- il y a 2 jours
DB - 09-03-2026
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00:03Musique
00:29Alors mon poussin, tu trouves ?
00:31Mais, ah, tiens, voilà.
00:32Où passer un dimanche agréable à la page 9.
00:37Ça, c'est toujours pareil.
00:38Comment as-tu trouvé ma paille ?
00:40T'as quoi ?
00:41Ma paille, la crème en croûte.
00:42Ah, très bonne, excuse.
00:44Il y avait peut-être un peu trop de confiture de groseille sur la purée de pommes,
00:47mais je suppose qu'il doit en être ainsi.
00:49Mais bien sûr, c'est une recette anglaise que m'a donné mon ami Penny.
00:52Ah, ben, c'est pas étonnant qu'elle soit épouvantable.
00:54Oh, tu es injuste. Penny a une sorte de génie.
00:56Pour empoisonner son entourage, oui.
00:58Je ne comprends pas ce que tu lui trouves.
00:59Mais rien, justement. Elle manque de style.
01:02Mais pourtant, c'est elle qui crée le style new look de toutes les boutiques de Paris.
01:06C'est bien ce que je dis.
01:07Et Penny, elle fait fortune, elle au moins.
01:09Écoute, ma chérie, nous avons la chance de passer un dimanche tranquille,
01:13seuls, tous les deux.
01:14Alors, tâchons d'en profiter.
01:15Poire ou prune ?
01:17Tu as une façon désarmante de sauter du coquelin.
01:20Ah, je t'en supplie, mon chéri, plus de discours, des actes.
01:22Prune ou poire ? Western ou Mello ?
01:23Poire. Et pour les films, c'est toi qui vas choisir.
01:27Ah, voyons. Là, voilà.
01:29Le cave est dans la chenouf,
01:31Rafale à Rio, le FBI passe à l'attaque,
01:34les marines débarquent
01:35et la vendetta du samouraï.
01:36Ça, ça va peut-être quelque chose, hein ?
01:38Il est exquis, ton café.
01:39C'est-tu ce que tu es, mon poussin ?
01:40Non, quoi ?
01:41Chez toi, un sibarite, et dans ton bureau, un chevalier.
01:44Mais qui sait ?
01:45Peut-être un jour, tu rencontreras ta Matahari.
01:47Moi, je serai ta loyale assistante.
01:49Pour les filatures, je me déguiserai en souris d'hôtel.
01:51Non, écoute, Berthe, ma chérie, tu connais nos conventions.
01:54Tu ne dois te mêler en rien à mes affaires.
01:57Et pourtant, aujourd'hui même, mon poussin,
01:58je vais t'assister dans ton office
02:00en contemplant avec toi les travaux artistiques de tes subordonnés.
02:03Comment ?
02:04Comment ça ?
02:04Ah, oh là là, c'est le salon.
02:06C'est aujourd'hui ?
02:06Mais oui, à 14 heures.
02:09Salon de peinture de la police,
02:10oeuvre nouvelle, entrée libre.
02:12Ah, qu'est-ce que je ferais sans toi ?
02:14Mais des bêtises, mon poussin, comme tous les enfants.
02:16Et là, ce sont ces grands enfants-là
02:18qui nous captivent, nous autres femmes.
02:20Je cours un billet.
02:21Oui.
02:28C'est bon, c'est bon.
02:33Pousseux !
02:34Je ne trouve pas mes chaussures !
02:35Elles sont à la cuisine, dans le gueux frigidaire.
02:39Donc, tu trouves ça normal ?
02:41Mais oui, Agathe en a fait son armoire à tirage.
02:43Enfin, qu'est-ce qu'elle a, cette Agathe ?
02:4484 ans, mon poussin.
02:45Bébé, je peux en mettre en retard.
02:46Ah, tu penses à ce salon, il n'y a jamais personne.
02:48Ah, ben, heureusement.
02:49Car pour Bonnard, Picasso et tout en camon,
02:51on fait la queue pendant des heures,
02:52et qu'est-ce qu'on voit ?
02:52Des dos.
02:53Tandis qu'au salon de la police,
02:54on a tout le loisir d'un mur et d'étoiles.
02:56Tu te souviens, l'an dernier,
02:57le coucher de soleil du brigadier Mourgue ?
02:59C'était horrible.
03:00Horrible, mais sincère.
03:01Hélas.
03:02Où vas-tu ?
03:03Au frigidaire, mon chéri.
03:09Tu ne m'as rien dit, ma robe mentheau.
03:12Elle est parfaite.
03:13Ben, tu le diras, Penny,
03:14parce que c'est elle qui l'a coupée.
03:16Ah, ben, pour une fois, c'est réussi.
03:20Ça te choquerait si je m'habillais tout le temps chez elle ?
03:23Ben, moi, non, mais les autres, peut-être.
03:26Ah, voilà la vraie question.
03:28De qui sommes-nous, les femmes ?
03:29De nos donjons de mari ou du candidatote ?
03:32Ah, ben, des deux, sans doute.
03:34Tu vois, regarde mes chaussures.
03:35Elles sont très bien serrées du côté droit
03:36et pas du tout du côté gauche.
03:38Ah, ben, ça, c'est tout à fait normal.
03:39Le soleil valide d'Agathe est justement le droit.
03:42Ah, ben, avec ça, elles sont glacées.
03:44Oh, mon Dieu.
03:45Qu'est-ce qu'il y a ?
03:47L'ancienne prise de courant est à droite du frigidaire.
03:48Je parie qu'elle l'aura branchée.
03:49Oh, non, c'est plus possible.
03:51D'habitude, on prend sa retraite à 65 ans.
03:53Ben, pas forcément, regarde Churchill.
03:55Churchill ?
03:56Ah oui, c'est vrai, Agathe n'a jamais sauvé l'Angleterre
03:57et elle a l'horreur des cigares.
03:59Mais si tu crois que je vais introduire dans la biagerie
04:01une petite bonne scandinave d'aide familiale
04:03en échange du couvert et du gîte,
04:05là, mon poussin, tu te leurres.
04:07Qu'est-ce que tu vas chercher ?
04:08Mais demande-en une à Penny.
04:09Ah oui, une jeune étudiante en mini-quilt.
04:11Pas question, commissaire.
04:14Vous êtes trop séduisant.
04:16Emberte.
04:44Oui, je t'avais dit que c'était bien.
04:47Il a tous les talents, tu sais.
04:48Avec l'eau, comme ça.
04:49Et je pêche le moulin au bord de l'eau.
04:53Oh, mais qu'est-ce que vous avez dit ?
04:54C'est un poutin, on va voir le bouton.
04:57À tout à l'heure.
04:58À tout de suite.
04:59Alors, voilà, je suis à...
05:01Oh, c'est très original, regarde, il a coupé les...
05:03C'est pas original, c'est le tour de Notre-Dame.
05:05Eh ben, c'est pas original.
05:06Non, mon cher.
05:07Moi, je trouve ça très amusant.
05:08C'est amusant, mais enfin, c'est très joli.
05:10Oui, c'est ça.
05:11Très, très joli.
05:11Alors là, tu as...
05:12Ah, ça a une presse.
05:15Ah, c'est à vous ?
05:16Oui, c'est...
05:17Ah, c'est très joli.
05:19Très joli.
05:19Merci, c'est très émane.
05:21Alors, dis-toi bien que...
05:23Ah, tout à fait.
05:25Marquillage.
05:27Ah, c'est celui que je préfère.
05:28Ah, ça, c'est...
05:29Qu'est-ce qu'il y a ?
05:31Qu'est-ce que c'est ?
05:31Je téléphone.
05:33Oui, s'il vous plaît, téléphonez.
05:34Oh, mais les chambres.
05:35Oui, s'il vous plaît, téléphonez.
05:36Il y a pas un docteur.
05:37Est-ce qu'on peut faire quelque chose ?
05:39Il n'y a pas un divan ou quelque chose ?
05:41Ah, non.
05:42Il y a pas un docteur.
05:44Mais oui, je viens de le dire au gardien.
05:45Il a fait, il a fait.
05:49Il a fait.
05:50Elle a été oublié quelque chose.
05:52Non, mais ça arrive pas dans des endroits...
05:54Non, puis l'odeur...
05:54Oui, merci, s'il y avait...
05:55Non, l'odeur s'est sèche.
05:56Ça a été depuis longtemps, voyons.
05:58Ah, mais...
05:59Merci, merci.
06:00Mais rien, ça ira maintenant.
06:01Ça ira, je vous assure.
06:02Vous devriez quand même voir un médecin, mademoiselle.
06:04Madame.
06:05Non, mais le gardien a été téléphoné au docteur.
06:07C'est inutile.
06:08C'est dénisant, ça m'arrive fréquemment.
06:09Non, mais c'est pas une raison.
06:10Moi, n'insiste pas, mais...
06:11Oh, les hommes, vous savez...
06:14Merci de votre gentillesse.
06:15Mais ne vous inquiétez pas, mon mari est lui-même médecin.
06:17Ah bon, très bien.
06:18Pardon.
06:19Vous rentrez chez vous ?
06:20Naturellement.
06:21Vous avez une voiture ?
06:21Non, mais je prendrai un taxi.
06:23Mais non, un taxi un dimanche à ses orciers, vous n'en trouverez pas.
06:25Non, non, non, nous allons vous raccompagner.
06:27Oui, certainement.
06:27Oh, je ne voudrais pas, je suis confus, je voudrais pas vous déranger.
06:29Non, non, non, d'ailleurs, vous savez, j'habite à deux parts.
06:31Écoutez, nous allons en partir, alors ça ne peut absolument pas nous déranger.
