00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:07Ensemble jusqu'à 18h, c'est notre mission, notre promesse.
00:10Et pendant que les marchés s'interrogent sur ce conflit au Moyen-Orient,
00:12d'autres signaux négatifs émergent.
00:14Il ne faudrait pas complètement ignorer ces autres signaux négatifs.
00:16Alain Pitous avec nous, Senior Advisor, sur toutes ces thématiques ESG.
00:19Bonjour Alain.
00:20Bonjour.
00:20On a des alertes aussi sur le crédit privé.
00:22Le crédit privé, c'est 3 400 milliards de dollars.
00:26C'est un gros marché, le crédit privé.
00:27Alors c'est quoi exactement et pourquoi ça devient brûlant ?
00:30Alors en fait, ce sont des prêts accordés à des entreprises.
00:34Et des prêts qui sont accordés non pas par des banques, mais par des fonds.
00:37Et en fait, c'est un marché qui a extrêmement progressé depuis une quinzaine d'années.
00:42C'est des actifs qui ont progressé de 15% par an.
00:45Donc ça attire forcément beaucoup de monde quand on a des évolutions de ce type-là.
00:50Donc beaucoup de grands acteurs qui se sont positionnés sur ce marché.
00:52Et en fait, c'est la crise de 2008 qui a généré ça.
00:55C'est-à-dire qu'en fait, les régulations ont empêché, ou plus ou moins ont limité un peu,
00:59le rôle des banques dans ce business.
01:01Et en fait, ce sont des fonds qui se sont mis à leur place.
01:03Et en particulier, on a les usual suspects habituelles.
01:06On a les BlackRock & Co qui se sont mis dans ce marché.
01:10Et on en parle pas mal en ce moment parce qu'arrivent quelques fissures,
01:14un peu à droite, à gauche, qui commencent à alerter pas mal d'investisseurs.
01:17Alors, est-ce que vous avez des chiffres précis ?
01:20Parce qu'on a vu quand même Blackstone, BlackRock,
01:23bon, prendre un petit peu la mesure de tout ça.
01:25Les cours de bourse ont pas mal baissé.
01:27Mais on n'a pas de chiffres précis pour dire,
01:32ouais, il y a un souci, ou là, il n'y a pas de souci.
01:34Alors en fait, ça commence à dater un petit peu.
01:37C'est-à-dire que ça a commencé en septembre 2025.
01:39Je ne sais pas si vous vous rappelez.
01:40On avait eu deux faillites qui avaient fait pas mal parler.
01:42C'était Tricolore et First Brand.
01:44C'est des entreprises qui travaillent dans le monde de l'automobile.
01:47Enfin, plus ou moins, dans la ligne métier de l'automobile.
01:50En 2025, encore en novembre, on a eu BlackRock
01:53qui a eu un problème sur un de ses emprunts privés.
01:57Et à tel point qu'ils ont renoncé à leurs frais de gestion.
02:00Ce qui est quand même sacrilège dans une boîte comme ça,
02:02renoncer à ses frais de gestion.
02:04C'est assez historique, c'est assez rare.
02:06Donc, ils avaient quand même dû faire quelques bêtises sur ce prêt.
02:09En fait, il a été mis à zéro il y a quelques semaines.
02:12En trois mois, il a été balayé.
02:14Encore en 2026, encore BlackRock
02:17qui avait attribué un prêt sur la base de fausses factures.
02:19Bon, ça, c'est quand même pas terrible non plus.
02:21Et puis, plus récemment, des fonds, des gros fonds,
02:25Blackstone, BlackRock, et là, on ne parle plus de petites boîtes,
02:28qui ont eu des problèmes pour faire face à des retraits
02:31et qui ont bloqué ces retraits
02:34pour empêcher que les sorties viennent perturber
02:37la gestion de ce genre de fonds
02:39qui est une gestion très long terme.
02:42Et en fait, avoir des sorties est très pénalisant
02:43pour les porteurs du fonds.
02:45Donc, généralement, quand ça commence à être un peu gros,
02:48ils arrêtent les sorties.
02:49Alors, voilà, ces alertes sur la dette privée.
02:52BlackRock qui a bloqué les retraits
02:54sur un fonds Evergreen
02:55qui promet une semi-liquidité.
02:58Semi-liquidité.
02:59Mais non, mais je suis désolé.
03:00Ils ne font que respecter le contrat.
03:01BlackRock, c'est écrit dans le contrat
03:03que la liquidité n'est pas complète.
