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  • il y a 6 semaines
Avec Mahnaz Shirali (sociologue et spécialiste de l'Iran) et Maneli Mirkha (expertes en relations internationale,s spécialiste de l'Iran)

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-03-02##

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Transcription
00:00Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face, Jean-François Aquili.
00:040826 300 300, si vous souhaitez intervenir, restez avec nous à l'écoute ou sur notre chaîne YouTube dans La
00:12Vérité en Face
00:13avec deux experts de renom ce matin pour évoquer ce qui se passe en Iran.
00:18Bonjour à vous, Manaz Chirali.
00:20Bonjour.
00:21Vous êtes sociologue et politologue, évidemment spécialiste de l'Iran et de la société iranienne.
00:27C'est important parce qu'on va parler de ce qui se passe au sein de la société en Iran,
00:32confrontée à un moment extrêmement difficile.
00:35Bienvenue à vous, Manili Mirkan également.
00:38Bonjour.
00:38Vous êtes stratégiste, experte en relations internationales, mais vraiment vous l'êtes.
00:43Parce qu'il y a beaucoup d'experts qui s'expriment et qui savent peu de choses aujourd'hui.
00:47Et fondatrice de Dorna, une organisation non partisane, c'est important,
00:52qui oeuvre à la structuration d'une transition démocratique en Iran.
00:59Nous allons tenter de comprendre ce qui se produit.
01:03Est-ce que le régime iranien qui a été durement frappé,
01:06est-ce qu'il peut survivre à la mort du guide suprême Ali Khamenei ?
01:12Et nous allons comprendre si cette mort, au fond, est forcément synonyme d'un changement de régime.
01:20Pas sûr.
01:21Que vont faire les gardiens de la révolution, dont le QG a été détruit,
01:25mais qui reste extrêmement actif et s'apprête à verrouiller le pouvoir comme jamais ?
01:30Je commence par vous, Manaz Shirali.
01:33Nous sommes à un moment de difficulté, de bascule.
01:36Je rappelle les mots de Donald Trump cette nuit, sur sa chaîne Social Truth,
01:41qui dit, au peuple iranien, le reste va dépendre de vous.
01:46Nous serons avec vous.
01:47Soyez audacieux.
01:48Alors ?
01:49De toute façon, les Iraniens ont fait preuve de l'audace pendant les derniers mois,
01:54les dernières années.
01:55Oui.
01:55Ils ont payé par leur propre vie, par la vie de leurs enfants.
02:00Plus de 40 000 jeunes Iraniens ont été massacrés.
02:04Vous parlez de janvier ?
02:06De 8 et de 9 janvier.
02:09Donc, ce n'est pas à qui que ce soit de donner de l'illotation.
02:13Vous dites des dizaines de milliers, parce que le chiffre est documenté par des...
02:17Mais il est battu en brèche, comme d'habitude, évidemment, mais...
02:19Le fait est que, dans un pays autoritaire comme l'Iran,
02:23ou avec et sous le chape de plomb, il est très difficile de sortir des statistiques exactes.
02:29Donc, c'est tout à fait normal qu'on ne sache pas.
02:32Mais pour l'instant, on parle de 35 000, parce que ça a été documenté, 35 000 morts.
02:38Mais on craint que ce soit largement plus élevé.
02:41Donc, je disais que personne, aujourd'hui, n'est bien placé pour donner des leçons d'audace aux Iraniens.
02:49Les Iraniens ont fait preuve d'audace.
02:51Ça vous agace un peu, hein, cette façon de faire long ?
02:54Non, c'est-à-dire que, de toute façon, Trump, il a dit aussi autre chose.
02:58Parce que, je ne sais pas pourquoi, on n'arrête pas de répéter cette phrase que Donald Trump a dit
03:03aux Iraniens.
03:04Prenez votre destin en main, alors que les Iraniens sont dans la rue, ils sont en train de s'exprimer.
03:10Mais on ne dit pas que Trump, ainsi que les autres, on dit, restez chez vous, laissez-nous finir le
03:17travail, après vous faites comme vous voulez.
03:19Alors donc là, ce n'est pas, je répète, ni à Trump, ni à qui que ce soit, d'inciter
03:26les Iraniens à faire quoi que ce soit.
