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L'ancien Premier ministre Michel Barnier était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:03Générique
00:12Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Michel Barnier. Bonjour
00:17à vous.
00:17Bonjour Alain Ferrari.
00:18Ancien Premier ministre et député LR de Paris. Aujourd'hui se tiendront les obsèques de Quentin.
00:22Ce jeune homme de 23 ans mort après avoir été lynché par des militants d'extrême gauche proche de la
00:27jeune garde.
00:28La France insoumise, Michel Barnier, se défend de toute responsabilité dans la mort de Quentin.
00:33Elle renvoie la balle dans le compte de ce qu'elle appelle les fascistes.
00:35Est-ce qu'elle porte à vos yeux une responsabilité morale et politique ?
00:39La violence des mots, madame Ferrari, elle prépare toujours la violence des actes.
00:44Et donc moi je pense qu'un député insoumis qui finance avec ses crédits parlementaires des assistants qui soutiennent la
00:52jeune garde,
00:53on a vu la responsabilité de cette organisation qui doit être dissoute d'ailleurs.
00:58Il ne peut pas s'exonérer. Il faut que maintenant chacun prenne ses responsabilités.
01:02Mais ce matin...
01:02Ça veut dire qu'il doit démissionner Michel Barnier ?
01:04Je pense qu'il doit prendre ses responsabilités.
01:08J'espère qu'il les prendra comme d'autres d'ailleurs de ses compagnons de route.
01:13Maintenant je vous dis ce matin, puisque nous parlons de Quentin qui va être enterré aujourd'hui,
01:17je crois que le moment est celui du deuil, de la dignité, de la responsabilité.
01:22J'ai été très ému par ce qu'a dit sa famille hier et qu'elle a fait dire à
01:26toutes fins utiles à tout le monde.
01:27La mémoire de cet enfant, de ce jeune, elle appartient à tous les Français, elle appartient pas à tel ou
01:33tel groupuscule.
01:34Jean-Luc Mélenchon a pourtant dit, nous ne réunirons pas nos camarades et amis de la jeune garde hier soir,
01:39nous ne chasserons pas de nos rangs.
01:41Raphaël Arnaud, vous comprenez un tel entêtement ?
01:43Non, je ne le comprends pas.
01:44Mais ça fait de nombreuses années que je ne comprends plus M. Mélenchon et que plus personne ne le comprend,
01:49et qu'il se comporte avec cette violence.
01:52Vous savez, je suis revenu à l'Assemblée nationale, il y a quelques mois,
01:54grâce aux Parisiens du 5e, du 6e et du 7e arrondissement qui m'ont élu député.
01:59J'avais déjà été député autrefois.
02:02Jamais j'ai vu une ambiance aussi dure, je dirais presque pré-insurrectionnelle,
02:08d'ailleurs entre les groupes de l'extrême droite et ceux de l'extrême gauche,
02:11mais la violence de la haine des élus d'extrême gauche est absolument insensée.
02:15Y compris physique ?
02:17Non, elle n'est pas physique.
02:18Verbale ?
02:18Verbale, la haine, l'animosité, la haine anti-chrétien, anti-patron, anti-entrepreneur,
02:25enfin c'est absolument antisémite quelquefois.
02:28C'est absolument insensé cette haine, donc il faut faire très attention.
02:31Et ce qui se passe à l'Assemblée est quelquefois la résonance de ce qui se prépare dans le pays.
02:36Donc je recommande de faire attention et que tous ceux qui ne veulent pas de ces extrêmes,
02:40mais notamment pas de l'extrême gauche qui a cette violence, fassent attention à ce qu'ils font.
02:45Ça veut dire, Michel Barnier, que vous appelez un cordon sanitaire autour de la France insoumise ?
02:48Je n'aime pas ce mot, mais je pense qu'il faut combattre sans hésitation et avec une totale détermination
02:55ses idées.
02:56Et notamment, on voit bien à travers les propos de Mélenchon et de quelques-uns de ses amis,
03:01cette haine, je le disais, mais aussi beaucoup d'antisémitisme.
