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  • il y a 2 jours
DB - 07-03-2026

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Transcription
00:00Musique
00:36Ah, entrez. Bonjour. Bonjour, Françin.
00:41Alors, voilà, Nathalie. Ah, enchanté.
00:45Françin, il va falloir vous faire une raison. Ma femme est absente.
00:47Oui, hier soir, on l'appelle de Bordeaux. Pour un remplacement, elle n'a pas résisté au désir d'aller
00:52chanter le petit duc. Enfin, une fois de plus.
00:54Eh bien, je me fais une raison. Vous connaissez Edmé, ma cousine ? Ah, non ?
00:57Non, eh bien, je lui ai demandé de venir préparer le thé. Pardon. Edmé. Vous verrez, c'est la gaieté
01:05en personne.
01:06Edmé, voici Françin, mon collaborateur et sa fiancée.
01:10Huit fois, j'ai été fiancée. J'étais encore l'année dernière. Je raconterai ça. Mais entrez, entrez, je vous
01:16en prie.
01:17Pardon.
01:26Littéralement mitraillé.
01:27Et encore, et c'est la dérive.
01:29Attention, les Français sont prêts.
01:31Menaçant, ils y vont en force.
01:33Ils sortent la balle par contre.
01:35C'est de là en force. Nous sommes à 5 mai dans une de bûches écossaise.
01:39En tout cas, ils sont mal placés, les Écossais, là.
01:42Mal placés. Et ça va être un essai. Oh, il y a les...
01:46Ah, très joli relais.
01:47C'est la crosse.
01:50Bon viraud.
01:51Dougard.
01:52À nouveau, les Français, il riront.
01:54La douce.
01:55Comme un raviraud.
01:57Cachatain.
01:57Qui bonit face.
01:58Piqué.
02:00Et là, Brouillard est là.
02:02Reprend la balle.
02:03Et ça repart.
02:04Et ce véritable artifice qui termine.
02:09Allô ?
02:10Bonjour, mon chéri.
02:12Bonjour, ma.
02:13Ça va ? Tu t'ennuies pas ?
02:15Non, ma.
02:16Ah, qu'est-ce que tu fais en ce moment ?
02:18Je travaille mon violon.
02:19Ah, très bien. Ça marche ?
02:21Coussous, coussons.
02:22Bon. Ah, une heure de violon, pas de plus.
02:25Non, ça, ça te fatigue. Promis ?
02:27Promis, ma.
02:28Bon. La fenêtre est ouverte ?
02:30Non.
02:31Oh, ben pourquoi tu l'ouvres pas ?
02:33Je sais pas.
02:34Ben voilà. Alors, il fait beau.
02:36Bon, je vais l'ouvrir.
02:38Bon.
02:50Voilà, c'est fait.
02:52Parfait, Eric.
02:53T'es un gentil garçon, mon chéri.
02:55Bon, alors, je rentre à 7h.
02:57Ne mets pas de désordre dans l'appartement, hein.
02:58J'ai touché à rien.
03:00Bon, non, me rase, mon piqué.
03:01C'est l'heure.
03:03Au revoir, moi.
03:08Bon.
03:12Bon.
03:23Merci.
03:47Merci.
04:01Nathalie a été élevée à la Martinique.
04:03Son père y était percepteur.
04:05Non, la Martinique.
04:08Ça doit être agréable de vivre là-bas.
04:10Oui.
04:12Il y a la télévision.
04:14Je connaissais une chanson antillaise.
04:17Ben moi un Thibaut, deux Thibauts, trois Thibauts.
04:21J'ai oublié l'air. Comment était-ce déjà ?
04:23Vous savez, Nathalie aime surtout la musique classique.
04:25Chopin, Wagner...
04:26Ah, Wagner.
04:28Encore un peu de charlotte aux fruits.
04:31Non ?
04:32Si, si, vous ne mangez pas.
04:36Parlez-nous de la Martinique.
04:41Oh, ben...
04:42Il doit y avoir des plages où l'on peut se baigner toute l'année.
04:45Oui.
04:47Ce n'est pas dangereux.
04:50Les vagues, les requins...
04:54Il faut dire que Nathalie est si peu sportive.
04:56Elle ne sait pas nager.
04:57Eh bien, moi non plus.
04:59On dit que c'est utile de savoir nager.
05:01Oui, peut-être quand on se baigne, mais sinon...
05:05Et Paris, ça vous plaît ?
05:07Oui.
05:08Oui, beaucoup.
05:11Angers m'a dit que vous faisiez des études.
05:14Oui.
05:16Quel genre d'études ?
05:17Nathalie suit des cours dans un institut de diététique.
05:20Ah bon ?
05:22Et ça lui servira ?
05:23Ah ben oui.
05:24Dans deux ans.
05:26Elle donnera des cours à son tour pour expliquer aux gens ce qu'ils doivent manger.
05:29Enfin...
05:30En fonction de leur santé.
05:32Ah, bravo.
05:33Et où donnerez-vous ces cours ?
05:34En France ?
05:35Ah ben non.
05:35Justement, Nathalie aimerait enseigner dans un pays sous-développé.
05:39Moins qu'elle ne change d'avis d'ici là.
05:45Mme Sorbonnier.
05:46Oui, qu'est-ce qu'il y a ?
05:48Un assassin dans la maison.
05:50Un assassin ?
05:51Oui, il y a tout, Mme Normand.
05:53Mme Normand, du cinquième gauche ?
05:55Oui.
05:55J'avais escaladé la séparation.
05:57J'ai tout vu.
05:58Et pourquoi avais-tu escaladé cette séparation ?
06:01Pour récupérer une de mes bagnoles.
06:02Le cadavre, par terre, allongé.
06:05Un cadavre ?
06:06Mais c'est pas possible.
06:08L'assassin avait un revolver.
06:10Je suis descendue avant lui.
06:11Il est encore dans la maison.
06:12Oh, un revolver.
06:14L'assassin.
06:15Mon dieu, mon mari qui n'est pas là.
06:17Faut prévenir la police.
06:18Oh, mais oui, tu as raison.
06:19Courbitte.
06:2012 rue Nordier.
06:21Demande du commissaire Lambert.
06:22Dimanche, il est chez lui.
06:2412, Lambert ?
06:25Oui.
06:26Moi, je vais surveiller la porte.
06:28Personne ne quittera l'immeuble.
06:32Nathalie, si on laissait les hommes entre eux ?
06:36Venez.
06:37Je vais vous montrer un sac que j'ai acheté hier.
06:38Non, mais ça n'intéresse peut-être pas mademoiselle.
06:40C'était un vrai texte.
06:43Il est très important dans une société organisée
06:46qu'après les plaisirs de la table,
06:47les hommes et les femmes se séparent.
06:49On n'en bavarde que mieux.
06:52Vas-y, vas-y, mon chéri.
06:58Elle est charmante.
06:59Elle n'est pas bavarde, mais charmante.
07:01Elle est un peu intimidée.
07:03En tout cas, elle ne parle pas à la légère.
07:05De toute façon, je ne supporterai pas.
07:07J'aime qu'une femme soit discrète, pondérée.
07:10Ah ben là, vous êtes servie.
