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  • il y a 4 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Myriam Encaoua revient sur les questions qui font l’actualité avec Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail et de l'Emploi.

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Transcription
00:00Bonjour Astrid Panosian-Bouvet.
00:03Et bonjour Astrid Panosian-Bouvet, merci beaucoup d'avoir accepté notre invitation.
00:09Comment vous vivez vos derniers jours au gouvernement ?
00:13Alors moi je l'ai vu en continuant à travailler comme ce qui était prévu de faire,
00:17un ministre du Travail et de l'Emploi.
00:19C'est aussi beaucoup de relations, beaucoup de dialogues avec les partenaires sociaux.
00:24Donc j'ai vu en début de semaine Force Ouvrière, la CFDT.
00:28Je me suis rendue à l'invitation de la CFDT et du MEDEF aux universités d'été
00:34pour des tables rondes, pour des échanges.
00:36Je continue le travail qui doit être fait, c'est-à-dire le dialogue social,
00:41notamment sur un texte d'orientation sur lequel on est précisément en train de discuter
00:45avec les partenaires sociaux, qui concerne à la fois le marché du travail,
00:50les conditions de travail et comment est-ce qu'on améliore le dialogue social en France.
00:53On va y revenir, mais est-ce que vous y croyez encore ou est-ce que c'est plié ?
00:58Moi j'y crois encore.
00:59Pourquoi concrètement ?
01:01La question, et c'est ce que fait le Premier ministre,
01:03comme le président de la République au Conseil franco-allemand hier,
01:08c'est de dire, la question ce n'est pas stop ou encore Bayrou,
01:11c'est de dire est-ce qu'on est d'accord aujourd'hui avec le constat qui est fait
01:15et les principes sur le plan financier qui est proposé.
01:18qui, je le rappelle, est simplement de dire que c'est la première marche
01:23pour nous permettre de stabiliser la dette dans quatre ans.
01:28Voilà, il est là l'enjeu.
01:29Vous avez vu, toutes les oppositions ne voteront pas la confiance,
01:32sauf énorme coup de théâtre, ça ne devrait pas changer.
01:35Donc il faut négocier, donc il faut s'adresser aux oppositions.
01:39Mais il faut d'abord se mettre d'accord.
01:39Quelle concession possible ?
01:40Je pense qu'il faut d'abord se mettre d'accord, Myriam Ancawa,
01:43sur ce constat, sur le quantum, et sur quelques principes quand même.
01:47Quelques principes, avant qu'il y ait des discussions techniques sur les concessions.
01:51C'est le quantum, et c'est aussi le mix entre prélèvement obligatoire,
01:56hausse des impôts, et baisse de la dépense publique,
01:59sur lequel nous sommes principalement attendus par nos concitoyens
02:02qui nous disent, on paye trop d'impôts, c'est aussi au pouvoir public
02:06de baisser maintenant les dépenses, parce qu'on n'en a pas assez pour notre argent.
02:09C'est toute la question de la justice de ce budget.
02:12C'est votre portefeuille.
02:13Les deux jours fériés ne passent pas, clairement, à l'Assemblée et dans l'opinion.
02:18Est-ce que ça peut bouger ?
02:20Il faut quand même regarder mesure par mesure.
02:23C'est impossible d'éviter ce débat-là.
02:24Bien sûr, et c'est pour ça aussi qu'une fois qu'on se met d'accord sur ce constat,
02:28tout est modifiable, amendable, discutable.
02:31Moi, je comprends en tout cas cette crispation autour de cette mesure,
02:36parce que les gens qui bossent, ils bossent déjà dur
02:41et ils bossent en plus avec le sentiment de ne pas avoir la reconnaissance.
02:44C'est d'ailleurs une grosse différence entre les travailleurs français,
02:47les travailleurs britanniques, les travailleurs allemands.
02:49Donc travailler deux jours de plus, gratuitement, c'est injuste.
02:52Et on sait que le sujet...
02:53Non, mais ça fait une crispation parce que les gens bossent déjà dur
02:55et c'est vrai que tout travail mérite rémunération.
02:59Simplement, il faut aussi avoir en tête que dans ces principes
03:05qu'il faut discuter sur la baisse des dépenses,
03:07il y a aussi des augmentations de certaines dépenses,
03:10notamment la dépense militaire dans le contexte géopolitique.
