00:00Frédéric, parce qu'on a dit que nous passions ces deux heures sous le signe de la pédagogie.
00:06Frédéric qui habite Maubeuge.
00:08Bonjour Pascal.
00:09Bonjour, vous êtes retraité.
00:11C'est ça, mes respects en général.
00:13Vous avez fait l'armée Frédéric ?
00:16Oui, oui, oui, moi j'ai fait 6 ans.
00:17Vous avez fait 6 ans d'armée ?
00:19Ah bah oui.
00:21Mais pourquoi vous avez fait 6 ans, vous étiez engagé ?
00:23Oui, bien sûr, oui, bien sûr.
00:25Et vous étiez engagé dans quelle arme ?
00:27La Légion.
00:28Ah oui, la Légion étrangère.
00:31Mais pourquoi ? Qu'est-ce que vous aviez fait ?
00:33Non, rien dit tout.
00:35Rien dit tout.
00:37Mais je reconnais votre voix, vous êtes notre ami Boucher.
00:40Voilà.
00:40Qui a mis sa femme au travail pendant que vous, vous reposez.
00:44Voilà, bah là, maintenant ils ont trouvé la solution, mon petit-fils là.
00:48Oui, mais j'ai bien compris, vous nous appeliez régulièrement, bien évidemment.
00:53Alors, est-ce que vous avez une question, et c'est toujours intéressant,
00:56les questions des auditeurs, parce qu'elles peuvent même parfois nous surprendre ?
00:59Question pour le général Clermont, Frédéric.
01:02Alors, mon général, vous pensez-vous pas que le fait d'avoir mis en la tête de votre pays des
01:07mots du genou,
01:08est plutôt incapable qu'autre chose ?
01:11Je vous confirme que les questions ne peuvent nous surprendre.
01:15Ce ne sont pas les questions habituelles des gens.
01:18Non, c'était pas la question.
01:19Elle nous a plutôt affaiblis, parce qu'effectivement, l'Iran avec l'arme nucléaire, c'était inimaginable.
01:25Parce que aussi bien ces gens-là aiment bien la mort, nous on aime bien la vie.
01:28La différence, elle est là.
01:29Alors, laisser une bombe, n'importe quelle bombe nucléaire entre leurs mains,
01:33qui est suicidaire.
01:34Qu'est-ce que tu as pas fait avec les Israéliens ?
01:36Ça fait bien longtemps qu'on aurait dû le faire.
01:38Très bien longtemps qu'on aurait dû le faire.
01:39Le problème, c'est qu'en France, comme M. Hollande, qu'on a écouté avant,
01:425 ans au pouvoir, une catastrophe phénoménale,
01:45l'amour fou en scooter.
01:47Et qu'est-ce qu'il y trouve entre le moyen ?
01:49Frédéric, on va pas tout mélanger.
01:51La France n'a pas déclenché la guerre.
01:54Non, non, on ne mélange rien.
01:55On ne va pas déclencher une guerre contre l'Iran,
01:57parce que ce régime ne nous convient pas.
01:59Non, non, non.
02:00On ne mélange rien.
02:01On est affaiblis de leur faute.
02:03C'est eux qui nous ont affaiblis.
02:04Avec un pouvoir de 40 ans qui n'a fait que nous affaiblir tout au long des années.
02:09Et encore aujourd'hui, ils se permettent encore de la ramener.
02:12Et moi, à leur place, je me cacherai.
02:14Je me cacherai.
02:15Regardez, qu'est-ce qu'on est devenus ?
02:16On n'a plus rien.
02:17On a tout à l'heure.
02:17On a pris de police.
02:18On a pris d'hôpitaux.
02:18Je vous le répète, Frédéric,
02:20ce n'est pas à nous d'intervenir en Iran,
02:22parce que ce régime ne nous plaît pas depuis 1979.
02:24Et le général, clairement, on vous répond à l'expression.
02:30Un peu familière que vous avez utilisé,
02:32les mous du genou.
02:34Parlez-en des mous du genou, mon général.
02:37Je ne vais pas parler des mous du genou,
02:38je vais vous parler de la stratégie des mous.
02:41Ce n'est pas pareil.
02:42Là où Frédéric a raison,
02:43c'est qu'on s'est désarmé pendant 30 ans.
02:46On a quitté en 1991 un monde dans lequel il y avait un bloc,
02:49dans lequel il y avait une menace principale,
02:51qui était l'Union soviétique,
02:52dans laquelle on avait la conscription,
02:53on avait la dissuasion et les armées conventionnelles.
