal en ce moment parce qu'arrivent quelques fissures,
01:14un peu à droite, à gauche, qui commencent à alerter pas mal d'investisseurs.
01:17Alors, est-ce que vous avez des chiffres précis ?
01:20Parce qu'on a vu quand même Blackstone, BlackRock,
01:23bon, prendre un petit peu la mesure de tout ça.
01:25Les cours de bourse ont pas mal baissé.
01:27Mais on n'a pas de chiffres précis pour dire,
01:32ouais, il y a un souci, ou là, il n'y a pas de souci.
01:34Alors en fait, ça commence à dater un petit peu.
01:37C'est-à-dire que ça a commencé en septembre 2025.
01:39Je ne sais pas si vous vous rappelez.
01:40On avait eu deux faillites qui avaient fait pas mal parler.
01:42C'était Tricolore et First Brand.
01:44C'est des entreprises qui travaillent dans le monde de l'automobile.
01:47Enfin, plus ou moins, dans la ligne métier de l'automobile.
01:50En 2025, encore en novembre, on a eu BlackRock
01:53qui a eu un problème sur un de ses emprunts privés.
01:57Et à tel point qu'ils ont renoncé à leurs frais de gestion.
02:00Ce qui est quand même sacrilège dans une boîte comme ça,
02:02renoncer à ses frais de gestion.
02:04C'est assez historique, c'est assez rare.
02:06Donc, ils avaient quand même dû faire quelques bêtises sur ce prêt.
02:09En fait, il a été mis à zéro il y a quelques semaines.
02:12En trois mois, il a été balayé.
02:14Encore en 2026, encore BlackRock
02:17qui avait attribué un prêt sur la base de fausses factures.
02:19Bon, ça, c'est quand même pas terrible non plus.
02:21Et puis, plus récemment, des fonds, des gros fonds,
02:25Blackstone, BlackRock, et là, on ne parle plus de petites boîtes,
02:28qui ont eu des problèmes pour faire face à des retraits
02:31et qui ont bloqué ces retraits
02:34pour empêcher que les sorties viennent perturber
02:37la gestion de ce genre de fonds
02:39qui est une gestion très long terme.
02:42Et en fait, avoir des sorties est très pénalisant
02:43pour les porteurs du fonds.
02:45Donc, généralement, quand ça commence à être un peu gros,
02:48ils arrêtent les sorties.
02:49Alors, voilà, ces alertes sur la dette privée.
02:52BlackRock qui a bloqué les retraits
02:54sur un fonds Evergreen
02:55qui promet une semi-liquidité.
02:58Semi-liquidité.
02:59Mais non, mais je suis désolé.
03:00Ils ne font que respecter le contrat.
03:01BlackRock, c'est écrit dans le contrat
03:03que la liquidité n'est pas complète.
03:04Et le but, justement, bloquer les retraits,
03:07au-delà de 5% de retrait,
03:08c'est justement de préserver les performances du fonds.
03:11Donc, on respecte le contrat
03:13et on préserve les performances.
03:14Où est le problème, là ?
03:15Ça prouve que le truc fonctionne, tout simplement.
03:16Oui, alors, ça prouve que ça fonctionne.
03:18Mais en même temps, si vous voulez, il y a deux choses.
03:19C'est-à-dire que la première chose, effectivement,
03:21ils sont tout à fait dans leur droit de faire ça.
03:23Je suis investisseur avec de l'argent dans ce fonds.
03:25Je suis plutôt rassuré de savoir
03:26qu'il ne va pas y avoir une vague de retraits massifs
03:28qui va aggrover mes performances.
03:29Le contrat est respecté.
03:30Le problème, c'est que, pour vous, investisseurs avertis,
03:34on va dire que vous avez bien regardé en détail
03:36tout ce qui vous a été vendu.
03:37Mais la plupart du temps,
03:38ce n'est pas comme ça que ça se passe.
03:39C'est-à-dire qu'on vous promet un rendement
03:41et puis on vous promet un rendement
03:44sur un actif qui n'est pas liquide en réalité.
03:46C'est-à-dire qu'en fait, c'est ça le sujet.