06:34Absolument.
06:38Ma voiture est devant la porte, donc c'est la moindre des choses.
06:40Ça va mieux ?
06:40Attends, je vous téléphone demain.
06:42Vous avez une meilleure mime, hein, vous ?
06:43Non, meilleure mime, après.
06:44Oui, mais là, en fait...
06:47Oui.
06:48Bah, écoutez...
06:48Mais est-ce que vous le faites, c'est pas l'autre.
06:50Merci, merci, merci.
06:56Quelle adresse ?
06:58Prenez à droite, je vous arrêterai.
06:59Ah bon.
07:24Merci.
07:46Mais qu'est-ce que tu fais ?
07:47Chut !
07:48Tu vas voir.
07:49Mais enfin...
07:49Regarde.
07:57Ah, ça par exemple.
07:59Tu le savais ?
08:00Mais comment ?
08:02Le flair, hein ?
08:04Le flair, le sens de l'observation, c'est ça, un policier.
08:07Non, mais que cette jeune femme refuse de se laisser accompagner, passe encore.
08:11Mais ça avait l'air de la contrarier.
08:12Tu as remarqué quand j'ai demandé l'adresse ?
08:13Bien sûr, elle t'a indiqué le chemin, c'est normal.
08:15Mais pas du tout.
08:16On indique d'abord l'adresse quand on la connaît.
08:18Alors tu te doutais qu'elle allait t'arrêter devant la première maison acceptable ?
08:21Exactement.
08:22Et maintenant, tu vas la suivre pour savoir où elle va.
08:24Ah, mais je vais te laver, elle n'a commis aucun délit.
08:26Mais elle t'a menti.
08:27Et après, une jeune femme qui attend un bébé, elle se trouve mal,
08:30elle refuse de donner son nom et son adresse à des inconnus, c'est tout à fait normal, non ?
08:34Oui, d'accord, mais ça, comment le fais-tu ?
08:36Je ne sais pas, je ne le sens pas.
08:38Et tu en profites pour épater ta femme ?
08:39Mais pas du tout, pas du tout.
08:40Je voulais simplement vérifier mon intuition.
08:42Eh bien, félicitations, monsieur Sherlock Holmes.
08:45Mais recevez les miennes, chère madame.
08:47Oh, moi.
08:48Mais si, si, si.
08:48Vous avez fait preuve de beaucoup d'égout.
08:51Quand ça ?
08:52Ben, le jour où vous m'avez épousé.
08:55Oh, Manuel.
09:08Alors ?
09:09Ah ben alors, alors, alors.
09:10Les Champs-Elysées, c'est l'enfer.
09:12Pourtant, les Grecs, on avait fait leur paradis.
09:14Ah ben, là-haut, il n'est peut-être pas difficile de stationner, mais ici, regarde.
09:17Regarde, les pare-chocs se touchent.
09:19Je me souviens si ça existe, un Saint-Lambert.
09:22Oui, dans le 15e, c'est Bouvier qui est divisionnaire là-bas.
09:25Mon Poussin, je te parlais du ciel.
09:27Ah, pardon, mon chéri.
09:29Peux-tu que nous rentrions ?
09:30Non, attends, on peut stationner à Saint-Sulpice, devant un petit cinéma qui repasse de vieux classiques.
09:35Martial et Descartes d'entrée, on va retourner à la galerie pour les chercher.
09:39Très bien, mon Poussin.
09:40Ça me permettra de rebondre l'admirable en volée des frontières.
09:43Oh, tu es trop bonne.
09:44Profite-en.
09:50Enfin, tout ça est insensé.
09:51Voulez-vous vous expliquer ?
09:52Eh, constatez, monsieur le divisionnaire, moi, j'avais peint le pont d'Iéna.
09:56Ça n'a jamais été le pont d'Iéna, ça.
09:58En tout cas, ça n'est pas mon œuvre.
09:59C'est un fait, monsieur le divisionnaire.
10:01Le pont d'Iéna a disparu.
10:02Mais cette toile n'était pas là auparavant ?
10:04J'ai vérifié, monsieur le commissaire.
10:05Cette toile n'est pas sur nos listes.
10:07Je suis la secrétaire de monsieur Domaine.
10:09Ah, eh bien, voilà une jolie affaire pour le commissaire d'arrondissement landais.
10:13Mon cher, à vous de jouer.
10:16Je suppose que monsieur Domaine n'est pas là.
10:18Bon, alors, priez-le de passer au commissariat dès qu'il rentrera, hein ?
10:21Vous aussi, si vous voulez faire une déposition et porter plainte.
10:25Ah, pas si le coeur vous en dit.
10:26Oh, ben, comment ? Mon pont d'Iéna ?
10:29Mais moi, je l'ai vu, son pont d'Iéna, en arrivant tout à l'heure.
10:32C'est très beau.
10:32Mais oui, mais moi aussi, je l'ai vu.
10:33Mais en ressortant quelques minutes plus tard, j'ai vu l'autre horreur à sa place.
10:37Malheureusement, tout ça me frappe à retardement.
10:38Oui, mais ça, c'est normal.
10:39Non, je veux dire que cette petite garce nous a joué la comédie.
10:42Elle n'attend pas d'heureux événements.
10:43Elle a attiré l'attention sur elle pendant qu'un ou une complice détachait le tableau.
10:47Oh, que l'idée, une croûte sans valeur.
10:49Ben, à plus forte raison, qu'est-ce que ça cache ?
10:50Oh, tu trouveras plus ça, avec ton flair.
10:52Non, good bird, je veux pas, hein.
11:06Je suis là, Jean Grenier.
11:08Oui, et alors ?
11:10Mais le commissaire Lambert m'attend, je viens pour porter plainte.
11:13Ah, vous êtes le peintre du dimanche.
11:15Si vous voulez.
11:16Ben, dis donc, c'est complètement idiot ce qui vous arrive.
11:18Idiot, pourquoi ?
11:19Ça, c'est déjà vu, des tableaux volés.
11:21Ah oui, bien sûr.
11:22Bon, venez.
11:26Il croit que c'est arrivé, machin.
11:29Après tout, c'est son droit.
11:30Sur le lieu à voler, son tableau, c'est pas sans raison.
11:33Attention, souriez.
11:37Ben, celle-là, on la valera pas, hein.
11:41Voyons, quelle valeur attribuez-vous à ce tableau ?
11:44Le pont d'Yénard ?
11:47Entre la toile et les couleurs, ça va chercher de, dans les 27, 28 francs.
11:51Nouveau ?
11:52Nouveau, bien sûr.
11:54Les couleurs ont encore augmenté.
11:56Dites-moi, à votre avis, quel corps aurait voulu se venger de vous ?
12:01Une rivalité artistique.
12:04Vous savez, c'est ma première exposition.
12:06Non, non, le commissaire Francin voulait parler d'un ennemi dans notre métier.
12:11Nous sommes parfois amenés à nous ancrer dans le public.
12:15Ah non, non, non, ça, ça, il n'y a pas de danger.
12:16Ça fait quatre ans que j'ai été retiré de la circulation.
12:19Non, non, maintenant, je suis appariteur à la PJ, troisième étage, à l'IF.
12:22Alors, comment expliquez-vous le vol de votre pont d'Yénard ?
12:27Ma foi, concluez-vous-même, messieurs.
12:32Ah oui.
12:48Allô, Galerie de Laine.
12:51Oui ?
12:53Oui, madame.
12:56Dans une dizaine de jours.
13:00C'est pour une exposition.
13:08Voulez-vous me passer me voir à la galerie ?
13:11Oh, l'après-midi, oui.
13:14La semaine prochaine.
13:19D'accord.
13:21Au revoir, madame.
13:37Au revoir, madame.
13:39Domaine.
13:40C'est le directeur de la galerie.
13:42Qu'est-ce qu'il veut ?
13:43Il était tout excité, il a simplement dit, le pont d'Yénard est revenu.
13:47Bon, décidément, je fais notre tête.
13:48Bon, allons-y.
13:50Allez, on t'a retrouvé ton chef-d'oeuvre.
13:53Pas chialé, quoi.
13:54Bon, je pense que j'ai l'habitude.
13:56Bon.
13:56Bon, ça fait 40 ans que j'ai pas de chance, alors.
13:58Bon.
14:01Ah bah dis-donc, celui-là, il a pas lésiné sur les couleurs.
14:03Ah ouais ?
14:04Il a bien fallu au moins trois couches.
14:06Quoi ?
14:07Facile.
14:10C'est bon, ça.
14:23Vous êtes arrivé le premier ?
14:24Non, monsieur le commissaire, j'ai pris mon service il y a un quart d'heure, vingt minutes.
14:28Oui.
14:30Voyons, qui a ouvert la galerie ce matin ?
14:32Moi, monsieur le commissaire.
14:33Ah bon, et vous n'avez rien remarqué de spécial ?
14:36Non.
14:37D'ailleurs, je me suis arrêtée exprès.
14:38Le tableau représentant le Pont-Neuf était bien là.
14:40Au-dessus ou au-dessous ?
14:41Je ne saurais préciser.
14:43Mais hier, où était-il accroché ?
14:44Au-dessus, il n'a pas bougé.
14:45Si vous aviez suivi mon conseil, monsieur de Maine, vous auriez fait encadrer ces deux toiles.
14:49Le vol, il était moins facile.
14:51Mademoiselle de Guy Chaumont, vous saurez qu'au salon de la police, les cadres sont à la charge des exposants.
14:55D'ailleurs, qui aurait pu penser qu'une telle peinture puisse tenter un voleur, oui ?
