00:01Bonjour Catherine Chabot, merci d'être avec nous. C'est un remaniement à minima. Le gouvernement, le corps du Troyes,
00:06c'est parti ?
00:07Écoutez, oui, apparemment, depuis hier. Ravie d'accueillir de nouveaux collègues.
00:14Catherine Pégard, notamment, la culture ?
00:15Alors notamment, absolument, mais en fait, je ne connais pas Catherine Pégard, mais j'ai appris qu'elle était fille
00:22d'un officier de marine marchande.
00:24Ce qui vous fait un poids commun.
00:24Oui, et en plus qu'elle est au conseil d'administration de la Cité de la Mer.
00:30Donc on va pouvoir partager. Vous savez, les enjeux maritimes sont très vastes.
00:33Ils concernent également le patrimoine maritime, l'archéologie sous-marine et dans son portefeuille.
00:39Donc on aura des choses à partager.
00:40Il y a quatre nouveaux ministres, également Camille Gaillard-Mignet à l'autonomie et aux personnes handicapées,
00:44Jean-Didier Berger qui renforce le ministère de l'Intérieur et le retour de Sabrina Roubache à la formation professionnelle.
00:49Ce sont des profils motivés pour les mois qu'ils restent et proches du président de la République ?
00:54Alors personnellement, je ne les connais pas.
00:56Comme je l'ai fait depuis ma nomination au mois d'octobre,
01:00à cœur d'aller les rencontrer, parce que la mer est dans quasiment tous les portefeuilles.
01:04Et j'ai véritablement l'intention à cœur de piloter une politique maritime intégrée.
01:11La mer est dans l'énergie, elle est dans la formation professionnelle, etc.
01:15Donc je vais aller les rencontrer.
01:17Catherine Chabot, la violence en politique, l'ex-membre de la société civile que vous êtes,
01:21comment vivez-vous cet enjeu ?
01:23Écoutez, c'est peut-être une raison pour laquelle j'ai beaucoup tardé avant de m'engager en politique,
01:27parce que moi je n'aime pas le dogmatisme, pour tout vous dire,
01:32et les extrêmes me repoussent beaucoup.
01:35Donc oui, je trouve que c'est un sujet...
01:38La violence ne devrait pas être là en politique.
01:40La politique, c'est travailler pour l'intérêt général,
01:43et je pense qu'on devrait tous travailler pour l'intérêt général.
01:46Ce n'est pas toujours le cas.
01:47L'ultra droite et l'ultra gauche, est-ce que c'est la même chose dans votre esprit ?
01:49Oui.
01:51Le salon de l'agriculture, vous y étiez hier, aux côtés du Premier ministre.
01:54Il paraît que vous souhaitez le rebaptiser, comment ?
01:57Oui, le salon de l'agriculture, de la pêche et de l'aquaculture,
02:01puisqu'en fait, je ne sais pas combien de fois vous consommez du poisson,
02:06ou ceux qui nous écoutent consomment du poisson, mais c'est hebdomadaire.
02:09Les pêcheurs, les aquaculteurs nous nourrissent,
02:12et nous avons un véritable enjeu.
02:14Vous savez, on apporte 80% de notre consommation de produits de la mer,
02:19donc on a un enjeu de consommer prioritairement les produits de nos pêcheurs
02:24et de nos aquaculteurs, donc on a un véritable enjeu, notamment dans les cantines.
02:28Et justement, on va en parler parce qu'il y a certains paradoxes.
02:29Vous parlez poisson, je vais vous parler macro.
02:31Il a fallu baisser la pêche de macro de 70% au niveau européen.
02:36Pourquoi ?
02:36Écoutez, avec le réchauffement climatique,
02:38qu'on constate véritablement de plus en plus,
02:40il y a une accélération dans l'océan.
02:42Vous savez, vous avez des espèces, beaucoup d'espèces qui migrent vers le nord,
02:45et des espèces qui disparaissent, des espèces qui reviennent,
02:50des espèces qui deviennent invasives,
02:51et le macro est parti vers le nord.
02:53Il n'y a plus l'an dernier,
02:55on avait 16 000 tonnes de macro à se partager au niveau français.
03:00On est passé à 2 000.
03:01Et encore, on a réussi à sauver parce qu'on a réussi à faire une minorité de blocage
03:05au moment de la négociation au mois de décembre.
03:08Et on a véritablement, je ne dirais pas qu'il y a eu une guerre du macro aujourd'hui,
03:11mais on a des États du nord qui ne respectent pas ces quotas.
03:15Mais pourtant, ce n'est pas la France qui surpêche.
03:18Et vous avez décidé de mettre, y compris, la pêche de loisirs à contribution.
03:22Oui, parce qu'on demande...
03:24Moi, je vais vous dire, j'ai une priorité,
03:25c'est que la pêche continue, qu'on ait des activités,
03:28qu'on ait des pêcheurs professionnels sur les littoraux.
03:31Et je pense qu'on doit tous faire un effort.
03:33Et donc, on a un peu diminué le quota.
03:36Un peu beaucoup.
03:375 macros par jour et par personne, c'est peu ?
03:39Oui, mais en fait, la moyenne est à peine au-dessus.
03:42La moyenne de consommation.
03:43Et je pense que les pêcheurs de loisirs,
03:46moi, j'en connais beaucoup autour de moi.
03:48Et je n'ai absolument rien.
