- il y a 10 minutes
DB - 09-03-2026
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06:39Sans brique,
06:40je ne suis pas exigeant.
06:42Ah non, il est fou.
06:43Tu as les moyens maintenant,
06:45mais ma patience a des limites.
06:48Si tu ne te manifestes pas,
06:49je reviendrai te relancer chez toi,
06:51dans ton foyer d'honnête homme.
06:54Je serai ravi de faire la connaissance
06:55de ta belle Hélène
06:56et de bavarder un peu avec elle de ton passé.
07:00Qu'est-ce qu'il sait ?
07:01Qu'est-ce qu'il peut dire ?
07:04Qu'est-ce qu'il peut prouver, surtout ?
07:27Ça fait une paye qu'on ne s'était vus.
07:32Je te regarde un peu.
07:36T'as drôlement changé, tu sais.
07:40Pas tant que moi, bien sûr.
07:43On ne croirait jamais
07:43que t'as été l'un de nous.
07:47T'as pas l'air d'un monsieur non,
07:49mais...
07:50t'es arrivé où tu voulais.
07:52T'as fait ce qu'il fallait pour ça.
07:55Seulement...
07:56je ne vois plus bien ce que tu es.
08:00le mari d'une bonne femme très riche.
08:02Oui, bon, bah, écoute, ça suffit, hein.
08:04Je ne suis pas venu ici pour te parler de moi.
08:07C'est toi qui essaie de me faire chanter ?
08:10Qu'est-ce qui peut bien te faire croire ça ?
08:15Toutes les lettres que j'ai reçues
08:16ont été postées à Anguien.
08:17Si c'était moi,
08:18j'aurais fait un effort pour aller les mettre ailleurs.
08:21Je me déplace difficilement, mon cher Raymond.
08:26Mais je ne suis pas complètement idiot.
08:28Oui, c'est possible, oui.
08:29Seulement, c'est aussi à Anguien,
08:31quelque part dans l'île du lac,
08:32que je suis censé déposer l'argent.
08:35Trop loin pour mes jambes.
08:37Enfin, ce qu'il en reste.
08:38Cherche ailleurs, je t'ai dit que c'est pas moi.
08:41Et même si je le voulais,
08:43même si j'en étais capable,
08:45j'ai aucune arme contre toi.
08:48Maintenant,
08:49va-t'en, je t'ai assez vu.
08:52Tu me dégoûtes.
08:54J'aime pas beaucoup qu'on me parle sur ce ton-là.
08:57Méfie-toi, Germain.
08:58C'est ce qu'on me disait à cette époque-là.
09:00Méfie-toi de Raymond.
09:04Je ne me suis pas méfié.
09:10T'as vu ce qui est arrivé ?
09:11C'était un accident.
09:12Mais comment donc ?
09:16Écoute, ça suffit, Bob.
09:18Il y a assez longtemps que tu me fais marcher.
09:19Maintenant, j'en suis certain.
09:22Simplement, je vais te dire une chose.
09:23Tu ne vas pas me retourner sur le grill.
09:28Bon, allez.
09:29Jouons en carte sur table.
09:32Ce que tu me demandes,
09:33j'en ai pas le dixième à moi.
09:35Mais,
09:37donne-moi ton dernier chiffre
09:38et puis j'essaierai de me débrouiller.
09:40Va-t'en.
09:42Va-t'en tout de suite, Raymond.
09:45Maintenant, je te descends.
09:47Je suis plus fort que toi en ce moment.
09:49Aussi vrai que tu paieras un jour
09:51tout ce que t'as fait.
09:52À moi,
09:53à Sinkia,
09:53je te descends.
09:56Tu m'as tout pris.
09:58La force,
09:59la vie,
09:59ma femme,
10:00le métier que j'aimais.
10:02Et aujourd'hui,
10:02t'oses m'insulter
10:04maître chanteur, moi ?
10:06Et toi,
10:07tu sais ce que t'es.
10:10Tu veux que je te le dise ?
10:43Rédo.
10:44Rédo.
10:44Rédo.
10:46C'est Gret Frédolini
10:48himself.
10:51Par où es-tu entré ?
10:52Dis donc,
10:53tu me demandes ça à moi.
10:54À moi,
10:55le maître de l'illusion,
10:56de la roi de l'évasion.
10:58Frédolini,
10:59plus fort qu'Ondini,
10:59à qui aucune serrure
11:00ne peut résister.
11:01Et tu me demandes
11:02par où je suis entré.
11:06Dis donc,
11:08t'es pas mal installé.
11:11Y a du progrès
11:12depuis que tu courais
11:12les bouillibouilles
11:13avec Sintia.
11:15Pauvre Sintia.
11:17En fait,
11:18t'as des nouvelles ?
11:21Elle va bien,
11:21j'espère,
11:22depuis que tu l'as plaquée.
11:23Qu'est-ce que tu veux ?
11:30En lien.
11:35En lien.
11:35Avec quoi ?
11:37En lien.
11:39On fait pas ces têtes-là.
11:41L'éteindre,
11:42ça coûte cher.
11:43Comme tu répondais pas
11:44à mes lettres,
11:45là,
11:46je suis venu te voir.
11:48Je t'ai pas pris
11:48un traître.
11:52Madame.
11:55Excusez-moi,
11:55monsieur,
11:56mais mon chéri,
11:57qu'est-ce que tu fais là ?
11:57Va vite te préparer,
11:58nous allons être en retard.
11:59Mon cher Raymond,
12:00si tu veux avoir
12:01l'obligence de me présenter.
12:03Monsieur Fredolini,
12:05un artiste de musical.
12:06Un grand artiste.
12:07Enchanté, monsieur.
12:08Mais mon mari et moi,
12:09nous sommes à peu pressés.
12:10Tant pris,
12:11mon chéri,
12:11va t'habiller.
12:12Oh,
12:12je ne voudrais pas
12:13être un discre.
12:14Oui,
12:15le moment est mal choisi
12:16de venir évoquer
12:16avec un vieil ami
12:17des souvenirs des jeunesses.
12:19Mais je reviendrai.
12:20Je reviendrai.
12:22À moins que vous me fassiez
12:23l'honneur
12:23de venir visiter
12:24mon modeste logis.