03:12Donc parlons de ces sujets.
03:14Parlons de ces sujets.
03:15Mais moi, je comprends cette crispation.
03:16D'autant plus que la question aujourd'hui sur la question de l'activité,
03:20ce n'est pas que les Français qui bossent, ne bossent pas assez.
03:23C'est qu'on n'a pas assez de Français qui travaillent aujourd'hui,
03:25malgré eux, l'insertion des jeunes, et on y travaille avec Elisabeth Borne
03:30parce qu'il faut que travail, éducation nationale...
03:32Plus d'actifs sur le marché, plus de jeunes, plus de seniors.
03:35Plus de femmes qui sont empêchées par des gardes d'enfants
03:37qui ne sont pas satisfaisantes.
03:37Revenons à la justice, madame la ministre.
03:39C'est essentiel pour que tout à fait, cette voie de passage
03:42aussi ténue soit-elle soit possible.
03:44Vous avez tout à fait raison.
03:45Les retraités dans ce budget doivent contribuer davantage.
03:49François Bayrou, a-t-il raison de pointer les boomers,
03:52cette génération du baby-boom de l'après-guerre
03:54qui l'accuse d'avoir endetté le pays pour son confort ?
04:00Alors, moi, je ne rentre pas dans...
04:02Moi, je fais...
04:04Je pense que quand le Premier ministre parle de confort,
04:07il parle de confort intellectuel, de refus du statu quo.
04:10Je le pense fondamentalement.
04:12Il était pas mal à droit, ce mot ?
04:13En tout cas, ça prête à confusion, effectivement.
04:17Et ensuite, moi, je fais partie de celles et ceux
04:19qui disent qu'il ne faut pas qu'on voit les retraités
04:22comme un bloc homogène.
04:23Parmi nos concitoyens qui sont retraités,
04:25il y en a 10% qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
04:28Donc, soyons quand même très réalistes.
04:30Mais je pense que la condition sine qua non
04:33pour qu'on puisse aboutir à un quantum d'économie,
04:36c'est que le poids, enfin, que l'effort soit très justement réparti.
04:43Donc, que les retraités, du moins aisés, participent davantage.
04:45Et je pense que...
04:47Oui, exactement.
04:48Je pense que très justement réparti.
04:50Je pense que c'est là-dessus que c'est très largement améliorable,
04:53que notre copie est très largement améliorable.
04:55Si on ne fait rien, le bateau va couler.
04:56Vous savez qu'il y a dit cette phrase.
04:58Le Premier ministre.
04:59Est-ce qu'il n'en fait pas trop ?
05:01Vous êtes ministre aussi de l'Emploi.
05:03Oui.
05:03Si on ne fait rien, quelles conséquences sur l'emploi ?
05:06Très concrètement, est-ce que vous le savez ?
05:08Très concrètement, aujourd'hui, on a 67 milliards d'euros
05:12qui part en charge d'intérêts.
05:15Si on ne fait rien, en 2029, ce sera 100 milliards d'euros.
05:18Ce sera notre premier poste de budget,
05:20supérieur à celui de la défense,
05:22supérieur à celui de l'éducation nationale.
05:24Ce qui se traduit dans l'économie.
05:25Ce qui se traduira dans l'économie.
05:27Les défaillances d'entreprises.
05:28Par le fait qu'il y aura une augmentation des taux
05:31qui empêche à la fois les ménages d'investir
05:34et les entreprises d'investir.
05:36Enfin, je pense qu'un ménage comme un État,
05:39tout le monde comprend que ce n'est jamais bon
05:40quand on est dans un cycle de surendettement.
05:43Ce qui fait que la création de richesses,
05:46elle part d'abord dans le remboursement de la dette.
05:50Le bateau va couler ?
05:51Vous reprendriez l'expression ?
05:52Moi, j'ai l'optimisme de la volonté.
05:57Donc, je pense qu'on a tout à fait les ressorts aujourd'hui.
05:59On n'a jamais eu un taux d'activité aussi élevé en France.
06:03Simplement, il faut avoir la lucidité
06:06de comprendre la gravité de la situation.
06:08Alors, la voie de passage,
06:09elle est peut-être du côté des socialistes.
06:11Et pourtant, ils ne voteront pas la confiance.
06:14Olivier Faure l'a redit hier à Blois.