03:48C'est toujours ce décalage
03:50entre la promesse et la réalité.
03:52C'est-à-dire que c'est comme si vous vendez un fonds garanti
03:53et puis qu'au bout de dernier moment,
03:55on vous dit que finalement, vous n'avez pas regardé la notice.
03:57Dans le cas exceptionnel Bidule,
03:58vous n'avez que 80% de votre capital qui est remboursé.
04:03C'est ce genre de choses qui peuvent arriver.
04:05Vous croyez que dans des placements aussi techniques,
04:07il y a des gens qui se font avoir ?
04:08Les institutionnels, non.
04:10Ce n'est pas grand public du tout.
04:11Justement, c'est ça le problème.
04:13C'est le deuxième problème de ce type de fonds.
04:14C'est que, bien évidemment, au départ,
04:17les gens qui ont transféré leurs activités de la banque
04:20via des fonds, d'ailleurs, parfois,
04:22et assez souvent, d'ailleurs,
04:23on en reparlera peut-être,
04:24c'est les banques qui ont aidé à financer des fonds.
04:27Donc, on a juste transféré le risque.
04:30Et en fait, ces investisseurs-là,
04:32il n'y a pas de sujet avec eux.
04:33D'ailleurs, ils n'ont pas un problème de liquidité
04:34parce que, bien souvent,
04:35ils prévoient eux-mêmes de rester dans le fonds
04:37quoi qu'il arrive.
04:38Et ils mettent une somme limitée dans ce type de fonds.
04:41Par contre, le problème,
04:42c'est quand on vous vend quelque chose
04:43avec une promesse de rendement élevé,
04:45de promesse de liquidité,
04:46et que pour un aléa quelconque,
04:48parce que vous avez mal calibré votre passif,
04:50en fait, votre relation actif-passif,
04:52vous vous retrouvez à devoir sortir,
04:54parce que vous êtes un peu stressé
04:56avec les évolutions,
04:57vous vous retrouvez avec une promesse
04:59qui n'est pas réalisée.
05:01C'est ça, le sujet.
05:02Et ça a été pas mal vendu depuis 2-3 ans
05:04à d'abord du private banking,
05:08des grands clients,
05:09et puis de plus en plus à des produits
05:11qui se sont adressés à des intermédiaires
05:14qui n'ont pas forcément prévenu leurs clients.
05:16Vous voyez, c'est un peu ça, le sujet.
05:17Quand le fonds est en face de son client,
05:19il lui explique bien,
05:20mais quand ça passe par des conseillers,
05:21il peut y avoir à un moment donné
05:22où il y a un décalage entre la promesse
05:24et la réalité.
05:25C'est ça le sujet aujourd'hui dans ce type de fonds.
05:26Voilà, et là le sujet,
05:27c'est que ça vient de BlackRock,
05:28l'un des plus gros systèmes.
05:30Vous avez vu ce nouvel indicateur
05:32aussi que beaucoup d'investisseurs,
05:33d'ailleurs, désormais apprennent à voir,
05:34c'est le PIC-P-I-K
05:36qu'il faut apprendre à suivre.
05:37C'est quoi et pourquoi son évolution
05:38est importante ?
05:39J'adore ce genre de choses
05:41parce que c'est des choses
05:42qu'on ne suivait absolument pas
05:43il y a quelques mois.
05:44Puis on va se retrouver à suivre ça
05:45de manière,
05:46c'est le genre de vendredi à 14h30,
05:48on va se retrouver à suivre ça.
05:49C'est le Payment in Kind.
05:51Alors en fait, au départ,
05:52c'est remboursement,
05:54au lieu de le rembourser en financier,
05:56vous le remboursez en service
05:57ou en nature.
06:02Voilà, c'est ça, je cherchais le mot.
06:03Non, mais c'est...
06:04Je ne savais pas que c'était possible.
06:06Mais sur des petits emprunts,
06:08pourquoi pas ?
06:08Je veux dire, tout est possible,
06:09c'est contractuel.
06:10Mais là, en fait,
06:11le Payment in Kind,
06:11c'est quoi ?
