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Avec Fabrice Balanche, maître de conférences à l'université Lyon 2

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-02-26##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Les universités françaises sont-elles prises en otage par la gauche ?
00:09Et cette gauche menace-t-elle la liberté de penser ?
00:11Depuis la mort de Quentin Deran, que les langues se déliment,
00:14et peut-on imposer un séparatisme entre l'enseignement et la politique ?
00:18Les universités doivent-elles fermer leurs bancs aux militants
00:20et priver les acteurs politiques de leurs tribunes ?
00:23Fabrice Balanche, maître de conférences à l'université Lyon 2,
00:26où avait lieu le meeting de Rima Hassan il y a 15 jours,
00:28a lui-même été la cible de militants pro-palestiniens.
00:31Il est notre invité aujourd'hui sur Sud Radio.
00:33Bonjour Fabrice Balanche.
00:35Bonjour.
00:36Bonjour Fabrice Balanche, merci d'être à l'antenne avec nous sur Sud Radio.
00:42La politique, ça fait partie de l'enseignement.
00:45Il y a même une école qui s'appelle Science Politique, spécialisée.
00:49Quand elle vire au conflit idéologique au sein même de l'université,
00:55qui reste, rappelons-le, un lieu sacré,
00:56c'est le lieu du savoir, de l'enseignement, la transmission.
00:59Et lorsque cet univers est récupéré par des dogmes
01:03pour jeter des anathèmes et proférer la haine,
01:07ça pose un problème qui appelle peut-être les autorités,
01:11les pouvoirs publics, les autorités éducatives à intervenir.
01:14Est-ce qu'on va devoir réguler maintenant l'accès
01:17ou la disponibilité de certains lieux
01:20en fonction de la propagande qu'on a envie d'y faire ?
01:24On en est là aujourd'hui à votre avis ou non ?
01:27Il suffit tout simplement de faire respecter le code de l'éducation
01:31qui dit que les universités doivent être neutres du point de vue religieux
01:38et du point de vue politique.
01:40Alors qu'on invite des personnalités politiques à parler
01:44pour évoquer leur expérience,
01:47pour évoquer le fonctionnement des institutions,
01:50des choses techniques, d'accord ?
01:51Mais qu'ils viennent y faire de la propagande,
01:55qu'ils viennent y faire du militantisme,
01:57ça ce n'est pas acceptable.
01:58Parce qu'aujourd'hui, ce qu'on voit
02:00dans les universités de sciences humaines et sociales,
02:05les instituts d'études politiques...
02:07Fabrice Valanche, on va vous reprendre par téléphone
02:09parce que ça ne capte pas très bien.
02:11Fabrice Valanche soulève un problème évidemment crucial,
02:15l'université qui est un lieu du savoir.
02:17Mais effectivement, la jeunesse étudiante
02:19est toujours une jeunesse véhémente,
02:21toujours sensible à des débats animés.
02:24Et là, on voit bien que les partis politiques profitent,
02:26j'allais dire, de cette fraîcheur, de cette jeunesse,
02:28pour ne pas dire de cette innocence dans les universités.
02:30Alors les partis politiques, le parti politique, si je peux m'en mettre.
02:33Non, ça a toujours existé, Maud.
02:34Non, mais des conférences de politique, ça a toujours existé,
02:36mais le problème vient toujours du même...
02:37En 68, c'était passé comme ça, l'extrême droite aussi,
02:40c'est tentative dans certaines universités.
02:43Vous avez des universités qui sont marquées sur les couleurs politiques,
02:47mais ça s'arrêtait là.
02:48Éventuellement, un petit coup de poing ou une gifle
02:50à la fin de la réunion, les forces de l'ordre...
02:52Un petit coup de poing ou une gifle ?
02:52Non, mais c'était ça.
02:53Il y a toujours eu des tensions de violence.
02:56Voilà, en 68, c'était ça.