06:16Il est même volontaire pour être le suivant à Matignon.
06:20Comment vous jugez l'attitude des socialistes ?
06:24Moi, j'ai le plus grand respect pour les socialistes.
06:27C'est un parti, ça a été un parti de gouvernement.
06:30J'étais hier en conseil franco-allemand
06:32avec des homologues dans une coalition
06:35qui sont travaillistes, qui sont sociodémocrates.
06:38Moi, je ne suis pas là en train de donner
06:39des brevets de responsabilité.
06:41Je sais que parmi les syndicats
06:43et parmi les partis politiques,
06:45il y en a qui sont tout à fait conscients
06:47de la gravité et de l'urgence de la situation.
06:51Mais avant de se mettre d'accord sur la route,
06:54le moyen de circulation et la vitesse,
06:56il faut se mettre d'accord sur la destination.
06:58Et je pense que les socialistes
07:00ont été déjà dans leur passé,
07:03dans les années 2010,
07:04confrontés à des situations d'endettement.
07:06Et je pense que c'est ensemble
07:08qu'on doit pouvoir résoudre la situation.
07:10Vous comptez l'entendre l'appel de Bernard Cazeneuve,
07:12l'ancien ministre de François Hollande,
07:14qui appelle les forces de gauche
07:16de gouvernement hors LFI,
07:18à trouver un accord avec le gouvernement
07:20sur le budget avant le vote de confiance du 8.
07:24Vous y croyez ? C'est possible ?
07:26Vous le souhaitez ?
07:26Moi, je le souhaite.
07:27Avec les socialistes, donc ?
07:29Je souhaite, je souhaite,
07:30encore une fois,
07:31qu'on puisse avoir un accord
07:33sur le constat, les principes.
07:36Et après, on pourra discuter
07:37de toutes les mesures techniques,
07:39de toutes les vitesses.
07:40Mais je pense que c'est absolument indispensable.
07:42Vous êtes d'accord avec Bernard Cazeneuve ?
07:43Je suis d'accord avec Bernard Cazeneuve
07:46comme avec d'autres qui disent
07:47qu'on doit trouver un accord
07:49pour que la vulnérabilité financière
07:53ne s'ajoute pas aujourd'hui
07:56une crise politique.
07:57Parce que ces deux sujets s'alimentent.
07:59vulnérabilité financière, crise politique
08:01et sans doute crise sociale.
08:04L'intersyndicale s'est réunie hier
08:06et décide d'une nouvelle journée de mobilisation.
08:08Vous consultez très régulièrement les syndicats.
08:12Est-ce que vous êtes surpris ?
08:13L'unité n'avait pas eu lieu
08:15depuis la contestation sur les retraites.
08:17Moi, je préfère une intersyndicale,
08:19comme je l'ai dit à Maryse Léon
08:20en début de semaine,
08:22à la démonstration du 10 novembre.
08:24Du 10 septembre.
08:25Du 10 septembre,
08:26parce que les syndicats
08:27sont des partenaires institutionnels,
08:30parce qu'il y a une canalisation,
08:31il y a des revendications précises.
08:33Il y a aussi des services
08:34de maintien de l'ordre
08:35qui ne sont pas ce qu'on a
08:38dans le 10 septembre
08:39avec une espèce de nébuleuse
08:40dont on ne sait pas tout à fait
08:42d'où elle provient
08:43avec des interférences étrangères.
08:45Donc moi, je préfère avoir effectivement
08:46des interlocuteurs
08:48avec lesquels on peut travailler,
08:50d'autant qu'il faut bien avoir conscience
08:51qu'il y a des interférences
08:53entre les discussions politiques
08:54et les discussions sociales.
08:56Les agendas sont liés.
08:57La sortie de crise peut être
08:59la dissolution d'un mot.
09:00Elle est jugée inéluctable
09:01par Édouard Philippe.
09:03Moi, je pense qu'il n'y a rien de pire
09:05d'ajouter à la situation financière
09:07très fragile
09:08une situation de crise politique.
09:10Les deux choses s'alimenteraient.
09:12Donc je pense qu'il faut trouver
09:13un chemin, une voie de passage
09:15en partageant le constant
09:16et en discutant ensuite
09:17des mesures à prendre.
09:19Merci beaucoup, Astrid Pannosian-Bouvet.
09:21Merci.
09:21Merci.
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