06:12En fait, c'est...
06:13Vous n'arrivez pas à rembourser 1 million
06:15parce que vos intérêts,
06:16vous n'arrivez pas à les rembourser.
06:17Au lieu de devoir...
06:18Vous avez emprunté 10 millions,
06:19vous devez 1 million par an,
06:20je caricature.
06:22Au lieu de rembourser 1 million
06:23que vous n'arrivez pas à rembourser
06:24de payer les intérêts du prêt,
06:27vous remboursez 11 millions à la fin.
06:29Alors en fait,
06:30il y a des cas où ça ne va pas poser de problème,
06:32mais il y a aussi des cas
06:33où ça traduit quand même
06:34une nouvelle fragilité.
06:35Et alors donc, ce PIK,
06:37ce pic,
06:38il est passé gentiment
06:39de 2-3% il y a quelque temps
06:40à 5-6%
06:41depuis quelques semaines.
06:44Et c'est une alerte quand même
06:45assez importante.
06:46Même chose sur les défauts,
06:47c'est-à-dire qu'en fait,
06:48bon, les défauts,
06:49on les suit plus traditionnellement.
06:51Les défauts, pareil,
06:52ils ont quasiment doublé
06:53depuis la période Covid.
06:55C'est-à-dire qu'en fait,
06:55on est passé de taux de défaut
06:57dans ce genre de prêt
06:59à de 4% à 8% de taux de défaut.
07:02Ça aussi, c'est la tendance
07:03qui n'est pas très bonne.
07:04Alors c'est relatif à une économie
07:05qui est un peu moins bonne
07:06sur ce type d'acteur.
07:07En fait, c'est quand même
07:08quelque chose d'assez significatif
07:10à suivre.
07:11Voilà, donc ça,
07:11c'est des indicateurs
07:12que je pense qu'il va falloir
07:13s'habituer à suivre
07:14dans les semaines qui viennent.
07:16PIC, PIC, acclimatez-vous.
07:18On parle de 2008,
07:19d'un risque comparable à 2008
07:20avec ces signaux
07:21sur le marché de la dette privée.
07:22Est-ce que c'est vraiment comparable
07:24ou est-ce qu'on est dans la surenchère,
07:25dans les vendeurs de peur
07:26en quelque sorte ?
07:27Oui, alors, je n'aime pas trop
07:29les comparaisons
07:30parce que les montants
07:31sont quand même plus faibles
07:33dans ce type d'activité.
07:34Mais il y a quand même
07:35des choses qui y ressemblent.
07:36C'est-à-dire qu'en fait,
07:37la première chose qui ressemble,
07:39c'est l'argent facile.
07:40C'est-à-dire qu'en fait,
07:41pendant des années,
07:43on s'est retrouvé avec des placements
07:45qui rapportaient beaucoup
07:47parce qu'en fait,
07:48vous mutualisez des emprunts
07:50qui rapportent pas mal.
07:52Et puis, vous avez un taux de défaut,
07:53c'est compris dans le chiffre
07:55que vous annoncez.
07:56Et puis, vous avez des porteurs
07:57qui se retrouvent
07:58avec des rendements importants
08:01et des prêteurs
08:02qui se retrouvent aussi
08:03avec une facilité,
08:04une souplesse plus importante
08:05qu'avec les banques.
08:06Donc, il y avait vraiment
08:07cette notion,
08:09je mets toujours entre guillemets,
08:10d'argent facile.
08:11Donc, ça, on se retrouve quand même,
08:12c'est quelque chose
08:13qu'on retrouve avec la période de 2007
08:16où Bernd Ben Anki disait quand même,
08:19c'est une phrase
08:19qui est quand même restée célèbre,
08:21le subprime est contenu.
08:22Bon, on sait ce qu'il en a été.
08:24Et aujourd'hui,
08:25on entend quand même pas mal
08:25que le crédit privé
08:27est contenu également.
08:28Donc, rien que ça,
08:30ce n'est pas des choses...
08:30Si on a besoin de le dire,
08:31c'est vrai.
08:32Voilà.