12:26150 rue de Bordeaux,
12:27second.
12:28En ce moment,
12:29je suis là tous les soirs.
12:30Je passe dans des petites salles,
12:32très en dessous
12:32de mon standing.
12:34Mais je vais bientôt signer
12:35un contrat fabuleux
12:36pour l'Amérique.
12:37À moins que je ne me retire
12:38du métier
12:39une fois fortune faite.
12:41La fortune,
12:42on ne sait jamais.
12:43Ça peut tomber du ciel.
12:46Des hommages, madame.
13:12Tiens, c'est gentil
13:14d'être venu.
13:15Oui, je voulais rapidement
13:16mettre les choses au point.
13:18Non, mais je ne t'en veux pas,
13:19Fredo.
13:20Non, non.
13:21Non, les affaires sont dures.
13:24Le music hall est en proie
13:25ou yéyé.
13:29Seulement avec moi,
13:30tu t'es trompé l'adresse.
13:31Je ne t'en donnerai pas ça.
13:32Je ne t'en donnerai pas
13:33sans briques.
13:34Je ne t'en donnerai pas dix.
13:37Je ne te donnerai même pas
13:38sans sous,
13:39anciens ou nouveaux.
13:40Mais mon cher,
13:42c'est à toi de décider
13:43ce qui te plaît.
13:45Et moi aussi,
13:46j'aurais préféré
13:47t'épargner des ennuis
13:48comme à ta femme.
13:49Elle est tellement charmante,
13:50ta femme.
13:52Tu ne peux pas t'imaginer
13:53comme notre ami
13:54a épousé une jolie femme.
13:56pas très jeune.
13:57Mais chic.
13:59Une fortune.
14:02Cela dit,
14:04c'est toi que ça regarde.
14:07C'est à toi de décider
14:08en fin de compte.
14:10Tu te crois très malin,
14:11Fredo.
14:12Mais tu n'es pas de force.
14:14Tu gagnes
14:15quand c'est à toi
14:16de distribuer les cartes.
14:18Seulement,
14:19cette fois-ci,
14:19le bluff ne s'apprend pas.
14:20Et je vais te dire,
14:22tu n'as même pas
14:22de carte du tout.
14:24C'est mieux que ça.
14:24Tu n'as rien du tout.
14:26C'est ce qui t'a trompe.
14:27Tu ne peux rien avoir.
14:28Cela dit,
14:30l'événement auquel
14:31toi et moi pensons
14:32en ce moment
14:32s'est passé au moins
14:33devant douze cents personnes
14:34et personne n'a rien vu.
14:36Il y a donc longtemps
14:36que cette affaire
14:37devrait être morte et enterrée.
14:39Comme tu dis,
14:40il n'y a pas de preuves,
14:41ni photos,
14:42ni lettres,
14:42ni armes du crime.
14:44N'est-ce pas ?
14:45Mon bras, vraiment.
14:48Mon cher, vraiment.
14:51Je me demande même
14:52ce qui t'inquiète.
14:53Et ce que tu es venu faire ici.
14:56c'est que
14:58tu as peur.
15:01Tu crèves de peur.
15:09Tu sais qu'avec Fredolini,
15:11l'astucieux Fredolini,
15:13tout est possible.
15:14Et c'est vrai.
15:15Un simple geste,
15:16passez muscade.
15:17Et t'envoie là
15:18sous cinquante mille pieds
15:19de mes races.
15:21Aujourd'hui riche,
15:22respecté,
15:23marié à la plus charmante
15:24des millionnaires
15:25et demain,
15:26chassé,
15:27méprisé.
15:27The great Fredolini
15:29n'a qu'à donner un coup
15:29de baguette magique
15:30sur ce coffre-fort.
15:32Changement à vue.
15:34Le beau Raymond
15:35dégringole dans le caniveau.
15:37Trop heureux,
15:37si la souci ne s'en mêle pas.
15:39Il n'y a pas prescription,
15:40mon cher.
15:42Tu les as,
15:43tes fameuses preuves ?
15:43Tu les as amenées,
15:44tes sans briques.
15:46Tu me prends pour un imbécile.
15:47Non.
15:48Une crapule.
15:50Ça suffit,
15:51tu vas être gentil
15:51avant que je cogne.
15:53Ouvre ton coffre.
15:54Ça m'ennuillerait.
15:56J'ai juré
15:56de ne pas dévoiler mes trucs.
15:58Maintenant,
15:59si tu ne me lâches pas,
16:00j'appelle au secours
16:01et tu expliqueras à ta femme
16:02ce que tu faisais chez moi.
16:03Ça suffit,
16:03ouvre ton coffre.
16:05Ouvre ton coffre,
16:06je te dis !
16:29Tu sais où le commissariat ?
16:31Oui, oui, toujours près.
16:32Cours,
16:32ramène un agent.
16:33Dix agents,
16:34un quart.
16:35Je crème dans l'immeuble,
16:36il ne manquerait plus que ça.
16:38Encore une de tirer.
16:39Avec ce qu'il y a
16:40à faire en ce moment
16:41pour rester chez soi.
16:42Ah, permettez !
16:43Et les trois demandes
16:44de passeport.
16:45Si ça continue,
16:46je prends mes vacances
16:46tout de suite,
16:47comme l'envers.
16:49Vite, vite, au secours !
16:51On s'attache
16:51à une chaîne au but !
16:52Mais qu'est-ce que tu racontes ?
16:53C'est une blague ?
16:53Non, non,
16:54c'est une chaîne magicien.
16:55Marie, elle va dire.
17:08Heureusement que j'y étais moi-même,
17:09il ne voulait pas venir.
17:10La police ?
17:10Ah, enfin !
17:11Dans une immeuble bien tenue,
17:12vous comprenez.
17:13Bon, bon, ça va, ça va.
17:14Alors, c'est ici contenu ?
17:18Ben, je vous l'ai bien dit
17:18que c'était une blague.
17:20Ça a l'air bien calme.
17:21À moins qu'ils ne soient
17:22tous égorgés.
17:23Vous êtes bien certain
17:24que c'était ici ?
17:24Comment si c'était ici ?
17:26Il y avait même une femme
17:26qui criait, lâchez-le !
17:34Police !
17:34Ouvrez !
17:36On vient.