14:59Un voleur, mais pourquoi pas une voleuse ?
15:03Avez-vous une raison pour dire cela ?
15:05Eh bien, le Pont-Neuf, on l'a apporté.
15:07Une toile qui se promène, ça se remarque.
15:09Il n'est venu qu'une personne hier avec un grand carton à dessin.
15:13Une femme ?
15:15Non, non, une jeune fille.
15:16Décrivez-la.
15:17Ma foi, la tête, je n'ai pas bien remarqué.
15:20Mais les jambes, seigneurs.
15:22Pas des jambes, des jambes.
15:25Oh, l'on dit, je t'en prie.
15:26Avez-vous revu cette personne après la disparition de la toile ?
15:29Ah, non.
15:29Et aujourd'hui ?
15:31Hélas, non.
15:33Et vous, M. Domen, quand êtes-vous arrivé ?
15:35Euh, dix minutes avant le gardien.
15:37Ah, bon.
15:38En somme, après l'ouverture, pendant une demi-heure environ, vous êtes resté seul dans la galerie de Nozelle.
15:43Comme tous les jours, M. le Commissaire.
15:45Des visiteurs ?
15:46Deux ou trois personnes, c'est surtout en fin d'après-midi que nous avons du monde.
15:49Et ces deux ou trois personnes n'avaient pas de carton à dessin ?
15:51Non, plutôt des bâtons blancs, M. le Commissaire.
15:54Et vous êtes resté là tout le temps ?
15:56Oui, pratiquement, j'en ai venu.
15:57À aucun moment.
15:59Vous ne vous êtes éloigné suffisamment de temps pour que l'on puisse opérer une substitution.
16:03Non.
16:05Quoique si, un coup de téléphone.
16:08Une personne qui voulait savoir les conditions pour une exposition.
16:10Une voix de femme, n'est-ce pas ?
16:12Oui, en effet.
16:14La même technique.
16:15Je ne vous suis pas, M. le Commissaire.
16:17Une jeune femme s'est évanouie l'après-midi.
16:19Et c'est juste après que le pont d'Yéna avait disparu.
16:22Voilà.
16:23L'une attire l'attention pendant que l'autre opère.
16:26Et ce matin, elle recommence.
16:28L'une téléphone pour attirer Mlle dans le bureau.
16:31L'autre entre tranquillement et fait l'échange des deux ponts.
16:34À en croire la rumeur publique, vous auriez personnellement ramené la complice.
16:39C'est exact.
16:40Alors, dans ces conditions, pourquoi n'avez-vous pas procédé à son arrestation ?
16:44Mais le vol n'était pas encore découvert, M. Domaine.
16:47C'est juste. Mais vous connaissez son adresse ?
16:49On n'arrête pas les gens sur de simples présomptions, M. Domaine.
16:53D'autre part, je ne connais pas son adresse.
16:54Vous l'avez pourtant ramené chez elle.
16:56Elle m'a conduit à un endroit où elle n'habite pas.
16:58Quoi ?
16:58Je m'en suis assuré.
17:00Oui ?
17:00Absolument.
17:01Ah !
17:02M. Domaine, je voudrais simplement savoir aujourd'hui si vous déposez une plainte.
17:07J'y suis bien obligé.
17:08Et je veux me prémunir contre toute poursuite.
17:10Vous êtes assuré ?
17:11Naturellement.
17:12D'ailleurs, le pont des Arts est vendu.
17:14Vendu à qui ?
17:15Ah, mademoiselle ?
17:17C'est une dame, elle n'a pas laissé son nom.
17:19Mais elle a payé comptant contre un reçu qui fait foi.
17:21Ah, mais décidément, c'est un gang de femmes.
17:23Vous ne croyez pas si bien dire, M. le commissaire.
17:25Car une autre femme encore, le jour du vernissage, est venue pour acheter le même tableau.
17:29C'est-à-dire hier ?
17:30C'est ça.
17:31Et la première acheteuse l'a acheté quelques minutes après l'ouverture de la galerie.
17:36Et la deuxième acheteuse est rentrée sur ses talons.
17:39Elle n'a pas non plus laissé son nom, bien sûr.
17:41Non.
17:41Donc, l'une et l'autre connaissaient l'existence de cette oeuvre et lui attribuaient une certaine valeur.
17:4650 francs nouveaux ?
17:47Oui, tout de même.
17:48Mademoiselle, qui est l'auteur de ce tableau vendu puis volé ?
17:52Voyons, le pont des Arts.
17:55Gardien de la Fécate de Vielle.
17:58Bon, M. Domaine, vous voudrez bien passer au commissariat pour y déposer votre flinte.
18:02Elle a signé, n'est-ce pas ?
18:03Quant à vous, M. Justin, je crois, c'est ça ?
18:06Un de mes collaborateurs se présentera à votre domicile, vous emmènera au Quai des Orfèvres.
18:10Voilà, on vous présentera une série de photographies et vous y reconnaîtrez peut-être la propriétaire des jambes qui vous
18:16ont tant impressionné.
18:18Dieu vous entende, M. le commissaire.
18:20Bon, et il faudra égale...
18:23Ça, alors ?
18:24Oui, il est signé Lambert.
18:26D'ailleurs, je croyais que cette oeuvre était de vous, M. le commissaire.
18:29Non, non, non, M. Domaine.
18:30Que mes collaborateurs s'amusent à jouer les Duffis passe encore.
18:33Et moi, je connais trop le prix du temps perdu.
18:38C'est juste.
18:39Au fond, il n'a pas tort.
18:42Mademoiselle.
18:43Oui, monsieur.
18:44Mademoiselle, cette malheureuse affaire m'oblige à envoyer cette lettre que je vous ai dictée hier soir.
18:49Veuillez vous asseoir et relisez-la, moi.
19:01Monsieur le préfet.
19:03J'ai l'honneur de porter à votre connaissance la regrettable obligation, je me trouve, de cesser ma collaboration au
19:08salon de peinture de la police.
19:09J'expose chaque année depuis cinq ans, dans ma galerie de la rue Oberkampf, les oeuvres de votre personnel.
19:14Je le fais par souci d'être agréable à la police parisienne et dans l'espoir fallacieux de découvrir un
19:18talent méconnu.
19:19Et là, à 105 ans, je n'ai réussi qu'à me gâcher l'oeil et à mécontenter ma clientèle
19:23habituelle.
19:24Je fus moi-même peintre, je sais ce que représente le fait d'être exposée.
19:28Malheureusement, le bénéfice matériel que je retire de cette affaire ne saurait compenser le préjudice moral qu'elle ne cesse
19:34de m'occasionner.
19:35Cette phrase est un peu lourde, non ?
19:37Non, il n'y a rien à changer.
19:39Mademoiselle, quelle heure est-il ?
19:41Dix, sept heures trente.
19:43Veuillez me laisser, c'est l'heure de mon yoga.
19:46Monsieur.
20:01C'est dur.
20:10Ben, à toi de jouer, chérie.
20:13À quoi penses-tu ?
20:14Au destin.
20:17Fichte.
20:17Je t'imaginais peintre, comme ton homonyme, l'auteur du Pont-Neuf, mais avec le talent du Trilo ou de
20:22Chagall.
20:23En voyant tes oeuvres, les gens auraient dit, oh, regardez ces Outre-mer, ces gris, mais pas de doute, c
20:27'est à Lambert.
20:28Ah, mais moi aussi, autrefois, j'ai rêvé d'être artiste.
20:31Non, pas forcément peintre, non, mais j'aurais voulu composer des cartons pour la... des tapisseries.
20:37Il t'en est resté quelque chose, puisqu'aujourd'hui tu dénoues les fils des énigmes.
20:41Il y a de la parque dans ton destin.
20:44Je te vois en extra-lucide, toi.
20:46Avec un hibou sur l'épaule et un turban, non ?
20:49Moi, j'aurais aimé être une grosse chanteuse allemande qui te soufflerait à pleine poitrine les grands heures de Wagner,
20:53comme un tuyau d'angle.
20:54Ah oui, de quoi fuir.
20:56Où ?
20:56Oh, aux Antilles, à Bornéo, en Italie, en Égypte.
21:00Il n'y a rien avec toi.
21:01Ah, t'es gentille.
21:03Tu es gentille, mais lointain, préoccupé.
21:06Mais oui, excuse-moi, mais cette affaire de tableau volé me tracasse.
21:09Mais c'est pourtant bien simple.
21:11Ah, tu trouves ?
21:11Mais voyons, imaginons que toi et moi fassions équipe.
21:14Nous sommes tous les deux dans la galerie.
21:16Toi d'un côté et moi d'un autre, admirant l'étoile.
21:18Soudain, je finis d'avoir un malaise causé par mon état car j'attends un gros bébé.
21:21Je ne vois rien, là.
21:22Toi, de ton côté, avec ton carton sous le bras, ta mini-jupe.
21:25Je t'en prie.
21:25Tu profites de l'affolement causé par ma faim de faiblesse pour subtiliser le pont d'Yéna et le remplacer
21:30par le pont neuf et tu sors.
21:31Bon, et ensuite ?
21:32Nous nous retrouvons à la maison.
21:34Malheureusement, ton pont n'est pas le bon.
21:35Je te dis, tu es une sainte, une incapable.
21:37Et je te renvoie à la galerie raccrocher le pont d'Yéna et prendre les arts car c'est lui
21:40seul qui nous intéresse.
21:42Ah, qui nous intéresse et nous, pas seulement nous, les deux femmes aussi qui ont voulu l'acheter le jour
21:45de l'ouverture.
21:46Bien sûr, elles savaient comme nous ce que cachait le pont des arts.
