00:00L'édito politique sur Europe 1 avec Le Figaro, bonjour Karl Méhus, bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:05Ce matin vous revenez Karl sur l'intervention d'Emmanuel Macron à la télévision hier soir,
00:09plutôt clair, plutôt sobre, dans la situation de l'équilibriste, le président,
00:13et qui veuille à ne pas tomber de son fil malgré la guerre qui s'était en Moyen-Orient.
00:17Oui, c'est l'impression qu'il a donnée hier soir dans son allocution solennelle depuis son bureau de l
00:21'Elysée,
00:22avec un exemplaire bien en évidence d'un ouvrage de Pablo Neruda.
00:26C'est évidemment tout sauf un hasard, vous l'avez noté aussi, si le président a mis en avant un
00:30livre du poète de la paix.
00:32Au quatrième jour des bombardements américano-israéliens, Emmanuel Macron a d'abord voulu rassurer les Français.
00:38Son intervention était claire et courte, je me permets de le souligner parce que ça n'a pas toujours été
00:42le cas dans le passé.
00:44Face à une situation chaotique et évolutive, il a usé d'un ton neutre et calme pour montrer qu'il
00:49restait maître
00:50de ce sur quoi il avait prise, en l'occurrence, la sécurité de ses compatriotes.
00:54Il a donc pris soin de préciser d'une part que le rapatriement des 400 000 Français bloqués dans la
00:59région et qui veulent rentrer
01:00était en cours, les premiers sont arrivés dans la nuit, et d'autre part qu'il avait demandé au gouvernement
01:05de renforcer le dispositif de protection militaire sentinelle et la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées
01:12en France.
01:12Tout en appelant à la reprise des négociations diplomatiques pour ramener une paix durable dans la région,
01:18Emmanuel Macron a dû annoncer le déploiement de nouvelles armes, des avions rafales,
01:22des systèmes de défense antiaérienne, des radars aéroportés, la frégate, le Languedoc, au large de Chypre.
01:28Il a également donné l'ordre au porte-avions Charles de Gaulle de se rendre en Méditerranée.
01:32Mais malgré l'annonce de ce déploiement des forces au Moyen-Orient,
01:35on a bien senti un président de la République davantage sur la défensive.
01:39Oui, mais est-ce qu'il avait vraiment le choix dans ce contexte ?
01:42Vous avez raison, il n'avait pas le choix et peut-être pour trois raisons.
01:45Tout d'abord, Donald Trump ne lui a pas laissé le choix.
01:48Le président américain ne l'a pas prévenu du démarrage des bombardements en Iran,
01:52contrairement au premier ministre anglais.
01:54L'Elysée a beau jeu de dire aujourd'hui que la France n'a pas été surprise par cette attaque,
01:58il n'en reste pas moins qu'elle s'est retrouvée devant le fait accompli.
02:01Ensuite, les Iraniens cherchent à entraîner tout le monde dans le chaos.
02:04En ciblant les bases françaises, ils contraignent la France à riposter,
02:07ce qu'elle a fait en détruisant les drones, a annoncé le président de la République,
02:10mais en légitime défense.
02:12Enfin, nos accords avec certains pays de la région,
02:14les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït,
02:17obligent la France à agir également.
02:18Mais défensivement, a là encore insisté Emmanuel Macron,
02:22qui veut surtout éviter d'être entraîné dans un engrenage
02:25qui lui ferait perdre son équilibre.
02:26Mais est-ce que vous pensez qu'il pourra maintenir cette position d'équilibre,
02:30car c'est une vraie question ?
02:30C'est toute la question, c'est l'enjeu des prochains jours.
02:33La France veut éviter de se retrouver cobelligérant d'un conflit qu'elle n'a pas souhaité.
02:37Mais elle doit aussi protéger ses citoyens, ses amis et ses intérêts économiques menacés par l'Iran.
02:42Il est aussi difficile de vouloir se maintenir à équidistance des uns et des autres.
02:46Certes, le président l'a rappelé, les États-Unis et Israël n'ont pas respecté le droit international.
02:51Mais en face, l'Iran est quand même l'un des pires régimes du monde
02:54qui massacre son peuple, déstabilise des pays et encourage le terrorisme.
02:58Il n'est qu'à voir les réactions sur place en Iran
02:59pour comprendre qu'une majeure partie de la population attendait avec impatience la fin de ce régime.
03:04En s'opposant à Donald Trump qui voulait s'emparer du Groenland,
03:07Emmanuel Marcon avait marqué des points sur la scène internationale,
03:10autant que sur la scène politique française d'ailleurs.
03:12La partition est plus compliquée aujourd'hui pour lui.
03:14Il reste malgré tout une boussole
03:16qui permet de dire que le président est peut-être dans la bonne direction.
03:19Et cette boussole, c'est la réaction de Jean-Luc Mélenchon à l'intervention d'hier soir.
03:24Le patron de la France Insoumise a écrit
03:26« Il est pénible d'entendre le président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahou.
03:32Le cessez-le-feu immédiat et l'urgence politique,
03:35ce devraient être le mot d'ordre de la France.
03:37Macron n'en dit rien. »
03:39Tout compte fait, si ça a déplu à Jean-Luc Mélenchon,
03:42un fatigable pourfendeur d'Israël et défenseur de l'Iran,
03:46c'est peut-être qu'Emmanuel Macron est sur la bonne voie.
03:47L'édito politique sur Europe 1, merci beaucoup Karl Méhus.
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