02:57Là, on a quand même la mort d'un jeune homme
02:59dans des conditions absolument tragiques
03:01et des circonstances abominables
03:03dans le cadre d'une prestation
03:06que Mme Hassan donnait à l'université de Lyon.
03:09Fabrice Balanche, on est quand même arrivé à un extrême,
03:11là, qui est absolument incompatible
03:13avec ce que sont les lois, les codes
03:16et l'esprit d'université.
03:18Oui, là, on a touché le fond.
03:21Il faut espérer qu'on en reste là,
03:23qu'il n'y ait pas de nouveaux morts,
03:25parce qu'on sent évidemment des tensions extrêmes
03:28avec des gens qui ont envie de se venger,
03:31d'autres qui ont toujours envie de continuer à en découdre,
03:35puisque, évidemment, la meilleure défense,
03:37c'est l'attaque,
03:38puisqu'ils salissent la mémoire de Quentin
03:41en le traitant de nazi, on le fait de fasciste
03:44pour justifier, justement, son assassinat.
03:47Donc ça, c'est un vrai scandale.
03:49Et raison de plus pour interdire
03:51ces conférences militantes dans les universités
03:54où, comme je le disais tout à l'heure,
03:55nous n'avons quasiment exclusivement
03:57que des personnalités de gauche qui viennent.
04:00Si on prend le cas, par exemple, de Sciences Po Lyon,
04:05les personnalités à l'invité ces deux dernières années,
04:08il y en a eu sept,
04:09il y avait cinq LFI, un socialiste, un écologiste.
04:12Personne de droite, personne du centre.
04:14Il ne faut quand même pas exagérer.
04:16Est-ce que Fabrice Balanche,
04:17j'allais dire le peuple étudiant,
04:19serait plus sensible à cette doctrine-là,
04:23à cette idéologie-là, qu'une autre,
04:25ou parce que ces parties-là sont les seules
04:27qui osent franchir le seuil de l'université,
04:29il y a quand même un forcing,
04:31mais est-ce que pour l'instant,
04:32c'est vraiment un phénomène limité à la gauche ?
04:35Dans ces facultés de sciences humaines et sociales
04:37et d'instituts politiques,
04:39on penche à gauche, évidemment.
04:43Mais le penchant à gauche va être renforcé
04:46au cours des études
04:48par des enseignants,
04:50qui sont clairement des militants
04:51et qui vont diffuser des enseignements
04:54qui penchent également à gauche,
04:57et puis tout un réseau de militants
04:59à travers les syndicats étudiants,
05:00essentiellement de gauche,
05:02qui vont également sociabiliser
05:03les étudiants dans cette direction.
05:05Parce que les syndicats de droite,
05:07comme l'Uni,
05:07dès qu'ils cherchent à faire
05:10des diffusions de tracts sur le campus,
05:13ils sont immédiatement attaqués
05:15par les autres syndicats
05:17et de façon extrêmement musclée,
05:19comme on a pu le voir ces derniers mois,
05:21au moment des élections au Crous.
05:24Si vous voulez inviter une personnalité de droite,
05:28il va y avoir des manifestations
05:29qui vont conduire finalement
05:30à son annulation pour troubles à l'Europe.
05:34Et puis, si vous apparaissez
05:37comme quelqu'un de droite,
05:38ce qui est mon cas,
05:40on vous envoie un commando,
05:43on vous stigmatise
05:44pour vous faire taire.
05:46Donc, dans ces conditions-là,
05:47les collègues qui pensent plus à droite
05:49ou ceux qui veulent faire
05:53des actions,
05:54du militantisme de droite,
05:56ils ne peuvent pas le faire.
05:58Maud Coffler.
05:58Vous-même, Fabrice Ballange,
05:59vous avez été victime de ça.
06:01Vous avez effectivement eu
06:01un commando d'extrême-gauche
06:02qui est intervenu
06:03lors de l'une de vos conférences.
06:04Vous avez dû cesser votre conférence.