17:40Alors, qu'est-ce qui se passe
17:41chez vous ?
17:41Chez moi ?
17:42Mais rien du tout.
17:43Oh, comme des culots !
17:44Vous ne vous bagarriez pas
17:45il y a cinq minutes.
17:47Je ne comprends absolument
17:48rien à ce que vous dites.
17:49Laissez-nous entrer,
17:50j'aimerais vous dire de mots.
17:59C'est pas un peu tôt
18:00pour aller vous coucher ?
18:03Je ne me couchais pas,
18:04monsieur le commissaire.
18:06Je travaillais.
18:09Bon.
18:11Y a-t-il pour sortir de chez vous
18:12une autre issue que celle
18:13par laquelle nous sommes entrés ?
18:14Certainement, monsieur le commissaire.
18:15Il y a l'escalier de service.
18:17La porte donne dans la cuisine.
18:20Et vous avez passé la soirée seule ?
18:21Absolument.
18:24Vos voisins prétendent avoir entendu
18:25chez vous les bruits
18:26d'une violente bagarre.
18:28Je ne comprends vraiment pas.
18:32Vous n'avez aucun moment
18:33à appeler au secours ?
18:34Mais... non.
18:38C'est bien curieux, tout ça.
18:40Tellement curieux
18:41qu'on se demande
18:41ce qu'on fait, là.
18:42Ce n'est pas le début
18:43de la grosse affaire,
18:44j'en ai peur.
18:45On ne sait jamais.
18:46Un petit fait absurde
18:47comme ça, au départ,
18:49parfois, ça mène loin.
18:50Oui, et puis comment
18:50il n'y a rien à faire, hein ?
18:51Bon, alors,
18:52si vous me disiez
18:53la vérité, maintenant,
18:54vous n'en croyez pas ?
18:55Absolument pas.
18:56Vous croyez plutôt
18:57les voisins ?
18:58Jusqu'à preuve du contraire, oui.
18:59Eh bien, vous avez
19:00presque raison,
19:01monsieur le commissaire.
19:02Il y a bien eu ici
19:03les bruits d'une bagarre.
19:05Dites-donc, vous vous foutez de moi ?
19:06Oh, nullement,
19:06monsieur le commissaire,
19:07je ne me permettrai pas.
19:09Je vais vous expliquer.
19:11Ça m'embête
19:12de dévoiler un truc
19:13qui sera le clou
19:13de mon prochain spectacle.
19:15Oui, je débute demain soir
19:16au concert de Musica.
19:19Vous ne m'avez jamais vu sur scène ?
19:20Non, jamais.
19:21Ah, oui.
19:22Oh, tant pis,
19:22tant pis pour vous.
19:23Eh bien, dans mon dernier spectacle,
19:26je faisais dans la salle
19:26un tour de cartes exceptionnel.
19:30avec vos partenaires
19:32magnétophones.
19:34Tenez, je vais vous expliquer.
19:42Monsieur Fredo,
19:43cette fois-ci,
19:43soyez sérieux,
19:44je ne fais pas d'histoire
19:44avec les dames.
19:45Pendant ce temps-là,
19:46je circulais au premier rang.
19:48Demandez à ce monsieur.
19:49Non, l'autre,
19:50celui qui est à droite.
19:51Oui, il a l'air plus intelligent.
19:53Demandez-lui de couper.
19:55Vous avez saisi ?
19:57C'était tous les soirs
19:58un véritable tour de force.
20:00Il m'a fallu des mois
20:01pour régler le synchronisme.
20:03Une seconde de retard
20:04et tout était fichu.
20:06Ah, quel succès.
20:08Alors, j'ai décidé
20:09de recommencer le truc,
20:10mais dans un numéro d'évasion.
20:12Voilà.
20:14La salle est dans la pénombre.
20:16Je rentre chez moi.
20:17Une bagarre éclate.
20:18Et quand la lumière revient,
20:20je me retrouve solidement
20:21ligoté sur une chaise.
20:22Mais pas pour longtemps.
20:24The great Fredo,
20:26le roi de l'évasion.
20:27In the...
20:29Bon, alors,
20:30si je vous ai bien compris,
20:31la bagarre que vos voisins
20:32ont entendue
20:32est une bagarre
20:33préfabriquée,
20:34enregistrée.
20:35Mais certainement.
20:35Ça coûte moins cher
20:36que les figurants
20:37à chaque séance.
20:38Bien, je vous remercie.
20:39Messieurs,
20:40il ne nous reste plus
20:40qu'à rentrer chez nous.
20:44Oh, mais au fait,
20:46on pourrait peut-être
20:47l'entendre,
20:48cette bande de bagarre.
20:49Elle ne doit pas
20:49être bien loin.
20:50Mais avec plaisir.
21:14Je vous remercie.
21:16Je vous remercie.
21:42Sous-titrage Société Radio-Canada
21:47Qu'est-ce qui se passe ?
21:53Oh, zut alors !
21:57Un accident, je parie.
22:00Je n'arriverai jamais à m'y faire à ces modèles italiens.
22:03En remontant la bande, j'ai tout effacé.
22:06C'est ennuyeux.
22:08Vous vous en serez quitte pour faire un autre enregistrement, voilà tout.
22:12Viens, monsieur.
22:13Monsieur.
22:28Alors, vous y coupez, vous, dans cette histoire de magnétophone ?
22:30Je ne vois pas l'intérêt que ce type aurait de mentir.
22:32Mais il a menti tout le temps.
22:34Tu crois qu'il y avait quelqu'un chez lui avant qu'on arrive ?
22:36Évidemment, quelqu'un qui a filé par l'escalier de service.
22:39Selon toi, il y aurait bien eu bagarre.
22:40Mais j'en suis sûr.
22:41Seulement, les participants ne tenaient pas tellement à ce qu'on s'occupe de leurs affaires.
22:44Mais quelles affaires ?
22:45Mais ça, je n'en sais rien encore.
22:47Vous allez tâcher d'en savoir un petit peu plus sur cet honnête magicien.
22:51Pourquoi fais-tu cette tête-là, Abadie ?
22:53Ça ne t'intéresse pas ?
22:55Moi, tu sais ça ou autre chose.
22:57Oh, mais parfait.
22:57Je ne vous oblige pas, messieurs.
