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Avec Julien Lacaze

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##ACTU_DU_JOUR-2026-05-07##

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News
Transcription
00:01Ambiance, les nouveaux vitraux de Notre-Dame vont bientôt remplacer ceux de Viollet-le-Duc, une exigence du chef de
00:07l'État contre l'avis du reste du monde.
00:09Un référé a été déposé devant le Conseil d'État pour tenter d'empêcher ce saccage.
00:13On en parle avec l'auteur de cette initiative, le président de Sites et Monuments, Julien Lacaze.
00:19Bonjour.
00:20Bonjour Julien Lacaze, merci d'être en direct avec nous sur Sud Radio.
00:23J'ai annoncé tout à l'heure cette séquence en disant « touche pas à mon vitrail ».
00:28On est dans le sacré. Notre-Dame est un des symboles du christianisme en France, cette grande cathédrale, monument historique
00:39de la chrétienté et de l'Église catholique.
00:41Bien entendu, elle appartient depuis 1905 à l'État, depuis la séparation des Églises et de l'État.
00:48Et là, tout d'un coup, on voit un président de la République française, tenu quand même à un certain
00:53niveau par la laïcité,
00:55se permettre de dire et d'enjoindre à l'archevêque et aux responsables de la cathédrale
01:02« Eh bien, on va changer de vitrail, on va arracher ceux de Viollet-le-Duc et on va mettre
01:07des vitraux ».
01:08Ben voilà, j'ai parlé de composition moderne.
01:11Vous allez me dire, Julien Lacaze, il a le droit juridique.
01:16Est-ce qu'il a le droit, passez-moi l'expression, « moral » de faire ça ?
01:22Alors, la question est de savoir s'il a le droit juridiquement de le faire.
01:25Ça ne s'est pas encore établi.
01:27C'est notre référé qui va le dire et notre action au fond derrière.
01:32Ce qu'il faut comprendre, c'est que rien ne peut être fait sans l'accord de l'affectataire
01:37et sans l'accord évidemment de l'État qui est propriétaire de la cathédrale
01:41et autorité de tutelle des monuments historiques
01:43puisque ce sont des vitraux qui sont classés au titre des monuments historiques.
01:46Donc l'un, l'archevêque, pouvait empêcher la pose de ces vitraux
01:50et l'État pouvait aussi empêcher la pose de ces vitraux.
01:54Donc c'est une sorte de co-décision.
01:56Ensuite, il n'est pas du tout évident que ce soit juridiquement possible
02:04parce que ces vitraux sont classés
02:06et qu'en principe, on ne doit pas retirer d'un monument classé
02:10des éléments qui sont importants pour l'histoire et pour l'art.
02:15Et donc nous, on va démontrer que Gênes-Vieux-les-Ducs
02:17fait partie de notre patrimoine.
02:19C'est certes un architecte du XIXe siècle,
02:21mais c'est un immense architecte du XIXe siècle.
02:24Le temps passe et aujourd'hui, le XIXe siècle,
02:27c'est parti pleinement du patrimoine.
02:29Et donc il y a trois strates à Notre-Dame.
02:31Il y a l'édifice gothique que tout le monde connaît.
02:34Il y a la partie grand siècle, ce chœur avec ses stales extraordinaires
02:37qui datent de l'époque de Louis XIV.
02:39Et la dernière strate historique,
02:41ce sont tous les apports de Gênes-Vieux-les-Ducs.
02:44Alors ça va de la flèche, qui est une invention de Gênes-Vieux-les-Ducs,
02:48qui n'est pas la flèche gothique d'origine.
02:51Ces peintures murales qui ont été restaurées
02:53avec ces couleurs acidulées extraordinaires
02:55et tout ce cycle de vitraux d'une ambition extraordinaire,
02:59c'est-à-dire qu'on a tout refait.
03:02C'est-à-dire qu'à part les rosaces,
03:04il n'y avait plus un seul vitrail.
03:06Tout avait été détruit au XVIIIe siècle.
03:07Et donc c'est un cycle complet de vitraux du XIXe siècle.
03:10Et c'est ça qu'on défend avec l'association Cité Monument.
03:15Votre référé, Julien Lacasse, s'appuie sur des bases juridiques.