03:05Vous savez, quand on voit revenir l'antisémitisme, qu'on le voit actuellement depuis quelques années,
03:09il y a de quoi s'inquiéter, donc il faut faire très attention.
03:11Mais concrètement, entre un bulletin ARN et un bulletin LFI, au second tour d'une élection,
03:17qu'est-ce que vous mettez dans l'urne, Michel Barnier ?
03:19Moi, je ne mets ni l'un ni l'autre, pour tout vous dire.
03:21Ah mais non, ce n'est pas possible, ça.
03:22Mais je vous dis que je ne mets ni l'un ni l'autre, mais si vous me posez la
03:24question, je vous réponds.
03:26Pour l'instant, je ne mets ni l'un ni l'autre.
03:28Donc vous votez blanc.
03:29Je vous dis que je veux tout faire pour que ça ne se produise pas,
03:32ni aux élections municipales, ni aux élections législatives, ni surtout aux élections présidentielles.
03:37C'est ça l'enjeu. Il faut que les Français ont droit à une autre proposition, une autre alternative.
03:42Mais tout est mis en place pour cette confrontation, ARN et LFI.
03:45Non, non, il n'y a pas de fatalité, il n'y a pas de fatalisme, madame Ferrari.
03:49Et donc un homme politique, il n'a pas le droit d'être fataliste, ni nostalgique d'ailleurs.
03:53Donc il faut empêcher, il faut proposer.
03:55Il ne suffit pas de dire qu'on ne veut pas de Mme Le Pen, de M. Bardella,
03:58et on ne veut surtout pas de M. Mélenchon.
04:00À coup sûr, nous n'en voulons pas.
04:02Mais il faut faire une proposition différente, que les Français aient un espoir, une espérance,
04:06et qu'ils aient à nouveau confiance en nous,
04:08dans notre capacité peut-être de reconnaître certaines erreurs, on en a commises,
04:11et puis de proposer une alternative sérieuse pour redresser ce pays,
04:15pour réduire son déficit, pour lui redonner de l'influence en Europe et dans le monde.
04:19Vous avez parlé d'une atmosphère quasi insurrectionnelle, parfois pré-insurrectionnelle à l'Assemblée.
04:24Mathilde Panot a déclaré hier soir que son mouvement refuserait de reconnaître
04:27une éventuelle prise de pouvoir légal par les urnes du Rassemblement National.
04:31Ça veut dire quoi ?
04:32Ça veut dire que Mme Panot dit n'importe quoi et qu'elle affirme un peu.
04:37On voit bien ça dans la violence que j'évoquais à l'Assemblée Nationale.
04:41Ce refus de l'autre, ce refus de la discussion, c'est le contraire de ce que je pense de
04:45la politique.
04:45Et c'est surtout le contraire de ce qu'on doit penser de la République.
04:48Donc c'est pour ça que c'est inquiétant de la part de Mme Panot.
04:50Mais c'est pas non plus, comme pour M. Mélenchon, la première fois que je suis en totale opposition avec
04:55elle.
04:55Michel Barnier, on est sur CNews et Europe 1, il y a une réunion ce soir à l'Élysée autour
04:59d'Emmanuel Macron
05:00pour justement étudier ces groupes d'action violents qui ont des liens avec des partis politiques.
05:05A priori, trois groupes seront dissous, deux d'ultra-droite, un d'ultra-gauche.
05:10Est-ce que vous mettez une menace équivalente entre les groupes d'ultra-droite et les groupes d'ultra-gauche
05:15?
05:15Non, je ne connais pas le dossier de ces groupes et les raisons pour lesquelles ils vont être interdits.
05:19J'espère simplement que lorsque l'on les interdit, on les interdit vraiment.
05:23Parce que quand Bruno Retailleau a fait cette proposition de dissoudre la jeune garde,
05:29on voit bien que pour des raisons judiciaires ou juridiques, la décision n'est pas effectivement prise.