03:49Je vais vous dire, la pêche de loisirs,
03:50c'est un secteur économique qui est florissant,
03:53qui marche bien,
03:55C'est un art de vivre aussi.
03:56C'est un art de vivre.
03:57Et je vais vous dire, c'est même une manière aussi
03:59de découvrir le milieu marin.
04:00Donc, je n'ai aucun sujet sur la pêche.
04:02Ça vous a valu un courrier de 17 députés un peu réprobateurs.
04:05Oui, on en discute.
04:06Mais écoutez, pour l'instant, c'est comme ça.
04:09Un quota annuel, c'est envisageable ?
04:10Écoutez, pour l'instant...
04:11Au lieu de 5 macros par jour ?
04:13Pour l'instant, on est à 5 macros par jour et par personne.
04:17C'est déjà bien.
04:19Et puis, on reverra, selon l'évolution du macro,
04:21il faut s'adapter à la situation des espèces.
04:25Même si ce n'est pas la France qui participe le plus à cette extinction.
04:28Non, mais je pense qu'il faut, sur ce sujet-là,
04:30soutenir nos pêcheurs professionnels.
04:31Et j'ai déjà demandé sur le macro aussi,
04:34j'ai organisé la solidarité.
04:37Et vous avez des entreprises qui empêchent beaucoup,
04:41qui ont fait le geste de partager avec des pêcheurs
04:46qui étaient vraiment liées à cette pêche,
04:49de manière à préserver ces emplois.
04:51En fin d'année dernière, la France a demandé des sanctions commerciales
04:53vis-à-vis de l'Islande ou de la Norvège, par exemple,
04:55qui s'octroient, eux, des quotas.
04:57Ce n'est pas de la concurrence déloyale, ça ?
04:59Oui, c'est de la concurrence déloyale.
05:01Et moi, je vais vous dire, il y a une chose qui m'étonne beaucoup,
05:03parce qu'il y a des États, et je me permets d'en nommer un,
05:06qui est la Norvège, qui, sur la scène internationale,
05:10est très allante sur la préservation de l'océan, etc.
05:14Et là, clairement, qui organise une surpêche.
05:18Donc c'est contre ça qu'on doit lutter.
05:20On doit aussi, la pêche, vous savez, c'est une gestion commune,
05:24et on doit continuer à gérer collectivement.
05:27C'est ce que demandent les pêcheurs.
05:28Le golfe de Cascogne, madame la ministre, a rouvert.
05:30Samedi dernier, sa fermeture a permis de baisser de 60% la capture de dauphins.
05:34C'est un succès ?
05:35Oui, c'est un succès.
05:36Alors, merci aux pêcheurs et merci aux marieurs,
05:39qui sont les deux très impactés, les criots aussi.
05:42Et du reste, le gouvernement, vous savez, a indemnisé.
05:46Du reste, j'en profite pour dire aux pêcheurs et aux marieurs
05:49que le guichet de France Agrimaire est ouvert.
05:52Ils peuvent tout de suite déposer leur dossier.
05:54Oui, ça permet.
05:55Là, ça fait trois ans que l'on a fermé.
05:57Il va falloir qu'on regarde avec les pêcheurs,
06:00mais aussi avec les scientifiques, quel retour d'expérience.
06:04Les bateaux se sont équipés de caméras, aussi de répulsifs,
06:07ce qu'on appelle des pingers.
06:07Des faroucheurs.
06:08Des faroucheurs, c'est ça.
06:10Et on a besoin, véritablement, d'analyser, de mesurer
06:15le bienfait de ces mesures pour décider pour la suite.
06:18Et vous allez devoir indemniser les pêcheurs restés à quai, également.
06:20Oui, c'est ce que j'évoquais, c'est-à-dire qu'il y a quand même
06:23une enveloppe de 21 millions d'euros qui est affectée à ce soutien au secteur.
06:28Je vais vous dire, à terme, ce n'est pas du tout mon objectif
06:31de laisser les bateaux à quai.
06:33Donc, on va travailler vraiment avec eux pour regarder
06:35comment on peut faire pour la suite.
06:37Je pense qu'il faut peut-être regarder du côté de l'évolution
06:40des pratiques de pêche.
06:41Mais ça, c'est un dialogue que j'aurais avec les pêcheurs
06:43et aussi avec les scientifiques.
06:45Toute dernière question.
06:46On apporte énormément de produits de la mer
06:48avec le deuxième espace maritime au monde.
06:49Comment est-ce possible ?
06:50Écoutez, c'est un peu absurde.
06:53En même temps, on a une pêche française
06:56qui est probablement l'une des plus respectueuses du milieu
07:01à travers le monde.
07:02Donc, il y a pour moi un vrai sujet
07:05de mobiliser aussi les consommateurs
07:07et de faire attention.
07:11Peut-être faire attention de ne pas forcément
07:13consommer trop de certaines espèces.
07:16Comme en Norvégien ?
07:17Du saumon, préférons la truite française d'élevage.
07:22Donc, on a un véritable enjeu.
07:23On a un plan d'aquaculture d'avenir.
07:25Et c'est avec Monique Barbu, d'ailleurs,
07:27notre objectif de favoriser l'aquaculture,
07:31de favoriser d'autres types d'aquaculture aussi
07:34et de la conciliculture.
07:35Merci de m'avoir reçu.
07:37Merci à vous.
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