21:48Une vilaine peinture achetée par l'auteur au puce pour le prix de la toile.
21:51Oui, et sous la vilaine peinture ?
21:52Un vrai Rembrandt.
21:54Ah, pas moins.
21:55Il faut bien l'attrait de ce genre pour justifier l'entreprise.
21:58Bon, ben je te remercie de ta précieuse collaboration.
22:01Joue.
22:03Ah, je donnerai cher pour retrouver la fille à la mini-jupe.
22:07Oh, ça ne sera pas difficile.
22:09Pourquoi ?
22:10Je l'ai vue sortir de la galerie avec son carton sous le bras, juste après le vol, sans doute.
22:15Et cette fille, je la connais.
22:18Comment ?
22:19Math.
22:21Mais où l'ai-je vue ?
22:22Peut-être dans l'atelier de Penny, elle devait essayer un bout de jupe.
22:25Mais elle n'était pas plutôt vendeuse ?
22:26Vendeuse ? Non, pas vendeuse.
22:28Mais je l'ai vue, j'en suis sûre, parce que l'autre jour à la galerie, j'ai eu
22:31le sentiment très net de la reconnaître.
22:33Bon, c'est parfait.
22:34Tu auras demain à la PJ avec le gardien de la galerie Domaine.
22:37On vous présentera des photographies et peut-être pourrez-vous identifier l'une d'entre elles.
22:41Mais puisque je ne dois mêler en rien à ton travail.
22:43Mais enfin, une fois n'est pas coutume.
22:45Et l'exception justifie la règle, comme dirait Martial.
22:47Oh, Bert, voyons.
22:51Affaire février réglée, procès renvoyé en mars.
22:54Ah, très bien.
22:56Et le vieux tableau ?
22:57Ah, ben, justement, il est revenu.
22:58Encore ?
22:59Ben non, moi, je parle de la vieille au paillasson.
23:01Non, le blanc ne plaisantait pas dans le service.
23:03Cette affaire vous regarde, mais notre vieux tableau, à nous, c'est une affaire sérieuse.
23:05Si l'on peut dire.
23:07Allez, vas-y.
23:12Oui, deux, pareil, oui.
23:15Un endroit.
23:16Et puis le troisième en dessous.
23:18Vous prenez, c'est pas difficile, et puis vous recommencez.
23:20Vous voyez, moi, tu m'en faisais un mot.
23:21Alors, deux en dessous et un en dessous.
23:24Oh, merci encore.
23:25Au revoir.
23:26Au revoir, madame.
23:28Merci, hein, parce que, comme peau de colle...
23:30Pas de quoi ?
23:32Si vous voulez, je peux vous tricoter un pull.
23:34Vous êtes gentil, mais j'en mets jamais.
23:35Comme ça, pas de rume de cerveau.
23:37Pour ça, il faut en avoir un.
23:38De quoi ?
23:39De cerveau.
23:41Qu'est-ce qu'ils ont tous contre moi, tout à l'heure, c'était ?
23:43Non, non, non, non, c'est rien.
23:45Tiens, rentre-toi utile, va.
23:46Allez.
23:56Ah, Marie, vous avez retrouvé mon homonyme ?
23:58Ah, le peintre, non, pas encore.
23:59Ça ne doit pourtant pas être difficile.
24:01Oh, j'ai son adresse seulement.
24:02Ce Lambert habite une propriété à 60 km de Paris.
24:05Oui, oui, et il ne vient que la nuit pour peindre, place du Tertre.
24:08Et j'irai ce soir, d'ailleurs.
24:09Non, ça marche la peinture.
24:10Lui, on dirait, monsieur ne roule qu'en voiture américaine dès 4h.
24:13Alors, on appelle ces modèles-là des convertibles.
24:18Francin, aucune nouvelle des deux filles ?
24:20Eh bien, Leblanc a pris rendez-vous avec votre femme et le gardien de la galerie.
24:23Et il les amène tout à l'heure à la PJ pour une éventuelle identification.
24:26En somme, il n'en aurait été plus qu'à voir l'auteur du tableau.
24:29Ah oui, Cap de Vielle.
24:30Bon, ben, voulez-vous que nous y allions ?
24:31Voyons, il a fait une partie de la nuit et reprend son service à 14h.
24:35Bon, d'accord.
24:48Grenier, oh, je le connais bien, n'est-ce pas ?
24:50C'est pas mal, ce qu'il fait.
24:52C'est pas mal.
24:53Seulement, quand il m'a dit qu'on lui avait fauché son pont, alors là, j'ai rigolé.
24:56Parce que je vais vous dire, pour voler un tableau, il faut qu'il y ait une raison.
25:01Et quelle raison ?
25:02Madame, voyons, en doute.
25:03Ces messieurs prendront bien une tasse de café.
25:05Café, Marthe, allons-y.
25:06Enfin, plutôt l'apéritif à nos visiteurs.
25:08Non, non, Cap de Vielle, nous sommes ici en service.
25:10Ah, mon pardon, M. le Commissaire.
25:12Bon, selon vous, il n'y avait aucune raison de voler la toile de Grenier,
25:15mais il y en avait une de voler la vôtre.
25:17Alors laquelle ?
25:18Oh, madame.
25:20Cette toile a été vendue 50 francs.
25:22Ça veut dire qu'elle vaut beaucoup plus.
25:23Ah oui, note bien que toi, t'as jamais voulu y croire.
25:25Elle me rationnait les couleurs, figurez-vous.
25:27Mettez-vous à ma place, c'est qu'il rapporte pas des milliers, des cents, Auguste.
25:30Oui, je m'appelle Auguste, comme Renoir.
25:34Votre femme doit savoir quelque chose, M. le Commissaire.
25:37Si ça se trouve, vous aussi, vous avez commencé au bas de l'échelle.
25:40Oui, alors, elle me disait, c'est le bâton ou le pinceau, là ou l'autre, mais pas les deux.
25:44Bien sûr, des gendarmes de génie, il y en a un tous les mille ans.
25:47Des gendarmes ?
25:49Elle veut parler du douanier Rousseau.
25:52Alors, le pont des Arts.
25:54Oui, Grenier prétendait qu'une toile revenait à 27-28 francs environ.
25:58Alors, à ce taux-là, la vente pour 50 francs représentait en somme un bénéfice d'à peu près 100%.
26:03Plus que ça, M. le Commissaire, parce que figurez-vous.
26:05Je peux vous dire ça exactement.
26:06Ah oui, elle notait toutes mes dépenses, pour bien me faire voir combien je jetais par la fenêtre.
26:10Voilà, 19 francs.
26:11Ce n'est pas tout à fait précis, parce que pour un type, il faut apprécier à vue de nez
26:13ce qu'on a utilisé.
26:15Alors, si je comprends bien, vous peignez plus économiquement que Grenier.
26:19Oui, peut-être, peut-être.
26:20Mais voyez-vous, en arbre, pour ce qui est des frais, tout au moins, il n'y a pas de
26:23miracle.
26:24Mais alors ?
26:25La toile n'a rien coûté.
26:26Mais Mme Bélier qui m'en a fait cadeau.
26:28Même qu'il a fallu 350 de vernis pour recouvrir le barbouillet qu'il y avait dessus.
26:33Mme Bélier, c'est une vieille admiratrice, n'est-ce pas, alors ?
26:35Oui, si je comprends bien.
26:37Vous avez peint le pont des Arts sur une toile déjà peint.
26:42Eh bien, voilà, c'est ça.
26:43Même que je ne savais pas, moi, que ça pouvait se pratiquer.
26:45Mais lui, Auguste, il fait tout.
26:46Et que représentait cette toile ?
26:49Oh, une bonne femme, vous savez, le genre les yeux pas en face des trous, en face, une saleté.
26:53Mais soyez gentil tout de même de me donner l'adresse de cette Mme Bélier.
26:56Mais c'est facile, c'est au quatrième.
26:58Ah bon, merci, Cap de Vienne.
27:01Au revoir, madame.
27:02Eh, França, un petit peu.
27:08C'est ici.
27:09Monsieur le commissaire, c'est bien d'être venu.
27:13Regardez dans quel état mon paillasson.
27:14Faut mieux tirer les oreilles à cette sale bête.
27:16Oui, oui, d'accord, madame.
27:18Je savais bien que le nom de Bélier me disait quelque chose.
27:21Dans quel guépier nous sommes nos fourrées.
27:25Qu'est-ce que c'est ?
27:26Police, madame, ouvrez.
27:28Non, je n'ouvrirai pas, vous entendez ?
27:30Je ne vous donnerai pas mon char.
27:32Jamais.
27:32Mais nous ne venons pas pour lui, madame.
27:34Mais si, il faut l'emporter, cette sale bête.
27:36Rentrez chez vous, madame, et restez tranquille.
27:38Laissez-nous travailler, c'est compris ?
27:39Forcez la porte, vous en trouverez des choses à l'intérieur.
27:41Retirez-vous, madame.
27:42Je me retire, mais je porterai plainte.
27:48Vous désirez.
27:50Mais ouvrez la porte, madame.
27:54Que voulez-vous ?
27:56Madame, vous avez fait cadeau d'une toile à votre concierge.
28:01Oui, il peint.
28:03Sa femme se plaignait de ce que ce fut un passe-temps trop poinéreux.
28:07Nous parlons bien de la même toile.
28:09Un portrait de femme de facture, disons, moderne, il y a 40 ans.
28:14Signé ?
28:16Je n'ai pas fait attention.
28:18Vous l'aviez depuis longtemps ?
28:20Oh non, je l'avais vu dans un lot.