07:11Non, ne vous moquez pas d'elle.
07:12C'est une fille adorable.
07:13Elle est très dévouée.
07:14Mais sans doute.
07:15Moi, je ne pourrais pas épouser une bavarde.
07:17Ce que je cherche...
07:17C'est le contraire de ma femme.
07:19Voilà.
07:19Elle n'a pas dû entendre.
07:24Vous m'excusez, hein.
07:33Monsieur Lambert ?
07:34Oui ?
07:35Faut que vous veniez vite.
07:36On a une femme dans ma maison.
07:38Dans ta maison, ou ça ?
07:39Fais un re-soigné.
07:40C'est la concierge qui m'envoie.
07:41Mais elle a découvert le corps ?
07:42Non, c'est moi.
07:43Et j'ai vu l'assassin aussi.
07:47Un crime re-soigné ?
07:48Ah oui, j'ai entendu.
07:50Non mais c'est...
07:51C'est sérieux, hein.
07:52Tu ne nous racontes pas des blagues.
07:53Oh non, monsieur.
07:54J'oserai pas.
07:55Allez, viens.
07:56L'assassin.
07:57On va voir l'assassin.
07:58J'ai guetté, j'ai guetté.
07:59Personne n'est sorti.
08:00Oh, quelle histoire.
08:00C'est qu'il est fou.
08:06Police !
08:07Ouvrez !
08:42Allez, venez.
08:51Elle était là, étendue contre le fauteuil.
08:54Et toi, où étais-tu à ce moment-là ?
08:55Ici.
09:00Bien sûr, la fenêtre était fermée.
09:03Et qu'est-ce que tu faisais ici ?
09:04J'étais chez moi.
09:06Une de mes voitures est passée sous la grille.
09:08J'ai enjambé, voilà.
09:10Voilà.
09:12Tu es certain qu'elle était morte ?
09:14Bien sûr.
09:15Tu en as déjà vu des morts ?
09:16Oui, beaucoup.
09:17Où ça ?
09:18Dans les films américains.
09:28L'homme était là.
09:30Du bel compte, j'ai vu ses pieds.
09:32Il tenait le revolver à la main.
09:33Vous ne me croyez pas ?
09:35On voudrait bien, mais...
09:37Tu es sûr que tu n'avais pas fait un pari avec un petit camarade.
09:40Parce que si c'est ça, tu as gagné.
09:42Allez, il est encore temps de nous dire la vérité.
09:44Mais j'ai dit la vérité.
09:45Toute la vérité, je vous le jure.
09:52Bonjour, monsieur.
09:54Que se passe-t-il ?
09:56Monsieur ?
09:57C'est monsieur Normand, le locataire de cet appartement.
09:59Ah, monsieur Normand, oui.
10:00Commissaire principal Lambert.
10:02Monsieur.
10:02Nous avons pénétré chez vous à la suite d'un témoignage concernant votre femme.
10:06Un témoignage concernant ma femme ?
10:08Oui, votre jeune voisin qui se trouvait, paraît-il, sur le balcon a cru voir dans cette pièce un homme
10:12revolver à la main et une femme allongée par terre.
10:15Ma femme ?
10:15Non, non, rassurez-vous, il ne semble pas qu'il se soit passé ici quoi que ce soit d'anormal.
10:20Mais ma femme, où est-elle ?
10:22Non, ça nous l'ignorons. Quand nous sommes entrés, l'appartement était vide.
10:31J'arrive demi-lange. Je ne devais rentrer que demain matin.
10:41Monsieur Normand est dans les assurances. Il voyage beaucoup.
10:44Non, mais dans la police, nous avons l'habitude de ces déclarations d'enfants plus ou moins mythomanes. Nous y
10:50attachons peu d'importance.
10:55C'est vrai que tu as vu ma femme ? Réponds-moi.
11:04Vous voyez bien.
11:06Ma femme devrait être là.
11:07Mais elle n'attendait pas votre retour. Elle a pu s'absenter.
11:23Non.
11:24C'est impossible.
11:26Ma femme aime rester à la maison, seule, à coudre, à s'occuper de son intérieur.
11:35Quand l'avez-vous vue pour la dernière fois ?
11:37Ce matin. Elle revenait de faire ses courses. Elle avait acheté des poireaux, même que je lui ai dit. J
11:41'en ai acheté moi aussi.
11:49J'en ai acheté.
11:49Croyez-moi, Monsieur Normand, il n'y a pas lieu de s'inquiéter.
11:53Mais non, ce... ce môme nous a joué un tour.
11:56Bon, bien entendu, nous restons à votre entière disposition. Excusez-nous.
12:01Allez, viens.
12:09Eh bien, moi, quand j'avais 12 ans, j'allais raconter aux voisins que c'était l'anniversaire de ma
12:13mère et que je n'avais pas un sou pour lui offrir des fleurs.
12:15Alors, il me donnait de l'argent et avec, j'allais à l'opéra.
12:18À l'opéra ? Vous ?
12:20Ah oui, j'aimais beaucoup l'opéra.
12:21Vous savez, à Toulouse, c'est normal. Il n'y avait que ça.
12:24Alors, on se trouvait avec des copains en bande au Capitole le samedi soir.
12:27Mais vous deviez être un enfant turbulent, non ?
12:29Ah, plutôt, oui.
12:31L'été, mes parents prenaient toujours leurs vacances dans une pension de famille à Palavas-les-Flots.
12:36Et comme ils voulaient être tranquilles pendant les repas, ils m'envoyaient manger tout seul au restaurant d'en face.
12:42Eh bien, moi, j'avais toujours les prix d'excellence.
12:45Pour bonne conduite.
12:46Ah, tu vois. Comment t'appelles-tu déjà ?
12:49Eric.
12:49Ben, tu vois, Eric. Monsieur Lambert était un bon élève et aujourd'hui, il est commissaire principal.
12:54Et moi qui étais un mauvais élève, je ne suis que commissaire adjoint.
12:58Moralité.
12:59Je ne crois jamais flic.
13:02Non, je ne les écoute pas.
13:03C'est bon ?
13:04Si tu en veux encore, dis-le-moi et on reste à la cuisine.
13:07Et vous, Nathalie, étiez-vous dissipée ?
13:10Non.
13:12Moi, j'étais sage.
13:14Mais mon frère aîné, si vous saviez, il voulait être au clochard.
13:17Clochard ?
13:19Il partait la nuit pour dormir au coin des rues, afin de s'entraîner.
13:24Les policiers nous le ramenaient à peu près deux fois par semaine.
13:27Alors là, il racontait qu'il avait vu un grand balafré qui dépassait une petite fille.
13:32Et pendant trois jours, les policiers ramassaient tous les balafrés.
13:36Et qu'est-ce qu'il est devenu, votre frère ?
13:37Il habite New-York.
13:39C'est un jeune romancier, c'est en vogue.
13:41On n'avait pas d'autres sujets de conversation.
13:43Ce pauvre enfant va lui donner des complexes.
13:45Mais non, mais sa mère au téléphone m'a dit 6 heures, il est 6 heures 20, elle ne va
13:48pas tarder.
13:51Elle travaille, sa mère ?