22:59Merci.
23:00Merci beaucoup.
23:01Vous êtes très aimables.
23:02Je m'occuperai de cette enquête tout seul.
23:08Mais quelle enquête ?
23:09Si tu veux, à mon avis, il s'embête tellement qu'il s'est mis l'air des romans policiers.
23:13Mais pas des modernes avec des whisky et des petites pépées.
23:16Non, non, non.
23:16Les vieux trucs, tu sais, avec un mystère à éclaircir.
23:19Pour l'instant, il doit croire au flair, aux intuitions géniales,
23:22puis à ces petits événements sans importance, mais lourds de conséquences.
23:25Mais non, il est comme ça chaque fois que Lambert part en vacances.
23:27Moi, je ne suis pas pour les excès de zèle, mais quand même.
23:29Un bon petit hôte d'un quartier, ça ne fait pas de même.
23:30Un bon petit hôte d'un quartier, ça ne fait pas de même.
24:00Frédolini, le magicien, il sort bien par là aussi ?
24:03C'est-à-dire, quand il vient.
24:05Mais je croyais qu'il devait débuter ce soir.
24:06Si, mais j'ai entendu dire comme ça qu'il s'était fait pour tes malades.
24:10Ah bon ? Je vous remercie, monsieur.
24:30Il est en train de nouveau.
24:31Rien.
24:33T'es sûr qu'il n'est pas sorti ?
24:34Je t'assure.
24:35Sa femme est allée faire le marché.
24:37Elle est revenue il y a dix minutes à peu près.
24:39Qu'est-ce qu'il cherche pendant ça ?
24:40Ça, j'en sais rien.
24:41En tout cas, tu connais la consigne.
24:43Si le magicien sortait, il ne faut pas le lâcher d'un pouce.
24:45Ça peut l'emmener loin, ça.
24:46Tu me regardes les cartes postales ?
24:48Ciao.
25:00Au revoir.
25:401, 2, les bras bien parallèles, tire bien, tire bien, là, là.
25:47Voilà.
25:48Et quand c'est déloi, là, ici, voilà.
25:52Très bien, tirez bien, tirez bien, tirez, on va le donner normalement.
25:56Ah, très bien, comprenez l'intérêt, n'est pas.
26:00Ah, tirez-vous.
26:02Oh, ah, tirez-vous.
26:05Une, deux, c'est bon, pareil, là.
26:08Voilà.
26:09Bonjour, monsieur.
26:11C'est pour la section ?
26:12Non, non, non, non, non, c'est pas bon.
26:13Parfait, parfait.
26:14Vous avez bien fait de vous décider, hein.
26:16Il était temps.
26:17Ah, ah, ah.
26:17Mais rassurez-vous, rassurez-vous, on en a dégonflé des plus gros que vous.
26:21Ah, ah, au début, on vous demandera un peu d'assiduité, hein.
26:24Une heure le matin, une heure le soir, ça ira.
26:26Ah, parfait, par ici, monsieur.
26:29On va passer au bureau et arranger ça pour les horaires.
26:31Ah, Tom, c'est qu'on est un peu débordés ici, hein.
26:34Je vous en prie, venez.
26:41Alors ?
26:42Alors, alors, qu'est-ce que tu veux ?
26:44Je me suis inscrit pour 20 le 100, j'ai même payé un acompte.
26:47Excellente idée.
26:48T'inquiète pas, je te ferai rembourser.
26:50Au besoin, je te rembourserai moi-même.
26:52J'ai l'impression que cette fois-ci, nous tenons le bon bout.
26:56Le bon bout de quoi ?
26:58Suis-moi bien.
27:00Depuis son, enfin, disons son accident, Fredo n'a pas bougé de chez lui.
27:04Il sort aujourd'hui pour la première fois et il file directement à ce gymnase.
27:09Moi, j'ai beau me creuser la tête, j'arrive pas à monter le bourrichon sur cette histoire.
27:13Plutôt sur cette absence d'histoire, hein.
27:15Tu as lu Sherlock Holmes ?
27:16Oh non, non, pas moi, mais mon grand-père, oui.
27:20Bon, au cours d'une enquête, le célèbre détective s'étonne de l'étrange attitude
27:24d'un chien pendant la nuit.
27:26L'inspecteur s'exclame, mais ce chien n'a pas bougé pendant la nuit.
27:31C'est justement ça qui est étrange, conclut Sherlock Holmes.
27:36Tu sais, je voudrais pas te vexer, mais je crois qu'on va faire comme les mauvais garçons, hein.
27:39Eux, ils disent jamais de romans policiers.
27:41Ils en écrivent, c'est pas mieux.
27:43Bref, tu me trouves absurde de vouloir forger une chaîne
27:47dont le premier anneau serait cette bagarre imaginaire.
27:51J'ai pas dit ça, non ?
27:52Tu n'as pas dit ça, mais tu le penses.
27:54Eh bien, elle a dit, enfonçons-nous dans l'absurde.
27:57À partir de maintenant, c'est le propriétaire du gymnase qui m'intéresse.
27:59Débrouille-toi, passe là-bas tout le temps qu'il faudra.
28:02Je sais même pas ce que je vais chercher, hein, tout.
28:05Tu cherches tout, et tu trouves.
28:08Allez, allez, je te fais confiance.
28:26Tu ne me regardes rien.
28:28Mais je me repose sur toi, ma chérie.
28:30Je ne te comprends plus.
28:32Tantôt tu fais des crises de dignité, tantôt tu as l'air de te fiche de tout.
28:38Écoute.
28:43Il vaut mieux que je m'en aille.
28:45T'en as lu ?
28:47Mais pourquoi ?
28:49Loin, très loin.
28:51Tu n'as pas le droit, Raymond, de me traiter ainsi.
28:53Mais qui a-t-il pas, je t'en conjure.
28:56Tu as besoin d'argent, de beaucoup d'argent.
28:59Une vieille dette.
29:02Ah oui.
29:05Oui, une vieille dette.
29:06Mais tu n'as pas confiance en moi, tu ne veux pas que je t'aime.
29:10Non, c'est impossible.
29:12Mais puisque je t'aime, tout est possible.
29:15Oh, mais pourquoi ne veux-tu pas parler ?