02:56On nous montre qu'elle sortait de la Deuxième Guerre mondiale.
02:57Donc, on l'a compris, le caractère tragique.
03:00Et à partir de 1991,
03:01on a décidé de désarmer la France.
03:03C'est-à-dire qu'on a fait 30 ans de loi de déprogrammation militaire,
03:05qui nous a mené à une situation,
03:07jusqu'en 2017, on a arrêté les hémorragies,
03:10avec des armées qui sont devenues très faibles.
03:11Et comme ça s'est fait dans l'ensemble des pays de l'Union Européenne,
03:14et que l'Union Européenne ne s'est pas intéressée aux notions de puissance,
03:17mais s'est intéressée aux notions d'économie et de marché,
03:19le réveil est brutal.
03:20Oui, mais qui disait le contraire ?
03:22Qui disait, il faut réarmer, il faut investir ?
03:25Pierre Duvillier.
03:25Le temps Clermont, le capitaine Clermont, le collègue Clermont, le général Clermont.
03:29Oui, mais...
03:30Le général Jass était là.
03:31Non, mais au-delà des militaires,
03:34qui portait cette parole ?
03:36Personne ne lui portait plus cette parole.
03:37Le concept de la mondialisation heureuse
03:39avait pénétré toutes les couches de la société,
03:41tous les partis.
03:43Bon, Frédéric, est-ce que vous êtes content de cette réponse
03:46du général Clermont ?
03:47Oui, tout à fait, mais par contre, pour vous répondre,
03:50je ne mélange pas tout, on en revient.
03:51En gros, je vais vous dire une phrase, tout simple.
03:53Les loups n'attaquent que les faibles.
03:56Voilà, c'est tout simple.
03:57Plus ce qu'on est faibles, plus ce qu'on sera attaqué.
03:58Et une bombe nucléaire dans les mains de l'Iran,
04:00c'était suicidaire.
04:02Donc moi, je félicite que c'est Trump
04:03et l'État israélien d'avoir réagi avant nous.
04:07Non, mais là, moi, là-dessus, je pense que beaucoup de gens...
04:09Frédéric a raison, il faut un système international fort.
04:12Et dans ce système international fort,
04:14il faut une France forte dans une Europe forte.
04:16Voilà, mais c'est mon programme.
04:17Plus d'argent, sauf qu'on n'a plus d'argent.
04:19Ah ben, France forte, c'est une France qui a fait des économies.
04:21Alors, d'abord, la France forte, elle n'est plus unie, aujourd'hui.
04:25La France forte est unie.
04:25Voilà, elle pouvait l'être, mais aujourd'hui,
04:27elle a des problèmes très importants que vous connaissez...
04:31Exactement, que vous connaissez en interne, si j'ose dire.
04:35Elle a des problèmes, effectivement, financiers massifs.
04:39Elle a une dette qui a explosé.
04:41Elle a beaucoup de soucis, la France d'aujourd'hui.
04:45Gautier Lebrecht, vous voulez réagir ?
04:47Oui, vous disiez, c'est pas à nous d'intervenir en Iran pour changer le régime.
04:52Mais là, alors déjà, on peut rappeler qu'au passage,
04:55c'est nous qui avons payé le billet d'avion et l'avion pour l'ayatollah Romény.
04:58Donc, on a quelque part une dette morale envers le peuple iranien.
05:01C'est nous qui l'avons logé à Neuf-le-Château,
05:03qui avons eu des intellectuels de gauche formidables qui ont fait son éloge.
05:08Et déjà, c'est presque un aveu d'impuissance.
05:10Si on se dit que c'était aux Israéliens et aux Américains d'intervenir,
05:12nous, on n'a rien à voir là-dedans et il ne faut pas qu'on s'en mêle.
05:16Mais ça nous rattrape.
05:17Encore une fois, une base française a été ciblée aux Émirats arabes unis.
05:20Donc, on est de fait impliqués dans ce conflit.
05:23Et quand Trump bombarde l'année dernière les infrastructures iraniennes
05:27d'enrichissement en uranium pour développer une bombe atomique,
05:30qu'est-ce que fait la France ?
05:31Que font Emmanuel Macron et Jean-Noël Barraud ?
05:33Déjà en place, ils condamnent les bombardements américains
05:35et ils vont discuter en Suisse avec le ministre des Affaires étrangères iranien
05:39qui était l'un des pires bouchers du régime.
05:41Donc, si vous voulez, on a passé notre temps à condamner les agissements de Trump l'année dernière
05:46et on a commencé comme ça ce week-end avant d'être rattrapé par le réel.
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