28:22Voulez-vous nous expliquer ?
28:23Bien sûr.
28:25Le curé de la paroisse me l'a fait envoyer.
28:28Oui, j'avais acheté un billet de loterie aux enfants du patronage.
28:32Le numéro est sorti.
28:34On m'a fait parvenir un kilo de sucre, un service à thé de poupée et ce tableau.
28:41Mais avant de le donner à un cap de vielle, vous n'aviez rien remarqué de spécial dans ce tableau
28:47?
28:53Mon mari était musicien, pas peintre.
28:57Bien, merci, madame.
29:01À propos, madame, enfin, surveillez-le.
29:05Oh, n'écoutez pas ce que disaient les chippies.
29:08Il ne quitte jamais l'appartement, monsieur.
29:12S'il sortait, je serais tout à fait seule.
29:16Au revoir, madame.
29:19Monsieur le commissaire, vous direz à la jeune fille de votre bureau que son pote est une merveille.
29:23Remerciez-le encore pour moi.
29:24Oui, oui, comptez sur moi.
29:36Messieurs, messieurs, excusez-moi, mais je vous guêtais.
29:39Je suis déjà en retard.
29:40Non, mais ce que je peux vous dire va vous intéresser.
29:43Je vous en prie.
29:49Ma femme et moi, on a parlé quand vous êtes montés.
29:51Il y a une chose qu'on a oublié de vous dire qui pourrait peut-être avoir un rapport.
29:54Avec votre tableau ou avec votre talent de peintre ?
29:57Alors, avec les deux, c'est inséparable, n'est-ce pas ?
30:00De quoi s'agit-il ?
30:02Voilà, il y a un type qui est venu voir mes tableaux.
30:05Ah, et il a acheté quelque chose ?
30:06Non.
30:07Non, mais il a beaucoup admiré ma peinture.
30:10Alors ensuite, il m'a demandé laquelle de ces toiles était au départ celle qui m'avait été donnée par
30:15madame Bélier.
30:17Ah, par conséquent, il avait vu madame Bélier avant.
30:21Ah, mais naturellement, c'est elle qui me l'a envoyée.
30:23Mais il ne lui a même pas ouvert, non.
30:24Et vous lui avez montré votre pont des arts ?
30:26Ah, je ne pouvais pas.
30:27Il venait de partir pour le salon.
30:29Ah bon, alors vous lui avez décrit votre œuvre en lui donnant l'adresse de la galerie d'homène.
30:32Et voilà, voilà.
30:33Eh bien, vous savez tout, monsieur le commissaire.
30:34Très bien.
30:39Un dernier mot.
30:40Je suppose que ce mécène avait envoyé à la galerie sa femme ou sa sœur ou sa mère, enfin une
30:46femme de sa famille pour acheter votre tableau.
30:48Oui, sans doute.
30:48Comment était-il physiquement ?
30:50Oui, oh, taille moyenne, des cheveux bruns, entre deux âges, 35, 45, enfin vous voyez le genre.
30:57Ah oui, très bien, oui.
30:58Mais signe particulier néant.
30:59Ah pardon, signe particulier des lunettes noires.
31:01Ah, et il n'a pas donné son nom, laissé son adresse, c'est rien ?
31:04Non, non, non.
31:05Bon, merci, Cable de Vienne.
31:07Commissaire.
31:12Un homme à lunettes a déniché parmi trois millions de Parisiens.
31:15Un curé dont nous avons l'adresse, mais qui avec un peu de chance se retranchera derrière le secret du
31:20confessionnal.
31:21Voilà deux malheureuses pistes.
31:22Ah non, trois.
31:23Il y a le Lambert de la place du Tertre, le peintre.
31:25Ah non, ça c'est Mareuil qui s'en occupe.
31:30Madame.
31:31Donnez-moi encore la même chose.
31:32Mais vous avez trop bu.
31:33Une petite larme de consolation, lui rien vengue.
31:36Merci d'un coup.
31:37Merci.
31:50Merci d'un coup.
31:56Ponquier Bonheuil, voilà Mareuil.
31:58Hein, pardon ?
32:01Balinguet, 94, Bar-le-Duc.
32:02Oh mais c'est pas vrai.
32:03Salut.
32:04Bonjour.
32:05Comment ça va, vieux ?
32:06Oh, ça va bien et toi ?
32:07Bon, tu vois, voilà qui le beau-père m'a dit, il y a un petit roquet à acheter place
32:11du Tertre.
32:13Et me voilà.
32:13Et voilà, oui.
32:14Je te présente ma femme.
32:15Bonjour.
32:16Enchantée, madame.
32:16C'est Mareuil.
32:17C'est Mareuil.
32:19Et toi, qu'est-ce que tu viens ?
32:20Viens-moi, ben...
32:21Qu'est-ce que tu fais des...
32:22Devine.
32:24Surpris ?
32:25Oui, oui, là.
32:26Ça, c'est autre chose.
32:27Là, c'est sérieux.
32:29Mais tu tombes bien.
32:30Ah bon ?
32:30J'aurai un petit tuyau à te demander.
32:32Voilà.
32:33Il y a des jeunes gars qui ont acheté un cabaret au-dessus, là.
32:35Oui.
32:36Trois pas d'ici.
32:37Et toutes les nuits, c'est la fiesta jusqu'à 3 heures du matin.
32:40Non, on peut pas dormir.
32:41C'est normal, non ?
32:42C'est normal, non ?
32:42Oui, on peut pas dormir.
32:44Tous les voisins se plaignent, même le client, quand même, quoi.
32:46Oui.
32:46Qu'est-ce qu'on peut faire dans ce cas-là ?
32:47Ce que tu peux faire, ce que tu peux faire, c'est porter plainte pour ta page nocturne.
32:51Je suis passé au commissariat.
32:53Et je vais au commissariat.
32:53Et ils se déplacent, ils viendront pour une...
32:56Ah bon ?
32:56Ah oui.
32:57Alors vous êtes en effet dégâts, sérieux.
32:58Qu'est-ce que tu prends ?
33:00Qu'est-ce que je vais prendre ?
33:01Tiens, je vais faire une petite entorse, là, un petit cognac.
33:03Ah, c'est vrai.
33:03Alors, un petit cognac.
33:04D'accord.
33:06Tiens, eh bien, renseignement pour renseignement.
33:09Moi, j'aimerais...
33:10Il y a pas mal de peintres qui passent ici.
33:12Oui, ou presque toute la clientèle, tu sais.
33:13Alors, j'aimerais retrouver un dénommé Lambert.
33:17Lambert, c'est quelque chose ?
33:18On les connaît de vue, nous, mais alors, les noms...
33:22Vous savez, c'est difficile, hein.
33:23Lambert.
33:25Tiens, il y a le gars qui est au bout du comptoir, là, c'est un peintre, il les connaît
33:29tous.
33:29Dès qu'il va t'adresser à lui, tu sauras ce que tu veux.
33:32Ecoute, si.
33:35Bonjour, monsieur.
33:36Bonjour.
33:37Vous êtes peintre ?
33:38Oui.
33:39Oui.
33:39Et ça marche bien, la peinture ?
33:40Ah bon, ça dépend des jours.
33:43Moi, j'aimerais rencontrer un de vos collègues, là, un dénommé Lambert.
33:47Qui ça ?
33:48Lambert.
33:49Vous connaissez ?
33:52Non, sûrement pas.
34:10Qu'est-ce que vous cherchez, au juste ?
34:12Lambert.
34:14Bon, écoutez, que vous lui preniez un tableau à lui et que vous me l'achetiez à moi, c'est
34:16du pareil au même.
34:18Mais, je vous fais un rabais, 10%, ça va ?
34:20Je ne veux pas de tableau, je veux Lambert.
34:22Ah, bon, dans ce cas...
34:24Il doit venir ici ce soir, non ?
34:25Bon, on reviendra, soyez tranquille, vous fumez.
34:27Merci.
34:28Ça, il ne me fera pas cadeau d'une minute.
34:30Même que tout à l'heure, il m'a carotté d'un quart d'heure, sous peut-être qu'il
34:32était sur une vente.
34:33Je comprends pas.
34:34Ah, bon, si, c'est très simple, on est nombreux sur la bûche.
34:36Alors, on est obligé de se distribuer des places, et même de prendre des tours.
34:39Enfin, il faut se serrer des coudes.
34:40Des nouveaux, il en pleut tous les jours.
34:42Quoi ? Vous voulez dire qu'il...
34:43Oui, il avait de 8 à 10.
34:45C'est là qu'il m'a fait poireauter jusqu'à 10h15.
34:48Alors, il est... il va reprendre de...
34:50à minuit tout à l'heure, de minuit à 2h.
34:53Oui.
34:53Il manquait que tout à l'heure, quand je lui demanderai mon quart d'heure, il me le rendra poste,
34:55hein, t'intern.
34:57Mais qu'est-ce que vous lui voulez exactement ?
34:58Rien, j'ai simplement quelques petites choses à lui demander.
35:04Ah, mais c'est formidable, ça !
35:06Dites, embarquez-le, que j'ai au moins une nuit pour moi tout seul.
35:10Mais, je vais vous dire où il est.
35:11Vous pensez si je vais rater une occasion pareille.
35:13Alors, ah, ben, c'est pas la peine, le voilà.
35:19Tu peux y aller ?
35:20Bon.
35:21Alors, je vous laisse, hein.
35:23Merci.
35:32Patron, comme d'habitude, bien.
35:34C'est un sec.
35:37Lambert ?
35:38Oui.
35:39Police.
35:41Je voudrais vous poser quelques questions.
