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  • il y a 13 minutes
Tous les jours dans Europe 1 Soir, Pierre de Vilno reçoit un invité au cœur de l'actualité politique.

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00:00Jules Thores est là avec moi, bonsoir Jules, journaliste politique au JDD, bonsoir Gilles-William-Goldenadel
00:06pour parler de cette situation préoccupante au Moyen-Orient, également notre invité Philippe-Etienne.
00:12Bonsoir Monsieur l'Ambassadeur, ancien conseiller diplomatique du Président de 2017-2019,
00:17vous avez signé tout récemment le Sherpa, mémoire d'un diplomate aux avant-postes de l'Histoire,
00:23c'est chez Talendier.
00:24Et Donald Trump s'est à nouveau exprimé, puisqu'il avait déjà pris la parole hier,
00:29vantant la nouvelle décoration de la salle de balle de la Maison-Blanche notamment,
00:33mais pas que, aujourd'hui en accueillant Friedrich Merz, le chancelier allemand.
00:38Il s'est exprimé et on l'a interrogé sur le timing rapide de cette intervention conjointe
00:44entre Israël et les États-Unis contre l'Iran.
00:47« Nous négocions avec ces fous et, selon moi, ils allaient attaquer.
00:57S'ils n'avions pas attaqué, ils allaient le faire.
01:03Et nous avons dépêché de très grands négociateurs, négociateurs de grands talents, de grandes expériences.
01:11Et au vu des négociations, je pensais qu'ils allaient attaquer en premier.
01:16Je voulais l'éviter, évidemment, et donc je crois que j'ai forcé la main d'Israël.
01:22Mais Israël était prête, nous étions prêts. »
01:25– Donald Trump qui estime par ailleurs, et je l'ai dit tout à l'heure dans le rappel des
01:28titres,
01:29qu'il est trop tard pour discuter avec l'Iran.
01:31Le diplomate que vous êtes doit être mari, à tout le moins,
01:36de savoir que maintenant il n'y a plus que la force qui compte.
01:39– Bien sûr, parce que je crois que de toute façon, à un moment, on reviendra à la diplomatie.
01:45Mais ce qu'il faut se rappeler, c'est que le même président Trump avait dit,
01:50il y a un jour ou deux, on ne sait plus très bien,
01:52qu'en fait il était prêt quand même à négocier.
01:55Deux jours après le début de la guerre.
01:59Et c'est le secrétaire du conseil de sécurité iranien, Ali Larijani,
02:04qui avait répondu qu'il n'en était pas question,
02:07après la mort de l'Ayatollah Khamenei.
02:11– Avec une dizaine de personnes autour de lui.
02:13– Et donc en fait, je pense que le président Trump varie quand même,
02:18ses déclarations selon les journées,
02:21et s'adapte aussi à la tactique de cette guerre.
02:31Parce que c'est une guerre qui va se jouer sur le temps, la durée,
02:35qui va lâcher le premier, faute notamment d'armement, dans le cas de l'Iran.
02:43– Trois, quatre, cinq semaines, cela dit, entre l'armement américain, les destroyers.
02:49– Mais bien sûr, l'Iran est totalement en position, enfin le régime iranien est totalement en position d'infériorité.
02:54Et c'est pour ça qu'il déploie cette stratégie.
02:56– Et c'est pour ça que Donald Trump dit que tout a été anéanti.
02:58Et d'ailleurs, sur l'après, sur qu'est-ce qu'on met après le régime des Mollahs,
03:04il a dit, tous ceux auxquels on avait pensé, c'est-à-dire les Américains, ils sont tous morts.
03:09J'ai envie de dire, il ne fallait peut-être pas bombarder de manière si intensive,
03:13mais à la fin, je suis d'accord avec vous, il en reste,
03:17mais alors vous allez nous dire lesquels,
03:19mais c'est vrai qu'à la fin, on se demande,
03:22la sémantique trumpienne est assez difficile à suivre.
03:24– Oui, il y a un peu de tactique,
03:26et puis je crois qu'il y a eu un petit moment de flou au cours du week-end,
03:30plus personne ne parlait à Washington,
03:33et lundi, il y a eu des explications données par deux ministres en même temps
03:39qui n'étaient pas compatibles,
03:40le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio,
03:42et puis Texas, le ministre de la Défense.
03:44– Pourquoi vous dites qu'ils ne sont pas compatibles ?
03:46– Parce qu'ils ont donné des interprétations assez différentes,
03:49et le président Trump aussi.
03:50Donc, est-ce que c'est purement tactique ?
03:51Est-ce qu'il cherche à se positionner par rapport à l'opinion américaine ?
03:56Parce que c'est ça qui compte le plus, évidemment, pour le président Trump.
03:59– Tu le te restes.
04:00– Mais est-ce que vous avez l'impression
04:01qu'il n'y a pas aussi des attermoiements un petit peu partout
04:03quand la réaction d'Emmanuel Macron samedi en Conseil de Défense ?
04:06Est-ce que vous avez l'impression que c'est la même ligne aujourd'hui
04:08qui est tenue par la France,
04:09et qui sera tenue ce soir par le chef de l'État quand il va parler ?