03:27Puisque les Iraniens, on est en face d'un peuple qui prend son destin en main, qui a décidé de
03:34se diriger, de se gouverner.
03:36Et donc, il faut quand même respecter la volonté de ce peuple qui s'exprime à haute voix.
03:42Maneli, Mirkan, quelle est la réalité, au fond, de l'opinion publique, je n'aime pas dire la rue, ça
03:48n'a pas de sens, mais de l'opinion publique iranienne, il n'y a pas que Téhéran d'ailleurs.
03:53J'entends dire qu'il y aurait des statistiques sur lesquelles 80% des Iraniens souhaiteraient la transition démocratique, en
04:02finir avec le régime des Mollahs.
04:06Je pense que c'est, compte tenu de ce qu'on a vu ces dernières années, effectivement, dans les mouvements
04:12de masse, au péril de leur vie, on peut évidemment se baser sur ces chiffres.
04:18Après, ce n'est pas des enquêtes qu'on pourrait en avoir dans un pays démocratique, donc 81%, c'est...
04:26Aujourd'hui, on estime en fait les soutiens vraiment du régime à moins de 10%.
04:31Donc, est-ce que c'est 80% ? Est-ce que c'est 90% ?
04:34Oui, c'est pour aller au-delà, même si ça.
04:35Ce n'est pas ça, finalement, qui est important.
04:37Ce qui est important, c'est que la société a montré, à plusieurs reprises, sans l'aide internationale au départ,
04:45quelle était sa volonté.
04:46Sa volonté est un changement radical du régime, et ça, c'est indéniable.
04:50Ensuite, il y a la manière de faire.
04:51Effectivement, je peux comprendre que le message international aux Iraniens n'a pas sa place tant que l'international n
05:01'aide pas, en fait, les Iraniens, de leur dire, allez dans les rues, prenez votre destin en main, parce qu
05:05'ils l'ont fait, effectivement.
05:07En revanche, aujourd'hui, moi, j'ai une vision un peu plutôt stratégique sur le sujet.
05:11C'est-à-dire qu'aujourd'hui, l'aide internationale est là.
05:14Aujourd'hui, il n'y a pas de troupes au sol.
05:16Les frappes sont aériennes.
05:18On a assisté hier à des frappes massives sur les bases des forces de répression, que sont les sarallahs, les
05:26forces bassiges.
05:27Il y a eu plus de 1000 bases de ces forces de répression qui ont été frappées.
05:32Donc, c'est là, en fait, où on pourrait imaginer de passer le relais à la population iranienne, en leur
05:39ouvrant la voie, en leur ouvrant cet espace d'expression,
05:43sans qu'il y ait des répressions fortes pour qu'elles puissent prendre le relais.
05:48Manaz Shirali, il y a les gardiens de la révolution.
05:52Le QG a été bombardé hier soir.
05:55Ils sont en place, ils tiennent le pays.
05:57Ce n'est pas simplement une force armée.
05:59C'est plus que cela, au sein de la société iranienne moderne, depuis le temps que l'ayatollah Roménie est
06:05rentré à Téhéran.
06:07Comment, quelle est la réalité aujourd'hui de ces forces de répression évoquées à l'instant ?
06:13Qu'est-ce que nous savons, là, ce matin, de leur capacité de tenir encore le pays ?
06:19Alors, comme vous savez, je suis à Paris et je ne suis pas dans le serail des Passaran.
06:24Par contre, je n'arrête pas d'écouter les diagnostics, les paroles des experts militaires iraniens qui sont basés à
06:35l'étranger.
06:36Selon eux, donc je me réfère à leurs paroles.
06:38Bien sûr.
06:39Voilà.
06:40Ils disent qu'on est aujourd'hui en face d'une armée révolutionnaire qui n'a plus de tête,
06:48qui a perdu complètement le contrôle sur ses bases,
06:52et une armée révolutionnaire qui est tombée dans une politique suicidaire.
06:57Et ils sont en train de tirer à droite et à gauche sur tous les pays,
07:02ce qui était complètement contre-productif, parce que là, maintenant, les pays arabes, les pays voisins...
07:08Y compris le sultanat d'Omane...
07:10Parfaitement, qui était bec et ongle derrière la République islamique.