29:17Je suis tellement sûre que tu n'as rien fait de moi.
29:25Allo, oui ?
29:28Ah, c'est vous.
29:31Non, je ne peux pas parler de ça au téléphone, mais ça n'est plus qu'une question de jour.
29:35Ce serait une grosse erreur de me prendre pour un crétin.
29:39Vous ne m'aurez pas au finish, monsieur le président, directeur général des gymnases Raymond Rémy.
29:45Et je vais vous dire une bonne chose.
29:48Non seulement vous ne m'aurez pas,
29:50mais si je ne suis pas réglé intégralement d'ici huit jours,
29:54eh bien je vous colle une amende à 20% comme les impôts.
29:57Oui, oui.
29:58Je sors.
29:59Mes hommages à votre charmante épouse.
30:08J'ai peur, Fredo.
30:09Peur de quoi, pauvre idiote ?
30:11Qu'il se tue.
30:13Raymond, se tuer ?
30:16Tu rêves ?
30:18C'est le plus horrible égoïste que la Terre ait jamais porté.
30:22Le centre du monde, c'est lui-même.
30:25Pour lui-même, il a fait effraye n'importe quoi.
30:29Justement, aux yeux de sa femme, il ne le voudra jamais.
30:31Mais au contraire.
30:33Il paiera, je te dis, il paiera.
30:35Je suis le dernier obstacle entre lui et le bonheur parfait, sans crainte et sans remords.
30:40Je te dis qu'il paiera.
30:41Il aurait déjà payé.
30:42C'est qu'il n'a pas l'argent.
30:44Il doit drôlement se décarcasser en ce moment.
30:46Tu peux me croire.
30:47Depuis qu'il a entendu la bande au téléphone,
30:50ils n'ont qu'à passer ça à la belle Hélène.
30:52Il s'est effrayé.
30:53Son héros.
30:54Le chevalier sans peur et sans tâche.
30:57Oh, le cousin.
31:00Ce n'est pas le moment de faire cette tête-là.
31:02On sera riches, Nina.
31:06Fini les tournées miteuses.
31:07J'ai-t-elle gelé.
31:09L'air passant du vide.
31:11Rantier.
31:12Les trois comptes.
31:13Je n'ose pas trop y croire.
31:15Je ne te le promets pas, je te le jure.
31:18Avant la fin du mois, on sera riches.
31:21T'en fais pas.
31:22Ce n'est pas un lapin que je tirerai de mon chapeau ce coup-ci.
31:25Mais la fortune.
31:26Le bonheur, quoi.
31:29Pauvre chéri, tu l'auras assez attendu.
31:35Excusez-moi.
31:37Oh, l'employé du commissariat.
31:39Vous venez m'annoncer une bonne nouvelle.
31:41Non, non, non.
31:42Remontons chez moi.
31:43Non, non, non.
31:44Si.
31:44Non, non, non.
31:44Je ne peux pas.
31:45Vous vous rendrez mieux compte par vous-même de cet horrible d'intamare à côté de ma chambre.
31:48Si.
31:48Non, non.
31:49Non, non.
31:49Non, non.
31:51Non, non, non.
31:52Non, non.
31:53Non, non.
31:54Non, non, non.
31:55Non, non, non.
31:57Non, non, non.
31:58Non, non, non.
32:11Je ne sais pas.
32:12On vous dit que c'est un malentendu.
32:13C'est un malentendu.
32:13Ça peut venir, monsieur.
32:13Mais tu es qui se moque.
32:15Je vous verrai.
32:16Je vous plaindrai.
32:16Ah, alors.
32:24Excusez-nous, monsieur Delune, mais ce pauvre type est vraiment exaspérant.
32:26Il voit des ennemis et des policiers partout.
32:29Il vous a mis en retard.
32:30Non.
32:31Julien.
32:33Occupez-vous de monsieur Delune.
32:34Tout de suite, monsieur.
32:42Où tu veux.
32:44Je vais faire des courses.
32:45Ah.
32:47Il n'y a rien de nouveau ?
32:49Non.
32:50Eh bien, moi, je t'annonce que nous nous employons ici à faire maigrir un inspecteur de police qui s
32:54'est inscrit sous un faux nom.
32:56Qu'est-ce que tu vas chercher ? Qu'est-ce que tu en fais ?
32:58Ah, évidemment, j'en suis pas sûr.
32:59Mais enfin, qu'est-ce qu'il cherche, ça ?
33:03Regarde, c'est le gros, là-bas.
33:06Là, doucement.
33:08Là, alors.
33:09Les bras bien tendus.
33:11En avant-bras sur le bras, tout doucement.
33:15L'autre, maintenant.
33:18Non, je t'assure, il faut que tu changes d'air.
33:21Il y a des moments où je me demande si tu deviens fou.
33:22En tout cas, moi, je deviendrai si ça continue.
33:25Les affaires, moi, je viens, par contre, en voyage.
33:27Julien s'occupera de tout.
33:28En voyage ?
33:29Mais où ? Pourquoi ?
33:30Partout, ce serait la même chose, alors.
33:42Écoutez, madame, il m'est difficile de vous entendre plus avant et à plus forte raison de vous être utile
33:47sans connaître votre identité.
33:49Et comme d'autre part, je n'ai pas qualité pour m'interposer...
33:52Non, non, je vous en prie, écoutez-moi, je suis madame Rémy.
33:54Vous avez peut-être entendu parler ou vu des affiches des gymnases, Raymond Rémy.
33:58Oui, c'est vous, les gymnases ?
34:01Mon mari et moi.
34:02D'ailleurs, c'est de lui qu'il s'agit.
34:05Un danger de menace.
34:07Depuis trois mois, ce n'est plus le même homme.
34:10Auparavant, nous n'avions rien de caché l'un pour l'autre.
34:12Maintenant, je sens autour de nous un secret, quelque chose de terrible.
34:18Parfois, Raymond reçoit des lettres qu'il déchire ou détruit aussitôt, mais chaque fois, je sens que ces lettres sont
34:22pour lui un coup terrible.
34:26D'après ce que vous me dites, on serait tenté de croire que quelqu'un essaie de faire chanter votre
34:29mari.
34:30Mais non, c'est impossible, pourquoi ?