13:53Oui, monsieur.
13:54Où ça ?
13:54Dans un salon de thé, blessure.
13:56Ah, ben dis donc, ça doit être chouette pour toi, pour les gâteaux.
13:59Et elle t'emmène quelquefois ?
14:00Non, je ne veux pas.
14:01Pourquoi ?
14:02Dans ce machin, il n'y a que des vieux.
14:06J'y vais.
14:12Oh, je suis navrée, désolée. Vraiment, vous causez tout ce fracas et un dimanche, encore, je ne sais plus où
14:16j'ai la tête. En venant dans le métro, je me suis trompée de correspondance.
14:19Ben, mon béquet, tu es sorti avec ton chandail troué, alors qu'il en avait le marine tout neuf à
14:22la maison.
14:23Oh, cet enfant m'en raffole.
14:24Non, mais il ne voulait pas rester seul chez vous. J'ai cru bon de l'amener ici et de
14:27vous appeler.
14:27Monsieur le commissaire, vous êtes trop gentil. Trop vraiment, je ne sais pas comment m'excuser.
14:31Non.
14:31Il ne se rend pas compte.
14:32C'est quand même pas si grave.
14:32Et pourtant, je vous jure, il a tout ce qu'il faut pour être heureux. Je lui passe tous ses
14:36caprices. Pas vrai, Eric ?
14:37Allons, mon petit poussin, dis-leur comme je suis une bonne maman. Hein ? Dis-leur, mon chéri.
14:41Eh ben, alors, tu leur dis vous, non ?
14:43Oui.
14:43Oh, il m'en fait voir de toutes les couleurs.
14:46Songez, monsieur le commissaire, que sa distraction favorite, c'est de réveiller les gens en sursaut.
14:50Alors, la nuit, il prend le bottin et il téléphone au hasard.
14:52Et s'il ne trouve personne, c'est moi qui le réveille.
14:54Enfin, qu'est-ce que vous me conseillez, monsieur le commissaire ?
14:56Ah, je ne sais pas, je n'ai pas d'enfant.
14:57Oh, il met des piégears dans les tiroirs, alors on cherche quelque chose et claque.
15:00Pourquoi tu as fait ça à ta petite maman qui t'aime tellement, mon chéri ?
15:02Eh, je ne sais pas.
15:03Un jour, il a essayé de me convaincre qu'on avait arrêté notre concierge pour trafic d'armes.
15:07Et que dans la cave, elle cachait des munitions en les mettant dans les bouteilles vides.
15:11Oh, quoi, c'était pour rire.
15:12Oh là, pour rire, il n'a que ce mot-là à la bouche.
15:14Alors, mon chéri, sois gentil, dis la vérité au monsieur et on rentre à la maison. Hein ?
15:18Tu l'as inventé toute cette histoire, n'est-ce pas ?
15:19Non, ça n'est pas vrai, il n'y a pas un cadavre chez nos voisins.
15:22Tu as menti ?
15:23C'était pour rire ?
15:25Oui.
15:26Eh ben voilà, j'aime mieux que ça.
15:29Remarquez, ce n'est pas un méchant gamin, la preuve, il finit toujours par dire la vérité.
15:33Oh, je t'aime bien quand même, mon pouce.
15:36Oh, je suis confise. Vraiment, je suis confise, je ne sais pas comment m'excuser.
15:39Non, non, au contraire, mais cela met un point final à cette affaire.
15:42En tout cas, comptez sur moi pour le gronder, parce que ça, je sais être sévère quand il le faut.
15:46Pas vrai, mon petit bichet ?
15:48Le pauvre petit chéri à sa maman. Alors, on s'en dit le dimanche.
16:08Je suis confise.
16:13Ma femme a pris rendez-vous pour moi par téléphone.
16:16Ah, oui. Ah oui, vous venez porter plainte, c'est simple ça, oui.
16:21Viens.
16:23Si vous voulez me suivre, s'il vous plaît.
16:32Je vous en prie, asseyez-vous, monsieur.
16:39Je tiens à préciser que je ne suis ici que par suite d'une mise en demeure de ma femme.
16:45Si je vous dis cela, c'est parce que je me rends compte du ridicule de ma démarche.
16:50Si je vous écoute...
16:53Ma femme adore les animaux.
16:56Dans nos trois pièces cuisine au douzième étage, nous avons déjà huit chats, deux chiens, cinq canaris, un piroquet et
17:01quatorze poissons rouges.
17:06Vous me promettez de ne pas vous moquer de moi.
17:08Vous savez, cher monsieur, nous sommes habitués aux plaintes les plus aux grenues, alors.
17:14Quand nous partons en voyage, ma femme confie ces animaux à des amis.
17:18C'est ainsi que, récemment, notre perroquet a fait un séjour d'un mois chez un de mes collègues de
17:22bureau.
17:23Monsieur Naz.
17:25Oui.
17:31Je ne sais pas, monsieur, si vous avez déjà eu un perroquet.
17:35Jamais.
17:37Eh bien, le perroquet, surtout le perroquet cendré.
17:42Pour bien lui apprendre à parler, il faut l'éduquer soigneusement dès sa naissance.
17:46C'est ce que nous avons fait.
17:49Trois heures par jour, il travaillait sur micro-sillon.
17:52C'est ainsi que nous avons pu obtenir de lui qu'il interprète la première partie de l'Ataccio d
17:58'Albinoni.
17:59C'est amusant, ça.
18:01Non, monsieur, ce n'est pas drôle.
18:04Nous avons donc confié ce perroquet à un ami et...
18:08Depuis, il chante, monsieur, des chansons de corps de garde dont je n'oserai pas répéter les paroles.
18:15À ce point, nous avons tout essayé pour le remettre sur la voie du classique.
18:19Songez, monsieur, qu'il étudiait la suite en ré de Bach.
18:23Et que depuis, il s'y flotte le gorille de Brassens.
18:28Alors, ma femme a décidé de porter plainte contre monsieur Naze.
18:32Ce qui me met d'ailleurs dans une horrible situation vis-à-vis de ce collègue de bureau
18:35qui m'a fait si obligément proposer de garder le perroquet.
18:39Il n'y aurait pas une autre solution.
18:42Si c'était moi, oui.
18:43Le perroquet, je lui fais son affaire et on n'en parle plus.
18:47Pourquoi ne pas l'échanger avec un autre ?
18:49Je l'ai vainement proposé à Estelle.
18:52Estelle, c'est ma femme.
18:54Ça me paraît un peu léger d'entamer une telle procédure.
18:57Vous savez que les frères ne savent pas.
18:58Vous ne connaissez pas Estelle.
19:00Quand j'ai le malheur d'oublier d'acheter du mou pour les chats,
19:03elle porte plainte à la société protectrice des animaux.
19:05Elle m'a déjà fait condamner trois fois pour sévisser mauvais traitements.
19:08À la quatrième, j'irai en prison alors.
19:15Je préfère attaquer M. Naz.
19:18C'est pour un passeport.
19:19Bon, ben...
19:23Allons-y, hein.
19:45Bonjour, monsieur. C'est pour un passeport.
19:46Non, je désire parler à M. le commissaire Lambert.