08:33Bon, alors par contre,
08:34effectivement,
08:35la grosse différence,
08:36c'est qu'en 2008,
08:38le risque était concentré
08:39dans les banques.
08:40Alors, je dis concentré
08:41et en même temps,
08:41ça pouvait être très concentré
08:42dans certaines banques
08:43qui donc, quand les seuils primes
08:45ont commencé à avoir des problèmes,
08:46se sont retrouvées
08:46avec tous les problèmes
08:47d'un seul coup.
08:48Là, on n'a quand même
08:49pas la même chose.
08:50Donc, c'est quand même
08:51quelque chose
08:52qui est beaucoup plus réparti
08:53dans des fonds,
08:54dans des véhicules
08:55qui sont semi-liquides
08:56un peu partout.
08:57Alors, si vous voulez,
08:58c'est toujours la même chose.
08:59Est-ce qu'il vaut mieux
09:01quelques accidents ponctuels
09:02dans des structures
09:03qui peuvent les absorber
09:04ou quelque chose
09:05qui se dilue
09:06dans beaucoup de fonds ?
09:07En tout cas,
09:07c'est quand même pour montrer
09:08qu'il y a quand même
09:09une grosse différence.
09:10Avec 2008,
09:11on n'a pas du tout
09:11cette concentration
09:12chez un seul type d'acteur.
09:14Par contre,
09:14il ne faut pas négliger
09:15le fait que les banques
09:16sont dans la boucle
09:17puisque bien souvent,
09:18c'est elles qui ont amorcé
09:20des fonds
09:21pour prêter de l'argent
09:22aux fonds
09:23qui ont eux-mêmes
09:23prêté de l'argent
09:24à des petites boîtes.
09:26Donc, on est quand même
09:27avec quelque chose
09:28qui n'est pas terrible.
09:29Et alors, l'autre point
09:30que je n'aime pas du tout,
09:31c'est quelque chose
09:32que je déteste
09:33quand on a des actifs
09:35placés dans des fonds,
09:36c'est l'opacité
09:37des valorisations.
09:38C'est-à-dire qu'en fait,
09:39bien souvent,
09:40comme c'est très difficile
09:41de valoriser ce genre de crédit,
09:43les promoteurs des fonds,
09:45sur des fonds fermés,
09:46ne s'embêtent pas,
09:47ils laissent ça valoriser à 100.
09:48Et puis, le coupon tombe
09:49et puis tout le monde est content.
09:51Et à la fin,
09:51on ressort son capital
09:53parce qu'on a eu des intérêts
09:54pendant toute la vie du fonds.
09:57Le problème,
09:58c'est que quand il commence
09:59à y avoir des accidents,
10:00c'est là qu'on se retrouve
10:01avec directement
10:02un passage assez binaire
10:03de 100 à 0.
10:05On n'a pas du tout
10:06ce phénomène d'amortisseur
10:07au fil du temps.
10:08Et ça, moi,
10:09je pense que c'est un vrai sujet
10:10parce que, bien évidemment,
10:13quand vous êtes vraiment
10:14sous tension,
10:15vous faites vraiment
10:15extrêmement attention
10:16aux crédits
10:16et aux prêts
10:17que vous allez faire.
10:17mais quand vous recevez
10:18énormément d'argent
10:19qui arrive des institutionnels,
10:22de la banque privée,
10:23du retail,
10:24c'est naturel.
10:26Les contraintes diminuent
10:28et les contraintes de risque
10:29diminuent
10:29et vous vous retrouvez
10:30à prêter de l'argent
10:31à des entreprises
10:32qui ne pourraient pas
10:33normalement accéder au crédit.
10:35Donc, c'est quand même
10:36un sujet.
10:37Et ce problème de valorisation,
10:38on le voit,
10:39et puis c'est très rapide,
10:40ça passe directement
10:41de 100 à 0.
10:42C'est quand même un peu gênant.
10:44Là, au moins,
10:44on sera prévenus.
10:45C'est Alain Pitou
10:46qui nous alerte.
10:47Notre Pity,
10:47Alain Pitou !
10:48Voilà, Alain Pitou.
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