35:43Oh là là.
35:45Faut avoir tué père et mère pour faire un métier pareil.
35:47Je vous en prie, hein.
35:49À l'instant, on m'a dit que les affaires marchaient pas mal.
35:51En art, il faut choisir.
35:53On le sert ou on s'en sert.
35:56Merci.
35:58Mais en fait, ils sont mieux pour n'offenser ni la pudeur ni le code.
36:01Qu'est-ce qui se plaint de moi ?
36:02Ah, personne, rassurez-vous.
36:04Vous avez peint un pont neuf.
36:06Oh, pure calomnie.
36:08Je tiens un pinceau comme tout le monde, mais pour ce qui est de peintre, ça...
36:12Je plaide non coupable.
36:14Je suis tout au plus un peintre du dimanche.
36:16Ce tableau est signé.
36:17Il est même exposé actuellement au salon de la police.
36:19La police ?
36:20Mais qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour mériter un châtiment pareil ?
36:26D'ailleurs, ça me laisse froid.
36:29Pourriez-vous m'indiquer la personne qui vous a acheté cette toile ?
36:34Non.
36:36Vous voudriez que je vous dise à qui j'ai...
36:37Non, mais vous débarquez tout frais de votre province.
36:40On voit cent clients, Nunu.
36:43On vend dix, quinze toiles parfois à des ploucs argentins, des industriels mongols, des français parfois.
36:49Rarement.
36:51Rarement.
36:52Et vous voudriez que je vous dise...
36:54Non, mais...
36:55Si ça se trouve, il n'a même pas été vendu par moi, votre truc.
36:58Il porte pourtant votre signature, non ?
36:59Qu'est-ce que ça pour vous ?
37:02Vous savez comment ça fonctionne, notre business ?
37:05On achète des croûtes au grand magasin.
37:08On en plante une sur un chevalet et on s'arme d'un pinceau.
37:12La pêche au gogo est ouverte.
37:16Quand le client paraît sérieux, on ajoute la signature devant lui et il se croit au vernissage.
37:24Si au bout d'une ou deux semaines le truc n'est pas vendu,
37:28on met l'étiquette des galeries ou de la Samaritaine et on les change contre autre chose.
37:35Ça n'a pas l'air de vous faire plaisir.
37:38Merci.
37:42Au revoir.
37:43Salut.
37:44A bientôt.
37:46Au revoir, madame.
37:47A bientôt, à Marie.
37:54Ce gars-là, c'est un pote à moi.
37:58Est-ce que vous avez des ennuis ?
38:00Rien.
38:02Il faut qu'ils posent toujours des questions, ces gars-là.
38:05C'est leur métier.
38:13Le Blanc, je sais déjà que la première séance à la PJ n'a donné aucun résultat.
38:17Justement, nous y retournons tout à l'heure.
38:18Il reste à peu près une centaine de photos à voir.
38:20Et vous, Marie, le peintre du tertre ?
38:22Un cul-de-sac, monsieur le commissaire.
38:24Il y a droit parié que la toile du Pont-Neuf provient d'un des grands magasins.
38:27Très bien.
38:27Nous n'avons pas fini avec les fausses pistes.
38:28Le curé qui a organisé la loterie.
38:30Je retourne tout à l'heure. Hier, il était sorti pour une extrême onction.
38:33Tout ça fait bien du tracas pour rien, monsieur le commissaire.
38:35Oui, d'accord. Mais les voleuses aussi se sont donné beaucoup de mal.
38:37Pour rien, ça, je ne le crois pas.
38:38Si Cap-de-Viel avait peint son pont des arts sur un chef-d'oeuvre ignoré ?
38:42Évidemment, c'est ce qui vient à l'esprit.
38:43Oui. Abadie, vous êtes le seul à n'avoir aucune fonction définie encore.
38:47Ça, je ne m'en plains pas.
38:48Bon, alors néanmoins, elle est quand même trouvée Collet à l'APJ.
38:51C'est l'expert en tableau.
38:53Tâchez de savoir s'il n'y a pas eu quelques disparitions sensationnelles ces derniers temps parmi les toiles de
38:56maître.
38:57Entendu, monsieur le commissaire.
38:59Abadie, si tu rencontres une fille avec de jolies jambes, une autre évanouie, ou un peintre à lunettes, tu tires
39:05sans sommation.
39:06C'est une boutade, ça, hein ?
39:07De Dijon. Allez.
39:09Ouh là !
39:12Je vous en prie, madame.
39:14Asseyez-vous.
39:16Ah non, pas du tout. Pas du tout.
39:21Celle-là ?
39:22Je l'en mets de la vie, voyons.
39:24Ah, vous avez cru que...
39:25Je vous demande pardon, il y a mal d'un nom.
39:26Je disais, celle-là, elle est bonne fille, quoi.
39:29Dommage qu'on ne voit pas les gens.
39:32Moi, de toute façon, au premier coup d'œil, je la reconnaîtrai.
39:35Continuons, voulez-vous ?
39:38Et maintenant ?
39:39Ah non.
39:43Essayez-vous.
39:44Vous pensez des classiques, quand on vole une toile de prix,
39:47et on la camoufle avec un barboulier insignifiant,
39:50comme on maquille une voiture volée.
39:55Voulez-vous un petit chocolat ?
39:56Ah oui, ils sont à quoi ?
39:57Au poivre.
39:58Au poivre ?
39:59Oui.
39:59Ces marais sont roses.
40:00Oui, marais.
40:01Voilà.
40:02Les escorieux font parfois l'inverse, non pas ?
40:05Ils peignent l'une sur l'autre, deux croûtes sans valeur.
40:08Ils l'expédient à l'étranger.
40:09Et ils envoient une lettre anonyme aux autorités pour dénoncer l'exportation frauduleuse d'une toile de grande valeur.
40:16Alors, la douane s'en saisit, la soumet au test d'usage.
40:20Mais voulez-vous me laisser l'oculaire ?
40:22Et puis alors, on se les épaules.
40:24Ah bon ?
40:24Mais neuf fois sur dix, il se trouve un gogo pour l'acheter après.
40:29Persemadé que les experts n'y ont eu que du feu.
40:32Non, voulez-vous me laisser ça, s'il vous plaît ?
40:34Ça n'a pas l'air de vous intéresser à ce que vous avez raconté.
40:35Mais si, c'est beaucoup, nous assure.
40:36Bon, c'est une escalquerie d'ailleurs qui est absolument sans risque.
40:41Vous avez compris ?
40:42Ah, oui, oui.
40:44Dites, est-ce que vous auriez une liste des tableaux récemment volés ?
40:48Oui, on est au typé.
40:50La voici.
40:52Ah non, c'est pas ça.
40:53C'est pas ça.
40:54C'est pas ça, pas de chance.
40:57C'est celle-là.
40:58Ah, ben.
40:59J'en ai toujours plusieurs exemplaires à la disposition des amateurs.
41:03Bon, ben, merci bien.
41:05Allez, au plaisir.
41:06Encore un.
41:08C'est bien gentil, mais c'est un peu désordre.
41:13Moi, dans ma tombola, votre tableau, j'en avais fait un lot.
41:17Un portrait, ça fait un lot, vous ne trouvez pas ?
41:19Très bien.
41:19Et puis alors, il y a une de ces vieilles folles,
41:22vous savez, ces insupportables bigotes,
41:24qui se mettent à protester que ce portrait bizarre n'intéressera personne.
41:30Alors, j'ai rajouté un kilo de sucre et un service à tête petite fille.
41:34Je n'aurais pas dû.
41:35Non, mais si, monsieur le curé.
41:36Non, il ne s'agit pas de ça.
41:37Voyez-vous ?
41:37Si ça ne vous fait rien, nous pourrions poursuivre cette conversation dehors.
41:40Je suis attendu à une séance de cinéma que je dois commenter.
41:44Très bien.
41:44Je vous en prie.
41:53Je vous en prie.
42:14Ah, monsieur le commissaire, qu'est-ce que nous disions ?
42:16Eh bien, je voulais vous demander d'où vous teniez ce tableau.
42:18Ah, c'est drôle.
42:20Je n'ai pas trop bonne mémoire, mais ce portrait-là, je m'en souviens parfaitement.
42:24Il intéresse beaucoup de monde.
42:26Oui.
42:26D'abord, il y a eu ces deux jeunes filles.
42:29Ah, vous les connaissiez ? De vue.
42:32Mais j'ai dû les prier de sortir.
42:33L'une d'elles portait ce genre de jupe qui est un défi à la modestie.
42:38Et que voulait-elle ?
42:39Le tableau, par-dessus le marché, je ne l'avais plus.
42:42Et ensuite ?
42:43Ensuite ?
42:44Oui, vous avez dit beaucoup de monde, alors.
42:46Ah, oui.
42:47L'antiquet.
42:49Comment était-il, celui-là ?
42:50J'ai surtout remarqué ses mains.
42:53Vous savez, les mains trahissent l'âme aussi bien que les yeux.
42:56Et je me suis dit, ce gars-là est un peu trop poli pour être tout à fait honnête.
43:01Il aurait bien besoin d'une petite explication avec le bon Dieu.
43:04Et qu'est-ce qu'il voulait ?
43:05Racheter le portrait ?
43:07Si j'avais su, je l'aurais gardé pour le mettre aux enchères.
43:10On n'a jamais assez de cet argent qui ne fait pas le bonheur.
43:14Et puis ?
43:15Et puis vous ?
43:16Mais vous, je dois dire, vous allez à contre-courant.
43:20Comment ça, à contre-courant ?
43:21Ah, oui, les autres allaient tous dans le sens opposé.
