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  • il y a 13 minutes
Ce mardi 3 mars, dans sa chronique, Annalisa Cappellini s’est penchée sur les potentiels avantages de la Russie dans la situation au Moyen-Orient. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Et on va ce matin voir du côté du principal allié Téhéran, Annalisa Capellini.
00:03La Russie, paradoxalement, elle pourrait profiter de la situation actuelle.
00:08C'est vrai que c'est contre-intuitif puisque la Russie est déjà plutôt isolée.
00:11Elle va peut-être perdre un autre allié si le régime iranien tombe.
00:15Mais vous allez voir que Vladimir Poutine a tout à y gagner.
00:18Tout d'abord parce que cette guerre, elle risque d'affaiblir.
00:20Le principal adversaire de la Russie aujourd'hui sur la scène internationale,
00:24c'est bien sûr l'Ukraine.
00:26C'est ce qui inquiète le président ukrainien Volodymyr Zelensky
00:28parce que Kiev dépend des armes que ses alliés lui envoient.
00:32Et bien évidemment, un conflit prolongé au Moyen-Orient
00:36risque d'affecter la quantité de munitions disponibles pour les Ukrainiens.
00:40Alors pour l'instant, il n'y a pas encore de signaux en ce sens.
00:43C'est ce que dit Volodymyr Zelensky.
00:45Mais c'est évident qu'une Ukraine affaiblie fait le jeu de la Russie.
00:49Et puis il y a la question du pétrole, Annalisa.
00:50Bien sûr, question essentielle puisque de manière plutôt naturelle,
00:54le pétrole russe redévient une option pour beaucoup de pays.
00:57Parmi eux, il y a l'Inde.
00:59L'Inde qui est le troisième importateur de pétrole au niveau mondial
01:02et qui importait surtout du pétrole russe.
01:05À tel point que l'Inde était devenue vraiment un soutien crucial pour Moscou
01:09jusqu'à l'intervention de Donald Trump.
01:12Donald Trump qui avait menacé les Indiens de leur imposer des droits de douane punitifs
01:16pour les forcer à arrêter d'acheter du pétrole russe,
01:19à finalement arrêter de soutenir indirectement Moscou.
01:23Donc les Indiens s'étaient tournés vers le pétrole du Moyen-Orient pour combler ce manque.
01:28Sauf que là, avec le détroit d'Hormuz bloqué, le gouvernement indien doit trouver une solution.
01:33Il n'a plus de pétrole, beaucoup moins de pétrole de la part de la Russie
01:36et plus de pétrole du Moyen-Orient.
01:38Donc pourquoi pas se tourner à nouveau vers la Russie
01:41qui pourrait donc récupérer un client très important
01:44et au passage retrouver un petit peu de souffle au niveau financier.
01:47Ça change la donne en effet.
01:48Il y a un pays qui a beaucoup à perdre en revanche, c'est la Chine.
01:51Bien sûr, le potentiel perdant dans toute cette histoire, c'est Xi Jinping, le président chinois.
01:55Et c'est toujours une histoire de pétrole.
01:57Parce que depuis des années, la Chine contourne les sanctions américaines
02:00sur le Venezuela et sur l'Iran avec ses pétroliers fantômes.
02:06Vous savez, c'est les transferts en haute mer,
02:08les transferts de cargaison entre bateaux qui sont très difficiles à repérer.
02:11Sauf que ces approvisionnements-là sont désormais fragilisés.
02:15Et le Venezuela et l'Iran désormais auront du mal à fournir du pétrole à la Chine.
02:19Donc Pékin pourrait bien se retrouver obligé de se tourner vers son voisin russe
02:24pour combler ce manque.
02:25Et alors que la Chine profite depuis le début de la guerre en Ukraine
02:29des prix cassés sur le pétrole russe,
02:31puisque la Russie ne peut plus vendre à tous ses clients comme auparavant,
02:35eh bien là, on se doute bien que les Russes vont peut-être
02:37un tout petit peu moins brader leur pétrole.
02:40Là aussi, vous voyez, tout ça arrange Vladimir Poutine.
02:43La Russie retrouve aussi une marge de manœuvre face à son allié chinois,
02:48la Chine, qui ces dernières années avait vraiment profité de la faiblesse russe,
02:51de l'isolement russe en tout cas, dans leur relation bilatérale,
02:55pour prendre un petit peu le dessus sur Moscou.
02:57Eh bien, tout ça va peut-être être redessiné.
03:00En tout cas, vous le voyez, cette guerre, elle redessine beaucoup de choses.
03:03Elle redessine beaucoup de rapports de force.
03:04Elle nous dit surtout que derrière les frappes, derrière les bombardements,
03:07il y a un autre conflit qui se joue.
03:09Et c'est peut-être celui-là qu'il faut surveiller.
03:11C'est celui du pétrole.
03:12C'est celui qu'on surveille évidemment beaucoup sur BFM Business.
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