04:13C'est-à-dire celle de dire que seul le droit international
04:18régit le monde entier,
04:19alors qu'on voit bien qu'on n'est plus tout à fait dans ce monde-là ?
04:21– On va voir ce soir, mais il y a une petite différence,
04:23c'est que celui qui a commencé l'opération militaire,
04:26c'est le président Trump, ce n'est pas le président Macron.
04:28– Et c'est lui qui la continue même d'ailleurs.
04:29– Et c'est lui qui la continue avec Israël.
04:31Donc ils ne sont pas tout à fait dans la même situation.
04:35Mais c'est vrai qu'on doit, vous avez raison aussi,
04:36chaque acteur ou chaque partie prenante à la vie internationale
04:40doit s'adapter.
04:41Par exemple, nous, Français,
04:42nous avons eu cette attaque des Iraniens
04:45contre la base militaire d'Abu Dhabi,
04:47nous avons des accords de coopération militaire
04:50avec plusieurs pays de la région.
04:51Donc c'est vrai qu'il faut faire évoluer aussi la position
04:54parce qu'on a des engagements vis-à-vis de ces pays,
04:57on a des engagements vis-à-vis de nos ressortissants.
04:59– Pour vous, la France, elle a été attaquée ?
05:01Avec cette base navale aux Émirats ?
05:02– En tout cas, l'une de nos installations militaires
05:05a été attaquée, ça c'est un fait.
05:07– Et des agents de combat sont en train de la sécuriser.
05:09– Il n'y a pas eu de, je crois, de gros dommages, mais enfin…
05:13– C'est une réponse des diplomates.
05:14– Non, mais les dégâts sont limités,
05:17mais cela dit, il y a 5100 Français sur cette base.
05:20– Oui, et il y a beaucoup de militaires français dans la région,
05:22il y a beaucoup de Français dans les Émirats arabes unis,
05:26encore plus évidemment, beaucoup plus en Israël,
05:28donc tout ça, ça compte,
05:29et ça peut faire évoluer effectivement la position.
05:32– Gilles William, Goldnadel.
05:34– Non, j'ai une simple remarque,
05:36ça fait longtemps que je prends du recul
05:40par rapport aux déclarations du président états-unien,
05:43et même si ça n'est pas le style,
05:46même style, je prends aussi du recul
05:47par rapport aux déclarations du président français.
05:50Il arrive qu'ils se contredisent un jour après l'autre.
05:54Ceci posé sur le terrain des faits,
05:57j'ai l'impression quand même que les derniers jours
06:00montrent que les Iraniens ont du mal quand même à résister.
06:07Et que, moi qui ne suis pas un très grand optimiste,
06:11j'ai l'impression quand même que les jours qui viennent
06:15peuvent quand même montrer que ce qu'a décidé quand même Trump,
06:19alors que je pensais qu'il ne le ferait pas, très sincèrement,
06:24sera bien utile.
06:26– Oui, sachant que les experts militaires
06:28qu'on invite sur nos antennes, bien sûr,
06:31disent que d'abord les Iraniens tirent tous azimuts,
06:37ce qui montre quand même un manque d'organisation
06:40et de tactique militaire.
06:41La deuxième chose, c'est qu'à la fois Israël et les Etats-Unis
06:45ont pour but de neutraliser tout ce qui est lanceurs.
06:49Donc lanceurs de missiles, lanceurs de canons,
06:51lanceurs de ce que vous voulez, lanceurs de mortiers.
06:54Et donc une fois qu'il n'y a plus de lanceurs,
06:55du coup, on a beau avoir des munitions, on ne peut plus lancer.
06:58– Lanceurs de drones, parce que ce qui fait beaucoup de dégâts,
07:00c'est les drones, et ce sont les fameux drones Shahed
07:02que l'Iran a repassé à la Russie et que la Russie utilise
07:05pour bombarder l'Ukraine.
07:08– Et la Russie, d'ailleurs, maintenant les fabrique,
07:09vous avez tout à fait raison.
07:10Non, je crois que la supériorité militaire est écrasante, évidemment,
07:14mais on voit que quand l'Iran bombarde le régime iranien,
07:20bombarde de manière très large toute la région,
07:23il y a une autre raison derrière, c'est aussi que c'est leur tactique.
07:27Ils veulent maximiser le chaos, ils veulent notamment
07:32que les pays du Golfe fassent pression sur les États-Unis
07:36pour arrêter cette affaire le plus vite possible.
07:38C'est pas un hasard.
07:40– En espérant un reste de dogme religieux dans ces pays-là.
07:44– Oui, et puis ces pays, c'est leur stabilité,
07:47leur image de stabilité qui est mise en cause.
07:49Donc c'est pour ça que l'Iran, le régime iranien,
07:53va non seulement utiliser tous les proxys possibles
07:55qui sont très affaiblis, les communautés chiites,
07:59vous savez, chez les chiites, c'est très important,
08:02le martyr, depuis le fondateur du chiisme,
08:04donc les martyrs qui ont été tués à Téhéran samedi dernier,
08:09et il va maximiser le nombre de terrains.
08:12Parce que vu son infériorité, le régime va jouer là-dessus.
08:16Après, à un moment, il risque de ne plus avoir de munitions.
08:20– Sous-titrage Société Radio-Canada –
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