05:34Donc il faut décider et agir.
05:36Je fais confiance au service de la sécurité et de la police pour dire ce qu'il y a qui
05:42justifie ces interdictions.
05:43Un dernier mot sur ces événements tragiques et les tensions que ça a créées avec les États-Unis.
05:48L'ambassadeur des États-Unis en France, Charles Keschner, ne s'est pas rendu hier à la convocation du Quai
05:53d'Orsay.
05:53C'est la deuxième fois.
05:54Il avait déjà critiqué l'action du gouvernement, l'inaction du gouvernement français face à l'antisémitisme.
05:59Là, il a dénoncé la violence de l'extrême-gauche.
06:01Est-ce que vous comprenez l'hostilité de la France vis-à-vis de l'administration Trump ?
06:07M. Barraud a dit que la France n'a aucune leçon à recevoir de l'international réactionnaire.
06:12– Laissons les mots de côté.
06:15Ce que je trouve, c'est que les États-Unis se comportent vraiment comme des alliés actuellement.
06:20Et c'est d'ailleurs depuis la réélection de M. Trump qu'on a le sentiment assez nouveau,
06:25même depuis 60 ans, que les États-Unis d'Amérique ne soutiennent pas et même combattent
06:30et veulent détruire le projet européen.
06:31Comme d'ailleurs M. Poutine, la première fois, Mme Ferreri, depuis 60 ans, qu'on a deux puissances.
06:36– Et vous êtes un ancien commissaire européen.
06:38– Oui, je suis un ancien commissaire européen.
06:38– Vous dites que les États-Unis veulent détruire le projet européen.
06:40– Je reste un patriote et je suis en même temps, de manière résolue,
06:45pour qu'on travaille ensemble et qu'on crée une masse critique pour défendre notre indépendance européenne.
06:49Mais je vois d'un côté la Russie qui veut nous détruire pour des raisons politiques,
06:53parce que nous sommes un pôle démocratique qui attire les peuples de l'Est.
06:58Et puis de l'autre côté, c'est cette bande de spéculateurs et de financiers qui entourent M. Trump
07:02qui veut nous détruire pour des raisons économiques, parce qu'on les gêne,
07:05parce que nous sommes un pôle de gouvernance et qu'ils ne font pas ce qu'ils veulent en Europe.
07:08Donc on peut passer du temps à commenter l'attitude de M. Kouchner ou d'autres.
07:15La question c'est comment on se défend, comment on se protège,
07:18comment on défend notre civilisation européenne, comment on défend nos valeurs, nos intérêts.
07:22Il faudra bien que l'Europe arrête de brandir le drapeau des droits de l'homme seulement.
07:25On doit le faire, nous sommes une communauté de droits.
07:28Mais on n'est pas que ça, on a des intérêts.
07:30Et comme les Chinois, comme les Amériens, comme les Russes,
07:32on doit défendre nos intérêts sans aucun état d'âme.
07:35Voilà ce que je propose.
07:36Et on l'évoquera dans un instant à travers la guerre en Ukraine.
07:39Un tout petit mot des motions de censure.
07:40Le RN et les filles ont déposé des motions de censure
07:42à la suite de la publication par décret du plan pluriannuel de l'énergie.
07:46Les LR vont le voter ?
07:47Non, on ne votera pas de motions de censure.
07:49On peut avoir des opinions très précises sur cette proposition concernant l'énergie.
07:55Avec le retard qui a été pris, le temps qui a été passé pour faire ce qu'il faut faire,
08:00c'est-à-dire défendre l'énergie nucléaire qu'on a laissée tomber pendant quelques temps.
08:04Même si je pense, moi, personnellement, qu'on a besoin aussi de certaines énergies renouvelables,
08:08notamment le solaire.
08:09J'ai créé en Savoie l'Institut national du solaire il y a quelques années.
08:13Et c'est 400 chercheurs qui nous permettent d'avoir une forme d'indépendance
08:16pour ne pas céder tout aux Chinois et aux Américains.