19:49Ah, bon, je vais le prévenir. C'est de la part de qui ?
19:51M. Normand.
19:54Allô, patron ? M. Normand voudrait vous voir.
19:59Bonjour, je reçois tout de suite.
20:00Bien.
20:01Il vous attend si vous voulez me suivre.
20:09Bonjour, M. Normand.
20:10Bonjour, M. le commissaire.
20:11Assieds-vous, je vous en prie.
20:18Je n'ai pas dormi de la nuit.
20:20Elle n'est pas rentrée.
20:23Par acquis de conscience, j'ai téléphoné à différents amis.
20:26Aucun d'entre eux n'a pu me donner de ses nouvelles.
20:32Depuis quand étiez-vous parti en voyage ?
20:35Mercredi, mais je lui ai téléphoné tous les soirs.
20:37Et au téléphone, comment était-elle ?
20:39Adorable.
20:45Ben, généralement, quand on quitte son mari, on le prévient de sa décision.
20:51Ne pensez-vous pas qu'il pourrait y avoir une autre raison à sa disparition ?
20:56Vous faites allusion au témoignage de l'enfant.
21:00Je ne sais pas. Je ne comprends plus.
21:03Non, parlez-moi franchement, M. Normand.
21:05Entre elle et vous, il n'y avait pas de nuages.
21:07Mais non, au contraire.
21:09Marié depuis longtemps ?
21:10Près de trois ans.
21:11Et pour votre métier, vous vous absentez souvent ?
21:14Ben, ça dépend. Il m'arrive de voyager.
21:16Je travaille dans une compagnie d'assurance.
21:18J'enquête sur les vols afin de savoir, dans certains cas, s'ils nous devront rembourser.
21:22Détective privé, en quelque sorte ?
21:23Oui, un peu. Mais agent d'affaires en même temps.
21:27Bon, eh bien, je vais signaler la disparition de votre femme.
21:32Voyons, quel est son nom de jeune fille ?
21:34Monique Lalande.
21:36Quel âge a-t-elle ?
21:3729 ans.
21:39Brune, blonde ?
21:40Châtain.
21:42Les yeux ?
21:43Claire.
21:45Grille, bleu.
21:48Elle a de la famille ?
21:50Non, elle a été élevée par l'assistance publique.
21:54Avant son mariage, elle travaillait ?
21:56Oui, je crois.
21:58Où ça ?
21:59Dans une boutique.
22:01Une boutique de quoi ?
22:06Je ne me rappelle pas très bien, mais elle a changé plusieurs fois alors.
22:11Oui.
22:13Vous l'avez connue comment ?
22:15Chez des amis.
22:17Vous les voyez toujours ?
22:18Non, non, ils n'habitent plus en France.
22:23Vous avez une photo d'elle ?
22:27Non.
22:29En cherchant bien chez vous.
22:32Non, je vous assure, je n'ai pas de photo de Monique.
22:37Mais vous ne me facilitez pas la tâche.
22:40Enfin, je vais essayer de me débrouiller.
22:41Je suis désolé.
22:43Je vous demanderai de m'excuser, mais j'ai un rendez-vous.
22:46Non, non, je vous en prie, voyons.
22:53Monsieur.
22:57Sa femme n'est pas rentrée.
22:59Le témoignage du petit et la disparition de Madame Normand le même jour, ça, c'est une trop belle coïncidence.
23:05Vous voulez que je prévienne Martial ?
23:06Non, attendez, non, non.
23:11Je veux d'abord retourner interroger l'enfant.
23:43Qui est là ?
23:45Le commissaire Lambert.
23:47Tu es tout seul ?
23:49Allez tout le temps, je travaille.
23:51Ouvre-moi, j'ai hâte de parler.
23:53J'ai rien à te dire.
23:54Eric, si tu ne m'ouvres pas, moi je vais chercher les gendarmes.
23:57Bon.
24:03Bonjour Eric.
24:11Tu fais tes devoirs ? C'est bien ça ?
24:15Si je pouvais m'en passer ?
24:20Eric, je sais maintenant que tu disais la vérité hier à propos de Madame Normand et de l'homme au
24:26revolver.
24:26C'est vrai ? Comment le savez-vous ?
24:29Tu veux m'aider dans mon enquête ?
24:31Le revolver que tenait le type était un 7,65.
24:35Tu es sûr ?
24:35J'ai un bouquin sur les armes à feu. Je repère tous les calibres.
24:39Bravo. Bon, alors, reprenons tout à zéro.
24:41Alors, raconte-moi d'abord ce que tu as vu hier.
24:47Je ne dirai rien à un moment.
24:48Non, promis.
24:52Résumons nous.
24:56L'enfant a dit la vérité, mais rien ne prouve que la femme était morte.
25:01On en aurait trouvé des traces.
25:03Peut-être était-elle tout simplement évanouie.
25:07Bon, on va se partager le travail.
25:10Mareuil, allez à Orly pour vous assurer que Normand revenait bien de Milan.
25:14Bon. Moi, je me charge de la concierge et vous, alors, les hôpitaux, la morgue, enfin, la tournée habituelle.
25:32Qu'est-ce que c'est ?
25:33Il se battait en pleine rue.
25:36Vous vous battiez. Et pourquoi ?
25:38Ça, je voudrais bien le savoir.
25:40Je faisais appel à la charité des passants quand il m'a sauté dessus.
25:44Etant sans engagement depuis quelque temps, je me trouve dans la pénible obligation de chanter aux terrasses des cafés.
25:49Tandis que j'interprétais quelques morceaux de mon répertoire, cet individu...
25:53Individu toi-même ?
25:54Cet individu derrière mon dos faisait la quête pour son propre compte, vous imaginez.
25:59Un hasard ? Une coïncidence ?
26:01Je n'avais pas repéré qu'il chantait.
26:04D'abord, je suis un peu sourd.
26:06Et puis, il a un si petit filet de voix.
26:08Ah, permettez, j'ai toujours chanté sans micro.
26:10Eh bien, t'attends ! Au moins, on t'entendrait.
26:12Vous avez des papiers d'identité ?
26:13Pourquoi lui d'abord ?
26:15Parce que...
26:16Ah bon ?
26:17J'ai mieux que des papiers.
26:20Comme vous le voyez, je m'appelle Fantax, avec un X.
26:24Ça, c'est quand j'étais en saison au petit casino, avant-hier.
26:27Je chantais...
26:29Le corps, les blis d'or, la voix des chaînes.
26:32Si vous rêvez d'amour dans les forêts prochaines...
26:36Vous êtes trop jeunes pour connaître.
26:39Ça suffit, hein ?
26:41Pas de ma faute.
26:42C'est un attique.
26:44C'est tout ce que vous avez comme papier d'identité.
26:46Mais on me reconnaît bien là-dessus.
26:48Tenez, regardez.
26:51C'est vous, ça ?
26:53Belle marquise, si mon visage a quelques traits un peu vieux...
26:57Souvenez-vous qu'à mon âge, vous le vaudrez guère mieux.
27:05Vos papiers.
27:08Voici.
27:12Profession Maréchal Ferrand.
27:13Ben oui.