43:23Ils voulaient tous savoir où le tableau était parti.
43:26Vous, vous désirez savoir d'où il venait.
43:29Vous ne m'avez toujours pas dit d'où il venait.
43:30Oh, pardon.
43:31La donatrice est Madame Gilles.
43:34Elle tient le magasin de disques à l'angle.
43:37Deux transversales plus loin.
43:39À deux blocs au nord, comme disent les Américains.
43:42Vous ne m'en voudrez pas, mais on doit m'attendre pour commencer la projection.
43:45Au revoir, Monsieur Curé, merci.
43:47Merci, Monsieur le Commissaire.
43:49Alors voilà.
43:51Madame Gilles, la disquaire, qui n'est madame que depuis huit jours,
43:55l'a reçue en guise de cadeau de noces d'une amie de sa mère, une bouchère.
43:58Non, mais quelle histoire.
43:59Oui, j'irai la voir tout à l'heure.
44:01Et l'homme aux lunettes ?
44:02Alors lui, je l'ai rencontré partout.
44:03Mais comme dit le curé, en sens inverse.
44:05Ah, ça et là, les deux filles ont également fait leur apparition.
44:07Mais ensemble, il n'y a que l'acheteuse, celle qui a payé et content,
44:11que nous n'ayons pas rencontré sur notre route.
44:13Celle-là, nous la coincerons forcément.
44:14Le jour où elle viendra prendre livraison de son acquisition.
44:16Il sera peut-être trop tard, quand le salon fermera ses portes.
44:19Moi, je donnerais cher pour savoir ce qu'il y a derrière tout ça.
44:21Un canular ?
44:21Ou un Picasso ?
44:22Monsieur le Commissaire, Monsieur Domaine voudrait vous voir.
44:25Ah, on ne lui a tout de même pas volé un troisième pont.
44:27Je ne sais pas.
44:28Il aurait plutôt l'air d'avoir avalé son parapluie.
44:31Bon, faites-le, entrez.
44:38Cette plaisanterie commence à devenir vraiment déplaisante.
44:40À qui le dites-vous, Monsieur Domaine ?
44:42Bonjour quand même.
44:43Bonjour.
44:43Je suis venu...
44:44Je vous en prie, asseyez-vous.
44:48Qu'est-ce qui me vaut l'honneur de votre visite ?
44:51Tenez, lisez.
45:03C'est une farce.
45:05Je ne vous le fais pas dire.
45:14Et quand l'avez-vous reçue ?
45:15Au courrier de 11 heures.
45:18Monsieur le Commissaire, quand me la rendrez-vous ?
45:19Quoi, votre toile ?
45:20Non, ma tranquillité.
45:21Ce n'est pas moi qui vous l'ai enlevé.
45:23Impossible, mais vous étiez censé veiller sur elle.
45:24Non, votre tranquillité, Monsieur Domaine, vous l'avez jetée par-dessus bord le jour où vous avez cessé de peindre.
45:29Ah oui ?
45:30Oui.
45:31Ah, peut-être.
45:32Monsieur, dame.
45:37Qu'est-ce que vous lui avez fait, Monsieur le Commissaire ?
45:39Non, je lui ai des broutilles.
45:40Ah, Mademoiselle Moreau.
45:41Oui ?
45:41Vous voudriez bien commander un carton au peintre d'enseigne pour mettre sur la porte de Monsieur le Commissaire ?
45:44Oui, le texte ?
45:45Euh, cabinet du psychanalyste.
45:48Ah, parce qu'on se fiche de moi par-dessus le marché.
45:51Vous allez déjeuner, Monsieur le Commissaire ?
45:52Non, je vais voir une bouchère pour en finir avec une obsession qui risque de tourner à l'angoisse.
45:56Je viens, je viens.
45:57Je sens que tu n'éclairchis pas le mystère du pont des Orbes, je vais devenir fou.
46:04Le Commissaire Lambert, oui, Madame, une seconde.
46:06Monsieur le Commissaire.
46:07Même si c'est-à-dire préfet de police plus tard.
46:13Allô, Madame Lambert, je suis désolée, mais votre mari était déjà dans la voiture, je n'ai pas pu le
46:16rattraper.
46:19Oui ?
46:19Oui, je lui dirais, oui.
46:22Très urgent.
46:23Bien, comptez sur moi.
46:25Au revoir, Madame.
46:30T'as préparé le gigot pour Madame Lentuillier ?
46:33On a tout le temps, ça bonne vie à 11h.
46:35Dis-donc, les gamines t'ont téléphoné ?
46:37Ah non, pas encore.
46:39Celles-là, elles se prennent bien pour des princesses.
46:40Et tout ça, à qui la faute ? À toi.
46:43Oui, oui, oui, oui.
46:44Londres, Londres. Est-ce que j'ai été à Londres, moi ?
46:46Et toi, tu as été à Londres ?
46:48Non, Monsieur.
46:49Eh bien, tu vois, lui non plus.
46:51Madame Claire ?
46:52Oui ?
46:54Police.
46:55Nous avons quelques questions à vous poser.
46:58Ce serait pas plutôt à moi que vous devriez les poser ?
47:00Monsieur, cette affaire ne concerne pas la boucherie.
47:01Madame Claire, la fille d'une de vos amies s'est mariée récemment,
47:04et vous lui avez offert en guise de cadeau de noces un tableau, un vieux portrait.
47:08Oui.
47:09Et alors, c'est interdit ?
47:10D'où venait ce portrait ?
47:14Il a toujours été dans la famille.
47:15Et d'un seul coup, vous vous en êtes séparés.
47:18C'est-à-dire ?
47:20Dis-lui-nous, Armelle.
47:21Monsieur le commissaire, ce tableau, elle ne pouvait plus le voir en peinture.
47:24C'est le cas de le dire.
47:25Depuis la visite de cet antiquaire de malheur.
47:27Jules, tais-toi.
47:27Je te demande un peu, se retourner les sangs comme ça, à propos d'une commode.
47:30Ah bon, il y a aussi une commode dans le cou ?
47:32Ah oui, pardon.
47:33Vous savez comment elles sont, les femmes.
47:37La mienne, elle voulait changer les meubles du salon.
47:40Alors, elle avait fait venir un antiquaire pour se débarrasser de la commode.
47:43Voilà.
47:44Et alors, quel est le nom de cet antiquaire ?
47:46Ah ben, ça, je ne sais plus.
47:48Ben, cherche, Armelle.
47:49Tu dois avoir sa carte dans tes papiers.
47:50Mais non, mais je l'ai jetée.
47:52Elle vences-tu ? Elle garde tout.
47:56Mais je l'ai jetée.
48:01Bon, ça ne fait rien.
48:02Alors, il l'a achetée, cette commode ?
48:03Oui, 15 000.
48:05Ancien.
48:07Mais dis-lui le reste, Armelle, dis-le-lui.
48:09De quoi se mettre végétarien, je vous jure.
48:12Il voit ce vieux tableau et il veut l'emporter.
48:13Vous savez pas combien ?
48:1550 000.
48:16Ancien.
48:1750 000 ?
48:18Vous entendez, monsieur le commissaire ?
48:20Ah, les femmes.
48:21Je vous le jure.
48:23Mais pourquoi ne lui avez-vous pas vendu ?
48:25Qu'est-ce qu'il avait de si extraordinaire ?
48:27Extraordinaire ? Rien du tout.
48:28Des clous tout ordu qu'il était.
48:29Au début, il était dans la salle à manger.
48:31Il avait fallu le coller au salon.
48:32Il me coupait l'appétit.
48:33Si tu veux.
48:34Oui.
48:34Une seconde.
48:37Vous comprenez, je ne voulais pas qu'il sorte de la famille.
48:40Mais vous en êtes pourtant séparés.
48:41Et pour rien.
48:42La mère de madame Gilles qui est disquaire est presque une cousine.
48:45Voilà.
48:46Merci.
48:46Au revoir, madame.
48:47C'est tout ce que nous voulons savoir.
48:49Au revoir, monsieur.
48:50Merci.
48:55On va mieux tout leur dire à ces gars-là.
48:56On ne sait jamais.
48:58Quand une femme est décidée, personne ne la ferait parler.
49:01On ne peut rien en tirer de plus.
49:03Faut quand on trouver qui lui a envoyé ces derniers temps un chèque de 150 francs.
49:07Écoutez, moi je lui perds dans ces histoires d'argent.
49:09Voyons.
49:09Et d'abord, il y a un mandat de 50 francs.
49:11Ensuite, une offre de 500 pour le tableau que madame Claire a refusé de vendre.
49:14Et maintenant, vous me parlez d'un chèque de 150 francs.
49:16Bon, ben alors, oubliez tout cela.
49:18Madame Claire a voulu vendre une commode à un antiquaire.
49:20Elle l'a fait venir.
49:21Oui, alors il a vu le tableau, etc.
49:23Très bon.
49:23Bon, alors, cette commode, il l'a acheté 150 francs.
49:26Vous vous souvenez ?
49:27Ah, compris.
49:27Il paye par chèque.
49:29Madame Claire remet le chèque à sa banque.
49:30Alors, il suffit que la banque nous présente le chèque pour connaître le nom de l'antiquaire.
49:33Ben voilà, c'est logique, non ?
49:34Une logique irréprochable.
49:36Seulement, j'hésiterai à lancer une armée pour savoir dans quelle banque de Paris la bouchère a son compte.
49:40Ben, vous seul, il suffirait.
49:42Vous voyez la succursale du Crédit Lionel en face ?
49:45Oui.
49:45C'est là.
49:47Intuition ou déduction ?