08:19Mais de là à voter une censure, non, on ne va pas joindre notre voix à celle de...
08:23Vous voulez dire qu'on vous taxe d'être les supplétifs du macronisme ?
08:26Non, nous sommes dans une opposition constructive.
08:29On est au gouvernement aussi.
08:31On a donc des raisons de ne pas joindre nos voix.
08:35Vous savez, moi, j'ai connu ça avec la censure.
08:36Quand M. Hollande, M. Mélenchon et Mme Le Pen ont mis leur bulletin ensemble contre moi,
08:42je ne vais pas joindre ma voix à ces gens.
08:44Vous avez du mal à dépasser ce cap ou ça ?
08:46Non, je n'ai aucune. Je ne fonctionne.
08:47Je vous l'ai dit, il ne faut pas fonctionner avec du fatalisme,
08:50notamment pas de la nostalgie et certainement pas de la recune.
08:53J'ai de la mémoire. J'ai de la mémoire.
08:55Donc j'ai vu des partis politiques qui n'étaient pas à la hauteur de la situation très grave
08:59et qu'on oublie un peu.
09:01Je veux dire, plus personne ne parle du déficit de la France.
09:03Plus personne.
09:03On est quand même dans une situation où on a 3200 milliards de dettes.
09:07Et ce n'est pas responsable vis-à-vis des nouvelles générations.
09:10Donc moi, je suis dans une situation politique.
09:12Je suis revenu à l'Assemblée aussi pour dire,
09:13pensons d'abord à la prochaine génération plutôt qu'à la prochaine élection.
09:16Vous êtes aussi engagé dans la bataille municipale.
09:18À Paris, vous soutenez Rachida Dati,
09:20qui est au coude à coude avec le candidat socialiste Emmanuel Grégoire
09:23dans les derniers sondages.
09:24Est-ce que vous souhaitez, au second tour,
09:26si Mme Dati risque d'être devancée par M. Grégoire,
09:29une alliance avec Sarah Knafo, avec M. Bonavdel ?
09:31Est-ce que vous dites à tout le monde,
09:32mettez-vous autour d'une table et parlez ?
09:33C'est à Mme Dati de dire comment elle veut rassembler.
09:36En tout cas, moi, j'observe qu'elle fait un très bon parcours.
09:39Je sais, je sais, parce que je la connais bien.
09:41On avait mené une campagne européenne ensemble il y a quelques années,
09:43qu'elle a le tempérament, qu'elle a la compénance,
09:45qu'elle a la ténacité pour créer l'alternance.
09:49C'est ce qui est nécessaire à Paris, c'est l'alternance.
09:51Tout le monde attend cela.
09:52L'alternance, c'est Dati.
09:54Et c'est ça qu'il faut comprendre,
09:56même s'il y a des gens qui ne vous aiment pas toujours,
09:58qui ont des états d'âme, qui ont des sensibilités différentes.
10:00Il faut se rassembler.
10:02J'entends Mme Daffo, qui a des qualités politiques.
10:05J'entends M. Bournazel, qui est un allié théoriquement,
10:09dire qu'ils veulent l'alternance.
10:11Il faut la faire avec Mme Dati.
10:12D'accord, mais il faut qu'elle leur tende la main aussi.
10:14Oui, elle leur a tendu la main.
10:16Les gens s'expriment au premier tour.
10:19Il faut qu'au deuxième tour, il y ait un rassemblement
10:21le plus large possible pour créer l'alternance
10:22dont les Parisiens ont besoin.
10:24Je peux le dire comme nouveau député de Paris.
10:26Cette ville doit être plus sûre.
10:28Il y a des incidents ou des accidents
10:29ou des attaques tous les jours qui sont inadmissibles,
10:32y compris dans nos quartiers.
10:33Il y a la pauvreté, il y a des logements,
10:36il y a de l'activité économique.
10:37Il y a plein de choses à faire à Paris
10:38que Rechinata fera très bien avec son équipe.
