- il y a 7 semaines
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Astrid Mezmorian
revient sur les questions qui font l’actualité avec Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique.
Aujourd'hui, dans « Les 4V », Astrid Mezmorian
revient sur les questions qui font l’actualité avec Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique.
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00:00Bonjour Mathieu Lefebvre, merci d'être avec nous.
00:04A peine la première haie du projet de loi de finances de la Sécurité sociale franchie.
00:08Voilà un nouvel obstacle, le PLF, le budget de l'État et de l'aveu même de Sébastien Lecornu, ce sera plus dur.
00:13Ça ne passera pas cette fois ?
00:14En tout cas, il faut tout faire pour que ça puisse passer parce qu'une France sans budget, ce n'est pas pareil qu'une France avec un budget.
00:20Je le vois dans le domaine de la transition écologique, s'il n'y a pas de budget, demain il n'y a pas d'argent pour financer la rénovation des écoles.
00:27Il n'y a pas d'argent pour financer la rénovation des réseaux de chaleur dans le pays.
00:31C'est donc tout sauf neutre. Il ne s'agit pas de culpabiliser ou de moraliser, mais de dire ce qu'est une France sans budget et ce qu'est une France avec un budget.
00:38Il va falloir faire des concessions tous azimuts comme vous l'avez fait pour le PLFSS ?
00:42En tout état de cause, la porte du gouvernement est ouverte pour faciliter le compromis entre l'Assemblée et le Sénat.
00:49Il n'y a pas de sujet qui soit tabou.
00:51La seule chose, c'est qu'il faut qu'on respecte les équilibres budgétaires tels qu'ils ont été définis par le Premier ministre.
00:55Et donc, en face de chaque plus, il puisse y avoir un moins.
00:58Avec quel objet politique porteur ? Cette fois, on sait qu'il y a eu la réforme des retraites, qui a été un objet de négociation pendant le PLFSS.
01:04Quel objet politique maintenant ?
01:06Vous savez, c'est le budget que feront les parlementaires, qu'ils sont en train de faire.
01:10Et donc, ce sont les parlementaires qui sont en train de définir leurs objets politiques grâce à la méthode extrêmement innovante et courageuse lancée par le Premier ministre,
01:16c'est-à-dire pas de 49-3.
01:18Et donc, le gouvernement est un facilitateur de compromis dès qu'il peut le faire.
01:22Et notre porte est ouverte pour y parvenir.
01:24Est-ce que vous continuez de dire « mieux vaut un budget mauvais que pas de budget du tout » ?
01:29Une France sans budget, c'est une France qui n'investit plus et c'est une France dont les déficits croissent.
01:33Ça veut donc dire que c'est tout le contraire de ce qu'il faut faire.
01:36Parce que si on a plus de déficits et qu'on n'investit pas, c'est qu'on dépense pour de mauvaises raisons.
01:40Et regardez, par exemple, une France sans budget en matière de sécurité, ça veut dire qu'on ne recrute pas les policiers, les gendarmes, les greffiers,
01:46les personnels du ministère de la Justice pour lutter contre le narcotrafic.
01:49Ça veut dire qu'en matière de défense, on n'a pas l'argent nécessaire pour nous réarmer.
01:54Alors que l'Assemblée nationale vient cette semaine de dire à quel point cet effort de réarmement était indispensable dans le contexte international que nous connaissons.
02:02C'est donc tout sauf neutre, une France sans budget.
02:05Est-ce que ce PLF, ce budget de l'État, sera aussi l'occasion de se rattraper d'une certaine manière d'un point de vue des déficits et de faire enfin des économies ?
02:12Dans la loi de financement, les déficits sont en diminution. Il y a plus d'économies dans cette loi de financement que dans les trois dernières.
02:22Et donc, par conséquent, une France sans loi de financement, ça aurait été là encore une France avec un peu plus de déficits sociaux.
02:27Et on aurait fragilisé notre modèle de sécurité sociale.
02:30Et donc moi, je veux féliciter, saluer le travail des parlementaires de bonne volonté qui soit se sont abstenus, soit ont voté en faveur de ce texte.
02:37Les prochaines étapes, c'est la CMP, la Commission mixte paritaire, le 19 décembre, conclusive ou pas, on ne sait pas.
02:43En tous les cas, peu de chances qu'elle passe en séance.
02:45Ça veut dire potentielle loi spéciale fin décembre et rebelote en janvier de nouveau débat budgétaire ?
02:50Moi, je ne me place pas dans cette perspective parce que je pense qu'on peut y arriver et on doit tout faire pour y arriver.
02:57Certains de vos collègues se placent dans cette perspective.