27:14C'est ce qui explique que je suis en chômage.
27:17Forcément à Paris.
27:18De quoi vivez-vous ?
27:19De la charité.
27:20C'est interdit par la loi.
27:21La charité, c'est interdit ?
27:23Je ne savais pas.
27:24La charité, non, mais la mendicité.
27:26Je me disais aussi...
27:28Vous avez de l'argent sur vous ?
27:29Non.
27:30À cause de ce corneau.
27:31En se bagarrant, on a paumé tout le frit.
27:33Moi, corneau !
27:34Moi, j'ai chanté devant le roi d'Espagne.
27:35Ah, le pauvre vieux !
27:37Combien avez-vous d'argent sur vous ?
27:39Je prends un sou.
27:41Bon, très bien.
27:42Vagabondage tous les deux.
27:43Emmenez-les au poste.
27:43Demain, on verra.
27:44Moi, fantaxe.
27:45Une nuit au violon.
27:47On pourra me réveiller demain matin ?
27:49Parce que je fais les mariages à la Madeleine.
27:51À 9 heures.
27:52Non, mais vous plaisantez.
27:53Bon, bon, je n'insiste pas.
27:56Misère.
27:57N'ont qu'une éducation, ces grands-hommes.
27:59Après vous.
28:00Caruzzo.
28:12Je peux entrer ?
28:13Oui, oui.
28:15Je suis toute retournée, vous le versez.
28:17Qu'est-ce qui vous arrive ?
28:18Vous avez lu les journaux ?
28:20Torchons brûlent à la cour d'Angleterre.
28:22Ah oui, oui.
28:23Je viens à propos de Monsieur Normand.
28:25Chez lui, ça ne va pas fort non plus.
28:26Sa femme n'est toujours pas rentrée.
28:28Madame Charbonnier, dimanche, entre le moment où le petit Eric vous a prévenu et celui où nous sommes arrivés, vous
28:34n'avez vu sortir personne ?
28:35Personne ?
28:36Non mais personne, vraiment, comprenez-moi, c'est très grave.
28:38Je suis restée sur le port de la porte avec un fer à repassé à la main tellement j'avais
28:41peur.
28:43L'immeuble comportait-il une autre issue ?
28:45Ah non, il n'y a pas d'escalier de service.
28:47C'est-à-dire que tout le monde doit passer devant votre loge ?
28:50Tout le monde.
28:51Bon, très bien, je vous remercie.
28:56Espérons que ça va s'arranger à Buckingham Palace.
29:02Oui, il y a une fiche de débarquement au nom de Normand.
29:06Le voici.
29:10L'avion venait de Milan ?
29:11Oui, de Milan.
29:13Très bien, merci.
29:19Alors, l'appareil est arrivé à quelle heure ?
29:21À 15h30.
29:22Il n'a pas eu de retard, vous êtes sûre ?
29:24Non, non, il s'est même posé à 15h28 avec deux minutes d'avance.
29:29Merci.
29:34Rien dans les hôpitaux, rien à la morgue, rien dans les garnis.
29:37Tout au moins sous ce nom-là.
29:42Allô ?
29:42Monsieur Normand.
29:44Au téléphone ?
29:45Non, ici.
29:46Ah bon, faites-en entrer.
29:48Encore ? Qu'est-ce qu'il veut ?
29:51Il y a quelque chose de bizarre dans ce gars.
30:00Monsieur Normand, entrez.
30:04Asseyez-vous.
30:06Je suis venu vous demander d'arrêter les recherches.
30:09Votre femme est rentrée ?
30:10Non, mais j'ai trouvé une lettre, écrite avant son départ.
30:14Deux jours après, comment cela se fait-il ?
30:16La lettre était sur mon bureau dimanche, sans faire attention, je l'ai cachée avec un dossier.
30:21La voici.
30:23Vous permettez ?
30:24Je vous en prie, vous lisez.
30:27Mon chéri, quand tu trouveras cette lettre, je serai parti très loin.
30:30Je t'en supplie, ne cherchez pas à me retrouver, tout est beaucoup mieux ainsi.
30:34Adieu, Monique.
30:36C'est bien son écriture.
30:38Oui.
30:41Vous comprendrez, dans ces conditions, c'est pas la peine.
30:44Mais bien entendu.
30:45Je remercie beaucoup d'avoir essayé de m'aider.
30:48Non.
30:52Je vais quand même continuer l'enquête.
30:54Après tout, vous êtes un confrère, il est tout naturel que je vous donne un coup de main.
30:58Non, mais on finira bien par retrouver l'adresse actuelle de votre femme.
31:02Je ne veux pas le savoir.
31:03Ah, longtemps, on dit ça dans un moment de découragement et puis après on le regrette.
31:06Non, non, laissez-moi faire.
31:09Vous me l'apprêtez ?
31:10Non, non, mais pendant 24 heures.
31:14Oui, si vous y tenez.
31:15Merci, pardon.
31:22Tout est beaucoup mieux ainsi. Adieu, Monique.
31:29Bon, je voudrais que tu m'examines cette lettre.
31:31Avec quel point de vue ?
31:32Savoir si l'écriture est simulée, enfin le rapport complet.
31:34C'est urgent.
31:35Tu parles.
31:38L'avion s'est posé très exactement à 15h28.
31:48Quand l'enfant a vu la scène par la fenêtre, il était 5h moins 5.
31:52Moi, je suis arrivé dans l'appartement avec Francin 20 minutes plus tard.
31:56C'est-à-dire quelques instants avant Normand.
31:591h45 pour venir d'Orly, c'est beaucoup.
32:00Non, mais c'est beaucoup, mais enfin c'est possible.
32:02Imaginez qu'il ait attendu sa valise longtemps au bagage, pris l'autocar, cherché vainement un taxi aux Invalides.
32:07Non, il a pu aussi arriver à son domicile 20 minutes plus tôt.
32:10Mais l'enfant a-t-il donné des détails sur l'homme au revolver ?
32:13Non, non, non.
32:15Non, il n'a vu qu'une seule chose, le revolver.
32:19Un 765, paraît-il.
32:25Normand arrive une demi-heure avant nous.
32:27Il a le temps de tuer sa femme et de cacher le corps en le faisant disparaître quelque part dans
32:31la maison.
32:32Puisqu'à ce moment-là, il n'a pas pu l'en sortir.
32:35Après quoi, il remet son appartement en ordre
32:39et profite de ce que nous sommes montés avec la concierge pour quitter l'immeuble.
32:43Peut-être même n'en est-il jamais sorti.
32:46Quelques instants plus tard, il réapparaît devant nous sa valise à la main.
32:49Reste à trouver les preuves.
32:50Non, mais ne soyez pas si pessimiste, voyons.
32:52Tenez, voilà Francin qui nous les apporte.
32:57La lettre.
32:58Quoi, c'est pas sa femme qui l'a écrite ?
32:59Si, si.
33:00Seulement, elle l'a écrite il y a longtemps.
33:02Plus d'un an.
33:03Peut-être même trois ou quatre.
33:04Enfin, c'est impossible à fixer exactement.
33:05Mais voilà pourquoi il a mis deux jours à la trouver.