10:40Michel Barnier, on est sur CNews et sur Europe 1.
10:42Parlons de la primaire.
10:43Comment incarner une alternative crédible
10:46à droite en partant en ordre dispersé ?
10:48On a déjà vu les candidatures de Bruno Retailleau,
10:50David Nislard, sans doute Laurent Wauquiez,
10:52peut-être de vous-même.
10:53Est-ce qu'il faut une primaire, Michel Barnier ?
10:55Oui, il y a une gentille de me citer,
10:56mais il y a déjà beaucoup de candidats.
10:58Vous ne le serez pas ?
10:59Je n'ai pas de fébrilité pour cela.
11:01Mais vous avez peut-être une envie ?
11:04On a toujours envie d'être utile à son pays.
11:06C'est pour ça que je suis aussi revenu à l'Assemblée nationale
11:08après avoir été Premier ministre.
11:10Mais le sujet n'est pas personnel.
11:11Si on le personnalise, on complique la situation.
11:13C'est la rencontre entre un homme et le peuple,
11:15l'élection présidentielle.
11:16Oui, bien sûr.
11:17Nous ne l'oublions pas.
11:18Personne ne doit l'oublier.
11:19D'abord, le test des municipales.
11:22C'est un test grandeur nature de la capacité de s'unir.
11:24On verra une chose très simple dans ces municipales.
11:26C'est que si on est unis, on peut gagner.
11:28On n'est pas sûr de gagner, mais on peut gagner.
11:30Si on est divisé, on perd.
11:31Ça, c'est une règle.
11:32Et donc, il y aura un appel par la base
11:35de toutes les communes de France.
11:37Unissez-vous.
11:38Tenez-vous bien.
11:39Mettez-vous ensemble.
11:41Deuxièmement, un programme.
11:42Parce que vous parliez des Français,
11:44de la rencontre avec le peuple.
11:45Les Français, il faut les respecter.
11:47Il faut les respecter.
11:48Et si vous ne mettez devant que les ambitions personnelles,
11:51les égaux des uns et des autres,
11:52vous ne les respectez pas.
11:53Donc, il faut un projet politique
11:55qui soit celui de la droite et du centre.
11:57Et c'est à quoi je vais travailler
11:59pour qu'il y ait un seul candidat,
12:00un seul candidat unique qui porte...
12:02Avec une primaire ou pas ?
12:03Elle irait de qui à qui ?
12:04Pourquoi pas une primaire le moment venu,
12:06si tout le monde accepte la règle du jeu ?
12:08Mais je recommande d'abord
12:09de privilégier le besoin d'unité,
12:11un seul candidat,
12:13c'est pourquoi je veux me battre,
12:14et un projet politique
12:15qui soit capable d'exprimer une alternance
12:17et une espérance aussi pour les Français.
12:20Et si les uns et les autres
12:20sont incapables de se mettre d'accord,
12:22Michel Barnier,
12:23est-ce que vous seriez ce recours ?
12:24L'homme d'expérience
12:25qui a occupé de nombreux postes dans la République ?
12:27Je ne vais pas répondre à cette question.
12:28Je vous ai dit,
12:29ou je pense,
12:30je vais vous dire que
12:30au moment venu,
12:31les candidats,
12:32quels qu'ils soient,
12:33devront répondre à trois questions.
12:34Est-ce que je suis capable
12:34d'être président de la République ?
12:36Une question importante
12:36pour respecter les gens.
12:38Est-ce qu'on est capable,
12:38je ne sais pas n'importe quoi,
12:39d'être président de la République ?
12:40Deux,
12:40est-ce que j'ai le bon projet
12:41pour redresser ce pays ?
12:43Pas seulement pour s'opposer
12:44à Mme Le Pen
12:45ou Bardella
12:45ou à Mélenchon,
12:46pour entraîner
12:48et incarner
12:49le redressement du pays
12:50et le rassemblement du pays.