34:32En ce cas, madame, tout ce que je peux vous dire, si c'est un chantage, qu'il refuse de
34:35payer un centime.
34:36Ce serait se livrer pied et poing lié à de nouvelles demandes.
34:39Que faire, mon Dieu, que faire ?
34:41Je pensais que la police...
34:43Oui, oui, oui, la police.
34:45Mais encore, faudrait-il qu'on nous aide un peu.
34:57Je peux vous dire une chose qui me concerne, moi.
35:00Trois fois en deux semaines, on m'a appelé au téléphone.
35:02Il y avait au bout du fil une voix... une voix horrible.
35:06Homme ou femme ?
35:07Oh, entièrement déguisé.
35:10Attendez...
35:10Une voix comme on en entend au cirque.
35:12Une voix de ventriloque.
35:15Tiens, tiens.
35:17Et qu'est-ce qu'il disait, ce ventriloque ?
35:19Des choses incompréhensibles.
35:21Il est toujours question d'une bande.
35:23Et puis on raccroche tout à fait.
35:26La dernière fois, on m'a dit qu'au prochain coup de téléphone,
35:28j'entendrai la bande au bout du fil.
35:31Actuellement, j'ai cru qu'il s'agissait d'une plaisanterie de mauvais goût.
35:34Vous en avez parlé à votre mari ?
35:36Le plus vaguement, le plus discrètement possible.
35:40Je crois qu'il allait avoir une attaque.
35:42Il est devenu comme fou.
35:46Malheureusement, on ne peut pas placer un enregistraire sur votre téléphone.
35:48C'est dommage.
35:50Ce serait pourtant bien précieux d'avoir la voix de ce personnage.
35:54Entrez.
35:59C'était donc vrai ?
36:01Mais qu'est-ce qui se passe ?
36:04Vous êtes de la police ?
36:07Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
36:09T'en fais une tête ?
36:10Oh, je me suis crevé.
36:12J'ai perdu 4 kilos pour la peau.
36:14Puis non seulement je suis allé au gymnase,
36:15mais la femme du type que je serai est là-dedans.
36:17Mais qu'est-ce qui t'arrive ?
36:35Sous-titrage ST' 501 ?
36:40C'est parti.
37:06Évidemment que je t'ai suivi. Seulement, écoute-moi bien.
37:09Tu ne comprends rien et tu n'as pas à comprendre ce qui se passe.
37:12Mais en te mélant de ce qui ne te regarde pas, tu risques de m'attirer les pires ennuis.
37:18Jure-moi que tu ne recommenceras plus.
37:19Oh, je te jure.
37:21Mais comment veux-tu que je vive, te sachant en danger ?
37:23Non, mais ça, c'est mon affaire.
37:25Et une affaire qui sera très vite réglée.
37:28Maintenant, je suis décidé.
37:30Vraiment, j'ai peur.
37:31Qu'est-ce que c'est que cette dame ?
37:33L'inconnu m'a dit au téléphone que la prochaine fois, j'entendrai...
37:36Tu n'entendras plus rien du tout, je te le jure.
37:42Je ne t'aime plus que tout au monde.
37:43Tu ne m'as rien caché de ton passé.
37:47Non, rien.
37:49Essaye d'oublier tout ça.
37:52C'est un mauvais rêve.
37:59Enfin, ça y est.
38:01L'honnêteté est quelquefois récompensée.
38:03Quelle honnêteté ?
38:04La mienne.
38:05Je parle de l'honnêteté envers moi-même, envers toi.
38:09Il y a des gens qui auraient porté cette bande à la police même sans récompense.
38:13Tandis que nous, samedi prochain, on file avec 10 millions en poche et qui ne devront rien à personne.
38:18Tu es sûre qu'il les a trouvées ?
38:19Il les lui a demandées, sans lui expliquer pourquoi, j'imagine.
38:23Et elle, les lui a données comme ça ?
38:24Ah, sûrement.
38:25C'est beau l'amour, bien.
38:28Allant-y, monsieur, un deuxième.
38:30Pardon, madame.
38:30Pourriez-vous m'indiquer le métro, s'il vous plaît ?
38:32Au bout de la rue.
38:33La fortune, la fortune, la richesse, le bonheur.
38:37Un biais, monsieur.
38:38Merci, police.
38:40C'est en règle.
38:41J'ai tous les papiers.
38:42Non, il ne s'agit pas de cela.
38:44Vous fermez votre baraque à quelle heure ?
38:45Je reste le plus longtemps possible.
38:47Ça marche si mal.
38:48Alors, ce soir, vous vous fermez à 6 heures et vous venez au commissariat.
38:52Je viens.
38:53Vous êtes bien, madame Germant.
38:54Oui, oui.
38:55Alors, vous demandez le commissaire français.
38:59Au revoir, madame.
39:03Oui.
39:04On faisait un numéro tous les trois.
39:07Les Squirelles, on nous appelait.
39:09Ça veut dire écureuil.
39:11Il paraît.
39:12Moi, mon nom ne sait que c'était Cynthia.
39:14Cynthia, je m'appelle Julie.
39:18Comment vous m'avez repêché ?
39:19C'est plutôt moi qui pose les questions ici.
39:22Moi qui me croyais oubliée de tout le monde.
39:26Mais qu'est-ce que j'ai fait pour que la police s'occupe de moi ?
39:28Rien.
39:29Nous vous avons simplement rencontré en remontant le passé de Raymond Rémy.
39:34Vous viviez avec lui avant qu'il épouse Hélène Rémy.
39:37Celle-là.
39:39Du jour où il l'a rencontrée, je n'ai plus existé.
39:43Elle était riche.
39:45Et pourtant, il n'était pas bien reluisant, mon Raymond, à cette époque-là.
39:48Bon, si vous commenciez par le commencement,
39:51vous-même étiez mariée, je crois.
39:54Je le suis toujours.
39:57Mais séparée, avec Germant.
40:01C'était lui le voltigeur.
40:04Raymond, c'était le porteur.
40:08Moi, je prenais surtout des pauses.
40:11Je faisais un peu de trapèze.
40:14J'étais plus agréable à voir que maintenant.
40:19J'étais plus jeune.
40:30Et vous étiez heureuse avec votre mari ?
40:34Germant.
40:35C'était plutôt un renfermé.