33:14En nous apportant cette lettre qu'il savait ne pas être récente,
33:17M. Normand a voulu accréditer le soi-disant départ de sa femme.
33:20Mme Normand est-elle morte ?
33:22L'a-t-il tuée pour quel motif autant de questions qui restent sans réponse ?
33:25Oui.
33:28Nous sommes d'accord pour ne pas mettre en cause le témoignage de l'enfant et de la concierge.
33:31Ah bah oui.
33:33A priori, ils n'ont ni l'un ni l'autre des raisons de nous embrouiller.
33:36Eh bien, ça vaudrait peut-être la peine de plonger dans le passé de Mme Normand.
33:40Nous avons son nom de jeune fille, Monique Lalande.
33:42On peut remonter la filière.
33:44Oui, c'est une bonne idée, occupez-vous-en.
33:46Mais j'ai remarqué, ça vous amuse toujours de vous occuper des antécédents d'une femme.
33:50Non, pas trop, moi je disais ça si vous préférez le...
33:52Ah non, non, non, faites-le.
33:54Bon, moi, pendant ce temps-là, je vais m'amuser à inverser le problème.
33:59Au lieu de chercher comment, morte ou vivante, Mme Normand a pu quitter l'immeuble,
34:02j'essaierai de trouver comment elle a pu y rester, où et chez qui.
34:06Enfin, enquêter auprès des autres locataires.
34:08Normand avait peut-être un complice.
34:10Ben, nous saurons tout ça bientôt, hein.
34:12Ah ben, rendez-vous demain ici à 7h pour faire le point.
34:15Entendu, papa.
34:24...
34:42Mariage.
34:44Monsieur Normand Jean-Claude, né le 23...
34:50Ah non, le 21.
34:56Je ne peux pas lire, c'est trop bien écrit.
34:58Il n'y a aucune importance, c'est passé.
35:01Vous ne voulez pas savoir où il est né ?
35:02Non.
35:03Mariée à Mlle Lalande, Monique.
35:07Mariée à Mlle Lalande, Monique.
35:09Mais c'est ça, oui.
35:10Quel était le domicile d'un marié ?
35:12Le domicile.
35:16Voyons, voyons.
35:20Hôtel de Provence.
35:21Rue Pigalle.
35:23Rue Pigalle.
35:24Oui, merci.
35:24C'est tout ce que je voulais savoir.
35:28Pressé, celui-là.
35:30À cette époque-là, mon bon monsieur, j'habitais encore dans l'Aveyron.
35:38Parmi votre personnel, vous ne voyez pas qu'il aurait pu avoir connu Monique Lalande ?
35:42Aussi, le veilleur de nuit.
35:43Il dort, mais réveillez-le, frappé fort.
35:46Chambre 47, au dernier étage.
35:48Merci, madame.
35:53Ouais.
36:00Bonjour, monsieur.
36:06Roger.
36:07Oh, Freddy.
36:08C'est pas vrai.
36:10Avec ta norme, je te reconnaissais pas.
36:11Mais qu'est-ce que tu fais là ?
36:12Tu vois, je dors.
36:15Ah, dis-donc, tu m'en as rendu des services quand je débutais.
36:21Un portier de boîte, ça, c'est forcément des choses.
36:23Tu regrettes pas trop le quartier ?
36:26Raconte un peu, t'es marié, t'as démouflé ?
36:29Ni femme, ni enfant.
36:31Non.
36:31J'aurais pas cru.
36:33Tu peux parler, toi.
36:34Moi, j'étais né pour être célibataire, pas toi.
36:37Remarque, c'est pas les occasions qui manquent.
36:39Toutes les nanas du coin, elles s'en rêvent.
36:41Épouser un veilleur de nuit pour rester la plante.
36:44Il y a longtemps que tu bosses ici ?
36:45Cinq ans.
36:46C'est pas trop monotone, non ?
36:47Tu verris.
36:51Je suis comblé.
36:53Un job idéal, je ne fais rien.
36:55Et puis, tu me connais.
36:57Si je me couche avant le lever du jour,
36:59je suis pas tranquille.
37:03Bon, c'est pas tout ça.
37:05Ta visite est intéressée.
37:07Vas-y.
37:09Monique Lalande, ça te dit quelque chose ?
37:12Nous voyons voir le rayon démonique.
37:16Lalande, j'y suis.
37:18Plutôt farouche, patouche.
37:20Bonjour, bonsoir du bout des lèvres.
37:23Attends un peu.
37:24Elle avait une copine qui jutait encore ici l'année dernière.
37:29La Montblisette, une danseuse de cancan à numéro.
37:32Mais fais gaffe.
37:33Si tu lui offres un verre, elle te quitte pas pendant trois mois.
38:01Entrez.
38:07Bonjour, mademoiselle.
38:09Police.
38:10Non, vous êtes de la grande liaison comme papa.
38:12Oh, quelle bonne surprise.
38:13Je viens vous parler de votre camarade Monique Lalande.
38:15Asseyez-vous.
38:16Merci.
38:21Papa aussi, il était gardien de la paix.
38:23Et il l'est toujours ?
38:24Non.
38:25Un jour, il couvre après un bus et crache qu'il l'a raté.
38:28Ah oui, et alors ?
38:29Alors qu'il est tombé, un camion passé, un peu près, il est mort.
38:32Oui, je vais mieux pas en parler.
38:34Il manquait de patience, ça a perdu.
38:38Moi, la patience, j'en ai.
38:40Ah oui.
38:41Monique Lalande, vous vous souvenez ?
38:43Oui, qu'est-ce qu'elle devient ?
38:46Justement, je venais vous le demander.
38:48Hé !
38:49Vous connaissez pas quelqu'un qui pourrait me pistonner pour le gala annuel de la police ?
38:52On s'offrait tellement plaisir là-haut à papa si je chantais quelque chose pour ses copains.
38:57L'année dernière, j'avais passé une audition.
38:59Mais paraît que mes chansons étaient trop osées.
39:02Quand avez-vous vu Monique Lalande pour la dernière fois ?
39:05Oh, dites-donc, faites bien votre boulot.
39:07Répétez un peu comment vous avez dit.
39:10Monique Lalande, la dernière fois.
39:12Monique, c'est une vache.
39:14Elle et moi, on était les deux bois de la main.
39:15Puis un beau jour ?
39:17Il y a trois ans.
39:18Elle disparaît comme ça du jour au lendemain, plus rien.
39:20Alors, moi, j'étais inquiète.
39:21Je cavale à l'institut de beauté où elle travaillait, manucure.
39:24Mademoiselle avait raflé son salaire et bye-bye.
39:26Je ne sais pas des manières.
39:29Vous dites depuis trois ans ?
39:33Oui, à peu près.
39:36Et depuis ?
39:37Depuis, rien.
39:39Il y a longtemps que vous êtes flic.
39:41Vous que ce n'est pas un flic, ce n'est pas péjoratif.
39:42Papa le disait toujours.
39:44Par contre, il y a des appellations qu'il n'aimait pas.
39:45Les bourgs et les connes, l'aïwaïe rouge.
39:49Quel genre de fille c'était, Monique ?
39:51Mais qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
39:53Les femmes ont les toutes les mêmes.