12:53Et puis ensuite,
12:54est-ce que je peux
12:55rassembler au-delà de mon camp ?
12:56C'est ça qui est important.
12:57Parce qu'un seul camp
12:58ne gagnera pas
12:59et ne sera pas qualifié
13:00pour le deuxième tour.
13:01Il faut être deuxième
13:02ou premier au premier tour
13:03pour être premier au deuxième tour.
13:05Donc pour l'instant,
13:05vous ne soutenez personne,
13:06y compris M. Rotaillot ?
13:07Pour l'instant,
13:08je dis,
13:08mettez les choses dans l'ordre.
13:10J'ai beaucoup d'estime
13:11et d'amitié pour Bruno Rotaillot.
13:13Je l'ai nommé
13:13ministre de l'Intérieur
13:14et je ne le regrette pas du tout.
13:15Il a fait un très bon travail
13:16et je pense qu'il a
13:18une légitimité
13:19d'être candidat
13:19comme d'ailleurs
13:20Xavier Bertrand
13:21ou David Lysnard
13:22qui sont dans le même parti
13:23que moi.
13:25Mais pour l'instant,
13:26je veux travailler à l'unité.
13:28Laissons passer les municipales.
13:29Les Français ont droit
13:30à ce qu'on respecte
13:31cette démocratie du quotidien
13:33que sont les municipales
13:34et ensuite,
13:35travaillons un projet commun
13:36parce qu'il ne faut pas
13:37raconter n'importe quoi.
13:38Il faudra bâtir
13:39un projet de redressement.
13:40Michel Barnier,
13:41aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
13:42aura lieu le vote
13:43sur l'aide à mourir,
13:44ce projet de loi,
13:46avant que la loi
13:46ne reparte au Sénat.
13:47Est-ce que vous y êtes opposé
13:48et pour quelle raison
13:49est-ce que vous estimez
13:50que c'est une rupture anthropologique ?
13:52Il y a deux projets de loi.
13:54Celui sur les soins palliatifs
13:56et j'aurais bien aimé
13:57qu'on mette l'accent
13:58sur ce projet
13:59qui est issu
14:00de la loi Leonetti
14:02pour que tous les Français
14:04de manière égale
14:05aient droit
14:05des soins palliatifs
14:06s'ils en ont besoin.
14:07Ce n'est pas encore le cas.
14:08Il y a un tiers
14:09des départements français
14:09où il n'y a pas
14:10de soins palliatifs.
14:11Donc j'aurais,
14:12avant qu'on s'occupe
14:13de la fin de vie
14:14et de l'euthanasie,
14:15qu'on apporte une réponse
14:17sur cette question humaine
14:19qui fonctionne bien.
14:20Alors cela sera voté
14:20sans problème
14:21sur les soins palliatifs ?
14:22Oui, je le voterai.
14:22Je ne voterai pas
14:23l'autre texte.
14:24Pourquoi ?
14:24Parce que je pense
14:25que notre société,
14:26d'abord c'est un sujet
14:27très intime,
14:27il faut respecter
14:28la position de chacun.
14:29Il n'y a pas un député
14:30qui n'a pas été confronté
14:32de près ou de loin
14:33personnellement
14:34ou politiquement,
14:35enfin j'ai retour de lui,
14:37à cette question.
14:38Comme d'ailleurs,
14:38il n'y a pas un député
14:39qui n'ait pas été confronté
14:40à un autre enjeu
14:41dont j'ai fait
14:42une grande cause nationale
14:43qui est celui
14:43de la santé mentale.
14:45Donc beaucoup de respect
14:47et beaucoup de dignité
14:49et de respect
14:50de voie de conscience
14:51de chaque député.
14:52Mais en conscience,
14:53moi je ne suis pas
14:54partagant d'une société
14:55qui ne protège pas,
14:57qui ne soigne pas
14:58jusqu'au bout
14:59et qui se prépare
15:00à donner la mort.
15:00Donc pour cette raison-là,
15:02et parce que la réforme,
15:03la loi sur les soins palliatifs
15:05n'est pas complètement appliquée,
15:06je voterai contre ce texte.