07:14Là, ils se sont rangés aux côtés des Américains en disant que si vous continuez, on va vous frapper.
07:21Donc, ça, ça montre à quel point la tête est tombée et qu'ils sont incapables de dire...
07:27Donc, les experts militaires iraniens, ils ne donnent pas beaucoup de temps au régime avant de tomber.
07:34Donc, ils étaient très optimistes.
07:36Évidemment, moi aussi.
07:37Vous diriez, et puis je donne la parole à Ben Ali Mirka dans un instant,
07:40que c'est peut-être un des moments peut-être les plus dangereux pour la population iranienne,
07:45parce qu'il y a une forme de radicalité extrême, là, face aux opérations militaires.
07:51Écoutez, le moment le plus dangereux, c'était le moment où Khamenei était là
07:54et ses forces militaires tiraient sur la population
07:58et ils ont massacré plusieurs dizaines de milliers d'Iraniens.
08:01Donc, ça, c'était le moment le plus dangereux.
08:03Aujourd'hui, par contre, depuis la mort de Khamenei,
08:07le grand tueur, le grand massacreur du peuple iranien,
08:11depuis sa mort, une belle page s'est ouverte.
08:14Les Iraniens sont extrêmement optimistes.
08:17Ils ont montré par leur cri de joie dans les rues de Téhéran
08:21à la suite de l'annonce de la mort de Khamenei.
08:24Et je vois, en parlant avec les Iraniens,
08:28ce vent d'optimisme et d'espoir qui souffle sur le pays.
08:34Donc, je ne parle pas de moments dangereux, je parle des moments fatidiques,
08:37je parle de la fin du régime.
08:39Et évidemment, nous, les Iraniens, nous sommes ravis.
08:42Maneli Mirkan, est-ce que c'est un fruit pourri qui va tomber
08:47ou il y a une forme de concurrence aujourd'hui
08:49entre des institutions bien en place, bien militarisées en Iran,
08:54qui peuvent, au fond, perdurer ?
08:56On l'a vu avec le Hamas qui a perdu ses têtes pendant la guerre de Gaza
09:00et qui arrivait tout de même à renouveler ses dirigeants
09:05et à tenir le terrain face à Tsaal.
09:08Qu'est-ce qui se passe aujourd'hui en Iran, concrètement ?
09:10Oui, alors, en Iran, c'est vrai que ce que vous appelez cette guerre intérieure
09:17existe bel et bien et pas que depuis...
09:20Il y a une concurrence intérieure.
09:21Il y a une concurrence très très forte depuis des années
09:24entre les réformateurs, les puritains, les durs,
09:28et puis même au sein de ces groupes-là,
09:31l'ensemble des commandements des forces des gardiens de la révolution
09:36sont aussi en concurrence.
09:38On disait bien aussi que par rapport à la succession de Khamenei,
09:42depuis des mois, il essaye de travailler là-dessus
09:45et en fait, il n'y avait pas de consensus
09:48et les enjeux de pouvoir sont énormes.
09:50Quand vous avez le pouvoir sur un pays aussi riche à aussi fort enjeu,
09:56effectivement, c'est le terrain de jeu de toutes ces batailles.
10:00Et finalement, c'est ça qui va additionner
10:04au fait qu'il y a cette phase de désillusion
10:07auprès des soutiens du régime.
10:11Vous savez, ce régime a régné sur sa base de supporters
10:16par rapport à une idéologie, par rapport à un semblant de...
10:20Alors, pas semblant, parce qu'on le voit aujourd'hui,
10:21ils ont vraiment cette capacité de nuisance,
10:23mais quand même fragile, de puissance régionale.
10:29Et aujourd'hui, en fait, tout ce que leurs supporters voient,
10:32et ça a déjà commencé dans la guerre de 12 jours,
10:34et ça se poursuit aujourd'hui,
10:35c'est que la promesse n'est pas tenue.
10:37C'est que les têtes sont décapitées de manière très rapide.
10:41La manière dont Khamenei a été tué,
10:43ça montre à quel point...
10:44Premier jour.
10:45Ils ont premier jour dans une réunion
10:47où il a réuni tout le monde.
10:49Donc, dans un pays qui est sous menace de guerre
10:51depuis des semaines,
10:54ça montre bien qu'il n'y a pas de vision stratégique.