39:56Elle avait d'autres amis que vous ?
39:58Non.
39:58Son gros béguin, c'était Antoine.
40:00Un champion du 421.
40:01Ah ! Antoine comment ?
40:03Son ancien ami, je ne l'ai jamais su.
40:06Il le gardait pour les intimes.
40:10Vous m'invitez à dîner ?
40:12Impossible, en m'attendant.
40:15Alors, revenez ce soir pour la revue.
40:17Je dis ça, mais pas un peu.
40:18Heureusement parce que j'ai pas beaucoup de mémoire.
40:22Parlez-moi encore d'Antoine.
40:24Oh, ce que vous êtes un patient.
40:26Exactement comme papa.
40:27Ça doit être le métier qui le fait.
40:35Mais ici, c'est un appartement ?
40:37Oui, un studio.
40:38Et qui habite là ?
40:39Personne.
40:40Enfin, un monsieur qui ne vient jamais, ou presque.
40:43Et vous croyez qu'il est là, à ce moment ?
40:44Oh, non.
40:45Il a loué ça pour ses bonnes fortunes.
40:47Il doit pas en avoir beaucoup.
40:48Vous avez les clés ?
40:49Oui.
41:03Dites-moi, d'ici, on peut rejoindre la rue ?
41:05Oui, bien sûr.
41:07Le locataire, comment s'appelle-t-il ?
41:09Monsieur Valentin.
41:10Il loue au mois.
41:11Depuis combien de temps ?
41:13Oh, un trimestre, même pas.
41:14Venez voir, patron.
41:15Quoi donc ?
41:16Des cheveux.
41:18Des cheveux châtains.
41:20Madame Normand est châtain, n'est-ce pas ?
41:21Oui.
41:23Oh, vous pensez tout de même pas que Madame Normand trompait son mari avec Monsieur Valentin ?
41:28Pour emportez-les, on les fera examiner.
41:29Quel âge de locataire ?
41:31Oh, 30 ans.
41:33Le genre Richard Burton.
41:35Vous a-t-il donné une autre adresse ?
41:37Non.
41:37Quand l'avez-vous vu pour la dernière fois ?
41:41Oh, attendez, c'est facile, je suivais la messe à la télé.
41:45Dimanche ?
41:45Ah ben, le jour de la disparition de Madame Normand.
41:48Oui.
41:49Quelle coïncidence.
41:52Normand avait un complice.
41:54Il arrive une demi-heure plus tôt à Orly.
41:56À deux, ils descendent le cadavre ici.
41:58Et la nuit suivante, ils le sortent par la fenêtre.
41:59Ça, c'est simple comme bonjour.
42:02Un cadavre ?
42:03Chez moi, au rez-de-chaussée.
42:05Comme dans les cinq dernières minutes.
42:24Sous-titrage ST' 501 ...
42:38Monsieur France, ça fait une paye.
42:41Quand tu parles, c'était hier.
42:43Regarde mes cheveux blancs.
42:46Alors, toujours dans la limonade ?
42:47Jusqu'à la retraite, l'année prochaine.
42:51Dis donc, Antoine, tu le vois toujours ?
42:56Antoine, je ne connais pas.
43:01Un de tes clients, il venait jouer au 421 tous les soirs, il y a trois ans.
43:05Je ne vois vraiment pas.
43:06Cherche bien, il paraît même que quand tu t'absentais, tu lui laissais les clés.
43:10Je ne vois pas.
43:11C'était ton meilleur ami.
43:12Je ne vois toujours pas.
43:15Fiancé à une manucure, Monique Lalonde.
43:17En sortant de son travail, il voulait le retrouver ici.
43:20Les femmes, moi, je les confonds.
43:21Écoute, Rodolphe, continue pas à faire le mariage.
43:23Rodolphe, moi, j'ai de quoi fermer ta boîte.
43:26Antoine.
43:28Antoine Samari.
43:30Bien sûr que je le connais.
43:33Tu as son adresse ?
43:36C'est à moi que tu demandes ça.
43:38Oui, pourquoi ?
43:39Tu devrais la connaître mieux que moi.
43:41C'est-à-dire ?
43:42Antoine, vous l'avez à le payer.
43:44Il est au ballon.
43:45Pour quel motif ?
43:46Comme d'habitude, erreur judiciaire.
43:49Salut.
43:53Samari Antoine.
43:56Libéré le 3 janvier dernier.
43:58Il a tiré combien de temps ?
44:00Pas tout à fait trois ans.
44:01Tu as des détails ?
44:03Attends, on va chercher le dossier.
44:06Je ne te vois plus autant d'en souvenir.
44:07C'est moi qui l'ai cramaté.
44:10Au restaurant.
44:11Au bois de Boulogne.
44:13Voilà.
44:15Quatre cambriolages avec vol de bijoux,
44:17tous dans le 16e.
44:18Un complice maroile.
44:20Toujours Antoine, lui, pour participation à Hold Up.
44:23Ils avaient un indique qu'ils leur opéraient les couilles.
44:25Ils ne l'ont jamais donné.
44:29Un témoignage de monsieur Normand.
44:31Normand ? C'est pas vrai.
44:33Normand, Jean-Claude ?
44:34C'est lui.
44:36Attends, j'y suis.
44:40Normand avait été chargé comme agent d'assurance
44:42d'enquêter pour le compte d'une des victimes.
44:45Il nous avait aidé.
44:47J'y vois de moins en moins clair, moi.
44:49Normand et Samari ?
44:51Ça, alors, c'est formidable.
44:54C'est lui, le locataire du rez-de-chaussée.
44:56Monsieur Valentin.
45:00Allons-y.
45:01Où allez-vous ?
45:03Bavarder avec monsieur Normand.
45:05Vous me tiendrez au courant.
45:28Vous permettez ?
45:37Nous avons quelques renseignements à vous demander.
45:39Oui.
45:41Vous m'excuserez, mais je ne me sens pas très bien.
45:43J'ai eu un malaise.
45:45Assiez-vous ?
45:46Oui.
46:01Vous avez tué votre femme.
46:03Moi ?
46:04Mais ce n'est pas vrai.
46:05Je vous défends.
46:06Vous n'avez rien à me défendre.
46:07Non, non, mais c'était absurde.
46:08Enfin, pourquoi l'aurais-je tué ?
46:09Justement, nous sommes venus vous le demander.
46:10Vous vous trompez.
46:11Vous vous trompez.
46:21Allô ?
46:23Allô ?
46:28Allô ?
46:30Vous attendiez un coup de film ?
46:32Non, pourquoi ?
46:33Asseyez-vous.
46:38Vous connaissez cet homme ?
46:44Dans quelles conditions avez-vous rencontré votre femme ?
46:47C'est-à-dire ?
46:49Comment l'avez-vous connu ?
46:53Et si je refuse de répondre ?
46:59Votre agressivité ne facilite pas notre tâche, mais puisqu'il en est ainsi, nous nous permettrons, cher monsieur, de vous
47:05préciser certains points.
47:09La lettre, soi-disant d'adieu de votre femme, elle a été écrite il y a bien longtemps.
47:21Je n'ai rien à me reprocher.