03:19Je pense que vous avez consulté des juristes
03:21pour savoir s'il y avait une possibilité.
03:23Parce qu'en fait, vous attaquez qui ?
03:25Vous attaquez la présidence de la République
03:27ou l'État ou les autorités de Notre-Dame
03:30qui ont accepté cette modification ?
03:33Alors, quand il y a modification d'un monument historique,
03:35il faut un accord du ministère de la Culture
03:38qui est délivré par le préfet de région.
03:39C'est le ministère de la Culture à l'échelle du préfet de région.
03:43Donc on attaque l'autorisation délivrée par le préfet de région
03:47sur le fondement, alors c'est un fondement classique
03:49en droit administratif, de l'erreur.
03:51Donc on considère que le pouvoir exécutif a commis une erreur
03:55en autorisant le remplacement d'éléments
03:57qui, pour nous, sont protégés par le classement
04:01parce qu'ils ont un intérêt d'art et d'histoire.
04:04Et donc on va plaider l'erreur.
04:07Et on va être évidemment beaucoup plaidé
04:10par la Commission nationale du patrimoine et de l'architecture
04:13qui a l'unanimité...
04:13Qui s'est opposée, voilà.
04:15À l'unanimité rarissime.
04:16Et normalement, cette commission est suivie
04:19à 99,99% par les ministres.
04:23Là, malgré cet avis à l'unanimité qui est rarissime,
04:26eh bien, on est allé, on a continué
04:30dans ce projet de changement.
04:32Et donc peut-être que le juge va être sensible
04:33dans l'appréciation de cette erreur
04:35au fait que cette commission, qui est la plus prestigieuse,
04:39ait été à l'unanimité contre le remplacement de ses vitraux.
04:42Est-ce que ça veut dire, Julien Lacasse,
04:43que l'ABF, l'architecte des bâtiments de France concerné,
04:46a donné son accord pour le remplacement de ses vitraux ?
04:48Alors, c'est pas l'ABF, c'est le préfet de région,
04:50c'est la BRAC, la Direction régionale des affaires culturelles,
04:53qui a donné son accord.
04:55Et l'ABF a toujours son mot à dire, normalement ?
04:58Alors, l'ABF, c'est dans les abords.
05:00C'est pas le monument lui-même.
05:01D'accord.
05:02On parle vraiment du monument classé.
05:04Ce qui est intéressant, c'est que la BRAC,
05:05donc les services du préfet de région,
05:07avaient dit qu'il ne fallait surtout pas le faire,
05:09qu'il fallait conserver ses vitraux.
05:10Et le préfet de région, là aussi,
05:12il fait ce qu'il veut, finalement.
05:13Il entend le conseil, ensuite il décide.
05:15Il est allé même contre l'avis de sa propre administration.
05:17Mais nous avons vu ça.
05:20Julien Lacasse, nous avons un auditeur de Sud Radio
05:23qui intervient,
05:24qui lui aussi est scandalisé par cette mesure,
05:27qui est Jean-Pierre de Surenne.
05:28Bonjour Jean-Pierre.
05:30Oui, bonjour Pélico, bonjour à tous.
05:32Bonjour, bonjour.
05:32Vous êtes scandalisé, vous aussi,
05:34par le fait que le président de la République
05:35décide de remplacer des vitraux de Vionnet-le-Duc
05:37par des vitraux modernes.
05:39Pourquoi ça vous scandalise ?
05:40Pourquoi ça me scandalise ?
05:42Parce que, comme des millions de Français,
05:44et comme des millions de chrétiens,
05:46Notre-Dame est le monument religieux
05:49le plus visité au monde.
05:50Et puis, il y avait, je crois,
05:5211 à 15 millions de visiteurs à l'année.
05:54Et puis, ce président, décidément,
05:59voudra marquer ses deux mandatures
06:02par le saut d'une incompétence
06:04et d'une invraisemblabilité absolument extrêmes
06:10en voulant casser tous les codes
06:14de l'histoire de France.
06:15Et ça me rappelle le jour où il a dit,
06:19et là j'ai fait un bond sur ma chaise,
06:22que la France n'a pas de culture.
06:25Il a dit qu'il y a les cultures de la France
06:28et qu'il n'y a pas la culture française.