49:49Constatation.
49:50Donc, quand madame Claire a cherché l'adresse de l'antiquaire, j'ai repéré son carnet de chèques.
49:55Ah, bravo.
49:56Vous n'étiez pas placé comme moi.
49:57Moi, j'ai pu voir derrière le montoir.
50:00Alors, allez-y.
50:01Et pendant ce temps, moi, je vais donner un coup de fil au bureau.
50:03D'accord.
50:16Allô, mademoiselle Moreau ?
50:18Rien de nouveau ?
50:21Qui a téléphoné deux fois ?
50:23Ma femme, hein, bon.
50:24Non, non, non, mais je la rappellerai.
50:26Et à part ça, rien d'autre ?
50:29Non, non, il faut que je liquide cette affaire.
50:32Très bien, à tout à l'heure.
50:49Monsieur ?
50:51Monsieur ?
50:54Madame, commissaire de police Lambert.
50:56Mon adjoint, le commissaire Francin.
50:58Oh, que de commissaire !
51:02Madame, c'est vous qui avez acheté au salon de la police un tableau représentant le pont des Arts ?
51:06Bien sûr, 50 francs, payé comptant.
51:08Ah, tout de même.
51:09Et alors, c'est un délit ?
51:12Mon mari, gracieux comme d'habitude.
51:14Non, monsieur, mais ce pont des Arts qui vous appartient a été volé, et ça, c'est un délit.
51:19Ah, c'est bien ma veine.
51:20Si vous aviez laissé votre nom et votre adresse, cela aurait tout de même facilité notre enquête.
51:24Oui, et pourquoi moi, particulier, aurais-je facilité votre enquête ?
51:28Il veut dire que le vol n'était pas prévu au programme.
51:30Oui, mais il a une curieuse façon de s'exprimer.
51:33Je ne suis pas le mauvais cheval, allez.
51:35Alors, vous l'avez retrouvé, mon tableau ?
51:36Non, monsieur, pas encore.
51:38Et dire que vous êtes donné tant de mal, hein.
51:40Voyons.
51:41Courir d'une boucherie chez une marchande de disques.
51:44De là, chez un curé.
51:45De chez le curé au domicile d'une veuve qui, d'ailleurs, n'ouvre pas sa porte.
51:49Échouer chez un concierge agent de police, mettre enfin la main dessus dans une galerie,
51:53s'en assurer la possession et le voir filer sous son nez.
51:55Manque de pot, ça, vous pouvez le dire.
51:57Oui, et tout ça pour une vieille croûte qu'on peut avoir pour 50 francs.
52:00Si j'ai bien compris, vous avez refait le chemin à l'envers sans même 50 francs, Guy Tapa.
52:03Mais c'est notre métier, madame.
52:05On en est récompensé en apprenant, par exemple, que quelques jours plus tôt,
52:09la même personne en a offert 500 francs au lieu de 50.
52:12Ah, vous savez ça aussi.
52:14C'est madame Claire qui vous envoie ?
52:15Non.
52:16Non, nous l'avons appris d'une façon plus commode.
52:20Ça va, je connais la chanson, on ne prend jamais assez de précautions.
52:23Mais cette fois-ci, c'est toi qui as fait le chèque.
52:25Quelle est la valeur de cette toile en réalité ?
52:285 millions, ancien.
52:297 si on tombe sur un amateur.
52:30Ah bon, et vous en offrez carrément 50 000.
52:34Ce sont les affaires.
52:36Ah là là, quand j'y pense, j'aurais dû me casser une jambe
52:38le jour où je suis tombé sur un Joseph Manathier.
52:41Ah ben, dis donc.
52:42Un Manathier ?
52:43Eh, c'est un élève de braque.
52:45Vous avez bon goût ?
52:46Ça y est.
52:47Ça, vous ne le saviez pas ?
52:48Non, monsieur, on parle toujours trop.
52:50Mais rassurez-vous, nous aurions fini par le savoir.
52:53Bon, maintenant, j'aimerais que vous passiez au commissariat tout à l'heure
52:56pour signer votre déposition.
52:58Aujourd'hui ?
52:58Oui, je préfère reine.
53:00À moins que je ne passe l'affaire au juge d'instruction.
53:02Mais moi, dès ce soir, je veux en avoir fini avec ce pont des arts.
53:07Passez chez Mme Claire et ramenez-la.
53:08D'accord.
53:10Au revoir, madame.
53:10Tout à l'heure.
53:11Monsieur.
53:15Ah, toi pour la gaffe.
53:17T'es le roi.
53:18Oui, mais t'inquiète pas de ça et travaille.
53:27Oui, oui, oui.
53:31Le français est arrivé ?
53:32Oui, monsieur le commissaire.
53:33Non, pas maintenant, je suis occupé.
53:37Je suis vraiment navrée, madame Lambert, mais monsieur le commissaire est débordé et je...
53:42Allô ?
53:43Allô ?
53:47Comment on se retrouve, mademoiselle ?
53:49Je suis sincèrement désolée, monsieur le commissaire.
53:51Je me suis conduite comme une idiote.
53:53Pas du tout.
53:53Moi, j'estime qu'on s'est admirablement débrouillé.
53:55C'est maman qui n'a pas tenu le coup.
53:57Madame Claire m'a demandé si elle pouvait se faire représenter par ses filles.
54:00Et comme c'est justement ces filles que nous recherchions...
54:03Maman avait trop honte.
54:05Honte ?
54:06Les gens de votre génération tousent des complexes, monsieur le commissaire.
54:09C'est quand même plus sain que la kleptomanie, vous ne croyez pas ?
54:13Oui, entrez.
54:15Ah.
54:17Vous ne connaissez pas, mademoiselle Claire ?
54:20Ah, voilà donc les voleuses de mon tableau.
54:23Vous, je vous conseille de vous tenir tranquille.
54:25Et d'oublier provisoirement les adjectifs possessifs.
54:28Bon.
54:29Alors, voilà ce qui s'est passé.
54:32Dans sa jeunesse, madame Claire était modèle.
54:34Je ne vois pas pourquoi elle nous l'a toujours cachée.
54:36Posée pour Manatier, c'est tout de même honorable.
54:38Le fait est que les relations entre le peintre et son modèle sont allées plus loin.
54:42Elle était libre, non ?
54:43Elles sont marrantes, les sistères.
54:45Vous, l'exploiteur du peuple ?
54:47Assez.
54:49Poursuivez, Francin.
54:51Bref, ce qui devait arriver arriva.
54:53Manatier a fait le portrait de madame Claire.
54:55A l'époque, Julie Rousset.
54:57Et ce portrait, Manatier le lui a donné.
54:59Mais après, il l'a gardé en laissant tomber maman.
55:01Puis, papa et maman se sont rencontrés.
55:03Et maman n'a rien dit à papa.
55:05Ils avaient de ces pudeurs, les gens de votre âge, monsieur le commissaire.
55:08Vous seriez bien gentil de ne pas vous occuper de mon âge, mademoiselle.
55:12Voyons, Manatier est mort en 1953.
55:17Alors madame Claire, enfin plutôt mademoiselle Julie Rousset, est allée se recueillir dans l'atelier.
55:22Et naturellement, elle a vu son portrait.
55:24Et comme personne ne l'a regardé, elle l'a emporté.
55:27Seulement, quand monsieur a reconnu un Manatier, elle a pris peur.
55:30Elle savait que le procès autour de la succession de Manatier n'est pas encore tranché ?
55:34Pensez-vous. Elle avait seulement peur qu'on découvre la vérité. Elle s'en est débarrassée.
55:38Vous me direz, elle aurait pu le brûler. C'était plus simple.
55:40Mais vous savez comme c'est sentimental, les gens de votre âge.
55:42Ah, moi je vous en prie.
55:43Elle donne donc le tableau qui commence son voyage.
55:46Là-dessus, ces demoiselles rentrent de Londres pour les vacances.
55:49La maman se confesse à elle.
55:51Et pour bien compliquer les choses, les deux filles décident de tout arranger.
55:55Mais enfin, qu'arrangez-vous en volant le tableau ?
55:57L'Antiquaire allait remettre le Manatier en circulation.
56:00Et la succession s'en serait mêlée. De fil en aiguille, on en serait remonté jusqu'à maman.
56:04Et où est le tableau ?
56:05On l'a renvoyé par la poste à la succession.
56:08Et on a remboursé ce monsieur.
56:10Mais ça ne se passera pas comme ça.
56:11Si, monsieur. Voici vos 50 francs et vous allez me signer une décharge.
56:15Je veux bien être pendu.
56:17Ah, ça c'est votre droit.
56:19Francin, avertissez les polyvalents.
56:21Bon. Où est-elle votre décharge ?
56:26Remarquez que de toute façon, ils viendront quand même un jour ou l'autre, les polyvalents.
56:30Mais j'ai bon cœur.
56:33Entrez.
56:35Oh, Boussin !
56:36Comment est-ce, Hilbert ?
56:37Ça fait ça une fois que je t'appelle.
56:39Oui, mais que puis-je pour toi ?
56:40Mais rien ! Je me suis rappelée où j'avais vu la jeune fille en mini-jupe.
56:44C'est la fille de la boucherie.
56:45Oui, oui, oui, mon chéri.
56:46Mais Boussin !
56:47Bonjour, madame.
56:48Bonjour.
56:50Oh, Boussin !
56:52Oh, j'ai pas de veine, écoute.
56:54Échec et mat.
56:55Nous sommes quittes.
56:57Viens.
57:23Sous-titrage Société Radio-Canada
57:49Sous-titrage Société Radio-Canada
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