Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Europe 1, Pascal Proévo.
00:03Il est 16h50 et on va être avec Jean-Michel Cohen,
00:08puisque Jean-Michel Cohen, que vous connaissez,
00:10il se trouve à Tel Aviv,
00:12et il est en ligne avec nous par WhatsApp,
00:15pour tout vous dire,
00:16parce que les liaisons ne sont pas extraordinaires autrement.
00:19Bonjour Jean-Michel Cohen.
00:21Bonjour Pascal.
00:22Et merci d'être avec nous.
00:25Comment allez-vous ?
00:26Écoutez, je vais plutôt bien.
00:28Enfin, c'est une ambiance qui semble être stressante au début,
00:33puis après on prend le rythme.
00:35Donc en substance, j'ai l'habitude maintenant d'entendre une alerte
00:40qui me prévient qu'une autre alerte va me dire
00:41qu'il me reste moins de temps pour aller dans un abri.
00:45Les premiers jours, c'était vraiment très très rapproché.
00:48J'ai passé une nuit de samedi à dimanche
00:49qui m'a rappelé mes nuits de garde.
00:52C'était toutes les deux heures.
00:54Et puis ça s'est raccourci de plus en plus.
00:56Aujourd'hui, on a eu trois alertes.
00:58qui se sont dissipées assez rapidement.
01:00Donc on a passé une journée à peu près agréable
01:02puisqu'on a pu sortir,
01:04on a pu aller se promener un peu le long de la mer.
01:07Mais bon, je suis obligé de borner mon chemin.
01:09Ça veut dire que quand je sors,
01:10je ne sais pas où je vais passer
01:12et je repère les parkings, les abris.
01:15Et donc je sais que je calcule à peu près le temps.
01:17Bon, c'est un exercice.
01:18C'est cinq, six minutes.
01:20J'ai six, sept minutes, mettons, pour arriver dans l'abri
01:22avant que de courir un risque
01:24qui, pour le moment, n'a pas existé sur la ville de Tel Aviv
01:27puisque rien n'est tombé ici.
01:29et vous restez dans l'abri un quart d'heure, vingt minutes,
01:32le temps qu'on vous prévienne toujours
01:33par votre smartphone
01:35que vous pouvez sortir sans danger.
01:36Jean-Michel Cohen est avec nous,
01:38c'est le médecin que vous connaissez.
01:40On était ce matin sur les antennes de CNews
01:42avec Thibaut Marcheteau
01:43et on vivait en direct une alerte
01:45et l'abri dans lequel notre confrère Thibaut Marcheteau
01:50est allé avec toutes les équipes de CNews.
01:53Alors, qu'on comprenne bien,
01:55l'alerte, elle arrive sur votre portable
01:57lorsque le missile a été lancé
02:00et qu'il est en destination,
02:02on ne sait où d'ailleurs,
02:03sur le territoire, en l'occurrence israélien
02:06ou de Tel Aviv.
02:07Et évidemment, il y a quand même un danger.
02:08Il peut arriver ce missile
02:10à quelques mètres de là où vous êtes.
02:13Donc, il y a quand même une inquiétude
02:14toujours permanente, Jean-Michel Cohen.
02:16Non, c'est assez précis.
02:18On sait quand même à peu près
02:19la zone de territoire vers laquelle il se dirige.
02:22C'est pour ça que de temps en temps,
02:24l'alerte nous dit
02:26vers quelle zone de territoire il se dirige.
02:29Et dans ce cas-là,
02:29si ce n'est pas votre zone de territoire,
02:31en fait, vous n'êtes pas obligé d'aller dans un abri.
02:33Après, par contre,
02:34quand elle se dirige
02:35vers votre zone de territoire,
02:37la deuxième alerte vous dit
02:39là, vous avez vraiment l'obligation de rentrer.
02:41Vous avez en moyenne 1 minute 30 pour rentrer.
02:44Et vous rentrez dans un abri...
02:46On n'a pas tout proche, 1 minute 30.
02:48On n'a pas forcément un abri
02:50à 1 minute 30 de soi,
02:52si j'ose dire.
02:53Bien, la consigne, c'est de dire
02:55où que vous soyez,
02:57même si vous sortez,
02:58car vous avez le droit de sortir,
03:00vous devez vous situer
03:01à proximité d'un abri.
03:03C'est pour ça que moi,
03:04ce matin,
03:05j'ai été voir un autre de mes confrères.
03:07Eh bien, je savais que sur mon chemin,
03:09s'il m'arrivait,
03:10s'il y avait une alerte,
03:11je pouvais rentrer dans l'abri
03:13d'un des hôtels,
03:13puisqu'il y avait plusieurs hôtels
03:15sur le chemin.
03:15Et donc, j'avais calculé
03:17que de toute façon,
03:18j'aurais le temps de rentrer dans un abri.