15:08Michel Barnier,
15:08nous entrons dans la cinquième
15:09année de la guerre en Ukraine.
15:10Les pourparlers se poursuivent
15:12mais les voix de la France
15:13ou même celles de l'Union européenne
15:14ont du mal à peser
15:16dans ce dossier.
15:17Est-ce que vous voyez
15:17une issue à ce conflit
15:19ou pas aujourd'hui ?
15:21Il n'y a d'issue
15:22que si nous gagnons
15:23aux côtés de l'Ukraine
15:25le rapport de force
15:25avec M. Poutine
15:26qui a commencé cette guerre.
15:28Personne n'oublie
15:29que c'est lui
15:29qui de manière unilatérale
15:31a commencé cette guerre
15:32absolument insensée
15:34qui a provoqué
15:35presque un million de morts
15:36et de blessés
15:37et qui détruit
15:39la vie de victimes
15:41civiles tous les jours.
15:43Donc nous avons un devoir
15:45de solidarité avec l'Ukraine
15:47qui je le pense sincèrement
15:48pays européen
15:49grand pays européen
15:50défend des valeurs
15:51et son indépendance
15:52et nous avons un devoir
15:53d'organiser notre continent
15:55pour qu'il soit capable
15:56de se défendre
15:57par lui-même.
15:58Il y a une chose
15:58qui est apparente
15:59depuis quelque temps
16:00grâce à M. Trump
16:01d'un côté
16:01M. Poutine de l'autre
16:02et aussi aux Chinois
16:03qui à force d'exporter
16:05chez nous
16:05tout ce qu'ils produisent
16:07chez eux
16:07sont en train de détruire
16:09une grande partie
16:09de notre industrie.
16:10Et on ne fait rien
16:11on reste les bras ballants
16:11les européennes
16:12restent les bras ballants.
16:13Oui, oui, mais on doit
16:14moi je suis là
16:14pour vous dire ce que je pense
16:15et je pense que l'Europe
16:16est naïve
16:16et que l'Europe doit
16:17s'organiser pour résister
16:19et en tout cas
16:20il y a une chose
16:20qui est apparente
16:20pour tout le monde
16:21c'est que ce qu'on ne fait
16:21pas pour nous Français
16:23et ce qu'on ne fait pas
16:23pour nous Européens
16:24personne ne veut
16:25le faire à notre place.
16:26Et aujourd'hui
16:26malheureusement
16:27les Français
16:27pour la première fois
16:28depuis 2022
16:30moins de 50%
16:31soutiennent la fourniture
16:32d'armes à Kiev
16:33ça veut dire qu'ils disent
16:34pensez aussi à nous
16:35nous autres Français
16:36c'est ce qu'il faut
16:36penser à nous
16:37mais penser à nous
16:38c'est aussi penser
16:39à notre sécurité
16:40à la sécurité
16:40de notre continent
16:41si on se replie
16:42sur nos frontières nationales
16:43dans une vision nationaliste
16:45comme celle de Mme Le Pen
16:46M. Bardella
16:47ou de M. Mélenchon
16:48qui sont d'ailleurs
16:48sur les mêmes positions
16:51anti-européennes
16:51et nationalistes
16:52on est foutus
16:54tout seul
16:54on est foutus
16:55dans le monde d'aujourd'hui
16:56si je vous le dis
16:57un peu sommairement
16:58ou simplement
16:58dans le monde d'aujourd'hui
17:00face aux grands empires
17:01qui se réorganisent
17:02et qui ne demandent
17:03la permission à personne
17:04qui défendent
17:05leurs intérêts
17:06au mépris de tout
17:07le droit international
17:08si on n'est pas ensemble
17:09pour créer une masse critique
17:10pour se faire respecter
17:11et défendre nos intérêts
17:12on est foutus
17:13Michel Barnier
17:14terminons sur notre positif
17:15vous étiez hier en Savoie
17:16très beau département
17:17je vous le confirme
