00:00Il est 7h19 sur Europe 1, place à l'édite au écho.
00:03Bonjour Olivier Babaud.
00:06Olivier, vous n'êtes pas là, vous n'êtes pas avec nous.
00:08Où est-il ?
00:09On recherche Olivier Babaud désespérément.
00:12Écoutez, je vous propose, sans plus attendre,
00:14on va passer à l'heure...
00:15Ah bah s'il est arrivé, attendez.
00:17Ce sont les jouets du direct.
00:19Voilà, je suis là. Bonjour Anissa, bonjour Dimitri, bonjour à tous.
00:22Bonjour Olivier.
00:23C'est un coup des Iraniens, on ne saura jamais.
00:25Ce matin, avec vous, une question très concrète, Olivier,
00:28avec les opérations militaires en Iran, justement.
00:30Qu'est-ce que ça change pour notre facture d'énergie ?
00:32Bon Dimitri, je n'ai pas des super nouvelles ce matin.
00:34Pour l'instant, ce sont les marchés qui réagissent à la peur de la pénurie.
00:37En trois jours, le baril a nettement monté.
00:39Le Brent a franchi les 85 dollars pour retomber à 83 dollars.
00:42Mais enfin, avec le détroit d'Ormuz et les nouvelles,
00:45malheureusement, on peut être assez pessimiste.
00:47Pourquoi l'Iran fait autant bouger les prix à la hausse, Olivier ?
00:50Donc c'est cette raison très simple, ce fameux détroit, 33 kilomètres de large.
00:54C'est un goulot d'étranglement stratégique.
00:55On estime qu'environ 20% des flux mondiaux du pétrole et de gaz y transitent.
00:59Donc dès que la zone devient dangereuse, tout le monde paie,
01:01une sorte de prime de risque.
01:03Les navires ralentissent, contournent, les assurances augmentent
01:06et certains armateurs carrément évitent la zone.
01:08Et donc ce n'est pas seulement l'Iran produit du pétrole,
01:10c'est l'Iran peut bloquer la route.
01:12Oui, c'est surtout ça.
01:13Il y a un deuxième mécanisme,
01:14les attaques et contre-attaques qui touchent des infrastructures.
01:17Quand des sites de production ou d'exportation sont visés,
01:19même temporairement, le marché se dit si ça dure.
01:22Résultat, le prix du brut grimpe,
01:24mais aussi les carburants déjà raffinés comme le diesel et l'essence.
01:27Donc ça veut dire quoi concrètement à la pompe pour les Français ?
01:29Bon, deux choses.
01:30D'abord, la hausse du brut finit par se voir à la pompe.
01:32Il y a un décalage qui va de quelques jours à quelques semaines.
01:34Ça dépend des stocks.
01:35Mais la France a beaucoup de taxes fixes dans le prix du litre,
01:38à peu près 50% de ce que vous payez à la pompe.
01:40Donc ça amortit un peu les variations du baril,
01:42mais sans les annuler.
01:43Ensuite, le vrai risque, ce sont les produits raffinés.
01:45Comme j'ai dit, si le diesel flambe plus vite que le brut,
01:47puisque c'est deux marchés différents,
01:48les prix à la pompe peuvent réagir plus fortement.
01:50Ah oui, on a eu des plus 5, plus 10 centimes
01:51en l'espace de 24 heures dans certaines stations de service.
01:54Et alors sur le gaz, le chauffage, l'électricité,
01:56quelles conséquences ?
01:57Le gaz peut réagir très vite
01:58si le marché anticipe des perturbations de GNL dans la région.
02:01On a déjà vu des tensions fortes sur les prix du gaz en Europe,
02:04avec des hausses très marquées sur certaines séances,
02:06dans le sillage, des attaques et des arrêts de production.
02:08Même si l'électricité française est moins directement indexée sur le gaz qu'avant,
02:12une Europe où le gaz renchéri,
02:13c'est une Europe où la production marginale coûte plus cher,
02:15ça finit par peser sur les prix, au moins sur les marchés de gros
02:18et sur l'activité économique.
02:19Donc l'énergie plus chère, ça veut dire de l'inflation, Olivier.
02:23Exactement, c'est ça qu'il y a à voir derrière.
02:24Pas seulement l'essence et le gaz,
02:25c'est tout ce qui dépend du transport qui devient plus coûteux,
02:27le fret maritime, l'air, rien, la logistique.
02:29Derrière, toutes les entreprises répercutent une partie de ces coûts.
02:33C'est pour ça que les marchés financiers surveillent ça de très près.
02:35Énergie plus chère égale inflation plus tenace,
02:37égale taux d'intérêt qui baisse moins vite.
02:39Est-ce qu'on doit se préparer à un baril au-dessus de 100 dollars ?
02:42Alors ça, c'est le scénario escalade.
02:43Plusieurs analystes évoquent la possibilité d'un baril à trois chiffres
02:46si la situation se durcit,
02:47notamment si le trafic à Hormuz reste durablement perturbé
02:50ou si d'autres infrastructures sont touchées.
02:52Et le scénario moins grave ?
02:54Ça, ce serait la désescalade.
02:56Si les opérations se stabilisent,
02:57si le détroit reste praticable,
02:59la prime de risque peut retomber.
03:00Quoi qu'il en soit, il faut retenir
03:01que quelques jours de tensions militaires
03:03peuvent suffire à renchérir l'énergie,
03:05donc à peser sur le pouvoir d'achat et la croissance,
03:07même sans rupture totale d'improvisionnement sans pénurie.
03:09Signature Europe 1, Olivier Babaud.
03:11Merci beaucoup Olivier.
03:12Bonne journée.
03:13Bonne journée.
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