06:06Vous avez dit récemment,
06:07dans le filiaro, je crois,
06:08que vous avez dû faire court
06:10sous protection privée.
06:13Donc, c'est quand même grave.
06:14on atteint quand même
06:15un sommet de violences.
06:17Comment vous expliquez, vous,
06:20qui est cette radicalité,
06:21maintenant,
06:21que la nuance soit impossible,
06:22que les débats soient devenus impossibles
06:24au sein même de là
06:25où précisément
06:26on apprend le débat ?
06:28Parce qu'en fait,
06:30depuis une vingtaine d'années,
06:31c'est lié à l'autonomie
06:32des universités,
06:33c'est lié aussi
06:35à la montée en puissance
06:37de ces idéologies radicales,
06:39du wokisme,
06:41qui sociabilisent de plus en plus
06:43les étudiants.
06:46Et puis,
06:46on a eu une accélération,
06:48évidemment,
06:49après le 7 octobre,
06:52donc le pogrom antisémite
06:55très parfait par le Hamas,
06:57avec cette offensive
06:58de la France insoumise,
07:00dans un but électoraliste.
07:02Il s'agit de capter
07:04les voix musulmanes
07:06en faisant monter en épingle
07:08le combat pour la Palestine,
07:10en dénonçant aussi
07:11la soi-disant
07:12islamophobie d'État,
07:14une laïcité liberticide,
07:16ce dont je m'étais opposé
07:18lorsqu'il avait voulu organiser
07:19des ruptures aux jeunes
07:20à l'université.
07:22Donc,
07:22cette France insoumise
07:23qui,
07:24à travers ses organisations
07:25de jeunesse,
07:25à travers tous ses groupes,
07:29mette la pression
07:30à l'université.
07:32Mais ça ne vient pas seulement
07:34des étudiants,
07:34ça vient aussi
07:35d'une partie du corps enseignant
07:37qui est liée
07:39à la France insoumise.
07:40On a eu,
07:41encore à Lyon 2,
07:42à l'automne dernier,
07:43cette affaire d'antisémitisme
07:45par un professeur
07:46d'histoire médiévale
07:47qui a une émission
07:50hebdomadaire
07:50sur le média,
07:52la chaîne
07:53de la France insoumise,
07:55et qui donc,
07:57par son action,
07:58par ses cours,
08:00contribuent
08:00à cette montée
08:02de l'évidence.
08:03Fabrice Balanche,
08:04on va passer,
08:05j'allais dire,
08:06aux méthodes chirurgicales.
08:09Quelle est la marge
08:09dont disposent
08:10à la fois,
08:11j'allais dire,
08:11les autorités universitaires
08:12et les pouvoirs publics
08:13pour réguler ça ?
08:15C'est sans issue
08:16ou on peut
08:17réinstaurer des codes,
08:18des règles,
08:19des normes,
08:19exiger des comportements ?
08:21Et est-ce qu'un recteur
08:22d'université peut dire
08:23« j'interdis tout simplement
08:24cette réunion » ?
08:25Un président d'université
08:27a toute l'attitude
08:28pour interdire
08:29ce type de réunion.
08:30Mais le président
08:31de l'université,
08:32il dépend du conseil
08:33d'administration.
08:34Il est élu
08:35par le conseil
08:35d'administration
08:36qui lui-même
08:37est élu
08:37par les enseignants,
08:38par les syndicats étudiants,
08:40par les syndicats
08:40du personnel administratif.
08:44Et évidemment,
08:44tout ce petit monde
08:45penche à gauche,
08:46voire à l'extrême gauche.
08:47Bien souvent,
08:48les étudiants
08:50qui sont très majoritairement
08:51des étudiants
08:52d'extrême gauche
08:52dans ces conseils
08:53d'administration
08:54font la jonction,
08:58permettent d'obtenir
08:59une majorité.
09:00Donc,
09:01soit on a des présidents
09:02qui sont complices,
09:03qui partagent
09:03leur philosophie politique,
09:05soit ils sont pris
09:05en otage
09:06par leur conseil
09:07d'administration.