10:57Et on le voit aujourd'hui aussi dans leur riposte.
10:59Ce n'est pas une stratégie militaire,
11:00c'est tiré à vue.
11:03Manaz Firali, Mazout Pezeskihan,
11:05le président que nous voyons sur les images,
11:09sur un fond neutre,
11:11on ne sait pas où il est,
11:12qui prend la parole de façon très guerrière
11:14le président iranien en exercice,
11:17qui est encore vivant.
11:19Qu'est-ce qu'il est ?
11:20C'est lui qui tient le pays ?
11:21Il n'est qu'une marionnette ?
11:22Nous avons du mal à comprendre ce qui s'y passe.
11:24Oui, effectivement.
11:25Parce qu'il tient un propos très vindicatif,
11:27très guerrier.
11:27Bon, c'est normal.
11:28Je pense que lui-même,
11:29il a du mal à comprendre ce qui se passe,
11:30parce qu'on a vu sur son visage,
11:32quand il parlait,
11:33on disait que ce sont les aveux obligatoires,
11:35comme si...
11:36Il a l'air terrifié.
11:37Il est terrifié, oui.
11:38Il est terrifié,
11:39et il dit un peu tout et n'importe quoi,
11:42mais de toute façon,
11:42ça fait un an qu'il est au pouvoir.
11:43Il a montré qu'il est vraiment le symbole
11:46de l'incompétence même de la République islamique.
11:49Il n'a pas tenu ses propesses,
11:51il dit des choses,
11:53il fait autre chose.
11:54Donc, vraiment,
11:55le pays aujourd'hui est plutôt dirigé,
11:57à mon avis,
11:58peut-être que je me trompe,
11:59par Laurie Gianni.
12:00Laurie Gianni,
12:01c'est la personne qui était la plus proche
12:05au Khomeini.
12:06Mais le problème,
12:07c'est que...
12:07Donnez-moi juste deux minutes,
12:10je voulais juste expliquer
12:11qu'on est en face d'un régime
12:13qui a toute son ossature
12:15été liée à la personne du guide.
12:19Et le guide suprême
12:20était quelqu'un
12:21qui avait toujours peur
12:22d'avoir une figure remplaçante.
12:26Il n'a jamais permis à personne d'émerger.
12:29Et là, aujourd'hui,
12:30on voit que toutes les institutions
12:32de la République islamique
12:34étaient liées à cette personne,
12:37à la personne même du guide suprême.
12:39Donc, avec la mort de cette personne,
12:43on voit que la République islamique
12:45a complètement perdu sa colonne vertébrale.
12:49Tout reposait sur lui.
12:49Tout reposait.
12:50Toutes les institutions...
12:52Il avait beaucoup trop.
12:52Et les gardiens de la révolution...
12:53Tout, mais tout.
12:55Et là, le problème,
12:56c'est que les gardiens de la révolution
12:57ont perdu leurs dirigeants.
12:59Les 45 généraux
13:01qui ont été massacrés,
13:03ils n'ont pas de remplaçants.
13:05Et d'ailleurs,
13:06ce qui est intéressant,
13:07c'est qu'après la guerre de 12 jours,
13:09on a eu quand même
13:10une bonne partie des généraux
13:12de Pastoral
13:12qui ont été tués.
13:14Mais tout de suite,
13:15les remplaçants
13:16ont été annoncés.
13:17Mais là, maintenant,
13:18on est au troisième jour.
13:19Aucun remplaçant.
13:20Ça montre que la République islamique
13:22est complètement perdue.
13:24Et ses politiques,
13:25ses actions,
13:26le prouvent.
13:27Un pouvoir sans tête,
13:28mais qui continue
13:29de tirer des missiles
13:31sur les forces américaines
13:33présentes,
13:34sur Israël,
13:35bien évidemment,
13:35et sur les pays arabes voisins,
13:37dont certains étaient
13:38des pays amis.
13:39Situation complexe.
13:40Nous allons rester
13:41après la pause.
13:42Nous allons revoir avec vous,
13:44mesdames.
13:46Quelle transition
13:47est possible
13:48aujourd'hui en Iran ?
13:49À quel terme ?
13:50Ça, personne ne peut le dire.