03:04Et le but, justement, bloquer les retraits,
03:07au-delà de 5% de retrait,
03:08c'est justement de préserver les performances du fonds.
03:11Donc, on respecte le contrat
03:13et on préserve les performances.
03:14Où est le problème, là ?
03:15Ça prouve que le truc fonctionne, tout simplement.
03:16Oui, alors, ça prouve que ça fonctionne.
03:18Mais en même temps, si vous voulez, il y a deux choses.
03:19C'est-à-dire que la première chose, effectivement,
03:21ils sont tout à fait dans leur droit de faire ça.
03:23Je suis investisseur avec de l'argent dans ce fonds.
03:25Je suis plutôt rassuré de savoir
03:26qu'il ne va pas y avoir une vague de retraits massifs
03:28qui va aggrover mes performances.
03:29Le contrat est respecté.
03:30Le problème, c'est que, pour vous, investisseurs avertis,
03:34on va dire que vous avez bien regardé en détail
03:36tout ce qui vous a été vendu.
03:37Mais la plupart du temps,
03:38ce n'est pas comme ça que ça se passe.
03:39C'est-à-dire qu'on vous promet un rendement
03:41et puis on vous promet un rendement
03:44sur un actif qui n'est pas liquide en réalité.
03:46C'est-à-dire qu'en fait, c'est ça le sujet.
03:48C'est toujours ce décalage
03:50entre la promesse et la réalité.
03:52C'est-à-dire que c'est comme si vous vendez un fonds garanti
03:53et puis qu'au bout de dernier moment,
03:55on vous dit que finalement, vous n'avez pas regardé la notice.
03:57Dans le cas exceptionnel Bidule,
03:58vous n'avez que 80% de votre capital qui est remboursé.
04:03C'est ce genre de choses qui peuvent arriver.
04:05Vous croyez que dans des placements aussi techniques,
04:07il y a des gens qui se font avoir ?
04:08Les institutionnels, non.
04:10Ce n'est pas grand public du tout.
04:11Justement, c'est ça le problème.
04:13C'est le deuxième problème de ce type de fonds.
04:14C'est que, bien évidemment, au départ,
04:17les gens qui ont transféré leurs activités de la banque
04:20via des fonds, d'ailleurs, parfois,
04:22et assez souvent, d'ailleurs,
04:23on en reparlera peut-être,
04:24c'est les banques qui ont aidé à financer des fonds.
04:27Donc, on a juste transféré le risque.
04:30Et en fait, ces investisseurs-là,
04:32il n'y a pas de sujet avec eux.
04:33D'ailleurs, ils n'ont pas un problème de liquidité
04:34parce que, bien souvent,
04:35ils prévoient eux-mêmes de rester dans le fonds
04:37quoi qu'il arrive.
04:38Et ils mettent une somme limitée dans ce type de fonds.
04:41Par contre, le problème,
04:42c'est quand on vous vend quelque chose
04:43avec une promesse de rendement élevé,
04:45de promesse de liquidité,
04:46et que pour un aléa quelconque,
04:48parce que vous avez mal calibré votre passif,
04:50en fait, votre relation actif-passif,
04:52vous vous retrouvez à devoir sortir,
04:54parce que vous êtes un peu stressé
04:56avec les évolutions,
04:57vous vous retrouvez avec une promesse
04:59qui n'est pas réalisée.
05:01C'est ça, le sujet.
05:02Et ça a été pas mal vendu depuis 2-3 ans
05:04à d'abord du private banking,
05:08des grands clients,
05:09et puis de plus en plus à des produits
05:11qui se sont adressés à des intermédiaires
05:14qui n'ont pas forcément prévenu leurs clients.
05:16Vous voyez, c'est un peu ça, le sujet.
05:17Quand le fonds est en face de son client,
05:19il lui explique bien,
05:20mais quand ça passe par des conseillers,
05:21il peut y avoir à un moment donné
05:22où il y a un décalage entre la promesse
05:24et la réalité.
05:25C'est ça le sujet aujourd'hui dans ce type de fonds.
05:26Voilà, et là le sujet,
05:27c'est que ça vient de BlackRock,
05:28l'un des plus gros systèmes.
05:30Vous avez vu ce nouvel indicateur
05:32aussi que beaucoup d'investisseurs,
05:33d'ailleurs, désormais apprennent à voir,
05:34c'est le PIC-P-I-K
05:36qu'il faut apprendre à suivre.
05:37C'est quoi et pourquoi son évolution
05:38est importante ?