40:38Moi, j'aimais bien rire.
40:41On ne dirait pas me voir aujourd'hui.
40:43Il vous aimait ?
40:44Ah oui, alors.
40:47Et vous, vous vous laissiez aimer.
40:51C'était un peu ça, oui.
40:54Dites, monsieur le commissaire,
40:55qu'est-ce qu'il a fait, Raymond,
40:57pour que vous ressortiez toutes ces vieilles histoires ?
40:59Mais, il n'a rien fait, n'est-ce pas ?
41:03Sauf qu'avec moi,
41:06enfin, c'est du passé, nous n'en parlons plus.
41:07Mais si, mais si.
41:08Parlons-en, au contraire.
41:10Comment se fait-il que votre vie ait été à ce point bouleversée ?
41:14Ça a commencé quand Raymond...
41:17J'étais autrement, en ce temps-là.
41:20Quand Raymond est tombé amoureux de moi,
41:23à force de travailler ensemble,
41:25je ne m'étais jamais rendue compte.
41:28Mais amoureux fou.
41:30D'abord, je l'ai envoyé promener.
41:34Et puis, il est devenu de plus en plus fou.
41:38Alors, j'ai cédé.
41:39Réponds !
41:40Germain peut venir d'un moment à l'autre.
41:41Alors, réponds, maintenant !
41:43Mais, réponds !
41:44Ne crie pas si fort.
41:46Frédon et Nina sont de l'autre côté du rideau.
41:48Ils vont t'entendre.
41:48Mais je m'en fous, je n'en peux plus.
41:49Je deviens fou.
41:51Je t'aime, tu entends, je t'aime.
41:53Mais c'est impossible.
41:54Mais quoi ? Mais qu'est-ce qui est impossible ?
41:56On ne peut pas continuer comme ça.
41:57Je ne peux plus travailler avec Germain.
41:59Un jour, il finira par tout savoir.
42:00Mais il le sait déjà.
42:01Mais il ne dit rien.
42:02Ah, bien sûr.
42:04Bien sûr.
42:06Il a trop peur de te perdre, Cynthia.
42:07Mais toi, tu ne l'aimes pas.
42:08Tu ne peux pas l'aimer.
42:09Je ne peux pas le quitter.
42:11Bon.
42:14Alors, c'est lui qui te quittera.
42:16Il ne voudra jamais.
42:18Mais réfléchis.
42:20Le jour, nous n'aurons plus Germain entre nous.
42:22Mais nous serons enfin libres, heureux.
42:25Il sera toujours là.
42:27Non.
42:28Il suffit qu'un soir, après son doute le saut périlleux,
42:31je n'allonge pas trop les mains.
42:34Et nous serions enfin libres.
42:37Et ça, je ferai, tu entends ?
42:42Mais tu es fou.
42:44Oui.
42:45Oui, c'est à cause de toi, je te l'ai déjà dit.
42:49Et si j'allais raconter tout ça à Germain ?
42:53Non, tu n'iras pas.
42:55Ah oui ? Et pourquoi ?
43:01Parce que tu m'aimes, toi aussi.
43:06Il suffit qu'un soir, après son doute le saut périlleux,
43:09je n'allonge pas trop les mains.
43:13Et nous serions libres.
43:15Et ça, je le ferai.
43:17Tu entends ?
43:22Heureusement que j'étais bricoleur pendant cette tournée.
43:26Rien que ce petit bout-là, c'est notre fortune.
43:30Toi, tu aurais pu entendre crier pendant 107 ans derrière la cloison
43:33que tu n'aurais pas pensé d'enregistrer les voix.
43:35Je ne comprends même pas ce que tu faisais
43:37avec cet espèce de truc appliqué contre la paroi, alors.
43:40Ce qui a été le plus dur, vois-tu, c'est attendre.
43:45Attendre que Raymond soit riche, qu'il ait les moyens de payer.
43:49Tu vois ?
43:50La patience est toujours récompensée.
43:54Pourquoi Raymond vous a-t-il quitté,
43:56s'il vous aimait autant qu'il le disait ?
44:00La vie.
44:02La Moïse.
44:06Notre numéro qui marchait plutôt mal.
44:09Et puis...
44:11Sans se l'avouer, lui et moi, quelquefois,
44:15il nous arrivait de penser...
44:19à l'autre.
44:20Ça n'arrangeait pas les choses.
44:24Alors...
44:27On restait quelquefois...
44:29plusieurs jours, sans se parer.
44:35Alors, lorsque la belle madame s'est amenée,
44:38elle a l'habitude de se payer tous ses caprices.
44:42Elle en a les moyens.
44:44Sauf que pour Raymond, c'était pas un caprice.
44:47C'était du sérieux.
44:50On était en tournée sur la côte.
44:54Elle, à Saint-Tropez.
44:57Elle venait voir le numéro tous les soirs.
45:00Même dans les endroits les plus minables.
45:03Alors, vous pensez s'il l'a remarqué.
45:05Et après ?
45:08Rien.
45:10Un soir, il est parti.
45:13Avec elle.
45:15Sans même me laisser un mot.
45:19Qu'est-ce que vous avez fait ?
45:22J'ai pleuré.
45:23Comme une gosse.
45:24C'est tout ce que vous avez fait.
45:27Qu'est-ce que je pouvais faire ?
45:30Un numéro, moi toute seule.
45:34Et puis...
45:37J'étais comme cassée.
45:41Alors, j'ai erré par-ci, par-là.
45:47Heureusement qu'on m'a trouvé cet emploi.
45:50La loterie, c'est pas le Pérou, mais...
45:53Ça permet de survivre.
45:55Vous n'avez jamais eu l'idée d'aller retrouver Germain, votre mari ?
45:59Après ce qui s'est passé.
46:02Vous aviez peur ?
46:04Non.
46:06Mais enfin, il ne sait jamais.
46:10Il pense.
46:11Il rumine.
46:13On ne sait pas ce qu'il peut faire.
46:16C'est plutôt de Raymond qu'il essaierait de se venger.
46:18Oh, comment voulez-vous, le malheureux ?
46:21Il est resté infirme.
46:25Il n'y a pas que la violence.
46:28Oh, non.
46:30Non.
46:43Va-t-il, Raymond ?