02:59Oui, mais le rôle du gouvernement, c'est de tout faire pour y arriver, pour faciliter le compromis.
03:03En Commission mixte, le gouvernement n'est pas présent.
03:05C'est entre les deux chambres et donc c'est au Parlement de se décider.
03:10Mais nous, notre rôle, c'est de mettre du lien, de dire ce qu'il est possible ou pas possible de faire, mais pas de donner des ordres ou des consignes aux parlementaires.
03:16Vous n'avez pas la sensation que c'est un jour sans fin et que les Français n'en peuvent plus d'entendre parler de budget ?
03:21Je pense que les Français ont envie que la France se dote d'un budget et se dote des armes nécessaires pour faire face aux défis qui vont venir en 2026 et qui sont très nombreux.
03:29La transition écologique, le réarmement du pays au plan national et international.
03:33Et donc, je crois qu'il faut un budget qui ne sera pas le budget d'un parti politique, qui ne sera pas le budget du Premier ministre ou d'un camp,
03:42mais un budget qui permettra à chacun de ne pas se renier, mais d'offrir au pays les perspectives dont il a besoin.
03:47Mathieu Lefebvre, vous avez construit votre trajectoire politique sur la maîtrise de la dépense publique.
03:51Est-ce qu'en ce moment, vous avalez quelques couleuvres par rapport à toutes les concessions ?
03:55Vous savez, encore une fois, s'il n'y a pas de budget, s'il n'y a pas de budget de la sécurité sociale, il y a plus de déficits et plus de dépenses de fonctionnement.
04:01Est-ce que ça vous fait mal de renier ces convictions ?
04:04Je ne renie pas ces convictions parce que c'est précisément la responsabilité budgétaire que de donner un budget au pays.
04:10Et encore une fois, sans budget, on a plus de dépenses de fonctionnement, moins de dépenses d'investissement et plus de déficits.
04:16C'est donc le contraire de ce qu'il faut faire en matière de finances publiques.
04:19Donc on doit tout faire pour se doter d'un budget.
04:21On a vu que le fonds vert devrait baisser, c'est-à-dire les moyens des collectivités pour réussir une transition écologique.
04:28Ça veut dire que le budget de l'écologie va baisser, qu'on sacrifie ce budget-là ?
04:32Non, le budget de l'écologie n'est pas du tout sacrifié, il est en stabilité dans un contexte de réduction des dépenses publiques.
04:36Monique Barbu s'est battue pour cela.
04:39Et le fonds vert auquel vous faites référence, c'est un outil qui a été créé par Elisabeth Borne et Emmanuel Macron en 2022,
04:43qui n'existait pas auparavant, qui est très utile pour les collectivités.
04:46Et qui est maintenu à un niveau qui permettra de satisfaire l'ensemble des projets qui seront adressés.
04:50Je voudrais qu'on remonte le temps ensemble et qu'on se projette en 2015, il y a 10 ans, c'était les accords de Paris.
04:56Vous vous souvenez de ce jour ?
04:57Oui, bien sûr. C'est pas le coup de marteau de Laurent Fabius.
04:59Quel bilan ?
05:01Il y a 10 ans, on n'entendait pas parler d'industrie verte, on n'entendait pas parler de décarbonation.
05:05Il y avait 1% des véhicules électriques seulement qui étaient vendus.
05:08L'éolien coûtait trois fois plus cher.
05:10Et on se dirigeait vers une trajectoire climatique à plus 4, plus 5 degrés de réchauffement.
05:14Grâce à l'accord de Paris, grâce au volontarisme de la France, on est aujourd'hui à plus 1, plus 2 degrés, plus 3 degrés.
05:21C'est encore beaucoup trop.
05:22Les émissions dans le monde sont encore en augmentation.
05:24Mais c'est la preuve que s'il y a du volontarisme politique, on peut arriver à des résultats.
05:28Ce sont des milliers de vies qui ont été sauvées grâce à l'accord de Paris.
05:31Il faut poursuivre ce travail.
05:32Alors pourquoi avoir célébré son anniversaire hier un peu en catimini au ministère ?
05:36Deux tables rondes ?
05:37Alors c'est pas en catimini d'abord parce que le Premier ministre est venu.
05:40Il y a expliqué que s'il fallait penser global, il faut aussi agir local pour que la transition écologique soit au plus près de nos compatriotes.
05:47Le Président de la République s'est exprimé sur son bilan en matière écologique dans une tribune,
05:51dans laquelle il rappelle que sous son quinquennat, les émissions de gaz à effet de serre ont diminué de 20% contre 30% depuis 1990.
05:58Donc pas de catimini et au contraire, vous savez Laurent Fabius a dit une chose très importante hier,
06:03il a dit le commémorer cet accord, c'est l'appliquer.