06:32Oui, alors là, en regard...
06:34Oui, Julien Lacazze.
06:36Oui, oui, oui, Jean-Pierre,
06:38Julien Lacazze qui a compris votre intervention,
06:39vous répond.
06:41Oui, votre auditeur a tout à fait raison.
06:43On est dans la disruption.
06:45Et là, il y a une chose qui est un précédent,
06:48qui est très préoccupant
06:49pour tous les monuments historiques.
06:51Pour le moment, on avait créé des vitraux contemporains
06:55dans des édifices classés,
06:57ce qui peut être très bien et très réussi,
06:59quand ces vitraux avaient été détruits,
07:01c'est-à-dire quand il y avait un manque,
07:03quand les vitraux avaient été détruits,
07:04par exemple pendant la guerre.
07:06Et là, le problème, c'est qu'on enlève des vitraux
07:09qui sont classés pour les remplacer
07:10par d'autres vitraux qui ne le seront pas.
07:13Et ça, il n'y a pas de précédent à ça.
07:15C'est-à-dire, et c'est ce qu'a rappelé d'ailleurs
07:17la Commission nationale du patrimoine,
07:18c'est inédit en fait, cette façon de dire
07:22je prends une partie du monument historique,
07:24je l'enlève et je le remplace par autre chose.
07:27Et ça, là, on est vraiment dans quelque chose
07:29qui est de l'ordre de la disruption,
07:30qui n'a jamais été fait.
07:32Et c'est contre ça, nous, qu'on se bat aussi.
07:34C'est un précédent qui peut être très préoccupant.
07:37Et il faut souligner qu'il y avait de la place
07:40dans la cathédrale Notre-Dame.
07:41C'était ma question, c'était ma question.
07:43Est-ce qu'on aurait pu les mettre ailleurs,
07:44ces nouveaux micros ?
07:46Exactement.
07:46Et là, on n'aurait pas créé,
07:50au détriment de la création du passé,
07:52on aurait créé une nouvelle strate,
07:54en quelque sorte historique,
07:56peut-être historique,
07:57l'histoire de l'art d'Ira.
07:58Alors ça, il faut du temps,
07:59si Pierre Tabouret mérite d'entrer,
08:01justement, dans l'histoire.
08:03Et en tous les cas,
08:04on aurait pu faire des vitraux contemporains
08:06à Notre-Dame,
08:07sans abîmer, en fait,
08:08les créations du passé.
08:09Et il y avait de la place,
08:11et des bais très intéressants,
08:12très hauts, très belles,
08:13dans les deux bais froids,
08:14qui sont les tours.
08:16Donc il y avait au total 8 bais
08:17qui pouvaient être équipés
08:19de vitraux contemporains.
08:21Mais évidemment,
08:22c'est moins visible que la nef,
08:24et le président de la République
08:26a voulu se réserver le morceau de foi,
08:29et qu'on voit que ces 14 millions de tours
08:32se définent nécessairement devant ces vitraux,
08:34qui viendront perturber la logique
08:36qu'a créée Eugène Violet.
08:38Julien Lacaz,
08:39quelle est la chance
08:42de votre démarche d'aboutir ?
08:44Eh bien, écoutez,
08:45on a relu donc avant-hier
08:47le recours avec notre avocat
08:49une dernière fois,
08:49et on s'est dit tous les deux
08:51qu'on avait vraiment des chances,
08:53que c'était de bonnes factures,
08:55parce qu'on a ces appuis,
08:57tous ces spécialistes,
08:58effectivement,
08:58qui sont contre.
09:00Plus une mobilisation,
09:01plus une mobilisation,
09:02certainement,
09:02des Françaises et des Français
09:03qui se sont concernés
09:05par cette relative offerture.
09:06Julien Lacaz,
09:07merci d'avoir été en direct avec nous.
09:09Nous gardons le contact,
09:10parce que je voudrais absolument
09:11savoir la suite de cette opération,
09:14et j'espère que vous aurez gain de cause,
09:16et que les tribunaux se rendront
09:17à la raison.
09:19On ne joue pas
09:19avec l'immunisme historique
09:21au nom du fait du prince.
09:23Merci d'avoir été en direct
09:24sur Sud Radio.
09:25Vous restez...
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