46:44Ne me laisse pas seule ce soir, je t'en prie, j'ai peur.
46:46Ou alors, emmène-moi.
46:47Non, Hélène, pas maintenant.
46:49Demain, tout sera fini, tout sera clair.
46:51Mais tout quoi ?
46:53Écoute-moi.
46:54Ce soir, nous avons été au cinéma ensemble.
46:56Nous avons vu le dernier film d'Antonioni.
46:58Tu te souviendras ?
46:59Nous l'avons vu la semaine dernière.
47:00Non, ce soir.
47:01Tu m'entends, ce soir.
47:03Et si jamais on t'interroge, tu raconteras tout.
47:05Comment nous sommes un peu disputés parce que nous n'étions pas d'accord sur le film.
47:09Tu te souviendras ?
47:10Oui.
47:10Et après ?
47:11Après, nous nous sommes réconciliés.
47:13Nous avons fait une longue balade en voiture dans la nuit.
47:15Tu te souviendras ?
47:16Oui.
47:17Et puis, tu as vu une cathédrale illuminée.
47:19Tu penses que c'est celle de Chartres, mais tu n'en es pas sûr.
47:22Comme ça, comme distance au compteur, ça ira.
47:23Mais surtout, surtout, nous ne nous sommes pas quittés une seconde.
47:34Réunion, qu'est-ce que tu vas faire ?
47:39Réunion, Réunion, Réunion !
48:11Randonne-la-moi maintenant.
48:13Si tu y tiens.
48:15Tu connais les conditions.
48:17Donnant, donnant.
48:19Tu en as fait faire des copies, bien sûr.
48:22Un simple, tu n'as pas confiance.
48:23Oh non, je t'en prie.
48:24Non, je n'ai pas envie de rigoler.
48:26Seulement, je te préviens.
48:27Ton truc, ça ne marche qu'une fois.
48:31Bon, allez, donne.
48:32Qu'est-ce que tu crois ? Que je vais te doubler ?
48:33Oh, je ne te le conseille pas.
48:34Tu sais, c'est pas une question de force. J'ai pris mes précautions.
48:39Moi aussi.
49:04C'est l'amorce.
49:09Elle est longue, ton amorce.
49:29Alors, c'est lui qui te quittera.
49:30Elle ne voudra jamais...
49:32D'y réfléchis.
49:33Le jour, nous n'aurons plus chèrement entre nous.
49:35Mais nous serons enfin libres, heureux.
49:38Il sera toujours là.
49:40Non.
49:41Il suffit qu'un soir, après son double saut périlleux,
49:44je n'allonge pas trop les mains.
49:49Alors ?
49:50Tu es content ?
49:54Pas encore.
50:00Et ça, je le ferai.
50:02J'entends.
50:05Ça, c'est ça, maintenant.
50:17Pourquoi c'est pas plus gros que ça ?
50:19Ben non, tu sais, en billets de 500, ça va vite.
50:22500 ?
50:23500 nouveaux francs.
50:24Ça vient.
50:26Là, il compte ?
50:31Voisse, on doit.
50:35On se voit.
50:37Un instant.
50:38Un instant.
50:47Un instant.
50:49Un instant.
50:51Un instant.
50:53Un instant.
50:54Un instant.
50:54Un instant.
50:54Ça ne m'intéressait plus, je vous dis.
50:58Je vous trouve bien généreux.
51:00Ou alors, bien philosophe.
51:03J'étais surtout...
51:05très amoureux.
51:07Mais...
51:07quand j'ai compris que Cynthia ne m'aimait plus,
51:10qu'elle était prête à tout pour refaire sa vie avec un autre,
51:14de ce jour, moi,
51:16j'ai plus envie de vivre.
51:21Dites-moi la vérité, monsieur Germant.
51:25De toute façon, elle ne peut plus avoir de conséquences, maintenant.
51:29Mais dans le fond de vous-même,
51:31est-ce que vous croyez que Raymond a voulu vous tuer,
51:33qu'il vous a lâché exprès ?
51:36Je ne le crois pas, monsieur le commissaire.
51:38J'en suis sûr.
51:41Et il n'y a que moi au monde
51:43à pouvoir en être sûr.
51:45Mais il faut être du métier pour comprendre.
51:47Pour ne pas me rattraper,
51:49il fallait qu'il le fasse exprès,
51:51et il l'a fait exprès.
51:54Seulement...
51:55ma certitude ou non rien,
51:57c'était la même chose.
51:58Alors j'ai tout abandonné.
51:59Bien, je vous remercie, monsieur.
52:10Si vous nous aidiez,
52:11je vous assure que votre mari serait venger.
52:14Oui.
52:15Mais il faut tout me dire.
52:17Je n'ose pas.
52:24Allô ?
52:24Non, mais il y a du nouveau.
52:26L'autopsie, d'abord.
52:28Votre magicien a été littéralement tué
52:30à coup de poing
52:30avant d'être balancé sur la route.
52:32Lui qui a fait le coup,
52:33ce n'est pas ce qui l'en réchappe.
52:36On a trouvé sur lui une chose curieuse.
52:39Une bande de magnétophones
52:40sur laquelle est enregistrée
52:42on dirait une scène de vélo
52:44entre une femme
52:45qui s'appelle Cynthia et un anonyme.
52:48Mais le bouquet,
52:49c'est que le nom de la victime,
52:50votre Montaille Fredolini,
52:52figure aussi sur la bande.
53:21C'est la bande.
53:22L'ordure, l'ordure, l'ordure, l'ordure.
53:26Tu as entendu ?
53:29Que je suis bête.
53:31Il n'y a rien à entendre.
53:33C'était ça, la bande.
53:43Madame Rémy, c'est vous ?
53:44Oui, qui a-t-il ?
53:45Il faut que vous veniez
53:46tout de suite avec moi
53:47au commissariat.
53:48Tout de suite ?
53:49C'est urgent.
53:51Je me demande de quoi
53:52il peut bien s'agir.
53:59Tu vas voir qu'il s'agit encore
54:00de notre locataire d'à côté.
54:02Puisque tu sors,
54:02tu penseras à ce que je t'ai dit.
54:05Surtout, n'oublie pas.
54:08Il n'y a pas de danger.
54:08Il n'y a pas de danger.
54:14Merci.
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