13:52Est-ce qu'on peut avoir
13:53un scénario
13:54à la vénézuélienne ?
13:56Vous savez, quelqu'un
13:57de présentable,
13:58Trump a dit
13:59« Je connais deux ou trois noms.
14:00On pourrait installer
14:01quelqu'un au pouvoir.
14:02Est-ce que ce serait
14:03une espèce de solution
14:04bancale
14:05pour diriger l'Iran ? »
14:07Parce que Trump subit
14:08la pression
14:10de son opinion publique.
14:11Allez, on voit
14:11tout ça avec vous,
14:13Manaz Chirali
14:14et Maneli Mirkan,
14:15dans un court instant,
14:16dans la suite
14:17de La Vérité en Face.
14:18Le Grand Matin Sud Radio,
14:20La Vérité en Face,
14:22Jean-François Akili.
14:23Deux spécialistes
14:24de l'Iran
14:25dans La Vérité en Face
14:26ce matin
14:27pour décrypter
14:28en temps réel
14:29ce qui se passe
14:29aujourd'hui
14:30en Iran
14:31avec vous,
14:33Manaz Chirali,
14:34sociologue,
14:35politologue.
14:37Vous connaissez bien
14:38la société iranienne
14:39et vous,
14:40Maneli Mirkan,
14:41experte en relations
14:42internationales,
14:42stratégiste
14:44et vous avez fondé
14:45DORNA,
14:46on va en dire
14:47quelques mots,
14:47une organisation,
14:48il faut le préciser,
14:49non-partisane
14:51qui oeuvre
14:52à la structuration
14:52d'une transition
14:54démocratique en Iran.
14:55Vous évoquiez hors micro
14:56à l'instant
14:57un fait
14:57qui s'est produit
14:58ce matin,
14:59une raffinerie.
15:00Allez-y, expliquez-nous.
15:01Ce matin,
15:02en fait,
15:02je le disais tout à l'heure,
15:03les gardiens
15:05de la révolution
15:05tirent à vue.
15:06Ils tirent un peu
15:07dans tous les pays
15:08aux alentours
15:08et ce matin,
15:09ils ont frappé
15:09une raffinerie
15:11de la compagnie
15:12Saoudi Aramco
15:13qui est la compagnie
15:13pétrolière saoudienne
15:14et ça a une répercussion
15:17très très importante
15:19pour embarquer
15:19une coalition
15:21plus élargie
15:21peut-être
15:22dans ces guerres.
15:23C'est un faux pas.
15:24C'est un très faux pas.
15:26Vraiment,
15:27je pense que
15:27ils ne survivront pas
15:29à s'être créé
15:30autant d'ennemis
15:31dans la région.
15:31Alors la guerre
15:32est toujours en cours.
15:33Je reste avec vous
15:33Maneli Mirkan
15:34et puis je vous donne
15:35la parole
15:36à Manaz Shirali
15:37ne vous inquiétez pas
15:38sur la transition.
15:39On n'y est pas encore.
15:40C'est loin
15:41mais tout de même
15:42il y a des noms
15:42qui circulent
15:43il y a
15:45le fils du chat
15:46dont il est souvent question
15:47qui est souvent critique
15:48à il vit aux Etats-Unis.
15:49Quelle est la réalité
15:50d'une possible
15:52à terme
15:52il faudra attendre
15:53la fin des opérations militaires
15:55ça peut durer
15:55quatre semaines
15:56à dire Donald Trump
15:57d'une éventuelle
15:58d'une hypothétique
15:59transition démocratique.
16:00Alors effectivement
16:02une transition
16:03vous savez
16:04dans un pays
16:05qui a été tenu
16:06aussi durement
16:07et se prépare
16:08à l'avance
16:09nous y ouvrons
16:10depuis quelques années
16:12même
16:13et elle se base
16:14sur le fait
16:15de pousser
16:16le régime
16:18jusqu'au point
16:18d'effondrement
16:19et ce n'est qu'à ce moment-là
16:21où l'alternative
16:23peut se révéler.
16:24Alors dans un pays
16:24aussi complexe
16:25que l'Iran
16:25il y a deux enjeux
16:26sur cette alternative.
16:27La première
16:28c'est que l'alternative
16:32permette
16:33à l'ensemble
16:33de la société iranienne
16:35de s'y reconnaître.