17:18le flambeau des Jeux d'hiver
17:20a été transmis à la France
17:21par l'Italie
17:21car c'est en 2030
17:23que se tiendront
17:24les prochains Jeux d'hiver
17:25chacun en mémoire
17:26évidemment ceux de 92
17:27dont vous avez été l'artisan
17:28avec Jean-Claude Killy
17:29est-ce que les choses
17:30vous semblent mal parties
17:31du côté du cojo français
17:33et de cette organisation
17:34de Alpes 2030
17:35d'abord un mot
17:36un coup de chapeau
17:37aux athlètes français
17:3823 médailles
17:39une ambiance formidable
17:40ils étaient pratiquement
17:41tous hier à Albertville
17:42dans une grande fête populaire
17:44et c'est formidable
17:45l'image qu'ils en ont
17:46sans oublier derrière eux
17:47les athlètes
17:48qui sont sur le podium
17:49ou qui n'y sont pas
17:50ils sont égaux
17:51dans l'effort
17:52tous ceux qui les entourent
17:54les équipes de France
17:55avaient un grand coup de chapeau
17:56un grand coup de chapeau
17:57à l'Italie
17:57qui a bien d'organiser les Jeux
17:59formidable
17:59j'étais d'ailleurs à Véronne
18:01pour la cérémonie de clôture
18:03et puis nous avons
18:04cette responsabilité
18:05que la France a à nouveau
18:06après 92
18:0735 ans après
18:09après les Jeux de Paris
18:10qui ont été également
18:11très bien organisés
18:12par Tony Estanguet
18:13à ces équipes
18:13nous avons l'occasion
18:14d'organiser ces Jeux
18:15c'est toujours compliqué
18:16des Jeux ça
18:17je peux vous le dire
18:17il y a toujours des turbulences
18:19des ajustements
18:20on va y arriver
18:21les choses sont bien parties
18:22il n'y a pas de temps perdu
18:23les travaux sont lancés
18:24avec des structures
18:25qui ont été organisées
18:27pour cela
18:27le comité d'organisation
18:28est présidé par Edgar Gopiron
18:29en qui j'ai confiance
18:31vous allez le conseiller
18:32vous allez vous impliquer
18:33un peu plus
18:33dans cette organisation
18:34je suis déjà membre du bureau
18:35exécutif
18:35à titre personnel
18:36on m'a demandé d'être
18:37à titre bénévole aussi
18:38membre de ce bureau exécutif
18:40et parce que j'étais premier ministre
18:42et que j'ai relancé ce dossier
18:43parce que
18:44avec Jean-Thoude Killy
18:44vous l'avez rappelé
18:45eu cet honneur
18:46d'organiser les Jeux de 92
18:47d'Alberville
18:48je vais les aider
18:49oui je vais les aider
18:50parce qu'il faut qu'on place
18:51ces Jeux au-dessus
18:52de nos ambitions
18:53de nos querelles
18:54des problèmes politiques
18:54les Jeux
18:55on l'a bien vu à Paris
18:56un moment de fierté
18:57mais aussi
18:58une belle démonstration
18:59que ce pays
19:00vaut qu'on se batte pour lui
19:01la France est un pays
19:02qui a tellement de potentiel
19:04d'énergie positive partout
19:06je vais chaque semaine
19:07dans une région de province
19:08je serai en Auvergne
19:10et en Royan cette semaine
19:11j'étais en Côte d'Armor
19:12en Ile-et-Vilaine
19:13la semaine dernière
19:14il y a partout
19:15des agriculteurs
19:16qui se battent
19:16malgré les normes
19:17malgré les difficultés
19:18des entrepreneurs
19:18des associations
19:19ce pays vaut le coup
19:21qu'on se batte pour lui
19:21Merci beaucoup
19:22Michel Barnier
19:23d'être venu ce matin
19:24dans la grande interview
19:25sur CNews et sur Europe
19:26bonne journée
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