09:08Est-ce que le législateur,
09:10je suppose
09:11ça ferait un tollé,
09:12vous allez me dire
09:12que ça ne passera jamais,
09:13est-ce que le législateur
09:14peut décider
09:15de changer les règles du jeu
09:16compte tenu de la situation
09:17en attendant
09:18un apaisement
09:19du climat politique
09:21dans les universités,
09:21et bien on décide
09:23que le président
09:24de l'université
09:24ou une autre autorité
09:25a la possibilité
09:27de dire non,
09:28ce n'est pas un forum,
09:29ce n'est pas un meeting,
09:31voilà,
09:31on va suspendre,
09:32tant pis pour l'expression,
09:34on va suspendre
09:35ce genre de réunion
09:36parce qu'elle dérive
09:38trop souvent
09:39de plus en plus
09:39vers des rixes
09:40ou des agressions verbales
09:42ou des dérives
09:43qui ne sont pas conformes
09:44aux lois républicaines
09:44tout simplement.
09:46Le président de l'université
09:48peut le faire,
09:49il a le pouvoir
09:50pour le faire.
09:50Oui mais vous avez dit
09:51qu'il va être embêté
09:51ensuite par son conseil
09:52d'administration,
09:53est-ce qu'on peut
09:53le libérer de cette contrainte ?
09:55Non, on ne peut pas
09:55le libérer de cette contrainte.
09:56Alors est-ce qu'on peut
09:57changer le statut
09:58de président d'université ?
10:00À ce moment-là,
10:01il faudrait que les universités
10:03soient mis en tutelle
10:04par le rectorat,
10:05il faudrait supprimer
10:06l'autonomie des universités,
10:07revenir sur l'autonomie
10:08des universités.
10:09Est-ce qu'on peut juste
10:09supprimer cette autonomie
10:11ou la suspendre
10:11sur cette question-là
10:13des réunions publiques
10:14à l'intérieur
10:14de l'université ?
10:16Ça me paraît difficile.
10:18Et si on ne touche pas
10:19globalement
10:20au fonctionnement général
10:21de la gouvernance
10:22de l'université,
10:23parce qu'aujourd'hui,
10:24rendez-vous compte
10:24que même si le ministre
10:26de l'Enseignement supérieur
10:26décide par un décret
10:29d'interdire
10:29ces réunions politiques
10:32à l'université,
10:33elles ne peuvent pas s'appliquer
10:34puisque le président
10:35de l'université
10:35est souverain
10:36dans son institut.
10:38Bon,
10:39donc vous préconisez quoi ?
10:41En fait,
10:42pas seulement
10:43de la modalité,
10:44tout, voilà.
10:45Je préconise
10:46qu'on revienne
10:46sur la loi
10:47la loi de l'autonomie
10:49des universités
10:49qu'il faut profondément
10:51modifier
10:51parce que
10:53lorsque
10:53les conseils
10:55d'administration
10:56des universités
10:57sont dominés
10:59par la gauche
10:59à l'extrême-gauche,
11:00le clientélisme
11:02politique
11:02s'instaure,
11:04les recrutements
11:05deviennent
11:05des recrutements
11:06idéologiques
11:07et ensuite,
11:08ça devient des citadelles
11:09d'extrême-gauche
11:10absolument
11:11inexpugnables.
11:11Alors comptez
11:12sur la France insoumise
11:13pour vous expliquer
11:14que ce sera encore
11:14une loi fasciste
11:15évidemment
11:15si on touche
11:16à l'autonomie
11:17des universités.
11:18Fabrice Ballanche,
11:19merci pour votre témoignage
11:20et je pense
11:21qu'on aura l'occasion
11:22de vous re-solliciter
11:23parce que le dossier
11:24n'est pas clos.
11:24A très bientôt,
11:25merci d'avoir été
11:25sur Sud Radio.
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