05:39J'adore ce genre de choses
05:41parce que c'est des choses
05:42qu'on ne suivait absolument pas
05:43il y a quelques mois.
05:44Puis on va se retrouver à suivre ça
05:45de manière,
05:46c'est le genre de vendredi à 14h30,
05:48on va se retrouver à suivre ça.
05:49C'est le Payment in Kind.
05:51Alors en fait, au départ,
05:52c'est remboursement,
05:54au lieu de le rembourser en financier,
05:56vous le remboursez en service
05:57ou en nature.
06:02Voilà, c'est ça, je cherchais le mot.
06:03Non, mais c'est...
06:04Je ne savais pas que c'était possible.
06:06Mais sur des petits emprunts,
06:08pourquoi pas ?
06:08Je veux dire, tout est possible,
06:09c'est contractuel.
06:10Mais là, en fait,
06:11le Payment in Kind,
06:11c'est quoi ?
06:12En fait, c'est...
06:13Vous n'arrivez pas à rembourser 1 million
06:15parce que vos intérêts,
06:16vous n'arrivez pas à les rembourser.
06:17Au lieu de devoir...
06:18Vous avez emprunté 10 millions,
06:19vous devez 1 million par an,
06:20je caricature.
06:22Au lieu de rembourser 1 million
06:23que vous n'arrivez pas à rembourser
06:24de payer les intérêts du prêt,
06:27vous remboursez 11 millions à la fin.
06:29Alors en fait,
06:30il y a des cas où ça ne va pas poser de problème,
06:32mais il y a aussi des cas
06:33où ça traduit quand même
06:34une nouvelle fragilité.
06:35Et alors donc, ce PIK,
06:37ce pic,
06:38il est passé gentiment
06:39de 2-3% il y a quelque temps
06:40à 5-6%
06:41depuis quelques semaines.
06:44Et c'est une alerte quand même
06:45assez importante.
06:46Même chose sur les défauts,
06:47c'est-à-dire qu'en fait,
06:48bon, les défauts,
06:49on les suit plus traditionnellement.
06:51Les défauts, pareil,
06:52ils ont quasiment doublé
06:53depuis la période Covid.
06:55C'est-à-dire qu'en fait,
06:55on est passé de taux de défaut
06:57dans ce genre de prêt
06:59à de 4% à 8% de taux de défaut.
07:02Ça aussi, c'est la tendance
07:03qui n'est pas très bonne.
07:04Alors c'est relatif à une économie
07:05qui est un peu moins bonne
07:06sur ce type d'acteur.
07:07En fait, c'est quand même
07:08quelque chose d'assez significatif
07:10à suivre.
07:11Voilà, donc ça,
07:11c'est des indicateurs
07:12que je pense qu'il va falloir
07:13s'habituer à suivre
07:14dans les semaines qui viennent.
07:16PIC, PIC, acclimatez-vous.
07:18On parle de 2008,
07:19d'un risque comparable à 2008
07:20avec ces signaux
07:21sur le marché de la dette privée.
07:22Est-ce que c'est vraiment comparable
07:24ou est-ce qu'on est dans la surenchère,
07:25dans les vendeurs de peur
07:26en quelque sorte ?
07:27Oui, alors, je n'aime pas trop
07:29les comparaisons
07:30parce que les montants
07:31sont quand même plus faibles
07:33dans ce type d'activité.
07:34Mais il y a quand même
07:35des choses qui y ressemblent.
07:36C'est-à-dire qu'en fait,
07:37la première chose qui ressemble,
07:39c'est l'argent facile.
07:40C'est-à-dire qu'en fait,
07:41pendant des années,
07:43on s'est retrouvé avec des placements
07:45qui rapportaient beaucoup
07:47parce qu'en fait,
07:48vous mutualisez des emprunts
07:50qui rapportent pas mal.
07:52Et puis, vous avez un taux de défaut,
07:53c'est compris dans le chiffre
07:55que vous annoncez.
07:56Et puis, vous avez des porteurs
07:57qui se retrouvent
07:58avec des rendements importants
08:01et des prêteurs
08:02qui se retrouvent aussi
08:03avec une facilité,
08:04une souplesse plus importante
08:05qu'avec les banques.
08:06Donc, il y avait vraiment
08:07cette notion,
08:09je mets toujours entre guillemets,
08:10d'argent facile.
08:11Donc, ça, on se retrouve quand même,
08:12c'est quelque chose
08:13qu'on retrouve avec la période de 2007
08:16où Bernd Ben Anki disait quand même,
08:19c'est une phrase
08:19qui est quand même restée célèbre,
08:21le subprime est contenu.