06:06Donc la France et l'Union Européenne l'appliquent.
06:08Pourtant on n'est pas très bons élèves, nous la France en termes de réduction des gaz à effet de serre ces derniers mois,
06:12c'est une ancienne ministre Agnès Pannier-Runacher qui le dit, il y a encore beaucoup de travail.
06:16Oui il y a du soir, on est malgré tout en réduction des gaz à effet de serre ces derniers mois.
06:21Mais on doit les diviser par deux d'ici 2030.
06:23C'est la raison pour laquelle Monique Barbu hier a présenté la stratégie nationale bas carbone du pays.
06:28qui permettra de nous décarboner avec une conviction très forte,
06:30c'est qu'on ne doit surtout pas opposer écologie et économie.
06:34Le produit intérieur brut croît, la décarbonation elle aussi,
06:38c'est la preuve qu'on peut se décarboner en étant plus souverain et en créant des industries dans notre pays.
06:43Une usine sur trois qui ouvre dans notre pays est une usine verte.
06:46Et donc il faut poursuivre ce travail de réindustrialisation engagé par le président de la République.
06:49La PPE, la programmation pluriannuelle de l'énergie, on ne l'a toujours pas, on l'attend.
06:54Pourquoi ça traîne autant ? C'est-à-dire notre trajectoire jusqu'à 2035.
06:57Le Premier ministre s'est engagé à consulter l'ensemble des forces politiques.
07:00Il a une méthode qui est celle de la concertation au service des grands enjeux du pays.
07:04Il me semble que c'est la bonne.
07:05Mais là, c'est repoussé depuis 2023.
07:06Mais je le dis, oui, le Premier ministre est là depuis 2025.
07:09Mais je le dis aussi à toutes les forces politiques qui voudraient, par exemple, abandonner totalement le renouvelable.
07:14Si on a un mix énergétique, comme on dit, entre nucléaire et renouvelable qui devient déséquilibré,
07:19demain, on va devenir plus dépendant encore des gaz russes, notamment.
07:23Et donc, c'est une forme de patriotisme très étrange, notamment de la part de l'extrême droite,
07:26que de vouloir revenir sur ce mix énergétique pour dépendre encore plus du gaz russe.
07:30Notre souveraineté passe par une programmation pluriannuelle de l'énergie équilibrée,
07:34avec à la fois du renouvelable et du nucléaire.
07:36Dernière thématique, Mathieu Lefebvre, le parc de Marineland, qui est un parc fantôme depuis presque un an maintenant.
07:42Vous faites une annonce pour la situation de ces deux orques qui restent dans le parc de ces douze dauphins.
07:47Quelle est-elle, cette annonce ?
07:48Je ne les transférerai pas.
07:49Le gouvernement refusera de les transférer en Espagne pour une raison simple.
07:52C'est qu'on a une boussole, le bien-être animal et le respect de la loi qu'a votée le législateur en 2021,
07:57qui interdit les spectacles pour cesser et tasser.
08:00Et donc, par conséquent, nous avons trouvé deux solutions.
08:02L'une pour les orques au Canada, qui est validée par les ONG.
08:06Dans un sanctuaire ?
08:06Dans un sanctuaire au Canada.
08:08Et l'autre, au zoo de Beauval, avec le projet courageux qui est porté par son directeur pour les dauphins.
08:12Ça, ça fait un peu bondir, le zoo de Beauval.
08:13On a l'impression que c'est une fausse bonne solution.
08:17À date, il n'y a pas d'alternative suffisante ou nécessaire.
08:20Il n'y a pas de sanctuaire pour les dauphins.
08:22Et ce projet présente toutes les garanties requises en matière d'éthique, de durabilité, de bien-être animal.
08:28La seule boussole du gouvernement dans ce dossier, c'est le bien-être animal.
08:31Le respect de la loi 2021.
08:33Et j'ajoute également le suivi de la situation sociale,
08:35parce qu'il y a de nombreux employeurs sur le site de Marine Land aujourd'hui.
08:37Est-ce qu'à travers Marine Land, c'est aussi notre rapport à l'animal qui est à questionner ?
08:41Oui, notre rapport à l'animal et notre rapport au vivant.
08:45Cette loi prouve que nous sommes exemplaires en la matière.
08:48Il faut poursuivre en ce sens et bien penser qu'il y a une continuité dans le vivant.
08:52Avoir une approche totalement verticale, une approche considérant que l'homme doit écraser la nature,
08:59c'est une approche qui n'est pas compatible avec les grands enjeux de ce siècle.
09:02Merci infiniment Mathieu Lefebvre.
09:03Merci.
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