03:19Quand je suis ici,
03:21dans l'appartement,
03:22j'ai un abri à l'étage.
03:24Certains ont un abri dans l'appartement.
03:26C'est une pièce qui est aménagée,
03:28qui présente les mêmes caractéristiques
03:30qu'un abri,
03:30c'est-à-dire que tous les murs sont blindés,
03:32les portes sont blindées,
03:33la vitre est blindée,
03:34vous avez un système d'aération
03:37qui est organisé.
03:38Quand les gens rentrent,
03:40une fois que tout le monde est rentré
03:41dans mon immeuble,
03:42à ce moment-là,
03:42on ferme la porte,
03:44on la verrouille complètement
03:45et on attend.
03:46Et pendant ce temps-là,
03:48alors on peut papoter
03:49avec les voisins,
03:51s'occuper des enfants
03:52s'il y a des enfants.
03:54Voilà, il n'y a pas de stress.
03:55Je dois vous dire que
03:56c'est très étonnant à voir,
03:58c'est-à-dire le niveau de responsabilité
04:00de la population,
04:01il n'y a pas de stress.
04:03Les gens obéissent aux consignes,
04:05pour la plupart,
04:06je veux dire,
04:07il y a encore quelques égarés
04:08qui font n'importe quoi.
04:10Et une fois dans l'abri,
04:12ils attendent patiemment
04:12avant de ressortir
04:13et ils ressortent.
04:14C'est très gênant
04:15quand c'est la nuit.
04:16La première nuit de samedi,
04:17c'était minuit,
04:18deux heures,
04:19trois heures et demie,
04:20cinq heures,
04:20sept heures et demie.
04:21Donc vous avez un sommeil
04:23qui est haché.
04:25Là, ces temps-ci,
04:25on prend l'habitude de tout.
04:27Je suis rodé maintenant.
04:30Caroline Iturbide
04:30veut vous poser une question
04:31avant la pause.
04:32Oui, Jean-Michel,
04:33en plus,
04:33on se connaît bien.
04:34Mais moi,
04:35ce qui m'étonne,
04:35c'est quand même le contraste
04:37entre le calme,
04:38qui a l'air en plus
04:39d'être très sincère
04:40dans ce que vous dites,
04:42et en même temps,
04:42l'horreur de la situation
04:44que vous décrivez,
04:45où on se croirait
04:46dans un film apocalyptique.
04:48Donc qu'est-ce qui fait
04:48qu'on arrive à garder son calme
04:50alors que, par exemple,
04:51moi, aujourd'hui,
04:53alors qu'on est très très loin
04:54de vivre cette situation,
04:55je suis déjà complètement flippée.
04:57T'as répondu à la question.
04:58On est très très loin
04:58de vivre cette situation.
04:59Alors, il y a plusieurs raisons.
05:01Premièrement,
05:01le sentiment de protection
05:02qu'on a,
05:04non seulement à cause des abris,
05:06mais aussi à cause
05:07de la rapidité des interventions
05:08quand il y a un problème.
05:09Si, par exemple,
05:10par accident,
05:11un débris tombe sur un immeuble,
05:13vous avez,
05:13dans les cinq minutes
05:14qui suivent,
05:15toute une armée de gens
05:17qui viennent,
05:18les uns pour s'occuper
05:19s'il y avait des blessés,
05:20d'autres pour s'inquiéter
05:22de votre situation,
05:22et les troisièmes
05:23pour vous reloger
05:24quasiment immédiatement.
05:25Donc, ça veut dire
05:25que ce sentiment de sécurité
05:26provient des systèmes
05:28d'organisation
05:29qui sont mis en place.
05:30La deuxième chose,
05:31c'est la certitude
05:32qu'ont tous les gens ici
05:33que cette opération
05:34était archi nécessaire.
05:36Aujourd'hui,
05:37ce qui se dit en Israël,
05:38c'est de dire
05:39que c'est peut-être
05:40la dernière guerre.
05:41Parce qu'il fallait le faire
05:43et s'il faut le faire,
05:45on en payera le prix.
05:46Mais si c'est la dernière guerre,
05:48alors à ce moment-là,
05:48ça deviendra un pays de cocagne
05:50parce que le calme sera revenu,
05:52que les gens vont prospérer
05:53comme dans tous les pays du monde
05:54et que la menace
05:56n'existera plus.
05:57Je crois que ça...
05:58Si vous voulez,
05:59je crois qu'il faut être sur place
06:00pour comprendre
06:01cette unanimité globale
06:03qu'on a.
06:04Aucun conflit politique,
06:05aucun conflit entre les gens,
06:07une solidarité à l'extrême.
06:08Je crois que c'est rare
06:10de voir une population
06:11qui a 99-99%
06:13persuadée
06:14que c'était le bon choix
06:15et que c'était la bonne solution.
06:16Je crois que c'était la bonne solution.
Commentaires

Recommandations