16:36Deuxième fait
16:36il faut que l'alternative
16:37puisse permettre
16:38une stabilité relative
16:40qui puisse arriver
16:41très vite.
16:42Pourquoi ?
16:42Dans une phase de guerre
16:44effectivement instable
16:45telle qu'on la connaît
16:46aujourd'hui
16:46on lui donne
16:47une semaine
16:48deux semaines
16:49à ses opérations
16:50en revanche
16:51si la stabilité
16:52n'arrive pas
16:53très rapidement après
16:54avec cette phase
16:55de transition
16:57les catastrophes humanitaires
16:58peuvent être
16:59énormes
17:00et en fait
17:00pour nous les Européens
17:01les mouvements migratoires
17:03qui peuvent en découler
17:06vont être énormes.
17:07Donc cette phase
17:08de stabilité
17:08nécessite que toute la société
17:10soit embarquée
17:11très très rapidement.
17:12Aujourd'hui
17:13ce qui est crucial
17:14et on va vers ça
17:15on converge vers ça
17:16dans les moments de crise
17:18la société iranienne
17:18a démontré
17:19qu'elle avait cette capacité
17:20de se rassembler
17:21de former
17:23une unité
17:26donc effectivement
17:27on a vu
17:28sur ces trois années
17:29une espèce de course
17:30entre les différentes
17:31parties d'opposition
17:32etc.
17:32Mais aujourd'hui
17:33je pense qu'on va
17:34converger vers une coalition
17:35qu'on voit d'ailleurs
17:36à l'intérieur de l'Iran
17:38avec la population
17:39qui était dans la rue
17:41en janvier.
17:41Maintenant
17:42Géraldine
17:42vous partagez ce point de vue
17:43cet optimisme
17:44quelque part ?
17:45Vous savez
17:46moi je ne suis pas inquiète
17:47pour l'avenir
17:48parce que je pense
17:49que le pire est passé.
17:50Le pire était
17:52le moment
17:53où la république islamique
17:55était en plein pouvoir
17:56
17:57la république islamique
17:58est plus faible
17:59que jamais
18:00je ne lui donne pas
18:01beaucoup de temps
18:02avant de tomber
18:03donc je suis extrêmement
18:05optimiste
18:05sur l'avenir.
18:06Deuxième raison
18:07pour laquelle
18:08je suis optimiste
18:09c'est que
18:10je suis une sociologue
18:11qui observe
18:12la société iranienne
18:14depuis 96
18:16d'une manière
18:16professionnelle
18:17d'accord ?
18:18Ce n'est pas hier
18:19que je commence
18:20à regarder
18:21et c'est la première fois
18:23en tant que sociologue
18:24je vois
18:25un phénomène sociologique
18:27de première importance
18:28qui se produit
18:29dans cette société.
18:31Nous sommes en face
18:32d'une société
18:32profondément déchirée
18:34à cause
18:35de la répression
18:36du mépris
18:37de la violence
18:37que la république islamique
18:39a exercée
18:40sur cette société.
18:41Le lien humain
18:42le lien social
18:44a été complètement rompu
18:46même les liens familiaux
18:48ont été rompus
18:49les soeurs
18:50contre les soeurs
18:50les frères
18:51contre le père
18:52donc dans une société
18:54déchirée
18:55en manque de confiance
18:57on n'avait pas
18:58des têtes pensantes
18:59qui émergent
19:00mais ils n'arrivaient pas
19:01à fédérer.
19:02On a eu plein
19:03d'intellectuels
19:04d'hommes politiques
19:05de femmes politiques
19:06des personnalités
19:07vraiment de première importance
19:09qui n'arrivaient pas
19:10à gagner la confiance
19:12d'une société déchirée.