08:22Bon, on sait ce qu'il en a été.
08:24Et aujourd'hui,
08:25on entend quand même pas mal
08:25que le crédit privé
08:27est contenu également.
08:28Donc, rien que ça,
08:30ce n'est pas des choses...
08:30Si on a besoin de le dire,
08:31c'est vrai.
08:32Voilà.
08:33Bon, alors par contre,
08:34effectivement,
08:35la grosse différence,
08:36c'est qu'en 2008,
08:38le risque était concentré
08:39dans les banques.
08:40Alors, je dis concentré
08:41et en même temps,
08:41ça pouvait être très concentré
08:42dans certaines banques
08:43qui donc, quand les seuils primes
08:45ont commencé à avoir des problèmes,
08:46se sont retrouvées
08:46avec tous les problèmes
08:47d'un seul coup.
08:48Là, on n'a quand même
08:49pas la même chose.
08:50Donc, c'est quand même
08:51quelque chose
08:52qui est beaucoup plus réparti
08:53dans des fonds,
08:54dans des véhicules
08:55qui sont semi-liquides
08:56un peu partout.
08:57Alors, si vous voulez,
08:58c'est toujours la même chose.
08:59Est-ce qu'il vaut mieux
09:01quelques accidents ponctuels
09:02dans des structures
09:03qui peuvent les absorber
09:04ou quelque chose
09:05qui se dilue
09:06dans beaucoup de fonds ?
09:07En tout cas,
09:07c'est quand même pour montrer
09:08qu'il y a quand même
09:09une grosse différence.
09:10Avec 2008,
09:11on n'a pas du tout
09:11cette concentration
09:12chez un seul type d'acteur.
09:14Par contre,
09:14il ne faut pas négliger
09:15le fait que les banques
09:16sont dans la boucle
09:17puisque bien souvent,
09:18c'est elles qui ont amorcé
09:20des fonds
09:21pour prêter de l'argent
09:22aux fonds
09:23qui ont eux-mêmes
09:23prêté de l'argent
09:24à des petites boîtes.
09:26Donc, on est quand même
09:27avec quelque chose
09:28qui n'est pas terrible.
09:29Et alors, l'autre point
09:30que je n'aime pas du tout,
09:31c'est quelque chose
09:32que je déteste
09:33quand on a des actifs
09:35placés dans des fonds,
09:36c'est l'opacité
09:37des valorisations.
09:38C'est-à-dire qu'en fait,
09:39bien souvent,
09:40comme c'est très difficile
09:41de valoriser ce genre de crédit,
09:43les promoteurs des fonds,
09:45sur des fonds fermés,
09:46ne s'embêtent pas,
09:47ils laissent ça valoriser à 100.
09:48Et puis, le coupon tombe
09:49et puis tout le monde est content.
09:51Et à la fin,
09:51on ressort son capital
09:53parce qu'on a eu des intérêts
09:54pendant toute la vie du fonds.
09:57Le problème,
09:58c'est que quand il commence
09:59à y avoir des accidents,
10:00c'est là qu'on se retrouve
10:01avec directement
10:02un passage assez binaire
10:03de 100 à 0.
10:05On n'a pas du tout
10:06ce phénomène d'amortisseur
10:07au fil du temps.
10:08Et ça, moi,
10:09je pense que c'est un vrai sujet
10:10parce que, bien évidemment,
10:13quand vous êtes vraiment
10:14sous tension,
10:15vous faites vraiment
10:15extrêmement attention
10:16aux crédits
10:16et aux prêts
10:17que vous allez faire.
10:17mais quand vous recevez
10:18énormément d'argent
10:19qui arrive des institutionnels,
10:22de la banque privée,
10:23du retail,
10:24c'est naturel.
10:26Les contraintes diminuent
10:28et les contraintes de risque
10:29diminuent
10:29et vous vous retrouvez
10:30à prêter de l'argent
10:31à des entreprises
10:32qui ne pourraient pas
10:33normalement accéder au crédit.
10:35Donc, c'est quand même
10:36un sujet.
10:37Et ce problème de valorisation,
10:38on le voit,
10:39et puis c'est très rapide,
10:40ça passe directement
10:41de 100 à 0.
10:42C'est quand même un peu gênant.
10:44Là, au moins,
10:44on sera prévenus.
10:45C'est Alain Pitou
10:46qui nous alerte.
10:47Notre Pity,
10:47Alain Pitou !
10:48Voilà, Alain Pitou.
Commentaires