47:23Et je n'ai pas tué ma femme.
47:24Vous l'avez déjà dit.
47:25Quatre cambriolages dans le 16e arrondissement.
47:27Des bijoux volés.
47:28Votre assurance vous charge d'une enquête.
47:29Vous transmettez vos conclusions à la police.
47:31Antoine Samari et son complice, Maroual, sont arrêtés.
47:33Alors vous niez tout ça ?
47:36Non.
47:37Samari voulait bien rencontrer à cette époque.
47:39C'est bien possible.
47:39Pourtant sur la photo, vous ne l'avez pas reconnue.
47:41On voit tellement de monde.
47:42Ah oui, quoi, oui, oui, oui.
47:44Je me suis occupé de cette affaire et après.
47:46Quel rapport avec la disparition de ma femme ?
47:47Il y a trois mois, à sa sortie de prison, Antoine Samari a loué un studio dans cette maison, au
47:51rez-de-chaussée, sous le nom de monsieur Valentin.
47:54Coïncidence ?
47:55Coïncidence.
47:56Je l'ignorais.
48:01Puisque vous vous obstinez à ne pas parler, moi je veux vous dire ce qui s'est passé.
48:04Primo, vous voulez vous débarrasser de votre femme.
48:06Mais ce n'est pas vrai !
48:08Secondo, vous retrouvez Antoine Samari à sa sortie de prison.
48:11Depuis l'affaire des cambriolages, vous le connaissez, c'est un truand qui ne recule pas devant la salle besogne.
48:16Vous vous fabriquez un alibi, votre retour de voyage.
48:19Malheureusement, un enfant a vu la scène à travers cette fenêtre.
48:22Enfin pourquoi ? Pourquoi ? C'est insensé !
48:28Avouez monsieur Norman, cessez cette comédie ridicule.
48:31Ou alors expliquez-nous comment il se fait que votre femme connaissait Antoine Samari avant son mariage.
48:34On vous écoute ?
48:35Il y a trop de coïncidence dans cette affaire, trop d'invraisemblance.
48:38Si vous persissez dans votre attitude, nous allons répondre nous-mêmes à toutes les questions.
48:40Je vous garantis qu'on vous gardera pendant 48 heures et alors vous fuiterez par parler.
48:43Mais je ne peux pas !
48:44Je ne peux pas.
48:54Allez-y.
48:55Non.
49:03Allo ?
49:04Allo, Norman ?
49:05Le rendez-vous est pour 3 heures pile cet après-midi.
49:09Salut.
49:18C'était Antoine, hein ?
49:20Ton complice ?
49:21Qu'est-ce qu'il vous veut ?
49:23Ah ben réponds.
49:24Réponds, monsieur le commissaire !
49:26Je n'ai rien à vous dire.
49:28Rien.
49:30Laissez-moi.
49:33Il faut que j'aille à ce rendez-vous.
49:35Rassurez-vous, on vous accompagnera.
49:37C'est impossible.
49:38Vous ne comprenez pas.
49:39Décidément, vous n'y mettez pas du vôtre.
49:44Écoutez, laissez-moi quelques heures.
49:46Je vous promets qu'avant ce soir, vous connaîtrez toute la vérité.
49:49Je vous le promets.
49:50Je vous le jure.
49:51Parce que vous, vous imaginez qu'on va vous laisser filer comme ça ?
49:53Pour aller prévenir la petite frappe et vous faire la malle tous les deux.
50:00Ma femme n'est pas morte.
50:02Ah.
50:03Enfin, on se décide d'avoir confiance en nous.
50:06Où est-elle ?
50:08Je ne sais pas.
50:10Allons, Normand, un peu de courage.
50:17Il y a trois ans, quand j'enquêtais sur ces vols de bijoux, j'ai fait la connaissance de celle
50:22qu'allait devenir ma femme.
50:25J'en suis tombé amoureux.
50:30Quand j'ai rédigé mon rapport, j'ai... j'ai volontairement passé sous silence le rôle qu'elle avait joué.
50:34C'était elle, la décadrice ?
50:36Oui, enfin... à deux reprises seulement.
50:41Elle était manucure, alors...
50:43Quelquefois, elle était appelée au domicile de Jean Fortuné.
50:46C'est une erreur de jeunesse.
50:49Monique est une fille formidable, vous savez.
50:51Formidable.
50:52Sa mari vous a accusé de l'avoir fait coffrer.
50:54Non, du sueur pour rien.
50:56Au service, en on seul le mérite.
51:03Récemment, sa mari est sortie de prison et je l'ignorais.
51:08Dimanche dernier, en mon absence, il est venu chez moi.
51:11Il a voulu emmener ma femme.
51:14Elle l'a résistée.
51:16Il l'a menacée avec un revolver.
51:19Il l'a assommée.
51:20C'est à ce moment que le gamin a perçu la scène.
51:23Et puis, il l'a entraînée dans l'appartement du rez-de-chaussée.
51:28Le lendemain, il m'a réclamé deux millions pour prix de son silence.
51:33Faute de quoi, il tuait Monique.
51:42J'ai réuni la somme.
51:44J'irai à ce rendez-vous.
51:50Mais pourquoi avoir tant tardé pour nous mettre au courant ?
51:53Mais je veux retrouver Monique.
51:55Et cette lettre que vous nous avez apportée au commissariat ?
51:59C'était pour que vous ne vous mêliez pas de cette affaire
52:00tant que je ne l'avais pas retrouvée ma femme.
52:02Et d'où provenait cette lettre ?
52:04Monique l'avait écrite il y a trois ans.
52:06Elle était destinée à Samarie.
52:09Je l'avais empêchée de l'envoyer parce que
52:11il était déjà soupçonné.
52:14Où avez-vous rendez-vous ?
52:17Je ne vous le dirai pas.
52:19Vous risqueriez de tout gâcher.
52:23Je veux retrouver ma femme vivante.
52:24Vous m'entendez ? Vivante !
52:26Vous pourrez m'entendre un piège ?
52:27Jamais ! Jamais ! Vous n'avez pas le droit !
52:30Vous ne direz plus rien.
52:32Plus rien.
52:34Vous me tueriez plutôt.
52:49C'est parti !
53:07Allez-y.
53:42Allez-y.
54:15Allez-y.
54:37Allez-y.
54:37Allez-y.
54:38Allez-y.
54:39Allez-y.
54:40Allez-y.
54:41Allez-y.
54:54Allez-y.
55:20Allez-y.
56:48Allez-y.
57:21Pourquoi ? C'est toujours la même chose, la peur du mariage au dernier moment ?
57:24Non, c'est pas la raison.
57:26Et qu'est-ce que c'est la raison ?
57:27Elle s'appelle Catherine, elle a 25 ans et elle est hôtesse de l'air.
57:31Bon, ben alors amener Catherine.
57:33C'est peut-être un peu tôt pour la présenter à votre femme.
57:35Ah non, non, non, avec vous elle a l'habitude.
57:36Bon, alors à demain.
57:37Merci.
57:37A demain.
57:41Et bien sûr.
57:43A demain.
57:44Bon, il a bien raison.
58:12Sous-titrage MFP.
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