19:13Aujourd'hui
19:14la société iranienne
19:16par miracle
19:17par miracle
19:19je ne m'y attendais pas
19:20mais par miracle
19:21s'est fédéré
19:23s'est solidarisé
19:25autour d'une figure
19:27du prince
19:28Reza Pahlavi
19:29ils ont fait ça
19:30alors
19:31
19:32ils ont fait confiance
19:33à lui
19:34pour assurer
19:35la période
19:35de transition
19:36Il le dit lui-même
19:37je veux bien prendre
19:39les clés
19:39mais je vous les laisse
19:39après
19:40je n'ai pas vocation
19:41à gouverner
19:42Voilà
19:42Transition
19:43Voilà
19:44et il dit
19:44qu'il est capable
19:45d'assurer la période
19:46de transition
19:47et ce sont les urnes
19:48qui décident
19:50Personnellement
19:50je pense que c'est
19:51la meilleure façon
19:52d'assurer une transition
19:54calme
19:54après
19:55les Iraniens
19:56vont se prononcer
19:57ils ont droit
19:59de choisir
20:00le système
20:00qui leur convient
20:02et c'est la majorité
20:04qui décide
20:04évidemment
20:05comme dans tous les processus
20:07démocratiques
20:08et ceux qui sont en minorité
20:10ne peuvent que respecter
20:11le choix de la majorité
20:12et je pense que personnellement
20:14je serai dans la minorité
20:15mais quand même
20:16je vais respecter
20:17le choix de la majorité
20:18Maneli Mirkan
20:20est-ce que vous êtes d'accord
20:21avec Manaz Zafir Ali
20:22c'est vrai qu'on parle
20:23beaucoup de Reza Pahlavi
20:24qui est le fils
20:25de Mohamed Reza Pahlavi
20:26l'ancien chat d'Iran
20:28vous pensez
20:29qu'il est une option
20:32raisonnable
20:33parce que lui dit
20:34il faut-il le croire
20:35sans doute oui
20:36qu'il n'a pas vocation
20:37à gouverner
20:37qu'il veut accompagner
20:38une transition
20:39peut-être refermer
20:40la page de son père
20:41mais tant d'années plus tard
20:44c'est une vraie option
20:46c'est très décrié
20:48il y a beaucoup de critiques
20:49là-dessus
20:50oui et je vous entends
20:52et comme
20:53vous l'avez compris
20:54moi je ne plaide pas
20:56pour une partie ou une autre
20:57moi j'ai travaillé
20:59avec Reza Pahlavi
21:00j'ai travaillé avec les ethnies
21:01j'ai travaillé avec les républicains
21:02avec tout le monde
21:04et on est vraiment
21:06toutes les ethnies
21:08où sont aujourd'hui embarquées
21:09etc.
21:09en revanche
21:10ce que j'observe
21:11c'est une chose
21:13un mouvement a besoin
21:14d'être incarné
21:15mais l'incarnation
21:17elle a besoin
21:17de reposer
21:18sur des bases solides
21:20et les bases solides
21:21doivent passer
21:23par un processus
21:24qui est défini
21:26en fait
21:27ce processus
21:28qui est défini
21:28c'est
21:29va donner légitimité
21:30à la parole
21:31de cette incarnation
21:32quand on dit
21:33qu'il y aura
21:34des élections libres
21:34quand on dit
21:35que c'est inclusif
21:36il faut arriver
21:37à le montrer
21:38aujourd'hui
21:39et la meilleure manière
21:40de montrer
21:41cette inclusivité
21:41c'est d'avoir
21:42ce conseil
21:43j'allais dire
21:44de transition
21:45qui peut être
21:46vraiment
21:46multiple
21:47enfin multifacette
21:48avec l'ensemble
21:49des forces ethniques
21:49vous savez
21:50les forces ethniques
21:50sont très très importantes
21:52pour cette phase
21:53de transition
21:54et pour la stabilité
21:55qu'on doit ramener
21:55très vite
21:56en Iran
21:57et donc
21:58ça ne va donner
21:59que plus de poids
22:00en fait
22:01à celui
22:03qui va prétendre
22:04être l'incarnation
22:05de cette transition
22:06il ne nous reste
22:07même pas deux minutes
22:08mesdames
22:08pour conclure
22:09je commence par vous
22:10Manaz Firali
22:11la France avait
22:12jadis accompagné
22:13l'Eatollah Romény
22:15dans un avion d'Air France
22:16avec les services français
22:17ils l'ont installé
22:17quel est le rôle
22:18de la France
22:19aujourd'hui
22:19à vos yeux
22:20que nous devrions jouer
22:21dans cette transition
22:23oui contrairement
22:24aux idées
22:25reçues
22:25je ne pense pas du tout
22:26que la France
22:27a causé la révolution
22:28de 1979
22:32la France a accueilli
22:34Romény
22:34ce sont des faits minoritaires
22:36nous l'avions hébergé
22:37quelques mois
22:37voilà
22:38ce sont des faits minoritaires
22:39malgré les croyances reçues
22:41aujourd'hui
22:41tout le monde accuse la France
22:42mais ce n'est pas du tout mon cas
22:43et je pense sincèrement
22:46tout en étant
22:47à moitié française
22:48parce que je suis franco-iranienne
22:50mais je pense que
22:51franchement
22:51la France aujourd'hui
22:52ne joue aucun rôle
22:53et elle n'a pas voulu
22:54de prendre
22:55en fait
22:56sa responsabilité
22:57elle n'a pas voulu
22:58être un acteur
23:01puissant
23:01dans la région
23:02elle a toujours
23:03refusé
23:04de soutenir
23:05le peuple iranien
23:06il était
23:07ça fait 47 ans
23:08que la France
23:09se range aux côtés
23:11des ayatollahs
23:11et je pense qu'aujourd'hui
23:12c'est trop tard
23:13il est trop tard
23:13vous dites aussi
23:14Maneli Mirkan
23:15c'est la conclusion
23:16moi je pense que
23:17l'Europe a un rôle
23:18à jouer
23:19pardon
23:20l'Europe donc
23:20l'Europe et la France
23:22la France est beaucoup mieux
23:23positionnée dans le Moyen-Orient
23:25alors effectivement
23:26on n'a pas été
23:27la France n'a pas été
23:27autour des tables
23:28de négociation
23:29et effectivement
23:30on n'a pas été
23:30dans cette coalition
23:32militaire
23:33mais je pense que
23:34justement pour
23:36j'allais dire
23:37faire une médiation
23:38ou avoir un regard
23:41international
23:41et donner légitimité
23:43à ce processus
23:44de transition
23:45la France
23:46de par les valeurs
23:47qu'elle porte
23:48de par le rôle
23:49qu'on a toujours joué
23:50au Moyen-Orient
23:50etc
23:51on peut envisager
23:53ce rôle pour la France
23:54qui aide à ce processus
23:56de transition démocratique
23:57Maneli Mirkan
23:58Manaz Chirali
23:59merci pour ce regard
24:01extrêmement précis
24:02sur ces événements
24:03en cours
24:04en Iran
24:05nous verrons bien
24:06ce qui va se passer
24:07dans les jours
24:07dans les peut-être semaines
24:08nous ne savons pas
24:09qui viennent
24:10et bonjour à vous
24:11et bienvenue Valérie Exper
24:12Bonjour Jean-François
24:13Mettez-vous d'accord
24:14écoutez je ne sais pas
24:15si on se mettra d'accord
24:17on est là nous aussi
24:18sur le sujet
24:19de l'Iran
24:20et du commentaire
24:22on attend évidemment
24:23nos auditeurs
24:25qui nous disent
24:26comment ils réagissent
24:27à ce qui est en train
24:28de se passer
24:29on va s'interroger
24:30sur le but
24:31de Donald Trump
24:32jusqu'à quand
24:33le régime
24:34peut-il tenir
24:35enfin bon
24:35des sujets
24:36que vous avez
24:38évoqués
24:39et puis aussi
24:39pourquoi
24:40en France
24:41moi je me pose
24:42la question
24:42comment certains
24:43arrivent-ils
24:43à se regarder
24:44dans la glace
24:44quand ils soutiennent
24:46le régime
24:46des Molas
24:47sous des arguments
24:49fallacieux
24:50donc voilà
24:51autant de sujets
24:52et puis c'est quoi
24:53le problème
24:53quand le sexe
24:54n'a pas d'âge
24:54alors aucun rapport
24:55et l'amour non plus
24:56c'est Serge Guérin
24:57qui sera avec nous
24:58plaidoyer
24:59pour l'amour
25:00au temps des seniors
25:01voilà
25:02sujet très important
25:03très concernant
25:03et très tabou
25:05et oui
25:05à terme
25:05il nous concerne tous
25:06absolument
25:07allez bonne émission
25:07à vous
25:08merci
25:08merci
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